Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

20 mars 2013

Le singe de Hartlepool, Lupano et Moreau

Le singe de HartlepoolLe singe de Hartlepool est un album écrit par Wilfrid Lupano et illustré par Jérémie Moreau paru en septembre 2012 chez Delcourt.

1814. En pleine guerre napoléonienne, un navire français fait naufrage au large d'Hartlepool. Unique survivant de ce naufrage, le chimpazé mascotte de l'équipage, affublé de l'uniforme tricolore. Pour les anglais qui n'ont jamais rencontré leur ennemi, nul doute possible : il s'agit d'un français et il doit être traîné en justice !

S'inspirant d'un triste fait réel, cet album aborde avec un humour grinçant la question de l'autre et de la différence. Si la méprise paraît énorme - confondre un singe avec un être humain, pensez donc ! - elle n'en est pas moins le reflet de la bêtise humaine et des conséquences qu'elle peut avoir.
J'ai tellement entendu parler de cette BD ces derniers temps que je ne m'attendais pas tout à fait à cette tonalité d'intrigue. Je la pensais peut-être plus légère, moins tragique. Mais le propos n'en est que plus fort et l'humour plus noir.
Le dessin de Moreau, au trait à la fois précis et paradoxalement flou à certains moments, porte l'absurdité de cette histoire à son paroxysme. Les couleurs, pastels et douces, permettent une ambiance désuète qui semble un temps synonyme d'espoir que cette bêtise cesse. Je n'en dirai pas plus. Une lecture moins légère qu'il n'y paraît mais très belle.

Planche 1D'autres avis sur cet album : Colimasson, Jérôme, Mango, Mo, Moka, Noukette et Yvan.

 

Voici ma 51e participation

 à la BD du mercredi de Mango
  

    Et ma 42e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 18/20)

  Top BD

 

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16 janvier 2013

Thermae Romae T.1, Mari Yamazaki

Thermae Romae TThermae Romae est une série de manga imaginée par Mari Yamakazi comptant actuellement 5 tomes. Petit focus aujourd'hui sur le premier tome de la série, paru en mars 2012 chez Casterman dans la collection Sakka.

Rome, an 128. Lucius Modestus est un architecte un peu démodé qui peine à vivre de ses constructions de bains. Alors qu'un énième employeur décide de se passer de ses services, il se rend aux thermes avec un ami. Mais une fois dans le bassin, il est aspiré par la bonde et manque de se noyer. Quelle n'est pas sa surprise de se réveiller dans un bain au milieu d'inconnus. Lucius ne le sait pas, mais il a atterri miraculeusement dans le Japon d'aujourd'hui, où le bain est un art de vivre. De quoi s'inspirer pour moderniser sa pratique...

Jérôme a loué il y a quelques temps ce manga dans un de ses billets (que vous trouverez ici). Connaissant mon attrait pour la Rome Antique, je ne pouvais que succomber à l'appel de ce projet un peu barré de mélanger cette époque et le Japon d'aujoud'hui.
Le résultat est à la fois étonnant et amusant. Chaque fois que l'architecte Lucius va aux thermes, il se fait aspirer par une bonde et se retrouve dans le Japon du XXIe siècle. L'occasion pour lui de regarder ce que les japonais ont inventé pour le ramener dans son époque ; l'occasion pour l'auteure d'établir un joli parallèle entre les deux peuples et leur attrait pour l'art du bain. Le personnage ne comprend pas, au fil de ses incursions dans notre monde, que l'époque a changé et qu'il appartient au passé et il est amusant de voir son arrogance tout à fait romaine envers les japonais qu'il rencontre.Planche 1
L
e trait de Mari Yamazaki est réaliste, précis et allie les deux époques avec brio. Le chapitrage permet à l'auteure d'insérer dans son intrigue des précisions quant à la Rome Antique, à l'art du bain au Japon, mais aussi quant à sa propre expérience des bains, etc. Ces passages documentaires se glissent naturellement entre deux chapitres et n'altèrent en rien la continuité dans la lecture.
Un premier tome réjouissant, donc, qui me donne envie de connaître la suite malgré un bémol : j'espère que l'auteure variera son schéma narratif. Voir Lucius aller une énième fois aux thermes, se faire aspirer, émerger au Japon, piquer une idée et revenir pourrait être lassant, à la longue. Mais comme la série est prévue en 6 tomes, je pense que cet écueil pourra être évité.

