Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

12 février 2017

Un joli weekend à Prague

Si vous me connaissez un peu, vous savez que j'ai la bougeotte, que j'adore voyager et découvrir d'autres horizons et que lorsque je reste trop longtemps à un endroit, j'ai les semelles qui me démangent (très belle image que j'emprunte à Julien Blanc-Gras dans son récit Touriste). C'était le cas ces derniers temps, et même si je n'ai pas de gros projet de voyage en vue (comme le Vietnam en sac à dos l'an dernier), j'ai quand même ressenti le besoin de vadrouiller quelques jours... Et mon choix s'est porté sur Prague, à l'occasion d'une dernière minute alléchante et intéressante. Difficile de résister, quand cela faisait plus de dix ans que je tournais autour de cette ville. Petit retour en image sur cette escapade (si vous êtes sur Instagram, vous avez peut-être suivi une partie de mes péripéties !)

Arrivée à 18h, j'ai posé ma mini-valise dans mon appart et j'ai commencé à vadrouiller dans la ville, alors que la nuit se couchait. Vu le froid mordant, une halte repas s'est imposée rapidement, et si la gastronomie tchèque fait la part belle aux ragoûts et autres viandes en sauce, j'ai plutôt opté pour une autre spécialité : le fromage pané ! (tout sauf léger, je vous l'accorde)

Smazeny syr ou fromage pané

J'ai passé ma première soirée dans un théâtre noir, tradition tchèque née en 1796 en bohème centrale avec Pierrot, entre ballet et pantomime. C'était merveilleux, onirique et envoûtant. Les photos étaient interdites, mais voilà la bande-annonce du spectacle que j'ai vu.

 

Après ça, dodo ! Le lendemain matin, direction Le Grand café de la Maison centrale - au décor Art nouveau, avec serveurs en livrée, chariot de pâtisserie, lustres en cristal et argenterie - pour un petit déjeuner délicieux. 

 Kavarna Obecni Dum Apfelstrudel et tartines !

Une fois l'estomac plein, c'est sous quelques flocons de neige qui dansaient dans l'air et un froid mordant que j'ai découvert Prague, de jour, avec ses ruelles à l'architecture baroque, ses façades aux couleurs pastel qui semblent sorties d'un décor de Disney et sa majestueuse place de la Vieille-Ville et son horloge astronomique. 

 La place de la Vieille-Ville

La place de la Vieille-Ville vue dans une bulle L'horloge astronomique  

Notre-Dame-de-Tyn, une sombre église gothique datant du 14e siècle, pourvue de deux flèches gigantesques.

Notre-Dame-de-Tyn

Une balade au coeur de la vieille ville aux bâtiments gothico-baroques. 

Stare mesto, la vieille ville Stare Mesto, la vieille ville

Le pont des soupirs ?

Maisons Praha et Topic, Art nouveau 

Façades dans Nove Mesto, Prague

J'ai ensuite poursuivi ma journée, après un vin chaud salvateur pour mes doigts, en traversant la Vltava pour aller visiter le Château, symbole de la ville.

Le Château, au-delà du Pont Charles

La fin du pont Charles

  Terminer l'ascension vers le Château par la rue Nerudova et ses échoppes médiévales

La rue Nerudova 

Le Château, s'étendant sur 42 hectares, j'ai choisi d'en visiter une partie, dont le Palais royal, la Cathédrale Saint-Guy et la ruelle d'or, composée de petites maisons basses de toutes les couleurs où la légende dit que Rodolphe II logeait ses alchimistes. 

Katedrála svatého Víta ou Cathédrale Saint-Guy  Salle Vladislas du Palais royal

Une bibliothèque ingénieuse La sortie du Palais royal

Une gigantesque couronne de l'Avent, sur la porte d'une boutique de la ruelle d'or, met en valeur l'artisanat tchèque traditionnel.

Artisanat tchèque

Après la visite du Château, j'ai décidé de poursuivre ma découverte de la ville par un arrêt dans l'ancien ghetto juif.

Vue sur Prague, depuis le Château

Sur les murs de la Synagogue Pinkas, transformée en mémorial, les noms des 77297 victimes tchèques de l'Holocauste.

Synagogue Pinkas Murs de la Synagogue Pinkas

 La gorge nouée, après l'exposition à l'étage de cette même synagogue de dessins d'enfants internés dans le camp de Terezin (je n'ai pas pu faire de photo tant l'émotion m'a étreinte), j'ai poursuivi la visite du ghetto par l'ancien cimetière où reposent 100 000 juifs et où 12 000 stèles composent un étrange tableau. 

