Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

13 avril 2017

Bye Bye Bollywood, Hélène Couturier

Bye Bye Bollywood, Hélène CouturierBye Bye Bollywood est un roman d'Hélène Couturier qui paraît aujourd'hui aux Editions Syros.

Nina a quinze ans, un père qui vit en Irlande, une mère branchée yoga et une petite soeur de neuf ans agaçante dans son genre. Tout bascule le jour où sa mère décide de partir quinze jours dans un ashram en Inde avec ses deux filles. Quinze jours de vacances qui riment avec pénitence pour l'adolescente : pas de réseau, des menus végétariens, du yoga et de la méditation tous les jours, bref un enfer ! Mais l'Inde va réserver des surprises à Nina et faire vaciller ses certitudes. 

Vous connaissez sûrement mon goût pour l'Inde (avec Hilde nous avons organisé pendant plusieurs années des challenges autour de la littérature indienne), vous connaissez peut-être un peu moins mon goût pour le yoga et la méditation (bien que je l'ai esquissé à demi-mot dans ce billet). Mais vous l'aurez compris : ce roman jeunesse était fait pour moi !

Et j'ai dévoré ces pages en y prenant beaucoup de plaisir. Hélène Couturier réussit le tour de force d'une narration à la première personne par un personnage adolescent sans que celle-ci ne soit trop vulgaire ni édulcorée. Nina a quinze ans, Nina ne pense qu'à ses copines et sa vie sociale via Facebook et WhatsApp, Nina se fiche complètement des aspirations de sérénité de sa mère et Nina est la narratrice du roman. Du coup, l'humour est au rendez-vous de cette intrigue qui se moque gentiment de la verve yoga/bouddhisme/méditation qui envahit l'Occident et fait d'une retraite dans un ashram le dernier endroit branché. Pour la jeune fille, rien ne vaut la farniente dans un hôtel-club all inclusive à siroter des sodas toute la journée au bord d'une piscine.

Mais c'est en Inde que Nina se rend. Et le pays ne va pas la laisser indifférente. Et si la pauvreté l'assaille dès l'atterrissage, c'est surtout à la condition féminine que Nina va s'intéresser, en rencontrant notamment Sampat Pal Devi, la militante indienne qui lutte contre la corruption et défend les droits des femmes dans un pays où  les lois qui les protègent sont souvent négligées.

La culture indienne est abordée sans aucune lourdeur et permet une incursion en douceur dans cet Orient qui fait tant rêver l'Occident. Cuisine, culture, codes vestimentaires, coutumes, Hélène Couturier balaie un large spectre pour permettre à son jeune lectorat de s'imprégner du contexte de son intrigue.

Bye Bye Bollywood est un excellent roman jeunesse qui, sous couvert d'une couverture rigolote, d'une narratrice un brin en colère et auto-centrée (mais qui ne l'est pas à cet âge ?), aborde des thématiques très intéressantes. La relation mère-fille, les relations entre soeurs, les premiers émois et le conformisme adolescents sont ainsi traités avec finesse dans ces 200 pages. Un grand merci 0 LP Langage&Projets et aux éditions Syros pour la découverte de ce roman pétillant.

Une chronique de soukee rangée dans Romans jeunesse - Vos commentaires [0] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , , ,


18 janvier 2017

Siddhartha, Herman Hesse

Siddhartha, Herman HesseSiddhartha est un roman philosophique de l'écrivain, peintre et essayiste allemand Herman Hesse -Prix Nobel de littérature en 1946 - paru en 1922 en langue allemande avant d'être traduit en 1975 en français.

Siddhartha, fils de brahmane, suit l'enseignement propre à sa caste. Mais un jour, cela ne lui suffit plus. Il quitte donc sa famille et son village pour poursuivre son chemin spirituel. Celui-ci débutera en compagnie de Samanas - moines errants vivant dans l'ascèse - avant de se poursuivre seul, à travers l'Inde. En chemin, Siddhartha croisera le Bouddha Gautama, et sa discussion avec celui-ci lui permettra de poursuivre sa route vers l'Eveil. Et c'est en se détachant de ses désirs et en expérimentant lui-même la sagesse que Siddhartha, loin des enseignements d'une quelconque doctrine, réalisera sa quête spirituelle.

