Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

17 juillet 2014

Le génie des coïncidences, J.W. Ironmonger

Le génie des coïncidencesLe génie des coïncidences est un roman de J.W. Ironmonger paru en juin 2014 chez Stock.

Thomas Post est un universitaire spécialisé dans la thèse des coïncidences. Tout événement n'est, selon lui, que le fruit du hasard et toute notion de coïncidence n'est qu'une interprétation de l'enchaînement de faits que ses calculs mathématiques déconstruisent.
Fort du succès de sa théorie, le jeune maître de conférence voit sa thèse mise à mal lorsqu'il rencontre Azalea Lewis, une jeune femme dont la vie entière semble régie par de curieuses coïncidences. Cette dernière le met au défi de lui prouver que sa thèse des coïncidences s'applique à sa drôle de vie.

Voilà un roman diablement rafraîchissant. J.W. Ironmonger entraîne son lecteur dans une intrigue à tiroirs à la fois temporels et géographiques. De 1982 à 2012, de Londres à l'Ouganda en passant par l'Irlande, Thomas va se lancer sur les traces du passé d'Azalea pour essayer de tester sa théorie sur son histoire personnelle.
Les chapitres se succèdent, alternant les époques de narration sans jamais perdre le lecteur, et ce dernier de suivre avec minutie le cheminement intellectuel du jeune universitaire pour voir si sa théorie n'est pas bancale.
L'émotion est au rendez-vous de cette intrigue qui allie fiction et Histoire - avec notamment les enlèvements d'enfants en Ouganda - et les rebondissements, nombreux, tiennent le lecteur en haleine.

J'ai lu ce roman d'une traite, dévorée par la curiosité, m'interrogeant au passage moi aussi sur cette étrange notion de coïncidences. Et si... Et si nos vies étaient dictées par quelque chose ? Et si le hasard n'existait pas ? Et si tout convergeait vers un point précis ? Et si, finalement, nous n'avions que peu de libre arbitre dans tout ça ? Et pour une fois, ça fait un bien fou de mettre de côté toute rationalité et de se poser en observateur de sa vie en ayant ces questions en tête...
Le génie des coïncidences est une lecture absolument délicieuse, savamment construite, dont je ne peux que vous conseiller la lecture.
Les avis de Cathulu et Clara
.

Un grand merci aux Éditions Stock et à Babelio pour ce roman reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

Une chronique de soukee rangée dans Littérature anglaise - Vos commentaires [18] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,


11 avril 2014

La famille Fang, Kevin Wilson

FangLa famille Fang est le second roman de l'universitaire américain Kevin Wilson paru en 2011 aux États-Unis avant d'être traduit en français et de paraître aux Presses de la Cité en 2013. 

Les Fang. Leur vie ? L'art. Leurs oeuvres ? Des happenings dans lesquels ils se mettent en scène tous les quatre et sèment le chaos au milieu de badauds ahuris. Pour Caleb et Camille, les parents, la vie n'a d'intérêt qu'à travers la création artistique. Pour Annie et Buster - surnommés enfants A et B - ces mises en scène loufoques ponctuent leur enfance et fédèrent leur famille.  
Une fois parvenus à l'âge adulte, Annie et Buster tentent de se construire une vie qui leur est propre et de s'émanciper de leurs parents. Mais ça serait sans compter ces derniers qui disparaissent mystérieusement. Ultime mise en scène ou réelle disparition, Annie et Buster doutent.