Le Cimetière juif, Prague

Le Cimetière juif, Prague 

Après un dernier tour en ville, j'ai craqué et goûté un trdelnik, pâtisserie slovaque cuite à la broche et garnie au choix de pommes, de glace, ou de chocolat, comme ici ! C'est délicieux mais légèrement périlleux à manger tout en restant digne...

Un trdelnik au chocolat, Prague

Après une bonne nuit réparatrice, je me suis réveillée pour ma deuxième et dernière journée à Prague. Je tenais absolument à découvrir le Musée Mucha, consacré à un artiste que j'adore. Mais la visite a été de courte durée et assez frustrante (je lui ai trouvé moins d'intérêt que la rétrospective que j'avais pu voir à Montpellier en 2009). 

Musée Mucha, Prague Musée Mucha, Prague

Un arrêt pour me réchauffer dans une pâtisserie réputée m'a permis de découvrir ce que je pensais être une erreur de la serveuse : une infusion de framboise, soit de l'eau chaude versée sur des framboises. J'avais commandé du thé, j'ai eu cette tasse mais finalement c'était délicieux et réconfortant ! 

Gâteau et infusion à la framboise

 Enfin, en attendant de repartir prendre mon avion, j'ai marché encore et encore dans la ville, découvrant de petites merveilles d'art par hasard : une sculpture en métal tournante représentant une tête (je n'ai pas su identifier qui c'était et il n'y avait pas panneau explicatif) et une sculpture rhabillée avec un tricot représentant un tableau de Klimt. Brillant !

Sculpture, Prague Klimt en tricot

Et puis il a été temps de partir... Un weekend éclair qui m'a permis d'avoir un premier aperçu de la ville. J'ai adoré la découvrir et me plonger dans son histoire. Il reste encore beaucoup à découvrir, c'est sûr, mais cette échappée m'a fait le plus grand bien depuis celle que j'avais faite à Anvers en novembre (mais dont je n'avais pas parlé ici !). Et comme j'ai eu un peu de temps pendant les transports, j'ai pu lire Rue des boutiques obscures de Patrick Modiano et Désolée, je suis attendue d'Agnès Martin-Lugand sur mon Kindle. Vous connaissez donc mes prochaines chroniques !

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05 février 2017

Touriste, Julien Blanc-Gras

Touriste, Julien Blanc-GrasTouriste est le troisième livre du journaliste globe-trotter Julien Blanc-Gras paru en 2011 aux éditions Au Diable Vauvert. 

Julien Blanc-Gras se qualifie ni plus ni moins de touriste. Ni explorateur, ni Indiana Jones des temps modernes, juste touriste. Quelqu'un qui parcourt le monde en dilettante, à la rencontre des autres, de leur culture, de leur histoire, de leur quotidien. Touriste est un récit de ses escapades diverses et variées aux quatre coins du monde.

Voyager, c'est un peu ma vie (comme H&M, Monoprix et les crêpes diraient certaines...) et comme Julien Blanc-Gras, si je reste trop longtemps à un endroit, je finis par avoir les semelles qui me démangent (c'est le cas en ce moment). Ce livre était donc fait pour moi et je me suis régalée à sa lecture.

De la Chine au Proche-Orient, du Royaume-Uni à l'Inde, de la Polynésie au Brésil en passant par Madagascar et le Mozambique, je me suis retrouvée dans beaucoup de réflexions et de situations décrites par l'auteur et j'ai éclaté de rire plus d'une fois. Car sous couvert d'un regard observateur sur les pays qu'il parcourt, cet amoureux de la géographie et de la cartographie nous livre avec un humour très fin le fruit de ses pensées sur les us et coutumes des autochtones mais aussi - et surtout - sur les touristes. Jamais hautain ni donneur de leçon mais en toute humilité, il parcourt le monde sans jamais être dupe de ce qu'il voit ou ce qu'il vit. C'est beau, souvent drôle, parfois triste, toujours finement étudié.

J'avais commencé à l'envers en lisant l'adapation de ce livre en BD par Mademoiselle Caroline chez Delcourt. Je ne regrette absolument pas d'être revenue à la source en découvrant ce texte. A mettre entre les mains des voyageurs, mais pas que. On est tous touristes...