Ce court roman m'a été prêté il y a quelques années et - honte à moi - je ne l'avais pas encore lu. Dans ma grande résolution de rendre les livres empruntés, je me suis plongée dedans cette semaine et c'est avec un plaisir certain que j'ai suivi le personnage de Siddhartha dans son chemin spirituel.

Construit comme un conte, l'intrigue se déroule en Inde, à l'époque du premier Bouddha - Siddhārtha Gautama dit Shakyamuni - et si le héros en porte le prénom, il n'est qu'un personnage fictif qui avance seul sur le chemin de l'Eveil, à l'écart de toute doctrine religieuse. A travers ses différentes expériences -la luxure, l'orgueil, la cupidité, l'envie, etc. - Siddhartha progresse peu à peu dans sa quête initiatique et c'est en méditant et contemplant le monde qu'il parvient à une meilleure connaissance de lui-même.

Très beau texte accessible et poétique, Siddhartha est un moyen intéressant de se pencher sur quelques notions de bouddhisme ou tout simplement réfléchir au monde qui nous entoure. Merci beaucoup Vanessa pour ce prêt de quatre ans. Tu avais raison en pensant que ce texte allait me plaire...

"Je consens volontiers que la Sagesse d'un homme ait toujours aux yeux de certains autres un petit air de folie." (p. 153)

Une chronique de soukee rangée dans Littérature allemande - Vos commentaires [10] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , ,

26 novembre 2016

Le roman du mariage, Jeffrey Eugenides

Le roman du mariage, Jeffrey EugenidesLe roman du mariage est le troisième roman de l'américain Jeffrey Eugenides paru aux éditions de L'Olivier en 2013. Son nom ne vous dit peut-être rien mais Jeffrey Eugenides, lauréat du Pulitzer catégorie fiction en 2003, est également l'auteur de Virgin Suicides, adapté à l'écran par Sofia Coppola en 1999.

Madeleine, Mitchell et Leonard. Trois étudiants américains qui se rencontrent à l'Université de Brown et explorent la sensation grisante de la liberté estudiantine. Entre soirées arrosées et cours de sémiologie, ils découvrent Barthes, et son Fragment d'un discours amoureux. A partir de ce moment-là, leurs vies dérapent. Mitchell tombe fou amoureux de Madeleine, qui n'a d'yeux que pour Leonard. Ce dernier, ténébreux et mystérieux, l'entraîne bien vite dans sa tourmente. Diagnostiqué maniaco-dépressif quelques années plus tôt, Leonard souffre d'instabilité chronique. Madeleine, éperdue d'amour pour lui, tente coûte que coûte de le sauver de ses démons. Mitchell, de son côté, part faire un voyage au long cours afin d'oublier Madeleine.

Jeffrey Eugenie signe ici un roman magistral, et je pèse mes mots. Difficile d'en parler, tant cette lecture est poignante et puissante... Portée par une construction narrative bluffante, l'intrigue suit un cours singulier où passé et présent s'entremêlent pour mieux raconter ces trois personnages. De ce triangle amoureux, personne ne sort indemne. Ni Leonard, brisé par une enfance désastreuse et une maladie qui le ronge ; ni Madeleine, soumise à ses sentiments pour Leonard et qui l'amènent à s'oublier ; ni Mitchell, qui reste dans l'ombre de Madeleine, attendant d'elle un regard, un sourire. 

Jeffrey Eugenides y décortique le sentiment amoureux pour mieux l'analyser et le donner à voir. C'est cru, parfois dérangeant, si souvent vraisemblable, malheureusement. Portrait d'une génération un rien brisée, cette comédie dramatique entraîne son lecteur dans l'intériorité de ses personnages, donnant à voir un spectre d'émotions finement dépeintes. Et le lecteur de s'interroger lui-même, à l'aune des réflexions des personnages, qu'elles soient sentimentales, professionnelles ou encore théologiques.

Bref, Le roman du mariage est une petite pépite dont vous auriez tort de vous priver. C'est grand, c'est addictif, c'est un indéniable coup de coeur ! Merci mon cher Alain pour ce conseil avisé qui n'a pas fini de me surprendre. Je sens que Madeleine, Mitchelle et Leonard n'ont pas fini de me hanter...

"Elle avait le sentiment que la plupart des sémiologues avaient dû être impopulaires dans leur enfance, tyrannisés, mis à l'écart, et qu'ils reportaient sur la littérature leur colère rentrée. Ils voulaient destituer l'auteur. Du livre, cet objet transcendantal, fruit de tant d'efforts, ils voulaient faire un texte, libre de toute attache, indeterminé, ouvert aux interprétations. Ils voulaient donner la vedette au lecteur. Parce qu'eux-mêmes étaient des lecteurs." (p.67)

"Après ton départ ce jour-là, je me suis allongé sur mon lit et je ne me suis plus levé de la semaine. Je suis resté là à ressasser comment j'avais foutu en l'air la meilleure occasion que j'aie jamais eue d'être heureux dans la vie. La meilleure occasion que j'aie jamais eue d'être avec une fille intelligente, belle et équilibrée. Une fille avec qui j'aurais pu former une équipe." (p.180)

"Il y avait des livres qui traversaient le tumulte de la vie pour vous prendre par le col et vous dire des choses essentielles." (p.285)

Une chronique de soukee rangée dans Littérature américaine - Vos commentaires [8] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , ,

04 janvier 2016

Mange, prie, aime d'Elizabeth Gilbert

Mange prie aimeMange, prie, aime est l'histoire vraie de l'américaine Elizabeth Gilbert parue en 2006 aux Etats-Unis et traduite en 2008 chez Calmann-Lévy.

Elizabeth a tout pour être heureuse : un mari aimant, une belle maison, un travail passionnant. Mais elle ne l'est pas. Un sentiment de vide l'habite, des doutes l'envahissent, une angoisse sourd au plus profond d'elle. Pour s'en débarasser, Elizabeth décide de tout quitter. Mari, travail, famille, pays. Elle part un an en voyage, à la rencontre des autres, à la recherche d'elle-même. En Italie, tout d'abord, pour se délecter de la dolce vita et reprendre goût à la vie ; en Inde, ensuite, pour se nourrir spirituellement et goûter aux bienfaits de la méditation ; à Bali, enfin, pour trouver la sérénité et la paix intérieures. C'est cette année de solitude et de recherche qu'elle raconte dans ce livre.

J'avais vu il y a quelques années l'adaptation ciné de ce livre avec Julia Roberts dans le rôle-titre. Et si j'avais été divertie par l'ensemble, il ne m'avait laissé qu'un vague souvenir de beaux paysages (l'Inde et l'Indonésie étant deux endroits que je rêve de visiter...) Et parce que je l'ai conseillé à une collègue et qu'elle a été bouleversée par cette lecture, j'ai eu moi aussi envie de découvrir ce livre.

Je ne regrette absolument pas ce choix. Parce que je me retrouve beaucoup dans Elizabeth, ses doutes, ses questionnements, ses errances. Parce que, comme elle, je suis dans une quête introspective qui m'interroge beaucoup. Je me suis retrouvée de nombreuses fois dans ses réflexions et j'ai adoré vivre par procuration son changement de vie. J'adore les voyages, l'Asie m'attire irrésistiblement depuis toujours, et j'ai eu l'impression de voyager avec Elizabeth et de participer à son cheminement intérieur.

Je conviens qu'un tel livre puisse dérouter. Par sa forme, tout d'abord, proche du journal de bord (le livre est scindé en trois parties, chacune étant consacrée à un pays), mais aussi par son contenu. Disons que ses 500 pages peuvent rebuter qui n'est pas un tant soit peu intéressé par la quête de soi. Personnellement, je les ai dévorées avec plaisir, prenant le temps de méditer, parfois, entre deux chapitres, de boire un thé, de regarder par la fenêtre. J'ai pleinement accompagné Elizabeth Gilbert dans son voyage intérieur et j'ai médité à ses côtés. Et j'ai refermé le livre le sourire aux lèvres, des envies plein la tête. Une lecture marquante et inspirante à plusieurs niveaux, c'est indéniable.

La bande-annonce de l'adaptation ciné avec Julia Roberts

(j'ai largement préféré le livre, je le dis tout de suite !)



Et voici ma troisième participation au Challenge Feel Good que j'organise !

RSS 

Une chronique de soukee rangée dans Littérature américaine - Vos commentaires [24] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , , , ,

14 janvier 2015

La nuit de Bombay, Michèle Fitoussi

La nuit de BombayLa nuit de Bombay est un essai de la journaliste Michèle Fitoussi paru en septembre 2014  aux éditions Fayard.

26 novembre 2008. Bombay est la proie d'une série d'attentats commandités par des terroristes islamistes. 165 personnes y perdent la vie. Parmi eux, Loumia Hiridjee, créatrice de la marque de lingerie Princesse tam.tam.
A Pondichéry à ce moment-là et en route pour la rencontrer, Michèle Fitoussi est sous le choc.
Après deux ans de recherches et de rencontres avec les proches de Loumia, elle livre ici un vibrant hommage à cette femme au parcours hors du commun et au destin tragique. 

Ouvrir La nuit de Bombay, c'est tout d'abord plonger dans la vie de Loumia et la success stroy de la marque de lingerie qu'elle a créée avec Shama, sa soeur. Michèle Fitoussi rend hommage à cette créatrice de génie, cette femme d'affaire que rien ne destinait à un tel succès et en dresse un portrait haut en couleurs. Loumia est vibrante, pétillante, sous la plume de celle qui l'a rencontrée quelques fois, et le lecteur a l'impression de la voir naître et s'émanciper des mots de Michèle Fitoussi pour exister sous ses yeux. C'est beau. C'est tragique aussi, vu le postulat de départ, mais en cela Michèle Fitoussi excelle dans son hommage à celle qu'elle aurait voulu connaître davantage.
Mais ouvrir La nuit de Bombay, c'est aussi s'immerger dans un flot d'émotions. Celles de l'auteure, tout d'abord, qui tente de comprendre la vie de Loumia. En allant à la rencontre de ses proches, de ses amis, en allant sur les terres de son enfance, elle mène un réel travail d'enquête qui vise à enrichir son propos et lui offre une légitimité certaine. 
Ce sont les émotions suscitées par cette lecture, ensuite. Malgré un ton qui évite tout pathos, le sujet est grave, lourd, et l'auteure impliquée émotionnellement.  Le lecteur avance pas à pas, en sa compagnie, vers l'innomable. Vers l'indicible. Il le sait d'avance, en ouvrant ce livre, mais la gradation du récit vers ce point de rupture qu'est la série d'attentats du 26 novembre 2008, entraîne un flot d'émotions difficile à maîtriser. Et l'auteure, malgré la distance qu'elle souhaite mettre avec l'événement pour en rendre compte, semble éprouver des difficultés à avancer elle aussi dans son récit.
Michèle Fitoussi signe ici un hommage très émouvant. On sent derrière tout ce travail une volonté de partir à la rencontre d'une autre, certes, mais aussi une tentative d'expliquer l'inexpliquable pour mieux le digérer.
Pour ma part, j'ai été très émue par cette lecture. Par le parcours incroyable de cette femme - et je pèse mes mots -, par sa complicité avec sa soeur et leur complémentarité, par sa disparition, évidemment. Il y a de l'identification de ma part, c'est certain, pour la complicité entre ces deux soeurs. Et c'est peut-être ce qui m'a le plus émue finalement.
J'ai refermé ce livre bouleversée. Avec l'étrange impression d'avoir rencontré Loumia, cette femme incroyable et protéiforme, qui vit encore grâce aux souvenirs que les gens ont d'elle.

"Certains m'ont fermé la porte. Je n'ai pas insisté. Nous avons tous nos douleurs, nos mystères, nos raisons de nous taire. L'amitié, l'affection, la fidélité l'ont emporté chez les autres, qui ont bien voulu me parler. Chacun avait sa Loumia en tête. Elle ne coïncidait pas toujours. Et puis, par petites touches, son portrait s'est dessiné, complexe et dense, lumineux et parfois sombre." (p.37)

"C'est sans doute parce que cette histoire raconte celle de deux soeurs, dont l'une ne sera plus jamais là pour l'autre, qu'elle me bouleverse à ce point." (p.79)

"Ce nom est un concentré de ce qu'elles sont et de ce qu'elles aspirent à devenir. Princesse tam.tam contient tout à la fois : l'Inde, l'Afrique, le métissage, l'exotisme, l'exil, l'identité, le décalage, l'ambition, la réussite, l'humour, la musique, la danse, le cinéma, la beauté. Et la féminité juvénile, entre contre de fées et bande dessinée." (p.113)

"Encore une fois, je ralentis mon récit. Je parle des autres, pour éviter de parler d'eux. J'ai trop peur de ce qui va suivre." (p.303)

L'avis de L'Irrégulière sur ce récit. Un grand merci à Dominique et aux éditions Fayard pour ce livre.

10906451_613545512106612_7981170696396259077_nVoici ma première participation au Reading Challenge 2015, et pour plusieurs points :

9 - Un livre écrit par une femme
13 - Un livre qui se passe dans un autre pays
14 - Un livre qui n'est pas une fiction
19 - Un livre qui se fonde sur une histoire vraie

***

Une chronique une semaine après l'horreur qui a frappé Charlie Hebdo.
J'aurais aimé participer à la BD du mercredi consacrée aux grands dessinateurs disparus lors de ce mercredi noir mais tous les exemplaires de leurs oeuvres étaient empruntés à ma bibliothèque. Alors je participe avec ce billet. Pour ne pas oublier les événements tragiques de Bombay le 26 novembre 2008, comme nous ne pourrons oublier le 7 janvier 2015. Les mots me manquent pour en parler davantage.


***

Une chronique de soukee rangée dans Essais - Vos commentaires [10] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , ,


04 décembre 2011

L'Inde en Fêtes #5 Konark Dance Festival et Elles changent l'Inde

Konark Festival

logo Inde petit

Dernier rendez-vous du Challenge L'Inde en fêtes,
organisé par Hilde et moi,
le Konark Dance Festival
qui a lieu du 1er au 5 décembre 2011 au Temple du Soleil
de la petite ville de Konark, dans l'Etat d'Orissa.
Durant cette période, le temple devient le théâtre d'un des festivals de danse le plus célèbre du pays où amateurs et professionnels se produisent en plein air.


Le 3 décembre 2007, les musiciens accompagnent la troupe de danseuses ODISSI de Bhubaneswar.
(source :
Dailymotion)

 

Elles changent l'IndeA cette occasion, j'ai eu envie de vous présenter Elles changent l'Inde, le catalogue de l'exposition du même nom qui se tient en ce moment au Petit Palais, à Paris.
Publié par Reporters sans frontière, cet album met l'accent sur les défis de l'Inde actuels, et tout particulièrement les initiatives des femmes.

Six photographes de l'agence Magnum Photos ont ainsi passé des semaines en Inde pour mettre en lumière le rôle des femmes dans l'évolution du pays. Des femmes chauffeurs de taxi à celle qui poursuivent leurs études dans le supérieur, en passant aux femmes qui s'investissent en politique ou dans l'industrie cinématographique, les projets sont nombreux et les espoirs naissants.

L'album reprend les photos de l'exposition. En l'achetant (9,90€), on fait un petit geste en faveur de la liberté de la presse. Un hymne à ce pays et à ses bouleversements sociaux et économiques. Un élan d'optimisme éclôt à chaque page et une envie de combattre aux côtés de ces femmes engagées pour leur pays surgit au fil de la lecture et de l'observation de ces photos magnifiques. A lire, sans aucun doute.
Et pour les parisiennes, filez au Petit Palais : cette exposition, qui se tient du 21 octobre au 8 janvier, est gratuite pour tous ! Aucune raison de s'en priver ! Pour en savoir plus sur les horaires et les infos
sur cette page.

 

Pour terminer de vous convaincre,
un avant-goût du travail de chacun des photographes.


 

Photographe : Alessandra Sanguinetti

 

 

Photographe : Patrick Zachmann

 

Photographe : Olivia Arthur

 

Photographe : Raghu Rai

 


 Photographe : Alex Webb

 


 Photographe : Martine Franck

Une chronique de soukee rangée dans Beaux Livres - Vos commentaires [4] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,

26 octobre 2011

L'Inde en Fêtes #4 Diwali et India Dreams T.4 de Maryse et Jean-François Charles

diwali1Avant-dernier rendez-vous de notre année consacrée à l'Inde et à ses festivités avec notre Challenge L'Inde en fêtes organisé par Hilde et moi, la fête Diwali (la fête des lumières).

                                                             logo Inde

Diwali, qui vient du sanskrit et signifie littéralement "rangée de lampes", est une fête célébrée durant 5 jours, commémorant le retour de Rāma à Ayodhya. Le troisième jour -Baṛi Divālī, « la grande Divālī » - est le jour plus important de cette fête car il célèbre la déesse Lakshmi, les quatre autres étant associés à différentes légendes et traditions. Ce troisième jour est aussi le dernier de l'année du calendrier hindou Vikram, utilisé dans le nord de l'Inde. Le lendemain, début de la nouvelle année hindoue, est connu sous le nom d’Annakut dans le nord de l'Inde.
A l'occasion de Diwali, des bougies sont allumées dans les rues et des feux d'artifices tirés. C'est une fête très populaire en Inde. Les Hindous mais aussi les Sikhs ainsi que les Jaïns la célèbrent, chacun attachant la symbolique de sa religion.
Une légende raconte que Parvati, la femme de Shiva, joua aux dés toute une nuit durant Diwali et prédit que tous ceux qui joueraient à cette période seraient prospères toute l'année.

A l'occasion de cette fête, Hilde a lu Les ombres de Kittur,
Sharon Le bureau de mariage de M. Ali
et moi j'ai terminé ma lecture de la série India Dreams.

IndiaDreams4_20092005

Il n'y a rien à Darjeeling est le quatrième tome de l'excellente série India Dreams, paru en 2005.

1965. La fille d'Emy, Kamala, est emprisonnée à Katmandou, accusée avec ses amis hippies de l'assassinat d'un policier corrompu. Acquittée, elle se rend au chevet de Jarawal, son père biologique qu'elle croyait mort. Et l'histoire de sa famille lui est peu à peu révélée grâce au journal intime d’un ancien colonel britannique de l’Armée des Indes qui n'est autre que son arrière-grand-père.

Ce dernier tome clôt la fantastique histoire écrite à quatre mains par Maryse et Jean-François Charles. Analyse de l'Inde coloniale et de l'histoire de ce pays, cette fiction en retrace les époques charnières à travers des personnages bouleversants.
Ce dernier tome est à l'image des précédents : porté par des dessins somptueux, il se dévore des yeux et laisse le lecteur sous le charme et rêveur. L'intrigue trouve un dénouement inattendu qui explique les 3 tomes précédents et offre à l'histoire familiale une dimension toute particulière.
Ce tome n'est pas à proprement parler le dernier de la série : un cinquième et un sixième sont parus mais se concentrent sur les personnages et sur les dessins.

Et voici ma 27e participation
à la BD du mercredi de
Mango !

Logo_BD_du_mercredi_de_Mango_1


Et ma 18e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note : 16/20)

Logo_top_bd_2011

 

 

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [11] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , ,

20 octobre 2011

Une belle surprise au courrier...

Ce soir dans ma boîte aux lettres,
un petit colis bien étrange.
Je n'ai pourtant rien commandé...

Mais non ! C'est Syl qui m'envoie un petit paquet
car j'ai été tirée au sort à son concours de bloganniversaire...
Heureusement, mon appareil photo n'était pas loin.

Chouette !

Cadeau Syl

Coïncidence ou fait exprès, Syl m'a envoyé un superbe répertoire à l'effigie du dieu indien Ganesh

accompagné d'une bien jolie carte.

Mille mercis Syl, je l'ai d'ores et déjà adopté et j'en suis folle !

 

Une chronique de soukee rangée dans Blablas - Vos commentaires [6] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,

10 septembre 2011

Pierre de lune, Wilkie Collins

9782859405526Pierre de lune, publié pour la première fois en 1868 dans la magazine All the year around, est le roman qui rendit célèbre Wilkie Collins, célèbre au point de rendre jaloux son grand ami Charles Dickens.

Le récit commence en 1799, lors de la prise de la ville indienne Seringapatam par les anglais. Un des militaires dérobe la pierre de lune, une pierre qui aurait été incrustée dans le front d'une divinité personnifiant la Lune. Mais une malédiction pèse sur cette pierre : quiconque la dérobe verra sa vie et celle des ses descendants devenir un cauchemar.
En 1848, la famille Verinder, noble famille du Yorkshire, descendante du militaire voleur, voit sa vie bouleversée par l'arrivée du diamant. Les conséquences malheureuses s'enclenchent dès lors pour la punir.

J'ai découvert Wilkie Collins grâce à Cryssilda et à son challenge dont je reparlerai plus bas. J'avais lu en novembre dernier Voie sans issue (ou L'abîme), un roman écrit à quatre mains avec son grand ami Charles Dickens.
Pierre de lune
était donc le premier livre que je lisais de Wilkie Collins. Et quelle découverte ! Je me suis laissée happer par cette intrigue à tiroirs. L'idée de génie de Collins est de confronter son lecteur à un crime - le vol de la Pierre de lune - et de ne pas proposer une narration surplombée par un narrateur unique mais de faire se succéder plusieurs narrateurs.
En effet, ce sont les membres de la famille Verinder et leurs proches qui racontent tour à tour ce qu'ils ont vu au moment des faits et prennent en charge le récit. Or, en lectrice assidue de romans policiers, je ne suis jamais certaine de ce que je lis quand il s'agit d'un personnage qui raconte des faits dont il a été témoin. Tout le monde est suspect. Le doute s'installe pour ne jamais repartir et la lecture s'étire en amenant toujours plus de questions. Où s'arrêtent les faits, où commencent les mensonges ? Et qui se dissimule derrière un masque ? Mystère...
Wilkie Collins entraîne son lecteur dans cette histoire de vol riche en rebondissements portée par une plume protéiforme très intéressante. Selon le personnage qui prend en charge le récit, Collins lui attribue plus ou moins d'humour, de facilité à raconter, de digressions, etc. ce qui dynamise grandement la narration.
Il y en a trop à dire, et pourtant, c'est difficile de ne pas gâcher la découverte de ce texte... Pierre de Lune est un roman vraiment extraordinaire, que certains considèrent comme précurseur du roman policier moderne, dans lequel on se plonge avec délice. Impossible de reposer ce livre tant son pouvoir hypnotique vous  happe dès les premières pages. Attendez-vous à du grand, à du très grand, si vous ouvrez ces pages.coup de coeur 2011
Vous l'aurez deviné depuis bien longtemps, Pierre de lune est un véritable coup de coeur pour moi. Un coup de coeur tel que mes lectures suivantes ont eu moins de saveurs... J'ai heureusement d'autres romans de Wilkie Collins dans ma PAL pour étancher ma soif d'émotions comme celles-ci...

"Il en faut peu pour pleurer quand vous êtes jeune et que vous entrez dans la vie. Il en faut encore moins quand vous êtes vieux et que vous êtes sur le point de la quitter." (p.180)

J'ai lu ce roman dans le cadre d'une lecture commune avec Céline.

Lectures communes

 

Une chronique de soukee rangée dans Littérature anglaise - Vos commentaires [28] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , ,

11 juillet 2011

L'Inde en fêtes #3 Le National Film Festival de New Delhi et Sita chante le blues

filmLe National Film Festival de New Delhi* se déroule cette année du 17 juin au 26 juillet. C'est le nouveau rendez-vous de notre Challenge L'Inde en fêtes, organisé par Hilde et moi.logo Inde petit

Depuis 1953, ce rendez-vous annuel est l'occasion de couvrir tout le spectre de la production cinématographique indienne.
Pas moins de 161 films et 114 courts-métrages y seront présentés, permettant ainsi de centraliser tout le talent du cinéma indien.

Pour permettre même aux plus modestes d'accéder aux séances, l'entrée est libre, tout comme les projections. La logique du premier assis, premier servi !

cinema

 

A cette occasion, j 'ai eu envie de vous parler d'un film d'animation :

Sita chante le blues de Nina Paley.

Sita

Sita, la déesse indienne, est répudiée par Rama, son mari. Ce film d'animation est l'occasion pour Nina Paley, la réalisatrice, de tisser un parallèle entre le Râmâyana, célèbre épopée de la mythologie indienne, et sa propre vie, puisque son mari a mis fin à leur mariage par e-mail.

Avec des graphismes tout en rondeur, cette adaptation musicale mêle habilement tradition indienne et monde moderne. Et chose assez incroyable, Nina Paley, la réalisatrice, a décidé elle-même de mettre en libre accès son film en visionnage intégral. Une raison de plus pour succomber à cette version très 50's de Sita, fréquemment comparée à Betty Boop !

 3674021kqjdt  3674020hkzoz 

En voici la bande-annonce :


Et si vous voulez succomber dès maintenant et regarder le film en streaming (en VO),
allez faire un tour sur le site officiel du film

 

*A l'origine, ce nouveau rendez-vous de notre challenge devait se pencher sur le Festival de cinéma asiatique et arabe de Delhi, mais faute de données sur le festival de cette année, nous avons décidé, avec Hilde, de nous pencher sur le National Film Festival de New Delhi.

Une chronique de soukee rangée dans - Vos commentaires [9] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,