Logo_2Voici une nouvelle lecture pour mon Défi Au coeur de la Rome Antique.

 Et ma 48e participation
à la BD du mercredi de Mango
  

  Et ma 39e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 17/20)

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16 novembre 2012

La maison aux trésors : les petits secrets d'une maison d'autrefois, Jemima Pipe et Maria Taylor

La maison aux trésorsLa maison aux trésors est un album pop-up écrit par Jemima Pipe et illustré par Maria Taylor, paru chez Tourbillon en novembre 2012.

Londres, 1888. Au 51 avenue Orchard, dans une belle demeure, vit la famille Sullivan et ses domestiques. Entrez, entrez, curieux lecteur, dans cette maison toute rose, et venez découvrir comment vivait une famille aisée à la fin du XIXe siècle. Venez découvrir son quotidien, ses loisirs et ses habitudes. Glissez-vous par la porte, et entrez dans la maison des Sullivan !

Vous qui passez sur ce blog, égaré ou non, sachez que si vous cherchez un cadeau pour Noël (ne mentez pas, vous n'avez pas déjà tout acheté !), ce pourrait bien être cette petite merveille d'album !  
Voilà un livre intelligent et très bien fait. Non seulement il propose d'expliquer aux enfants la vie quotidienne d'une famille londonienne à la fin du XIXe siècle,  mais en plus la forme choisie est réellement ludique. Les différents volets à soulever dans chacune des pièces dévoilent de nouveaux objets et aiguisent l'attention du petit lecteur. Car la lecture de La maison aux trésors est loin d'être passive. Le lecteur doit observer chaque pièce et résoudre trois énigmes :

* découvrir ce qui fait un bruit étrange dans la maison
* retrouver l'objet égaré par Mme Sullivan
* désigner les deux objets anachroniques dans chaque pièce.

De la cuisine au grenier en passant par le salon, la salle de bain ou encore les chambres, la maison regorge de trésors et d'explications. On y apprend ainsi que certaines familles avaient un hérisson dans la cuisine pour les débarasser des insectes, que les cintres n'existaient pas ou encore que le savon servait aussi bien à se laver qu'à faire la lessive ! 
Pour ma part, et bien que je sois un tantinet plus âgée que le lectorat visé par cet album, j'ai pris un plaisir régressif à le découvrir, à soulever chacun des volets et à chercher les objets anachroniques tout en apprenant bien des choses sur la vie quotidienne de cette époque. Les dessins détaillés et les couleurs douces font de cet album une lecture apaisante et chaleureuse. Et puis, encore une fois, La vie mode d'emploi de Perec n'est pas loin ! 
Un album que j'aurais adoré découvrir vingt ans plus tôt (ça fait mal de dire ça... Les années passent, c'est indéniable !) J'aurais passé beaucoup de temps à dessiner ma maison aux trésors en m'inspirant des illustrations de celle-ci. A offrir donc, à des enfants dès 7-8 ans, pour les faire rêver un peu.

Un grand merci à Pauline et aux Editions siteon0_130x51 pour cette découverte.

L'avis de Jérôme sur cet album.

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11 novembre 2012

L'Historienne et Drakula T.2, Elizabeth Kostova

L'historienne et Drakula Tome 2L'Historienne et Drakula est le premier roman de l'américaine Elizabeth Kostova sorti en 2005 aux États-Unis avant de paraître en France en 2006 en deux tomes. Traduit en vingt-huit langues, ce roman - dont le titre originel est The Historian - a rencontré un vif succès à travers le monde.

Ce second tome débute alors que la narratrice s'est enfuie sur les traces de son père en France. Grâce aux écrits de ce dernier, elle découvre avec avidité son passé et celui de sa mère. Comment, alors jeunes étudiants, ils se sont lancés sur les traces de Rossi, le directeur de thèse de son père, prétendument enlevé par Drakula lui-même.

Je n'irai pas par quatre chemins : je n'ai pas du tout accroché avec ce livre. Son intrigue m'a laissée complètement de marbre. J'avais déjà déploré, dans mon billet sur le premier tome, la lenteur de l'intrigue et ses différents narrateurs qui m'avaient un peu perdue. Malheureusement, j'ai ressenti exactement la même chose dans ce second tome (qui n'en est pas un, rappelons-le : le roman a été scindé en deux pour l'édition française). Les manuscrits à la première personne se succèdent, et le lecteur se perd dans la temporalité du roman. C'est parfois confus et inintéressant, comme la vie de la narratrice, par exemple, qui n'exerce aucune attractivité sur le lecteur : elle est notre intermédiaire pour avoir accès aux différentes lettres et aux manuscrits. Les pages la concernant sont de trop et ralentissent l'intrigue principale.
Même si l'auteure prouve par ses précisions et explications qu'elle maîtrise son sujet, tant historique que littéraire, elle n'a pas su aiguiser ma curiosité pour ses personnages ni pour Drakula lui-même. Il est vrai que je ne suis pas une adepte de vampires en général, mais j'ai pensé que cette approche globale tant du point de vue historique que fictionnel me réconcilierait avec ce mythe. Il faut croire que non.Lectures communes
J'ai poursuivi et tenu bon malgré tout, car c'était une lecture commune avec  CottageMyrtille  prévue pour le 30 septembre et que j'avais déjà décalée, mais rien n'y a fait... Un rendez-vous manqué, c'est certain.

Et voilà ma cinquième et dernière participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou !

Halloween 2012, Halloween, challenge de lecture

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15 octobre 2012

L'Historienne et Drakula T.1, Elizabeth Kostova

L'Historienne et DrakulaL'Historienne et Drakula est le premier roman de l'américaine Elizabeth Kostova paru en 2005 aux États-Unis avant de paraître en France en 2006 en deux tomes.

La narratrice découvre, dans la bibliothèque familiale, un étrange livre aux pages entièrement vierges, excepté un dragon, dessiné sur les pages centrales. Intriguée par ce mystère, elle interroge son père. Avec beaucoup de réticence, ce dernier se décide à lui livrer son histoire personnelle et celle de sa défunte épouse. Sa découverte, des années auparavant, de ce mystérieux ouvrage, la disparition de son directeur de thèse et ses recherches sur la légende de Drakula. Jusqu'aux terribles conséquences sur sa vie.

Extrêmement documenté, ce roman offre à son lecteur, dès les premières pages, une plongée dans le folklore de Vlad l'Empaleur. Elizabeth Kostova maîtrise son sujet, et le prouve bien. Ses dix ans de recherche sur le mythe de Drakula lui permettent d'abreuver son roman de détails historiques extrêmement intéressants.
Mais le rythme de l'intrigue est lent, très lent. L'histoire peine à se mettre en place et souffre d'une construction qui aurait pu être dynamique, mais ne l'est pas. L'auteure a en effet pris le parti d'alterner les narrateurs et les époques. La narratrice, son père, le directeur de thèse de celui-ci se succèdent ainsi et prennent en charge l'intrigue. Mais ces changements de narrateurs font s'essouffler l'intérêt pour certains passages. Ainsi, le récit du père de la narratrice est captivant, mais tous les moments où il est avec sa fille, entre ces révélations, sont complètement inutiles et ralentissenet  le rythme. Le lecteur n'attend qu'une chose : que le père reprenne son récit.
J'ai eu un peu de mal à entrer dans l'intrigue, à m'attacher à ces personnages qui ne sont que très peu décrits (nous ignorons jusqu'au prénom de la narratrice !), mais comme c'était une lecture commune avec CottageMyrtille, j'ai tenu bon et poursuivi.  Et finalement, à partir de la moitié du roman, ma curiosité a été piquée et mon intérêt éveillé. J'ai donc commencé le second tome hier soir, prévu en LC avec CottageMyrtille pour le 30 septembre !  Lectures communes
Ce roman (ainsi que sa suite), m'avait été offert par Hathaway, lors d'un Swap il y a deux ans. Même si cette dernière nous a quittés de la blogosphère littéraire, et même si elle ne lira pas forcément ces lignes, je la remercie pour cette découverte !

 Et voilà ma troisième participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou !

Halloween 2012, Halloween, challenge de lecture

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03 juin 2012

Les disparus de Shangri-La, Mitchell Zuckoff [Concours inside]

Les disparus de Shangri-LaLes disparus de Shangri-La est un livre de l'écrivain et professeur de journalisme américain Mitchell Zuckoff paru en avril chez Flammarion.

L'auteur nous livre ici une histoire vraie. Celle de militaires survivants d'un avion américain qui s'est écrasé, en mai 1945, en plein milieu de la Nouvelle-Guinée. Le terrain est escarpé, entouré de montagnes, la végétation luxuriante, et les peuplades qui y vivent, réputées cannibales. Sur les vingt-quatre passagers, trois survivent au crash. Commence pour eux un combat contre la mort.

Les disparus de Shangri-La est un livre passionnant, et ce à plusieurs niveaux. Passionnant, tout d'abord, par l'histoire racontée. Celle véridique, d'hommes et de femmes partis voir une partie inexplorée de la Nouvelle-Guinée en avion, et pour qui ce moment de détente se transforme en horreur. Brûlés, blessés et sans ravitaillement, les survivants vont aller au-delà de leur souffrance et de leur faiblesse pour tenter de survivre. Mus par l'énergie du désespoir et un instinct de survie sans borne, ils vont combattre la faim, la soif et la maladie qui les ronge pour tenter d'être secoururs. Acculés, ils vont aller au devant des indigènes tant redoutés. Et seront bien étonnés de leur découverte... 
Passionnant, ensuite, par la finesse des recherches de l'auteur. Mitchell Zuckoff nous livre ici un récit très documenté, étayé de nombreuses archives. Photos, extraits de journal de bord et citations complètent ainsi le récit. Une bibliographie et des notes conséquentes permettent, en fin d'ouvrage, de prolonger cette lecture. Ces recherches minutieuses permettent à l'auteur de dresser un portrait précis des acteurs de ces événements et d'en offrir une dimension singulière. 
Passionnant, enfin, par son aspect anthropologique. Mitchell Zuckoff n'hésite pas, en effet, à retranscrire les préjugés de ceux dont il raconte l'histoire. Sans jugement, sans rectification politiquement correcte, il met en lumière ce qu'ils pensaient, en cette fin de Seconde Guerre mondiale, sur les peuplades qui vivaient en autarcie. Et là où cela devient extrêmement intéressant, c'est que son étude anthropologique ne s'attarde pas uniquement sur le point de vue des américains sur eux, mais permet également de savoir ce que les indigènes ont pensé au moment de leur rencontre avec ces hommes blancs. Et la dimension qui nous est offerte grâce à ces divergences culturelles et sociétales est absolument fascinant. La question de la pudeur, de l'art, de l'ornement ou encore de la symbolique est ainsi évoquée et les points de vue confrontés.Coup de coeur 2012 
C'est bien simple : j'ai dévoré ce livre dans la journée. J'ai tremblé avec les passagers, été horrifiée par le crash de l'avion et les conditions sanitaires des rescapés, j'ai souri des rencontres entre indigènes et militaires, ri parfois. J'ai réfléchi en même temps que les occidentaux à notre système de valeurs et à ses failles. Bref, en un mot, j'ai adoré. Vous ne sortirez pas indemne de ce récit véridique poignant, je vous le garantis ! Voici, sans aucun conteste, mon cinquième coup de coeur  de l'année 2012.

"Ils songèrent à Horizons perdus, le film de Frank Capra inspiré du roman de James Hilton. Il y est question d'un pays utopique, mystérieux et pacifique, isolé d'un monde déchiré par la guerre : un pays dénommé Shangri-La." (p.36)

L'avis de Jérôme sur ce livre.

Les disparus de Shangri-La CONCOURS Les disparus de Shangri-La

En partenariat avec les Éditions Flammarion,
je vous propose de gagner un exemplaire de ce livre, par tirage au sort.

Comment participer ? En postant un commentaire sur ce billet m'indiquant précisant que vous souhaitez participer.

Règlement :

  • Ce concours est ouvert du 3 au 10 juin minuit, à toute personne résidant en France métropolitaine et en Europe ayant posté au moins un commentaire sur ce blog.
  • Le gagnant sera tiré au sort.
  • L'annonce des résultats se fera le 11 juin après-midi sur mon blog.

Edit du 4 juin : Devant le très grand nombre de participants que je ne connais pas et qui semblent venir sur mon blog appâtés par la perspective d'un livre gratuit, je prends la décision de ne pas publier ces commentaires.

Je le dis donc et je le répète : ce concours est réservé aux personnes que je connais ou qui ont déjà laissé un commentaire ici. 

Bonne chance à tous !

 

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13 mai 2012

Pompéi, Robert Harris

Pompéi, Robert HarrisPompéi est un roman de l'écrivain et journaliste britannique Robert Harris paru en 2004 chez Plon.

Baie de Naples, 79 de notre ère. Des phénomènes étranges se produisent : du souffre contamine l'eau et empoisonne les poissons, l'aquarius chargé de s'occuper de l'aqueduc a disparu, tandis que le sol tremble à intervalles réguliers
Attilius, le nouvel aquarius chargé d'entretenir l'aqueduc, est dérouté et tente de contrôler la situation. Mais très vite, il comprend qu'une catastrophe va survenir malgré ses efforts.

Construit comme un compte à rebours - le récit commence deux jours avant l'erruption du Vésuve -, ce roman est vraiment captivant.
Bien que l'issue soit connue de tous, Robert Harris parvient à faire monter progressivement la tension tout au long de son intrigue. Mêlant Histoire et fiction, cette dernière est très bien ficelée et permet de croiser des personnages historiques aux côtés de personnages fictionnels, comme très souvent dans les romans historiques. Attilius collabore ainsi avec Pline l'Ancien et l'aide à noter ses précieuses informations dans son oeuvre célèbre, Histoire Naturelle. Il brave à ses côtés les pluies de pierres et de cendres pour s'approcher en bateau de la côte napolitaine au plus près du volcan.
Pompéi
est un excellent roman qui permet d'aborder cet épisode de l'Histoire de façon plaisante. Sa construction chronologique permet une gradation de la tension et offre à la lecture une saveur particulière. On connaît les conséquences de ces secousses et de l'apparition du souffre dans l'eau, mais c'est diablement intéressant de voir, à travers le personnage de Pline notamment, les hypothèses de l'époque. Mais le suspense éclôt néanmoins : quel sera le destin des personnages de fiction imaginés par Robert Harris ?
Aucune longueur ni digression, mais une intrigue très bien construite, complétée d'éléments historiques dûment vérifiés par l'auteur, malgré les imprécisions de l'époque. Un roman lisible par tous, sans aucune difficulté, que j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir.

Une lecture que j'inscris dans mon défi Au coeur de la Rome antique !

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10 mai 2012

Mémoires d'une dame de cour dans la Cité interdite, Jin Yi

Mémoires d'une dame de cour dans la Cité interditeMémoires d'une dame de cour dans la Cité interdite est un récit biographique de Jin Yi. Ce dernier s'est intéressé à la vie de He Rong Er, ancienne dame de cour dans la Cité Interdite. Ce livre, paru en 1999 chez Piquier, est un témoignage rare de l'époque de la dernière impératrice, Cixi.  

Le récit de Jin Yi est scindé en quatre parties, qui sont autant de sujets abordés par sa vieille amie He Rong Er. La vie quotidienne d'une femme de cour est ainsi dépeint sous toutes ses facettes. Le style descriptif créé une distanciation avec le lecteur mais permet néanmoins de s'imaginer clairement ce qui est décrit. Pas de pathos ni de larmes sur le triste destin de He Rong Er, et plus généralement, des dames de cour, mais une description, un témoignage.

Je ne connais que très vaguement l'histoire de la Chine et ses traditions. Comme tout occidental, j'en ai certaines représentations - véhiculées notamment par les médias ou les films qui nous parviennent - mais cela reste flou, et parfois trop général. 
Ainsi, je ne savais presque rien de la condition des femmes qui travaillaient dans la Cité Interdite. Travailler... Je pense qu'on peut dire plutôt vouer son existence, car finalement peu avaient le choix et s'engager dans cette voie signifiait y consacrer sa liberté.
Jin Yi nous offre ici un récit particulièrement touchant d'une femme, à l'aube de son existence, une existence contrainte. Pas de pathos, comme évoqué plus haut, mais une pudeur tout au long du texte. Un style sobre, descriptif, qui sert le récit sans chercher à susciter une émotion. Jin Yi semble coucher sur papier ses entretiens avec son amie sans chercher autre chose qu'un témoignage.
On apprend beaucoup, sur tous les rituels qui rythmaient la journée d'une dame de cour. Du lever de l'impératrice à son coucher. L'auteur s'attarde également sur tous ces détails qui nous paraissent incensés tant ils sont ritualisés : la façon dont il faut présenter sa pipe à l'impératrice, dont il faut rentrer dans une pièce sans jamais lui tourner le dos, dont il faut annoncer chaque plat, etc. Autant de précisions qui nous sont étrangères et qui peuvent paraître futiles mais qui composent la vie de cette incroyable Empire et témoignent de son incroyable rigueur. 
Un récit lu d'une traite, pour mieux m'en imprégner et me glisser dans cette époque. Un document rare, sans fantasme ni imprécision. A lire si le destin des femmes chinoises et mandchoues vous intéresse.  
 

 Voici ma troisième participation au  Challenge Dragon organisé par Catherine et 
ma deuxième participation au Challenge  Biographie organisé par Alinéa.

                                           Challenge Dragon    Challenge Biographie

 

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28 avril 2012

Le sang de l'hermine, Michèle Barrière

Le sang de l'hermineLe sang de l'hermine est le septième et dernier roman de Michèle Barrière paru en novembre 2011 aux Éditions JC Lattès. Pour ceux qui me connaissent, vous savez à quel point j'apprécie les romans noirs gastronomiques de cette auteure. Et une fois n'est pas coutume, j'ai succombé à l'appel de cette parution et j'ai acheté ce roman en grand format...

1516. François 1er règne sur la France. Quentin du Mesnil, son maître d'hôtel et ami d'enfance, est chargé du projet Chambord : construire un château pouvant accueillir le roi et sa cour lors des chasses qu'il affectionne. Mais pour cela, le souverain désire un seul architecte : Léonard de Vinci. Le vieil homme, entouré d'ennemis et de jaloux, se terre en Italie. A Quentin d'aller à sa rencontre à ses risques et périls. Certains veulent la perte du célèbre Léonard...

Quel bonheur de me plonger à nouveau dans un roman noir gastronomique de Michèle Barrière ! Premier opus d'une nouvelle série qui se déroulera au 16e siècle, sous le règne de François 1er, Le sang de l'hermine s'inscrit dans la droite lignée de ses prédecesseurs et allie avec brio une intrigue très bien ficelée et une histoire de l'alimentation toujours très pointue.
Au 16e siècle, les couverts font leur apparition en Italie et l'assiette remplace la tranche de pain, ce qui fait grandement réfléchir le héros du roman, prêt à introduire ces nouveautés à la cour du Roi de France. Mais cette dernière sera-t-elle prête à renoncer à ses traditions et à adopter ces nouveaux ustensiles ?
Sanglier, lièvre, cygne, poulet au verjus, hypocras etc. font des banquets royaux de véritables mises en scènes que Quentin, en bon maître d'hôtel, organise. Les arts de la table et l'organisation de banquets sont de son ressort et il importe grandement à Quentin de mériter son amitié avec le Roi et d'impressionner les convives de ce dernier.
A ma grande surprise, le végétarisme est évoqué, avec Léonard de Vinci :
"Je ne supporte pas que mon corps soit une sépulture pour d'autres animaux, une auberge de morts." (p.115)  L'artiste italien est, en outre, l'objet de nombreuses descriptions sur ses inventions, certes, mais aussi sur ses analyses du monde qui l'entoure, ses réflexions et ses convictions. Passionnant !

J'ai à nouveau passé un excellent moment avec ce nouveau roman. Michèle Barrière surprend son lecteur en mêlant habilement Histoire et fiction, en l'abreuvant de détails singuliers sur l'époque, et le laisse sur sa faim avec la question de Chambord... Aucun suspense de mon côté : je serais au rendez-vous des prochaines aventures de Quentin du Mesnil !

Pour ceux qui ne connaissent pas Michèle Barrière, ou que de nom, plongez-vous dans un de ses romans : vous serez séduit sans aucun doute ! Et ce n'est pas le carnet de recettes d'époques, disponible à la fin de chaque livre et permettant de prolonger sa lecture par des recettes de cuisine évoquées dans le roman, qui vous dissuadera de cette plongée dans l'Histoire...

Si vous souhaitez en savoir plus sur Michèle Barrière, vous pouvez retrouver
l'interview que j'avais faite il y a deux ans, dans ce billet.

Ou tout simplement l'écouter parler son dernier roman ci-dessous.

(Source : La Griffe Noire)

 

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12 avril 2012

Le tableau du Maître flamand, Arturo Perez-Reverte

Le tableau du maître flamandLe tableau du Maître flamand est un roman de l'écrivain espagnol Arturo Pérez-Reverte paru en 1990 et couronné par le Grand Prix de littérature policière en 1993.

Madrid. Julia, restauratrice de tableaux, découvre sur l'oeuvre du XVe siècle qu'elle restaure, une mystérieuse inscription : Quis ecavit equitem ? Cette inscription latine, masquée par Van Huys, l'auteur du tableau, fait étrangement écho au sujet même de la toile. Qui a tué le chevalier, l'un des joueurs peints ?

Un ultime visionnage de La neuvième porte, la semaine dernière, m'a donné envie de sortir ce roman de ma PAL. Arturo Pérez-Reverte est en effet le romancier à l'origine de ce film de Polanski avec Johnny Depp, film plutôt bien ficelé je dois dire.
Mais revenons à ce roman... J'en avais entendu beaucoup de bien, d'où mon achat chez un bouquiniste il y a quelques temps... Et nombreux ont été les commentaires récents m'assurant une lecture absolument délicieuse...
Malheureusement, j'ai été un peu déçue. L'idée de départ est excellente et prometteuse, mais le rythme de l'intrigue est trop lent pour tenir le lecteur en haleine. Le manque d'épaisseur psychologique des personnages les fait irrémédiablement pencher du côté de la caricature.  C'est bien dommage !
J'ai pourtant aimé les mises en abyme de l'auteur, nous faisant voyager entre les deux époques. Si le procédé est éculé, il n'en demeure pas moins efficace avec cette intrigue.
Mais la magie n'a opéré qu'un temps et j'ai trouvé trop de longueurs à ce roman et un dénouement vraiment trop prévisible pour, après en avoir fermé la dernière page, me dire que je l'ai vraiment aimé.

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