Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.




30 mars 2011

Okko Le Cycle de l'eau T.1, Hub

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Voilà une série de BD qui me tentait beaucoup, et pour laquelle j'ai succombé il y a peu... Prévue en dix tomes réunis en diptyque autour des cinq éléments, l'Eau,  la Terre, le Feu, le Vent et le Vide, la série compte à ce jour six tomes.

Nous sommes en l'an 1108 du calendrier du Pajan. Plusieurs clans s'entredéchirent pour le pouvoir. A la tête d'un groupe de chasseurs de démons, Okko, accompagné de son acolyte Noburo et du moine Noshin, parcourt les terres de l'Empire. Lorsque la jeune geisha Petite Carpe est enlevée par des pirates, Tikku, un jeune pêcheur, fait appel à Okko pour la retrouver...

Si j'ai vraiment aimé l'univers graphique de ce premier tome, j'ai peu apprécié l'intrigue, l'ayant trouvée assez simple et prévisible. Autant les couleurs et le style de Hub m'ont vraiment séduite et entraînée dans ce Japon fantasy fantasmé, autant l'intrigue m'a clairement fait penser à un scénario de jeu vidéo... Les scènes de combat possèdent une esthétique vraiment travaillée mais ne m'ont pas séduite outre mesure. Peut-être que les autres tomes me plairont davantage ? (j'ai acheté le second tome du cycle)

 Et voici ma quatrième participation 
au rendez-vous hebdomadaire de
Mango !

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16 mars 2011

Le gourmet solitaire, Jiro Taniguchi et Masayuki Kusumi

leGourmetSolitaireJ'ai découvert Jiro Taniguchi avec Quartier Lointain, un de mes coups de coeur en 2010. Malgré cette rencontre si fructueuse, je n'avais pas poursuivi jusqu'alors ma découverte de ses bandes dessinées... Jusqu'à la lecture du Gourmet solitaire. Et en ces périodes douloureuses pour le Japon, j'ai eu envie de vous parler de ce titre aujourd'hui.

Le personnage de cette bande dessinée est un solitaire dont on apprend le minimum : il travaille dans le commerce d'articles de mode, est célibataire et vit à Tokyo.
Au fil de ses déplacements professionnels, il déambule dans les quartiers de la mégalopole et de ses alentours. A chaque fois, c'est l'occasion pour lui de déjeuner dans un lieu différent, goûtant aux spécialités de la maison, découvrant de nouvelles saveurs, ou se laissant emporter par l'attitude des habitués...

C'est simple : ouvrir cette BD, c'est s'exposer à avoir faim immédiatement ! Jiro Taniguchi fait faire à son lecteur un vrai marathon culinaire des spécialités japonaises, en poussant le vice jusqu'à les dessiner ! A chaque début de chapitre, le titre du plat que son personnage va découvrir au détour d'une ruelle.legourmetsolitaire1
La plume de Taniguchi nous emporte dans cette ode à la gastronomie japonaise et finalement, qu'importe la vie de son personnage, l'important réside dans son rapport à ses petites gargotes dans lesquelles il s'arrête et les petites merveilles qu'il y découvre.
On a plaisir à prendre le temps, comme lui, de déguster chaque vignette, de le voir savourer chaque assiette et se laisser porter par l'ambiance du lieu.
Encore une fois une lecture vraiment délicieuse (facile, je sais...) que je vous conseille avidement !

Et voici ma deuxième participation 
au rendez-vous hebdomadaire de
Mango !

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26 janvier 2011

Les années douces, Kawakami Hiromi

Les_annees_douces_2Non, je n'ai pas développé une passion subite pour le Japon, malgré ce que laissent à penser mes derniers billets de lectures, consacrées  ces derniers temps à ce pays... C'est juste que cela fait longtemps que je voulais lire ce récit et vous en parler. Et ce soir, j'ai décidé que ce serait l'occasion !

Tsukiko croise un soir dans un café qu'elle fréquente régulièrement, son ancien professeur de japonais. Pour la jeune femme et le vieil homme, cette rencontre est un déclic. Sans jamais vraiment se fixer de rendez-vous, ces deux solitaires vont se retrouver à intervalles réguliers, autour d'une soupe ou d'un flacon de saké, lors d'une cueillette de champignons dans la montagne ou à l'occasion de la fête des fleurs... Et réfléchir ensemble...

