Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

15 décembre 2010

La Tour noire, Louis Bayard

9782749113234FS

Présenté comme " le meilleur thriller de l'année " par le Washington Post et encensé par la critique Outre-Atlantique, La Tour noire est le second roman du journaliste américain Louis Bayard publié en France.

Paris, 1818. Hector Carpentier, étudiant en médecine, est accusé du meurtre d'un homme qu'il n'a jamais vu. Dans la poche de la victime, le nom et l'adresse du jeune étudiant sont inscrits sur un papier. Appréhendé par le célèbre Vidocq, le jeune homme est embarqué  à son insu dans une intrigue politique haletante. Alors que le contexte politique et social du pays est trouble, certains semblent douter du décès du Dauphin, Louis XVIII, à la prison du Temple...

Cette lecture m'a déroutée dès les premières pages par son style. A mi-chemin entre le témoignage et la confession, le début du roman m'a vraiment surprise. Le narrateur - Hector Carpentier - s'adresse directement au lecteur, procédé que je déteste, tant il empêche de s'immerger complètement dans l'intrigue. Le héros raconte donc son histoire à un "vous" qui n'est autre que le lecteur. Le roman alterne entre cette confession du héros et un autre narrateur (dont on apprend au fil de la lecture l'identité) qui relate les conditions d'un détenu dans une prison.

Passé cette première impression peu encourageante, j'ai été agréablement surprise par cette lecture. Car malgré cet effet de style qui m'a dérangée, je suis néanmoins rentrée dans ce roman tant l'auteur déploie de connaissances intéressantes sur cette période. A partir d'un point trouble de l'Histoire - la mort présumée du jeune Dauphin dans sa geôle sans que l'on ait retrouvé sa dépouille - Louis Bayard brode une fiction haletante au rythme trépidant. L'intrigue est bien construite, les personnages  sont certes peu esquissés mais sans être caricaturaux (notamment Vidocq) et le rythme rapide. Malgré une fin un peu rocambolesque et qui aurait mérité, peut-être, un développement plus important, j'ai passé un bon moment avec ce roman.

Je remercie 53811911_p et Les Éditions Le Cherche-midi pour cette lecture reçue dans le cadre d'un partenariat

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03 novembre 2010

Souper mortel aux étuves, Michèle Barrière

souper_mortel_aux_etuvesDeuxième roman noir et gastronomique écrit par Michèle Barrière, Souper mortel aux étuves est ma quatrième lecture de cette auteure, après Meurtre à la pomme d'or, Meurtre au Potager du Roy et Natures mortes au Vatican.

Paris, 1393. Alors que son mari vient de se faire assassiner dans de glauques étuves - lieu de plaisir et de luxure - la jeune Constance décide de tout mettre en œuvre pour démasquer le meurtrier.
Pour mener à bien son projet, la jeune femme décide de se faire engager aux cuisines des étuves. Sur la piste des faux-monnayeurs sur lesquels enquêtait son mari, Constance va redoubler d'effort pour ressembler à une innocente et pauvre cuisinière. Mais elle n'est pas au bout de ses surprises ! Dans ce lieu de débauche où le sexe et l'argent sont rois, l'ingénue jeune femme va faire des découvertes qu'elle n'est pas prête d'oublier..

