Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

29 mars 2017

Un zoo en hiver, Jirô Taniguchi

Un zoo en hiver, Taniguchi Un zoo en hiver est un album signé Jirô Taniguchi paru en 2008 au Japon et en 2009 en France chez Casterman, dans la collection Ecritures. 

Kyoto, 1966. Hamaguchi, seize ans, s'ennuie à travailler dans une entreprise de textiles. Le jeune homme passe son temps libre à dessiner les animaux du zoo voisin. Un de ses amis l'encourage un jour à venir travailler à Tokyo pour Kondô, un mangaka renommé. Hamaguchi devient alors l'un de ses assistants. Dans cet espace créatif, entouré de dessinateurs travaillant dans la pression des délais, Hamaguchi laisse parler son art et découvre le monde.

Affectée par le décès en février dernier de Taniguchi, j'ai décidé de lire tous les albums que je possède dans mon fonds avant de quitter la région parisienne en juillet prochain. Et Un zoo en hiver m'attendait patiemment depuis six ans...

Très largement autobiographique, l'album aborde avec toute la poésie propre à ce grand nom de la BD japonaise l'éveil amoureux et la naissance de la passion professionnelle pour le dessin de mangas.  Sans sentimentalisme, avec beaucoup de pudeur, Taniguchi revient sur ses débuts en qualité d'assistant de mangaka et son entrée dans la vie d'adulte, à Tokyo, au milieu des années 60. La tradition est bien présente et le jeune Hamaguchi est assujetti à un cadre de travail rigoureux et difficile, mais il s'y plie de bonne grâce.

Refusant de rester assistant toute sa vie, le jeune homme peine malheureusement à écrire son propre manga. Mais la rencontre avec une jeune femme sensible et bienveillante va permettre à l'adolescent de dépasser ses peurs et trouver l'inspiration qui lui faisait défaut. 

Très poétique, lent - comme toujours avec Taniguchi - l'album déroule sa temporalité en regard des mois que Hamaguchi passe dans l'atelier de Kondô. Porté par des traits hautement reconnaissables et un découpage des planches qui alterne plans larges et rapprochés, l'histoire suit tranquillement son cours. Je referme ces pages avec le même sentiment qui m'anime quand je lis un album de Taniguchi, un mélange de mélancolie et d'émerveillement. Et j'en redemande.

Planche 1 Planche 2

BD de la semaine saumon 

Cette semaine chez Mo'

Mes autres billets sur les albums de Taniguchi :

  

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [4] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,


09 janvier 2017

Le restaurant de l'amour retrouvé, Ito Ogawa

Le restaurant de l'amour retrouvéLe restaurant de l'amour retrouvé est le premier roman de la japonaise Ito Ogawa paru en 2013 aux éditions Philippe Piquier.

Rinco rentre un jour chez elle et trouve son appartement vide. Son petit ami est parti, emportant toutes leurs affaires. La discrète jeune femme, devenue muette suite à ce traumatisme, retourne vivre chez sa mère - personnage fantasque s'il en est - dans le petit village de son enfance. Là, elle y ouvre un tout petit restaurant, qu'elle gère seule et qui propose un service unique : préparer un repas spécial pour chaque client, un repas réfléchi et pensé selon les envies et les besoins du convive. Par sa patience et son amour de la cuisine, Rinco réussit à rendre les gens heureux. Et c'est en s'occupant des autres qu'elle parvient peu à peu à panser ses blessures.

Cela faisait bien longtemps que je tournais autour de ce roman au titre alléchant et au sujet ô combien tentateur. Et j'ai bien fait de succomber (deux titres du catalogue Piquier en quelques jours, je reviens décidément à mes premières amours !).

Le restaurant de l'amour retrouvé est un petit bijou autour de la notion du partage et du don, au rythme lent et aux phrases poétiques. L'intrigue est centrée sur le personnage de Rinco, la narratrice de l'histoire, et embrasse son tempérament serein et méditatif. La cuisine comme résilience pour Rinco prend une toute autre dimension. Chaque repas est appréhendé telle une offrande et la jeune héroïne prend tout son temps pour servir les mets les plus adaptés à ses hôtes. De la soupe légère pour deux futurs amoureux au repas pour enfant pour un vieil homme sénile en passant par un tour du monde gastronomique, chaque page rend hommage à la cuisine et ses saveurs, suivant le rythme lent des saisons et de leurs produits.