"Le caractère magique des cartes m'offrait mon premier choc esthétique. Aujourd'hui encore, je reste persuadé que la projection de Mercator, en dépit de ses imperfections, dévoile une grâce supérieure à la Joconde." (p.10)

"Certains veulent faire de leur vie une oeuvre d'art, je compte en faire un long voyage. Je n'ai pas l'intention de me proclamer explorateur. Je ne veux ni conquérir les sommets vertigineux, ni braver les déserts infernaux. Je ne suis pas si exigeant. Touriste, ça me suffit. Le touriste traverse la vie, curieux et détendu, avec le soleil en prime. Il prend le temps d'être futile. De s'adonner à des activités non productives mais enrichissantes. Le monde est sa maison. Chaque ville, une victoire. Le touriste inspire le dédain, j'en suis bien conscient. Ce serait un être mou, au dilettantisme disgracieux. C'est un cliché qui résulte d'une honte de soi, car on est toujours le touriste de quelqu'un." (p.12)

"J'ai fait une expérience inédite. C'est une bonne nouvelle en soi. Certaines personnes ne font jamais rien pour la première fois. Ils naissent, ils achètent un canapé, ils meurent." (p.75)

"Dans la plupart des pays, ma couleur de peau trahit le gringo. Je trimballe l'Occident avec moi, je ne peux pas y échapper. Mes origines inspirent la fascination ou le ressentiment, et toute la palette de préjugés se situant entre les deux." (p.109)

"Je n'ai rien contre la géopolitique de comptoir, c'est un miroir grossissant des névroses d'une société." (p.123)

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15 janvier 2017

La cuisinière d'Himmler, Franz-Olivier Giesbert

La cuisinière d'Himmler, Franz-Olivier GiesbertLa cuisinière d'Himmler est un roman du journaliste et écrivain franco-américain Franz-Olivier Giesbert paru en 2013 chez Gallimard.

Rose est née en juillet 1907, au bord de la mer Noire. Parce que sa famille est arménienne, elle est massacrée par les Jeunes-Turcs au nom de la turquification de l'Anatolie. Rose s'enfuit et commence pour elle un drôle de périple, une vie de fuite dans ce siècle meurtrier. Après le génocide arménien, la petite fille est vendue comme esclave sexuelle avant de s'enfuir en France. Mais la Seconde Guerre mondiale sourd. Entre amours désabusées et vengeance qui la ronge, Rose vit avec une détermination farouche et se lance dans la seule chose qui anime sa vie : la cuisine.

Roman étonnant et détonnant s'il en est, La cuisinière d'Himmler vous déroute et vous malmène dès les premières pages. L'intrigue débute alors que Rose a cent-quatre ans, une vie des plus remplies, et des souvenirs en pagaille. Quand une lettre lui parvient d'Allemagne, elle se décide à écrire ses mémoires, le récit de sa vie de bohème, "un livre pour célébrer l'amour et pour prévenir l'humanité des dangers qu'elle court. Pour qu'elle ne revive jamais ce que j'ai vécu." Dès lors, les chapitres alternent entre Marseille, en 2012 - où Rose tient son restaurant La petite Provence - et sa jeunesse sur les routes.

Car Rose a traversé le XXe siècle et toutes ses horreurs : du génocide arménien aux atrocités nazies et à l'horreur maoïste. De la France à l'Allemagne en passant par la Chine et les États-Unis, Rose fuit la violence et tente à chaque fois de se construire une vie stable et heureuse, aimant hommes et femme, célébrant la vie par le sexe.

Au crépuscule de sa vie, avec une détermination et un humour féroces, la vieille dame raconte sa vie. Et c'est drôlement prenant. Franz-Olivier Giesbert dresse le portrait d'une Tatie Danielle impertinente, vulgaire et un brin teigne, qui par ses blessures s'est construit une force de caractère et une vie des plus remplies. Extrêmement documenté sur le siècle, son récit est poignant et ne s'embarasse ni de jolies tournures ni de descriptions longues. Rose - la narratrice - est directe, parfois crue. Mais c'est son journal, sa vie, ses morts et ses amours, et personne ne peut l'empêcher de se raconter comme elle le souhaite, avec l'impertinence que son âge excuse. Un roman solidement construit à l'humour grinçant et ô combien intéressant. Une bien belle lecture qui rafraîchit la mémoire sur le siècle dernier et ses sombres heures.

En bonus de fin : les recettes de Rose (la Parmesane de Mamie Joe, le Plaki de la grand-mère de Rose ou encore le flan au caramel d'Emma Lempereur)

"Si l'Enfer c'est l'Histoire, le Paradis, c'est la vie." (p.382)

"Le bonheur ne nous est pas donné : il se fabrique, il s'invente." (p.382)

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12 janvier 2017

Outlander T.1 Le chardon et le tartan, Diana Gabaldon

Outlander T

Le Chardon et le tartan est une série imaginée par la romancière américaine Diana Gabaldon débutée en 1991. Popularisée par sa récente adaptation en série télévisée, la saga - appelée aussi Outlander ou Le Cercle de pierre - mêle à la fois le roman historique, le fantastique et la romance. 

