Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

28 mai 2010

La couleur du bonheur, Wei-Wei

9782757817537FSJ'avais découvert il y a quelques années la littérature chinoise avec Shan Sa. Curieuse d'en savoir un peu plus sur ce pays et son histoire, je m'étais plongée avec plaisir dans Le Palanquin des Larmes au début de l'année. Donc quand j'ai vu ce roman, je n'ai  naturellement pas hésité à  le découvrir  et connaître ainsi davantage la Chine des années 1920 au milieu des années 1980.

Nous sommes en 1920. Mei-Li est mariée à seize ans à un homme aveugle et impotent qu'elle n'a jamais vu. Elle s'accommodera
de son mariage malheureux en soignant son pauvre époux et en se dévouant aux corvées domestiques.  Malgré de longues années d'abstinence, elle deviendra mère douze ans plus tard et sa petite Bai-Lan sera sans cesse un sujet de réconfort et de joie pour elle.
Lorsque cette dernière, mariée et mère de deux enfants, se retrouve seule après que son mari a été envoyé en camp de rééducation par le régime maoïste, Mei-Li n'hésite pas à rejoindre sa fille pour la soulager et l'accompagner. Mais pour ne rien oublier de sa vie et de ses rebondissements, Mei-Li la raconte à Fan-Fan, sa petite-fille.

Je me suis plongée avec plaisir dans cette lecture. L'auteure nous entraîne
avec brio dans son pays natal, relatant avec autant de précision les événements politiques et sociaux de cette période que la vie quotidienne et les gestes qui l'accompagnent.
La construction de ce roman est vraiment intéressante : les chapitres alternent entre deux époques, celle de l'enfance et la jeunesse de Mei-Li, racontée par cette dernière, et celle de la jeunesse de Fan-Fan, qu'un narrateur omniscient prend en charge, relatant par là-même la vieillesse de Mei-Li. La relation chaleureuse entre la grand-mère et sa petite-fille baigne l'ensemble de ce roman à travers les chapitres que  Mei-Li prend en charge et confère à son personnage  une aura maternelle et protectrice rare.
Les événements politiques bousculent la vie de ce pays et le quotidien des habitants, les plongeant fréquemment dans la pauvreté voire la misère. Mais face à ces aléas de la vie, le personnage de Mei-Li insuffle à son entourage un calme à toute épreuve et un soutien indéfectible. A travers sa cuisine et ses potions miraculeuses, elle soigne et cajole sa famille et ses proches. Nombreux sont les poèmes traditionnels qu'elle raconte à ses petits-enfants, afin d'illustrer leur quotidien et le comprendre.

J'ai été happée par cette histoire, tant du point de vue historique que fictionnel. Wei-Wei nous permet d'avoir une vue d'ensemble sur les événements qui ont marqué son pays d'origine des années 1920 aux années 1980 et lève ainsi le voile sur les conséquences du régime politique et du gouvernement maoïste sur les Chinois. En parallèle, elle offre à son lecteur une poésie du quotidien, notamment en cuisine, qui contrebalance la dureté de l'histoire.
J'ai lu avec horreur les punitions infligées aux opposants au régime, mais aussi certaines traditions ancrées dans l'imaginaire collectif mais dont les raisons sont parfois obscures (je pense
notamment aux pieds bandés), voire les obligations faites au peuple pour le régime, tel l'envoi de jeunes diplômés dans la campagne chinoise au nom du gouvernement, et l'obligation faite aux parents de plusieurs enfants (alors que la politique de l'enfant unique n'était pas encore en place), de choisir lequel de leur enfant échapperait à ces durs labeurs et continuerait ses études...
Un roman à la force rare, alternant fiction et histoire, et qui a le mérite d'immerger totalement son lecteur.  Pour ma part, j'ai eu du mal à en sortir.... J'ai encore en tête les tisanes de gingembre que Mei-Li prépare à diverses occasions pour soigner ses petits-enfants...

Je tiens à remercier 47286519et les Editions Capture pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat et cette belle découverte !

