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14 janvier 2014

Certaines n'avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka

Certaines n'avaient jamais vu la mer, Julie OtsukaCertaines n'avaient jamais vu la mer est un roman de l'écrivaine américaine Julie Otsuka paru en 2012 et couronné du Prix Femina étranger la même année.

Elles s'appellent Katsuno, Chiye, Kiyono, Iyo, Misuyo ou encore Hanako. Elles ont quitté leur Japon natal, ont pris un bateau qui les a conduites aux Etats-Unis. Elles s'y sont mariées. Ont rêvé d'une vie. En ont subie une autre. C'est leur histoire, leur exil, leurs souffrances et leurs frustrations qui sont racontés ici.

Julie Otsuka signe ici un roman magistral. Une sorte d'oeuvre chorale qui donne à entendre les multiples voix de ces femmes exilées. Comme un bruissement, comme un chuchotement, ces femmes se confondent pour mieux se raconter. Et de leurs voix qui s'élèvent naît un portrait changeant, un nous collectif tantôt heureux, tantôt mélancolique, un destin brisé parfois, un amour perdu, l'esquisse d'une femme universelle peut-être, dans sa résignation et son courage.
En moins de 140 pages, Julie Otsuka nous emmène à l'aube de ce XXe siècle naissant. Elle nous entraîne dans le sillage de ces femmes qui ont tout quitté pour partir à la découverte d'un homme, d'un pays, d'une culture. Qui ont tout quitté pour la photo d'un homme et des rêves de vie meilleure.
C'est émouvant, dur parfois, authentique toujours. A travers les étapes de la vie de ces femmes - leur rencontre avec leur mari, leur nuit de noces, la naissance de leurs enfants, la Seconde Guerre mondiale - le lecteur suit leurs vies multiples aux croisements certains et découvre un pan de l'Histoire.
Une lecture bouleversante, révoltante, dont on aurait tort de se priver.

D'autres avis : Canel, Miss Alfie, Lili Galipettes, Theoma, Jérôme...

"Sur le bateau, nous étions presque toutes vierges. Nous avions de longs cheveux noirs, de larges pieds plats et nous n'étions pas très grandes. Certaines d'entre nous n'avaient mangé toute leur vie durant que du gruau de riz et leurs jambes étaient arquées, certaines n'avaient que quatorze ans et c'étaient encore des petites filles. Certaines venaient de la ville et portaient d'élégants vêtements.[…] Certaines descendaient des montagnes et n'avaient jamais vu la mer, sauf en image, certaines étaients filles de pêcheur et elles avaient toujours vécu sur le rivage. Parfois l'océan nous avait pris un frère, un père, ou un fiancé, parfois une personne que nous aimions s'était jetée à l'eau par un triste matin pour nager vers le large, et il était temps pour nous, à présent, de partir à notre tour." (p.11)

Un bonheur supplémentaire : écouter Julie Otsuka parler de son roman

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20 février 2013

Jinbe Evolution T.1, Hiroshi Fukuda

Jinbe Evolution TJinbe Evolution est une série de mangas, actuellement en trois tomes, publiée chez Delcourt. Le premier tome est paru en octobre 2012 et j'ai eu la chance de le recevoir dans le colis offert par les blogueuses de The Shop around the corner. Un grand merci à vous deux et à votre librairie partenaire !

Japon, époque Kyôhô. Jinbe s'entraîne dur pour devenir samouraï. Un matin, un émissaire venu spécialement d'Edo se présente au village pour recruter maître Tsukishima, le père de Jinbe. Mais celui-ci refuse, arguant une vieille blessure à la jambe. C'est Jinbe qui partira à sa place ! Le jeune garçon est loin de se douter qu'il va  intégrer une agence destinée à exterminer des insectes géants qui pullulent à Edo.

