Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

20 novembre 2011

Une heure de silence, Michael Koryta

9782021012507FSUne heure de silence est un roman de l'américain Michael Koryta paru en octobre 2011 aux Editions du Seuil. Ce livre signe ma dernière participation au Jury Policier organisé entre le site Babelio et les éditions Seuil. Une année riche en  découvertes de littérature policière d'horizons divers.

Lorsque Parker Harrison, ancien pensionnaire de La Crête aux murmures, entre dans le bureau du privé Lincoln Perry, ce dernier ne connaît pas cette mystérieuse demeure abritant un programme de réinsertion. Alexandra Cantrell et son mari, qui s'occupaient de ce centre, ont disparu depuis une dizaine d'années. Mais Perry est suspicieux : Parker Harrison ne lui inspire aucune confiance. Mais lorsqu'il visite l'ancienne demeure aujourd'hui à l'abandon et qu'il apprend qu'Alexandra n'est autre que la soeur d'un ponte de la mafia, la curiosité l'emporte sur son bon sens et l'enquête démarre.

Un coin des États-Unis, en marge des grandes villes tentaculaires, entre nature et bitume : l'Ohio. L'hiver cède sa place à un printemps sans vigueur. La surprise ne tarde pas à émerger du récit lorsque un criminel, Parker Harrison, mandate un privé pour mener une enquête qui semble à ce dernier d'une facilité déconcertante. Mais de surprise, il n'y aura quelle celle-là, tant le détective privé s'acharne à n'être et à ne rester qu'un archétype du genre. Lincoln Perry est un déchu de la police, un déchu de la vie. Tous les ingrédients sont réunis pour tirer le livre vers le bas à coup de poncifs du genre : café noir, sandwichs et déprimes post-soûlerie s'égrennent au fil des pages, comme la recette magique d'un polar réussi... L'intrigue est désespérément prise dans une mélasse où les personnages s'empêtrent dans une course courue d'avance dans le passé et contre ce dernier.
Règnent alors de longs passages dialogués où des personnages remuent leurs méninges autour d'inévitables verres de Bourbon, grand délieur de langues. Seul surnage, dans le récit, ce lieu intriguant et rendu vivant par l'auteur : la Crête aux murmures. Mais c'est maigre pour sauver un roman.
Une lecture qui m'a laissée interdite tant elle ne m'a pas surprise. J'ai éprouvé de l'ennui, c'est certain, et un manque d'attrait pour une intrigue maladroitement ficelée.
L'avis de Sharon, peu convaincue elle aussi.

Je tiens à remercier logo2 et les seuil pour ce roman reçu dans le cadre du Jury Policier 2011.

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31 octobre 2011

Intrusion, Natsuo Kirino

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Intrusion est le vingt-cinquième roman de l'auteure japonaise Natsuo Kirino paru en 2009 au Japon avant de paraître en France en septembre 2011.

En pleine recherche pour son nouveau roman, Tamaki Suzuki se plonge dans la vie de l'auteur Mikio Midorikawa et plus particulièrement de sa maîtresse, O., héroïne de l'un de ses romans. Quête d'identité, recherches dans le passé, la jeune femme se plonge dans ces vies et oscille entre fantasme et réalité pour trouver la matière de son roman.

Je ne connaissais pas cette auteure, présentée comme une référence dans son pays, et j'étais assez curieuse d'élargir mes horizons littéraires avec ce roman.
La couverture, tout d'abord, m'a laissée supposer un roman haletant et violent. Je pressentais une claque, encore sous le choc de ma dernière lecture sur le Japon contemporain, Tokyo de Mo Hayder. De claque, il n'y en a pas eu. Pas l'ombre d'une, même. D'ennui, en revanche, j'ai été bercée.
Si la construction narrative du roman est furieusement intéressante dans l'idée - alterner les mises en abîme - elle finit par perdre son lecteur et se dénuer d'intérêt au fil des pages. Je ne sais pas si l'auteure a voulu mettre l'accent sur cette singularité, mais elle semble avoir oublié qu'une construction narrative ne peut être l'aboutissement d'un roman, à moins d'un talent tel celui de Luc Dietrich. Ici, la succession de mises en abîme semble être le point d'orgue de tout le roman,  au détriment de personnages attachants ou à la psychologie travaillée, voire d'une intrigue solidement construite.
Dernier point et non des moindres : où est le policier dans ce roman ? Je me demande encore... Intrusion est un roman sur la quête de soi et la quête de l'autre mais ces recherches menées par
Tamaki Suzuki sur l'identité de O. et les personnages de Midorikawa ne permettent pas de catégoriser ce roman dans le genre policier. Une classification qui induit le lecteur en erreur et laisse supposer que le roman s'ouvrira sur d'autres perspectives. C'est bien dommage.
Un livre qui n'a pas su aiguiser mon intérêt. Une lecture pesante, malgré la brièveté du texte. Un nouveau rendez-vous manqué. L'avis de Sharon, plus enthousiaste, mais d'accord avec moi sur la classification en policier.

Je tiens néanmois à remercier logo2  et les seuil pour ce roman reçu dans le cadre du Jury Policier 2011


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30 avril 2011

Les neuf Dragons, Michael Connelly

9782020923880Et dire que Les neuf Dragons est le premier roman de Connelly que je lis... Et dire que Connelly est un écrivain américain majeur du roman policier actuel... Et dire que d'ordinaire, le roman policier américain me laisse de marbre... Il y a donc bien un début à tout  ! (pour ceux qui étaient sceptiques)

Pour ceux qui comme moi ont besoin d'une piqûre de rappel, Michael Connelly (à ne pas confondre avec John Connolly, écrivain aussi, mais irlandais cette fois), est un écrivain américain de renom, né en 1956 dont les romans sont très médiatisés, et certains, comme Créances de Sang, ont été adaptés au cinéma (en l'occurrence par notre cher Clint Eastwood pour ledit roman). Son héros récurrent est un inspecteur de police de L.A., Harry Bosch, dont on suit les aventures pour la quatorzième fois dans cet opus qui sort le 5 mai.

Los Angeles. Harry Bosch et son coéquipier attendent désespérément une affaire intéressante qui les sortirait de leur torpeur. Lorsqu'ils sont envoyés sur un meurtre par balle dans le quartier chinois, ils ne se doutent pas que leur intérêt va s'éveiller très rapidement. En effet, la victime subissait une sorte de racket de la part de gangs et Harry Bosch décide de tout mettre en oeuvre pour élucider l'affaire. Mais quand sa fille, qui réside à Hong-Kong avec son ex-femme, est kidnapée, l'affaire prend une toute autre tournure.

Attention, je vous préviens d'ores et déjà : quand on ouvre ce roman, on ne le lâche plus ! J'en ai fait la douce expérience en le lisant en une journée (merci toutefois les transports parisiens !)
Non seulement l'intrigue démarre en trombe, mais elle est ficelée avec brio et totalement imprévisible, et tout est fait pour que le lecteur sente monter progressivement une angoisse insoutenable. Si l'affaire des triades (une sorte de protection monnayée) est intrigante et originale, elle sert surtout de point de départ à la véritable intrigue centrée sur la relation qu'entretient le héros avec sa fille.
Le kidnapping de celle-ci survient très vite et Michael Connelly entraîne son lecteur dans une course-poursuite haletante digne d'un film ! L'identification au héros est grande (qu'on soit parent ou pas, la preuve avec moi) et permet au suspense de croître au fil des pages.

Bref, une lecture à couper le souffle, à faire fuir le sommeil, à accélérer le rythme cardiaque et, surtout, un auteur à découvrir si, comme moi, vous étiez passé à côté !

Un grand merci à  logo2 et aux seuil pour ce roman policier reçu dans le cadre du Jury Policier 2011.

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03 avril 2011

Losers nés, Elvin Post

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Losers nés est le troisième roman du hollandais Elvin Post paru en France. Je ne connaissais absolument pas cet auteur, et je dois dire que j'ai vraiment envie de découvrir ses deux précédents romans...

Romeo Easley est jeune, noir et  pauvre. Entre une mère alcoolique, un frère qui travaille pour un dealer et une enfance dans un quartier pauvre de New-York, Romeo a du mal à se projeter dans l'avenir. Il fraye un temps avec Sean Withers, le caïd de la drogue pour lequel son frère travaille, avant de trouver un véritable emploi : il devient bouquiniste sur le trottoir de la 6e Avenue.
Lorsqu'une belle jeune femme lui sourit un matin en lui achetant un magazine, le coeur de Romeo faiblit. Mais il n'a pas le temps de reprendre ses esprits que Sean Withers vient l'aborder. Les ennuis commencent. Il fait chaud à New-York, très chaud, et tout ne se déroule pas comme prévu...

C'est très simple : j'ai lu ce roman policier en une journée (merci les transports parisiens !) Elvin Post nous entraîne dès la première page dans son univers aux relents de films de Tarantino. Si le sujet est grave et peut sembler morose, Elvin Post le transforme en thriller à la fois comique et dramatique.
On s'attache immédiatement au personnage de Romeo, au prénom singulier en regard de sa situation d'amoureux transi. Sa volonté d'échapper aux déterminismes sociaux n'a rien de dramatique mais représente une sorte de message d'espoir : la littérature contre la pauvreté et la drogue, quelle bonne idée !
Les autres personnages sont très bien campés, et portent en eux leur situation parfois difficile : la mère désespérée par son fils unique toxicomane et dealer, le flic qui a fait une grosse bévue et ne parvient pas à oublier, le caïd de la drogue obsédé par sa virilité et accro à une boisson sensée la décupler, le petit dealer fauché et naïf mené par le bout du nez par sa copine, etc. Tous sont comiques malgré leur situation.
Une très bonne lecture, un très bon roman policier dans lequel la mort est presque parodique et la vie ne tient qu'à un fil (comme dans Le livre sans nom). Une lecture que je recommande vivement !

Un grand merci à  logo2 et aux seuil pour ce roman policier reçu dans le cadre du Jury Policier 2011.

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10 mars 2011

Les leçons du Mal, Thomas H. Cook

MALThomas H. Cook est un romancier américain, grand nom de la littérature policière contemporaine. Son dernier roman, Les leçons du Mal, paraît aujourd'hui aux Editions du Seuil.

Lakeland, petite bourgade du Mississipi. Jack Branch, fils de bonne famille, est revenu dans la ville où sa famille a prospéré pour enseigner au lycée.
Son cours sur le Mal et ses incarnations revêt une importance toute particulière à ses yeux, dans le climat social encore marqué par la guerre de Sécession.

Lorsque ses élèves doivent choisir une personne incarnant le Mal absolu à leurs yeux, Jack encourage l'un d'eux, introverti et mis à l'écart, à travailler sur son père, meurtrier rendu célèbre pour avoir assassiné une étudiante et avoir été abattu en prison.
Mais, lancés dans ce projet de dépasser la notion de Mal et la question d'hérédité qu'elle pose, Jack et Eddie, son élève, vont aller trop loin...

Les Etats-Unis ne m'ont jamais fait rêver en littérature et ne font que peu fonctionner mon imaginaire. Or, j'ai eu un peu de mal à m'immerger complètement dans une intrigue quand je n'arrive pas à me représenter mentalement les lieux de l'action. J'ai donc eu quelques difficultés à rentrer dans ce roman qui se déroule au Mississipi dans les années d'après-guerre.
Mais une fois l'intrigue lancée, il ne m'a plus été possible de le lâcher ! Premier roman que je lisais de cet auteur, Les leçons du Mal jouit d'une construction absolument talentueuse : différentes époques se succèdent au cours d'un même chapitre, évoquant, dès le début, un procès, ce qui participe grandement du suspense distillé au fil des pages. Sans jamais être confus ni brouillon, Thomas H. Cook nous entraîne d'une main de maître dans cette histoire.

L'intrigue est simple mais fonctionne bien : un jeune enseignant pousse un de ses élèves à se pencher sur l'histoire de sa famille pour s'en détacher et réfléchir à la notion de Mal. Mais cette notion leur échappe finalement à tous deux, et les conséquences en sont dramatiques...
Les personnages possèdent une psychologie finement étudiée grandement en lien avec l'histoire du sud des Etats-Unis avant les mouvements des droits civiques. La société était alors régie par des règles qui divisaient les classes sociales, reléguant certaines familles, voire certains quartiers, sous la domination des nantis. Jack, que l'on pourrait qualifier de bien-né, tente ainsi d'aider Eddie, issu d'une famille modeste, dans un souci de libérer ce dernier du fardeau de son ascendance. Il lui rêve un avenir et le pousse à transcender ses origines. Mais la vie n'est pas si manichéenne, et le Mal revêt bien des formes...
Bref, une très bonne lecture qui a su me séduire malgré mon peu d'enthousiasme pour le lieu de l'intrigue et qui me donne envie de découvrir les autres romans policiers de Thomas H. Cook.

 Un grand merci à  logo2 et aux seuil pour ce roman policier reçu dans le cadre du Jury Policier 2011.

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