Encore une fois, j'ai été transportée dans l'univers décrit avec brio par Michèle Barrière. Ses connaissances sur Paris au Moyen Age (et sur Bruges aussi...), permettent au lecteur de s'immerger complètement dans les mœurs et la vie quotidienne de ses personnages.
J'ai appris ainsi (honte à moi !) que l'eau n'avait pas encore cette malheureuse réputation que le siècle des Lumières lui a attribuée - celle de transmettre tous les maux - et qu'il n'était pas rare de se laver à Paris, en ce XIVe siècle (d'où les étuves, plus ou moins bien famées).
La gastronomie tient bien entendu une place de choix dans cette nouvelle intrigue très bien ficelée et nous permet d'avoir un bel aperçu des traditions culinaires de cette époque. Le personnage de Constance, novice en cuisine, permet à Michèle Barrière de nous introniser dans le milieu culinaire de cette fin du XIVe. Entre blanc-manger et dariole, j'ai salivé au fil des pages...
On apprend aussi quelques mots disparus aujourd'hui, comme "boutonner" qui signifie "piquer de clous de girofles", "parboulir" qui désigne le fait de "faire bouillir un court instant la viande avant de la rôtir", "détremper" qui est un synonyme de "mouiller avec du vin ou du verjus" et "souffire" qui renvoie à une cuisson douce dans de l'huile ou du saindoux.
Un rythme rapide, une intrigue très bien menée et une ambiance moite à souhait dans ces étuves, font de Souper mortel aux étuves
un roman très agréable à lire !
Le cahier de recettes médiévales à la toute fin, ainsi que les détails sur chacune des catégories d'aliments complètent une lecture fort instructive (on apprend ainsi que les légumes avaient la réputation de transmettre des maladies car ils venaient de la terre ou encore que le bœuf n'avait pas le droit de cité sur les tables dans la mesure où il était considéré comme un outil de travail pour le transport et l'agriculture).

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J'ai fait cette lecture dans le cadre du Challenge Juste pour Lire de Mylène. Je l'ai lu, entre autres, durant deux de mes sessions de lecture de 3 heures (comme annoncé ici).



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12 octobre 2010

Le Projet Bleiberg, David S. Khara

couv_4Il ne m'aura fallu qu'une après-midi pour dévorer le nouveau roman de David S. Khara (qui nous avait alléchés lors de ma petite interview du 10 septembre...), le tant attendu Projet Bleiberg. Et le résultat dépasse de loin ce que j'imaginais !

Jeremy Novacek est un jeune trader New Yorkais alcoolique et dépressif. Un matin, après un ultime réveil rendu difficile par l'alcool, il reçoit la visite de deux émissaires de l'armée venus lui annoncer le décès de son père, ancien pilote de l'US Air Force dont il n'a plus eu de nouvelles depuis sa plus tendre enfance. Parti annoncer cette triste nouvelle à sa mère dans la maison de santé où elle perd peu à peu l'esprit, le jeune homme se retrouve en possession d'une étrange clé marquée d'une croix gammée.
Entre passé et présent, Histoire et actualité, Jeremy va tenter de comprendre pourquoi son père a mystérieusement disparu quand il était jeune et ce qu'il avait découvert lors de la Seconde Guerre mondiale, qui pourrait menacer l'Humanité actuelle.

Bien loin de son premier roman, Les Vestiges de l'Aube, qui traitait de vampires, David S. Khara nous entraîne avec ce nouveau roman dans une histoire palpitante servie par un rythme trépidant. Aucun temps mort dans l'action, les événements s'enchaînent à une vitesse vertigineuse, ne laissant au lecteur que peu de temps pour les assimiler. La psychologie de ses personnages est fine et vraisemblable et permet une identification certaine.
Encore une fois, David S. Khara fonde son intrigue sur une réalité historique qu'il teinte brillamment de fiction (c'est même précisé en préambule, mais je n'ai pas pu m'empêcher d'aller vérifier au cours de ma lecture si certains personnages étaient fictifs ou non...) A partir de cette période noire de l'Histoire, la Seconde Guerre mondiale, il brode une fiction à la fois effrayante et pourtant réaliste, à la lumière de la folie humaine. Je ne serai pas plus prolixe pour ne pas dévoiler la clé de cette intrigue.

Bref, une excellente lecture qui m'a plongée au cœur des services secrets et des machinations  pol
iSans_titre_2tiques et idéologiques, le tout teinté d'humour ! Quoi de plus mérité que le titre de treizième coup de cœur de cette belle année 2010 ?
Merci David S. Khara pour ce roman (au sens propre comme au figuré...),  merci de m'avoir permis de le découvrir au plus vite. Continue de nous faire rêver avec ta plume si fine et tes intrigues toujours bien menées.