Voilà. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas été transportée par une lecture. Happée. Contrainte et forcée de tourner les pages pour en savoir plus. C'est chose faite avec ce roman absolument incroyable. 
La famille Fang est un ovni littéraire, c'est indéniable. A l'image de sa couverture. Un roman à part, qui met en scène des personnages complètement barrés pour qui l'art prévaut. C
aleb et Camille, artistes géniaux, s'interrogent sans cesse sur leur pratique artistique et entraînent le lecteur dans leur réflexion.  Mais face à eux, leurs deux enfants. Contraints de suivre leurs parents dans leurs délires artistiques mais portant un regard distancié sur ces derniers, ils représentent la raison face à l'extrême du génie.  Et c'est par le biais de ces deux personnages plus raisonnables mais non moins torturés que Kevin Wilson amène le lecteur à s'interroger. Où s'arrête l'art ? Quand faut-il cesser de penser à la création pour vivre ? Et quand faut-il cesser la reproduction du schéma familial pour se construire en tant qu'individu ?  
Ce sont toutes ces questions que ce roman aborde à travers une intrigue riche, alternant les époques et les happenings familiaux. On réfléchit avec Caleb et Camille, on reste interloqué face aux situations extrêmes dans lesquelles ils se mettent au nom de l'art, on regarde la création artistique de l'intérieur. Et ça fait du bien. 
Nullement indigeste, jamais élitiste, à la fois drôle et piquant, La famille Fang est un petit bijou dont je ne saurais que vous conseiller la lecture. Il se chuchote qu'une adaptation ciné avec Nicole Kidman et Jason Bateman est prévue pour 2015...    

Coup de coeur

J'avais dit que c'était fini... Mais je reviens sur ma décision tant j'ai été chamboulée par ce roman. Sans hésitation aucune, je lui attribue ce logo printanier et lui offre le privilège d'être mon premier coup de coeur 2014.  

 

Une chronique de soukee rangée dans Littérature américaine - Vos commentaires [27] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,

23 mars 2014

Cette chère Sylvia... Dawn French

Cette chère SylviaCette chère Sylvia... est un roman de l'humoriste britannique Dawn French paru en France le 5 mars 2014 aux éditions de L'Archipel.

Un balcon, une mauvaise chute. Une femme étendue dans le coma. Chambre numéro 5, Sylvia. A son chevet défilent ses proches : son ex-mari, sa meilleure amie qui est aussi sa maîtresse, sa soeur, sa fille, son employée de maison. A chacun de leurs passages, tous se livrent, évoquent des souvenirs, font ressurgir des rancoeurs. Qui est finalement Sylvia ? Chacun en dresse un portrait parcellaire. Son portrait d'après sa relation à cette femme.

Cette chère Sylvia... est un roman divertissant, malgré son sujet en apparence lourd, et promet de bons moments de détente à son lecteur. Dawn French met en scène une galerie de personnages à la fois attachants - bien qu'un brin caricaturaux - et souvent décapants. Ils se succèdent au chevet de cette femme qui donne son nom au roman, mais qui n'est finalement qu'un prétexte à ce que tous se confient, et évoquent leurs souvenirs.
Si l'intrigue bascule à certains moments dans l'invraisemblable, l'émotion est néanmoins là, palpable au détour d'une page, dans cette histoire familiale finalement universelle. Non-dits et déchirements, rancoeurs et reproches, les visites à Sylvia sont l'occasion pour chacun de régler ses comptes avec celle-ci, son immobilité et son silence étant propices à délier les langues. Et si la mort qui plane autour de cette chambre numéro 5 apporte une gravité à l'intrigue, elle permet à chaque personnage de jouer sa partition à la perfection.
La narration alternée apporte une dynamique toujours appréciable. Chaque chapitre, pris en charge par l'un des proches de Sylvia, amène son lot de révélations et de souvenirs et tisse le fil d'une intrigue riche en rebondissements.
Une lecture drôle et piquante. L'occasion d'un bon divertissement. Un roman dévoré en deux jours et qui m'a séduite ! 

Je tiens à remercier Sibylle de LP Langages&Conseils et les éditions de  l'archipel pour ce roman.

Une chronique de soukee rangée dans Littérature anglaise - Vos commentaires [20] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,

12 septembre 2013

Une bonne éducation, Sylvia Tabet [Rentrée littéraire 2013]

Une bonne éducation, Sylvia TabetUne bonne éducation est un roman de l'écrivaine et artiste parisienne Sylvia Tabet qui paraît aujourd'hui aux éditions Dialogues.

