Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

17 octobre 2018

Edmond, Léonard Chemineau d'après la pièce d'Alexis Michalik

EdmondEdmond est un one-shot de Léonard Chemineau d'après la pièce éponyme d'Alexis Michalik. Il paraît aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres. 

Paris, décembre 1897. Edmond Rostand a vingt-neuf ans et à son actif des pièces d'un autre temps qui ne ravissent plus les foules. Presque ruiné, il essuie un nouvel échec avec La Princesse lointaine, dans laquelle Sarah Bernhardt tient le rôle-titre. Alors que ses dettes l'assaillent, Edmond tente le tout pour le tout : convaincre l'acteur en vogue Constant Coquelin de jouer dans sa future pièce. Une pièce novatrice, loin de ce qu'il a écrit avant : une comédie en vers. Coquelin s'emballe, veut la monter en trois semaines. Mais Edmond ne l'a pas encore écrite. C'est une véritable course à l'inspiration qui commence alors pour Edmond, pour sauver sa réputation, sa famille mais aussi sa pièce à laquelle peu croient et qui deviendra pourtant la pièce la plus jouée du répertoire français. 

Genèse de l'écriture de Cyrano de Bergerac, Edmond est véritablement un petit bijou ! La pièce, récompensée par cinq Molières, me tentait déjà terriblement (j'avais adoré Le Porteur d'Histoire d'Alexis Michalik) mais la découvrir adaptée par Léonard Chemineau (dont j'avais admiré le travail sur Le Travailleur de la nuit) fut une excellente surprise  
Chemineau et Michalik ont travaillé main dans la main pour cette adaptation en BD et le résultat est des plus réussis. Le scénario est fluide, la narration bien construite et la plongée dans le Paris de la fin du XIXe ébouriffante. Dur dur de vivre de sa plume quand les critiques sont assassins et que le public ne pardonne pas, que les créanciers frappent aux portes à toute heure du jour et de la nuit et que les comédiens sont capricieux, que les délais sont très courts et que l'inspiration n'est point ! Mais Edmond va surmonter ces épreuves pour écrire en un temps record - Alexis Michalik imagine ce fait là - une pièce qui marquera à jamais le paysage théâtral français.   
La galerie de personnages est diablement réussie - du meilleur ami au coeur brisé à l'épouse en proie au doute en passant par la comédienne capricieuse ou les créanciers tenanciers d'un lupanar - et drôle à souhait, le tout s'enthousiasmant dans un joyeux bordel au rythme d'Edmond et de sa pièce. Les visages sont soignées, les décors de la Belle Époque aussi et l'ensemble participe à cette immersion temporelle des plus délicieuses.  
Le rythme de l'intrigue, enfin, ne laisse pas une seconde de répit au lecteur. Un album qui se dévore d'une traite, émouvant, drôle, historiquement intéressant et à l'intrigue trépidante. Une réussite totale ! J'ai hâte de découvrir l'adaptation ciné de la pièce qui sort en janvier. 

Planche 1Planche 2

Planche 3Planche 4

Un grand merci aux Éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album ! 

  

Je ne résiste pas à vous mettre la bande-annonce du spectable d'Alexis Michalik 

(en espérant pouvoir le découvrir à Metz bientôt !) 

 La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Moka qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles ! 

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17 février 2018

Journaux de voyage, Albert Camus

Journaux de voyage, Albert Camus

Journaux de voyage est un ensemble de deux carnets qu'Albert Camus a rédigés en 1946 et 1949, à l'occasion de deux voyages en Amérique du Nord et du Sud. 