"Dans cet univers absurde, l'ignorance protégeait le sommeil et prolongeait l'espérance de vie." (p.11)

"Prenons un shaker. Versons-y une pointe d'Air Force, une lampée de CIA, deux doigts de Suisse et un zeste de Nazi. On obtient un cocktail que je suis curieux de goûter." (p.43-44)


Pour la plaisir, je vous remets la bande-annonce de ce roman :

                           


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29 septembre 2010

Rentrée littéraire #2 Quand blanchit le monde, Kamila Shamsie

9782283024454FSDeuxième roman reçu cet été dans le cadre de la sélection adhérents Fnac, Quand blanchit le monde est le cinquième roman de l'écrivaine Kamila Shamsie, et a été finaliste du prix Orange en 2009 en Grande-Bretagne.
Exceptionnellement, je cède la place aux éditions Buchet Chastel pour le résumé de ce roman :

"Quand le 9 août 1945 au matin, Hiroko Tanaka sort sur sa terrasse en kimono aux motifs d'oiseaux, elle est enivrée par le bleu du ciel de Nagasaki, son coeur bat à tout rompre. Sur ses lèvres, elle a encore l'empreinte de celles de Konrad Weiss, son amant allemand, et à ses oreilles résonne toujours sa demande en mariage. Mais, à peine née, leur histoire s'achève déjà.
Car, d'un coup, le monde blanchit... Contrairement à Konrad, Hiroko survit à la bombe atomique, et les graves brûlures sur son dos prennent alors la forme de grands oiseaux noirs qui lui rappelleront toute sa vie ce qu'elle a perdu..."

Roman fleuve s'il en est, Quand blanchit le monde est un livre dont on ne sort pas indemne. Je l'avais sélectionné pour qu'il fasse partie de la sélection des adhérents de la Fnac, mais d'autres ont eu ce privilège à sa place. C'est bien dommage...
D'une écriture poignante, Kamila Shamsie nous entraîne dans le sillage de ses personnages, au gré des pays et des époques, chacune apportant son lot de tragédies intimes et de joies partagées.
Très dense, ce roman est absolument bouleversant tant dans son intrigue que dans la façon dont l'auteure la relate. On tourne les pages en retenant se respiration, en priant à chaque instant que les personnages soient épargnés et leurs souffrances amoindries.
Je ne vous le cacherai pas, c'est un roman qui peut parfois être dur car les sujets abordés sont à la fois actuels et universels car historiques et nous atteignent de plein fouet sans prévenir. Mais quel plaisir ! Quelle force ! Quelle poésie au détour de chacune de ces pages !
Du Japon à l'Inde en passant par les États-Unis et l'Afghanistan, de la Seconde Guerre mondiale à nos jours, l'intrigue se déroule avec fougue sous nos yeux, riche en détails sur chacun de ces pays et leurs traditions.
Que dire de plus si ce n'est que ce roman est une excellente découverte à laquelle je ne me serais peut-être pas intéressée au détour d'un rayon ?

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21 septembre 2010

Soie, Alessandro Baricco

9782226088819FSCela faisait longtemps que je voulais lire ce court roman d'Alessandro Baricco, publié pour la première fois en France en 1997. Après avoir longuement réfléchi, j'ai décidé de le classer non pas en littérature italienne (où il aurait tout à fait sa place) mais en littérature japonaise, même si l'appellation"littérature sur le Japon" serait plus appropriée (mais dans ce cas là, je ne m'en sortirai pas des catégories !)

1861. Hervé Joncour s'occupe d'acheter et de vendre des vers à soie pour les filatures du petit village de Sud de la France où il vit, paisiblement, avec son épouse.
Alors qu'il commerce d'ordinaire avec des pays méditerranéens, cette année, une dramatique épidémie s'abat sur les vers à soie et leurs précieux œufs.
Pour sauver son village de la ruine, Hervé s'embarque pour le Japon, où, dit-on, les vers à soie sont saufs.
Une fois là-bas, il fait la rencontre d'une jeune occidentale envoûtante...

Qu'il est difficile de ne pas en dire trop ! La longueur de ce roman ne me permet pas de développer outre mesure son intrigue, sous peine d'en dévoiler ce qui fait son essence.
Je vais donc rester évasive, et vous parler plutôt des sensations que j'ai éprouvées durant cette lecture. Beaucoup de plaisir, déjà, à la découverte de la plume de Barrico, imagée et poétique à souhait. Un sentiment bizarre d'immersion totale dans cette intrigue dramatique empreinte de poésie.
Malgré les 120 pages de son roman, Alessandro Baricco nous entraîne dans un univers de lenteur où certains gestes sont décortiqués à l'extrême. Paradoxalement, les années passent rapidement, rythmées par certaines répétitions, tant dans l'intrigue que dans la narration... Je n'en dirai pas plus !
Se plonger dans ce roman c'est comme embarquer avec Hervé Joncour pour le Japon, contrée inconnue et ô combien source de fantasmes au XIXe.
Petit florilège des citations qui m'ont marquée :

"On était en 1861. Flaubert écrivait Salammbô, l'éclairage électrique n'était encore qu'une hypothèse et Abraham Lincoln, de l'autre côté de l'Océan, livrait une guerre dont il ne verrait pas la fin." (p.7)

"Elle pleuvait, sa vie, devant ses yeux, spectacle tranquille." (p.36)

"Elle gardait les lèvres entrouvertes, on aurait dit la préhistoire d'un sourire." (p.53)

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27 août 2010

La samba des Marquises, Muriel Bloch et Marie-Pierre Farkas

sambaDernier tome de la série des Marquises, La Samba des Marquises nous entraîne sur les traces du Jazz et de la samba, entre Paris et Rio...

Oscar, devenu journaliste au Chicago Defender,  décide de tenter sa chance au Brésil. Il part avec Flo, sa fiancée, qui espère retrouver là-bas sa mère, qu’elle n’a jamais connue. Elle a pour cela peu d’indices... seul un précieux collier pourra peut-être la guider jusqu’à elle... Quant à Oscar, c’est sur les traces du fameux bandit Lampião qu’il se lance. Mais cette enquête va lui faire courir bien des risques...

D'une lecture beaucoup plus rapide que les précédents tomes, La samba des Marquises n'a pas su me conquérir comme les deux premiers opus... Il manque de la fraîcheur et de l'originalité dans ce titre, qui semble être le prolongement des deux premiers tomes mais sans les recherches et les précisions de ces derniers.
L'histoire d'un courant musical, extrêmement bien décrit dans Le souffle des Marquises et originalité de cette série, est ici esquissée trop rapidement et souvent noyée dans une intrigue facile et prévisible. La fiction prend  trop le pas sur l'Histoire pour permettre au lecteur d'en savoir un peu plus sur  le Brésil à cette époque, contrairement aux précédents tomes.
Si on retrouve avec plaisir Oscar, le petit fils d'Éléonore, héroïne du premier opus,  je n'ai malheureusement pas réussi à trouver attachant ce personnage, ni sa compagne, Flo, leur trouvant une psychologie stéréotypée trop vite esquissée.
challenge-Des-notes-et-des-mots-4Bref, une lecture qui ne m'a pas vraiment conquise ni donné l'envie de danser la samba ou la capoeira. C'est bien dommage car la série avait très bien commencé à mon goût... Je l'inscris de façon rétroactive au Challenge Des notes et des mots d'Anne.
Je tiens néanmoins à remercier Camille Wilmot  et les éditions naive pour leur collaboration et l'envoi de ce troisième tome de la série des Marquises. 


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12 juillet 2010

Les fables de sang, Arnaud Delalande

9782253128861FSJe poursuis mes lectures autour de Versailles (la troisième depuis quelques semaines !) avec Les fables de sang, le sixième roman d'Arnaud Delalande.

Versailles, 1774. Louis XV se meurt tandis que son petit-fils s'apprête à monter sur le trône. Pietro Viravolta de Lansal, agent secret de Sa Majesté,  protège la couronne et la monarchie. Lorsqu'une fable de La Fontaine lui parvient personnellement, illustrant un crime atroce, Viravolta est sur ses gardes. Un mystérieux Fabuliste menace le nouveau roi et sa jeune femme, Marie-Antoinette, en mettant en scène les fables de  La Fontaine...

Je me suis laissée porter par cette intrigue, digne d'un roman de capes et d'épées, et son rythme endiablé. Histoire et fiction se mêlent avec brio dans un compte à rebours très prenant. L'intrigue en elle-même est assez basique (un complot visant la couronne) mais Arnaud Delalande la porte par sa plume et son imagination. On suit avec plaisir le fil de la pensée de Viravolta et de son ennemi, Le Fabuliste, et leur course-poursuite jusqu'à son paroxysme.
On croise au fil des pages Louis XVI et sa femme, mais aussi les Jansénistes (ça me rappelle une de mes récentes lectures ...) et La Fontaine, par l'intermédiaire de ses célèbres fables, le tout au service de l'intrigue imaginée par Arnaud Delalande.
Le dénouement, porté par une écriture cinématographique, dote l'intrigue d'une certaine originalité... Je n'en dirai pas plus, bien entendu !
Enfin, les descriptions de Versailles sont très riches et permettent de se plonger avec délice dans  le château de cette époque. Les détails historiques étayent l'intrigue sans pour autant noyer le lecteur sous un aspect documentaire. On parcourt avec les différents personnages les jardins magnifiques du château avec l'impression de le visiter grâce aux  descriptions de l'auteur.
Bref, un excellent roman historique qui a le mérite d'avoir un rythme rapide sans pour autant faire l'impasse sur des descriptions vivantes et riches ! De quoi me donner envie de revisiter les Jardins de Versailles très vite !

"La terreur quotidienne du retournement de faveur pouvait pousser des individus a priori sains d'esprit au délire. Le fonctionnement de la Cour était à l'image de la bonne vieille roue de la fortune. Les miroirs de la Galerie renvoyaient à l'infini ces luttes de petits pouvoirs et de grandes douleurs." (p.75)

"La ville inspirait  et expirait comme une asthmatique, mais de manière si forte, si puissante, que de vieille douairière en dentelle , elle pouvait soudain se transformer en ogre capable de dévorer ses congénères. Elle transpirait la crasse autant que la lumière." (p.103)

Je remercie livraddict et LDP pour ce roman reçu dans le cadre d'un  partenariat.

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24 juin 2010

Le swing des Marquises, Muriel Bloch et Marie-Pierre Farkas

9782350211626FSAprès avoir rêvé dans le Montmartre du milieu du 19e avec le premier tome de la série Le souffle des Marquises, je me suis envolée pour la Nouvelle-Orléans, au début du 20e en compagnie d'Eléonore et de sa fille avec Le Swing des Marquises, deuxième opus de cette série.

L'intrigue débute à la Nouvelle-Orléans, où Eléonore et sa fille ont émigré à la recherche de Jim, le trompettiste auquel Eleonore avait succombé à Paris, une dizaine d'années plus tôt. Elles ne tardent pas à le retrouver, mais ce dernier à bien du mal à offrir une vie stable à sa femme et sa fille...
Tandis que le racisme fait rage dans la ville et que les esprits s'échauffent, les deux jeunes françaises poursuivent leur passion pour la musique, au gré des rencontres et des échanges.

Encore une fois, j'ai été complètement charmée par ce roman. L'intrigue entraîne le lecteur à la Nouvelle-Orléans, à Chicago et à New-York, sur fond de jazz et de blues. Tout comme dans Le souffle des Marquises, les précisions sur l'histoire de la musique sont très nombreuses et permettent d'en avoir une vue assez étayée.
Les détails historiques ne manquent pas non plus et permettent de donner une certaine profondeur à cette intrigue romanesque.
Le rythme de l'intrigue est rapide et permet au lecteur de voir grandir sous ses yeux le personnage de Carmel, la fille d'Eléonore, et les différents courants artistiques américains.
Les personnages sout toujours aussi attachants, et leur rencontre avec des personnalités réelles comme Louis Amstrong ou encore la
famille Gershwine, offre une dimension intéressante au roman.
Je pense que pour ceux que ce contexte intéresse davantage, il est possible de lire ce roman indépendamment du premier tome.
challenge-Des-notes-et-des-mots-4Bref, vous l'aurez compris, ces Marquises m'ont complètement séduite ! En véritable ode à la musique et à la tolérance, ce roman est vraiment une petite merveille... Je m'en vais de ce pas lire La samba des Marquises, dernier opus de la série, et inscris tout de suite cette lecture dans le challenge d'Anne, Challenge Des notes et des mots.

Je tiens à remercier une nouvelle fois chaleureusement Camille et les éditions naive pour l'envoi de cette série qui sort vraiment de l'ordinaire !

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05 juin 2010

Meurtres au Potager du Roy, Michèle Barrière

9782253128762FSDepuis que j'ai découvert sur le blog de Latite Michèle Barrière et ses romans noirs gastronomiques, je les dévore tous un par un. Après le 16ème siècle, nous voici plongés au cœur du 17ème, à la cour de Louis XIV...

Versailles, 1683. Alors que Louis XIV affirme sa passion pour les légumes, ses jardiniers cultivent au Potager du Roy de nombreuses variétés nouvelles. Le jour où tous les melons, fruit tant prisé par le monarque, sont vandalisés et un jardinier tué, les jardiniers sont en alertes. Le même crime est commis chez un maraîcher parisien. Benjamin Savoisy, premier jardinier du Potager, se lance alors sur la piste de cet étrange complot qui semble ourdir à Versailles...

Une fois encore, je me suis régalée avec cette lecture. Rapide, extrêmement documenté (une fois encore, un carnet de recettes d'époque se trouve à la fin du roman), Meurtres au Potager du Roy nous plonge au cœur du 17ème siècle à Versailles. L'intrigue est relativement centrée sur les mœurs gastronomiques de cette époque (n'oublions pas que Michèle Barrière est journaliste culinaire !) tout en étant riche de détails historiques.
L'enquête policière est peut-être le bémol de ce roman. Pour ma part, je l'ai trouvée extrêmement prévisible et j'ai été très intriguée de la naïveté du héros de Michèle Barrière. J'ai néanmoins pris beaucoup de plaisir à me plonger dans cette époque et suivre à la fois les caprices culinaires du Roi Soleil, les modes gustatives de cette époque et l'introduction de nouveaux fruits et légumes en France, tels les petits pois, les asperges, ou encore les melons.

Dernier point positif à noter, et non des moindres : le Potager du Roy se visite toujours, à deux pas de Versailles.  L'auteur y a travaillé  quelques semaines pour préparer ce roman. Vous trouverez sur le site internet du Potager du Roi une foule d'informations pour compléter votre lecture.
A noter pour les parisiens, les samedi 2 et dimanche 3 octobre 2010, la grande manifestation 
"Les Saveurs du potager". J'y serai !


"Les écuyers sont les chefs. Ils contrôlent la qualité des plats et la quantité d'ingrédients. Les maîtres queux ont la charge des viandes et de la volaille. Les hâteurs sont ceux qui mettent les viandes à rôtir ou les poissons si l'on est maigre. Les potagers, comme leur nom l'indique, s'occupent des potages qu'ils soient de viandes ou de poissons et des bouillons pour faire les sauces. Les pâtissiers font les pâtés mais aussi les biscuits. Voilà pour la cuisine proprement dite." (p.30)

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28 mai 2010

La couleur du bonheur, Wei-Wei

9782757817537FSJ'avais découvert il y a quelques années la littérature chinoise avec Shan Sa. Curieuse d'en savoir un peu plus sur ce pays et son histoire, je m'étais plongée avec plaisir dans Le Palanquin des Larmes au début de l'année. Donc quand j'ai vu ce roman, je n'ai  naturellement pas hésité à  le découvrir  et connaître ainsi davantage la Chine des années 1920 au milieu des années 1980.

Nous sommes en 1920. Mei-Li est mariée à seize ans à un homme aveugle et impotent qu'elle n'a jamais vu. Elle s'accommodera
de son mariage malheureux en soignant son pauvre époux et en se dévouant aux corvées domestiques.  Malgré de longues années d'abstinence, elle deviendra mère douze ans plus tard et sa petite Bai-Lan sera sans cesse un sujet de réconfort et de joie pour elle.
Lorsque cette dernière, mariée et mère de deux enfants, se retrouve seule après que son mari a été envoyé en camp de rééducation par le régime maoïste, Mei-Li n'hésite pas à rejoindre sa fille pour la soulager et l'accompagner. Mais pour ne rien oublier de sa vie et de ses rebondissements, Mei-Li la raconte à Fan-Fan, sa petite-fille.

Je me suis plongée avec plaisir dans cette lecture. L'auteure nous entraîne
avec brio dans son pays natal, relatant avec autant de précision les événements politiques et sociaux de cette période que la vie quotidienne et les gestes qui l'accompagnent.
La construction de ce roman est vraiment intéressante : les chapitres alternent entre deux époques, celle de l'enfance et la jeunesse de Mei-Li, racontée par cette dernière, et celle de la jeunesse de Fan-Fan, qu'un narrateur omniscient prend en charge, relatant par là-même la vieillesse de Mei-Li. La relation chaleureuse entre la grand-mère et sa petite-fille baigne l'ensemble de ce roman à travers les chapitres que  Mei-Li prend en charge et confère à son personnage  une aura maternelle et protectrice rare.
Les événements politiques bousculent la vie de ce pays et le quotidien des habitants, les plongeant fréquemment dans la pauvreté voire la misère. Mais face à ces aléas de la vie, le personnage de Mei-Li insuffle à son entourage un calme à toute épreuve et un soutien indéfectible. A travers sa cuisine et ses potions miraculeuses, elle soigne et cajole sa famille et ses proches. Nombreux sont les poèmes traditionnels qu'elle raconte à ses petits-enfants, afin d'illustrer leur quotidien et le comprendre.

J'ai été happée par cette histoire, tant du point de vue historique que fictionnel. Wei-Wei nous permet d'avoir une vue d'ensemble sur les événements qui ont marqué son pays d'origine des années 1920 aux années 1980 et lève ainsi le voile sur les conséquences du régime politique et du gouvernement maoïste sur les Chinois. En parallèle, elle offre à son lecteur une poésie du quotidien, notamment en cuisine, qui contrebalance la dureté de l'histoire.
J'ai lu avec horreur les punitions infligées aux opposants au régime, mais aussi certaines traditions ancrées dans l'imaginaire collectif mais dont les raisons sont parfois obscures (je pense
notamment aux pieds bandés), voire les obligations faites au peuple pour le régime, tel l'envoi de jeunes diplômés dans la campagne chinoise au nom du gouvernement, et l'obligation faite aux parents de plusieurs enfants (alors que la politique de l'enfant unique n'était pas encore en place), de choisir lequel de leur enfant échapperait à ces durs labeurs et continuerait ses études...
Un roman à la force rare, alternant fiction et histoire, et qui a le mérite d'immerger totalement son lecteur.  Pour ma part, j'ai eu du mal à en sortir.... J'ai encore en tête les tisanes de gingembre que Mei-Li prépare à diverses occasions pour soigner ses petits-enfants...

Je tiens à remercier 47286519et les Editions Capture pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat et cette belle découverte !

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