Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

09 octobre 2017

Le protectorat de l'ombrelle T.2 Sans forme, Gail Carriger

Le protectorat de l'ombrelle TSans forme est le deuxième tome de la série Le protectorat de l'ombrelle imaginée par l'américaine Gail Carriger. Il est paru en 2011 aux éditions Orbit.

Une sombre malédiction s'abat sur Londres, exorcisant toute créature surnaturelle. Alexia Maccon s'en rend rapidement compte lorsque son mari - le tumultueux lycanthrope Lord Maccon - s'enfuit, la laissant seule dans leur manoir avec des troupes de loups-garous revenant d'Egypte. Alexia n'a d'autre choix que de suivre son mari en Écosse pour découvrir l'origine de ce fléau. Car pour l'heure, fantômes, loups-garous et vampires du royaume britannique semblent exorcisés dans un périmètre qui semble se déplacer avec Lord Maccon...

J'avais découvert Alexia l'an dernier, dans le premier tome de ses aventures aux faux-airs de pastiche bit-lit d'Orgueil et Préjugés. Je m'étais gardé cette suite au chaud pour le challenge Halloween. Et j'ai bien fait : quel plaisir de retrouver Alexia et Lord Maccon dans cette nouvelle aventure rocambolesque ! Le duo fraîchement marié détonne toujours autant, alternant amour vache et étreintes passionnées. Aucun temps mort dans cette nouvelle intrigue, amorcée dès la fin du premier tome, qui entraîne le couple dans les confins de l'Écosse et dévoilant de nouveaux personnages qui complexifient l'univers imaginé par Gail Carriger.

L'humour est toujours aussi présent, le côté parodique aussi (la palme d'or du personnage le plus nunuche étant attribuée à l'unanimité à Ivy Hisselpenny, pour ses répliques absurdes et sa caricature du personnage féminin attentiste et passif) et l'ensemble fonctionne très bien. C'est bien simple : moi qui ne suis vraiment pas amateur du genre, j'ai dévoré ce deuxième roman avec avidité, curieuse de savoir quelle était la cause de ce fléau mystérieux, et ravie du dénouement (qui encore une fois, amorce un troisième tome détonnant !). Bref, un deuxième tome qui tient ses promesses, augure une suite des plus intéressantes, et une série que je suis ravie d'avoir découverte !

Challenge Halloween

Deuxième participation Challenge Halloween de Lou et Hilde

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08 décembre 2016

Un Noël sans fin, Kristen Rivers

Un Noël sans fin, Kristen RiversUn Noël sans fin est une romance de l'auteure francophone Kristen Rivers paru en auto-édition en novembre 2016.

Luka déteste Noël par dessus tout. Véritable trouble-fête, elle assène sa mauvaise humeur à ses collègues guillerets qui décorent avec entrain la médiathèque strasbourgeoise où elle travaille. Alors que la jeune femme fait tout pour oublier cette journée maudite, une distorsion du temps la contraint à rester bloquée la journée du 24 décembre... et la revivre sans cesse ! Luka va devoir comprendre pourquoi elle subit cette malédiction avant de pouvoir la briser...

Vous avez vu Un jour sans fin avec Bill Murray et Andie MacDowell ? Ce roman s'en inspire largement et en fait une sorte d'hommage - de l'émission de radio du radio-réveil aux péripéties qui égrènent la journée de Luka - pour le moins réussi. Je n'ai pas pour habitude de lire des publications auto-éditées (ma bibliothèque regorge de romans que je veux lire sans en trouver le temps !) mais j'ai eu envie de découvrir celui-ci au moment de la période de Noël. Et je ne regrette pas ce choix divertissant. 

Sur fond de période de Noël, dans un cadre enchanteur - les marchés de Noël alsaciens -l'intrigue se déroule simplement et donne à voir une héroïne un peu grincheuse et antipathique, qui s'ouvre au fil des pages et dévoile peu à peu les raisons de son aversion. Lu pendant  mon Read-a-thon de Noël le weekend dernier, ce roman est une comédie légère et bien menée autour de la distorsion temporelle. J'émettrai un petit bémol aux trop nombreuses références que l'auteure glisse à chaque page et qui alourdissent un peu l'ensemble. Au début cela prête à sourire, puis rapidement cela ralentit l'intrigue et agace un peu. Mais dans l'ensemble, j'ai passé un bon 24 décembre à répétition en compagnie de Luka à Strasbourg !

Il était quatre fois Noël

Première participation au Challenge il était quatre fois Noël chez Chicky Poo et Samarian

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31 octobre 2016

Le protectorat de l'ombrelle T.1 Sans âme, Gail Carriger

Sans âme TSans âme est le premier tome de la série Le protectorat de l'ombrelle imaginée par l'archéologue et romancière américaine Tofa Borregaard - qui écrit sous le nom d'emprunt de Gail Carriger - paru en 2011 aux éditions Orbit. La série compte à ce jour cinq tomes.

Londres, époque victorienne. Miss Alexia Tarabotti est un cas désespérée pour sa famille : vieille fille de vingt-cinq ans sans perspective d'union à l'horizon, elle joue au chaperon pour ses demi-soeurs cadettes au potentiel plus élevé. Mais ce que ses proches ne savent pas c'est qu'Alexia n'est pas tout à fait ordinaire : la jeune femme n'a en effet pas d'âme, elle fait partie des paranaturels et possède le don d'annuler ceux des autres. A son contact, vampires, loup-garous et consorts perdent leurs attributs et redeviennent humains. Ainsi, lorsqu'elle est attaquée à un bal privé par un vampire qui semble ignorer ses capacités et qu'elle tue celui-ci accidentellement, les choses se compliquent. La Reine Victoria dépêche sur place Lord Maccon, un loup-garou écossais au tempérament ardent. Alors que les relations entre eux sont incendiaires, des disparitions inquiétantes sont signalées. Miss Alexia Tarabotti et Lord Maccon vont devoir collaborer pour démêler l'affaire.

Voilà un roman vers lequel je ne me serais jamais tournée il y a peu. La bit-lit et moi, on est loin d'être copines... Mais depuis que j'ai suivi un MOOC sur la Fantasy, j'ouvre mes horizons littéraires et sors de ma zone de confort pour partir à la découverte d'autres genres. Et autant dire que la période d'Halloween est parfaite pour ce type de lecture aux relents de vampires et de loups-garous...

Dès la couverture, le ton est donné : l'époque victorienne - rendue furieusement glamour par l'allure du personnage et le rose Barbie du titre - sera le théâtre de ces jeux de pouvoir dont Miss Alexia Tarabotti sera l'héroïne à l'ombrelle ravageuse. L'intrigue possède un fonctionnement assez classique mais avance à bon pas, portée par des premiers chapitres assez déroutants et rythmés offrant un avant-goût de l'ensemble. L'écriture est cinématographique et très visuelle et le décor assez soigné pour permettre au lecteur de s'imaginer le contexte de l'intrigue. Ce premier tome augure un univers riche dont l'auteure semble posséder toutes les ficelles. Il n'y a rien de tel qu'un univers bien construit dans lequel le lecteur a envie de se glisser. J'espère que le contexte historique sera mieux exploité par la suite, car l'époque victorienne et ses codes sont une toile de fond qui possède de beaux avantages pour une intrigue telle celle-ci.

Petit bémol en revanche pour la galerie de personnages éclipsée par le duo formé par Miss Alexia Tarabotti et Lord Maccon. L'auteure a soigné leur psychologie au détriment des personnages secondaires qui peuplent l'univers de façon quasi fantomatique. Difficile d'exister à côté de ces deux personnages charismatiques au tempérament fort  ! Mais j'espère que la suite permettra de rééquilibrer l'ensemble.

Enfin, et encore je ne suis pas spécialiste du genre, mais le style de l'auteur est soigné et confère à l'ensemble une qualité loin des clichés du genre. Si l'intrigue amoureuse est assez cousue de fil blanc, il n'en demeure pas moins qu'elle est bien amenée et assez addictive (c'est rare que je sois tenue en haleine par une histoire d'amour et que je veuille à tout prix retrouver le couple naissant au fil des chapitres mais c'est exactement ce que j'ai ressenti avec ces pages). Elle se fond avec l'intrigue principale avec finesse et les deux coexistent en bonne intelligence.

Entre steampunk et romance aux faux-airs de pastiche d'Orgueil et Préjugés, entre bit-lit qui échappe aux clichés du genre et roman fantastique,  Le Protectorat de l'ombrelle est un pur divertissement bourré de charme auquel je n'ai pas résisté bien longtemps. Deux jours de lecture et c'était bouclé ! Heureusement que la suite m'attend au chaud dans mon Kindle... Et même si c'est la troisième fois en peu de temps que je le dis (avec Miss Peregrine et les enfants particuliers et La Prophétie de Glendower), c'est rare que les séries me donnent envie de poursuivre. Ces trois-là sont donc de belles découvertes !

D'autres avis de lecteurs : Dup, Galleane, Karine:), Lou, Patacaisse, Plume de Cajou, Radicale, Syl., Vilvirt, etc.

Voilà ma quatrième et dernière participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou.

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22 octobre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers, Ransom Riggs

Miss Peregrine et les enfants particulier, Ransom RiggsMiss Peregrine et les enfants particuliers est le premier roman du blogueur et écrivain voyageur américain Ransom Riggs paru en 2012 chez Bayard. Il fait l'objet d'une adaptation cinématographique par Tim Burton sortie le 5 octobre. 

Jacob, seize ans, est effondré à la mort brutale de son grand-père. Ce dernier, qui semblait fantasque aux yeux de sa famille, n'a cessé de raconter à Jacob des récits fabuleux sur son enfance. Juif Polonais émigré sur une petite île du Pays de Galles, Abe -c'est son nom - y a vécu des jours heureux dans un orphelinat un peu singulier. Ce dernier, dirigé par Miss Peregrine Faucon, accueillait des enfants particuliers. Des enfants dotés de dons. Alors que Jacob a toujours pensé que son grand-père affabulait, sa mort dans des circonstances étranges le font douter. Et si finalement Abe n'avait rien inventé ? Et si cet orphelinat existait réellement ? Qu'en est-il de ces enfants qui y vivaient cloîtrés ? Pour en avoir le coeur net, Jacob supplie ses parents de partir mener l'enquête sur  l'île. Et ce qu'il va y trouver va changer sa vie à jamais...

Vous connaissez ma propension à découvrir les romans à l'origine des films. Et si j'étais passée à côté de cette publication lors de sa sortie française, j'ai vite remédié à ce problème en la dévorant en deux jours avant d'aller voir comment Tim Burton l'a traitée.

Ransom Riggs a imaginé dans ce roman un univers très sombre, mêlant cauchemars peuplés de monstres et atrocités liées à la Seconde Guerre mondiale. Jacob évolue dans ce présent sombre, hanté par le souvenir de son grand-père et de ses histoires extraordinaires. L'enfance est omniprésente dans cette intrigue peuplée d'enfants et d'adolescents coincés dans une boucle temporelle les empêchant de vieillir. Le personnage de Jacob - narrateur de l'intrigue - possède une psychologie vraisemblable et bien esquissée, tandis que gravitent autour de lui une galerie de personnages secondaires intéressante mais qui mériterait davantage d'attention. Peut-être que le deuxième tome s'attardera plus sur ces enfants particuliers et leur offrira une psychologie plus individualisée...

Conte poétique, ode à l'enfance, Miss Peregrine et les enfants particuliers est aussi une réflexion intéressante sur la notion de mal, entre monstres imaginaires et horreurs de la guerre. L'intrigue aborde des thématiques variées avec une grande finesse - les premiers émois, la question de la différence et de la tolérance, le devoir de mémoire, les relations intergénérationnelles, la peur, etc.- et l'ensemble se met en place de façon rythmée. Pas de temps mort dans ce premier tome qui augure une suite des plus intéressantes.

Vous aurez compris, j'ai passé un très bon moment dans ces pages, parfaites à découvrir en ce début d'automne. Le deuxième tome m'attend sagement dans mon Kindle et je ne vais pas tarder à le découvrir ! Une fois refermé ce roman, le parallèle avec le film Big Fish, précédemment réalisé par Tim Burton, m'a sauté aux yeux. Dans les deux cas, l'intrigue se centre sur un échange inter-générationnel autour des fabuleux souvenirs d'enfance d'un vieil homme. Le scepticisme du jeune (fils ou petit-fils) laisse progressivement la place à  la compréhension de son aïeul et celui qui semblait un peu fou récupère uneimage légitimité aux yeux de sa famille. Les thématiques sont donc assez proches. J'attends de voir comment Tim Burton a traité ce roman, mais la bande-annonce (que je vous mets ci-dessous pour ceux qui étaient passés au travers) semble définitivement beaucoup plus sombre et effrayante que le doux Big Fish aux couleurs surannées.  Voici ma troisième participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou !

 

27 septembre 2016

La petite boulangerie du bout du monde, Jenny Colgan

La petite boulangerie du bout du mondeLa petite boulangerie du bout du monde est un roman de l'écossaise Jenny Colgan paru en 2015 aux éditions Prisma.

Suite à l'échec de son mariage et de l'entreprise qu'elle avait fondée avec son mari, Polly quitte Plymouth pour Mount Polbearne, un petit port de pêche de Cornouailles, accessible uniquement à marée basse. Sans le sou, elle emménage dans un sinistre appartement situé au-dessus d'une ancienne boulangerie. Loin de tout et de tous, coupée du monde par les marées, la jeune femme tente  de se reconstruire peu à peu et de faire le point sur sa vie. Entre la vie rythmée par la nature et le calme de l'île, Polly se retrouve. Et rapidement, la jeune femme recommence à faire ce qu'elle préfère : fabriquer du pain. D'abord pour se réconforter et s'occuper, la jeune femme est vite assaillie de commandes. Car à Mount Polbearne, il n'y a qu'un seul dépôt de pain industriel tenu par une vieille femme aigrie et les habitants sont très vite attirés par les doux effluves qui s'échappent du four de Polly. Elle qui pensait faire une pause à Mount Polbearne se retrouve rapidement à apprécier cet univers calme, loin de la foule et à se lier avec ses habitants.

Feel good book par excellence, ce roman m'a accompagnée cet été, lorsque je terminais d'écrire mon mémoire. Et je dois vous avouer que j'ai savouré ces pages comme des tartines de pain frais. Prenez une pincée de rupture, rajoutez une once de perte d'emploi sur fond de crise économique, mélangez le tout avec une héroïne déterminée et combative. Laissez reposer sur une petite île de Cornouailles en compagnie de drôles de marins et d'un macareux facétieux et attendez que le tout cuise doucement. A la sortie du four, vous obtenez un roman attachant, portée par des valeurs de solidarité et d'entraide, sur fond de troubles économiques, de romance et de quête identitaire. Si en plus je vous dis qu'il y a toujours une miche de pain qui dore au four et une douce et appétissante odeur qui se répand dans la cuisine, je sens que vous allez fondre...

L'intrigue, même si elle est classique de prime abord, regorge de positif et d'optimisme et renferme de belles surprises. L'entraide est au centre de cette quête identitaire et de cette vie qui s'effondre. Sans mièvrerie (et pourtant ça aurait pu !), avec finesse et parfois une once de mélancolie, Jenny Colgan aborde la question de la quête de soi à travers le personnage de Polly, trentenaire lambda, un peu bancale. Le lieu est cocon, malgré une nature violente, les descriptions de la Cornouailles soignées et il est facile et agréable de se glisser aux côtés de Polly pour l'accompagner dans cette période sombre de sa vie, qui se révèle bien plus lumineuse que prévue.

Pour ma part, vous l'aurez compris, j'ai adoré ce roman doudou et feel good et j'ai même eu l'impression de sentir l'odeur du pain chaud de la petite boulangerie clandestine de Polly lors de ma lecture... Certains pourraient y voir un ramassis de bons sentiments ou répliquer qu'il ne s'agit pas du roman du siècle, j'en concède. Pour ma part, il m'a accompagnée à un moment où j'avais besoin d'une détente facile et rapide et j'étais ravie de me plonger dans ces pages le soir venu. Résultat : j'ai très envie de dévorer la suite, Une saison à la petite boulangerie très vite et de retourner en Cornouailles.

Petit bonus final : les recettes de Polly qui permettent de réaliser les divers pains et viennoiseries indiqués au fil des pages... Un régal ! (je n'en ai encore testé aucune mais promis dès que je passe à l'action j'en rajoute une photo ici !)

D'autres avis sur ce roman : Faelys, FondantoChocolatGalleane, MamzellePotter, etc.

Encore une participation au Challenge Feel Good

Logo Challenge Feel good

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04 mai 2016

Wild, Cheryl Strayed

Wild Cheryl StrayedWild est le second livre de la romancière et essayiste américaine Cheryl Strayed publié en 2012 et adapté deux ans plus tard en film par Jean-Marc Vallée avec Reese Witherspoon dans le rôle-titre. 

Le Pacific Crest Trail - PCT pour les initiés - est un sentier de randonnée de 4240 km qui relie la frontière mexicaine à la frontière canadienne. Alors que sa vie s'effondre à la mort brutale de sa mère, Cheryl Strayed, fraîchement divorcée, se lance un défi : parcourir seule 1700 km de ce sentier. Sans préparation, sans connaissance ni condition physique particulières, elle s'élance vaillemment, sac sur le dos, maigres économies en poche. Souffrance, épuisement et découragement feront partie de son quotidien, mais dans cette expérience Cheryl parviendra à surmonter le chagrin dû à la disparation de sa mère et apprendra beaucoup sur elle.

Dévoré durant mon escale de 9h en Chine alors que je revenais de mon trip solo au Vietnam, Wild m'a fait l'effet d'une décharge électrique. Quelle expérience, quel parcours, quel courage surtout ! Cheryl Strayed s'est dépouillée de tout, durant sa randonnée sur le PCT - brûlant au fur et à mesure les chapitres des livres qu'elle lisait pour alléger le poids de son sac - mais a conservé un petit carnet dans lequel elle a consigné ses impressions. Et quel témoignage ! J'ai été littéralement happée par ces pages et j'ai eu l'impression de parcourir à ses côtés cette célèbre randonnée (à la différence près que j'ai gardé mes ongles de pied, moi, contrairement à elle...)

Arrivée à un point de rupture dans sa vie - sans lien avec sa famille, tout juste divorcée, sous l'emprise de drogues et de relations toxiques sans lendemain - Cheryl Strayed effectue un virage des plus audacieux en décidant de randonner seule. Cette expérience lui permet un retour aux sources salvateur et libérateur. Dépouillée de considérations matérielles, en perpétuel face-à-face avec elle, c'est sur le PCT qu'elle va se trouver et faire du tri dans sa vie. 

Je peine à trouver les mots pour vous exprimer l'émotion qui m'a saisie à la lecture de ce texte. J'ai eu l'impression de rentrer dans l'intimité de cette personne incroyable qui a réussi à vaincre ses démons à force de persévérance. Il y a tant de belles leçons de vie dans ce livre que je ne fais que le conseiller autour de moi depuis ma lecture. A bon entendeur...  Un gros coup de coeur, c'est évident...

"Le silence était incommensurable. Le vide écrasant. C'est ce que j'étais venue chercher, ai-je pensé. C'est ce que je voulais."

"Même dans mes heures les plus sombres - que je vivais précisément à cette époque -, j'avais toujours cru au pouvoir de l'obscurité. Oui, je m'étais perdue et je l'étais encore, mais, grâce à ces errances, j'avais appris des choses qui me seraient restées inconnues dans d'autres circonstances."

"Pour moi, la solitude avait toujours été un lieu plus qu'un sentiment, une petite pièce dans laquelle je pouvais me réfugier pour être moi-même. L'absence totale d'êtres humains sur le PCT avait altéré cette sensation. La solitude s'était étendue à l'univers tout entier, que j'occupais d'une façon toute nouvelle pour moi."

"J'étais juste venue, je commençais à le comprendre, pour surpasser ma peur et tout le reste - tout ce que je m'étais infligé, tout ce qu'on m'avait fait subir."

"Peut-être qu'en effet j'étais la personne la plus seule au monde. Mais peut-être que c'était bien."

"On ne peut jamais savoir pourquoi certains événements arrivent et d'autres non, ce qui provoque quoi, ce qui détruit quoi. Quelles choses permettent à d'autres de naître, de mourir ou de changer de cours."

"Les larmes que j'avais senti monter près du pont se sont enfin mises à couler. "Merci, ai-je pensé. Merci." Pas seulement pour cette longue marche, mais pour tout ce que je sentais enfin fusionner en moi ; tout ce que le chemin m'avait appris et tout ce que je ne savais pas encore, mais qui était déjà là, quelque part."

"Tout ce qui comptait, c'était l'authenticité de ce que je venais d'accomplir. Et le fait que j'en comprenne le sens même si je n'étais pas encore capable de le formuler."

 

 Pour terminer, la bande-annonce du film

(que je n'ai toujours pas vu...)

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28 octobre 2012

Fifty Shades T.1 Cinquante nuances de Grey, E.L. James

9782709642521FSVéritable best-seller outre-Atlantique, la trilogie Fifty Shades, qualifiée de Mummy porn, a débarqué en France ce mois-ci, chez JC Lattès. Et le premier tome, Cinquante nuances de Grey, a déjà fait beaucoup parler de lui. Une fois n'est pas coutume, j'ai voulu savoir ce qu'il en était et j'ai succombé à l'appel de la version numérique de ce roman.

Anastasia Steele, jeune étudiante en littérature, doit interviewer au pied levé le multi-milliardaire Christian Grey pour dépanner Kate, sa colocataire et rédactrice en chef du journal de la fac. La jeune femme timide tombe immédiatement sous le charme du richissime et charismatique M. Grey. Et, pour sa plus grande surprise, la séduction est réciproque. Mais rien n'est simple avec Christian Grey. Ce dernier a en effet beaucoup d'exigences sexuelles. Des exigences sexuelles telles, qu'il demande à Anastasia de signer un contrat avec lui. Un contrat de soumission...

Je vous arrête tout de suite : je ne suis pas une lectrice coutumière de littérature sentimentale ou érotique. Mais par un froid après-midi de la semaine dernière, j'ai succombé au tapage médiatique autour de ce roman, et en trois clics, je l'avais sur mon Kindle. La tentation était grande de comprendre la raison de ce phénomène de société.
Et pour ma part, la déception fut grande. Vu ce que j'avais précédemment entendu, je m'attendais à du sulfureux, de l'érotisme, de la surprise à chaque page. Rien, strictement rien qui a satisfait de près ou de loin mes attentes.
L'intrigue est tellement simple qu'elle peut se résumer en une phrase : une jeune vierge effarouchée rencontre un homme qui a des pratiques sexuelles déroutantes et s'initie aux choses de l'amour en sa compagnie. Point barre. Dans ce premier tome, vous n'en saurez pas plus. En bon premier volume d'une trilogie, Cinquante nuances de Grey pose les bases de l'intrigue, intrigue qui se résume à une relation plus sexuelle que sentimentale, et tente d'appâter le lecteur avec des scènes de sexe à toutes les pages ou presque. Au début ça prête à sourire. Au fil des pages, on se dit que l'auteure aurait mieux fait de se cantonner à un documentaire sur les nouvelles pratiques sexuelles sans s'encombrer d'une intrigue archétypale et éculée.
Malheureusement pour E.L. James, je suis certaine que son roman choquera moins le lectorat français par ses descriptions détaillées et croustillantes, que le lectorat américain. N'oublions pas notre passé littéraire, avec la décadence du libertinage, fin XVIIIe, qui nous a enseigné des pratiques retorses avant l'heure, dans un langage plus châtié et imagé, avec des personnages et des situations romanesques hautement plus hauts en couleurs.
Les personnages sont d'une platitude affligeante. L'héroïne est une naïve empotée, sa meilleure amie un sex-symbol à qui tout réussit, Christian Grey un milliardaire avide de pouvoir et de domination, etc. Bref, du déjà-vu. Une once de psychologie s'immice dans le roman avec le passé trouble de Christian. E.L. James tente de nous faire apprécier ce personnage dominateur sadique en introduisant l'idée que son enfance fut malheureuse et que ses moeurs compensent ses blessures enfantines. Un peu léger, et encore une fois destiné à appâter un lecteur avide d'intrigue. Pour ma part, cela ne m'a pas suffit.
L'auteure a pris le parti de charger Anastasia de la narration. Mais cette narration à la première personne plombe le roman et lui confère une tonalité naïve et mièvre. L'inexpérience de l'héroïne suinte à chaque page et devient risible à chaque nouvel acte sexuel.
Enfin, E.L. James, si elle a voulu faire sensation avec des descriptions d'actes sexuels, a dû oublier de soigner sa plume. Elle aurait mieux fait de se concentrer sur ce détail car même les scènes de sexe, primordiales dans une intrigue sans saveur, sont d'une platitude affligeante et semblent tout droit sorties d'un scénario de film porno (si tant est qu'il y ait un scénario dans un film porno). Du descriptif, aucune image. C'est plat, affreusement plat et ennuyeux.
Bref, un mummy porn aux États-Unis peut-être, mais rien de bien affriolant ni de bien scandaleux pour nous. Un tapage médiatique immérité pour un roman aux qualités littéraires inexistantes. Des scènes de sexe qui n'ont même pas le piquant d'une littérature érotique de qualité. Une réception par le lectorat français dont j'attends des nouvelles. J'espère que l'auteure aura pris plus de plaisir à se documenter pour écrire ce roman que moi à lire son produit fini.
Si vous avec envie de vous encanailler, plongez-vous plutôt dans le scabreux Justine de Sade ou le très sensuel L'Amant de Duras ! Et dire que Bret Easton Ellis s'est emparé de cette saga pour en faire une adpatation ciné...

Et voici ma huitième lecture sur mon Kindle et ma huitième participation au Club des lecteurs numériques.

 Lecteurs numériques           Lu sur mon Kindle

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05 octobre 2012

L'Hôtel hanté, Wilkie Collins

L'Hôtel hanté, Wilkie CollinsL'Hôtel hanté est un court roman de l'écrivain britannique Wilkie Collins paru en 1878. Après Pierre de Lune, L'Abîme et Seule contre la Loi, voilà une nouvelle découverte de cet auteur à l'origine du roman policier moderne.

Contre l'avis de ses proches, Lord Montbarry décide d'épouser la mystérieuse Comtesse Narona, femme sulfureuse au passé trouble. Les deux époux partent s'installer dans un ancien palais vénitien mais très vite Lord Montbarry tombe gravement malade et décède. Et lorsque le palais est transformé en hôtel et que la famille du défunt s'y rend, d'étranges phénomènes font leur apparition.

Wilkie Collins a le don, avec une intrigue qui commence de façon classique, de la transformer en un récit haletant qu'il est impossible de lâcher. Les éléments s'imbriquent de manière judicieuse et chaque détail sert l'intrigue et ses méandres.   
Les rebondissements sont nombreux et offrent à ce roman une richesse d'intrigue vraiment intéressante. Cet hôtel est-il hanté ? Lord Montbarry est-il vraiment décédé d'une simple bronchite ? Un élément fantastique va-t-il faire son apparition au fil des pages ? Le doute est semé et perdure tout au long de la lecture. Et c'est là le coup de maître de l'auteur ! Le lecteur s'interroge sans cesse sans vraiment savoir si le roman va sombrer dans le fantastique ou rester réaliste.
La galerie de personnages présentée est riche et offre un aperçu intéressant de la société victorienne et de ses codes.  
On frissonne au fil des pages, au côté de la mystérieuse Comtesse Narona et dans ce vieux palais vénitien... Un délice de lecture, comme à chaque découverte de Wilkie Collins !

Elles l'ont lu aussi : Stemilou, Vilvirt, Alex-Mot-à-Mots, Eiluned, Lou...Halloween 2012, Halloween, challenge de lecture

Deuxième participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou pour laquelle je fais appel à leur Agence de voyage Démoniaque. Destination ? Le Royaume Uni !

Et voici ma septième lecture sur mon Kindle et ma septième participation au Club des lecteurs numériques.

Pour découvrir le manuscrit, vous  trouverez le texte intégral ici en PDF, à lire sur votre écran d'ordi ou votre liseuse.

Lecteurs numériques           Lu sur mon Kindle

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15 janvier 2012

Mon Kindle et moi : 3 mois déjà !

Souvenez-vous...
C'était en octobre dernier. 
Le 15, précisément.
J'étais enthousiaste à l'idée de vous présenter mon achat : le dernier né d'Amaz*n :
le Kindle !

Qu'en est-il de notre histoire, 3 mois après ?

 

 Ce qui m'enchante au quotidien

  • J'aime toujours autant sa légèreté, surtout quand je lis un roman plutôt long comme Le bonheur des dames.
  • La fluidité de la lecture, rendue possible grâce au chargement très rapide des pages.
  • La possibilité de lire des heures dessus sans avoir mal aux yeux (j'ai testé et je confirme !)
  • La possibilité de classer les oeuvres téléchargées : le classement est libre en catégories (j'ai classé mes romans par nationalité d'auteurs), puis, à l'intérieur de ces catégories, par noms d'auteur ou titre d'oeuvre. Avec une centaine d'oeuvres téléchargées, je m'y retrouve donc toujours très bien !
  • La présence de dictionnaires qui permettent rapidement de faire le point sur un terme.

 

 C'est là que le bât blesse...

  • Si le fait qu'il ne soit pas tactile ne me gêne nullement dans ma lecture, lorsque je veux sélectionner un passage ou chercher le sens d'un mot dans le dictionnaire intégré, le curseur est un peu long à manier. Mais ce n'est pas non plus capital au quotidien.
  • Ce n'est pas inhérent à cette liseuse, mais je trouve le prix des livres numériques encore trop chers par rapport au papier (sauf exception de certaines maisons d'éditions qui créent une réelle politique de prix en la matière, comme Bragelonne. Remarquez que je ne leur fais pas du pub - je ne suis pas une lectrice de leurs titres - mais je trouve intéressant leur politique en la matière et je le souligne, voilà tout.) Pour l'instant, je n'ai donc lu que des e-books qui sont dans le domaine public et donc téléchargés gratuitement.

  Bilan

Un bilan très positif à l'heure actuelle. J'ai beaucoup lu sur mon Kindle ces derniers temps (même si je n'ai pas encore eu le temps de publier tous mes billets de lectures) et j'éprouve toujours un grand plaisir à le faire.

De là à vous dire que cette liseuse est mieux qu'une autre, je n'en sais rien. Je n'ai testé que le Kindle et j'en suis très contente. Point. A vous de voir, si vous hésitez, les caractéristiques des différentes liseuses sur le marché et leur utilité : écran tactile, connexion wifi, encre électronique, stylet, temps de téléchargement des oeuvres, poids, taille de l'écran, possibilité de changer la taille de la police, prix, etc. A chacun de voir ce qu'il attend avec cet achat.

Pour terminer, je ne résiste pas à vous le remettre en photo avec sa jolie housse de chez Etsy.com


Kindle

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05 janvier 2012

Seule contre la loi, Wilkie Collins

Seule contre la loi, Wilkie CollinsSeule contre la loi (The Law and the Lady) est un roman de l'auteur britannique Wilkie Collins paru la première fois en 1875. 

Le lendemain de son union avec Eustache Woodville, Valeria, son épouse, apprend que ce dernier s'est marié sous un faux nom. Affolée, elle entreprend de comprendre la raison de son mensonge. Très vite, elle apprend que son mari, Eustache Macallan, a eu une précédente union qui s'est soldée par la mort de sa première épouse. Accusé du meurtre de sa femme puis relaxé faute de preuves, Eustache Macallan voit son nom entaché de ce scandale. Persuadée de l'innoncence de son mari, Valeria décide, envers et contre tous, de la prouver. 

Comme à chaque fois, Wilkie Collins possède la faculté incroyable de happer son lecteur dès les premières pages de son roman. Hésitant entre plusieurs lectures, j'ai voulu lire quelques lignes de celui-ci sur mon Kindle... Erreur ! Il m'a été impossible de le lâcher par la suite !
Je suis néanmoins ravie de m'être plongée dans cette lecture. Wilkie Collins est un romancier de talent qui ne cesse de m'impressionner. Découvert avec Pierre de Lune, un de mes coups de coeur en 2011, il est un des rares auteurs qui me surprend à chacune de nos rencontres littéraires. Là encore, je ne m'attendais absolument pas à ce dénouement...
Si l'intrigue démarre  très rapidement avec la découverte du faux nom du mari de Valeria, elle se ralentit par la suite. Wilkie Collins aime à dépeindre les doutes et les errances de Valeria, la narratrice de ce roman. Bien décidée à prouver l'innocence de son mari, cette dernière se plonge dans le passé pour faire émerger des maigres indices qui la mettraient sur la piste du crime ! Elle rencontre les personnes qui gravitaient autour de l'ancien couple que formaient son mari et sa défunte épouse. Parmi eux, Miserrimus Dexter, un personnage fantasque, à la limite de la folie. A ses côtés, et malgré les recommandations de ses proches, Valeria va mettre en doute tout ce qu'elle sait pour faire émerger la vérité.
La bonne société victorienne vole en éclat  sous les masques qui tombent. Wilkie Collins apprécie tout particulièrement mettre à jour ces fissures et faire émerger le doute.
Un très bon roman, extrêmement bien ficelé, qui confirme l'admiration que je porte à Wilkie Collins.

Je possède ce roman en version papier, mais lorsque j'ai acheté mon Kindle, j'aiLu sur mon Kindle téléchargé (entre autres) toutes les oeuvres de Wilkie Collins que je n'avais pas. Et pendant les vacances de Noël, j'ai commencé à lire sur ma liseuse La piste du crime.
Il m'a fallu un billet de Mazel pour me rendre compte que La piste du crime et Seule contre la loi sont deux titres différents pour le même roman ! Après étude des deux traductions et hésitation, j'ai poursuivi ma lecture sur mon Kindle. Le confort de lecture est indéniable ! Voici donc ma troisième participation au Club des lecteurs numériques.Lecteurs numériques

Vous trouverez ce roman à télécharger gratuitement - puisqu'il est dans le domaine public - sur le site d'Ebooks. (oui je sais, le double titre est expliqué en commentaire... je ne devais pas être très réveillée pour ne pas le voir !)

Et voici ma troisième participation au Mois anglais de Lou, Cryssilda et Titine.

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