La nature est très présente, comme souvent dans la littérature japonaise, et offre de très beaux moments contemplatifs. Les saisons passent, Rinco adapte ses repas aux productions locales. La vie est simple, rythmée par le restaurant et le cochon de sa mère dont elle doit s'occuper. Et Rinco se répare petit à petit. Un magnifique roman à savourer sans hésiter un instant et qu'on referme à regret.

RSS

Une chronique de soukee rangée dans Littérature japonaise - Vos commentaires [20] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , ,

04 janvier 2017

Petites coupures à Shioguni, Florent Chavouet

petites coupures à shioguniPetites coupures à Shioguni est un album de Florent Chavouet paru en 2014 aux éditions Philippe Piquier et primé à Angoulême en 2015. 

Shioguni, la nuit. Un restaurateur qui a des dettes se fait agresser par des yakuzas peu sportifs, une jeune fille dérobe les clés de distributeurs de boissons de la ville, deux voitures se percutent et leurs propriétaires se battent tandis qu'un tigre rôde en ville. Toutes ces péripéties perturbent la soirée du commissaire qui ne rêve que de rentrer chez lui manger un bol de udon. Les témoignages sont confus, la chronologie des événements aussi. Que s'est-il réellement passé ce soir-là à Shioguni ?

J'ai découvert Florent Chavouet il y a quelques années avec ses carnets de voyages Tokyo Sanpo et Manabé Shima. Tombée sous le charme de son coup de crayon et de ses perspectives folles qui le caractérisent, j'étais très enthousiaste à l'idée de le découvrir du côté de la fiction cette fois. Car si ses deux premiers albums étaient des documentaires relatant ses expériences nippones, Petites coupures à Shioguni est la première fiction du jeune illustrateur, se déroulant toujours dans ce pays qu'il affectionne tant (ça tombe bien, moi aussi !)

Expérience déroutante s'il en est, Petites coupures à Shioguni est un petit bijou dont la lecture se gagne. Parce que si vous ne comprenez rien au début et que vous revenez trois pages en arrière à chaque page, c'est bien normal ! Florent Chavouet joue avec son lecteur, en mêlant les genres - entre policier et humour -, en détournant certains codes et en emberlificotant la temporalité de son intrigue pour mieux offrir un ovni brillant, un rien déjanté. Ce qui paraît brouillon de prime abord - les fameuses petites coupures du titre - s'imbriquent parfaitement au final et donnent à voir une intrigue où chaque petit détail fait sens, seul ou en lien avec d'autres. Quel plaisir, une fois la dernière page tournée, de revenir en arrière piocher des indices qui nous avait échappés !

Niveau dessin, Florent Chavouet parfait son trait en se perfectionnant notamment sur les scènes en mouvement. Ses couleurs franches sont contrastées par le noir, toujours très présent dans son trait. Ses personnages gagnent en profondeur et en charisme, tandis que ses décors - toujours aussi soignés -sont un régal pour les yeux. Chaque double page est un petit bijou d'inventivité, mixant les compositions, les dispositions, à la manière d'un carnet où des interviews seraient collées, des notes prises, des moments de la nuit dans chacun des quartiers relatés avec beaucoup d'humour, etc.

En bref, un album étonnant, protéiforme, à la narration complexe et aux dessins incroyables dont je ne saurais que vous conseiller la lecture. Pour ma part, c'est officiel, je fais partie du fan-club de Florent Chavouet !

Planche 1 Planche 2

Planche 3 Planche 4

BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Moka !

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [22] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,

20 mai 2016

Les délices de Tokyo, Durian Sukegawa

Les délices de TokyoLes délices de Tokyo est le premier roman traduit en français du touche-à-tout Durian Sukegawa (vous en connaissez beaucoup des personnes diplômées de philosophie, de l'Ecole de pâtisserie du Japon, romancières, essayistes, poètes, clowns, scénaristes, animateurs radio ? Moi non...). Il est paru en février cette année chez Albin Michel et a donné lieu à une adaptation ciné par Naomi Kawase en 2015.