La vie semble douce, lorsqu'on grandit dans les quartiers aisés de Paris. Mais pour Anne, la narratrice, son frère et sa soeur, sous l'apparente quiétude d'un milieu bourgeois sourd la violence d'une mère. Une enfance partagée entre la peur des coups et les moments de répit, grâce à leur père, leur grand-mère, ou encore la jeune fille au pair. Une enfance noyée par l'angoisse et une vie d'adulte marquée à jamais. Anne se souvient.

Une bonne éducation est un roman dont on ne ressort pas indemne. Le sujet traité est lourd mais abordé par la narratrice avec un détachement qui évite de sombrer dans un pathos éculé. Comme si Anne portait en elle la douleur de cette enfance volée mais avait mis à distance sa peur pour mieux la donner à voir. On évite ainsi les descriptions des coups et autres brimades pour se centrer plutôt sur les souvenirs qu'elle garde de cette période. 
Sylvia Tabet possède une plume d'une finesse étonnante, dotée d'un rythme changeant, à la fois rapide et lent, semblant suivre le cours des pensées de la narratrice. Les mots coulent, avec musicalité, et offrent au regard l'histoire de ces enfants silencieux. 
J'ai été émue par cette histoire, je me suis glissée dans les mots d'Anne, comme pour l'aider à supporter sa douleur, comme pour l'aider à panser son enfance blessée.  
J'ai parfois été déroutée par la chronologie non linéaire, par ces ellipses temporelles et ces souvenirs sans date. Mais finalement j'ai eu l'impression d'écouter parler la narratrice. Et ce qui pourrait être assimilé à une confusion ressemble en réalité au cheminement de sa pensée. Son enfance enterrée, Anne relate ses souvenirs. C'est dur. Mais c'est diablement émouvant.

"Le beau fait du bien. Comme s'il renvoyait à la paix. A la douceur. Le beau fait oublier ce poids constant d'une vie décalée du bien-être et de la sécurité, c'est une forme de consolation ; une liberté, un pansement." (p.118)

"J'ai douze ans, ensemble nous pleurons sur les choses vraiment graves de la vie, ces réalités qui ont fait boule de neige sur notre histoire, sur nos jours empilés ; celles qui ne pourront jamais s'arranger et qui font que l'existence, tout à coup, devient essentiellement le passé, rendant le présent infranchissable." (p.157)

Merci à Julia et aux  Editions dialogie   pour la découverte de ce roman.

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [24] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , ,

22 juin 2013

Pour l'amour du chocolat, José Carlos Carmona

Pour l'amour du chocolatPour l'amour du chocolat est le premier roman de José Carlos Carmona, professeur de musique à l'université de Séville. Sorti en 2010 chez Grasset, il est paru en poche chez J'ai lu en février 2013.

Automne 1963. Eleanor Trap atterit en Suisse et rencontre son oncle, Adrian Troadec. Ce dernier, submergé par la nostalgie, lui raconte comment, en 1922, il tomba éperdument amoureux d'Alma, une jeune violoncelliste. Pour attirer son attention et la séduire, il décida d'ouvrir une boutique de chocolats dans leur ville, Lausanne. Le Petit Chocolat Troadec vit ainsi le jour, et tandis qu'Adrian se perdait d'amour pour Alma, cette dernière s'envolait aux Etats-Unis au bras d'un capitaine de l'aviation américaine.

Voilà un roman qui a su me chavirer comme Soie l'avait fait en son temps. En 165 pages, José Carlos Carmona nous entraîne dans le sillage d'une famille, de 1922 à 2001, de la Suisse à l'Italie, en passant par la France et les Etats-Unis. Plusieurs générations se succèdent, avec comme point d'ancrage Le Petit Chocolat Troadec, la chocolaterie fondée par Adrian.
Les personnages s'aiment, se déchirent, se séparent pour mieux se retrouver, hésitent, se trompent, se pardonnent. Personne ne s'épargne, et la vie n'épargnera pas les nombreux personnages croisés au fil des pages.
José Carlos Carmona possède une plume très poétique qui m'a fortement rappelé celle de Maxence Fermine et d'Alessandro Barrico. Ses phrases sont cadencées, rythmées et musicales et les images se succèdent au fil des pages.
Et le plus poignant avec ce court roman, c'est que  l'auteur relate l'histoire vraie d'un jeune homme dont la vie s'arrêta brutalement le 21 juillet 2001, lors de la tristement célèbre fusillade à Gènes.

