Bienvenue à Bouquinbourg

✳️Future hypnothérapeute ✨Magicienne en positif 🌍Voyageuse et lectrice 🐰Vegan en transition 🌱Adepte du zéro déchet Metz




03 avril 2019

Brigade Verhoeven T.2 Irène, Bertho et Corboz

Brigade Verhoeven 2Irène est le deuxième tome de la série Brigade Verhoeven. Cette adaptation en BD du roman de Pierre Lemaître signée Bertho et Corboz est parue le 13 mars dernier aux éditions Rue de Sèvres.

Camille Verhoeven, commandant de la police criminelle parisienne, est obligé d'écourter ses vacances pour enquêter sur un nouveau meurtre. Deux femmes atrocement mutilées sont retrouvées dans un loft à Courbevoie. Les enquêteurs découvrent rapidement que ce double meurtre est à mettre en relation avec un crime plus ancien, survenu à Tremblay. Le meurtrier semble s'inspirer de romans pour mettre en scène ses meurtres. L'enquête patine et Camille s'impatiente : Irène, sa femme, va bientôt accoucher et il aimerait être à ses côtés. 

J'avais découvert Camille Verhoeven avec l'excellent premier tome, Rosie, et j'avais passé un très bon moment dans les locaux de la police criminelle. Autant vous dire que j'étais impatiente de découvrir la suite !   
Ce deuxième volet est tout autant réussi et capte l'attention du lecteur en quelques planches. Celles-ci sont toujours aussi dynamiques et leur découpage - audacieux - participe de cette ambiance sombre et du suspense grandissantL'ensemble est toujours cinématographique et très vivant.
Si le dénouement est un tantinet prévisible, l'intrigue est néanmoins bien menée et respecte les codes du genre. Les personnages aux trognes bien soignées possèdent toujours ce petit quelque chose de suranné qui m'avait tant plu dans le premier tome.
Un deuxième titre sanglant et prenant à souhait. Amateurs de polars contemporains, laissez-vous tenter, l'ensemble vaut largement le détour. 

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Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cet album.

La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Noukette qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

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24 mars 2019

Le Ver à soie, Robert Galbraith

Le Ver à soie, Robert GalbraithLe Ver à soie est le deuxième tome de la série Les Enquêtes de Cormoran Strike que J.K. Rowling signe du pseudonyme Robert Galbraith. Il est paru en 2014 chez Grasset.

Après avoir résolu le meurtre de Lula Landry, le détective Cormoran Strike croule sous les enquêtes. Mais la plupart du temps, celles-ci s'avèrent être des histoires d'adultères et de tromperies. Le jour où Leonora Quine pousse la porte de son agence, Cormoran décide d'aider cette femme effacée. Son mari, célèbre écrivain, a disparu après avoir terminé son dernier roman, Bombyx Mori, dans lequel il règle ses comptes avec son entourage et le monde littéraire. Personne ne prend Leonora au sérieux, jusqu'à ce que Cormoran découvre le cadavre d'Owen assassiné de façon effroyable. Aidé de Robin, qui devient peu à peu sa coéquipière, Cormoran se lance à la poursuite d'un meurtrier aussi froid que calculateur.