Au printemps 1946, Albert Camus est convié aux Etats-Unis pour une série de conférences littéraires, notamment à Harvard. Celui qui écrira La Peste l'année suivante n'est encore qu'un journaliste et écrivain à la réputation qui monte, mais dont les idées politiques inquiètent grandement les services secrets américains. Le gigantisme des villes américaines couplée à l'éloignement de ses proches rendent ce voyage douloureux pour l'écrivain. 
Trois ans plus tard, durant l'été  1949, c'est en Amérique du Sud qu'il est invité, en vedette, cette fois. Malade durant une partie de son voyage, il découvre la pauvreté et la misère, mais aussi les traditions et coutumes des pays qu'il traverse. Etouffé par les mondanités de ce voyage, il le survole à distance, échappant dès qu'il peut à ses obligations officielles pour grignoter une once de solitude. 

Revenir aux écrivains vingtiémistes des belles heures de la littérature française, telle était une de mes envies de 2018. Après bien des années à les fuir, après mon cursus de Lettres Modernes, j'ai plaisir à me replonger dans ces pages et les lire d'un oeil neuf. 
Journaux de voyage traînait dans ma PAL depuis peu et m'intéressait par sa forme. Camus en écrivain voyageur qui prend des notes et les retransmet, tel quel. De fait, sa plume est brute, sèche et parfois plate et relate les faits tels qu'il les a vécus. 
Les deux voyages sont émaillés de rares réflexions et s'apparentent davantage à des comptes-rendus de faits sans analyse derrière. Le lecteur ne saura rien desdites conférences que l'auteur donne mais aura en revanche accès à ses états d'âme. Camus relate sa souffrance, ses envies de suicide, son ennui profond des mondanités.  
Texte brut, Journaux de voyage est avant tout une prise de notes personnelle qui servira à l'auteur par la suite pour ses oeuvres - notamment La Pierre qui pousse et La Mer au plus près, nous apprend la préface. J'ai pris plaisir à le découvrir et m'immerger dans le style quasi télégraphique de l'auteur grognon et incommodé par les mondanités mais je conserve un petit goût de frustration de n'en avoir pas su davantage sur ces mois de voyage.

"Fatigué. Ma grippe revient. Et c'est les jambes flageolantes que je reçois le premier coup de New York. Au premier regard, hideuse ville inhumaine. Mais je sais qu'on change d'avis." (p.25)

"Oui, il y a un tragique américain. C'est celui qui m'oppresse depuis que je suis ici mais je ne sais pas encore de quoi il est fait." (p.28)

"J'ai toujours tout apaisé sur la mer et cette solitude infinie me fait du bien pour un moment, bien que j'aie l'impression que cette mer roule aujourd'hui toutes les larmes du monde. (p.50)


READING CLASSICS CHALLENGE 2018

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11 mai 2016

Le début de la fin, Jasper Fforde

Le début de la fin, Jasper FfordeLe début de la fin est le cinquième tome de la série Thursday Next imaginée par le génial écrivain britannique Jasper Fforde, paru en 2008 en France chez Fleuve Noir.

Souvenez-vous... Thursday avait évité la fin du monde et réduit à néant le groupe Goliath. Quatorze ans plus tard, la pimpante détective littéraire est mère de Friday, devenu un adolescent léthargique, excellent représentant de sa tranche d'âge, et de Tuesday et Jenny.
Alors que les OpSpecs ont été dissouts, Thursday continue son travail dans le Monde des livres tandis que l'Angleterre ne sait plus comment réduire son Excédent de Bêtise et se noie dans des émissions de télé-réalité médiocres et lobotomisantes. Alors que Thursday tente de gérer la chute dramatique de la lecture et l'inquiétude croissante des personnages de fiction, la Jurifiction, dont elle est devenue un membre éminent, lui confie une stagiaire... qui n'est autre que son double de papier ! Car les aventures de Thursday ont rencontré un tel succès qu'elles ont été adaptées en livres. A Thursday de gérer son alter ego fictif qui est loin de lui ressembler. Et comme si ça ne suffisait pas, elle doit également faire attention à la menace qui rôde : on chuchote qu'un projet de livre interactif permettrait aux lecteurs d'éliminer les passages ennuyeux des livres...

Bon, je défie quiconque qui n'a pas lu les précédents tomes de comprendre un traître mot de ce que je viens d'écrire. D'ordinaire, je déteste faire ça, j'aime que mes articles soient accessibles même à ceux qui ne connaissent pas une série, mais il est vraiment difficile - voire véritablement impossible ! - de rester cohérent et compréhensible pour les non-initiés avec les romans de Jasper Fforde
Ce cinquième tome offre encore une fois une nouvelle perspective et donne du grain à moudre à notre détective littéraire préférée. Jasper Fforde ose une splendide mise en abîme en introduisant un double de papier à un personnage de papier. Voilà qui est fort ! Et Thursday de s'occuper de son double fictif, alors qu'elle est elle-même un personnage de fiction. Chez Jasper Fforde, les frontières entre le réel et la fiction sont toujours si floues... 
L
es références littéraires sont toujours nombreuses et fines, perpétuant l'hommage littéraire qui sert de fil conducteur à la série.

En très grande fan que je suis, je ne peux que vous encourager encore et toujours à découvrir cette série déjantée mais ô combien truculente. Jasper Fforde a su créer un monde complètement barré mais aux règles pourtant compréhensibles, dans lequel il fait bon vivre quand on aime lire. C'est simple : amoureux des livres, vous ne pouvez pas passer à côté de cette série ! C'est humainement impossible. Parce qu'ouvrir un tome de cette série c'est porter un autre regard sur le monde des livres et se prendre à rêver aux côtés de Thursday. Et si les frontières entre réel et fiction s'abolissaient ?

Pour lire mes billet sur les quatre premiers tomes,

c'est par ici !

   

Que ceux de mon entourage qui n'ont pas lu au moins le premier lèvent le doigt...

Parce que je vous préviens, vous n'allez pas y couper longtemps !

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17 octobre 2015

Des bibliothèques pleines de fantômes, Jacques Bonnet

Des bibliothèques pleines de fantômesDes bibliothèques pleines de fantômes est un essai de l'auteur, éditeur et traducteur Jacques Bonnet paru chez Denoël en 2008.

S'interrogeant sur les bibliothèques et leurs propriétaires, Jacques Bonnet propose ici un petit traité sur l'art d'aimer les livres et les problèmes qui en découlent : comment classer ses livres, comment vivre parmi eux, quels rapports entretenir avec les personnages sont autant de questions qui émergent dans ces pages et interrogent le lecteur sur ses propres pratiques.

J'avais adoré La bibliothèque, la nuit d'Alberto Manguel, découvert alors que je préparais mon concours et j'ai voulu revenir sur ces questions de bibliothéconomie et de pratiques de lecteur. Cet essai m'en a donné la possibilité et j'ai éprouvé du plaisir à sa lecture. 
Moins fouillé et approfondi que l'essai de Manguel, il complète parfaitement cette lecture en proposant une analyse personnelle de l'auteur sur les bibliothèques et les pratiques qui découlent de la lecture. 
Le style est fluide et très accessible pour quiconque a envie de se pencher sur la question et permet de rentrer facilement dans le raisonnement de Pierre Bonnet. 
Pour ma part, et parce que j'aime particulièrement les essais traitant des livres et de la lecture - déformation professionnelle - j'ai passé un agréable moment en compagnie des fantômes des bibliothèques évoquées par Pierre Bonnet et j'ai apprécié son hommage aux livres.

"Les livres sont coûteux à l'achat, ne valent rien à la revente, sont hors de prix lorsqu'il faut les retrouver une fois épuisés, sont lourds à porter, prennent la poussière, craignent l'humidité et les souris, sont à partir d'une certaine quantité quasi impossibles à déménager, nécessitent un classement précis pour pouvoir être utilisés et, surtout, dévorent l'espace." (p.16)

"Je m'aperçus après un certain temps que les livres n'étaient pas simplement un moyen d'évasion salutaire mais qu'ils contenaient aussi les outils permettant de décrypter la réalité environnante." (p.21)

"Or la lecture démultiplie notre réalité forcément limitée, et nous permet de pénétrer les époques éloignées, les coutumes étrangères, les coeurs, les esprits, les motivations humaines, etc." (p.35)

"Avec l'écriture, et donc la lecture, l'homme n'a pas effectué un saut culturel simplement quantitatif, il a mentalement changé d'échelle." (p.59)

"Le nom d'un livre lu (conquis ?) n'a plus rien à voir avec ce qu'il représentait auparavant. Le livre va ensuite vivre sa propre vie dans notre mémoire. Il va, souvent, tomber dans l'oubli. Mais il arrive aussi qu'il se développe de manière autonome, que l'intrigue se transforme, que la fin n'ait plus rien à voir avec celle écrite par l'auteur, que sa longueur se modifie radicalement." (p.62)

"Les destructions volontaires et systématiques de livres ont été innombrables dans l'histoire et ont, presque toujours, annoncé ou accompagné la persécution de leurs lecteurs potentiels." (p.128)

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13 octobre 2015

La Box de Pandore

Lorsque j'ai été contactée pour découvrir La Box de Pandore, j'ai d'abord eu un moment de réflexion. Et bien oui, parce qu'entre les box en tous genres et moi, ce n'est pas une grande histoire d'amour. Je crois que, même si j'adore les suprises en général, j'ai du mal avec l'idée d'acheter sans connaître le contenu. Et force est de constater que les box pullulent depuis quelques années sur tous les thèmes. Alors si j'ai succombé deux fois au Chouette Kit, c'était vraiment parce que j'étais au début de ma pratique de couture mais l'idée ne m'avait pas emballée plus que ça et j'ai vite arrêté.

Mais revenons à la Box de Pandore, qui a retenu mon attention car elle est consacrée à la littérature de jeunesse. Difficile de refuser... J'ai donc accepté de recevoir la Box de septembre et d'en parler. J'ai rempli un questionnaire en ligne et décidé avec le concepteur de la box de recevoir un échantillon panachant les âges. Chaque box contient 3 livres, 2 goodies, des gourmandises.

J'ai donc reçu avec plaisir la semaine dernière ma box. Et j'ai été agréablement surprise à l'ouverture : un soin tout particulier est accordé à la présentation, les articles étant emballés dans un joli papier de soie et entourés d'un ruban. Ouvrir la box c'est comme déballer un cadeau !

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  Le contenu de ma box 

  • 3 livres : un roman ado, un album petite enfance et un album dès 8 ans, ici Tempest Les ennemis du temps de Julie Cross, La p'tite école de Brigitte Vaultier et Chiara Dattola et Vol de Nuage de Jacques Pimpaneau et Princesse Camcam
  •  2 goodies : un stylo et un bloc-note coloré
  • 1 gourmandise : des kiss-cool au citron
  • 1 surprise : le magazine Alex la Souris
  • 1 marque-pages et une carte postale à l'effigie de la Box de Pandore

Alors je tiens tout de suite à préciser que lors du remplissage du formulaire, l'âge des enfants à qui la box est destinée est demandé pour recevoir des livres adaptés. Pour ma part, j'ai demandé à recevoir une box-test sur différents âges pour avoir une idée du type de livres que l'on pouvait recevoir.

  Mon avis 

Bien que n'étant pas consommatrice de box, j'ai aimé le concept d'une box de livres pour enfants. Le questionnaire permet de vraiment cerner les goûts de chaque enfant et de proposer des livres susceptibles de leur plaire. J'ai aimé cette idée de conseils alliant le côté surprise. 
J'aime aussi l'idée de se faire conseiller en littérature de jeunesse et de sortir de sa zone de confort. Cette box peut être une solution également pour les parents qui n'ont pas de libraire près de chez eux et qui ont une offre commerciale limitée en matière de livres. 
Enfin les goodies (ici des articles de papeterie, j'adore !) offrent un petit plus, un aspect cadeau mais qui reste dans le monde des livres, tout à fait appréciable. Pour ma part, j'ai été séduite par l'idée. 
Un grand merci à l'équipe de la Box de Pandore pour cet envoi et cette belle découverte.