Vous l'aurez compris, Pour l'amour du chocolat fait partie des rares textes qui ont résonné en moi d'une façon particulière. Ils sont trois à m'avoir fait cet effet, depuis l'ouverture de ce blog. J'avais dit que c'était fini, qu'il n'y aurait plus de coup de coeur ici car cela dépendait de trop de critères pour être légitime parfois quelques mois après, mais je ne pouvais pas laisser ce texte comme ça sur mon blog, sans le démarquer des autres. Alors c'est officiel, Pour l'amour du chocolat mérite grandement de voir apparaître un petit logo sur sa chronique. Histoire de vous prouver davantage encore, s'il en était besoin, que j'ai été bouleversée par ce roman. Histoire de vous inciter à le découvrir. Histoire de partager avec vous cette pépite. Et tant pis si c'est la seule lecture à avoir un macaron Coup de coeur 2013 ! L'avenir nous le dira...
Marilyne avait été conquise aussi.

« On était en 1963. Automne 1963. Martin Luther King venait de proclamer au monde : "J'ai fait un rêve". Elle avait vingt-trois ans  ». (p.13)

challenge Des notes et des mots 4Première participation au nouveau Challenge Des notes et des mots d'Anne.

hez Anne

 

 challenge-Des-notes-et-des-mots-4

Quid ? Challenge Des notes et des mots chez Anne

- See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/2011/09/24/22063208.html#sthash.LofZPksK.dpuf

Une chronique de soukee rangée dans Littérature espagnole - Vos commentaires [42] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , ,


22 janvier 2012

Argentina, Argentina... Christophe Léon

Argentina, ArgentinaArgentina, Argentina... est un roman de Christophe Léon paru en août 2011 aux Editions Oskar.

Pascal est journaliste. Pour préparer son article sur les enfants volés par les militaires argentins durant la junte, il part à la rencontre d'Ignacio, un de ces enfants désormais adulte.
Les deux hommes vont s'apprivoiser et Ignacio va livrer à Pascal son histoire et l'histoire de sa famille, lors des heures sombres de son pays. La disparition de ses parents, son adoption par un colonel et sa femme, les retrouvailles avec sa grand-mère, des années après, et sa construction personnelle malgré une enfance brisée.

Argentina, Argentina... est un roman assez court mais d'une intensité dramatique remarquable. Christophe Léon ne s'attarde pas sur des détails inutiles - comme la vie personnelle de Pascal, le journaliste, ou son projet d'article - et prend le parti de centrer son récit sur un pan de l'histoire de l'Argentine, raconté par un personnage adulte à travers ses souvenirs d'enfant.
J'ai été très émue à la lecture de ce récit, le trouvant à la fois vibrant d'émotion et tout en pudeur. Les deux hommes s'apprivoisent progressivement et aplanissent au fil des heures leurs différences culturelles, personnelles, etc. C'est beau, c'est simple. Pas de fioriture ni de plume aux envolées lyriques. Juste une rencontre entre deux personnages et un lourd passé qui ressurgit.
J'ai vraiment passé un très bon moment avec ce roman jeunesse. Il m'a permis d'en savoir un peu plus sur un pays dont j'ignore quasiment tout. Par contre, je m'interroge sur la réception par des adolescents : comment vont-ils appréhender ces détails historiques qui ne sont pas vus en cours, qui ne sont pas médiatisésLecture pro aujourd'hui, dont on ne parle pas en France à l'heure actuelle ? Je le verrai vite, car c'est une lecture que j'ai faite dans un cadre professionnel !

Lectures communesJ'ai lu Argentina, Argentina... en lecture commune avec Eidole, rencontrée il y a peu par blogs interposés (une lecture commune qui nous a permis de mieux nous connaître !) Je m'en vais voir de ce pas ce qu'elle en a pensé !

