Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.




30 août 2018

3 semaines au Japon : astuces et conseil pour un premier voyage

[Mon billet avait disparu pendant 24h, remis en brouillon par la plateforme... Bref, le revoici !]

Bonjour à tous,

Vous avez été nombreux à me demander si j'avais organisé seule mon voyage au Japon et à vouloir savoir comment je me suis débrouillée. Je vous avais promis un billet explicatif, le voici ! Je n'ai pas la prétention d'être spécialiste dans le domaine, loin de là, mais voyageant en sac à dos depuis une dizaine d'années (Chine, Islande, Vietnam, Guadeloupe, Grèce, Royaume-Uni, Suède, Danemark, etc.) j'ai acquis quelques réflexes et habitudes que je vous livre ici.

Bon déjà, il faut s'ôter de la tête que partir seul au Japon est compliqué. C'est faux et archi faux ! Aujourd'hui, avec internet, un peu de débrouillardise et d'anglais et quelques applis, le monde s'ouvre à vous ! (et le Japon par la même occasion !) Le Japon est un pays extrêmement bien organisé, où tout est clairement indiqué, établi, les horaires sont respectés et les indications nombreuses. Impossible de se perdre ! De toute façon, si vous hésitez trois minutes en ayant l'air un peu perdu, un japonais viendra vous demander gentiment en anglais si tout se passe bien et si vous avez besoin d'aide (véridique et maintes fois expérimenté durant ce voyage !). Donc déjà, ayez bien en tête que ce n'est pas plus compliqué de partir au Japon que de partir dans un pays européen.

Ensuite, une autre idée reçue qui a la vie dure : voyager au Japon coûte très cher. Encore une fois, c'est faux. Le niveau de vie au Japon est similaire à celui en France et moins cher que Paris. Une fois votre billet d'avion acheté, vous pouvez, en vous y prenant à l'avance, trouver de quoi vous loger à petit prix. Idem pour la nourriture : les kombini (supermarchés 24/24h) pullulent à chaque coin de rues et vous permettront de vous acheter de quoi manger pour quelques centaines de yens (soit quelques euros).

Enfin, dernière chose : si j'ai pu le faire, vous le pouvez aussi ! Vraiment. C'est une expérience incroyable et d'une richesse infinie que de voyager par ses propres moyens et partir à la rencontre de l'autre. Je ne peux que vous le conseiller. On revient autre, c'est certain.

Passons au pratique, maintenant, avec mes conseils classés par catégories (on ne voit pas du tout mon sens de la rigueur et de l'organisation transparaître avec ce billet, pas du tout !) : itinéraire, transports, logements, activités, repérage et cartes, restaurants et cuisine, savoir-vivre et pense-bête et pour aller plus loin. Bonne découverte !

ITINERAIRE

  • Pour notre itinéraire, nous nous sommes aidés du guide Kotchi Kotchi ! Le guide du voyageur au Japon écrit par un couple extra qui a vécu deux ans au Japon et qui tient le blog Issekinicho (et la maison d'éditions associée !). Une mine que ce petit guide humoristique qui a été utile une paire de fois ! Nous avons pioché aussi des conseils dans le Lonely Planet sur le Japon, un must have et après avoir touillé et laissé mijoter, voilà ce que ça a donné pour 3 semaines de voyage :

Paris =>Tokyo (5 nuits) => Hakone (2 nuits) => Takayama (2 nuits) => Kyoto (4 nuits) => Nara (1 nuit) => Kyoto (1 nuit) => Kinosaki Onsen (1 nuit) => Koya-San (1 nuit) => Osaka (1 nuit) => bus de nuit vers Tokyo (2 nuits) => Paris.

  • Un itinéraire qui nous a permis de prendre le temps à Tokyo et Kyoto et découvrir Honshu, l'île principale du Japon sans courir partout. Le réseau de transports étant bien déployé, nous avons pu facilement accéder à nos différents points de chute au fil du séjour.

JapanCitiesMap

 TRANSPORTS

  • Quand vous prévoyez un voyage au Japon, on vous dit partout de prendre le Japan Rail Pass - JR Pass, pour les intimes - qui vous permet de voyager librement sur le réseau JR de trains de l'île. Perso, on ne l'a pas pris pour la simple et bonne raison qu'il n'était pas intéressant fiancièrement vu notre trajet. Le site Kanpaï, qui regorge d'informations utiles sur le Japon, vous explique comment calculer sa rentabilité ou non pour votre voyage. Le Japon regorge de pass selon les différentes régions mais comme il existe plusieurs compagnies sur le réseau ferroviaire, il faut bien se renseigner avant pour ne pas prendre un pass peu adapté à ses besoins.
  • Les transports sont extrêmements sûrs, propres et ponctuels au Japon. Ne stressez pas pour vos sacs, oubliez les bousculades et les voisins collants, tout se passe dans la courtoisie et le respect de l'autre.Et c'est vraiment agréable !
  • Dans chaque gare, il y aura toujours un employé pour vous confirmer que vous êtes sur le bon quai ou vous aider à trouver votre chemin.
  • Nous avons essayé plein de transports au Japon - métro, bus, trains, bus de nuit, bâteau, téléphérique - et à chaque fois une traduction en anglais nous attendait. Il suffit juste de chercher sur la carte où aller et c'est parti !

LOGEMENTS

  • Pour les logements, je privilégie toujours de loger en centre ville, pour éviter de rajouter le coût du transport à mes journées de visite, et que la gare soit accessible à pied (ou le métro pour des villes tentaculaires comme Tokyo ou Osaka !). Je cherche à délimiter le centre historique et/ou d'activités des villes et je fais une recherche sur Booking en visualisant sur la carte. En été au Japon il fait chaud (voire très chaud comme cet été !) donc si vous y allez à cette période, pensez à réserver un logement avec air conditionné.
  • Il est courant que les salles de bain soient communes au Japon. Si cela vous gêne, vérifiez bien avant de réserver que votre chambre en comporte une.
  • Les maisons comme les hôtels sont petits au Japon. Il n'est donc pas rare de louer une chambre de 9m2, salle de bain comprise. Ne soyez pas surpris, c'est la norme !
  • Nous avions réservé un Airbnb mais il a été annulé à cause du changement des conditions au Japon (si vous voulez vous inscrire, je peux vous parainer et vous faire profiter de 25€ sur votre première réservation en cliquant ici !)
  • Je privilégie toujours les logements avec annulation gratuite, pour pallier l'imprévu. Cela n'a pas été nécessaire durant ce voyage mais c'est une sécurité.
  • Nous avons dormi en hôtel, auberge de jeunesse, hôtel capsule - à essayer absolument !, ryokans - et à chaque fois la propreté était irréprochable.
  • Attention : dans beaucoup d'hôtels au Japon les CB internationales ne sont pas acceptées. Pensez à prévoir du cash.


        Ma capsule à Osaka et notre ryokan à Koya-San

ACTIVITES

  • Nous avons fait les fifou à Disney Sea à Tokyo et à Universal Studio à Osaka, deux parcs d'attractions absolument géniaux (le premier étant le seul parc Disney sur le thème de la mer, le second proposant des univers liés aux films Universal, dont Poudlard et Pré-au-Lard reconstitués grandeur nature <3)
  • Nous avons visité les Studio Ghibli, hommage aux films d'animation du groupe. Une merveille mais attention, les billets s'arrachent des mois à l'avance et il faut réserver en ligne pour espérer en obtenir (ils sont attribués par tirage au sort).
  • Si vous voulez faire du kart déguisé en Mario Kart dans les rues de Tokyo, il vous faudra d'abord obtenir une version traduite en japonais de votre permis de conduire.
  • Une foule d'activités est possible durant votre voyage (cours de calligraphie, essayage de kimonos, cérémonie du thé, fabrication d'un tatamis, etc.). Nous avons opté pour un cours de cuisine à Kyoto via Airbnb. Aki, notre hôte, nous a emmenés faire le marché avant d'aller chez elle cuisiner ensemble et déguster un repas japonais typique de la vie quotidienne. Une expérience extrêmement enrichissante que je vous conseille fortement.


REPERAGE ET CARTES

  • L'appli Maps.me (libre et gratuite) permet de télécharger gratuitement les cartes du monde entier grâce au wifi puis d'en profiter même sans réseau pour se balader à pied (grâce à la fonction GPS de votre smartphone).
  • Japan Travel est une appli qui permet, quant à elle, d'établir des itinéraires piétons, voiture ou en transports (très pratique à Tokyo et son réseau de métro qui semble tentaculaire !).
  • Hyperdia est également une appli souvent conseillée mais bizarrement elle ramait beaucoup sur mon téléphone donc je l'ai peu utilisée (mais je vous l'indique quand même !)

RESTAURANTS ET CUISINE

  • La cuisine japonaise est riche, variée, à base de produits frais, très peu sucrée et riche en saveurs. Quand on arrive sur l'île, on se rend vite compte que les restaurants japonais occidentaux ne sont que des pâles adaptations de la cuisine nippone. Soba, ramen, tempura, yakitori, soupes, les mets sont très variés et, préparés avec soin, extrêmements goûteux.
  • Nous avions un critère pour choisir où manger : pas de restaurant sans sous-titre en anglais, photo ou maquettes en plastique (les restaurants adorent mettre des petites vitrines avec les plats représentés !). C'est certes limitant par rapport à tout ce que la gastronomie japonaise peut offrir, mais quand on ne mange pas de viande ni de poisson, ça évite les mauvaises surprises ! (on voit que vous n'avez pas eu de tentacule de poulpe au petit déjeuner vous !)
  • Il est très dur de manger végétalien au Japon : tous les bouillons contiennent du poisson séché, rares sont les plats sans fruits de mer, viande ou oeuf. Nous avons donc fait des écarts, parfois, mais les kombini (supermarchés ouverts 24/24h) nous ont permis de nous gaver d'onigiris (boulettes de riz de forme ronde ou triangulaire) farcies à l'umeboshi (prune rouge fermentée) ou natures.
  • Les japonais adorent grignoter donc vous trouverez à chaque coin de rue un supermarché ou un distributeur de boissons fraîches en tous genres pour quelques yens. 
  • Pour ceux qui mangent des produits animaux, vous serez ravis au Japon, même si le spectacle de tortues attendant dans une caisse en plastique sur un étal ne vous laissera pas de marbre je pense...

 

 SAVOIR-VIVRE ET PENSE-BETE

  • Les japonais sont extrêmement polis et courtois : pas d'impairs en bousculant tout le monde dans les transports notamment, en forçant le passage, etc.
  • Pensez à un parapluie, objet tout-terrain multi-usage en Asie : quand il pleut, usage classique, mais surtout, quand il fait soleil, il vous protégera de ses rayons de feu (les japonais l'utilisent beaucoup les jours de soleil pour protéger leur teint).
  • L'anglais n'est pas parlé partout sur l'archipel mais vous permettra de vous faire comprendre. En revanche, apprendre des formules de base de politesse fera plaisir à vos interlocuteurs (bonjour, merci, au revoir).

POUR ALLER PLUS LOIN...

Jardin zen 

Fushimi-Inari  IMG_20180806_171717

Voilà ! J'espère que ces quelques conseils vous seront utiles si vous envisagez un voyage au Japon ou vous donneront envie de franchir le pas. J'espère que ce billet aura répondu à vos attentes. N'hésitez pas à me poser vos questions en commentaire. Pour plus de photos, je vous donne rendez-vous sur mon compte Instagram ! Pour ma part, je rentre transformée de ces 3 semaines et certaine que je reviendrai explorer l'archipel japonais...

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27 août 2018

De retour d'un bel été

Temple Hida Kokunbunji, Takayama - all pictures are mine

Bonjour à tous,

Me voici de retour ici, après un été très intense, comme je vous l'annonçais dans mon dernier post. Vacances toulousaines, mariage parisien, déménagement messin, road trip japonais en sac à dos pendant 3 semaines, l'été 2018 aura été chargé en événements heureux ! 

Pour l'heure, je reviens avec ce billet pour vous annoncer ce que je vous prépare sur le blog dans les jours à venir :

  • Un billet sur mon voyage au Japon, tout d'abord. Un billet assez attendu par ceux qui m'ont suivie sur Instagram, dans lequel je vous donnerai des conseils et des bons plans pour un premier voyage dans l'archipel nippon, mon itinéraire et quelques photos du voyage. Vu que j'ai tenu un véritable carnet de bord sur Insta avec beaucoup de photos et de vidéos je ne ferai pas doublon ici. Remontez mon feed et vous aurez mon voyage jour par jour et mes impressions à chaud. J'ai également fait des stories que vous retrouverez sur ma page de profil si ça vous tente.
  • Des billets de lectures, ensuite. Je n'ai pas beaucoup lu cet été (vu ce que j'ai fait, c'est plutôt normal !) mais j'ai quelques chroniques qui attendent au chaud d'être publiées. Attendez-vous donc à voir L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea de Romain Puertolas, On regrettera plus tard d'Agnès Ledig, Outlander T.4 de Diana Gabaldon et Les divines glaces à l'italienne d'Anne d'Abby Clements être chroniqués sur le blog dans les jours à venir.
  • Une reprise des Mercredis BD organisés par Moka, Noukette et Stephie dès mercredi prochain. J'aime toujours autant le neuvième art et lui consacre une place à part à Bouquinbourg. Tous les mercredis, je reprendrai mes chroniques de BD que je partagerai avec mes acolytes de ce rendez-vous.
  • Un remaniement du Challenge Feel good pour ses 3 ans, enfin. J'y pense depuis quelques temps, j'ai plein d'idées en tête, je les mets en forme et je reviens rapidement vous les proposer ici (et sur Instagram !).

Voilà ce qui vous attend dans les jours à venir à Bouquinbourg. En attendant, je retourne bouquiner un peu avec une tasse de thé et je vous souhaite de belles lectures !

 

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18 juillet 2018

Bye bye Bouquinbourg, hello Japan !

Fuji

Encore un mois de juillet très chargé ! Je pensais avoir le temps de chroniquer mes quelques lectures mais le temps m'a manqué, entre préparation d'un nouveau déménagement, du mariage d'une amie, de vacances toulousaines dans ma famille et surtout de mon prochain voyage : 3 semaine au Japon. Le périple commence lundi prochain (enfin mardi, le temps d'atterrir) ! Pour ceux qui veulent suivre mes aventures, rendez-vous sur Insta ! Pour les autres, je ferai un compte-rendu ici aussi à mon retour.
Vous vous en doutez : je mets le blog en pause jusqu'à la mi-août, le temps de rentrer, de déménager et retrouver une connexion internet. Je vous souhaite un bel été et de chouettes lectures ! A très vite !

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02 juin 2018

Sommeil, Haruki Murakami

Sommeil, Haruki MurakamiSommeil est une nouvelle du maître japonais Haruki Murakami parue originellement dans le recueil L'éléphant s'évapore en 1993 puis rééditée seule, illustrée par Kat Menschik, en 2010 chez Belfond. 

Dix-sept nuit que la narratrice ne dort plus. Pas qu'elle est insomniaque, non, mais qu'elle ne dort plus du tout sans éprouver la moindre fatigue. C'est arrivé un peu par hasard. Peinant à trouver le sommeil, une nuit, elle s'est levée, s'est servie un verre de cognac et s'est installée dans son séjour pour relire Anna Karénine. Transportée par l'intrigue de Tolstoï, elle s'est perdue dans ses pages. Le lendemain, sans fatigue aucune, elle a repris son quotidien, s'occupant de son fils, de son mari et de leur maison. Depuis, elle ne dort plus et passe ses nuits à lire, se promener en voiture, découvrir le monde, la nuit. 

Première incursion dans l'oeuvre du géant de la littérature japonaise pressenti pour le Nobel, ma lecture de Sommeil a été un régal. L'auteur entraîne son lecteur dans les nuits de cette Emma Bovary contemporaine, lassée de sa vie routinière et qui redécouvre le plaisir par la lecture et le chocolat, nourriture au parfum d'interdit. Portée par un style fin et poétique, la nouvelle déroule ces nuits jusqu'à un dénouement des plus audacieux. 
Les illustrations de Kat Menschik parsèment le texte d'une aura mystérieuse et le nimbe d'un bleu profond, comme le ciel nocturne. Un petit bijou à déguster page après page et qui permet de
 toucher du doigt le talent de Murakami. J'ai adoré. 

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02 mai 2018

Les rêveries d'un gourmet solitaire, Jirô Taniguchi et Masayuki Kusumi

Les rêveries d'un gourmet solitaire, Jirô Taniguchi et Masayuki KusumiLes rêveries d'un gourmet solitaire est un album du regretté Jirô Taniguchi en collaboration avec Masayuki Kusumi paru en 2016 dans la collection Ecritures de Casterman.

Gorô Inokashira poursuit ses déambulations tokyoïtes. Cet homme d'affaire dont le lecteur sait peu, est amené à arpenter la capitale nippone et, à l'heure des repas, il ne résiste pas aux cris de son estomac. En esthète raffiné, il écoute son instinct, ses envies, et mange ce qu'il veut et comme il l'entend. Avide de nouvelles sensations, il sort parfois de ses sentiers battus en explorant de nouvelles traditions culinaires, de nouveaux ingrédients, et déguste le tout en pleine conscience. Solitaire assumé, il pousse chaque jour la porte d'un nouveau restaurant pour assouvir sa faim.

Vous me connaissez, j'adore les albums gastronomiques ! Alors quand à Livre Paris cette année je suis tombée sur la suite du chef d'oeuvre de Taniguchi, Le Gourmet solitaire (que j'avais adoré il y a quelques années !), je n'ai pas hésité une seconde. 

Toujours aussi poétique et contemplatif - la patte de Taniguchi - ce nouvel album est un voyage au pays de la gastronomie japonaise. Gorô est toujours aussi exigeant avec ce qu'il mange et commente chacun de ses plats, les textures, les goûts, les mariages de saveurs comme la présentation. L'intrigue est aussi simple que le premier album mais elle permet au lecteur une incroyable balade gustative. Véritable best-seller au Japon, le périple de Gorô célèbre l'art de vivre et de manger et met l'eau à la bouche de n'importe quel lecteur. Le dessin de Taniguchi sublime ce temps de pause dans la journée du personnage, ce temps calme qu'il s'accorde pour enchanter son palais. Une merveille, comme toujours. S'il y en a encore qui n'ont pas découvert cet auteur, c'est le moment où jamais (mais je vous conseille Quartier Lointain comme mise en bouche !). Pour ma part, j'ai savouré avec bonheur et délice ces rêveries, surtout que dans moins de trois mois, je serai comme Gorô en train d'arpenter les rues de Tokyo...

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La BD de la semaine

Cette semaine chez Moka

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28 février 2018

Le Pays des cerisiers, Fumiyo Kouno

Le pays des cerisiersLe Pays des cerisiers est un one shot signé Fumiyo Kouno paru en 2006 chez Kana. C'est le premier manga de cette auteure née à Hiroshima publié en France.

Trois courtes histoires composent ce manga. La première, La ville de Yunagi, se déroule à Hiroshima en 1955. Dix ans après, la bombe A hante toujours la ville et ses habitants et des commémorations sont prévues pour éviter qu'une telle tragédie ne se reproduise.  Minami, qui travaille dans un atelier de confection, a perdu sa famille dans le bombardement. Seule sa mère s'en est sortie. La jeune femme, traumatisée, n'arrive pas à se reconstruire, hantée par les images de ce jour et ceux qui tombent malades jour après jour, suite à l'irradiation.  
Le Pays des cerisiers, la seconde histoire, se déroule en deux parties. La première, trente ans après le bombardement, se concentre sur Nanami, une jeune joueuse de base-ball qui découvre l'histoire de sa famille en suivant son père à Hiroshima. La dernière partie, enfin, se déroule de nos jours, et se centre sur les descendants des victimes de la bombe.

Je ne suis pas une grande lectrice de mangas, vous le savez. Mais ma curiosité a été piquée par le sujet de celui-ci et la manière dont il serait traité. Manga polémique au Japon (la postface est assez éclairante), Le Pays des cerisiers est un manga commandé par l'éditeur de Fumiyo Kouno pour dénoncer ce qui reste encore tabou aujourd'hui : les conséquences du bombardement et la reconstruction du pays. L'auteure n'est pas une hibakusha (littéralement victime de la bombe atomique), mais s'est largement documentée sur la question pour aborder avec une finesse et une poésie sans nom ce pan de l'histoire japonaise. Les dessins tout en rondeur et en simplicité servent le propos et les trois histoires balayent les cinquante ans qui suivent le bombardement. Comment se reconstruire ? Comment recommencer à vivre après cet épisode de l'Histoire qui a coûté la vie à tant de gens et qui demeure aujourd'hui encore tabou ? C'est ce que se demande l'auteure, qui aborde l'indicible et l'horreur par le prisme des survivants et leurs familles. Un manga très émouvant, à lire et à relire. Un incontournable pour aborder la question du bombardement d'Hiroshima et ses conséquences tant physiques que psychologiques. 

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27 septembre 2017

La forêt millénaire, Jirô Taniguchi

La forêt millénaire Jiro TaniguchiLa forêt millénaire est le dernier album du dessinateur japonais Jirô Taniguchi. Il sort ce mois-ci de façon posthume aux éditions Rue de Sèvres.

Parce que sa mère est malade et ne peut plus s'occuper de lui, Wataru, dix ans, quitte Tokyo pour aller vivre chez ses grands-parents dans la région de Tottori. C'est là que suite à un tremblement de terre, une forêt est apparue près du village. Très vite, Wataru se rend compte qu'il peut entendre les voix de la forêt et de ses animaux.

Vous savez à quel point j'aime les albums de Taniguchi, et je ne suis pas la seule. Son décès en février dernier a laissé un grand vide dans l'univers de la bande dessinée japonaise et cet album est l'un des derniers projets sur lequel il travaillait et qu'il n'aura pas eu le temps de mener à terme.Imaginez donc l'émotion qui m'a saisie lorsque je l'ai ouvert...

Faisant un pas de côté par rapport à ses habitudes, Taniguchi a pensé cet album en format à l'italienne et en couleurs. Ainsi, c'est un festival de verts qui s'ouvre dès la page de garde. Ode à la nature, réflexion sur le rapport de l'homme à son environnement, La forêt millénaire est un album poétique et contemplatif, signe distinctif de Taniguchi. Le lecteur suit le parcours identitaire de Wataru et embrasse son point de vue de Tokyoïte sur la nature environnante. C'est beau, fluide, aérien. A chaque double-page, les sons de la forêt semblent s'échapper de ces dessins soignés et oniriques. Le petit Wataru doit se faire accepter par les autres enfants, et se faire à cette nouvelle vie sans sa mère, loin de ses repères. Taniguchi esquisse avec pudeur sa souffrance et ses réflexions.

Je ne vous le cache pas : un goût d'inachevé - une frustration même - s'empare du lecteur une fois la dernière page de cette histoire tournée, mais une joie surgit dans le même temps. La joie de tenir entre les mains le dernier projet de ce grand homme. L'objet en lui-même est magnifique, doté d'une couverture cartonnée d'une fort belle facture et présente à la fin un carnet de croquis et un explicatif des racines du projet. Bref, une très belle découverte, une histoire qui laissait présager une intrigue complexe et une belle réflexion sur le rapport de l'homme à son environnement. Un grand merci aux Éditions Rue de Sèvres pour cet album.

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29 mars 2017

Un zoo en hiver, Jirô Taniguchi

Un zoo en hiver, Taniguchi Un zoo en hiver est un album signé Jirô Taniguchi paru en 2008 au Japon et en 2009 en France chez Casterman, dans la collection Ecritures. 

Kyoto, 1966. Hamaguchi, seize ans, s'ennuie à travailler dans une entreprise de textiles. Le jeune homme passe son temps libre à dessiner les animaux du zoo voisin. Un de ses amis l'encourage un jour à venir travailler à Tokyo pour Kondô, un mangaka renommé. Hamaguchi devient alors l'un de ses assistants. Dans cet espace créatif, entouré de dessinateurs travaillant dans la pression des délais, Hamaguchi laisse parler son art et découvre le monde.

Affectée par le décès en février dernier de Taniguchi, j'ai décidé de lire tous les albums que je possède dans mon fonds avant de quitter la région parisienne en juillet prochain. Et Un zoo en hiver m'attendait patiemment depuis six ans...

Très largement autobiographique, l'album aborde avec toute la poésie propre à ce grand nom de la BD japonaise l'éveil amoureux et la naissance de la passion professionnelle pour le dessin de mangas.  Sans sentimentalisme, avec beaucoup de pudeur, Taniguchi revient sur ses débuts en qualité d'assistant de mangaka et son entrée dans la vie d'adulte, à Tokyo, au milieu des années 60. La tradition est bien présente et le jeune Hamaguchi est assujetti à un cadre de travail rigoureux et difficile, mais il s'y plie de bonne grâce.

Refusant de rester assistant toute sa vie, le jeune homme peine malheureusement à écrire son propre manga. Mais la rencontre avec une jeune femme sensible et bienveillante va permettre à l'adolescent de dépasser ses peurs et trouver l'inspiration qui lui faisait défaut. 

Très poétique, lent - comme toujours avec Taniguchi - l'album déroule sa temporalité en regard des mois que Hamaguchi passe dans l'atelier de Kondô. Porté par des traits hautement reconnaissables et un découpage des planches qui alterne plans larges et rapprochés, l'histoire suit tranquillement son cours. Je referme ces pages avec le même sentiment qui m'anime quand je lis un album de Taniguchi, un mélange de mélancolie et d'émerveillement. Et j'en redemande.

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BD de la semaine saumon 

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Mes autres billets sur les albums de Taniguchi :

  

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09 janvier 2017

Le restaurant de l'amour retrouvé, Ito Ogawa

Le restaurant de l'amour retrouvéLe restaurant de l'amour retrouvé est le premier roman de la japonaise Ito Ogawa paru en 2013 aux éditions Philippe Piquier.

Rinco rentre un jour chez elle et trouve son appartement vide. Son petit ami est parti, emportant toutes leurs affaires. La discrète jeune femme, devenue muette suite à ce traumatisme, retourne vivre chez sa mère - personnage fantasque s'il en est - dans le petit village de son enfance. Là, elle y ouvre un tout petit restaurant, qu'elle gère seule et qui propose un service unique : préparer un repas spécial pour chaque client, un repas réfléchi et pensé selon les envies et les besoins du convive. Par sa patience et son amour de la cuisine, Rinco réussit à rendre les gens heureux. Et c'est en s'occupant des autres qu'elle parvient peu à peu à panser ses blessures.

Cela faisait bien longtemps que je tournais autour de ce roman au titre alléchant et au sujet ô combien tentateur. Et j'ai bien fait de succomber (deux titres du catalogue Piquier en quelques jours, je reviens décidément à mes premières amours !).

Le restaurant de l'amour retrouvé est un petit bijou autour de la notion du partage et du don, au rythme lent et aux phrases poétiques. L'intrigue est centrée sur le personnage de Rinco, la narratrice de l'histoire, et embrasse son tempérament serein et méditatif. La cuisine comme résilience pour Rinco prend une toute autre dimension. Chaque repas est appréhendé telle une offrande et la jeune héroïne prend tout son temps pour servir les mets les plus adaptés à ses hôtes. De la soupe légère pour deux futurs amoureux au repas pour enfant pour un vieil homme sénile en passant par un tour du monde gastronomique, chaque page rend hommage à la cuisine et ses saveurs, suivant le rythme lent des saisons et de leurs produits.

La nature est très présente, comme souvent dans la littérature japonaise, et offre de très beaux moments contemplatifs. Les saisons passent, Rinco adapte ses repas aux productions locales. La vie est simple, rythmée par le restaurant et le cochon de sa mère dont elle doit s'occuper. Et Rinco se répare petit à petit. Un magnifique roman à savourer sans hésiter un instant et qu'on referme à regret.

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04 janvier 2017

Petites coupures à Shioguni, Florent Chavouet

petites coupures à shioguniPetites coupures à Shioguni est un album de Florent Chavouet paru en 2014 aux éditions Philippe Piquier et primé à Angoulême en 2015. 

Shioguni, la nuit. Un restaurateur qui a des dettes se fait agresser par des yakuzas peu sportifs, une jeune fille dérobe les clés de distributeurs de boissons de la ville, deux voitures se percutent et leurs propriétaires se battent tandis qu'un tigre rôde en ville. Toutes ces péripéties perturbent la soirée du commissaire qui ne rêve que de rentrer chez lui manger un bol de udon. Les témoignages sont confus, la chronologie des événements aussi. Que s'est-il réellement passé ce soir-là à Shioguni ?

J'ai découvert Florent Chavouet il y a quelques années avec ses carnets de voyages Tokyo Sanpo et Manabé Shima. Tombée sous le charme de son coup de crayon et de ses perspectives folles qui le caractérisent, j'étais très enthousiaste à l'idée de le découvrir du côté de la fiction cette fois. Car si ses deux premiers albums étaient des documentaires relatant ses expériences nippones, Petites coupures à Shioguni est la première fiction du jeune illustrateur, se déroulant toujours dans ce pays qu'il affectionne tant (ça tombe bien, moi aussi !)

Expérience déroutante s'il en est, Petites coupures à Shioguni est un petit bijou dont la lecture se gagne. Parce que si vous ne comprenez rien au début et que vous revenez trois pages en arrière à chaque page, c'est bien normal ! Florent Chavouet joue avec son lecteur, en mêlant les genres - entre policier et humour -, en détournant certains codes et en emberlificotant la temporalité de son intrigue pour mieux offrir un ovni brillant, un rien déjanté. Ce qui paraît brouillon de prime abord - les fameuses petites coupures du titre - s'imbriquent parfaitement au final et donnent à voir une intrigue où chaque petit détail fait sens, seul ou en lien avec d'autres. Quel plaisir, une fois la dernière page tournée, de revenir en arrière piocher des indices qui nous avait échappés !

Niveau dessin, Florent Chavouet parfait son trait en se perfectionnant notamment sur les scènes en mouvement. Ses couleurs franches sont contrastées par le noir, toujours très présent dans son trait. Ses personnages gagnent en profondeur et en charisme, tandis que ses décors - toujours aussi soignés -sont un régal pour les yeux. Chaque double page est un petit bijou d'inventivité, mixant les compositions, les dispositions, à la manière d'un carnet où des interviews seraient collées, des notes prises, des moments de la nuit dans chacun des quartiers relatés avec beaucoup d'humour, etc.

En bref, un album étonnant, protéiforme, à la narration complexe et aux dessins incroyables dont je ne saurais que vous conseiller la lecture. Pour ma part, c'est officiel, je fais partie du fan-club de Florent Chavouet !

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Cette semaine chez Moka !

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