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18 mai 2010

Le souffle des Marquises, Muriel Bloch et Marie-Pierre Farkas

9782350211046FSLes romans qui mêlent fiction et histoire ? J'adore ! Les romans qui mêlent fiction et histoire pour les jeunes ? Je suis prudente quant à la qualité, mais quand elle est au rendez-vous, je ne peux que m'incliner...

Éléonore est née à Lille en 1852. Dotée d'une sensibilité musicale exceptionnelle récusée par son père, la jeune fille est envoyée chez sa tante à Paris pour débuter son apprentissage de lingère. Elle repère très vite, rue Saint Georges, la boutique de monsieur Sax, remplie de cuivres en tous genres. Téméraire, la jeune fille se travestie en garçon pour travailler dans les ateliers de cet inventeur d'instruments de musique. Sa supercherie découverte, elle intègre alors la fanfare des Tourterelles, uniquement composée de femmes, et dirigée par le frère de monsieur Sax. Débute alors pour la jeune fille une vie remplie de rencontres et de musique à Montmartre.
Mais les événements de la Commune viennent bouleverser ce fragile équilibre... Et lorsque l'Exposition Universelle est organisée à Paris en 1878 et qu'un trompettiste américain entre dans la vie d'Éléonore, tout chancelle...

Je me suis laissée entraîner dans le tourbillon de cette intrigue, vibrant au son des cuivres de la fanfare féminine des Tourterelles. Muriel Bloch et Marie-Pierre Farkas mêlent avec brio l'histoire de la France au 19e avec l'histoire du saxophone et autres cuivres, le tout au service d'une intrigue fictive haute en couleurs. Il est rare, dans un roman, que le thème de l'histoire de la musique et de ses instruments soit abordé. Pour ma part, il me manquait des jalons pour me repérer dans ce domaine, jalons construits grâce aux détails historiques de ce roman, précis sans être lourds. C'est le principal atout de ce roman, à mon sens : s'engager dans une voie que peu empruntent et le faire sans didactisme aucun.
Les personnages ont une psychologie suffisamment développée pour permettre au lecteur une identification certaine.  Eléonore est une jeune héroïne courageuse, portée par son amour de la vie et de la musique. Sur son parcours, elle croise de nombreux mentors qui sauront la guider dans ses choix et l'aider à affermir son caractère et ses convictions politiques pour ne pas se perdre dans l'obscurité des affrontements de la Commune. Aux personnages imaginés par l'auteur se superpose les figures historiques de cette époque, comme Hector Berlioz, Alexandre Dumas ou encore Napoléon
III.

L'intrigue de ce premier opus est intéressante et imprévisible, la lecture est très fluide et les années filent pour le personnage d'Éléonore, au gré de l'Histoire et de ses rencontres. Il fait bon vivre à Montmartre en compagnie de ces personnages mélomanes et bohèmes.
Pour ma part, je continue mon voyage à la Nouvelle-Orléans avec Le Swing des Marquises, où Éléonore... Mais chut !  Je n'en dirai pas plus !
J'inscris bien entendu cette lecture dans le Challenge Des notes et des mots d'Anne
challenge-Des-notes-et-des-mots-4
Je tiens à remercier chaleureusement Camille et les éditions naive pour l'envoi de cette série. Quelle belle découverte ! Pour jeter un œil sur leur site, c'est par ici, et pour voir leur page Facebook, consacrée uniquement aux livres, c'est par là !

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15 mai 2010

La cité perdue de Z, David Grann

9782221112076FSAvis aux amateurs d'Indiana Jones et autres archéologues en quête de civilisations oubliées : La cité perdue de Z est fait pour vous ! Je n'y ai moi même pas résisté...