 

Pour tous les détails et découvrir la Box de Pandore, rendez-vous sur le site !

La box de Pandore

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14 mars 2015

Sauvez Hamlet ! Jasper Fforde

Sauvez Hamlet, Jasper Fforde Sauvez Hamlet ! est le quatrième tome de la série Thursday Next imaginée en 2001 par l'écrivain britannique Jasper Fforde, paru en 2007 en France chez Fleuve Noir.

La détective littéraire Thursday a accouché et son fils, Friday, a désormais deux ans. Mais point de Landen à l'horizon ! Le mari de Thursday a toujours disparu, éradiqué par une multinationale du nom de Goliath qui a réécrit le passé    
De retour dans le vrai monde après deux ans passés dans le roman Les Hauts de Caversham, Thursday se bat sur plusieurs fronts : empêcher Yorrick Kaine, un personnage échappé d'un livre, de prendre le pouvoir et instaurer une dictature, éviter que la multinationale Goliath s'érige en religion, et garder un oeil sur Hamlet, puisque le prince de la célèbre pièce de Shakespeare a décidé de venir faire un tour dans le vrai monde pour voir comment les lecteurs le perçoivent... C'est beaucoup pour Thursday, qui essaie en parallèle d'offrir un cadre de vie équilibré à son fils.

Chaque roman de Jasper Fforde est un condensé de loufoquerie et d'imaginaire débridé. C'est un fait. Mais ce quatrième tome des aventures de Thursday atteint des sommets et l'auteur se surpasse littéralement.      
Les
intrigues toutes aussi déjantées les unes que les autres fourmillent et se mélangent, Thursday tente de garder un oeil sur l'ensemble mais se laisse parfois déborder par les menaces multiples - qu'elles concernent le vrai monde ou celui des livres- et le tout baigne dans un humour décapant à souhait.       
Il faut une sacrée dose d'imagination et d'humour pour écrire une série telle celle-ci, et Jasper Fforde réussit le pari fou de ne pas perdre d'intensité au fil des tomes. La tension va crescendo, et chaque nouvelle aventure de Thursday semble approcher d'un point de rupture.       
La lecture de ce quatrième tome est un réel plaisir pour qui aime voir une intrigue se disperser en branches toutes aussi drôles les unes que les autres et imaginer l'interpénétration entre le monde réel et celui des livres.     
Une série que je ne peux que vous conseiller pour sa fraîcheur et son originalité. Je vous promets que vous n'en ressortirez pas indemne et que vous garderez en tête bon nombre de scènes cultes.      

Si vous les aviez ratées, réparez vite cette erreur en allant jeter un oeil sur mes chroniques des trois premiers tomes !

   

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22 janvier 2014

Le puits des histoires perdues, Jasper Fforde

Le puits des histoires perduesLe puits des histoires perdues est le troisième tome de la série Thursday Next imaginée en 2001 par l'écrivain britannique Jasper Fforde, paru en 2006 en France chez Fleuve Noir.

La détective littéraire Thursday Next n'a jamais droit à une minute de repos ! Alors qu'elle luttait il y a peu contre la multinationale Goliath, la jeune femme est désormais contrainte de se cacher dans un livre pour éviter ceux qui désirent sa perte. 
Recluse dans Les Hauts de Caversham, un navet jamais publié, la jeune femme, enceinte d'un homme éradiqué par Goliath, essaie de se reposer durant sa grossesse. Mais ça serait sans compter la mission qui lui a été confiée dans le puits des histoires perdues, une bibliothèque qui regroupe toutes les histoires jamais publiées.