Une chronique de soukee rangée dans Romans jeunesse - Vos commentaires [17] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,

04 décembre 2011

L'Inde en Fêtes #5 Konark Dance Festival et Elles changent l'Inde

Konark Festival

logo Inde petit

Dernier rendez-vous du Challenge L'Inde en fêtes,
organisé par Hilde et moi,
le Konark Dance Festival
qui a lieu du 1er au 5 décembre 2011 au Temple du Soleil
de la petite ville de Konark, dans l'Etat d'Orissa.
Durant cette période, le temple devient le théâtre d'un des festivals de danse le plus célèbre du pays où amateurs et professionnels se produisent en plein air.


Le 3 décembre 2007, les musiciens accompagnent la troupe de danseuses ODISSI de Bhubaneswar.
(source :
Dailymotion)

 

Elles changent l'IndeA cette occasion, j'ai eu envie de vous présenter Elles changent l'Inde, le catalogue de l'exposition du même nom qui se tient en ce moment au Petit Palais, à Paris.
Publié par Reporters sans frontière, cet album met l'accent sur les défis de l'Inde actuels, et tout particulièrement les initiatives des femmes.

Six photographes de l'agence Magnum Photos ont ainsi passé des semaines en Inde pour mettre en lumière le rôle des femmes dans l'évolution du pays. Des femmes chauffeurs de taxi à celle qui poursuivent leurs études dans le supérieur, en passant aux femmes qui s'investissent en politique ou dans l'industrie cinématographique, les projets sont nombreux et les espoirs naissants.

L'album reprend les photos de l'exposition. En l'achetant (9,90€), on fait un petit geste en faveur de la liberté de la presse. Un hymne à ce pays et à ses bouleversements sociaux et économiques. Un élan d'optimisme éclôt à chaque page et une envie de combattre aux côtés de ces femmes engagées pour leur pays surgit au fil de la lecture et de l'observation de ces photos magnifiques. A lire, sans aucun doute.
Et pour les parisiennes, filez au Petit Palais : cette exposition, qui se tient du 21 octobre au 8 janvier, est gratuite pour tous ! Aucune raison de s'en priver ! Pour en savoir plus sur les horaires et les infos
sur cette page.

 

Pour terminer de vous convaincre,
un avant-goût du travail de chacun des photographes.


 

Photographe : Alessandra Sanguinetti

 

 

Photographe : Patrick Zachmann

 

Photographe : Olivia Arthur

 

Photographe : Raghu Rai

 


 Photographe : Alex Webb

 


 Photographe : Martine Franck

Une chronique de soukee rangée dans Beaux Livres - Vos commentaires [4] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,

26 octobre 2011

L'Inde en Fêtes #4 Diwali et India Dreams T.4 de Maryse et Jean-François Charles

diwali1Avant-dernier rendez-vous de notre année consacrée à l'Inde et à ses festivités avec notre Challenge L'Inde en fêtes organisé par Hilde et moi, la fête Diwali (la fête des lumières).

                                                             logo Inde

Diwali, qui vient du sanskrit et signifie littéralement "rangée de lampes", est une fête célébrée durant 5 jours, commémorant le retour de Rāma à Ayodhya. Le troisième jour -Baṛi Divālī, « la grande Divālī » - est le jour plus important de cette fête car il célèbre la déesse Lakshmi, les quatre autres étant associés à différentes légendes et traditions. Ce troisième jour est aussi le dernier de l'année du calendrier hindou Vikram, utilisé dans le nord de l'Inde. Le lendemain, début de la nouvelle année hindoue, est connu sous le nom d’Annakut dans le nord de l'Inde.
A l'occasion de Diwali, des bougies sont allumées dans les rues et des feux d'artifices tirés. C'est une fête très populaire en Inde. Les Hindous mais aussi les Sikhs ainsi que les Jaïns la célèbrent, chacun attachant la symbolique de sa religion.
Une légende raconte que Parvati, la femme de Shiva, joua aux dés toute une nuit durant Diwali et prédit que tous ceux qui joueraient à cette période seraient prospères toute l'année.