En 1925, le monde perdait la trace de Percy Harrison Fawcett, un explorateur anglais passionné par l'Amazonie et ses trésors cachés. Toute sa vie durant, cet homme, d'une constitution hors du commun, a tenté de découvrir une civilisation antique dans l'immensité de la forêt amazonienne. Cette cité, qu'il baptisera "Z", sera le point de départ de bons nombres d'explorations périlleuses. Armé d'une machette et s'aidant d'une boussole et de cartes, l'explorateur est de ceux qui préfèrent une équipe restreinte, sans animal de trait ni technologie, pour s'enfoncer dans la forêt. D'un tempérament passionné, Fawcett sera parfois considéré comme tyrannique par ceux qui l'accompagnent et qui n'ont pas sa résistance  face aux dangers de cet environnement.
Malgré de nombreuses expéditions toutes aussi périlleuses les unes que les autres, celle de 1925 sonnera le glas pour Fawcett : l'Amazonie et ses dangers prendront le dessus sur l'homme et ceux qui l'accompagnent. La disparition de l'explorateur mondialement connu passionnera les foules et bon nombres d'expéditions seront menées pour le retrouver.
En 2004, près de quatre-vingts ans plus tard, le journaliste new-yorkais David Grann se plonge avec ferveur dans l'histoire de Fawcett et décide de se lancer sur ses traces et tenter de comprendre ce qui lui est arrivé...

Êtes-vous prêts à plonger en plein cœur de l'Amazonie et vivre au rythme des expéditions de Fawcett ? Ce documentaire est absolument incroyable ! Moi qui aimais bien les aventures d'Indiana Jones, aussi bien pour leur aspect archéologique (bien que fictif) que pour le côté périlleux de l'exploration, j'étais à dix mille lieues de penser à tout ce qu'impliquait une expédition dans des contrées inconnues.
Le côté hostile de la nature ne m'avait bien sûr pas échappé, même si j'étais loin de me douter du nombre de dangers qui guettaient un explorateur, notamment avec les insectes (entre les asticots qui grandissent sous la peau, les tiques qui font infecter les plaies, les nuées de moustiques qui piquent chaque centimètre carré de peau qui dépasse...), la forêt elle-même (les marécages plein de piranhas mais aussi de poissons tout petits qui s'insèrent dans les orifices corporels et s'accrochent à la peau en vidant l'organisme de son sang....) ou encore les peuplades qui vivent reculées dans la forêt et regardent arriver avec méfiance des explorateurs.
David Grann emmène le lecteur entre le passé et le présent, relatant avec beaucoup de précision l'étendue des recherches menées au début du XXe par divers explorateurs, dont Fawcett. Le récit des expéditions du célèbre explorateur, très détaillé grâce aux multiples références que l'auteur a pu glaner au fil de ses recherches, permet au lecteur de s'immerger complétement dans le projet fou de découvrir cette mystérieuse cité. Le lecteur n'attend qu'une seule chose : savoir si oui ou non Fawcett avait raison de croire en l'existence de vestiges d'une civilisation en plein cœur de l'Amazonie, et si David Grann, qui s'enfonce lui même dans cette forêt hostile près de quatre-vingts ans après, en trouvera la trace.

Je n'ai pas pu lâcher ce livre, encore une fois, passionnée par le récit de la vie de cet homme à la volonté hors du commun et par l'engouement qu'il a su faire susciter à son égard au fil des années. David Grann a réalisé ici un travail de recherche considérable et nous donne à lire un récit extrêmement documenté, tant historiquement que scientifiquement. A lire pour en savoir plus sur cet explorateur génial autant que monomaniaque, mais aussi en apprendre un peu plus sur l'histoire de la cartographie d'une partie de l'Amérique latine et les progrès techniques de cette époque.

Sans_titre_2J'avoue, nouveau coup de cœur pour cette année, le septième. Je n'ai pas su résister ni au travail fourni par David Grann pour la rédaction de ce livre, ni aux références bibliographiques très précises qu'il indique en fin d'ouvrage ni à la forme qu'il a choisie pour nous relater le fruit de ses recherches.
Je remercie 47286519et logo pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat. 

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07 mai 2010

L'héritage Boleyn, Philippa Gregory

9782809801750FSJe n'ai pas su résister à ce roman historique, et ce, pour deux raisons : tout d'abord parce qu'il a été écrit par Philippa Gregory, que je ne connaissais pas avant de savoir qu'elle était l'auteure de Deux sœurs pour un roi, dont j'avais beaucoup apprécié l'adaptation cinématographique ; ensuite parce que l'intrigue se déroule à la cour d'Henry VIII, en Angleterre, et que j'adore ce pays et son histoire. Pour combler mes lacunes dans ce domaine, je me suis donc lancée avec plaisir dans la lecture de ce roman historique !

Angleterre, 1539. Henry VIII s'unit avec Anne de Clèves afin de faire alliance avec les Protestants, en ces temps troublés. Sa jeune épouse, la quatrième après Catherine d'Aragon, Anne Boleyn et Jane Seymour, a beaucoup de difficultés à s'adapter à la vie de la cour, troublée par la barrière linguistique qui l'isole du monde qui l'entoure. A ses côtés, Jane Boleyn, belle-soeur par alliance d'Anne Boleyn, la seconde dans le monde impitoyable de la cour, accompagnée par Catherine Howard, une jeune fille d'une fraîcheur dangereuse... Dans cet univers où chacun tente de s'approcher du pouvoir, les femmes subissent, en silence, les manigances et autres complots.

L'héritage Boleyn est un très bon roman historique dans lequel la part fictionnelle est  somme toute relative : Philippa Gregory centre son propos sur les événements historiques et les relate avec beaucoup de précision ( bien que le résultat soit en définitive une fiction). Le lecteur s'immerge alors dans ces temps troublés de conflits religieux qui prennent vie sous la plume de cette auteure.
L'alternance des points de vue dans chacun des chapitres offre une perspective de lecture dynamique. Les trois femmes principales de ce roman - Anne de Clèves, Jane Boleyn et Catherine Howard - prennent en charge, chacune leur tour, un pan de l'intrigue. Philippa Gregory a le talent de nous faire oublier que derrière le récit de ces événements se cache un écrivain qui s'inspire d'éléments historiques. Le choix de donner la parole à trois femmes dans ce roman permet de mettre en parallèle leur rôle dans l'Histoire, souvent relégué au simple statut de machine à fabriquer des héritiers pour la couronne. Malgré leurs caractères ou leurs désirs, les trois personnages principaux ne sont finalement que des pions entre les mains d'un souverain tyrannique s'il en est, inconstant et à tendance paranoïaque. M'intéressant ces derniers temps à la condition féminine dans l'Histoire,
j'ai passé un très bon moment de lecture, me penchant sur ce pays que j'aime tant.

Je remercie 47286893 et les éditions logo pour ce roman reçu dans le cadre d'un partenariat.

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28 avril 2010

La dernière enquête du chevalier Dupin, Fabrice Bourland

9782264049162FSA l'occasion du Festival Quais du Polar de Lyon, j'ai eu le plaisir d'assister à une conférence hommage à Sherlock Holmes en présence de plusieurs auteurs, dont Fabrice Bourland, qui s'est intéressé, dans un de ses romans, à l'œuvre de Doyle.
C'est à cette occasion que j'ai pu discuter avec lui et découvrir ce roman, pastiche d'Edgar Poe, et mettant en scène son célèbre chevalier Dupin.

Paris, 1855. Le poète Gérard de Nerval est retrouvé pendu aux grilles d'une sordide rue. Certains attestent un suicide, arguant la santé mentale défaillante de l'auteur, tandis que d'autres crient au meurtre.
Le chevalier Dupin est dépêché sur place pour enquêter, aidé par un ami, le narrateur de cette histoire. Et ses découvertes vont très rapidement dépasser son entendement.

D'une lecture très rapide, ce roman est un régal. La plume de Fabrice Bourland est d'une fluidité rare et ses phrases s'enchaînent sans lourdeur.
L'intrigue en elle-même est à la fois mystérieuse et fascinante : qu'en est-il réellement de la mort du célèbre poète ? Et que viennent faire un corbeau observateur et une momie égyptienne
dans cette histoire
?
Le personnage du chevalier Dupin est égal à lui-même, à la fois suffisant, comme tout grand détective, et intrigant, pour le lecteur comme pour le narrateur. Ses observations, pertinentes et logiques, s'écoulent lentement au fil de la narration, permettant ainsi de rythmer le suspense du roman et d'orienter progressivement l'intrigue dans une direction originale.
Fabrice Bourland amène son lecteur à franchir les frontières entre fiction et réalité en faisant réfléchir son Dupin à la mort mystérieuse de Poe, le créateur originel de ce personnage.
Une excellente découverte que ce roman et ce auteur ! Moi qui n'étais pas très portée sur les pastiches, les jugeant souvent de qualité inférieure à l'œuvre dont ils proviennent, j'ai passé un très bon moment de lecture.
Je vais poursuivre ma découverte de Fabrice Bourland avec Le fantôme de Baker Street, acheté également à son stand à Quais du polar !

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03 avril 2010

Kaamelott tome 1 L'Armée du Nécromant, Alexandre Astier, Steven Dupré

9782203370159Connaissant bien la série télé Kaamelott, j'ai eu envie de me pencher d'un peu plus près sur la BD qui en est née...

Alexandre Astier, qui joue le rôle du Roi Arthur dans la série télé, a pris la direction de ce projet et en a écrit le scénario.

Dans ce premier tome, Arthur et ses chevaliers sont confrontés à des zombis assez inoffensifs car esseulés. Mais pour éviter qu'ils ne surgissent en nombre et tâcher d'y remédier, les chevaliers de la Table Ronde partent à la recherche des origines de ce mal... Moult péripéties les attendent
en chemin ...
9782203370159_pg
Autant vous le dire tout de suite, cette adaptation en BD est vraiment très réussie ! L'idée de proposer des scénarii inédits permet aux aficionados de la série télé de ne pas être frustrés et aux autres de se plonger avec plaisir dans cet univers.

Ce premier tome présente Kaamelot comme nous ne l'avons jamais vu et permet de tirer partie des illustrations et des textes pour faire naître un humour vraiment appréciable.
Les personnages sont très drôles, les répliques souvent cinglan
tes et les quiproquos nombreux. L'absurde règne parfois, au milieu de l'incompréhension des personnages. Les illustrations sont très réussies et permettent de s'immerger dans cette époque avec le brin de loufoquerie propre à Alexandre Astier et son équipe.

N'hésitez pas pour cette lecture, très rapide et vraiment bien menée ! Moi je m'attèle avec plaisir au deuxième tome !

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02 avril 2010

Princesse de l'ombre, Indu Sundaresan

Princesse_de_l_ombre_m_1266937049Voilà un roman à la première de couverture vraiment magnifique (et pourtant, je ne m'attache  pas à l'aspect des livres en général...)

Inde, 1631. L'impératrice Mumtaz Mahal vient de mourir en couche, laissant son mari, l'empereur Chah Jahan, régner seul, entouré de ses sept enfants. Fou de douleur, celui-ci décide de construire un mausolée à la mémoire de celle qui a partagé sa vie, un mausolée en marbre blanc, un mausolée de lumière... Le futur Taj Mahal.
Accablé de chagrin, l'empereur décide de se retirer du pouvoir, laissant à l'un de ses fils le soin de gouverner, et gardant auprès de lui, ses deux filles en âge de se marier. Entre les frères, les animosités font rage pour accéder au trône, tandis que Jahanara et Roshanara, les deux sœurs, mènent une lutte silencieuse pour conquérir le même homme.

J'attendais beaucoup de cette lecture, adorant l'Inde et la littérature qui lui est consacrée. Et je dois dire que je n'ai pas vraiment été emballée. Sous couvert d'une fresque historique pourtant très documentée, Indu Sundaresan ne parvient pas à donner à son roman une dimension individuelle. Les personnages sont certes bien esquissés mais le roman file sans qu'elle nous donne réellement à voir leur quotidien ou leur intériorité. Les années s'égrainent au fil des chapitres, s'intéressant en premier lieu à la construction du fameux mausolée, et donnant à voir très rapidement l'évolution des personnages.
Très centré finalement sur les événements historiques, ce roman se compose d'une part fictionnelle vraiment minime. Au cours de ma lecture, j'ai eu uniquement l'impression de lire un roman historique se penchant sur cette période qu'une fiction se fondant sur un pan du passé et brodant sur les événements personnels autour, comme le laisse sous-entendre le résumé de la quatrième. Au final, peu de détails sur l'Inde, ses coutumes ou encore ses mœurs et les personnages et leurs histoires individuelles...