En ce weekend de Read-a-thon du Challenge British Mysteries (auquel je ne peux pas participer malheureusement), je voulais vous parler de ce deuxième tome d'une série qui m'ensorcelle depuis un peu plus d'un mois. J'avais en effet beaucoup aimé L'appel du coucou, premier tome des aventures de Cormoran, et c'est avec un plaisir immense que j'ai ouvert la suite de ses enquêtes.  
Le Ver à soie change complètement de décor car si L'appel du coucou plongeait son lecteur dans un décor de mode et de paillettes, cette nouvelle enquête l'entraîne dans le monde éditorial et littéraire. Cormoran et Robin enquêtent dans un univers où les mots sont plus blessants que les actes et où les égos se mesurent à l'aune du nombre de ventes des livres. J.K. Rowling excelle à décrire cet univers dans lequel elle baigne elle-même - même si le succès de ses oeuvres lui a certainement évité les rivalités entres auteurs peinant à percer - et à décortiquer les émois des acteurs du monde du livre. Les personnages sont encore une fois le point fort de cette nouvelle intrigue. De l'agent aigrie à l'auteur prétentieux, de l'attachée de presse volubile à l'éditeur introverti héritier de la maison familiale en passant par son associé alcoolique et naïf, tous ont virevolté aux côtés d'Owen Quine, cet auteur fat et souvent exécrable..   
L'intrigue avance cette fois-ci plus rapidement - j'avais trouvé quelques longueurs au premier tome - et le roman se dévore à une vitesse folle jusqu'au dénouement, aussi réussi qu'inattendu. L'analyse du microcosme littéraire est intelligente, tout comme les allusions à la guerre - Cormoran est un vétéran d'Afghanistan - et la critique est là, finement sous-entendue, entre les lignes.   
C'est un fait : J.K. Rowling réussit avec brio à s'imposer dans le petit monde des auteurs de polars et signe avec ce deuxième tome un excellent policier contemporain. Vous ne serez pas surpris d'apprendre que je suis déjà plongée dans le troisième tome, La Carrière du Mal, si ?

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16 janvier 2019

Literary life : scènes de la vie littéraire, Posy Simmonds

Literary lifeLiterary life est un one shot de la dessinatrice de presse et écrivaine britannique Posy Simmonds. Il est paru en 2014 aux éditions Denoël.

Parues sous forme de chroniques hebdomadaires dans The Gardian Review entre 2001 et 2005, ces 90 planches croquent avec un humour acerbe la vie littéraire anglaise du début du XXIe siècle. Posy Simmonds dévoile les coulisses de ce monde singulier, où derrière une oeuvre se cache un écrivain, un humain à l'ego parfois surdimensionné, mal placé, blessé, et en proie aux affres du commerce de son art.

Entre Posy Simmonds et moi, c'est une grande histoire d'amour, unilatérale, certes, mais non moins grande. J'avais découvert la britannique avec sa réécriture de Flaubert, Gemma Bovery, puis étais tombée sous le charme quelques temps après de Tamara Drewe et sa critique sociale acerbe autant que fine. J'étais donc très enthousiaste à l'idée de découvrir ces chroniques sur le monde littéraire.   
Et je n'ai pas été déçue par ses planches truculentes qui croquent sans filtre le monde littéraire. Posy Simmonds n'épargne personne, ni les auteurs, ni les éditeurs, pas même les attachés de presse ou les libraires, et tout ce beau monde en prend pour son grade et se voit épinglé avec un humour féroce. Les jalousies entre auteurs, les egos surdimensionnés, les sourires de façade lors des signatures, Posy Simmonds nous livre l'envers du décor de ce monde auquel elle appartient 
avec humour et sans fard.    
Le dessin est simple, souvent en noir et blanc, parfois en couleurs, et chaque planche nous livre une réflexion hebdomadaire de la britannique sur l'univers dont elle fait partie. Un peu à la manière du photographe Martin Parr et de ses séries documentaires souvent ironiques sur ses concitoyens, Posy Simmonds nous offre une belle plongée dans la vie littéraire en général, anglaise en particulier. Pas forcément l'album le plus facile d'accès de la britannique mais une bonne critique sociale à l'humour féroce. J'adore !

Planche 3Planche 2

Planche 1

La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Stephie qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

 

Jour 16 du Challenge Feel Good 

  Retrouvez toutes les informations et l'agenda sur la page du challenge !

       

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17 octobre 2018

Edmond, Léonard Chemineau d'après la pièce d'Alexis Michalik

EdmondEdmond est un one-shot de Léonard Chemineau d'après la pièce éponyme d'Alexis Michalik. Il paraît aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres. 