Inverness, Ecosse, 1945. Claire, vingt-sept ans, revient du front où elle a servi en tant qu'infirmière et profite de quelques jours de retrouvailles avec son mari, Frank. Mais alors qu'elle découvre les environs, Claire est aspirée par un étrange mégalithe et se retrouve catapultée en 1743, alors que la guerre fait rage entre les anglais et les écossais. Déboussolée par ce voyage dans le temps, la jeune femme est sauvée par des Highlanders des griffes de Jonathan Randall, illustre et violent aïeul anglais de son mari. Claire impressionne rapidement les écossais par ses connaissances médicales, utiles sur le champ de bataille et fait la connaissance de Jamie, un Highlander un peu bourru et têtu. 

Complètement sous le charme de l'Ecosse depuis mon voyage en 2014, je ne pouvais que succomber à cette série, découverte par hasard en naviguant sur Netflix. J'ai hésité à la regarder mais j'ai décidé de commencer par le roman. Et j'ai rudement bien fait ! J'ai dévoré les 850 pages de ce premier tome durant les vacances de Noël, ayant moi aussi l'impression de voyager dans le temps, comme Claire, et d'être à ses côtés dans les Highlands en 1743. Diana Gabaldon esquisse dans ce premier tome les contours d'une intrigue des plus riches et documentées. L'histoire est abordée à travers le personnage de Frank, le mari de Claire, mais aussi par les événements que l'héroïne est amenée à vivre. L'Ecosse est un personnage à part entière, faisant l'objet de belles descriptions de sa nature, ses saisons ou encore ses moeurs. 

C'est bien simple : j'ai été complètement happée par cette histoire de voyage dans le temps, secouée comme Claire par la violence du 18ème siècle et ses problématiques, sous le charme moi aussi des écossais qu'elle rencontre, partagée qu'elle est entre la volonté de rentrer à son époque et de changer le cours du temps par sa connaissance des événements futurs. 

Difficile de ne pas trop en dire sur cette intrigue dense et riche. Je n'aurais qu'un conseil : venez nous rejoindre sous la bruine écossaise, au milieu des rébellions jacobites de la première moitié du 18ème. Vous ne serez pas déçus de ce voyage dans le temps... En attendant, moi je suis d'ores et déjà plongée dans le deuxième volet des aventures de Claire ! 

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02 novembre 2016

La justice de l'inconscient, Frank Tallis

La justice de l'inconscient, Frank TallisLa justice de l'inconscient est le premier tome de la série Les Carnets de Max Liebermann imaginée par le psychologue clinicien et romancier britannique Frank Tallis, paru en 2007 dans la collection Grands détectives des éditions 10/18.

Vienne, 1902. Le corps sans vie d'une voyante est découvert dans une pièce fermée de l'intérieur. Si tout porte à croire que la jeune femme s'est donné la mort, l'inspecteur Rheinhardt en doute et appelle à sa rescousse son comparse musicien, le psychiatre Max Liebermann. Et les deux hommes vont avoir fort à faire pour démêler les noeuds de ce crime que beaucoup pensent être l'oeuvre de forces occultes.

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas succombé à l'appel du polar historique et pourtant c'est un genre que j'affectionne tout particulièrement car il permet de s'immerger dans une époque donnée par le biais d'une intrigue policière. Mon dévolu s'est jeté sur ce roman, au résumé prometteur et au contexte historique très tentant, que j'ai déniché aux Carrières de Lumière (ne me demandez pas pourquoi il était en vente à la boutique alors que je sortais d'une expo sur Klimt !)

C'est bien simple : j'ai dévoré les 440 pages de cette intrigue avec un plaisir évident. Frank Tallis nous offre ici un premier tome de qualité qui allie intrigue diablement bien ficelée (qui rappelle brièvement le mystère du Meurtre de Roger Ackroyd d'Agatha Christie) et cadre historique riche et bien documenté. La Vienne impériale du début du XXe siècle est extrêmement bien rendue, la géographie de la ville maîtrisée par l'auteur (un plan en préambule permet d'en avoir un rapide aperçu) et les moeurs dépeintes avec soin. Pas d'anachronisme ici ni de personnage féminin qui s'extraie de sa condition et défie les lois de la bienséance mais un roman qui respecte les codes en vigueur à l'époque. Même les dialogues rendent compte de cette courtoisie propre au niveau social des personnages et sont empreints d'une politesse sans égale. La plume de Frank Tallis, soignée et précise, porte le roman de façon efficace.

L'intrigue permet en outre de croiser des personnalités historiques - Freud ou encore le compositeur Gustav Mahler - et d'interroger les avancées scientifiques de ce début du XXe siècle. C'est brillant !

Quant aux personnages, le duo formé par les deux enquêteurs - l'un inspecteur de police et l'autre médecin - fonctionne à merveille, chacun contribuant à l'enquête par sa forme d'intelligence et ses affinités. La galerie de personnages secondaires est intéressante et laisse présager une suite des plus délicieuses. Le versant psychologique et psychiatrique est dépeint avec soin et offre au roman une dimension peu commune.

Bref, un excellent roman bien loin de certains polars qui optent pour un contexte historique dans le but de se donner une certaine légitimité mais qui n'offrent de ce cadre qu'un décor en carton pâte décevant et bien souvent bourré d'anachronismes. La justice de l'inconscient est sans conteste le meilleur polar historique que j'ai pu découvrir ces dernières années et encore un beau coup de coeur à noter sans tarder !

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22 octobre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers, Ransom Riggs

Miss Peregrine et les enfants particulier, Ransom RiggsMiss Peregrine et les enfants particuliers est le premier roman du blogueur et écrivain voyageur américain Ransom Riggs paru en 2012 chez Bayard. Il fait l'objet d'une adaptation cinématographique par Tim Burton sortie le 5 octobre. 

Jacob, seize ans, est effondré à la mort brutale de son grand-père. Ce dernier, qui semblait fantasque aux yeux de sa famille, n'a cessé de raconter à Jacob des récits fabuleux sur son enfance. Juif Polonais émigré sur une petite île du Pays de Galles, Abe -c'est son nom - y a vécu des jours heureux dans un orphelinat un peu singulier. Ce dernier, dirigé par Miss Peregrine Faucon, accueillait des enfants particuliers. Des enfants dotés de dons. Alors que Jacob a toujours pensé que son grand-père affabulait, sa mort dans des circonstances étranges le font douter. Et si finalement Abe n'avait rien inventé ? Et si cet orphelinat existait réellement ? Qu'en est-il de ces enfants qui y vivaient cloîtrés ? Pour en avoir le coeur net, Jacob supplie ses parents de partir mener l'enquête sur  l'île. Et ce qu'il va y trouver va changer sa vie à jamais...

Vous connaissez ma propension à découvrir les romans à l'origine des films. Et si j'étais passée à côté de cette publication lors de sa sortie française, j'ai vite remédié à ce problème en la dévorant en deux jours avant d'aller voir comment Tim Burton l'a traitée.

Ransom Riggs a imaginé dans ce roman un univers très sombre, mêlant cauchemars peuplés de monstres et atrocités liées à la Seconde Guerre mondiale. Jacob évolue dans ce présent sombre, hanté par le souvenir de son grand-père et de ses histoires extraordinaires. L'enfance est omniprésente dans cette intrigue peuplée d'enfants et d'adolescents coincés dans une boucle temporelle les empêchant de vieillir. Le personnage de Jacob - narrateur de l'intrigue - possède une psychologie vraisemblable et bien esquissée, tandis que gravitent autour de lui une galerie de personnages secondaires intéressante mais qui mériterait davantage d'attention. Peut-être que le deuxième tome s'attardera plus sur ces enfants particuliers et leur offrira une psychologie plus individualisée...

Conte poétique, ode à l'enfance, Miss Peregrine et les enfants particuliers est aussi une réflexion intéressante sur la notion de mal, entre monstres imaginaires et horreurs de la guerre. L'intrigue aborde des thématiques variées avec une grande finesse - les premiers émois, la question de la différence et de la tolérance, le devoir de mémoire, les relations intergénérationnelles, la peur, etc.- et l'ensemble se met en place de façon rythmée. Pas de temps mort dans ce premier tome qui augure une suite des plus intéressantes.

Vous aurez compris, j'ai passé un très bon moment dans ces pages, parfaites à découvrir en ce début d'automne. Le deuxième tome m'attend sagement dans mon Kindle et je ne vais pas tarder à le découvrir ! Une fois refermé ce roman, le parallèle avec le film Big Fish, précédemment réalisé par Tim Burton, m'a sauté aux yeux. Dans les deux cas, l'intrigue se centre sur un échange inter-générationnel autour des fabuleux souvenirs d'enfance d'un vieil homme. Le scepticisme du jeune (fils ou petit-fils) laisse progressivement la place à  la compréhension de son aïeul et celui qui semblait un peu fou récupère uneimage légitimité aux yeux de sa famille. Les thématiques sont donc assez proches. J'attends de voir comment Tim Burton a traité ce roman, mais la bande-annonce (que je vous mets ci-dessous pour ceux qui étaient passés au travers) semble définitivement beaucoup plus sombre et effrayante que le doux Big Fish aux couleurs surannées.  Voici ma troisième participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou !

 

20 octobre 2016

La prophétie de Glendower T.1, Maggie Stiefvater

La prophétie de GlendowerLa Prophétie de Glendower est le premier tome d'une quadrilogie imaginée par la romancière et illustratrice américaine  Maggie Stiefvater, paru en 2013 chez Blackmoon.

Blue, seize ans, vit entourée de mediums. Toutes les femmes de sa famille possèdent un don pour l'art divinatoire. Toutes sauf Blue, qui exacerbe par sa présence le don des autres, sans n'en posséder aucun elle-même. Depuis qu'elle est petite, toutes ces voyantes se sont accordées sur un point : si Blue embrasse l'amour de sa vie, il mourra. Cette prophétie bien ancrée en elle, Blue renonce donc à tomber amoureuse. Jusqu'au jour où elle rencontre un groupe de garçons d'une prestigieuse école. Quatre garçons mus par le même objectif : trouver la dépouille du prince gallois Glendower. A la tête de ce groupe, Gansey, dont Blue a vu apparaître le fantôme lors d'une cérémonie la veille de la Saint-Marc. La jeune fille est troublée car un esprit se manifeste dans deux situations précises : soit il est l'amour de sa vie, soit elle est la cause de sa mort. Horrifiée par cette signification, Blue se greffe à  la quête des garçons pour découvrir les lignes de ley et le tombeau de Glendower et éviter que la prédiction ne se réalise.

Si vous me connaissez un tant soit peu, vous savez que ce livre n'avait aucune chance de croiser ma route. Et quand je dis aucune, je pèse mes mots. Je lis peu de young adult (je le fais essentiellement pour mon travail), la première de couverture laisse entendre une romance un peu mièvre et éculée et la maison d'édition fait partie de celles vers lesquelles je ne vais pas spontanément. Je n'ai rien contre Black Moon, cela va sans dire, mais leur ligne éditoriale ne me correspond pas du tout et le fait que ce texte soit publié chez eux m'aurait fait passer à côté. Heureusement, une collègue du club lecture du lycée (merci Amélie !) a fait l'apologie de ce texte qu'elle lisait l'année dernière en anglais, et j'avais été intriguée par son enthousiasme. Elle avait ajouté que l'édition française pouvait faire passer inaperçu ce roman, le noyant parmi des bluettes de bit-lit et des romances adolescentes et que ça serait fort dommage. Ce n'était bien entendu pas tombé dans l'oreille d'une sourde. Sitôt que j'en ai eu l'occasion, j'ai acheté ce roman pour le CDI de mon lycée, et en bonne documentaliste que je suis, je me suis octroyé la primeur de sa lecture. Et j'ai rudement bien fait ! Effectivement, passez outre la couverture très Twilight, le sous-titre "Si elle embrasse l'amour de sa vie, il mourra" et partez à la découverte de ce texte extrêmement bien construit et à l'intrigue des plus prometteuses !

Maggie Stiefvater soigne le début de sa quadralogie en plantant un décor solide à l'ambiance léchée et en prenant le temps d'y installer ses personnages. Ces derniers sont bien loin d'être des caricatures de personnages adolescents et possèdent une psychologie fine que l'auteure dépeint avec attention. La narration à la troisième personne change de point de vue et permet de passer d'un personnage à l'autre, balayant ainsi le spectre de leurs préoccupations. C'est subtil, intelligent et tout se tient. L'apport historique lié au personnage de Glendower est d'autant plus intéressant et offre à la quête des quatre Corbeaux - Gansey et ses amis, surnommés ainsi car le corbeau est l'emblème de leur école - une visée culturelle intéressante.

L'intrigue se met en place doucement, chaque élément s'emboîtant patiemment jusqu'à ce que le tout s'accélère brusquement, vous empêchant de reposer le livre. C'est simple : moi qui peine à poursuivre les séries (je préfère de loin les titres isolés à quinze tomes d'une série qui n'en finit pas), une fois reposé ce roman, je n'ai eu d'autre choix que d'emprunter la suite (que j'avais heureusement achetée pour le CDI). Donc en gros, oui on dirait une romance de fantasy, oui la maison d'édition laisse sous-entendre ça mais que nenni : foncez ! Vous allez découvrir un texte étonnant, mêlant histoire et problématiques adolescentes et sociales, loin des poncifs du genre et vous n'aurez plus envie de le lâcher.

 Voici ma deuxième participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou !

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03 octobre 2016

La petite couturière du Titanic, Kate Alcott

La petite couturière du Titanic Kate AlcottLa petite couturière du Titanic est un roman de la journaliste américaine Patricia O’Brien, qui écrit sous le pseudonyme de Kate Alcott, paru en 2012 aux États-Unis avant d'être traduit en français et de paraître aux Éditions de l'Archipel en avril 2016.

10 avril 1912, le Titanic quitte le port de Southampton en direction de New York. A son bord, Tess Collins, une jeune gouvernante qui rêve de vivre de ses talents de couturière. La jeune fille vient d'être miraculeusement embauchée par Lucy Duff Gordon, la célèbre et non moins impressionnante créatrice de mode. Durant la traversée, Tess fait la connaissance de deux hommes - un marin et un riche homme d'affaires - avant que le naufrage ne les sépare. Sauvée de justesse, la jeune femme survit à la tragédie sans connaître le sort de ceux qui avaient fait chavirer son coeur. A New York, entre l'enquête sur le naufrage et ses débuts dans la mode, la jeune anglaise découvre une nouvelle vie.

Publié sous le titre The Dressmaker, La petite couturière du Titanic est une jolie romance qui mêle Histoire et fiction. Si le titre français peut faire penser que l'intrigue va se dérouler durant la traversée du Titanic, il n'en est rien car celle-ci, ainsi que le naufrage, sont évacués en début de roman et l'intrigue se concentre davantage sur la nouvelle vie de Tess à New York et les suites juridiques du drame du Titanic que sur la vie à bord. J'ai donc été quelque peu déçue de ce titre alléchant et en ouvrant ces pages, je m'attendais davantage à trouver des détails sur la vie sur le paquebot que sur l'enquête qui a suivi son naufrage.

Néanmoins, ma déception a rapidement été balayée par l'intérêt que j'ai porté aux détails historiques de l'intrigue. Non seulement les suites du naufrage sont historiquement fondées et bien documentées, mais certains personnages ont réellement existé, comme Lucy Duff Gordon. La créatrice de mode, dont la carrière était alors à son apogée, a ainsi créé la polémique quant aux conditions de sa survie au naufrage et sa carrière, entachée de ce scandale, ne s'en est jamais remise.

Le milieu dans lequel évolue Tess m'a également conquise - celui de la mode et de la création - et j'ai aimé suivre les pas de cette jeune anglaise dans le gigantisme de la grosse pomme du début du 20ème siècle. Si la romance est conventionnelle et sans surprise, j'avoue que je n'y ai pas prêté réellement attention. J'ai aimé ce que j'étais venue chercher dans ce roman : un contexte historique documenté et précis, sur fond de création et de mode.

En bref, une romance historique bien ficelée, bien documentée, qui ravira les amateurs d'histoire et de beaux sentiments. Merci à LP Langage&Projets et aux éditions de L'Archipel pour la découverte de ce roman.

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01 juin 2016

Meurtre à Oxford, Tessa Harris

Meurtre à Oxford, Tessa HarrisMeurtre à Oxford est le premier tome des aventures du Dr Silkstone, imaginé par Tessa Harris. Il est paru en avril aux éditions de l'Archipel.

Londre, 1780. Thomas Silkstone est un jeune anatomiste qui vient tout juste de débarquer de Philadelphie. Promis à une belle carrière, il enseigne avec passion l'art de disséquer à des étudiants en médecine et offre ses services aux particuliers. Mais quand Lady Lydia l'appelle à l'aide pour élucider le mystère de la mort de son frère, le jeune anatomiste n'hésite pas à se rendre à Oxford pour étudier la dépouille du Comte Crick. Celle-ci est en mauvais état après plusieurs jours exposée à la chaleur et personne ne pense que le jeune médecin pourra y trouver quelque indice. Mais cela serait sans compter l'habileté de Thomas pour la dissection...

J'aime accorder mes lectures à la météo, c'est un fait. Ainsi, l'automne et l'hiver, je me délecte d'une tasse de thé avec des romans anglophones, souvent, ou des feel good pour leur côté cosy et doudou parfaits pour contrer la grisaille et le froid, tandis qu'au printemps et à l'été j'aime visiter des contrées éloignées, m'embarquer dans la touffeur d'un été africain, australien, ou japonais, ou lire des romans qui me font sortir de ma zone de confort, des auteurs que je ne connais pas, me réveiller les méninges en m'attaquant à de grands noms que je n'ai toujours pas lus. Bref, vous me voyez venir... Je ne vous parlerai pas de la météo cataclysmique de ce mois de mai (on le fait suffisamment à toute occasion vues les circonstances !), mais je vous dirai plutôt que j'ai sauté sur l'occasion du Mois anglais organisé par Lou et Cryssilda pour me dégoter une PAL, certes automnale, mais tellement adaptée à l'été parisien que nous avons en ce moment.