Lire un roman de Jasper Fforde, c'est plonger dans un univers barré dans lequel perdre ses repères est essentiel pour apprécier le texte. Le puits des histoires perdues ne déroge pas à cette règle, bien au contraire. Ce troisième tome de la série est une sorte de condensé de loufoqueries et de fantaisie et si Jasper Fforde ne perd jamais son lecteur, bien habile celui qui saura dire où il veut l'emmener. 
En apparence, l'intrigue est simple : Thursday se replie dans un livre pour attendre tranquillement la fin de sa grossesse. Ça, c'est l'intrigue principale, le pourquoi du comment, et la disparition de Landen, son mari, le fil conducteur de la série. Se greffe à ça une foultitude d'intrigues et de personnages secondaires qui offrent au roman un aspect totalement déjanté. Thursday se retrouve embringuée contre son gré dans de nombreuses aventures qui finissent toutes par se rejoindre. Et c'est là que Jasper Fforde excelle. Malgré l'aspect labyrinthique de ses oeuvres et les nombreuses mises en abyme, la cohérence demeure. 
Jasper Fforde poursuit son hommage à la littérature anglaise en truffant son roman de références et d'intertextualités. Cette érudition contraste avec la dinguerie de l'intrigue et semble là pour la contrecarrer et prouver au lecteur, s'il en doutait, que l'auteur maîtrise son sujet et s'amuse de la littérature pour mieux lui rendre hommage et s'interroger.
Encore une lecture truculente, aussi barrée que la couverture du poche chez 10/18, comme d'ordinaire très représentative. A découvrir d'urgence, cela s'entend. Et pour ceux qui n'ont toujours pas sauté le pas d'ouvrir le premier tome, je ne sais vraiment pas ce que vous attendez...

Voilà une nouvelle lecture à inscrire dans The Thursday Next Challenge d'Alice.

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21 janvier 2014

Des contes dans mon assiette, Madeleine Deny

Des contes dans mon assietteDes Contes dans mon assiette est un coffret composé d'un livre de recettes accompagné de trois emporte-pièces, paru aux éditions Tourbillon en juin 2013.

Avouez-le : n'avez-vous jamais rêvé devant les douceurs évoquées dans les contes de votre enfance ? Devant le gâteau que confectionne Peau d'Ane pour son prince, les scones que déguste Alice lors de sa rencontre avec le Chapelier ou encore la galette du Petit Chaperon rouge... Grâce à ce coffret, vous allez pouvoir vous replonger dans ces contes et réaliser facilement leurs recettes.

Comment résister à un tel coffret ? De mon côté, la tentation a été grande, même si j'ai pleinement conscience de ne pas faire véritablement partie du lectorat visé (hum hum...)
Disons que j'ai adoré découvrir ce coffret, parcourir les extraits de contes qui fragmentent l'album et tester certaines recettes et que je me suis sentie investie d'une mission d'adulte testeuse. Verdict ? J'ai été conquise et j'aurais adoré avoir ce livre de recettes il y a vingt ans. Oui, dit comme ça, ça fait vieux, mais que voulez-vous, je vais arrêter de nier que j'ai vingt ans et de très grosses poussières maintenant !
Pour les enfants, à qui s'adresse ce coffret, ce petit album coloré a tout pour plaire : un sommaire classé par contes, des précautions d'usage avant de commencer (comme laisser la cuisine propre et rangée après l'avoir utilisée... si si, c'est écrit !), des recettes claires et bien expliquées, le tout illustré par des photos très alléchantes et oniriques. De quoi permettre aux cuistots en herbe de concocter de beaux et bons petits plats aux grands ! 
Des contes dans mon assiette, ou comment prolonger le rêve des récits de l'enfance en passant en cuisine...

Un grand merci aux éditions pour cette découverte qui m'a, une fois encore, enchantée. J'inscris cette lecture dans le Challenge Des contes à rendre de Coccinelle.

Les gâteaux arc-en-ciel de Peau d'Ane Les muffins à la citrouille de Cendrillon

Les tartines-édredons de la Princesse au petit pois

Pour vous tenter une bonne fois pour toutes, voici ma recette fétiche, réellement délicieuse.


