Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

11 novembre 2012

L'Historienne et Drakula T.2, Elizabeth Kostova

L'historienne et Drakula Tome 2L'Historienne et Drakula est le premier roman de l'américaine Elizabeth Kostova sorti en 2005 aux États-Unis avant de paraître en France en 2006 en deux tomes. Traduit en vingt-huit langues, ce roman - dont le titre originel est The Historian - a rencontré un vif succès à travers le monde.

Ce second tome débute alors que la narratrice s'est enfuie sur les traces de son père en France. Grâce aux écrits de ce dernier, elle découvre avec avidité son passé et celui de sa mère. Comment, alors jeunes étudiants, ils se sont lancés sur les traces de Rossi, le directeur de thèse de son père, prétendument enlevé par Drakula lui-même.

Je n'irai pas par quatre chemins : je n'ai pas du tout accroché avec ce livre. Son intrigue m'a laissée complètement de marbre. J'avais déjà déploré, dans mon billet sur le premier tome, la lenteur de l'intrigue et ses différents narrateurs qui m'avaient un peu perdue. Malheureusement, j'ai ressenti exactement la même chose dans ce second tome (qui n'en est pas un, rappelons-le : le roman a été scindé en deux pour l'édition française). Les manuscrits à la première personne se succèdent, et le lecteur se perd dans la temporalité du roman. C'est parfois confus et inintéressant, comme la vie de la narratrice, par exemple, qui n'exerce aucune attractivité sur le lecteur : elle est notre intermédiaire pour avoir accès aux différentes lettres et aux manuscrits. Les pages la concernant sont de trop et ralentissent l'intrigue principale.
Même si l'auteure prouve par ses précisions et explications qu'elle maîtrise son sujet, tant historique que littéraire, elle n'a pas su aiguiser ma curiosité pour ses personnages ni pour Drakula lui-même. Il est vrai que je ne suis pas une adepte de vampires en général, mais j'ai pensé que cette approche globale tant du point de vue historique que fictionnel me réconcilierait avec ce mythe. Il faut croire que non.Lectures communes
J'ai poursuivi et tenu bon malgré tout, car c'était une lecture commune avec  CottageMyrtille  prévue pour le 30 septembre et que j'avais déjà décalée, mais rien n'y a fait... Un rendez-vous manqué, c'est certain.

Et voilà ma cinquième et dernière participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou !

Halloween 2012, Halloween, challenge de lecture

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15 octobre 2012

L'Historienne et Drakula T.1, Elizabeth Kostova

L'Historienne et DrakulaL'Historienne et Drakula est le premier roman de l'américaine Elizabeth Kostova paru en 2005 aux États-Unis avant de paraître en France en 2006 en deux tomes.

La narratrice découvre, dans la bibliothèque familiale, un étrange livre aux pages entièrement vierges, excepté un dragon, dessiné sur les pages centrales. Intriguée par ce mystère, elle interroge son père. Avec beaucoup de réticence, ce dernier se décide à lui livrer son histoire personnelle et celle de sa défunte épouse. Sa découverte, des années auparavant, de ce mystérieux ouvrage, la disparition de son directeur de thèse et ses recherches sur la légende de Drakula. Jusqu'aux terribles conséquences sur sa vie.

Extrêmement documenté, ce roman offre à son lecteur, dès les premières pages, une plongée dans le folklore de Vlad l'Empaleur. Elizabeth Kostova maîtrise son sujet, et le prouve bien. Ses dix ans de recherche sur le mythe de Drakula lui permettent d'abreuver son roman de détails historiques extrêmement intéressants.
Mais le rythme de l'intrigue est lent, très lent. L'histoire peine à se mettre en place et souffre d'une construction qui aurait pu être dynamique, mais ne l'est pas. L'auteure a en effet pris le parti d'alterner les narrateurs et les époques. La narratrice, son père, le directeur de thèse de celui-ci se succèdent ainsi et prennent en charge l'intrigue. Mais ces changements de narrateurs font s'essouffler l'intérêt pour certains passages. Ainsi, le récit du père de la narratrice est captivant, mais tous les moments où il est avec sa fille, entre ces révélations, sont complètement inutiles et ralentissenet  le rythme. Le lecteur n'attend qu'une chose : que le père reprenne son récit.
J'ai eu un peu de mal à entrer dans l'intrigue, à m'attacher à ces personnages qui ne sont que très peu décrits (nous ignorons jusqu'au prénom de la narratrice !), mais comme c'était une lecture commune avec CottageMyrtille, j'ai tenu bon et poursuivi.  Et finalement, à partir de la moitié du roman, ma curiosité a été piquée et mon intérêt éveillé. J'ai donc commencé le second tome hier soir, prévu en LC avec CottageMyrtille pour le 30 septembre !  Lectures communes
Ce roman (ainsi que sa suite), m'avait été offert par Hathaway, lors d'un Swap il y a deux ans. Même si cette dernière nous a quittés de la blogosphère littéraire, et même si elle ne lira pas forcément ces lignes, je la remercie pour cette découverte !

