Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

14 juin 2017

Où le regard ne porte pas...T.1 Georges Abolin et Olivier Pont

Où le regard ne porte pasOù le regard ne porte pas... est une série en deux tomes imaginée par Georges Abolin et Olivier Pont et parue chez Dargaud en 2004.

1906, Barellito, petit village italien qui prospère grâce à la pêche. Le jour où William et sa famille quittent Londres pour venir s'y installer, ce petit équilibre va être rompu. Car en visionnaire, Alex, le père de William, a décidé d'acheter un bateau et d'aller pêcher au large. Mais les pêcheurs du coin ne voient pas d'un bon oeil cette avancée technique. En parallèle, William fait la connaissance de Lisa, Nino et Paolo, trois enfants de son âge. Ensemble, dans ce paysage paradisiaque, ils se découvrent. Car tous trois semblent liés par leur date d'anniversaire et un étrange objet que détient Lisa.

Un de mes collègues m'a offert les deux tomes de cette série à l'occasion de mon départ (J., si tu passes par ici, merci beaucoup !) et je dois dire qu'après six ans à se conseiller des livres - et notamment des BD -, j'ai ouvert cet album les yeux fermés, certaine d'y trouver la poésie qu'il évoquait dans le petit mot qu'il m'a laissé.

J'ai plongé dans ce petit village italien du début du 20ème siècle, son charme suranné, sa nature sauvage, impétueuse et à la fois envoûtante, ses villageois bourrus et rétrogrades, aussi. J'ai glissé dans l'eau, aux côtés de Williams et de ses amis, menée par le rythme absolument parfait de cette intrigue en apparence simple. Et j'ai aimé. Beaucoup aimé même.

Georges Abolin prend le temps de dérouler patiemment les fils de son histoire, entre suspense et accalmie. Il la jalonne de mystères - les dons étonnants de Lisa, les visions rougeoyantes à la première personne qui émaillent l'intrigue -, de tranches de vie, de difficultés aussi - notamment du côté des adultes de l'intrigue.

Les dessins magnifiques d'Olivier Pont portent ce récit en lui offrant une lumière douce et un rythme semblable à celui des jeux des enfants dans cette nature qui semble insouciante. Ode à l'enfance, à l'amitié, à l'insouciance ce premier tome est un enchantement très poétique, une échappée dans le temps. J'aurais aimé être aux côtés de ces personnages dans ce village où le temps semble s'être arrêté, plonger moi aussi dans ces eaux. Je n'ai qu'une hâte : ouvrir le second tome pour connaître le dénouement de l'intrigue!

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Cette semaine chez Noukette !

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31 mars 2016

Quitte Rome ou meurs, Romain Sardou

Quitte Rome ou meurs, Romain SardouQuitte Rome ou meurs est un court roman épistolaire de l'écrivain français Romain Sardou paru en 2009 aux éditions XO.

62 après JC. Pour avoir offensé Néron qui règne en despote sur Rome, Marcus Scaurus est obligé de fuir la ville pour sauver sa vie. Quittant famille et amis, il part en exil, ne gardant contact qu'avec son ami Sénèque. Ils entament une correspondance secrète qui tournent autour des grandes questions métaphysiques. Aux côtés de Sénèque, le jeune Marcus s'assagit et va trouver dans son exil  une certaine forme d'apaisement.

Prêté par un de mes collègues avec qui j'avais discuté de cette époque que j'adore, Quitte Rome ou meurs s'est avérée être une lecture des plus savoureuses. Partant du flou qui règne autour des célèbres Lettres à Lucilus auxquelles s'adressent les lettres de Sénèque regroupées dans le recueil éponyme, Romain Sardou brode un roman intelligent et diablement documenté qui mêle habilement histoire et fiction. Hormis Marcus, qui est un personnage fictif, les autres personnages croisés au fil des pages sont des figures historiques politiques, littéraires ou artistiques de l'époque.

Si Romain Sardou prête attention à rendre son roman accessible et le complète par une postface intéressante, il n'en demeure pas moins que certains pré-requis sont nécessaires pour l'aborder et en saisir toute la portée. Qui ne s'est jamais intéressé à cette période risque de manquer de références pour aborder ces lettres. Ces dernières, si elles donnent assez peu de détails sur le contexte historique et culturel de l'époque, permettent néanmoins de se plonger dans la philosophie de Sénèque et d'en avoir un aperçu des plus intéressants. Donc si vous êtes comme moi passionnés par cette époque, foncez, vous vous régalerez avec cette correspondance ! Si par contre vous connaissez peu la Rome antique, je vous conseille de commencer par les romans de Steven Saylor, qui mêlent avec brio intrigue policière et aperçu complet de la vie quotidienne de l'époque. Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu sur cette époque : voici une nouvelle participation au défi Au cœur de la Rome Antique que j'organise ! 

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04 janvier 2016

Mange, prie, aime d'Elizabeth Gilbert

Mange prie aimeMange, prie, aime est l'histoire vraie de l'américaine Elizabeth Gilbert parue en 2006 aux Etats-Unis et traduite en 2008 chez Calmann-Lévy.

Elizabeth a tout pour être heureuse : un mari aimant, une belle maison, un travail passionnant. Mais elle ne l'est pas. Un sentiment de vide l'habite, des doutes l'envahissent, une angoisse sourd au plus profond d'elle. Pour s'en débarasser, Elizabeth décide de tout quitter. Mari, travail, famille, pays. Elle part un an en voyage, à la rencontre des autres, à la recherche d'elle-même. En Italie, tout d'abord, pour se délecter de la dolce vita et reprendre goût à la vie ; en Inde, ensuite, pour se nourrir spirituellement et goûter aux bienfaits de la méditation ; à Bali, enfin, pour trouver la sérénité et la paix intérieures. C'est cette année de solitude et de recherche qu'elle raconte dans ce livre.

J'avais vu il y a quelques années l'adaptation ciné de ce livre avec Julia Roberts dans le rôle-titre. Et si j'avais été divertie par l'ensemble, il ne m'avait laissé qu'un vague souvenir de beaux paysages (l'Inde et l'Indonésie étant deux endroits que je rêve de visiter...) Et parce que je l'ai conseillé à une collègue et qu'elle a été bouleversée par cette lecture, j'ai eu moi aussi envie de découvrir ce livre.

Je ne regrette absolument pas ce choix. Parce que je me retrouve beaucoup dans Elizabeth, ses doutes, ses questionnements, ses errances. Parce que, comme elle, je suis dans une quête introspective qui m'interroge beaucoup. Je me suis retrouvée de nombreuses fois dans ses réflexions et j'ai adoré vivre par procuration son changement de vie. J'adore les voyages, l'Asie m'attire irrésistiblement depuis toujours, et j'ai eu l'impression de voyager avec Elizabeth et de participer à son cheminement intérieur.

Je conviens qu'un tel livre puisse dérouter. Par sa forme, tout d'abord, proche du journal de bord (le livre est scindé en trois parties, chacune étant consacrée à un pays), mais aussi par son contenu. Disons que ses 500 pages peuvent rebuter qui n'est pas un tant soit peu intéressé par la quête de soi. Personnellement, je les ai dévorées avec plaisir, prenant le temps de méditer, parfois, entre deux chapitres, de boire un thé, de regarder par la fenêtre. J'ai pleinement accompagné Elizabeth Gilbert dans son voyage intérieur et j'ai médité à ses côtés. Et j'ai refermé le livre le sourire aux lèvres, des envies plein la tête. Une lecture marquante et inspirante à plusieurs niveaux, c'est indéniable.

La bande-annonce de l'adaptation ciné avec Julia Roberts

(j'ai largement préféré le livre, je le dis tout de suite !)



Et voici ma troisième participation au Challenge Feel Good que j'organise !

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11 mai 2015

" Venise, Venise, qui pourra nous faire oublier Venise !"

J'emprunte à l'architecte Viollet-le-Duc ces quelques mots pour exprimer mon ressenti face à ma découverte de Venise. Me voilà de retour, rentrée de mes quelques jours d'échappée vénitienne. Et si la Sérénissime ne s'est pas montrée sous son ciel le plus radieux, elle nous a néanmoins permis de parcourir ses ruelles et ses canaux et nous perdre dans ce dédale magnifique. Une merveille architecturale qui a su me séduire au-delà de mes espérances. Je laisse place aux photos, bien plus convaincantes que mes mots.

Le Grand Canal

Le Grand Canal Palais au bord du Grand Canal

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L'arrivée par le Grand Canal reste un moment inoubliable. Voir la Sérénnisime s'offrir sous nos yeux ébahis. Ses palais les pieds dans l'eau, son fleuve calme qui se déroule comme une encre, son architecture hétérogène aux relents orientaux et l'ombre de la Basilique Santa Maria della Salute qui plane sur la ville... 

Le Palais des Doges 

L'escalier des Géants au Palais des Doges Une bouche de lions, pour dénoncer anonymement

Façade du Palais des Doges Les coursives du Palais des Doges

Le Pont des soupirs

La visite du Palais des Doges, à l'architecture bien singulière fondée sur le principe de masse inversée, suscite chez moi beaucoup d'émotion. Arpenter ce haut lieu des institutions vénitiennes depuis le 14e siècle, des salles du palais jusqu'aux prisons - pour lesquelles il faut franchir le célèbre Pont des Soupirs - reste un des grands moments de mon voyage.

La Fenice La Fenice

Et puis la Fenice, l'opéra mondialement connu, deux fois détruit par les flammes et reconstruit à l'identique. Du stuc et des dorures trop récentes qui me laissent finalement de marbre, là où je pensais être conquise.

L'Ile de la Giudecca

Canal vénitien Les Gondoles, qui font partie du paysage vénitien

 Vue de la fondation Peggy Guggenheim

Venise by night !

Max Ernst Le grand Hitch  Magritte, of course !

Arpenter les ruelles et les canaux, de jour comme de nuit, pour saisir ce qui fait l'essence de cette ville. Voir que tout ce qui constitue les clichés de cette ville est finalement beau, très beau. Profiter d'un jour un peu pluvieux pour visiter la Fondation Peggy Guggenheim. Rêver devant les oeuvres de cette collection privée.

  Vue du campanile

Vue du campanile

Monter en haut du Campanile et admirer la vue sur la lagune. Etre ébloui, encore une fois, par cette architecture et ces eaux turquoises.

 

 

 

 

 

 

L'île de Burano L'île de Burano

Le campanile sur l'île de Burano L'île de Burano

Le campanile sur l'île de Burano Vue de Venise en revenant de Burano

Terminer le voyage par l'Ile de Burano, au Nord de la lagune, réputée pour ses façades colorées. Se balader dans ce petit village de pêcheurs qui conserve une âme, malgré les hordes de touristes qui l'envahissent chaque jour.

Et parce que la gastronomie vénitienne est singulière et réputée, voilà un petit aperçu de ce que nous avons choisi de déguster lors de ce séjour...

Des cicchettis Une montagne de charcuterie !

Des cicchettis (équivalent des tapas espagnoles) et un plateau de charcuterie dantesque !

Le chocolat chaud à la menthe de chez Florian Des cannolis au chocolat

Un chocolat chaud à la menthe bu au Florian et des canolis au chocolat

 Pizza, vous avez dit pizza ? A la roquette, ma préférée !

Des pizzas, déclicieuses et nombreuses durant ce séjour !

Friture de poisson Spritz

Une friture de poissons et un Spritz, l'apéritif local

Moi, dos au Grand Canal !

***

Une ville singulière et qui ne ressemble à rien de ce que j'ai pu visiter auparavant. J'en ressors enchantée et charmée. Et c'est rare, mais sitôt rentrée, je n'ai eu qu'une envie : y retourner pour continuer à la découvrir !

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28 avril 2015

Chut... Je prolonge mon exil à Venise

Venise

C'est sous les cieux vénitiens que je pars demain,
dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne.
Découvrir la Sérénissime, sa place San Marco, me perdre dans ses calle et rêver de ses palais,
humer les alléchants étals des épiciers, flâner au bord de l'eau, arpenter le Palais des Doges...

A très vite, en photos et avec des conseils !

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06 mars 2015

Hérétiques : Le mystère Isolde, Philippa Gregory

Hérétiques T.1 Le mystère IsoldeHérétiques : Le mystère Isolde est un roman jeunesse de l'auteure de fictions historiques Philippa Gregory, notamment connue pour son roman The Other Boleyn Girl adapté au cinéma sous le titre Deux soeurs pour un roi.

Italie, 1453. Le prêtre novice Luca Vero est mandaté dans un couvent non loin de Rome pour résoudre une sombre affaire. Les soeurs semblent y être frappées de folie et la jeune abbesse, Isolde, accusée d'être à l'origine de ces troubles.

De Philippa Gregory, j'avais lu et apprécié L'Héritage Boleyn. Je pensais retrouver dans ce roman les caractéristiques qui m'avaient séduite dans ce roman : éléments historiques, intrigue rudement bien ficelée, suspense et, il est vrai, un brin de romance.   
Mais ma déception a été grande puisque je n'ai quasi rien retrouvé de tout ça, hormis la romance ô combien prévisible entre les deux personnages principaux. Le mystère Isolde souffre d'une intrigue molle et prévisible et de personnages caricaturaux et anachroniques.   
Luca et Isolde, les deux héros, sont des personnages du XXIe siècle. Leur psychologie est grossière et souffre de contradictions historiques invraisemblables. La jeune fille est émancipée, féministe avant l'heure, tandis que le jeune prêtre porte un regard sur la vie bien loin de ce qu'on peut imaginer venant d'un adolescent élevé en monastère depuis son plus jeune âge.   
Rajoutez à cela la prévisibilité de l'intrigue, sa mollesse, et le fait qu'une fois le mystère résolu au couvent, l'intrigue prenne un tout autre tournant, entraînant les jeunes héros sur les routes, à la découverte de nouvelles aventures et vous comprendrez la construction bancale du roman. 
Enfin, j'ai frôlé l'indigestion des détails historiques.E t pourtant, j'adore ça. Mais avec ce roman, Philippa Gregory semble oublier toute finesse dans l'art d'intégrer subtilement des détails historiques à une intrigue, sans noyer son lecteur. C'est lourd, si lourd, que le lecteur ne peut que sortir de l'intrigue et avoir l'impression de suivre un exposé sur la vie quotidienne au XVe.   
Bref, un roman ennuyeux et prévisible qui me fait douter d'ouvrir à nouveau un ouvrage de cette auteure.

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07 avril 2014

41 élèves, la Toscane et moi et moi et moi...

Quant tu deviens prof, il y a une chose que tu as très envie d'expérimenter. Une chose sur laquelle tu fantasmes secrètement mais qui, avec tous les échos entendus, te terrifie un peu. Une chose qui t'attire irrémédiablement à cause de tes souvenirs d'élève. Cette chose, c'est le voyage scolaire.

Moment unique dans la carrière d'un prof, le premier voyage scolaire est une expérience vraiment à part. D'un côté, toi, jeune prof, tu es tout excité à l'idée de partir avec des élèves, tu portes en toi tes idéaux de transmission de savoirs, la métaphore des vases communicants te revient en mémoire et toute l'idée de la démocratisation de la culture te semble réelle. Tu touches du doigt ce bel idéal d'Ecole républicaine et tu te sens investi d'une mission. C'est beau, c'est grand. Tu y crois.

Et puis... Et puis tu te heurtes à la réalité. Tu te rends compte que c'est un peu lourd à organiser, un voyage scolaire. Que 20h dans un bus pour arriver à destination, c'est quand même un peu rude. Que les élèves, malgré toute ta bonne volonté, voient avant tout l'opportunité de passer 6 jours ensemble sans leurs parents et que tout ce que tu tentes de leur faire comprendre sur les Médicis passe vraiment au second plan. Que si tu leur laisses quartier libre dans une ville, ils vont revenir avec des sacs de fringues Z*ra et du maquillage K*ko.
C'est à ce moment-là que tu comprends qu'en fait tu es adulte. Que tu es définitivement passé du côté obscur de la force. Parce que toi, tu ne comprends pas pourquoi ils ne sont pas aussi fascinés que toi par la construction du Duomo. Parce que tu as l'impression qu'ils ne profitent pas autant qu'ils le devraient de ce fantastique voyage que tu as organisé. Parce que, finalement, tu as oublié comment tu étais à seize ans...

Bref, le premier voyage scolaire, c'est comme vieillir d'un coup et tirer un trait sur sa jeunesse. Ça surprend, ça fait un peu mal, c'est comme un sparadrap qu'on enlève. Mais après ça va mieux. Tu grandis d'un coup, et ça fait du bien aussi.

***

Pour ma part, c'était la semaine dernière.

41 élèves de Première.
Six jours.
Direction la Toscane.

Florence

La cathédrale Santa Maria del Fiore, Florence La cathédrale Santa Maria del Fiore, Florence

La cathédrale Santa Maria del Fiore

Le Campanile

Le Campanile et ses 414 marches à gravir pour admirer la vue de Florence

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Le Duomo, Florence P1070335

La coupole du Duomo, que Michel-Ange surnomma la cage à criquet

 Le Duomo, Florence

L'intérieur du Duomo, orné de scènes du Jugement dernier

Le Campanile

Vue du Duomo sur le Campanile

Le Ponte Vecchio, Florence Le Ponte Vecchio, Florence

Le Ponte Vecchio, sur l'Arno, qui abrite des orfèvreries depuis le 16e siècle

La Fontana del Porcellino, Florence

La Fontana del Porcellino : en caressant le groin de cette statue, le visiteur aura la certitude de revenir à Florence

 

Pise

Le Campo dei Miracoli, sa cathédrale et sa célèbre Tour Le Composanto, Pise

Le Campo dei Miracoli, sa cathédrale et sa célèbre Tour

Le Composanto, Pise

Le Composanto, cimetière aux allures de cloître gothique abritant les dépouilles des plus célèbres citoyens pisans

 

Sienne

La Piazza del Campo, Sienne Le Palazzo Pubblico, Sienne

La Piazza del Campo, dominée par le Palazzo Pubblico, une des plus belles places d'Italie

Le Palazzo Pubblico, Sienne Le Palazzo Pubblico, Sienne

Le Palazzo Pubblico

Duomo di Santa Maria Assunta, Sienne

Duomo di Santa Maria Assunta, un des plus bels édifices religieux d'Italie.

San Gimignano

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La campagne toscane, fidèle à l'imaginaire collectif : vallonnée et ponctuée de cyprès

San Gimignano San Gimignano

San Gimignano, petite ville médiévale pourvue de treize tours

San Gimignano

 

Quelques douceurs...

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A chaque coin de rue, une échoppe où déguster une part de pizza.

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Les douceurs florentines ont fait bien des émules : gelati, panforte, nougats...

 

En bref...

Déambuler dans Florence et tomber amoureuse de chaque coin de rue / La pizza, tentation ultime de la rue / Des paysages toscans à couper le souffle / Du café, constamment, exquis / Pise, ou la déception de mon voyage / Des souvenirs de mes seize ans / Une douceur de vivre qui apaise / Des élèves toujours enthousiastes, malgré la fatigue / "More vino", ou la réplique qui restera / Instant crush dans mes oreilles, en boucle / Des heures à rêver en bus en regardant la Toscane qui se déroule sous mes yeux / Des repas gargantuesques / Une responsabilité nouvelle / Assassin's Creed 2, ou comment connaître Florence au 15e siècle / Comme une envie d'y retourner.../

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15 mars 2013

De là, on voit la mer, Philippe Besson

De là on voit la mer, Philippe BessonDe là, on voit la mer est le dernier roman de Philippe Besson paru en janvier 2013 chez Julliard.

Louise est romancière. Pour trouver l'inspiration pour son dernier roman, elle loue une maison en Toscane, laissant son mari résigné à Paris.
Là, sous la chaleur écrasante de l'été italien, isolée de tout, elle se plonge dans l'écriture. Mais l'arrivée du jeune Luca dans sa vie bouleverse cette solitude et réveille ses sens. L'accident de voiture de son mari à Paris la ramène bien vite à la réalité et la confronte à son couple et à ses failles.

Roman sur la solitude nécessaire à l'acte d'écriture, De là, on voit la mer nous entraîne dans le sillage de Louise et de ses réflexions.
Son activité d'écrivain contraint l'héroïne à fuir son quotidien, Paris et son mari pour trouver en elle les mots. Mais si cette solitude est justifiée par l'écriture, elle n'en demeure pas moins floue et blessante pour celui qui partage sa vie, François, et qui subit au fil des ans ce caractère imprévisible et indépendant.

L'accident de ce dernier contraint la romancière à ôter son masque et cesser son jeu cruel. Les questions fusent, les réponses aussi. La vérité jaillit. Mais est-ce bien elle ? Quand des choix doivent être faits, que reste-t-il des détours et des esquives ordinaires ?
Philippe Besson nous livre ici une ode à la liberté, portée par une plume poétique à souhait. Louise, son héroïne, est un personnage singulier, à la psychologie finement dépeinte. L'heure des aveux arrive pour elle et les doutes ne sont plus permis.

Ce roman dévore son lecteur et le laisse en proie à des questions bien plus universelles que son intrigue le laisserait penser de prime abord. Il fait chaud, il fait très chaud sous le soleil toscan et l'on aimerait, un temps, embrasser le parcours de Louise et être à ses côtés, dans cette villa italienne au calme apaisant. Mais cela ne dure qu'un temps. Quand le drame se produit et que la belle Louise doit assumer, le lecteur se détache irrémédiablement d'elle.
J'ai aimé me plonger dans cette intrigue et me laisser emporter dans son tourbillon de questions, non sans une pensée pour
Le Soleil de Scorta de Laurent Gaudé. La moiteur et la touffeur de ces villages italiens se ressemblent, c'est indéniable.

"Donc elle écrit dans la chaleur épouvantable d'un été toscan qui ne veut pas mourir." (p.19)

Je tiens à remercier  Babelio et les Editions  Capture pour l'envoi de ce roman à l'occasion de l'opération Masse Critique.

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28 août 2012

Le scandale Modigliani, Ken Follett

Le scandale ModiglianiPublié en 1976, Le scandale Modigliani est le premier roman de l'écrivain gallois Ken Follett.

Un Modigliani inconnu ? Une belle aubaine pour Dee, étudiante en arts, Julian, galeriste fauché, et Lipsey, détective privé. Surtout qu'il s'agit du seul tableau restant que le peintre aurait réalisé sous l'emprise de drogues.

Mon été ne fut pas riche en lectures. La tête ailleurs, j'ai eu en effet beaucoup de mal à fixer mon attention sur des pages. Mais ce premier roman de Ken Follett a su forcer mon esprit à se concentrer un tant soit peu.
Malgré une préface plutôt péjorative - préface signée Ken Follett lui-même -, j'ai plongé en compagnie des personnages dans le milieu très fermé de l'art. Nous sommes dans les années 1980, les tableaux se vendent un prix dérisoire par rapport à nos jours, mais les questions de fond sont là. Qui détermine la valeur d'un tableau ? Les galeristes, par de subtiles manoeuvres pour susciter la demande ? Les acheteurs ? Pourquoi un faux serait-il moins coté qu'un original s'il est en tous points semblable à celui-ci ? Existe-t-il vraiment une liberté individuelle pour un jeune artiste qui tente de percer ? Des interrogations habilement soulevées par l'auteur, auxquelles nous n'aurons pourtant pas de réponse.
Si l'intrigue est un peu alambiquée et pêche par une alternance de personnages parfois un peu indigeste, elle n'en demeure pas moins intéressante grâce à son rythme effréné. Ken Follett préfigure, dans ce roman, son oeuvre à venir et de nombreuses caractéristiques de cette dernière : la véracité historique, la style journalistique, etc. Si ce Scandale Modigliani ne relève pas d'une réussite totale, il n'en demeure pas moins une lecture agréable pour un été.

D'autres lectrices de ce roman : Argali, Miss Alfie, Mrs Pepys, Syl, Estellecalim...

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28 avril 2012

Le sang de l'hermine, Michèle Barrière

Le sang de l'hermineLe sang de l'hermine est le septième et dernier roman de Michèle Barrière paru en novembre 2011 aux Éditions JC Lattès. Pour ceux qui me connaissent, vous savez à quel point j'apprécie les romans noirs gastronomiques de cette auteure. Et une fois n'est pas coutume, j'ai succombé à l'appel de cette parution et j'ai acheté ce roman en grand format...

1516. François 1er règne sur la France. Quentin du Mesnil, son maître d'hôtel et ami d'enfance, est chargé du projet Chambord : construire un château pouvant accueillir le roi et sa cour lors des chasses qu'il affectionne. Mais pour cela, le souverain désire un seul architecte : Léonard de Vinci. Le vieil homme, entouré d'ennemis et de jaloux, se terre en Italie. A Quentin d'aller à sa rencontre à ses risques et périls. Certains veulent la perte du célèbre Léonard...

Quel bonheur de me plonger à nouveau dans un roman noir gastronomique de Michèle Barrière ! Premier opus d'une nouvelle série qui se déroulera au 16e siècle, sous le règne de François 1er, Le sang de l'hermine s'inscrit dans la droite lignée de ses prédecesseurs et allie avec brio une intrigue très bien ficelée et une histoire de l'alimentation toujours très pointue.
Au 16e siècle, les couverts font leur apparition en Italie et l'assiette remplace la tranche de pain, ce qui fait grandement réfléchir le héros du roman, prêt à introduire ces nouveautés à la cour du Roi de France. Mais cette dernière sera-t-elle prête à renoncer à ses traditions et à adopter ces nouveaux ustensiles ?
Sanglier, lièvre, cygne, poulet au verjus, hypocras etc. font des banquets royaux de véritables mises en scènes que Quentin, en bon maître d'hôtel, organise. Les arts de la table et l'organisation de banquets sont de son ressort et il importe grandement à Quentin de mériter son amitié avec le Roi et d'impressionner les convives de ce dernier.
A ma grande surprise, le végétarisme est évoqué, avec Léonard de Vinci :
"Je ne supporte pas que mon corps soit une sépulture pour d'autres animaux, une auberge de morts." (p.115)  L'artiste italien est, en outre, l'objet de nombreuses descriptions sur ses inventions, certes, mais aussi sur ses analyses du monde qui l'entoure, ses réflexions et ses convictions. Passionnant !

J'ai à nouveau passé un excellent moment avec ce nouveau roman. Michèle Barrière surprend son lecteur en mêlant habilement Histoire et fiction, en l'abreuvant de détails singuliers sur l'époque, et le laisse sur sa faim avec la question de Chambord... Aucun suspense de mon côté : je serais au rendez-vous des prochaines aventures de Quentin du Mesnil !

Pour ceux qui ne connaissent pas Michèle Barrière, ou que de nom, plongez-vous dans un de ses romans : vous serez séduit sans aucun doute ! Et ce n'est pas le carnet de recettes d'époques, disponible à la fin de chaque livre et permettant de prolonger sa lecture par des recettes de cuisine évoquées dans le roman, qui vous dissuadera de cette plongée dans l'Histoire...

Si vous souhaitez en savoir plus sur Michèle Barrière, vous pouvez retrouver
l'interview que j'avais faite il y a deux ans, dans ce billet.

Ou tout simplement l'écouter parler son dernier roman ci-dessous.

(Source : La Griffe Noire)

 

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