C'est donc tout naturellement que je me suis plongée dans ce roman qui se déroule dans un Londres bruyant et sale du 18e siècle. Le lecteur suit les aventures du jeune Thomas Silkstone et semble regarder par dessus son épaule à chaque fois que celui-ci dissèque. L'enquête se déroule entre Oxford et Londres - où le jeune anatomiste a son laboratoire - et avance à bon point. Silkstone possède une psychologie intéressante mais très rapidement esquissée dans ce premier tome et qui laisse rapidement le lecteur sur sa faim. Les autres personnages, trop rapidement décrits tant physiquement que moralement, ne sont que des fantômes secondaires qui errent autour de lui. 

Si l'aspect historique de la médecine légale est en tout point intéressant (je n'avais par exemple jamais réfléchi aux conditions d'exercice des anatomistes de l'époque, sans chambre froide), je vous avoue que je me suis rapidement ennuyée dans cette intrigue cousue de fil blanc. Les événements s'enchaînent de façon trop prévisible et n'ont pas réussi à maintenir mon intérêt éveillé. J'ai poursuivi cette lecture non pas tant pour savoir si le Comte Edward avait été assassiné (ce dont on se doute avec le titre, mais il faut plus de 150 pages au jeune médecin pour en arriver à cette conclusion) ni par qui, mais parce que j'ai aimé me plonger dans l'Angleterre du 18e, ses moeurs, son histoire. Même si Tessa Harris n'a pas mis un accent particulier sur ces aspects-là, ils sont présents et confèrent à ce roman une épaisseur dont il serait dépourvu le cas échéant. Une lecture en demi-teinte, donc, qui m'a permis d'en apprendre plus les conditions de la médecine légale à travers l'histoire et de retrouver cette Angleterre chère à mon coeur. Je remercie néanmoins Lysiane de Langage&Projets et les Editions l'Archipel pour ce roman.

Voici ma participation du jour pour l'ouverture du Mois anglais

organisé par Lou et Cryssilda !

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20 mai 2016

Les délices de Tokyo, Durian Sukegawa

Les délices de TokyoLes délices de Tokyo est le premier roman traduit en français du touche-à-tout Durian Sukegawa (vous en connaissez beaucoup des personnes diplômées de philosophie, de l'Ecole de pâtisserie du Japon, romancières, essayistes, poètes, clowns, scénaristes, animateurs radio ? Moi non...). Il est paru en février cette année chez Albin Michel et a donné lieu à une adaptation ciné par Naomi Kawase en 2015.

Sentarô est gérant d'une minuscule pâtisserie tokyoïte spécialisée en dorayaki, ces douceurs japonaises composées de deux pancakes réunis par une pâte de haricots rouges, le an. Le commerce vivote et Sentarô prend peu de plaisir à son activité. Un jour, une vieille dame lui demande du travail. Sentarô accepte à contre-coeur que Tokue, c'est son nom, travaille à ses côtés. La septuagénaire souffre de malformations au niveau des mains et Sentarô craint que cela ne fasse fuir la clientèle. Mais très vite, il se rend compte que Tokue maîtrise à la perfection l'art des doroyaki, préparant une pâte de haricots rouges succulente. A ses côtés, Sentarô reprend goût à la vie et découvre un univers simple et apaisant. Mais Tokue reste très discrète sur sa vie et cache un lourd secret que Sentarô ne tarde pas à découvrir.

Je n'ai jamais besoin qu'on me tente pour avoir envie de manger japonais, c'est une chose communément admise. Mais je ne connaissais pas les dorayakis... Sacrilège pour certains, catastrophe pour d'autres - comme mon porte-monnaie - car ce roman est une véritable ode à cette pâtisserie ! Les description de son élaboration sont minutieuses et je défie quiconque  qui ouvrira ces pages de ne pas se laisser gagner par la faim !

Les délices de Tokyo est un roman tout en douceur et en poésie, qui entraîne son lecteur dans cette minuscule pâtisserie, aux côtés de Sentarô. Le temps s'écoule lentement, au rythme du cerisier planté devant la boutique, et les personnages évoluent doucement. Les liens qui les unissent sont discrets, pudiques, mais bien là et c'est tout en douceur que chacun des personnages change au fil des pages. La traduction du japonais offre une langue fluide, imagée, très poétique. Il est difficile d'en dire plus, sans trop en dévoiler.

Une parenthèse très touchante, une belle plongée dans le Japon d'aujourd'hui et d'autrefois. Un roman qui se déguste du bout des doigts, comme les dorayaki préparés avec amour par Tokue. Une très belle découverte que je suis heureuse de partager avec vous aujourd'hui. (maintenant, il ne me reste qu'à foncer dans une boutique japonaise pour découvrir ces petites merveilles !)

Je vous laisse avec la bande-annonce du film :

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