Quelle plume ! Je suis tombée complètement sous le charme de ce roman composé de courts récits, chacun représentant une des rencontres entre Tsukiko et Matsumoto Harutsuna.
Kawakami Hiromi fait naître, en peu de mots, une foule d'émotions et donne une profondeur psychologique rare à ses personnages. Chaque événement est sujet à un déferlement d'images poétiques et de réflexions générales sur le temps qui passe, les saisons, ou encore les traditions japonaises. On s'immerge complètement dans cet univers, ayant
même parfois l'impression d'être de trop dans cette relation d'amitié si particulière.
Une bouffée de fraîcheur que cette lecture, un réel petit moment de plaisir que je vous conseille sans tarder !
Et pour ceux qui ont envie de lire plutôt une BD, sachez que Taniguchi en a fait une adaptation BD en deux tomes. Je ne l'ai pas lue pour le moment (mais cela ne saurait tarder, je l'ai au lycée !) mais je ne pense pas trop m'avancer en vous disant que ce doit être une lecture très plaisante aussi !

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25 janvier 2011

Manabé Shima, Florent Chavouet

Manab__Shima2Je vous avais annoncé dans ce billet que je vous parlerai très rapidement du second album de Florent Chavouet. Chose promise, chose due !

Après son séjour de six mois à Tokyo, Florent Chavouet, frustré que son aventure s'arrête, a décidé de partir en solitaire pendant deux mois dans une minuscule île de l'archipel japonais : Manabé Shima.
Dans l'album du même nom sorti en 2010 aux éditions Picquier, le jeune dessinateur nous raconte son expérience personnelle : ses rencontres, ses galères, ses découvertes comme ses incompréhensions (linguistiques ou autres...)
Avec un ton résolument léger et humoristique, Manabé Shima nous transporte dans un petit bout du Japon vraiment pittoresque (Florent Chavouet a, en partie, choisi cette île pour son critère non touristique !)
Le bonus ? A la fin de l'album, une carte gigantesque
de l'île et des lieux décrits  par Florent Chavouet (à découper selon les pointillés...)
Que vous dire de plus si ce n'est courrez feuilleter (voire achet
er...) cette petcoup_de_coeur_2011ite merveille à laquelle je donne sans hésiter une seule seconde le titre de premier coup de coeur de l'année 2011 (avec un nouveau logo pour inaugurer ça !)

Nouvel aperçu des pépites d'illustrations que vous pourrez trouver dans cet album...

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21 janvier 2011

Tokyo Sanpo, Florent Chavouet

tokyo_sanpoJe vous avais parlé dans ce billet des livres que j'avais reçus à Noël. Tokyo Sanpo en faisait partie, pour mon plus grand plaisir !
Je n'ai pas encore pris le temps de vous en parler avant (honte à moi), mais je rattrape cet impair avec cette chronique, future moitié d'un diptyque de billets...


Tokyo Sanpo (littéralement Promenades à Tokyo), pour ceux qui l'ignorent, est un magnifique album publié chez Picquier en 2009 (maison d'édition dont j'apprécie tout particulièrement le catalogue !)
Florent Chavouet, l'auteur de cet album, est parti vivre 6 mois à Tokyo pour suivre sa copine en stage.
Armé de sa bicyclette et de son matériel de dessin, il entreprend de dessiner ce qu'il voit autour de lui : les rues, les habitants, les animaux, les papiers de bonbons, etc.
Le résultat ? Un album absolument magnifique, ode au Japon et à sa culture, oscillant entre carnet de voyage personnel et récit d'aventures.
Florent Chavouet donne vie au Tokyo qui l'entoure grâce à ses crayons de couleurs et à son incroyable habileté au dessin. Une pure merveille, sans aucun doute.
Un album qu'on aime à ouvrir en passant, le temps d'une rêverie au détour d'une page.
J'ai adoré parcourir Tokyo Sanpo, prenant un temps infini à détailler les illustrations de ce jeune homme bourré de talent, décryptant ses légendes parfois minuscules  dissimulées dans le décor. Un grand merci à Tosty pour ce cadeau magnifique que je n'attendais pas et cette lecture déroutante qui marquera mon parcours de lectrice.

Bien entendu, je vous donne rendez-vous cette semaine pour vous parler de Manabé Shima, déjà évoqué dans ce billet, second album de Florent Chavouet dans lequel il relate son voyage en solitaire dans une minuscule île de l'archipel Japonais, sélectionné pour le Festival d'Angoulême où je me rends le weekend prochain.

Je vous laisse avec un petit aperçu du talent de Florent Chavouet...
Et tenter de résister à acheter cet album.
(inutile de lutter, vous ne résisterez pas longtemps...)

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27 octobre 2010

Entremonde, Hiromi Goto

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Il y a quelques mois, j'ai eu la chance de gagner ce roman pour la jeunesse à un concours surlivraddict, en partenariat avec les  Éditions baam. Malgré mon récent déménagement, je l'avais mis dans mes cartons, bien décidée à me plonger dans ce cet Entremonde,dont la première de couverture  me rappelait les films de Miyazaki.

Mélanie a quatorze ans. A cause de son surpoids, elle est la risée de ses camarades. Élevée seule par sa mère, elle survit dans une misère précaire que tous ignorent. Un jour, alors qu'elle rentre de l'école, sa mère a disparu sans laisser de trace. Inquiète, Mélanie l'attend, en vain, jusqu'à la nuit. Réveillée par un coup de téléphone, elle apprend que sa mère a été enlevée par un certain M. Gluant. Ce dernier lui donne rendez-vous dans un tunnel d'autoroute. Bien décidée à sauver sa mère, Mélanie se voit propulsée dans l'Entremonde, un univers entre le Monde de la Chair et celui des Esprits où les âmes, une fois leur vie terminée, expient leurs pêchés...

Quelle imagination ! Hiromi Goto nous entraîne dans ce conte merveilleux avec aisance. En 300 pages, elle esquisse les contours d'un univers qui alterne entre onirisme et monstruosité. Cette course folle de Mélanie n'est pas sans rappeler celle d'Alice au Pays des Merveilles, toutes deux pénétrant dans un univers parallèle par un tunnel (vertical pour Alice, horizontal pour Mélanie) et rencontrant dans leur périple des personnages aussi étranges qu'absurdes. Les animaux anthropomorphes et les créatures hybrides foisonnent dans ce conte, le dotant parfois d'un caractère inquiétant. L'univers de Miyazaki n'est pas loin non plus, entre le personnage de la vieille dame qui aide Mélanie et les créatures bizarres à la physionomie changeante que l'héroïne croise.

Je me suis laissée happer par cette plongée dans l'Entremonde, charmée par l'imagination d'Hiromi Goto et suspendue au fil de son intrigue. Un excellent roman pour la jeunesse qui mérite de ne pas passer inaperçu longtemps !

Un grand merci àlivraddict et aux Éditions  baam pour ce concours et cette jolie lecture !

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29 septembre 2010

Rentrée littéraire #2 Quand blanchit le monde, Kamila Shamsie

9782283024454FSDeuxième roman reçu cet été dans le cadre de la sélection adhérents Fnac, Quand blanchit le monde est le cinquième roman de l'écrivaine Kamila Shamsie, et a été finaliste du prix Orange en 2009 en Grande-Bretagne.
Exceptionnellement, je cède la place aux éditions Buchet Chastel pour le résumé de ce roman :

"Quand le 9 août 1945 au matin, Hiroko Tanaka sort sur sa terrasse en kimono aux motifs d'oiseaux, elle est enivrée par le bleu du ciel de Nagasaki, son coeur bat à tout rompre. Sur ses lèvres, elle a encore l'empreinte de celles de Konrad Weiss, son amant allemand, et à ses oreilles résonne toujours sa demande en mariage. Mais, à peine née, leur histoire s'achève déjà.
Car, d'un coup, le monde blanchit... Contrairement à Konrad, Hiroko survit à la bombe atomique, et les graves brûlures sur son dos prennent alors la forme de grands oiseaux noirs qui lui rappelleront toute sa vie ce qu'elle a perdu..."

Roman fleuve s'il en est, Quand blanchit le monde est un livre dont on ne sort pas indemne. Je l'avais sélectionné pour qu'il fasse partie de la sélection des adhérents de la Fnac, mais d'autres ont eu ce privilège à sa place. C'est bien dommage...
D'une écriture poignante, Kamila Shamsie nous entraîne dans le sillage de ses personnages, au gré des pays et des époques, chacune apportant son lot de tragédies intimes et de joies partagées.
Très dense, ce roman est absolument bouleversant tant dans son intrigue que dans la façon dont l'auteure la relate. On tourne les pages en retenant se respiration, en priant à chaque instant que les personnages soient épargnés et leurs souffrances amoindries.
Je ne vous le cacherai pas, c'est un roman qui peut parfois être dur car les sujets abordés sont à la fois actuels et universels car historiques et nous atteignent de plein fouet sans prévenir. Mais quel plaisir ! Quelle force ! Quelle poésie au détour de chacune de ces pages !
Du Japon à l'Inde en passant par les États-Unis et l'Afghanistan, de la Seconde Guerre mondiale à nos jours, l'intrigue se déroule avec fougue sous nos yeux, riche en détails sur chacun de ces pays et leurs traditions.
Que dire de plus si ce n'est que ce roman est une excellente découverte à laquelle je ne me serais peut-être pas intéressée au détour d'un rayon ?

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24 septembre 2010

Neige, Maxence Fermine

9782020385800FSDécouvert il y a quelques mois chez Cynthia, ce premier roman de l'écrivain français Maxence Fermine publié en 1999 faisait partie de mes priorités de lecture.

1884. Le jeune Yuko, promis à une carrière militaire ou religieuse, fait le choix de devenir poète. Son sujet ? La neige. Sa méthode ? Des haïkus, poèmes japonais en trois vers et dix-sept syllabes.
Pour se perfectionner dans son art, le jeune homme part à la rencontre d'un vieux peintre spécialisé dans les couleurs.

D'une beauté époustouflante, ce roman subjugue son lecteur dès la première page. L'écriture de Maxence Fermine est d'une poésie rare, en écho au sujet de son roman : les haïkus.
L'intrigue développée est simple : le jeune Yuko veut perfectionner son art auprès d'un vieil homme, afin de donner de la couleur à ses haïkus monochromes consacrés à la neige. 
On suit avec délice le délicat parcours de ce jeune poète, ponctué de haïkus d'une beauté rare.
Que dire de plus si ce n'est que je suis enchantée au plus haut point et charmée par l'écriture de Maxence
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mine ? Vous en dire plus serait vous gâcher le plaisir de découvrir ce très court roman (96 pages) que je sacre douzième coup de cœur de mon année 2010. De quoi décider les indécis, non ?

"La neige est un poème. Un poème qui tombe des nuages en flocons blancs et légers.
Ce poème vient de la bouche du ciel, de la main de Dieu.
Il porte un nom. Un nom d'une blancheur éclatante.
Neige." (p.13)

"Un matin, le bruit du pot d'eau qui éclate dans la tête fait germer une goutte de poésie, réveille l'âme et lui confère sa beauté.  C'est le moment de dire l'indicible. C'est le moment de voyager sans bouger. C'est le moment de devenir poète." (p.16)

"Un matin, on se réveille. Il est temps de se retirer du monde pour mieux s'en étonner.
Un matin, on prend le temps de se regarder vivre." (p.16)

"Le plus difficile, pour le poète, c'est de rester  continuellement sur le fil qu'est l'écriture, de vivre chaque heure de sa vie à hauteur du rêve, de ne jamais redescendre, ne serait-ce qu'un instant, de la corde de son imaginaire. En vérité, le plus difficile, c'est de devenir un funambule du verbe." (p.81)

 

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21 septembre 2010

Soie, Alessandro Baricco

9782226088819FSCela faisait longtemps que je voulais lire ce court roman d'Alessandro Baricco, publié pour la première fois en France en 1997. Après avoir longuement réfléchi, j'ai décidé de le classer non pas en littérature italienne (où il aurait tout à fait sa place) mais en littérature japonaise, même si l'appellation"littérature sur le Japon" serait plus appropriée (mais dans ce cas là, je ne m'en sortirai pas des catégories !)

1861. Hervé Joncour s'occupe d'acheter et de vendre des vers à soie pour les filatures du petit village de Sud de la France où il vit, paisiblement, avec son épouse.
Alors qu'il commerce d'ordinaire avec des pays méditerranéens, cette année, une dramatique épidémie s'abat sur les vers à soie et leurs précieux œufs.
Pour sauver son village de la ruine, Hervé s'embarque pour le Japon, où, dit-on, les vers à soie sont saufs.
Une fois là-bas, il fait la rencontre d'une jeune occidentale envoûtante...