A l'occasion de cette fête, Hilde a lu Les ombres de Kittur,
Sharon Le bureau de mariage de M. Ali
et moi j'ai terminé ma lecture de la série India Dreams.

IndiaDreams4_20092005

Il n'y a rien à Darjeeling est le quatrième tome de l'excellente série India Dreams, paru en 2005.

1965. La fille d'Emy, Kamala, est emprisonnée à Katmandou, accusée avec ses amis hippies de l'assassinat d'un policier corrompu. Acquittée, elle se rend au chevet de Jarawal, son père biologique qu'elle croyait mort. Et l'histoire de sa famille lui est peu à peu révélée grâce au journal intime d’un ancien colonel britannique de l’Armée des Indes qui n'est autre que son arrière-grand-père.

Ce dernier tome clôt la fantastique histoire écrite à quatre mains par Maryse et Jean-François Charles. Analyse de l'Inde coloniale et de l'histoire de ce pays, cette fiction en retrace les époques charnières à travers des personnages bouleversants.
Ce dernier tome est à l'image des précédents : porté par des dessins somptueux, il se dévore des yeux et laisse le lecteur sous le charme et rêveur. L'intrigue trouve un dénouement inattendu qui explique les 3 tomes précédents et offre à l'histoire familiale une dimension toute particulière.
Ce tome n'est pas à proprement parler le dernier de la série : un cinquième et un sixième sont parus mais se concentrent sur les personnages et sur les dessins.

Et voici ma 27e participation
à la BD du mercredi de
Mango !

Logo_BD_du_mercredi_de_Mango_1


Et ma 18e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note : 16/20)

Logo_top_bd_2011

 

 

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [11] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , ,

25 août 2011

L'invité, Roald Dahl

D'origine norvégienne, l'écrivain Roald Dahl est né en 1916 au pays de Galles. Mondialement connu pour ses oeuvres de littérature de jeunesse aussi loufoques qu'oniriques - entre autres Charlie et la chocolaterie, Le Bon Gros Géant, Matilda -, il n'en demeure pas moins l'auteur de nombreuses nouvelles, de scénarios ainsi que de deux textes autobiographiques, Moi, boy et Escadrille 80. L'invité est une nouvelle parue en 1976 dans le recueil La grande entourloupe.

L'intrigue débute par une mise en abyme mystérieuse : le narrateur, dont on ignore tout, reçoit un matin un énorme colis contenant l'autobiographie que son oncle Oswald lui lègue. Vingt-huit volumes en cuir reliés. Désireux de connaître la vie tumultueuse de ce parent éloigné, il dévore l'intégralité de ces livres avant de se demander si une éventuelle publication d'un extrait ne serait pas bénéfique. Mais l'oncle Oswald a eu une vie des plus riches en plaisirs, notamment de la chaire. Le narrateur décide donc de ne publier qu'un épisode : celui dans lequel son oncle, fuyant le Caire où il a séduit la maîtresse d'un personnage haut placé, se trouve en panne en plein désert du Sinaï et est hébergé chez un homme étrange. Sa demeure ? Un château magnifique au milieu du désert. Sa raison ? Garder jalousement sa fille en âge d'être mariée. Pour le séducteur Oswald, l'affaire est trop tentante pour ne pas y succomber...