J'ai néanmoins passé un bon moment de lecture, connaissant peu le contexte socio-historique de la construction du Taj Mahal, mais je dois avouer que ce roman ne m'a pas vraiment captivée...

Logo__2_J'inscris bien évidemment cette lecture dans le cadre de notre Challenge Bienvenue en Inde.

D'autres avis de blogolecteurs : Hilde, Tinusia et Latite.

Je remercie 47286893 et les éditions MICHELLAFON pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat.

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06 mars 2010

Natures mortes au Vatican, Michèle Barrière

9782253125167FSAyant vraiment apprécié Meurtres à la pomme d'or de Michèle Barrière, je me suis précipitée sur la suite des aventures de François, le héros de ce premier opus...

Le roman débute à Rome, en 1570. François, qui a fui Montpellier, est secrétaire particulier du cuisinier du Pape, Bartolomeo Scappi. Il aide ce dernier à la rédaction d'un recueil de recettes.
Mais le calme est de courte durée : le célèbre peintre Arcimboldo est enlevé, tandis que François est la proie d'un horrible chantage. Lorsqu'une fête se transforme en massacre de jeunes filles, François décide d'intervenir...

Encore une fois une lecture agréable et très rapide. Michèle Barrière nous transporte avec brio dans cette Italie de la Renaissance,  faisant côtoyer aux personnages réels des protagonistes de sa création.
La cuisine tient toujours une grande place dans ce roman dit gastronomique, et nombreuses sont les explications culinaires et les recettes. L'intrigue en elle-même n'est pas forcément ce qui m'a le plus séduite, mais j'ai aimé néanmoins cette quête à travers l'Italie et ses mystères.
J'ai passé un très bon moment de lecture, me plongeant avec plaisir dans cette époque et ses coutumes...

A la fin du roman, encore une fois, un carnet de recettes d'époque, mais aussi un dossier sur les lieux et les personnages évoqués, ainsi qu'une bibliographie sélective pour approfondir sur le sujet...

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21 février 2010

Meurtres à la pomme d'or, Michèle Barrière

9782253125143FSJe viens de terminer mon premier roman gastronomique (catégorie littéraire dont j'ignorais l'existence avant de participer au Challenge A lire et à manger de Chiffonnette !!) : Meurtres à la Pomme d'or de Michèle Barrière, historienne militant pour allier le plaisir de la table au respect de l'environnement et de la production agricole en faisant partie du mouvement "Slow Food".

L'intrigue débute à Montpellier en 1556. François, étudiant en médecine dans la prestigieuse Université de la ville, est passionné de cuisine. Délaissant ses études, il s'intéresse davantage aux nouvelles épices et aux condiments qui font leur apparition en France.
Mais d'étranges meurtres inquiètent la ville : de malheureuses victimes, sans lien apparent entre elles, meurent empoisonnées dans d'affreuses souffrances, le corps recouvert de tâches jaunes...
Quand Laurent Catalan, l'aphothicaire d'origine juive qui loge François, est accusé de ces crimes, le jeune homme décide de mener l'enquête.
Dans un climat de suspension religieuse, François et Felix, son acolyte et futur médecin, vont enquêter jusqu'en Italie pour résoudre ce mystère...

Très agréablement surprise par ce roman, je l'ai été encore plus en découvrant le carnet de recettes de la Renaissance en fin d'ouvrage !
Le jeune François nous entraîne dans une aventure haute en couleurs où la cuisine et les mets ont le beau rôle. Entre la gastronomie française et italienne de cette époque, le lecteur est transporté dans des descriptions qui donnent l'eau à la bouche ! Les détails historiques et gastronomiques sont nombreux, complétant l'intrigue sans lourdeur.
Les personnages sont attachants, l'époque bien retranscrite. L'intrigue en elle-même sert plus, selon moi, de prétexte aux personnages à voyager et découvrir de nouvelles saveurs.  Mais qu'importe ! La plume de Michèle Barrière nous entraîne avec brio dans cette époque fascinante qu'est la Renaissance... Je ne vais m'arrêter là : je viens d'acheter Souper Mortel aux étuves et Natures mortes au Vatican, en attendant la sortie de son prochain opus en avril : Meurtres au potager du Roy...
La critique de Latite, qui m'a conseillé ce livre, et que je remercie !!
338856901

Et parce que cette lecture s'inscrit dans le cadre du Challenge A lire et A manger de Chiffonnette voici deux recettes extraites de ce roman gastronomique !!

La Dariole

Pour 6 personnes :

*1 fond de tarde brisée
*
6 jaunes d'œufs
*50 gr de crème épaisse

*200 gr de sucre en poudre

*1 cuillère à café de cannelle

*1 cuillère à soupe de gingembre en poudre

*5 filaments de safran

Faire cuire le fond de tarte à blanc garni de haricots secs pendant 15 min à 200° (Th.7)
Battre les jaunes d'œufs avec le sucre.
Ajouter la crème et les épices.
Garnir le fond de tarte de ce mélange et faire cuire pendant 30 min à 180°.

L'Hypocras

Dans 1 litre de vin (blanc pour l'apéritif, rouge pour le dessert), ajouter 20 gr de gingembre frais pilé, 1 clou de girofle écrasé, 1 cuillère à café de cannelle et 100 gr de sucre.

Mixer pour bien dissoudre le sucre.
Laisser macérer 2h* puis filtrer...
Boire frais.

P1000295

Verdict : l'hypocras est une boisson divine que j'avais déjà eu l'occasion de boire à Lyon dans un resto médiéval et je suis bien contente d'en avoir la recette ! A refaire l'été et à boire bien frais !! Nous l'avions fait avec du vin blanc (c'est évident vue la photo), et laissé macéré 24 heures, comme dans le roman. Ce n'en est que meilleur : les épices ont parfumé le vin à souhait... Quant à la tarte, c'est un dessert un peu lourd et surtout fort en safran... Je ne pense pas la refaire, mais j'étais contente de tester !!

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17 février 2010

Murena chapitre premier : La pourpre et l'or, Dufaux, Delaby

25783418_5452062Conseillée par Anneso, j'ai donc acheté le premier tome de la série Murena, une BD historique. Et je ne suis pas déçue !!

Rome, mai 54. L'empereur Claude prépare sa succession, hésitant entre son fils adoptif, Néron, né de son union avec Agrippine, et son propre fils, Britannicus, qu'il a souvent délaissé au profit de Néron.
Derrière lui se trament maints complots pour que ces enfants accèdent au pouvoir. Le jeune Néron, aidé de sa mère, va tout faire pour  y accéder, tandis que Claude tente de faire de son fils naturel son successeur...

Agréable surprise que cette BD qui relate l'Histoire de Rome à cette époque.  Les illustrations sont très réussies, rythmant l'intrigue tel un film, les personnages sont bien esquissés, la lecture en est rapide.                                                                                                                     
La vie quotidienne de
murena_t1s Romains est montrée telle qu'elle était, sans pathos ni transposition de sentiments actuels. Le quotidien était dur et violent, surtout pour les esclaves et les gladiateurs, et cette BD n'épargne pas cette partie de l'Histoire.
J'ai pris beaucoup de plaisir à me replonger dans l'histoire de la Rome antique à travers cette BD très documentée (la bibliographie située à la fin de la BD nous renseigne sur les sources des auteurs).
Un glossaire à la fi
n nous renseigne sur les événements réels de la BD (paroles de personnages, anecdotes, etc.) et rend cette lecture encore plus enricLogo_1hissante.

Bref, une très bonne découverte ! Merci encore Anneso pour cette idée de lecture. Il ne me reste plus qu'à acheter les autres tomes maintenant !

Et voici ma troisième participation au Défi Au cœur de la Rome Antique.

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