Cela faisait quelques temps que je n'avais pas lu de mangas (mis à part Taniguchi) et c'est avec une certaine curiosité que j'ai découvert celui-ci. Si l'intrigue ne m'attirait pas de prime abord, j'ai pris néanmoins un certain plaisir à suivre les aventures du jeune Jinbe.
L'intrigue se met très rapidement en place et Jinbe est recruté rapidement pour intégrer l'agence Shinnakamashi. L'action est au rendez-vous avec les combats contre les insectes géants et ce premier tome joue pleinement son rôle de présentation de la série. Les personnages possèdent une psychologie inégale qui oscille entre la caricature et la légèreté, mais là n'est pas le but de l'auteur je pense. 
Graphiquement, les plans sont très dynamiques et les scènes de combat très bien rendues.  
Un premier tome qui saura ravir les amateurs d'actions en tous genres. Pour ma part, si j'ai apprécié ouvrir de nouveau un manga, je vais en rester là dans ma découverte de la série.

  Voici ma 50e participation
à la BD du mercredi de
Mango
  

    Et ma 41e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 14/20)

 Top BD

 

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16 janvier 2013

Thermae Romae T.1, Mari Yamazaki

Thermae Romae TThermae Romae est une série de manga imaginée par Mari Yamakazi comptant actuellement 5 tomes. Petit focus aujourd'hui sur le premier tome de la série, paru en mars 2012 chez Casterman dans la collection Sakka.

Rome, an 128. Lucius Modestus est un architecte un peu démodé qui peine à vivre de ses constructions de bains. Alors qu'un énième employeur décide de se passer de ses services, il se rend aux thermes avec un ami. Mais une fois dans le bassin, il est aspiré par la bonde et manque de se noyer. Quelle n'est pas sa surprise de se réveiller dans un bain au milieu d'inconnus. Lucius ne le sait pas, mais il a atterri miraculeusement dans le Japon d'aujourd'hui, où le bain est un art de vivre. De quoi s'inspirer pour moderniser sa pratique...

Jérôme a loué il y a quelques temps ce manga dans un de ses billets (que vous trouverez ici). Connaissant mon attrait pour la Rome Antique, je ne pouvais que succomber à l'appel de ce projet un peu barré de mélanger cette époque et le Japon d'aujoud'hui.
Le résultat est à la fois étonnant et amusant. Chaque fois que l'architecte Lucius va aux thermes, il se fait aspirer par une bonde et se retrouve dans le Japon du XXIe siècle. L'occasion pour lui de regarder ce que les japonais ont inventé pour le ramener dans son époque ; l'occasion pour l'auteure d'établir un joli parallèle entre les deux peuples et leur attrait pour l'art du bain. Le personnage ne comprend pas, au fil de ses incursions dans notre monde, que l'époque a changé et qu'il appartient au passé et il est amusant de voir son arrogance tout à fait romaine envers les japonais qu'il rencontre.Planche 1
L
e trait de Mari Yamazaki est réaliste, précis et allie les deux époques avec brio. Le chapitrage permet à l'auteure d'insérer dans son intrigue des précisions quant à la Rome Antique, à l'art du bain au Japon, mais aussi quant à sa propre expérience des bains, etc. Ces passages documentaires se glissent naturellement entre deux chapitres et n'altèrent en rien la continuité dans la lecture.
Un premier tome réjouissant, donc, qui me donne envie de connaître la suite malgré un bémol : j'espère que l'auteure variera son schéma narratif. Voir Lucius aller une énième fois aux thermes, se faire aspirer, émerger au Japon, piquer une idée et revenir pourrait être lassant, à la longue. Mais comme la série est prévue en 6 tomes, je pense que cet écueil pourra être évité.

Logo_2Voici une nouvelle lecture pour mon Défi Au coeur de la Rome Antique.

 Et ma 48e participation
à la BD du mercredi de Mango
  

  Et ma 39e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 17/20)

 Top BD

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22 mars 2012

La brocante Nakano, Hiromi Kawakami

La brocante NakanoLa brocante Nakano est un roman de l'auteure à succès Hiromi Kawakami publié en 2007 en France chez Picquier. Découvrir une autre oeuvre de la romancière qui m'avait émue avec Les années douces ? J'étais très enthousiaste...

Tokyo. La brocante tenue par M. Nakano est un lieu rempli d'objets hétéroclites et de personnages très différents. Entre M. Nakano, lui-même, aux allusions parfois déplacées, la jeune Hitomi, dont le coeur balance pour Takeo, l'employé taciturne et introverti, et Masayo, la soeur de Nakano, artiste un peu barrée, les jours passent et ne se ressemblent pas.

J'ai ouvert ce livre en m'attendant à trouver des tranches de vie de ce lieu calme, à la frontière entre le passé et le présent. Cette brocante poussiéreuse, où se lient des relations entre les personnages, m'est malheureusement apparue fade. Et pourtant, ce n'est pas faute de descriptions soignées et d'ambiance particulière ! Je me suis perdue dans ces histoires indépendantes, reliées uniquement par les relations entre les personnages.  J'ai persévéré, voulu croire à une erreur de ma part, une fatigue particulière qui permettait à ce roman de ne pas me plaire... Mais la magie n'a pas opéré.  
Les personnages m'ont agacée, souvent, et notamment Hitomi, la narratrice, dont les complexités sentimentales m'ont laissée de marbre.
J'aurais aimé retrouver l'étincelle qui avait fait de ma lecture des Années douces une très belle découverte, mais non... Une lecture en demi-teinte donc, qui ne m'a pas séduite, sans pour autant me déplaire complètement néanmoins. En définitive, si vous voulez en savoir plus, ouvrez La brocante Nakano !

   Voici ma deuxième participation aux
10 jours japonais chez Choco

et
au
Challenge Dragon organisé par Catherine.

 10-jours-japonais  

Challenge Dragon

 

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21 mars 2012

Ma première journée en Orient, Lafcadio Hearn

Ma première journée en OrientMa première journée en Orient, suivi de Kizuki le sanctuaire le plus ancien du Japon, sont deux textes extraits de Pèlerinages japonais, recueil de nouvelles de l'écrivain irlandais Lafcadio Hearn, naturalisé japonais en 1896.

Lorsqu'il débarque sur le sol japonais en 1890, Lafcadio Hearn suit le conseil d'un professeur d'anglais qu'il rencontre : « Ne manquez pas de noter vos premières impressions aussitôt que possible [...] Elles sont évanescentes, vous savez, elles ne vous reviendront jamais. »
Le voilà donc parti à la découverte de Yokohama dans un kuruma, un pousse-pousse. Et au hasard des rues et de ses découvertes, il nous fait partager ses impressions.
 

Cela faisait un certain temps que ce court livre dormait sur mes étagères, et j'ai profité d'une journée de transports parisiens pour le glisser dans mon sac et le découvrir. 
Véritable carnet de voyage - malgré sa brièveté -, ce texte nous offre une belle découverte du Japon de la fin du XIXe. L'auteur s'emerveille, s'étonne de ce qu'il voit, s'interroge parfois, et partage ses impressions avec ses lecteurs. Les idéogrammes, l'architecture, les us et coutumes, Lafcadio Hearn pose un oeil occidental sur ce qu'il découvre au fil de son trajet en kuruma. Sans jugement, il nous fait part de ses découvertes, à la lumière de ce qu'il connaît.
Un très beau voyage littéraire qui permet une évasion rapide dans un Japon passé. Une envie de faire de même, lors de mes prochains voyages : noter mes premières impressions pour en avoir une trace...

  Voici ma première participation aux 10 jours japonais chez Choco.

10-jours-japonais

Ma première participation, également, au Challenge Dragon
organisé par
Catherine.

 

 Et, enfin, ma dix-septième participation au Challenge 2 euros
organisé par
Cynthia

47287655

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31 octobre 2011

Intrusion, Natsuo Kirino

IntrusionKirino

Intrusion est le vingt-cinquième roman de l'auteure japonaise Natsuo Kirino paru en 2009 au Japon avant de paraître en France en septembre 2011.

En pleine recherche pour son nouveau roman, Tamaki Suzuki se plonge dans la vie de l'auteur Mikio Midorikawa et plus particulièrement de sa maîtresse, O., héroïne de l'un de ses romans. Quête d'identité, recherches dans le passé, la jeune femme se plonge dans ces vies et oscille entre fantasme et réalité pour trouver la matière de son roman.

Je ne connaissais pas cette auteure, présentée comme une référence dans son pays, et j'étais assez curieuse d'élargir mes horizons littéraires avec ce roman.
La couverture, tout d'abord, m'a laissée supposer un roman haletant et violent. Je pressentais une claque, encore sous le choc de ma dernière lecture sur le Japon contemporain, Tokyo de Mo Hayder. De claque, il n'y en a pas eu. Pas l'ombre d'une, même. D'ennui, en revanche, j'ai été bercée.
Si la construction narrative du roman est furieusement intéressante dans l'idée - alterner les mises en abîme - elle finit par perdre son lecteur et se dénuer d'intérêt au fil des pages. Je ne sais pas si l'auteure a voulu mettre l'accent sur cette singularité, mais elle semble avoir oublié qu'une construction narrative ne peut être l'aboutissement d'un roman, à moins d'un talent tel celui de Luc Dietrich. Ici, la succession de mises en abîme semble être le point d'orgue de tout le roman,  au détriment de personnages attachants ou à la psychologie travaillée, voire d'une intrigue solidement construite.
Dernier point et non des moindres : où est le policier dans ce roman ? Je me demande encore... Intrusion est un roman sur la quête de soi et la quête de l'autre mais ces recherches menées par
Tamaki Suzuki sur l'identité de O. et les personnages de Midorikawa ne permettent pas de catégoriser ce roman dans le genre policier. Une classification qui induit le lecteur en erreur et laisse supposer que le roman s'ouvrira sur d'autres perspectives. C'est bien dommage.
Un livre qui n'a pas su aiguiser mon intérêt. Une lecture pesante, malgré la brièveté du texte. Un nouveau rendez-vous manqué. L'avis de Sharon, plus enthousiaste, mais d'accord avec moi sur la classification en policier.

Je tiens néanmois à remercier logo2  et les seuil pour ce roman reçu dans le cadre du Jury Policier 2011


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15 septembre 2011

Tokyo, Mo Hayder

mo-Hayder_tokyoTokyo est le troisième roman de la romancière britannique Mo Hayder. Publié en France en 2004, il traînait dans ma PAL depuis quelques temps, après avoir été dégoté chez un bouquiniste.

Grey, la vingtaine, débarque seule à Tokyo, obsédée par un sujet : le massacre de Nankin par les Japonais en 1937. Mais le seul témoin de cet épisode, un vieil universitaire, n'est pas disposé à revenir sur cette période de sa vie et à lui parler.
La jeune anglaise est rapidement embauchée dans un bar à hôtesses. Mais les cients qu'elle y rencontre sont loin d'être des hommes d'affaires lambdas. Subvenant à ses besoins, Grey continue en parallèle ses recherches sur Nankin. Car son obsession n'est pas qu'empathique : la jeune femme a bien des secrets à cacher et des réponses à trouver dans cette tragédie. Et son précédent internement en hôpital psychiatrique la pousse à chercher des vérités dans le passé.

Je connaissais de réputation Mo Hayder et de ses romans. Je savais que je m'exposais à une lecture choquante, violente, etc.
Résultat ? Une nuit d'insomnie quand, arrivée à la moitié du livre et après un début plutôt calme, l'intrigue s'accélère.  Je me suis laissé happée jusqu'à la dernière page. Vous dire que j'étais tellement tendue qu'il m'était impossible de m'endormir sans connaître le dénouement n'est pas loin de la vérité... Non, en fait c'est l'exacte vérité !
Tokyo est un roman que l'on peut qualifier de morbide. Non seulement l'histoire personnelle de Grey, l'héroïne, prend très vite une tournure dérangeante, mais les détails historiques sur le massacre de Nankin font froid dans le dos.
Si Mo Hayder avoue en postface la difficulté de trouver des documents sur cet épisode historique et, surtout, des documents exposant les faits d'une façon cartésienne, sans exagération dans la cruauté ni dans l'horreur, elle en propose ici une version très personnelle mêlée à une part fictionnelle intéressante. Les personnages possèdent une psychologie très fine et leurs vies s'entremêlent inextricablement.
Comme tout bon thriller, la tension monte progressivement (le personnage de la Nurse est devenu mon cauchemar ultime !) et les explications sont données au compte-goutte pour ménager le suspense. L'alternance de temporalité entre les chapitres - Nankin en 1937 et aujourd'hui à Tokyo - permet de faire évoluer les deux histoires de façon parallèle et de faire monter l'intensité dramatique conjointement.