L'invité est une de ces nouvelles, très courte - 95 pages -, qui peut se targuer d'emmener son lecteur dans un univers riche et haut en couleurs. Roal Dahl nous entraîne ici dans les confins d'un Orient aux senteurs des Mille et Une Nuits. Impossible de ne pas penser à ce texte lors de cette lecture.
La forme du récit, tout d'abord, n'est pas sans rappeler les contes fruits de l'imagination de Shéhérazade chaque fois que le jour se couche. Les péripéties sont nombreuses, malgré la brièveté du texte, et le dénouement non moins moralisateur. Imaginer un personnage séducteur comme Oswald Hendryks Cornelius qui sème le trouble dans les ménages ne peut se solder par une victoire de ce dernier...
Le cadre, ensuite, le désert du Sinaï, participe de cet exotisme enchanteur qui embrasse les fantasmes occidentaux sans jamais y sombrer. La focalisation interne au personnage d'Oswald permet d'agrémenter ce voyage d'une fantaisie et d'un comique rare grâce à ses remarques et ses observations. Roald Dahl réussit avec brio à nous conduire exactement là où il l'entend avec le brin d'excentrisme qu'il souhaite.
Si le héros semble être l'archétype du séducteur invétéré, Roal Dahl déroute son lecteur en parant celui-ci d'un physique banal qui lui permet de se dissimuler des hommes pour mieux séduire par son verbe leurs épouses. Ses bizarreries et autres loufoqueries cassent également cette image ridicule d'homme à femmes. Oswald est ainsi hypocondriaque (la scène de la panne à la station service possède un sens comique incroyable), collectionne les scorpions et les araignées pour mieux séduire ces dames, chante de l'Opéra quand il conduit et possède une collection de cannes incroyable.48925717_p

Avec L'invité, Roald Dahl signe une nouvelle audacieuse, au rythme rapide et à la fantaisie rare. Une petite pépite qui offre une dimension nouvelle aux textes de littérature de jeunesse signés par le grand homme. Je l'inscris bien entendu dans le Challenge 2 euros organisé par Cynthia.

Une chronique de soukee rangée dans Littérature anglaise - Vos commentaires [5] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,

24 août 2011

Le journal de mon père, Jiro Taniguchi

_photoChaque rencontre avec un album de Taniguchi est un moment rare. Si j'ai dénoncé récemment un complot visant à faire succomber les blogueurs aux albums de Chabouté (dans ce billet), je pense que certains vont soupçonner la même manoeuvre à l'encontre de Taniguchi !

Le journal de mon père est un album inspiré de la vie de Taniguchi lui-même qui, par paresse et manque de temps d'après lui, n'est pas revenu dans sa ville natale durant une quinzaine d'années. Dans ce laps de temps, beaucoup de choses ont changé. C'est ce que remarque le narrateur de cette histoire. De retour à Tottori, son village natal, pour les obsèques de son père, il évoque avec les membres de sa famille, lors de la veillée funéraire, son enfance et son départ pour Tokyo. Les ressentiments enfantins à l'égard de son père sont toujours présents, mais la mort l'empêche désormais de résoudre ces incompréhensions et ces silences. Le narrateur se perd dans ses souvenirs et pleure ce père incompris disparu trop tôt.taniguchi-le-journal-de-mon-pere

Jiro Taniguchi, pour ceux qui le connaissent et l'apprécient, ne déroge pas à la règle avec cet album vibrant d'émotion. Il nous livre à nouveau une intrigue simple, fondée sur les relations familiales, qui tend à une certaine forme d'universalité. Regrets, rancoeurs et pardon sont au coeur de cet album très riche. Avec une esthétique bichromique toujours très étudiée, Taniguchi nous donne à voir des personnages à la psychologie fine, permettant ainsi une vraisemblance troublante.
Chaque planche semble découpée et organisée de manière à mettre en valeur la poésie du texte et de cette tranche de vie narrée. Les silences sont toujours aussi présents, et offrent à cette lecture une lenteur savoureuse.
Je milite encore une fois, et je rabâche : Taniguchi est un auteur à découvrir. Même si on a peur des mangas (si si, ça existe), même si on ne lit pas beaucoup de BD, même si le Japon ne nous nous attire pas. Essayez, une fois, et venez m'en parler. Je suis quasiment sûre du résultat...

Les avis de Delphine, Mathilde et L'Emile sur cet album.

Et ce titre signe mon retour à la BD du mercredi de Mango,
après une longue pause estivale,
en tant que dix-neuvième participation !

Logo_BD_du_mercredi_de_Mango_1

 

Et mon retour au Top BD des blogueurs de Yaneck
en tant que onzième participation (note : 17/20) !
Logo_top_bd_2011

 

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [34] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , ,