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28 septembre 2015

Quand le diable sortit de la salle de bains, Sophie Divry

imageQuand le diable sortit de la salle de bains est le quatrième roman de Sophie Divry paru en août aux éditions Noir sur Blanc.

Lyon. Sophie, trente ans, est chômeuse en fin de droits. Pour cette écrivaine contrainte de demander une aide sociale, la précarité est une épreuve, la faim son quotidien. Alors que la jeune femme peine à boucler son mois avec dix-sept euros et trompe la faim en déambulant dans les rues lyonnaises, elle écrit, dépassée par son imagination et libérée de toute contrainte. Mais entre Hector, son ami fauché obsédé par sa voisine, Lorchus, son démon personnel un tantinet pervers, sa mère légèrement intrusive, voire ses appareils électro-ménager, Sophie peine à garder le contrôle sur son texte...

Je vous l'annonce tout de suite : petit ovni littéraire en vue ! Alors que Sophie Divry m'avait passablement ennuyée avec  La condition pavillonnaire - après m'avoir littéralement charmée avec La cote 400 - j'ai retrouvé avec plaisir sa plume féroce et son humour ravageur. Car point de misérabilisme dans ce roman au sujet pourtant grave et très actuel. Sophie Divry se penche sur la question de la précarité pour mieux se centrer sur l'acte d'écriture et donner à voir une héroïne créatrice qui joue avec les mots et s'affranchit de toute contrainte.

Sophie - l'héroine et non pas l'auteur, quoique les similitudes soient grandes entre elles - se transforme en dompteuse-écrivaine et fait de son quotidien un exercice de style. La faim, comme l'attente de son allocation, sont autant d'occasions de jouer sur les mots, leurs sonorités et de rythmer son récit : "Car la dèche a pour premier effet de vous enfermer en vous-même, de vous détenir dans vos misérables dilemmes, de vous enclore dans vos carencées méditations, vous contenir dans vos stressées spéculations, vous limiter dans conscience affamée, vous emmurer dans votre moral pressurisé..."  

L'ensemble est un petit bijou littéraire, syntaxique et stylistique mais pas que. Une réelle bouffée d'air frais hors des sentiers battus. Un roman d'une drôlerie sans nom (je vous laisse imaginer, lorsque Lorchus, le démon pervers de Sophie, s'empare de la narration, ce qui sort de sa bouche et quelle forme prend le texte...  au sens propre !) Un roman qui permet à Sophie Divry de laisser éclater tout son talent à travers la plume de son personnage. Il serait bien dommage de passer à côté de ce texte en cette rentrée littéraire et de ne pas continuer à suivre de (très) près cette jeune auteure...

" Une tristesse propre et sèche m'accabla. A la radio, un homme politique disait vouloir réindustrialiser la France. Combien de temps encore à me débattre dans ce monde emmuré ? "

"Dans un souffle long comme le destin, (le vent) emporta les farfadets et les soirées crêpes ; les boiseries se fendirent, les cheminées disparurent, les miroirs s'effacèrent, les chevaux s'échappèrent du pré, les chênes et les pins chutèrent avec fracas ; la terre trembla plus fort, mes frères grandirent ; disparurent les chasses au trésor, les petites souris de la dent de lait, les pics épeiches et les choucas ; les baisers de ma mère ne parvinrent plus à guérir ma fièvre adolescente, sa beauté se fana, ma grand-mère mourut ; la nuit, les chouettes ne hululaient plus, à la place j'entendais le bruit de la circulation sur la route départementale. Quand la terre eut fini d'absorber la larme de mon père, les barrières du parc qui ceignaient mon enfance s'étaient effondrées."

"Et si je ne suis plus capable aujourd'hui de me mettre dans de tels états, car, la vie avançant, le coeur apprend à se mouvoir plus lentement vers ce qui le peine, je sais que la pauvreté vous rend plus sensible que l'aisance." 

"Je n'aime pas les hommes qui ne regardent pas par le hublot en avion ; je n'aime pas les hommes qui vous touchent uniquement quand ils veulent baiser ; je n'aime pas les hommes qui font de la photo, Tu fais quoi, toi ? Moi, je fais de la photo ; je n'aime pas les hommes qui allument la télévision dès le matin ; je n'aime pas ceux qui ont des petits rituels ; je n'aime pas les hommes tristes, je n'aime pas les illuminés ; je n'aime pas les lourdauds qui bavent sur vos seins ; je n'aime pas les hommes qui vous expliquent la genèse de leurs allergies ; je n'aime pas les hommes qui toussent tout l'hiver ;..."

Une vidéo de Sophie Divry qui présente son roman

3/6 pour le Challenge 1% de la rentrée littéraire organisé par Herisson

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16 septembre 2015

Eloge de la névrose en 10 syndromes, Leslie Plée

Eloge de la névroseEloge de la névrose en 10 syndromes est le dernier album de l'illustratrice parisienne Leslie Plée paru en août dans la collection Tapas chez Delcourt.

Du syndrome de l'adultisme à celui de l'imposteur procrastinateur en passant par celui du fardeau, Leslie Plée croque avec humour les petites névroses du quotidien.

J'ai découvert Leslie Plée il y a cinq ans à l'occasion de la lecture de Moi vivant, vous n'aurez jamais de pauses, le petit album dans lequel elle racontait avec un humour féroce son expérience de "libraire" dans une grande surface de produits culturels. A cette occasion, même, je lui avais posé quelques questions pour en savoir un peu plus sur elle et son métier d'illustratice (mon interview ici). Je n'avais jusque là pas eu l'occasion de rouvrir un de ses albums. J'étais donc enthousiaste à l'idée de découvrir cet éloge de la névrose. 

Leslie Plée nous offre encore une fois une analyse des plus fines de notre société et de ses petits travers psychologiques, le tout dans un condensé d'humour qui laisse difficilement indifférent. La jeune illustratrice n'hésite pas à se mettre une nouvelle fois en scène pour illustrer ses propos sur les névroses diverses et variées qui hantent nos quotidiens, inventées par ses soins ou bien réelles. De l'auto-dérision, donc, et pas qu'un peu, de la psychologie, aussi, Michel, son chat obèse et mascotte de ses albums, et un dessin minimaliste pour illustrer le tout. J'ai été conquise !

L'humour est toujours aussi décapant, parfois engagé (notamment pour la condition féminine avec le syndrome des règles bleues), jamais méchant. Leslie Plée est avant tout la cible de son humour et c'est très agréable de retrouver son personnage un peu gauche et complexée mais qui assume désormais ses névroses. L'ensemble est un peu fantasque, entre syndromes réels, syndromes réels mais adaptés par Leslie Plée et pure imagination de cette dernière. Une petite bouffée d'air frais que cet album sans langue de bois dont la lecture va sûrement occasionner chez vous une identification. Alors, êtes-vous atteint par le syndrome du nicodépendant anxieux ou par le syndrome de l'adultisme ? Ouvrez cet album pour le savoir !

Merci beaucoup à Mélanie et aux éditions Delcourt pour cet album.

Planche 2 planche 3

Le blog de Leslie Plée

Leslie Plée

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 C'est ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Noukette.

 

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06 septembre 2015

C'est le métier qui rentre, Sylvie Testud

imageC'est le métier qui rentre est le cinquième roman de la comédienne, réalisatrice et écrivaine française Sylvie Testud paru en 2014 chez Fayard et dont une adaptation cinéma est en cours de réalisation sous la direction de Diane Kurys.

Sybille est comédienne. Mais Sybille écrit, aussi, et a décidé de se lancer dans la réalisation de son premier long-métrage. Mais elle est loin de se douter que son chemin sera parsemé d'embûches. Quand les producteurs décident de réécrire le scénario, que les comédiennes imposent leurs lois et que les financiers se dédouanent du projet, ce dernier  tourne à la catastrophe.

Entre Sylvie Testud et moi, c'est une grande histoire d'amour (unilatérale, s'entend). J'ai toujours apprécié son jeu de comédienne et me suis délectée de ses précédents romans, bourrés d'un humour corrosif des plus acides. Donc quand je suis tombée par hasard sur son dernier roman sorti en poche, je n'ai pas hésité une seconde. Mais - et vous me voyez venir - la rencontre n'a pas eu lieu. Mais absolument pas. Pas une seconde. Rien. Le trou noir. Le néant. Et j'ai besoin de revenir dessus.

Comme dans ses précédents romans, Sylvie Testud met en scène Sybille, double romanesque dont elle se détache et qui lui ressemble pourtant singulièrement. Mais elle l'annonce en prélude : "Ce livre est une oeuvre de fiction. Toute ressemblance avec des faits réels ne peut être que le fruit du hasard." Brouillage des frontières, entre fiction et autobiographie, Sylvie Testud s'est faite maître en la matière et jusque là j'avais adoré ce flou narratif et m'étais glissée avec grand plaisir au côté de Sylvie/Sybille.

Mais dans ce nouveau roman, point d'humour corrosif ni de réflexion sur le monde du cinéma. Une intrigue des plus prévisibles - Sybille réussira-t-elle à faire son film malgré les embûches qu'elle rencontre ? - très plate, et au rythme lent. Le personnage de Sybille n'est pas drôle, n'attire pas la sympathie et reste loin, très loin du lecteur. Comme s'il la regardait à travers une vitre se dépêtrer de ses ennuis si éloignés de son quotidien. Pour la première fois, Sylvie Testud n'offre pas à son lecteur la possibilité de s'immerger dans le monde du cinéma à ses côtés, lui en dévoilant les arcanes et les ficelles, comme dans ses précédents romans. Elle met davantage en scène son personnage que le lecteur doit regarder évoluer au fil des pages, sans sentir une quelconque connivence avec Sybille/Sylvie. 

Quant au style, Sylvie Testud n'a pas su glisser de poésie entre ses pages, comme elle en a l'habitude, ni faire naître un comique dont elle possède pourtant la finesse littéraire. J'ai eu l'impression de lire le texte d'une inconnue, bien loin de celle qui a écrit le mémorable Il n'y a pas beaucoup d'étoiles ce soir.

J'ai lu ce roman d'une traite, sans rire ni vraiment en comprendre la visée. Déçue, c'est certain. Curieuse en revanche de découvrir son adaptation cinéma. La rencontre n'a pas eu lieu, mais ce n'est pas pour autant que je vais bouder Sylvie Testud à l'avenir.

 

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27 août 2015

Le château des étoiles T.2 1869 : La conquête de l'espace, Alex Alice

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Le château des étoiles est une série imaginée par le dessinateur et scénariste français Alex Alice parue dans un premier temps sous forme de gazettes avant d'être publiée en albums. Le premier tome était paru en septembre l'année dernière (et avait été l'un de mes coups de coeur de l'année) et le second sort le 16 septembre cette année.

A la fin du premier tome, nos héros parvenaient à s'échapper in extremis des griffes de Bismarck grâce à l'éthernef, et s'envolaient dans le ciel. L'album s'ouvre sur cette évasion réussie et ses conséquences. Alors que le projet de franchir le mur de l'éther grâce à l'éthernef et découvrir l'espace se concrétise pour la petite équipée, celle-ci va peu à peu se diviser. Car si le père de Séraphin pense avant tout à la science et à ses avancées, le roi semble s'engager dans une autre voie plus solitaire, tandis que Séraphin, obnubilé par la disparition de sa mère dans l'espace, semble vouloir la retrouver à tout prix.

J'avais adoré en tous points le premier tome de ce feuilleton scientifique, découvert il y a presque un an, et j'ai éprouvé le même plaisir à la lecture de ce nouvel épisode des aventures de Séraphin et ses acolytes.

Si le premier tome avait posé les bases du contexte historique et scientifique, ce second volet permet de reprendre l'intrigue là où elle s'était arrêtée, alors que la petite équipée vogue en plein ciel, à bord de l'éthernef, synonyme de bien des possibles.

L'intrigue s'enrichit grâce aux divergences d'opinion des personnages et l'album - composé de trois chapitres - ne connaît pas de temps mort. L'ensemble relève à la fois du roman d'apprentissage - avec le personnage de Séraphin - mais aussi du roman scientifique - dans la droite lignée de Jules Verne, bien entendu - et du récit d'aventure.  La question des découvertes scientifiques et de leurs retombées sur le monde se pose et n'est pas sans rappeler certaines inventions accidentelles comme la dynamite, dont Alfred Nobel n'avait pas mesuré la portée. C'est fin, intéressant, et Alex Alice offre une dimension réflexive des plus intéressantes en abordant ce point.

Pour ce qui est des dessins, Alex Alice nous offre encore une fois un festival de couleurs et d'ambiances absolument majestueux. L'aquarelle utilisée ici permet de beaux délavés et une palette riche en nuances. La science est là, bien entendu, par son sujet et ses machines, mais la poésie point, c'est certain, dans ces dégradés de bleus et cette explosion de couleurs à chaque double page. Miyazaki avait été évoqué, déjà, à la sortie du premier tome (par moi et beaucoup d'autres), et cet album confirme cette évocation. Un bijou visuel ! En clair, une série qui poursuit sur sa lancée en terme de qualité, un second album aussi réussi que le précédent et qui me donne largement envie de connaître la suite des aventures de nos héros.

Je tiens à remercier grandement Coline et les éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album.

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23 août 2015

Miss Alabama et ses petits secrets, Fannie Flagg

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Miss Alabama et ses petits secrets est un roman de l'écrivaine, scénariste et actrice américaine Fannie Flagg - mondialement connue pour son roman Beignets de tomates vertes et son adaptation cinématographique - paru en 2014 aux Editions du Cherche Midi.

Maggie a soixante ans et éprouve une lassitude face à la vie. Ancienne Miss Alabama, celle qui travaille désormais dans une agence immobilière de Birmingham est fatiguée de vivre et décide de mettre fin à ses jours. Maggie veut partir sans bruit, sans déranger, doucement. Alors qu'elle planifie soigneusement son départ, sa collègue Brenda l'appelle pour l'inviter à un spectacle de derviches tourneurs, un des rêves de Maggie. Cette dernière ne peut refuser cette invitation et décide de différer son plan. Mais cette décision en apparence anodine va entraîner une foule d'événements qui vont faire chanceler sa volonté d'en finir...

J'avais littéralement dévoré Beignets de tomates vertes il y a trois ans (souvenez-vous, j'en avais même eu une nuit blanche tellement je n'arrivais pas à quitter ces personnages !) et je me suis plongée avec délice dans les pages de ce nouveau roman de Fannie Flagg, certaine d'y retrouver l'âme de  l'Alabama et de son précédent roman.

Et le plaisir a été au rendez-vous ! Si je n'ai pas succombé à l'appel d'une nouvelle nuit blanche pour dévorer la vie de Maggie, je n'en ai pas moins éprouvé énormément de plaisir avec cette lecture et l'ai terminée en quelques jours. Fannie Flagg possède la faculté d'entraîner son lecteur dans un univers chaleureux et humain, porteur de valeurs fortes et d'espoir. Pas de gnangnan ni de bons sentiments en revanche, mais une galerie de personnages bien léchée et une intrigue tricotée avec soin, qui se déroule avec soin et donne à voir de très beaux moments.

Le rythme de l'intrigue est soutenu et très régulier, happant son lecteur dès les premières pages et l'entraînant lentement mais sûrement dans le quotidien de cette héroïne des plus tragiques. Maggie est un personnage qui sait se faire oublier et n'accapare pas l'essentiel de l'intrigue, laissant la part belle à des personnages secondaires attachants et vraisemblables. Comment ne pas s'émouvoir de la fragile Brenda, boulimique en voie de guérison qui brigue un mandat politique en parallèle de sa carrière d'agent immobilier ? Comment ne pas se sentir porté par l'énergie dégagée par le personnage de Hazel, petite femme énergique et ambitieuse qui s'est servi de sa différence - mesurer un mètre deux - comme force ? Encore une fois, Fannie Flagg imagine un univers vraisemblable qu'il est difficile de quitter. Et l'impression d'avoir croisé Hazel, Brenda ou Maggie au coin d'une rue flotte, une fois les dernières pages tournées.

Bref, un bon conseil : si vous n'avez pas encore lu Beignets de tomates vertes, réparez très vite cet impair ! Pour les autres, ouvrez Miss Alabama et ses petits secrets au plus vite, ne soyez pas rebuté par le projet initial de Maggie - un peu morose, je vous l'accorde - et laissez-vous entraîner dans ce tourbillon positif que va devenir sa vie. Ce n'est pas parce que les événements sont formidables que Maggie reprend goût à la vie mais parce que celle-ci change de regard sur cette dernière...

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14 mars 2015

Sauvez Hamlet ! Jasper Fforde

Sauvez Hamlet, Jasper Fforde Sauvez Hamlet ! est le quatrième tome de la série Thursday Next imaginée en 2001 par l'écrivain britannique Jasper Fforde, paru en 2007 en France chez Fleuve Noir.

La détective littéraire Thursday a accouché et son fils, Friday, a désormais deux ans. Mais point de Landen à l'horizon ! Le mari de Thursday a toujours disparu, éradiqué par une multinationale du nom de Goliath qui a réécrit le passé    
De retour dans le vrai monde après deux ans passés dans le roman Les Hauts de Caversham, Thursday se bat sur plusieurs fronts : empêcher Yorrick Kaine, un personnage échappé d'un livre, de prendre le pouvoir et instaurer une dictature, éviter que la multinationale Goliath s'érige en religion, et garder un oeil sur Hamlet, puisque le prince de la célèbre pièce de Shakespeare a décidé de venir faire un tour dans le vrai monde pour voir comment les lecteurs le perçoivent... C'est beaucoup pour Thursday, qui essaie en parallèle d'offrir un cadre de vie équilibré à son fils.

Chaque roman de Jasper Fforde est un condensé de loufoquerie et d'imaginaire débridé. C'est un fait. Mais ce quatrième tome des aventures de Thursday atteint des sommets et l'auteur se surpasse littéralement.      
Les
intrigues toutes aussi déjantées les unes que les autres fourmillent et se mélangent, Thursday tente de garder un oeil sur l'ensemble mais se laisse parfois déborder par les menaces multiples - qu'elles concernent le vrai monde ou celui des livres- et le tout baigne dans un humour décapant à souhait.       
Il faut une sacrée dose d'imagination et d'humour pour écrire une série telle celle-ci, et Jasper Fforde réussit le pari fou de ne pas perdre d'intensité au fil des tomes. La tension va crescendo, et chaque nouvelle aventure de Thursday semble approcher d'un point de rupture.       
La lecture de ce quatrième tome est un réel plaisir pour qui aime voir une intrigue se disperser en branches toutes aussi drôles les unes que les autres et imaginer l'interpénétration entre le monde réel et celui des livres.     
Une série que je ne peux que vous conseiller pour sa fraîcheur et son originalité. Je vous promets que vous n'en ressortirez pas indemne et que vous garderez en tête bon nombre de scènes cultes.      

Si vous les aviez ratées, réparez vite cette erreur en allant jeter un oeil sur mes chroniques des trois premiers tomes !

   

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11 mars 2015

Ekhö Monde Miroir T.3 Hollywood Boulevard, Arleston et Barbucci

Paris Empire est le deuxième tome de la série Ekhö écrite par Christophe Arleston et dessinée par Alessandro Ekhö THollywood Boulevard est le troisième tome de la série Ekhö écrite par Christophe Arleston et dessinée par Alessandro Barbucci, paru en novembre 2014 chez Soleil.

De passage à Hollywood pour faire signer un contrat à la belle Norma Jean, Fourmille et Yuri découvrent qu'il est possible de faire du cinéma sans électricité !    
Mais leur venue à Los Angeles prend une toute autre tournure lorsque Norma Jean est retrouvée morte dans sa piscine. Et lorsque Fourmille est possédée par l'esprit de la belle actrice, les deux compères n'ont d'autre choix que de découvrir ce qui s'est passé. Meurtre ou suicide, réussiront-ils à élucider la mort de Norma Jean ?

Qu'on se le dise : j'aime beaucoup cette série loufoque ! Ouvrir un nouveau tome est à chaque fois une promesse de détente et d'évasion dans un univers barré et onirique à souhait.     
Ce troisième tome ne déroge pas à la règle et entraîne son lecteur dans les grandes heures du cinéma hollywoodien en lui rendant hommage. Harry Potter côtoie E.T., il est possible de croiser Dark Vador dans un couloir ou encore King Kong et si vous ne craignez pas de louer dans un motel, celui de Bates semble être tout à fait approprié...     
Dans ce monde parallèle de bric et de broc où un film peut être tourné même sans électricité, les créatures fantastiques pullulent et il est bien difficile de faire se côtoyer les tournages. Elizabeth Taylor et Marilyn se crêpent le chignon pour des questions de cachets tandis que les T-Rex de Spielberg s'échappent entre deux prises. Difficile pour nos deux héros de mener l'enquête !     
Un excellent moment de détente et une foultitude d'hommages divers aux grands noms du cinéma à chaque page. Bref, un très bon troisième album qui possède son intrigue propre mais qui stagne légèrement sur l'intrigue générale de la série. On aurait pu le reprocher à Arleston et Barbucci, mais ce tome est tellement loufoque et drôle qu'on leur pardonne allègrement de geler leur série pour pondre un tel titre.     
Un grand merci à Claire et aux éditions pour cet album.

C'était ma BD de la semaine chez Stephie aujourd'hui et ma 62e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (15/20)

  Top BD

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Planche 3 Ekhö 3

Une lecture que j'inscris dans le cadre du Challenge Marilyn de George.

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26 février 2015

Journal intime d'un chat acariâtre, Frédéric Pouhier et Susie Jouffa

Journal intime d'un chat acariâtre

Journal intime d'un chat acariâtre est un petit livre paru en février 2014 aux éditions First.

Edgar est un chaton de six mois lorsqu'il est adopté. Mais pour ce petit chat hautain, la vie avec les humains est loin d'être la panacée. Alors chaque jour, Edgar raconte dans son journal sa vie impossible dans sa famille, sa vie en captivité, comme il la qualifie.

Voilà un petit livre à offrir aux amoureux des chats ! Histoire de rire sur les félins et leurs petites habitudes. Car si Edgar est hautain et parfois méprisant avec sa famille, il n'en demeure pas moins la caricature du chat domestique, indolent et paresseux, câlin quand il en a envie et gourmand, chasseur à ses heures perdues et avide de confort.  
La forme du journal intime permet de prendre le lecteur à partie et fait naître davantage d'humour encore, car Edgar exagère bien souvent, tout en pensant être de bonne foi. Et le lecteur de suivre ses aventures - sa captivité, comme il la définit - et de reconnaître sous les traits de ce félin un brin acariâtre, son  propre chat.   
Pour ma part, j'ai bien ri avec ce petit livre qui se lit très rapidement, et j'ai souvent retrouvé Chachat...

Petit florilège pour que vous cerniez Edgar...

"Les chats ne s'excusent jamais. Ils laissent ça aux chiens." (p.34)

"Cher journal, je viens de découvrir avec effroi que j'étais un animal domestique. Oui, vous l'avez bien lu : do-mes-tique, du latin domesticus. Mais pour qui me prennent-ils ? Pour la femme de chambre d'un hôtel particulier où vit un couple de bourgeois ? Moi, un animal domestique ? Jamais je ne ferai partie d'une quelconque domesticité. Je me considère plus ou moins comme un prince déshérité ayant trouvé le gîte et le couvert chez un couple de gueux qui ne me méritent pas." (p.36)

"Quand je m'ennuie, je mange. Quand je suis heureux, je mange. Quand je suis triste, je mange. Mais qu'on ne vienne pas me dire que je suis gourmand, ça va m'énerver, et quand je suis énervé, je mange." (p.74)

"Je ne crois pas aux relations longues distances. C'est pourquoi, cette nuit, j'ai déplacé mon lit à côté du réfrigérateur." (p.97)

Un grand merci à ceux qui se reconnaîtront de m'avoir offert ce livre pour Noël ! Chachat ne ressemble heureusement pas à Edgar (quoique...).  
Et comme ça fait bien longtemps qu'il n'est pas apparu ici, voici en exclusivité le grand fauve qui fait une tentative de camouflage sur une peau de mouton, tout en faisant semblant de dormir d'un oeil. Je le laisse faire ou je lui dis que noir sur blanc, c'est légèrement visible ??

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04 février 2015

Le château des étoiles T.1 1869 : La conquête de l'espace, Alex Alice

Le château des étoiles TLe château des étoiles est la dernière série du dessinateur et scénariste français Alex Alice dont le premier tome, 1869 : La conquête de l'espace, est paru tout d'abord en feuilleton sous la forme de journaux grand format, avant de sortir en album en septembre 2014 aux éditions Rue de Sèvres.

1869. La mère de Séraphin, scientifique passionnée, a disparu un an plus tôt en ballon, alors qu'elle faisait des recherches autour de l'éther et de ses possibilités de conquête de l'espace. 
Un jour, un étrange courrier destiné à Archibald, le père de Séraphin, le somme de se rendre en Bavière. Attaqués sur le trajet par des Prussiens, Séraphin et son père répondent présents à l'appel du roi Ludwig, souverain de Bavière et expéditeur du mystérieux courrier, et se replongent dans le projet de l'éther.

Le château des étoiles était mon unique achat à Montreuil cette année (quel sérieux, vous remarquerez...) Et si j'avais opté pour cet album, c'est que les nombreuses chroniques paraissant sur la blogosphère m'avaient largement convaincue que je tomberai sous son charme. Et l'hypothèse s'est vérifiée ! J'ai adoré ce premier tome, me plongeant avec un plaisir immense dans ce 19e siècle un tantinet différent du nôtre, onirique et merveilleux, aux allures de steampunk.
L'idée de conquête de l'espace grâce aux possibilités de l'éther est intéressante et Alex Alice prend le temps de l'expliquer, de la décortiquer pour la rendre accessible. On pense à Jules Verne, bien entendu, pour ces références aux questionnements scientifiques d'une époque, et c'est fort agréable.
Les dessins à l'aquarelle directement sur le crayonné, grande nouveauté pour Alex Alice, offrent à l'ensemble un rendu très intéressant. Les dessins des différents éthernefs rendent hommage à l'imagination d'Alex Alice et les recherches effectuées sur son sujet et offrent une sorte de légitimité à ce projet scientifique fou.
On pense à Miyazaki, pour le titre et les tonalités de couleurs, bien entendu. On rêve, aux côtés de Séraphin et ses amis. Et on a qu'une hâte : découvrir la suite de leurs aventures !
Coup de coeurMalgré des références scientifiques, l'ensemble demeure grand public et s'adresse à tous. Les différents lectorats y trouveront chacun ce qu'ils souhaitent. Les enfants, un album d'aventure drôle et porté par un personnage enfant ; les adultes une interrogation plus vaste. De mon côté, c'est un appel à découvrir Siegfried d'ici peu, série chaudement recommandée par mon ami Antoine.

En tout cas, voilà un nouveau coup de coeur pour moi. Et oui, quand je vous dis que mon année 2015 de lecture commence bien... C'était ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Yaneck

D'autres lecteurs de cet album ou du feuilleton grand format : Stephie, Mo, JViel, George et Yaneck.

Planche 1 Planche 2

Planche 3

 

Voici ma 59e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (17/20)

 Top BD

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21 janvier 2015

Les vieux fourneaux T.1 et 2, Lupano et Cauuet

Les vieux fourneaux est une série de BD dont les deux premiers tomes sont parus respectivement en avril et en octobre 2014 chez Dargaud. Wilfrid Lupano en signe le scénario et Paul Cauuet les dessins.

Les vieux fourneaux T Les vieux fourneaux T

Tome 1 Ceux qui restent

Pierrot, Mimile et Antoine. Trois amis d'enfance, septuagénaires, anars, unis par les mêmes idées et un passé commun. Mais aujourd'hui, on enterre Lucette, l'épouse d'Antoine. Alors malgré leur verve et leur humour, les trois amis n'ont pas le coeur à la fête.
Mais avec une lettre posthume dans laquelle elle avoue un adultère commis quelques décennies plus tôt, Lucette jette un pavé dans la mare. Sus à ses soixante-dix printemps ! Antoine part en trombe, armé d'un fusil, direction la Toscane, où coule des jours paisibles l'objet de cet adultère, son ancien patron. Pierrot et Mimile n'ont d'autre choix que de suivre leur ami pour éviter le pire. C'est parti pour un road-movie haut en couleurs !

Tome 2 Bonny and Pierrot

Revoilà nos trois amis, toujours unis par leur envie de ne pas laisser le monde actuel tourner aussi mal et enrayer le système à coup d'attentats gériatriques au nom des générations futures. Mais lorsqu'un étrange paquet arrive par la poste pour Pierrot signé Bonny, sa comparse d'avant, son amour de jeunesse, celui-ci s'effondre. Il la pensait morte depuis quarante ans. Il ne faut pas longtemps au fringant septuagénaire pour se lancer sur les traces de sa belle !

***

Coup de coeurAttention, coup de coeur... (oui je sais, deux en quelques jours, mais que voulez-vous, 2015 commence bien en terme de lecture, alors j'en profite et n'hésite pas à apposer mon logo aux livres qui le méritent !)
Ouvrir Les vieux fourneaux, c'est se garantir une parenthèse de rire assuré, un bon moment de franche rigolade et ce, grâce à des dialogues truculents, intelligents et des personnages savoureux à la répartie brillante, tout en réflechissant en parallèle au monde d'aujourd'hui. C'est bien simple : cette série devrait être remboursée par la Sécu ! Voilà, c'est dit. Et je pense que je ne suis pas loin de la vérité tant ces deux albums sont bourrés d'humour et portés par une intrigue émouvante et des personnages attachants qui offrent un regard critique sur notre société qui va mal.

C'est hilarant, caustique, jamais méchant. Certaines références sur le côté soixante-huitard doivent me manquer, c'est certain, mais cela ne m'a pas empêchée de me régaler avec ces deux albums et de rire à gorge déployée aux dialogues des ces trois loustics si attachants.
Chaque album, s'il suit un fil rouge pour la série, possède néanmoins une intrigue qui lui est propre, qui se termine à la fin du tome. Le premier tome se centre sur la vengeance d'Antoine en Toscane, tandis que le deuxième opère un focus sur Pierrot et sa jeunesse avec Bonny. Un troisième tome consacré à Mimile, peut-être ?

Les dessins de Cauuet s'attachent à rendre compte de l'âge des personnages et de toutes ces petites choses qui apparaissent en même temps que le temps passe : rides, tremblements, hésitations, mémoire qui flanche et incontinence. Mais ce sans aucun pathos ni méchanceté mais avec humour et tendresse. Comme un hommage à cette génération qui semble déconnectée de ce vingt-et-unième siècle ultra-connecté qui va trop vite et sur lequel elle porte un regard critique qui fait du bien, sans nier pour autant sa responsabilité dans le monde d'aujourd'hui.
Les vieux fourneaux est une parenthèse, une lecture à part, une bulle de réflexion sur les maux de notre époque - crise, solitude, vieillesse, lutte des classes et choc des générations -, un concentré d'humour, à coup de répliques jubilatoires, de jeux de mots et d'expressions. Bref un vrai régal à mettre entre toutes les mains ou à laisser traîner pour tenter les autres... La preuve ? Ma grand-mère de 89 ans, en voyant ces albums sur la table à Noël, en a ouvert un et s'est plongée dedans, tournant les pages sans rien dire à personne. Pour quelqu'un qui n'aime pas trop les BD...
Pour ma part, je ris encore toute seule en pensant au concept d'attentat gériatrique et à la mamie hackeuse qui pirate le site de Nadine Morano...

Voici ma 57e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (17/20 et 18/20)

 Top BD

 

Planche 2Planche 1

Planche 3

Ils sont nombreux à avoir parlé du tome 1 Aifelle, Canel, JacquesMoka, Noukette, JéromeSandrine, StephieViolette, Yaneck et Yvan et du tome 2 : Canel, JacquesJérome, Mo', Noukette, etc.

 

L'interview des deux auteurs à propos de leur projet par Jacques

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