Paris, décembre 1897. Edmond Rostand a vingt-neuf ans et à son actif des pièces d'un autre temps qui ne ravissent plus les foules. Presque ruiné, il essuie un nouvel échec avec La Princesse lointaine, dans laquelle Sarah Bernhardt tient le rôle-titre. Alors que ses dettes l'assaillent, Edmond tente le tout pour le tout : convaincre l'acteur en vogue Constant Coquelin de jouer dans sa future pièce. Une pièce novatrice, loin de ce qu'il a écrit avant : une comédie en vers. Coquelin s'emballe, veut la monter en trois semaines. Mais Edmond ne l'a pas encore écrite. C'est une véritable course à l'inspiration qui commence alors pour Edmond, pour sauver sa réputation, sa famille mais aussi sa pièce à laquelle peu croient et qui deviendra pourtant la pièce la plus jouée du répertoire français. 

Genèse de l'écriture de Cyrano de Bergerac, Edmond est véritablement un petit bijou ! La pièce, récompensée par cinq Molières, me tentait déjà terriblement (j'avais adoré Le Porteur d'Histoire d'Alexis Michalik) mais la découvrir adaptée par Léonard Chemineau (dont j'avais admiré le travail sur Le Travailleur de la nuit) fut une excellente surprise  
Chemineau et Michalik ont travaillé main dans la main pour cette adaptation en BD et le résultat est des plus réussis. Le scénario est fluide, la narration bien construite et la plongée dans le Paris de la fin du XIXe ébouriffante. Dur dur de vivre de sa plume quand les critiques sont assassins et que le public ne pardonne pas, que les créanciers frappent aux portes à toute heure du jour et de la nuit et que les comédiens sont capricieux, que les délais sont très courts et que l'inspiration n'est point ! Mais Edmond va surmonter ces épreuves pour écrire en un temps record - Alexis Michalik imagine ce fait là - une pièce qui marquera à jamais le paysage théâtral français.   
La galerie de personnages est diablement réussie - du meilleur ami au coeur brisé à l'épouse en proie au doute en passant par la comédienne capricieuse ou les créanciers tenanciers d'un lupanar - et drôle à souhait, le tout s'enthousiasmant dans un joyeux bordel au rythme d'Edmond et de sa pièce. Les visages sont soignées, les décors de la Belle Époque aussi et l'ensemble participe à cette immersion temporelle des plus délicieuses.  
Le rythme de l'intrigue, enfin, ne laisse pas une seconde de répit au lecteur. Un album qui se dévore d'une traite, émouvant, drôle, historiquement intéressant et à l'intrigue trépidante. Une réussite totale ! J'ai hâte de découvrir l'adaptation ciné de la pièce qui sort en janvier. 

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Un grand merci aux Éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album ! 

  

Je ne résiste pas à vous mettre la bande-annonce du spectable d'Alexis Michalik 

(en espérant pouvoir le découvrir à Metz bientôt !) 

 La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Moka qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles ! 

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17 février 2018

Journaux de voyage, Albert Camus

Journaux de voyage, Albert Camus

Journaux de voyage est un ensemble de deux carnets qu'Albert Camus a rédigés en 1946 et 1949, à l'occasion de deux voyages en Amérique du Nord et du Sud. 

Au printemps 1946, Albert Camus est convié aux Etats-Unis pour une série de conférences littéraires, notamment à Harvard. Celui qui écrira La Peste l'année suivante n'est encore qu'un journaliste et écrivain à la réputation qui monte, mais dont les idées politiques inquiètent grandement les services secrets américains. Le gigantisme des villes américaines couplée à l'éloignement de ses proches rendent ce voyage douloureux pour l'écrivain. 
Trois ans plus tard, durant l'été  1949, c'est en Amérique du Sud qu'il est invité, en vedette, cette fois. Malade durant une partie de son voyage, il découvre la pauvreté et la misère, mais aussi les traditions et coutumes des pays qu'il traverse. Etouffé par les mondanités de ce voyage, il le survole à distance, échappant dès qu'il peut à ses obligations officielles pour grignoter une once de solitude. 

Revenir aux écrivains vingtiémistes des belles heures de la littérature française, telle était une de mes envies de 2018. Après bien des années à les fuir, après mon cursus de Lettres Modernes, j'ai plaisir à me replonger dans ces pages et les lire d'un oeil neuf. 
Journaux de voyage traînait dans ma PAL depuis peu et m'intéressait par sa forme. Camus en écrivain voyageur qui prend des notes et les retransmet, tel quel. De fait, sa plume est brute, sèche et parfois plate et relate les faits tels qu'il les a vécus. 
Les deux voyages sont émaillés de rares réflexions et s'apparentent davantage à des comptes-rendus de faits sans analyse derrière. Le lecteur ne saura rien desdites conférences que l'auteur donne mais aura en revanche accès à ses états d'âme. Camus relate sa souffrance, ses envies de suicide, son ennui profond des mondanités.  
Texte brut, Journaux de voyage est avant tout une prise de notes personnelle qui servira à l'auteur par la suite pour ses oeuvres - notamment La Pierre qui pousse et La Mer au plus près, nous apprend la préface. J'ai pris plaisir à le découvrir et m'immerger dans le style quasi télégraphique de l'auteur grognon et incommodé par les mondanités mais je conserve un petit goût de frustration de n'en avoir pas su davantage sur ces mois de voyage.

"Fatigué. Ma grippe revient. Et c'est les jambes flageolantes que je reçois le premier coup de New York. Au premier regard, hideuse ville inhumaine. Mais je sais qu'on change d'avis." (p.25)

"Oui, il y a un tragique américain. C'est celui qui m'oppresse depuis que je suis ici mais je ne sais pas encore de quoi il est fait." (p.28)

"J'ai toujours tout apaisé sur la mer et cette solitude infinie me fait du bien pour un moment, bien que j'aie l'impression que cette mer roule aujourd'hui toutes les larmes du monde. (p.50)


READING CLASSICS CHALLENGE 2018

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11 mai 2016

Le début de la fin, Jasper Fforde

Le début de la fin, Jasper FfordeLe début de la fin est le cinquième tome de la série Thursday Next imaginée par le génial écrivain britannique Jasper Fforde, paru en 2008 en France chez Fleuve Noir.

Souvenez-vous... Thursday avait évité la fin du monde et réduit à néant le groupe Goliath. Quatorze ans plus tard, la pimpante détective littéraire est mère de Friday, devenu un adolescent léthargique, excellent représentant de sa tranche d'âge, et de Tuesday et Jenny.
Alors que les OpSpecs ont été dissouts, Thursday continue son travail dans le Monde des livres tandis que l'Angleterre ne sait plus comment réduire son Excédent de Bêtise et se noie dans des émissions de télé-réalité médiocres et lobotomisantes. Alors que Thursday tente de gérer la chute dramatique de la lecture et l'inquiétude croissante des personnages de fiction, la Jurifiction, dont elle est devenue un membre éminent, lui confie une stagiaire... qui n'est autre que son double de papier ! Car les aventures de Thursday ont rencontré un tel succès qu'elles ont été adaptées en livres. A Thursday de gérer son alter ego fictif qui est loin de lui ressembler. Et comme si ça ne suffisait pas, elle doit également faire attention à la menace qui rôde : on chuchote qu'un projet de livre interactif permettrait aux lecteurs d'éliminer les passages ennuyeux des livres...

Bon, je défie quiconque qui n'a pas lu les précédents tomes de comprendre un traître mot de ce que je viens d'écrire. D'ordinaire, je déteste faire ça, j'aime que mes articles soient accessibles même à ceux qui ne connaissent pas une série, mais il est vraiment difficile - voire véritablement impossible ! - de rester cohérent et compréhensible pour les non-initiés avec les romans de Jasper Fforde
Ce cinquième tome offre encore une fois une nouvelle perspective et donne du grain à moudre à notre détective littéraire préférée. Jasper Fforde ose une splendide mise en abîme en introduisant un double de papier à un personnage de papier. Voilà qui est fort ! Et Thursday de s'occuper de son double fictif, alors qu'elle est elle-même un personnage de fiction. Chez Jasper Fforde, les frontières entre le réel et la fiction sont toujours si floues... 
L
es références littéraires sont toujours nombreuses et fines, perpétuant l'hommage littéraire qui sert de fil conducteur à la série.

En très grande fan que je suis, je ne peux que vous encourager encore et toujours à découvrir cette série déjantée mais ô combien truculente. Jasper Fforde a su créer un monde complètement barré mais aux règles pourtant compréhensibles, dans lequel il fait bon vivre quand on aime lire. C'est simple : amoureux des livres, vous ne pouvez pas passer à côté de cette série ! C'est humainement impossible. Parce qu'ouvrir un tome de cette série c'est porter un autre regard sur le monde des livres et se prendre à rêver aux côtés de Thursday. Et si les frontières entre réel et fiction s'abolissaient ?

Pour lire mes billet sur les quatre premiers tomes,

c'est par ici !

   

Que ceux de mon entourage qui n'ont pas lu au moins le premier lèvent le doigt...

Parce que je vous préviens, vous n'allez pas y couper longtemps !

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17 octobre 2015

Des bibliothèques pleines de fantômes, Jacques Bonnet

Des bibliothèques pleines de fantômesDes bibliothèques pleines de fantômes est un essai de l'auteur, éditeur et traducteur Jacques Bonnet paru chez Denoël en 2008.

S'interrogeant sur les bibliothèques et leurs propriétaires, Jacques Bonnet propose ici un petit traité sur l'art d'aimer les livres et les problèmes qui en découlent : comment classer ses livres, comment vivre parmi eux, quels rapports entretenir avec les personnages sont autant de questions qui émergent dans ces pages et interrogent le lecteur sur ses propres pratiques.

J'avais adoré La bibliothèque, la nuit d'Alberto Manguel, découvert alors que je préparais mon concours et j'ai voulu revenir sur ces questions de bibliothéconomie et de pratiques de lecteur. Cet essai m'en a donné la possibilité et j'ai éprouvé du plaisir à sa lecture. 
Moins fouillé et approfondi que l'essai de Manguel, il complète parfaitement cette lecture en proposant une analyse personnelle de l'auteur sur les bibliothèques et les pratiques qui découlent de la lecture. 
Le style est fluide et très accessible pour quiconque a envie de se pencher sur la question et permet de rentrer facilement dans le raisonnement de Pierre Bonnet. 
Pour ma part, et parce que j'aime particulièrement les essais traitant des livres et de la lecture - déformation professionnelle - j'ai passé un agréable moment en compagnie des fantômes des bibliothèques évoquées par Pierre Bonnet et j'ai apprécié son hommage aux livres.

"Les livres sont coûteux à l'achat, ne valent rien à la revente, sont hors de prix lorsqu'il faut les retrouver une fois épuisés, sont lourds à porter, prennent la poussière, craignent l'humidité et les souris, sont à partir d'une certaine quantité quasi impossibles à déménager, nécessitent un classement précis pour pouvoir être utilisés et, surtout, dévorent l'espace." (p.16)

"Je m'aperçus après un certain temps que les livres n'étaient pas simplement un moyen d'évasion salutaire mais qu'ils contenaient aussi les outils permettant de décrypter la réalité environnante." (p.21)

"Or la lecture démultiplie notre réalité forcément limitée, et nous permet de pénétrer les époques éloignées, les coutumes étrangères, les coeurs, les esprits, les motivations humaines, etc." (p.35)

"Avec l'écriture, et donc la lecture, l'homme n'a pas effectué un saut culturel simplement quantitatif, il a mentalement changé d'échelle." (p.59)

"Le nom d'un livre lu (conquis ?) n'a plus rien à voir avec ce qu'il représentait auparavant. Le livre va ensuite vivre sa propre vie dans notre mémoire. Il va, souvent, tomber dans l'oubli. Mais il arrive aussi qu'il se développe de manière autonome, que l'intrigue se transforme, que la fin n'ait plus rien à voir avec celle écrite par l'auteur, que sa longueur se modifie radicalement." (p.62)

"Les destructions volontaires et systématiques de livres ont été innombrables dans l'histoire et ont, presque toujours, annoncé ou accompagné la persécution de leurs lecteurs potentiels." (p.128)

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13 octobre 2015

La Box de Pandore

Lorsque j'ai été contactée pour découvrir La Box de Pandore, j'ai d'abord eu un moment de réflexion. Et bien oui, parce qu'entre les box en tous genres et moi, ce n'est pas une grande histoire d'amour. Je crois que, même si j'adore les suprises en général, j'ai du mal avec l'idée d'acheter sans connaître le contenu. Et force est de constater que les box pullulent depuis quelques années sur tous les thèmes. Alors si j'ai succombé deux fois au Chouette Kit, c'était vraiment parce que j'étais au début de ma pratique de couture mais l'idée ne m'avait pas emballée plus que ça et j'ai vite arrêté.

Mais revenons à la Box de Pandore, qui a retenu mon attention car elle est consacrée à la littérature de jeunesse. Difficile de refuser... J'ai donc accepté de recevoir la Box de septembre et d'en parler. J'ai rempli un questionnaire en ligne et décidé avec le concepteur de la box de recevoir un échantillon panachant les âges. Chaque box contient 3 livres, 2 goodies, des gourmandises.

J'ai donc reçu avec plaisir la semaine dernière ma box. Et j'ai été agréablement surprise à l'ouverture : un soin tout particulier est accordé à la présentation, les articles étant emballés dans un joli papier de soie et entourés d'un ruban. Ouvrir la box c'est comme déballer un cadeau !

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  Le contenu de ma box 

  • 3 livres : un roman ado, un album petite enfance et un album dès 8 ans, ici Tempest Les ennemis du temps de Julie Cross, La p'tite école de Brigitte Vaultier et Chiara Dattola et Vol de Nuage de Jacques Pimpaneau et Princesse Camcam
  •  2 goodies : un stylo et un bloc-note coloré
  • 1 gourmandise : des kiss-cool au citron
  • 1 surprise : le magazine Alex la Souris
  • 1 marque-pages et une carte postale à l'effigie de la Box de Pandore

Alors je tiens tout de suite à préciser que lors du remplissage du formulaire, l'âge des enfants à qui la box est destinée est demandé pour recevoir des livres adaptés. Pour ma part, j'ai demandé à recevoir une box-test sur différents âges pour avoir une idée du type de livres que l'on pouvait recevoir.

  Mon avis 

Bien que n'étant pas consommatrice de box, j'ai aimé le concept d'une box de livres pour enfants. Le questionnaire permet de vraiment cerner les goûts de chaque enfant et de proposer des livres susceptibles de leur plaire. J'ai aimé cette idée de conseils alliant le côté surprise. 
J'aime aussi l'idée de se faire conseiller en littérature de jeunesse et de sortir de sa zone de confort. Cette box peut être une solution également pour les parents qui n'ont pas de libraire près de chez eux et qui ont une offre commerciale limitée en matière de livres. 
Enfin les goodies (ici des articles de papeterie, j'adore !) offrent un petit plus, un aspect cadeau mais qui reste dans le monde des livres, tout à fait appréciable. Pour ma part, j'ai été séduite par l'idée. 
Un grand merci à l'équipe de la Box de Pandore pour cet envoi et cette belle découverte.

 

Pour tous les détails et découvrir la Box de Pandore, rendez-vous sur le site !

La box de Pandore

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14 mars 2015

Sauvez Hamlet ! Jasper Fforde

Sauvez Hamlet, Jasper Fforde Sauvez Hamlet ! est le quatrième tome de la série Thursday Next imaginée en 2001 par l'écrivain britannique Jasper Fforde, paru en 2007 en France chez Fleuve Noir.

La détective littéraire Thursday a accouché et son fils, Friday, a désormais deux ans. Mais point de Landen à l'horizon ! Le mari de Thursday a toujours disparu, éradiqué par une multinationale du nom de Goliath qui a réécrit le passé    
De retour dans le vrai monde après deux ans passés dans le roman Les Hauts de Caversham, Thursday se bat sur plusieurs fronts : empêcher Yorrick Kaine, un personnage échappé d'un livre, de prendre le pouvoir et instaurer une dictature, éviter que la multinationale Goliath s'érige en religion, et garder un oeil sur Hamlet, puisque le prince de la célèbre pièce de Shakespeare a décidé de venir faire un tour dans le vrai monde pour voir comment les lecteurs le perçoivent... C'est beaucoup pour Thursday, qui essaie en parallèle d'offrir un cadre de vie équilibré à son fils.

Chaque roman de Jasper Fforde est un condensé de loufoquerie et d'imaginaire débridé. C'est un fait. Mais ce quatrième tome des aventures de Thursday atteint des sommets et l'auteur se surpasse littéralement.      
Les
intrigues toutes aussi déjantées les unes que les autres fourmillent et se mélangent, Thursday tente de garder un oeil sur l'ensemble mais se laisse parfois déborder par les menaces multiples - qu'elles concernent le vrai monde ou celui des livres- et le tout baigne dans un humour décapant à souhait.       
Il faut une sacrée dose d'imagination et d'humour pour écrire une série telle celle-ci, et Jasper Fforde réussit le pari fou de ne pas perdre d'intensité au fil des tomes. La tension va crescendo, et chaque nouvelle aventure de Thursday semble approcher d'un point de rupture.       
La lecture de ce quatrième tome est un réel plaisir pour qui aime voir une intrigue se disperser en branches toutes aussi drôles les unes que les autres et imaginer l'interpénétration entre le monde réel et celui des livres.     
Une série que je ne peux que vous conseiller pour sa fraîcheur et son originalité. Je vous promets que vous n'en ressortirez pas indemne et que vous garderez en tête bon nombre de scènes cultes.      

Si vous les aviez ratées, réparez vite cette erreur en allant jeter un oeil sur mes chroniques des trois premiers tomes !

   

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22 janvier 2014

Le puits des histoires perdues, Jasper Fforde

Le puits des histoires perduesLe puits des histoires perdues est le troisième tome de la série Thursday Next imaginée en 2001 par l'écrivain britannique Jasper Fforde, paru en 2006 en France chez Fleuve Noir.

La détective littéraire Thursday Next n'a jamais droit à une minute de repos ! Alors qu'elle luttait il y a peu contre la multinationale Goliath, la jeune femme est désormais contrainte de se cacher dans un livre pour éviter ceux qui désirent sa perte. 
Recluse dans Les Hauts de Caversham, un navet jamais publié, la jeune femme, enceinte d'un homme éradiqué par Goliath, essaie de se reposer durant sa grossesse. Mais ça serait sans compter la mission qui lui a été confiée dans le puits des histoires perdues, une bibliothèque qui regroupe toutes les histoires jamais publiées.

Lire un roman de Jasper Fforde, c'est plonger dans un univers barré dans lequel perdre ses repères est essentiel pour apprécier le texte. Le puits des histoires perdues ne déroge pas à cette règle, bien au contraire. Ce troisième tome de la série est une sorte de condensé de loufoqueries et de fantaisie et si Jasper Fforde ne perd jamais son lecteur, bien habile celui qui saura dire où il veut l'emmener. 
En apparence, l'intrigue est simple : Thursday se replie dans un livre pour attendre tranquillement la fin de sa grossesse. Ça, c'est l'intrigue principale, le pourquoi du comment, et la disparition de Landen, son mari, le fil conducteur de la série. Se greffe à ça une foultitude d'intrigues et de personnages secondaires qui offrent au roman un aspect totalement déjanté. Thursday se retrouve embringuée contre son gré dans de nombreuses aventures qui finissent toutes par se rejoindre. Et c'est là que Jasper Fforde excelle. Malgré l'aspect labyrinthique de ses oeuvres et les nombreuses mises en abyme, la cohérence demeure. 
Jasper Fforde poursuit son hommage à la littérature anglaise en truffant son roman de références et d'intertextualités. Cette érudition contraste avec la dinguerie de l'intrigue et semble là pour la contrecarrer et prouver au lecteur, s'il en doutait, que l'auteur maîtrise son sujet et s'amuse de la littérature pour mieux lui rendre hommage et s'interroger.
Encore une lecture truculente, aussi barrée que la couverture du poche chez 10/18, comme d'ordinaire très représentative. A découvrir d'urgence, cela s'entend. Et pour ceux qui n'ont toujours pas sauté le pas d'ouvrir le premier tome, je ne sais vraiment pas ce que vous attendez...

Voilà une nouvelle lecture à inscrire dans The Thursday Next Challenge d'Alice.

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