Les scones d'Alice, ou un goûter dément Les mini-scones du thé d'Alice

Ingrédients (pour une douzaine de scones)

  • 2 verres de farine (= 240g)
  • 1 paquet de levure chimique
  • 1 cuillère à soupe de sucre
  • 1 pincée de sel
  • 50g de beurre
  • 1 oeuf
  • 1 cuillère à soupe de lait

Préchauffe le four à 210° (thermostat 7)

  1. Dans un saladier, verse la farine, la levure, le sucre et le sel.
  2. Ajoute le beurre coupé en petits morceaux et écrase-le entre tes doigts tout en le mélangeant à la préparation, jusqu'à obtenir une pâte qui ressemble à du sable.
  3. Ajoute l'oeuf et le lait pour obtenir une pâte souple.
  4. Aplatis la pâte à la main sur une planche farinée, puis au rouleau à pâtisserie, sur une épaisseur de 2cm.
  5. Découpe des ronds à l'aide d'un verre et dépose-les sur la plaque du four recouverte de papier sulfurisé.
  6. Enfourne pour 15mn de cuisson.

On comprend mieux pourquoi Alice prend le thé avec le Chapelier...  Des scones, toujours des scones...

Alors, séduits ? Affamés ?

 

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26 novembre 2013

Un roman argentin, Gilles D. Perez

Un roman argentin, Gilles D

Un roman argentin est le troisième ouvrage de Gilles D. Perez, paru en août 2013 chez Naïve. Agrégé de philosophie, partageant sa vie entre Paris et Barcelone, Gilles D. Perez a très tôt été fasciné par la culture hispanophone et nous livre, avec ce roman, un bel hommage à cette dernière.

Un ciel orageux. Un Boeing 747 à destination de Buenos Aires pris dans la tourmente. Le vol A 456 de la compagnie Aerolineas Argentinas n'arrivera pas à destination. Les passagers le savent. Ils paniquent. 
Parmi eux, un homme, la quarantaine, une vie paisible. Une vie qui ne lui a pas laissé le temps de passer à l'écriture. Tandis que le pilote lutte contre les éléments et que les autres passagers hurlent de voir leur vie leur échapper, cet homme pense. Il pense à tous ces livres qu'il aurait aimé écrire. Aux textes qui sommeillent en lui et qu'il n'aura pas le temps de coucher sur le papier. Au premier roman qu'il aurait écrit si la vie le lui avait permis.

Attention, petit bijou littéraire en vue ! Un roman argentin est un livre ébouriffant qui vous happe dès les premières lignes et ne vous libère qu'une fois la dernière page tournée.
Gilles D. Perez offre à son lecteur un roman à part, véritablement à part, à l'intrigue en apparence simple. Un avion en perdition, un homme qui se voit mourir et réfléchit. Mais le tour de force de ce roman réside dans la façon dont l'auteur traite cette situation. Son personnage se noie dans ses pensées, dans sa vie, repense à ses proches, à son quotidien. Puis il imagine ce qu'il aurait écrit s'il en avait eu le temps. Ce qu'il aurait fait à Buenos Aires si l'avion avait atterri. Ce qu'il aurait voulu vivre si sa vie ne tenait pas à un fil. Entre la mort qui le frôle et cet élan de vie qui le saisit, le narrateur entraîne le lecteur dans le sillon de ses réflexions. L'intrigue se déplace dans un Buenos Aires fantasmé, un Paris du présent, un roman jamais écrit, pour revenir à la carlingue de l'avion qui lutte contre les éléments. Brillant !
L'intrigue débute en hommage vibrant à Queneau et à son célèbre Exercice de style. Jouant avec les mots et avec les styles narratifs, Gilles D. Perez plante son décor et installe son lecteur dans une situation cinématographique au possible. Version communiqué de presse, british, épique ou parisienne, à chacun de choisir la tonalité qu'il préfère pour s'approprier cette situation catastrophique. Cette facilité de l'auteur de jouer avec les mots annonce dès les premières pages la couleur de son roman et semble faire écho aux velléités d'écriture de son narrateur. Métadiscours ou glissement autobiographique, le doute demeure.
Hommage à la littérature et aux grands auteurs d'Amérique du Sud, Un roman argentin demeure inclassable, une fois la dernière page tournée. Brillant, c'est certain, singulier et mémorable, sans aucun doute. Je me suis régalée, cela va sans dire.