Qu'il est difficile de ne pas en dire trop ! La longueur de ce roman ne me permet pas de développer outre mesure son intrigue, sous peine d'en dévoiler ce qui fait son essence.
Je vais donc rester évasive, et vous parler plutôt des sensations que j'ai éprouvées durant cette lecture. Beaucoup de plaisir, déjà, à la découverte de la plume de Barrico, imagée et poétique à souhait. Un sentiment bizarre d'immersion totale dans cette intrigue dramatique empreinte de poésie.
Malgré les 120 pages de son roman, Alessandro Baricco nous entraîne dans un univers de lenteur où certains gestes sont décortiqués à l'extrême. Paradoxalement, les années passent rapidement, rythmées par certaines répétitions, tant dans l'intrigue que dans la narration... Je n'en dirai pas plus !
Se plonger dans ce roman c'est comme embarquer avec Hervé Joncour pour le Japon, contrée inconnue et ô combien source de fantasmes au XIXe.
Petit florilège des citations qui m'ont marquée :

"On était en 1861. Flaubert écrivait Salammbô, l'éclairage électrique n'était encore qu'une hypothèse et Abraham Lincoln, de l'autre côté de l'Océan, livrait une guerre dont il ne verrait pas la fin." (p.7)

"Elle pleuvait, sa vie, devant ses yeux, spectacle tranquille." (p.36)

"Elle gardait les lèvres entrouvertes, on aurait dit la préhistoire d'un sourire." (p.53)

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15 février 2010

Quartier Lointain, Jiro Taniguchi

Quartier lointain TaniguchiJe viens de terminer Quartier Lointain, de Jiro Taniguchi, dont j'avais entendu beaucoup de bien depuis longtemps... Je comprends mieux pourquoi maintenant que je l'ai lu ! Troisième coup de cœur de cette année 2010, je le conseille Sans_titre_2vivement à tout le monde  !!

Un quinquagénaire, de retour d'un voyage d'affaire et embué par l'alcool de la veille, se trompe de chemin du retour et atterri dans le village où il a passé son enfance.   
Perdu dans ses souvenirs, ses pas le mènent tout droit au sanctuaire où repose sa mère, décédée il y a quelques années. Éreinté, il s'effondre de sommeil dans ce lieu et se réveille quelques heures plus tard. Mais au lieu de son corps d'homme mûr, il découvre avec stupeur celui d'un adolescent de quatorze ans... Effrayé, il s'enfuit en courant, et débouche dans le village de son enfance. Ce dernier est exactement comme dans ses souvenirs... Le temps semble l'avoir ramené l'année de ses quatorze ans... Commence alors pour lui une expérience hors du commun : avec sa conscience de quinquagénaire et ses souvenirs sur cette époque, il retrace cette période de sa vie. Mais aucun de ses actes ne sera sans conséquence...

Je me suis laissée porter avec délice par ce(tte) BD / manga (N.B. : après plusieurs discussions avec des blogolecteurs, impossible de trancher pour ce titre : BD ou manga ? Les fervents défenseurs de chaque clan se sont insurgés... Je n'ai pas tranché...) L'intrigue est très intéressante. Le thème du voyage dans le temps n'est pas original en soi, certes, mais il est traité ici avec tant de poésie et de rêverie qu'il en devient passionnant.
Ce retour en enfance, dans un Japon des années 60, empreint de nostalgie et de douceur est une invitation au voyage et à la rêverie pour le lecteur. Le narrateur, redevenu celui qu'il était à quatorze ans, revit cette année de sa vie avec une insouciance teintée de questions : pourrait-il modifier le futur ? Pourrait-il, grâce à sa connaissances des événements à venir, influer sur ceux-ci ?
Les graphismes en noir et blanc sont magnifiques et l'harmonie de chaque planche très étudiée. Les vignettes se succèdent de façon cinématographique, alternant lenteur dans la scène et accélération du rythme... Une réussite qui résonnera longtemps en moi...

Pour ceux que ce billet intrigue, sachez que l'adaptation cinématographique de Sam Garbarski, se fondant sur les deux tomes de Quartier Lointain, sortira sur nos écran en septembre cette année.

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