Lectures communesIl y a beaucoup à dire sur ce roman mais je m'arrêterai là. Pour terminer, je vous préviens : si vous ouvrez ce livre, faites le en connaissance de cause. Pour ma part, je crois que je vais m'arrêter là dans ma découverte de Mo Hayder (je suis une trop petite nature pour ce type de thrillers...)
Tokyo
était une lecture commune avec
Manu, Estellecalim, (un peu en retard) Canel et Sophie.

Et comme je n'ai pas pu résister au Challenge Thriller de Cynthia,
je me suis inscrite dans la catégorie "Touriste planquée" (3 thrillers à lire avant le 15 juin 2012)

Challenge Thriller

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24 août 2011

Le journal de mon père, Jiro Taniguchi

_photoChaque rencontre avec un album de Taniguchi est un moment rare. Si j'ai dénoncé récemment un complot visant à faire succomber les blogueurs aux albums de Chabouté (dans ce billet), je pense que certains vont soupçonner la même manoeuvre à l'encontre de Taniguchi !

Le journal de mon père est un album inspiré de la vie de Taniguchi lui-même qui, par paresse et manque de temps d'après lui, n'est pas revenu dans sa ville natale durant une quinzaine d'années. Dans ce laps de temps, beaucoup de choses ont changé. C'est ce que remarque le narrateur de cette histoire. De retour à Tottori, son village natal, pour les obsèques de son père, il évoque avec les membres de sa famille, lors de la veillée funéraire, son enfance et son départ pour Tokyo. Les ressentiments enfantins à l'égard de son père sont toujours présents, mais la mort l'empêche désormais de résoudre ces incompréhensions et ces silences. Le narrateur se perd dans ses souvenirs et pleure ce père incompris disparu trop tôt.taniguchi-le-journal-de-mon-pere

Jiro Taniguchi, pour ceux qui le connaissent et l'apprécient, ne déroge pas à la règle avec cet album vibrant d'émotion. Il nous livre à nouveau une intrigue simple, fondée sur les relations familiales, qui tend à une certaine forme d'universalité. Regrets, rancoeurs et pardon sont au coeur de cet album très riche. Avec une esthétique bichromique toujours très étudiée, Taniguchi nous donne à voir des personnages à la psychologie fine, permettant ainsi une vraisemblance troublante.
Chaque planche semble découpée et organisée de manière à mettre en valeur la poésie du texte et de cette tranche de vie narrée. Les silences sont toujours aussi présents, et offrent à cette lecture une lenteur savoureuse.
Je milite encore une fois, et je rabâche : Taniguchi est un auteur à découvrir. Même si on a peur des mangas (si si, ça existe), même si on ne lit pas beaucoup de BD, même si le Japon ne nous nous attire pas. Essayez, une fois, et venez m'en parler. Je suis quasiment sûre du résultat...

Les avis de Delphine, Mathilde et L'Emile sur cet album.

Et ce titre signe mon retour à la BD du mercredi de Mango,
après une longue pause estivale,
en tant que dix-neuvième participation !

Logo_BD_du_mercredi_de_Mango_1

 

Et mon retour au Top BD des blogueurs de Yaneck
en tant que onzième participation (note : 17/20) !
Logo_top_bd_2011

 

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16 juin 2011

Geisha, Arthur Golden

GeishaGeisha est le livre qui a rendu célèbre le romancier américain Arthur Golden. Publié aux États-Unis en 1997, il s'est vendu à plus de 4 millions d'exemplaires en anglais avant d'être adapté au cinéma en 2005 par Rob Marshall. J'avais vu et aimé ce film. J'ai eu envie de lire le roman originel.

Chiyo a neuf ans lorsqu'un marchand l'arrache à sa maison ivre, perchée sur une falaise. Sa mère est mourante, son père, trop pauvre pour les élever, elle et sa soeur. Elles sont donc vendues à Kyoto. La petite Chiyo se retrouve seule, à servir dans une okiya, lieu de vie des geishas. La vie est dure pour elle : ses incroyables yeux gris attisent la haine d'Hatsumomo, la geisha qu'elle sert, mais suscitent l'admiration des autres. Dans cet univers impitoyable, à l'aube de la Seconde Guerre mondiale, la jeune fille va suivre à la lettre les instructions de celle qui va la faire devenir geisha, Mameha. Cérémonies du thé, danses et musiques sont au programme.

Quel roman ! Je n'avais que quelques images en tête en souvenir du film de Rob Marshall. J'ai donc pu débuter cette lecture comme si je ne connaissais pas l'histoire.
Je me suis laissé emporter dans ce Japon d'entre-deux guerres, bercée par le quotidien de ces femmes fantasmées autant que jalousées. Je connaissais beaucoup d'éléments de la vie des geishas, depuis ma lecture de Mon journal de Geisha de Komono, le récit vrai d'une jeune geisha de Kyoto, mais j'ai aimé me plonger dans le destin fictif de Chiyo, devenue Sayuri une fois geisha.
La discipline imposée à ces jeunes filles dès leur plus jeune âge, leurs obligations envers leurs clients, la fatigue de leur train de vie... Arthur Golden dévoile ici un pan souvent méconnu de la vie de ces femmes.

coup_de_coeur_2011Geisha est un roman extrêmement bien documenté, empreint d'une certaine poésie. Il s'inspire de réalités pour créer une fiction intelligente, sans faux-semblants ni hypocrisie. Un roman à découvrir ou à redécouvrir sans faute ! Un septième coup de coeur pour 2011, que je relirai avec plaisir dans quelques temps...

Lectures communesGeisha était une lecture commune avec Yoshi73.

D'autres avis sur ce livre : Evy, Achille49, Karine, L'Ogresse de Paris et Esmeraldae.
Voici ma quatrième participation au Challenge La littérature fait son cinéma de Will.

 

Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie

 

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04 mai 2011

L'homme qui marche, Jiro Taniguchi

taniguchi_L_HOMME_QUI_MARCHEJe poursuis ma découverte de l'oeuvre de Taniguchi avec L'homme qui marche, publié en 1995 chez Casterman.

De cet homme, nous ne saurons rien de précis, si ce n'est qu'il habite en ville avec sa compagne et profite de la nature urbaine pour prendre le temps. Prendre le temps d'observer son environnement, les personnes qu'il croise ou encore les animaux, grimper dans un arbre pour en admirer la vue ou regarder la neige tomber. Faire finalement, ce que peu font...

A nouveau, Taniguchi nous transporte dans un univers à part, où lataniguchi_hommemarche_illus_0cb5a poésie domine. Peu de bulles dans cette BD, peu de dialogues et de réflexions, mais finalement, la lecture s'en trouve d'autant plus poétique. On suit avec bonheur les pérégrinations pourtant simples de ce promeneur qui a su garder l'oeil ouvert sur ce qui l'entoure et dégager la poésie de la vie quotidienne.
L'homme qui marche est une ode à cette méditation qui nous manque parfois - souvent - quand, embrumés par notre quotidien et l'acidité d'un fatras anxiogène, nous oublions de rêver un peu...

Une très belle BD de Taniguchi, encore une fois, qui m'a séduite autant que les autres et que j'ai trouvée très similaire au Gourmet solitaire, découverte il y a peu.

Et voici ma neuvième participation 
à la BD du mercredi de
Mango !

Logo_BD_du_mercredi_de_Mango_1


Et ma première au Top BD des blogueurs de Yaneck !
(note : 15/20)

Logo_top_bd_2011

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