"J'aurai été, jusqu'à la fin, fidèle à moi-même : adepte de la métaphore à tout va, comme si la vie était toujours un récit en attente." (p. 17)

"La peur siphonne la vie mentale et impose à l'esprit la contemplation d'une image fixe. Mais, quand elle laisse place à l'épouvante, l'image disparaît et il n'y a plus qu'une béance informe et incolore." (p. 53)

"J'aurais insisté, le cognac aidant, sur la ville inversée que l'on voit dans les trottoirs baignés de pluie. J'aurais parlé des fragments d'architecture offerts par les flaques d'eau, non pas de la ville éternelle, mais de la ville transitoire. Pas de la ville monumentale à la gloire des illusions mais de la ville fugitive et modeste, où chacun peut reconnaître quelque chose de sa vie, où un coin de rue porte pour toujours la trace d'une histoire, et où la lumière d'un matin est le linceul d'un amour." (p. 72)

"Cette ville est un roman que je n'ai jamais fini de lire." (p. 120)

Je tiens à remercier Sybille de LP Langages et Conseils et les éditions  pour ce roman.

 

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12 juin 2012

Délivrez-moi, Jasper Fforde

Délivrez-moi !Délivrez-moi est le deuxième tome des aventures de Thursday Next, l'héroïne de la série déjantée créée par l'écrivain britannique Jasper Fforde. Publié en 2001 en Angleterre, ce roman est paru en 2005 en France chez Fleuve Noir.

Thursday, tout juste mariée à son amour de jeunesse Landen, est de retour à Swindon, la ville qui l'a vue grandir. La jeune femme, enceinte, y goûte une vie douce après le tumulte précédent. Mais ce calme est de courte durée : le groupe Goliath, dont elle a enfermé un membre dans le poème Le Corbeau de Poe, décide d'éradiquer son mari ! Seule Thursday se souvient de son existence... La jeune femme n'a plus qu'à essayer de rentrer dans le poème de Poe pour libérer le membre de Goliath. Mais sans portail de la prose - qui permet de voyager à l'intérieur des livres - tout devient plus compliqué ! Surtout quand un membre de la famille d'Achéron Hadès, son pire ennemi, s'en mêle...

Délivrez-moi ! est tout aussi barré que le premier tome des aventures de Thursday - si ce n'est pire - et j'ai retrouvé avec grand plaisir la détective littéraire et son univers complètement loufoque. 
Les choses se corsent pour la jeune femme, et Jasper Fforde va encore plus loin dans ses trouvailles fantasques : Thursday voit son mari mourir à l'âge de 2 ans (sans avoir pu le connaître, donc !) mais est toujours enceinte de lui, elle rejoue certaines scènes de sa vie en revenant dans le passé, communique par notes de bas de pages avec son avocat, etc. Aucun doute : Jasper Fforde a de l'imagination et beaucoup d'humour ! 
Ce deuxième tome permet à l'auteur d'ancrer davantage ses personnages dans cet univers singulier. S'ils ne gagnent pas forcément en épaisseur psychologique, ils n'en demeurent pas moins attachants.
Les références littéraires - en particulier à la littérature anglaise - pullulent et ponctuent le texte de références savoureuses. Thursday croise ainsi Heathcliff, les personnages des Grandes Espérances, etc. 
Une excellente suite, donc, au rythme peut-être un peu plus lent que le premier tome, et à l'intrigue un brin enchevêtrée, mais tout aussi agréable à lire.

Elles ont lu ce roman aussi : Kathel, Karine:), Laure du Miroir...

                                                                        Le Puits des Histoires Perdues Sauvre Hamlet ! Le début de la fin

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