 Et voilà ma troisième participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou !

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03 juin 2012

Les disparus de Shangri-La, Mitchell Zuckoff [Concours inside]

Les disparus de Shangri-LaLes disparus de Shangri-La est un livre de l'écrivain et professeur de journalisme américain Mitchell Zuckoff paru en avril chez Flammarion.

L'auteur nous livre ici une histoire vraie. Celle de militaires survivants d'un avion américain qui s'est écrasé, en mai 1945, en plein milieu de la Nouvelle-Guinée. Le terrain est escarpé, entouré de montagnes, la végétation luxuriante, et les peuplades qui y vivent, réputées cannibales. Sur les vingt-quatre passagers, trois survivent au crash. Commence pour eux un combat contre la mort.

Les disparus de Shangri-La est un livre passionnant, et ce à plusieurs niveaux. Passionnant, tout d'abord, par l'histoire racontée. Celle véridique, d'hommes et de femmes partis voir une partie inexplorée de la Nouvelle-Guinée en avion, et pour qui ce moment de détente se transforme en horreur. Brûlés, blessés et sans ravitaillement, les survivants vont aller au-delà de leur souffrance et de leur faiblesse pour tenter de survivre. Mus par l'énergie du désespoir et un instinct de survie sans borne, ils vont combattre la faim, la soif et la maladie qui les ronge pour tenter d'être secoururs. Acculés, ils vont aller au devant des indigènes tant redoutés. Et seront bien étonnés de leur découverte... 
Passionnant, ensuite, par la finesse des recherches de l'auteur. Mitchell Zuckoff nous livre ici un récit très documenté, étayé de nombreuses archives. Photos, extraits de journal de bord et citations complètent ainsi le récit. Une bibliographie et des notes conséquentes permettent, en fin d'ouvrage, de prolonger cette lecture. Ces recherches minutieuses permettent à l'auteur de dresser un portrait précis des acteurs de ces événements et d'en offrir une dimension singulière. 
Passionnant, enfin, par son aspect anthropologique. Mitchell Zuckoff n'hésite pas, en effet, à retranscrire les préjugés de ceux dont il raconte l'histoire. Sans jugement, sans rectification politiquement correcte, il met en lumière ce qu'ils pensaient, en cette fin de Seconde Guerre mondiale, sur les peuplades qui vivaient en autarcie. Et là où cela devient extrêmement intéressant, c'est que son étude anthropologique ne s'attarde pas uniquement sur le point de vue des américains sur eux, mais permet également de savoir ce que les indigènes ont pensé au moment de leur rencontre avec ces hommes blancs. Et la dimension qui nous est offerte grâce à ces divergences culturelles et sociétales est absolument fascinant. La question de la pudeur, de l'art, de l'ornement ou encore de la symbolique est ainsi évoquée et les points de vue confrontés.Coup de coeur 2012 
C'est bien simple : j'ai dévoré ce livre dans la journée. J'ai tremblé avec les passagers, été horrifiée par le crash de l'avion et les conditions sanitaires des rescapés, j'ai souri des rencontres entre indigènes et militaires, ri parfois. J'ai réfléchi en même temps que les occidentaux à notre système de valeurs et à ses failles. Bref, en un mot, j'ai adoré. Vous ne sortirez pas indemne de ce récit véridique poignant, je vous le garantis ! Voici, sans aucun conteste, mon cinquième coup de coeur  de l'année 2012.

"Ils songèrent à Horizons perdus, le film de Frank Capra inspiré du roman de James Hilton. Il y est question d'un pays utopique, mystérieux et pacifique, isolé d'un monde déchiré par la guerre : un pays dénommé Shangri-La." (p.36)

L'avis de Jérôme sur ce livre.

Les disparus de Shangri-La CONCOURS Les disparus de Shangri-La

En partenariat avec les Éditions Flammarion,
je vous propose de gagner un exemplaire de ce livre, par tirage au sort.

Comment participer ? En postant un commentaire sur ce billet m'indiquant précisant que vous souhaitez participer.

Règlement :

  • Ce concours est ouvert du 3 au 10 juin minuit, à toute personne résidant en France métropolitaine et en Europe ayant posté au moins un commentaire sur ce blog.
  • Le gagnant sera tiré au sort.
  • L'annonce des résultats se fera le 11 juin après-midi sur mon blog.

Edit du 4 juin : Devant le très grand nombre de participants que je ne connais pas et qui semblent venir sur mon blog appâtés par la perspective d'un livre gratuit, je prends la décision de ne pas publier ces commentaires.

Je le dis donc et je le répète : ce concours est réservé aux personnes que je connais ou qui ont déjà laissé un commentaire ici. 

Bonne chance à tous !

 

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13 mai 2012

Pompéi, Robert Harris

Pompéi, Robert HarrisPompéi est un roman de l'écrivain et journaliste britannique Robert Harris paru en 2004 chez Plon.

Baie de Naples, 79 de notre ère. Des phénomènes étranges se produisent : du souffre contamine l'eau et empoisonne les poissons, l'aquarius chargé de s'occuper de l'aqueduc a disparu, tandis que le sol tremble à intervalles réguliers
Attilius, le nouvel aquarius chargé d'entretenir l'aqueduc, est dérouté et tente de contrôler la situation. Mais très vite, il comprend qu'une catastrophe va survenir malgré ses efforts.

Construit comme un compte à rebours - le récit commence deux jours avant l'erruption du Vésuve -, ce roman est vraiment captivant.
Bien que l'issue soit connue de tous, Robert Harris parvient à faire monter progressivement la tension tout au long de son intrigue. Mêlant Histoire et fiction, cette dernière est très bien ficelée et permet de croiser des personnages historiques aux côtés de personnages fictionnels, comme très souvent dans les romans historiques. Attilius collabore ainsi avec Pline l'Ancien et l'aide à noter ses précieuses informations dans son oeuvre célèbre, Histoire Naturelle. Il brave à ses côtés les pluies de pierres et de cendres pour s'approcher en bateau de la côte napolitaine au plus près du volcan.
Pompéi
est un excellent roman qui permet d'aborder cet épisode de l'Histoire de façon plaisante. Sa construction chronologique permet une gradation de la tension et offre à la lecture une saveur particulière. On connaît les conséquences de ces secousses et de l'apparition du souffre dans l'eau, mais c'est diablement intéressant de voir, à travers le personnage de Pline notamment, les hypothèses de l'époque. Mais le suspense éclôt néanmoins : quel sera le destin des personnages de fiction imaginés par Robert Harris ?
Aucune longueur ni digression, mais une intrigue très bien construite, complétée d'éléments historiques dûment vérifiés par l'auteur, malgré les imprécisions de l'époque. Un roman lisible par tous, sans aucune difficulté, que j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir.

Une lecture que j'inscris dans mon défi Au coeur de la Rome antique !

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10 mai 2012

Mémoires d'une dame de cour dans la Cité interdite, Jin Yi

Mémoires d'une dame de cour dans la Cité interditeMémoires d'une dame de cour dans la Cité interdite est un récit biographique de Jin Yi. Ce dernier s'est intéressé à la vie de He Rong Er, ancienne dame de cour dans la Cité Interdite. Ce livre, paru en 1999 chez Piquier, est un témoignage rare de l'époque de la dernière impératrice, Cixi.  

Le récit de Jin Yi est scindé en quatre parties, qui sont autant de sujets abordés par sa vieille amie He Rong Er. La vie quotidienne d'une femme de cour est ainsi dépeint sous toutes ses facettes. Le style descriptif créé une distanciation avec le lecteur mais permet néanmoins de s'imaginer clairement ce qui est décrit. Pas de pathos ni de larmes sur le triste destin de He Rong Er, et plus généralement, des dames de cour, mais une description, un témoignage.

Je ne connais que très vaguement l'histoire de la Chine et ses traditions. Comme tout occidental, j'en ai certaines représentations - véhiculées notamment par les médias ou les films qui nous parviennent - mais cela reste flou, et parfois trop général. 
Ainsi, je ne savais presque rien de la condition des femmes qui travaillaient dans la Cité Interdite. Travailler... Je pense qu'on peut dire plutôt vouer son existence, car finalement peu avaient le choix et s'engager dans cette voie signifiait y consacrer sa liberté.
Jin Yi nous offre ici un récit particulièrement touchant d'une femme, à l'aube de son existence, une existence contrainte. Pas de pathos, comme évoqué plus haut, mais une pudeur tout au long du texte. Un style sobre, descriptif, qui sert le récit sans chercher à susciter une émotion. Jin Yi semble coucher sur papier ses entretiens avec son amie sans chercher autre chose qu'un témoignage.
On apprend beaucoup, sur tous les rituels qui rythmaient la journée d'une dame de cour. Du lever de l'impératrice à son coucher. L'auteur s'attarde également sur tous ces détails qui nous paraissent incensés tant ils sont ritualisés : la façon dont il faut présenter sa pipe à l'impératrice, dont il faut rentrer dans une pièce sans jamais lui tourner le dos, dont il faut annoncer chaque plat, etc. Autant de précisions qui nous sont étrangères et qui peuvent paraître futiles mais qui composent la vie de cette incroyable Empire et témoignent de son incroyable rigueur. 
Un récit lu d'une traite, pour mieux m'en imprégner et me glisser dans cette époque. Un document rare, sans fantasme ni imprécision. A lire si le destin des femmes chinoises et mandchoues vous intéresse.  
 

 Voici ma troisième participation au  Challenge Dragon organisé par Catherine et 
ma deuxième participation au Challenge  Biographie organisé par Alinéa.

                                           Challenge Dragon    Challenge Biographie

 

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28 avril 2012

Le sang de l'hermine, Michèle Barrière

Le sang de l'hermineLe sang de l'hermine est le septième et dernier roman de Michèle Barrière paru en novembre 2011 aux Éditions JC Lattès. Pour ceux qui me connaissent, vous savez à quel point j'apprécie les romans noirs gastronomiques de cette auteure. Et une fois n'est pas coutume, j'ai succombé à l'appel de cette parution et j'ai acheté ce roman en grand format...

1516. François 1er règne sur la France. Quentin du Mesnil, son maître d'hôtel et ami d'enfance, est chargé du projet Chambord : construire un château pouvant accueillir le roi et sa cour lors des chasses qu'il affectionne. Mais pour cela, le souverain désire un seul architecte : Léonard de Vinci. Le vieil homme, entouré d'ennemis et de jaloux, se terre en Italie. A Quentin d'aller à sa rencontre à ses risques et périls. Certains veulent la perte du célèbre Léonard...

Quel bonheur de me plonger à nouveau dans un roman noir gastronomique de Michèle Barrière ! Premier opus d'une nouvelle série qui se déroulera au 16e siècle, sous le règne de François 1er, Le sang de l'hermine s'inscrit dans la droite lignée de ses prédecesseurs et allie avec brio une intrigue très bien ficelée et une histoire de l'alimentation toujours très pointue.
Au 16e siècle, les couverts font leur apparition en Italie et l'assiette remplace la tranche de pain, ce qui fait grandement réfléchir le héros du roman, prêt à introduire ces nouveautés à la cour du Roi de France. Mais cette dernière sera-t-elle prête à renoncer à ses traditions et à adopter ces nouveaux ustensiles ?
Sanglier, lièvre, cygne, poulet au verjus, hypocras etc. font des banquets royaux de véritables mises en scènes que Quentin, en bon maître d'hôtel, organise. Les arts de la table et l'organisation de banquets sont de son ressort et il importe grandement à Quentin de mériter son amitié avec le Roi et d'impressionner les convives de ce dernier.
A ma grande surprise, le végétarisme est évoqué, avec Léonard de Vinci :
"Je ne supporte pas que mon corps soit une sépulture pour d'autres animaux, une auberge de morts." (p.115)  L'artiste italien est, en outre, l'objet de nombreuses descriptions sur ses inventions, certes, mais aussi sur ses analyses du monde qui l'entoure, ses réflexions et ses convictions. Passionnant !

J'ai à nouveau passé un excellent moment avec ce nouveau roman. Michèle Barrière surprend son lecteur en mêlant habilement Histoire et fiction, en l'abreuvant de détails singuliers sur l'époque, et le laisse sur sa faim avec la question de Chambord... Aucun suspense de mon côté : je serais au rendez-vous des prochaines aventures de Quentin du Mesnil !

Pour ceux qui ne connaissent pas Michèle Barrière, ou que de nom, plongez-vous dans un de ses romans : vous serez séduit sans aucun doute ! Et ce n'est pas le carnet de recettes d'époques, disponible à la fin de chaque livre et permettant de prolonger sa lecture par des recettes de cuisine évoquées dans le roman, qui vous dissuadera de cette plongée dans l'Histoire...

Si vous souhaitez en savoir plus sur Michèle Barrière, vous pouvez retrouver
l'interview que j'avais faite il y a deux ans, dans ce billet.

Ou tout simplement l'écouter parler son dernier roman ci-dessous.

(Source : La Griffe Noire)

 

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12 avril 2012

Le tableau du Maître flamand, Arturo Perez-Reverte

Le tableau du maître flamandLe tableau du Maître flamand est un roman de l'écrivain espagnol Arturo Pérez-Reverte paru en 1990 et couronné par le Grand Prix de littérature policière en 1993.

Madrid. Julia, restauratrice de tableaux, découvre sur l'oeuvre du XVe siècle qu'elle restaure, une mystérieuse inscription : Quis ecavit equitem ? Cette inscription latine, masquée par Van Huys, l'auteur du tableau, fait étrangement écho au sujet même de la toile. Qui a tué le chevalier, l'un des joueurs peints ?

Un ultime visionnage de La neuvième porte, la semaine dernière, m'a donné envie de sortir ce roman de ma PAL. Arturo Pérez-Reverte est en effet le romancier à l'origine de ce film de Polanski avec Johnny Depp, film plutôt bien ficelé je dois dire.
Mais revenons à ce roman... J'en avais entendu beaucoup de bien, d'où mon achat chez un bouquiniste il y a quelques temps... Et nombreux ont été les commentaires récents m'assurant une lecture absolument délicieuse...
Malheureusement, j'ai été un peu déçue. L'idée de départ est excellente et prometteuse, mais le rythme de l'intrigue est trop lent pour tenir le lecteur en haleine. Le manque d'épaisseur psychologique des personnages les fait irrémédiablement pencher du côté de la caricature.  C'est bien dommage !
J'ai pourtant aimé les mises en abyme de l'auteur, nous faisant voyager entre les deux époques. Si le procédé est éculé, il n'en demeure pas moins efficace avec cette intrigue.
Mais la magie n'a opéré qu'un temps et j'ai trouvé trop de longueurs à ce roman et un dénouement vraiment trop prévisible pour, après en avoir fermé la dernière page, me dire que je l'ai vraiment aimé.

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26 mars 2012

Les Étrangers du temps : Destins obscurs, Corinne Gatel-Chol

P1030735Les Étrangers du temps est le premier roman de Corinne Gatel-Chol. Après des études d'histoire, cette stéphanoise d'origine évolue tour à tour dans le milieu journalistique, économique, publicitaire et dans la création de sites internet avant de se tourner vers l'écriture, revenant ainsi à ses premières amours.

Alors que sa famille emménage dans un ancien château en Haute-Loire, le jeune Hadrien étouffe dans son adolescence.
Écrasé par une pression familiale trop forte - entre une jumelle à qui tout réussit et un frère aîné qui prend trop de place - le jeune homme se referme peu à peu sur lui-même et sombre dans l'alcool et la drogue. Dans la vaste propriété de ses parents, il découvre une évasion en le journal de Colombe, jeune domestique de seize ans qui travailla en 1896 au château
. 
Hadrien se plonge dans la lecture de ces pages d'un autre temps qui lui permettent d'oublier son quotidien. Mais sa consommation de drogue et d'alcool effacent peu à peu les frontières temporelles et Hadrien chavire, sans s'en douter...

Les Étrangers du temps fait partie de ces romans qu'il est difficile de reposer une fois commencés. J'ai été curieuse de découvrir cette intrigue, qui, sous couvert d'esotérisme, aborde des problématiques bien plus complexes. 
Hadrien est en effet un personnage adolescent mal dans sa peau, comme beaucoup. Son échec au bac, ses conflits avec ses parents, sa difficulté à trouver sa place dans sa famille face à une soeur trop brillante, sont autant de thématiques finement observées. Hadrien est un personnage, certes, mais finalement bien proche du réel... Les Etrangers du temps
L'idée brillante de Corinne Gatel-Chol est de faire basculer son héros dans l'Histoire. Mais basculer non pas au sens littéral. Hadrien perd le contrôle à cause de sa consommation de drogue et d'alcool et confond son époque et celle de la jeune Colombe, espérant ainsi sauver la jeune fille d'un danger qu'il pressent. 
L'intrigue aurait pu s'arrêter là. Mais il n'en est rien. Car finalement, l'intérêt de ce roman réside dans le mal-être de cet adolescent et la réaction des membres de sa famille. Comment aider un frère, un fils, qui sombre ? Comment, sans le brusquer ni le materner, l'aider à remonter la pente et revenir parmi les siens ? L'auteure se penche sur cette question avec justesse, et offre à son roman une dimension bien singulière.
Bref, vous l'aurez compris, j'ai passé un très bon moment de lecture avec ce premier tome. Je me suis évadée dans la vaste propriété de Haute-Loire avec Hadrien, je me suis passionnée pour l'histoire de la jeune Colombe, en cette fin de 19e
siècle, j'ai tremblé avec les proches du jeune homme, à le voir sombrer dans ses hallucinations. Merci Corinne Gatel-Chol pour ce roman, au propre comme au figuré !

D'autres lecteurs Des Étrangers du temps : CottageMyrtille, Iluze, Marylin, Emeralda, Marmotte, Belledenuit, Stephy21.  
Lu sur mon KindleVoici ma cinquième lecture sur mon Kindle, et ma cinquième participation au Club des lecteurs numériques.

                    Lecteurs numériques    

 

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26 janvier 2012

Beignets de tomates vertes, Fannie Flagg

Beignets de tomates vertesBeignets de tomates vertes (Fried Green Tomatoes) est l'oeuvre la plus connue de la romancière et actrice américaine Fannie Flagg. Publiée la première fois en 1987, elle a été traduite en plusieurs langues et a fait l'objet d'une adaptation cinématographique par John Avnet en 1991.

Evelyn Couch est une quinquagénaire dépressive et malheureuse. Lors d'une visite à sa belle-mère, dans la maison de retraite de Rose Terrace, elle fait la connaissance d'une des pensionnaires, Mrs. Threadgoode. Les deux femmes sympathisent et Mrs. Threadgoode, veuve et sans famille, fait revivre son passé en Alabama, dans la petite ville de Whistle Stop, avec ses habitants, et surtout son café. En 1929, lorsque l'établissement ouvre ses portes, les Noirs n'ont pas le droit d'y entrer, le Ku Klux Klan sévit et les lois raciales ont la dent dure. Mais Ruth et Idgie, qui tiennent le café, n'en ont cure ! Et la petite communauté s'entraide malgré les différences et les forts caractères.

Je ne lis pas beaucoup de littérature américaine, j'avoue. Je suis peu attirée par ce pays et sa littérature. Mais il y a quelques mois, un collègue m'a parlé de ce roman dont le titre m'intriguait depuis des années. Et je ne sais plus où ni à quelle occasion je l'ai acheté, pensant le lire cet été.
Après un été pauvre en lecture, et me trouvant à court de livre un soir (c'est rare !), j'ai ouvert la première page de ce roman. Juste pour lire l'incipit. Juste pour voir si... Juste... Vous m'aurez comprise : je me suis fait avoir dès la première phrase, dès la première ligne de ce roman ! Impossible de décrocher mes yeux du texte ! Au point de quasiment sacrifier ma nuit entière (terminer à 4h quand on se lèvre à 7h, c'est rude !) Et pourtant, les Etats-Unis et moi, c'est loin d'être une grande histoire d'amour...
Tout est aboslument incroyable dans ce roman. Sa construction narrative tout d'abord, qui alterne les époques, mais aussi les genres. Le roman commence en effet en 1929, à l'ouverture du café de Whistle Stop, puis n'a de cesse de varier entre les époques : la fin des années 80 avec le présent d'Evelyn et de Mrs. Threadgoode, à la maison de retraite, l'enfance de Nini, alias Mrs. Threadgoode, etc. La narration est parfois prise en charge par Dot Weems, qui écrit la gazette de Whistle Stop, parfois par le journal de Birmingham, etc. Sans jamais perdre son lecteur, Fannie Flagg l'entraîne dans cette histoire incroyable d'une petite ville d'Alabama, aux habitants drôles et fiers malgré tout. Malgré la menace qui rôde, la pauvreté et la misère qui sévissent, les divergences d'opinion qui persistent.
Les personnages qu'elle dépeint sont furieusement vraisemblables. Evelyn et ses complexes, Mrs. Threadgoode est ses souvenirs d'enfant qui s'estompent, Idgie le garçon manqué au grand coeur, la belle et douce Ruth, etc.
J'ai plongé avec délice dans ce roman, me surprenant à tourner les pages sans me soucier de l'heure. J'ai euCoup de coeur 2012 l'impression de rencontrer une grande famille de personnages aux valeurs profondément humanistes. Fannie Flagg nous permet de lever un voile sur un pan de l'histoire des Etats-Unis et le fait avec brio ! Pas de misérabilisme ni de jugement. Juste une intrigue et des personnages attachants, sur fond de contexte historique. C'est brillant, sans aucun doute ! (et ça file des complexes au point de vue de la construction narrative...)

Un nouveau
coup de coeur, sans aucune hésitation, que je vous conseille de lire
au plus vite !

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12 octobre 2011

Long John Silver T.1 Lady Vivian Hastings, Xavier Dorison et Mauthieu Lauffray

9782205056839Long John Silver est une série de BD qui compte 3 tomes à ce jour, publiée chez Dargaud. Sa particularité ? S'intéresser à L'Ile au Trésor de Stevenson et plus particulièrement, vous l'aurez deviné, au personnage de Long John Silver.
Les auteurs, Xavier Dorison et Mathieu Lauffray, présentent ainsi en avant-propos leur projet  : "Cet ouvrage ne prétend pas être une suite de L'Ile au Trésor, mais un humble hommage à cet immense chef-d'oeuvre qui ne cesse de nous émerveiller depuis notre enfance. Son seul et unique objet est de retrouver un peu de la poussière du grand rêve que fit naître Robert Louis Stevenson."

1785. Alors que son mari l'a dépouillée de sa fortune pour découvrir le Nouveau Monde, Lady Hastings, restée en Angleterre, s'entoure de bien des courtisans. Le jour où elle se retrouve enceinte, un messager l'informe que son mari vient de découvrir le mythique trésor de Guayanacapac et désire vendre tous ses biens pour financer sa découverte. Acculée, en colère, Lady Hastings décide de rejoindre son mari en Amérique du Sud,LongJohnSilver05 accompagnée d'une équipe de marins pas comme les autres. Pour se venger de lui et récupérer une partie du trésor, elle a en effet demandé de l'aide à Long John Silver et sa clique de pirates...

Êtes-vous prêt à embarquer aux côtés de Long John Silver et partir à l'aventure ? Xavier Dorison et Mathieu Lauffray réussissent avec brio le pari de faire renaître de ses cendres ce personnage mythique et  poursuivent son histoire là Stevenson l'avait arrêtée.
Porté par des dessins superbes, à la fois sombres et chatoyants, ce premier tome est des plus prometteurs. Le scénario, soigné, évite un manichéisme facile dans lequel il était aisé de sombrer et nous plonge avec délice dans les affres du destin de Lady Hastings.
A savoir si vous souhaitez vous lancer dans cette lecture : considérez vraiment ce premier volume comme une scène d'exposition, un hors d'oeuvre, un doux préliminaire à l'intrigue, sinon vous serez déçu ! Le scénario se met en effet en branle dans ce premier tome, mais l'aventure commence réellement par la suit. Mieux vaut donc le savoir et avoir le deuxième sous la main, sous peine de sortir frustré de cette lecture. A bon entendeur...

 

Bonus appréciable : l'interview des deux auteurs
lors du Festival d'Angoulême de 2009.


  

Et voici ma 26e participation
à la BD du mercredi de
Mango !

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Et ma 17e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note : 16/20)

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