Sentarô est gérant d'une minuscule pâtisserie tokyoïte spécialisée en dorayaki, ces douceurs japonaises composées de deux pancakes réunis par une pâte de haricots rouges, le an. Le commerce vivote et Sentarô prend peu de plaisir à son activité. Un jour, une vieille dame lui demande du travail. Sentarô accepte à contre-coeur que Tokue, c'est son nom, travaille à ses côtés. La septuagénaire souffre de malformations au niveau des mains et Sentarô craint que cela ne fasse fuir la clientèle. Mais très vite, il se rend compte que Tokue maîtrise à la perfection l'art des doroyaki, préparant une pâte de haricots rouges succulente. A ses côtés, Sentarô reprend goût à la vie et découvre un univers simple et apaisant. Mais Tokue reste très discrète sur sa vie et cache un lourd secret que Sentarô ne tarde pas à découvrir.

Je n'ai jamais besoin qu'on me tente pour avoir envie de manger japonais, c'est une chose communément admise. Mais je ne connaissais pas les dorayakis... Sacrilège pour certains, catastrophe pour d'autres - comme mon porte-monnaie - car ce roman est une véritable ode à cette pâtisserie ! Les description de son élaboration sont minutieuses et je défie quiconque  qui ouvrira ces pages de ne pas se laisser gagner par la faim !

Les délices de Tokyo est un roman tout en douceur et en poésie, qui entraîne son lecteur dans cette minuscule pâtisserie, aux côtés de Sentarô. Le temps s'écoule lentement, au rythme du cerisier planté devant la boutique, et les personnages évoluent doucement. Les liens qui les unissent sont discrets, pudiques, mais bien là et c'est tout en douceur que chacun des personnages change au fil des pages. La traduction du japonais offre une langue fluide, imagée, très poétique. Il est difficile d'en dire plus, sans trop en dévoiler.

Une parenthèse très touchante, une belle plongée dans le Japon d'aujourd'hui et d'autrefois. Un roman qui se déguste du bout des doigts, comme les dorayaki préparés avec amour par Tokue. Une très belle découverte que je suis heureuse de partager avec vous aujourd'hui. (maintenant, il ne me reste qu'à foncer dans une boutique japonaise pour découvrir ces petites merveilles !)

Je vous laisse avec la bande-annonce du film :

Une chronique de soukee rangée dans Littérature japonaise - Vos commentaires [22] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , ,

23 septembre 2015

Elle s'appelait Tomoji, Taniguchi

image

Elle s'appelait Tomoji est le dernier album de Jiro Taniguchi paru en janvier cette année chez Rue de Sèvres.  

Tomoji Uchida grandit dans le Japon rural des années 1920 avant de devenir, des années après, la créatrice du temple bouddhidste Shôjushin. Taniguchi, aidé d'une scénariste, retrace le parcours de cette femme lumineuse et charismatique, de son enfance à son entrée dans l'âge adulte. 

Pour la deuxième mise en scène d'un personnage féminin dans un de ses albums, Taniguchi a choisi de raconter l'histoire de Tomoji Uchida, en se centrant plus particulièrement sur sa construction identitaire. Tout en délicatesse et en poésie, comme à son ordinaire, Taniguchi dépeint le quotidien de la jeune fille dans le Japon rural des années 20. Un soin tout particulier est apporté aux paysages et aux scènes de la vie quotidienne, faisant de certaines planches de véritables tableaux à contempler.

Malgré la beauté et la poésie qui se dégagent de cette tranche de vie, de ces petits riens qui font le quotidien et qui marquent le temps qui passe, c'est la première fois qu'un album de Taniguchi ne me transporte pas complètement. Je suis restée relativement de marbre face au récit de la vie Tomoji et ce dernier a suscité peu d'émotions de ma part. J'ai beaucoup de mal à expliquer pourquoi car tout est fait pour me plaire, mais la magie n'a pas opéré. Moi qui avais adoré Quartier lointain, L'homme qui marche, Le journal de mon père, Le Gourmet solitaireLes Gardiens du Louvre, j'ai refermé cet album déçue de cette rencontre en demi-teinte.

D'autres lecteurs de cet album : Noukette, Mo', JacquesMarion, etc.

image image

image image

C'était ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Jacques

image

Et zou ! Une nouvelle participation au Reading Challenge 2015 ! 

40. Une BD / un roman graphique

image

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [26] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , ,


04 mars 2015

Les Gardiens du Louvre, Jiro Taniguchi

Les gardiens du Louvre, TaniguchiLes Gardiens du Louvre est le dernier album de Jiro Taniguchi paru chez Futuropolis, en partenariat avec les éditions du Louvre, en novembre 2014.

Après un séjour en Europe pour un salon de la bande dessinée, un illustrateur japonais décide de faire escale à Paris afin de visiter ses musées.  
Fiévreux et délirant, il débute son séjour parisien avec un sentiment de solitude exacerbé par la maladie. Alors que celle-ci lui laisse quelque répit, il décide de se perdre dans les dédales du Louvre. Mais là encore, il est pris de vertiges et d'hallucinations et c'est la Victoire de Samothrace qui vient à sa rencontre pour le guider dans ce musée tentaculaire. 
Errant seul dans les couloirs du Louvre, il va se perdre à travers les époques et les genres picturaux. Croiser Camille Corot, Antonio Fontanesi, Asai Chu, ou encore Saint Exupéry, peu avant l'évacuation des oeuvres du musée en 1939. Et lors d'une escapade à Auvers-sur-Oise, c'est bien Van Gogh qui l'entraînera dans son atelier pour lui montrer sa dernière esquisse : Les Jardins de Daubigny. Un séjour parisien des plus mystérieux pour ce dessinateur japonais...

Ouvrir un album de Taniguchi, c'est à coup sûr s'immerger totalement dans un univers contemplatif des plus fascinants. De cet auteur, j'ai adoré Quartier Lointain (qui reste mon préféré), mais aussi Le gourmet solitaire, Le journal de mon père et L'homme qui marche. Et Les Gardiens du Louvre s'inscrit dans cette droite lignée d'albums tout en poésie et en contemplation, signature de l'auteur.   
Et cette fois, ce n'est pas le Japon qui est à l'honneur mais Paris et ses musées. A travers l'oeil de Taniguchi, les traits de la capitale française prennent forme et s'animent, à l'image des mystérieux gardiens
du Louvre que rencontre le héros.   
Véritable hommage à Paris
et à son histoire artistique, cet album trace des parallèles entre le Japon et la France, grâce aux artistes que Taniguchi fait revivre sous son crayon et les inspirations réciproques de leurs travaux.    
L
e trait de Taniguchi est fidèle à ses précédents albums, avec une différence notable : celui-ci est en couleurs. Difficile, peut-être, de rendre hommage au Louvre et à ses oeuvres en noir et blanc. 
J'ai adoré suivre les errements du narrateur dans les dédales du Louvre. Me perdre à ses côtés dans ce musée et m'interroger moi aussi sur la création artistique, sur la question de l'art à travers l'Histoire. Une très belle lecture. Mais ça, ce n'est pas une surprise avec Taniguchi...

C'était ma BD de la semaine et ma 61e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (18/20)

  Top BD

 

Planche 1 Planche 2

Planche 3

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [22] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , ,

14 janvier 2014

Certaines n'avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka

Certaines n'avaient jamais vu la mer, Julie OtsukaCertaines n'avaient jamais vu la mer est un roman de l'écrivaine américaine Julie Otsuka paru en 2012 et couronné du Prix Femina étranger la même année.

Elles s'appellent Katsuno, Chiye, Kiyono, Iyo, Misuyo ou encore Hanako. Elles ont quitté leur Japon natal, ont pris un bateau qui les a conduites aux Etats-Unis. Elles s'y sont mariées. Ont rêvé d'une vie. En ont subie une autre. C'est leur histoire, leur exil, leurs souffrances et leurs frustrations qui sont racontés ici.

Julie Otsuka signe ici un roman magistral. Une sorte d'oeuvre chorale qui donne à entendre les multiples voix de ces femmes exilées. Comme un bruissement, comme un chuchotement, ces femmes se confondent pour mieux se raconter. Et de leurs voix qui s'élèvent naît un portrait changeant, un nous collectif tantôt heureux, tantôt mélancolique, un destin brisé parfois, un amour perdu, l'esquisse d'une femme universelle peut-être, dans sa résignation et son courage.
En moins de 140 pages, Julie Otsuka nous emmène à l'aube de ce XXe siècle naissant. Elle nous entraîne dans le sillage de ces femmes qui ont tout quitté pour partir à la découverte d'un homme, d'un pays, d'une culture. Qui ont tout quitté pour la photo d'un homme et des rêves de vie meilleure.
C'est émouvant, dur parfois, authentique toujours. A travers les étapes de la vie de ces femmes - leur rencontre avec leur mari, leur nuit de noces, la naissance de leurs enfants, la Seconde Guerre mondiale - le lecteur suit leurs vies multiples aux croisements certains et découvre un pan de l'Histoire.
Une lecture bouleversante, révoltante, dont on aurait tort de se priver.

D'autres avis : Canel, Miss Alfie, Lili Galipettes, Theoma, Jérôme...

"Sur le bateau, nous étions presque toutes vierges. Nous avions de longs cheveux noirs, de larges pieds plats et nous n'étions pas très grandes. Certaines d'entre nous n'avaient mangé toute leur vie durant que du gruau de riz et leurs jambes étaient arquées, certaines n'avaient que quatorze ans et c'étaient encore des petites filles. Certaines venaient de la ville et portaient d'élégants vêtements.[…] Certaines descendaient des montagnes et n'avaient jamais vu la mer, sauf en image, certaines étaients filles de pêcheur et elles avaient toujours vécu sur le rivage. Parfois l'océan nous avait pris un frère, un père, ou un fiancé, parfois une personne que nous aimions s'était jetée à l'eau par un triste matin pour nager vers le large, et il était temps pour nous, à présent, de partir à notre tour." (p.11)

Un bonheur supplémentaire : écouter Julie Otsuka parler de son roman

Une chronique de soukee rangée dans Littérature américaine - Vos commentaires [28] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,

20 février 2013

Jinbe Evolution T.1, Hiroshi Fukuda

Jinbe Evolution TJinbe Evolution est une série de mangas, actuellement en trois tomes, publiée chez Delcourt. Le premier tome est paru en octobre 2012 et j'ai eu la chance de le recevoir dans le colis offert par les blogueuses de The Shop around the corner. Un grand merci à vous deux et à votre librairie partenaire !

Japon, époque Kyôhô. Jinbe s'entraîne dur pour devenir samouraï. Un matin, un émissaire venu spécialement d'Edo se présente au village pour recruter maître Tsukishima, le père de Jinbe. Mais celui-ci refuse, arguant une vieille blessure à la jambe. C'est Jinbe qui partira à sa place ! Le jeune garçon est loin de se douter qu'il va  intégrer une agence destinée à exterminer des insectes géants qui pullulent à Edo.

Cela faisait quelques temps que je n'avais pas lu de mangas (mis à part Taniguchi) et c'est avec une certaine curiosité que j'ai découvert celui-ci. Si l'intrigue ne m'attirait pas de prime abord, j'ai pris néanmoins un certain plaisir à suivre les aventures du jeune Jinbe.
L'intrigue se met très rapidement en place et Jinbe est recruté rapidement pour intégrer l'agence Shinnakamashi. L'action est au rendez-vous avec les combats contre les insectes géants et ce premier tome joue pleinement son rôle de présentation de la série. Les personnages possèdent une psychologie inégale qui oscille entre la caricature et la légèreté, mais là n'est pas le but de l'auteur je pense. 
Graphiquement, les plans sont très dynamiques et les scènes de combat très bien rendues.  
Un premier tome qui saura ravir les amateurs d'actions en tous genres. Pour ma part, si j'ai apprécié ouvrir de nouveau un manga, je vais en rester là dans ma découverte de la série.

  Voici ma 50e participation
à la BD du mercredi de
Mango
  

    Et ma 41e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 14/20)

 Top BD

 

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [18] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , ,

16 janvier 2013

Thermae Romae T.1, Mari Yamazaki

Thermae Romae TThermae Romae est une série de manga imaginée par Mari Yamakazi comptant actuellement 5 tomes. Petit focus aujourd'hui sur le premier tome de la série, paru en mars 2012 chez Casterman dans la collection Sakka.

Rome, an 128. Lucius Modestus est un architecte un peu démodé qui peine à vivre de ses constructions de bains. Alors qu'un énième employeur décide de se passer de ses services, il se rend aux thermes avec un ami. Mais une fois dans le bassin, il est aspiré par la bonde et manque de se noyer. Quelle n'est pas sa surprise de se réveiller dans un bain au milieu d'inconnus. Lucius ne le sait pas, mais il a atterri miraculeusement dans le Japon d'aujourd'hui, où le bain est un art de vivre. De quoi s'inspirer pour moderniser sa pratique...

Jérôme a loué il y a quelques temps ce manga dans un de ses billets (que vous trouverez ici). Connaissant mon attrait pour la Rome Antique, je ne pouvais que succomber à l'appel de ce projet un peu barré de mélanger cette époque et le Japon d'aujoud'hui.
Le résultat est à la fois étonnant et amusant. Chaque fois que l'architecte Lucius va aux thermes, il se fait aspirer par une bonde et se retrouve dans le Japon du XXIe siècle. L'occasion pour lui de regarder ce que les japonais ont inventé pour le ramener dans son époque ; l'occasion pour l'auteure d'établir un joli parallèle entre les deux peuples et leur attrait pour l'art du bain. Le personnage ne comprend pas, au fil de ses incursions dans notre monde, que l'époque a changé et qu'il appartient au passé et il est amusant de voir son arrogance tout à fait romaine envers les japonais qu'il rencontre.Planche 1
L
e trait de Mari Yamazaki est réaliste, précis et allie les deux époques avec brio. Le chapitrage permet à l'auteure d'insérer dans son intrigue des précisions quant à la Rome Antique, à l'art du bain au Japon, mais aussi quant à sa propre expérience des bains, etc. Ces passages documentaires se glissent naturellement entre deux chapitres et n'altèrent en rien la continuité dans la lecture.
Un premier tome réjouissant, donc, qui me donne envie de connaître la suite malgré un bémol : j'espère que l'auteure variera son schéma narratif. Voir Lucius aller une énième fois aux thermes, se faire aspirer, émerger au Japon, piquer une idée et revenir pourrait être lassant, à la longue. Mais comme la série est prévue en 6 tomes, je pense que cet écueil pourra être évité.

Logo_2Voici une nouvelle lecture pour mon Défi Au coeur de la Rome Antique.

 Et ma 48e participation
à la BD du mercredi de Mango
  

  Et ma 39e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 17/20)

 Top BD

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [14] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,

22 mars 2012

La brocante Nakano, Hiromi Kawakami

La brocante NakanoLa brocante Nakano est un roman de l'auteure à succès Hiromi Kawakami publié en 2007 en France chez Picquier. Découvrir une autre oeuvre de la romancière qui m'avait émue avec Les années douces ? J'étais très enthousiaste...

Tokyo. La brocante tenue par M. Nakano est un lieu rempli d'objets hétéroclites et de personnages très différents. Entre M. Nakano, lui-même, aux allusions parfois déplacées, la jeune Hitomi, dont le coeur balance pour Takeo, l'employé taciturne et introverti, et Masayo, la soeur de Nakano, artiste un peu barrée, les jours passent et ne se ressemblent pas.

J'ai ouvert ce livre en m'attendant à trouver des tranches de vie de ce lieu calme, à la frontière entre le passé et le présent. Cette brocante poussiéreuse, où se lient des relations entre les personnages, m'est malheureusement apparue fade. Et pourtant, ce n'est pas faute de descriptions soignées et d'ambiance particulière ! Je me suis perdue dans ces histoires indépendantes, reliées uniquement par les relations entre les personnages.  J'ai persévéré, voulu croire à une erreur de ma part, une fatigue particulière qui permettait à ce roman de ne pas me plaire... Mais la magie n'a pas opéré.  
Les personnages m'ont agacée, souvent, et notamment Hitomi, la narratrice, dont les complexités sentimentales m'ont laissée de marbre.
J'aurais aimé retrouver l'étincelle qui avait fait de ma lecture des Années douces une très belle découverte, mais non... Une lecture en demi-teinte donc, qui ne m'a pas séduite, sans pour autant me déplaire complètement néanmoins. En définitive, si vous voulez en savoir plus, ouvrez La brocante Nakano !

   Voici ma deuxième participation aux
10 jours japonais chez Choco

et
au
Challenge Dragon organisé par Catherine.

 10-jours-japonais  

Challenge Dragon

 

Une chronique de soukee rangée dans Littérature japonaise - Vos commentaires [18] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , ,