Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

12 avril 2016

Les gens dans l'enveloppe, Isabelle Monnin

Les gens dans l'enveloppeLes gens dans l'enveloppe est un livre pluriel d'Isabelle Monnin accompagné d'un CD dirigé par Alex Beaupain paru en septembre 2015 chez JC Lattès.

A l'origine du projet ? Un lot de photos qu'Isabelle Monnin achète un jour sur internet et qu'elle reçoit un jour par la poste, dans une grande enveloppe.  Elle y découvre une famille et ses souvenirs ,et peu à peu germe une idée : et si elle écrivait l'histoire de ces gens sur ces photos, de ces gens dans l'enveloppe ? Et une fois cette histoire écrite, de se lancer ensuite dans une enquête sur les traces de ces anonymes, afin de découvrir leur identité et de voir si roman et réalité se rejoignent. Isabelle Monnin écrit donc sa fiction, puis armée d'un pacte d'écriture qu'elle a conclu avec elle-même - ne pas retoucher le roman malgré les découvertes de l'enquête - elle se lance sur les traces de ceux qui la hantent depuis un bout de temps. Et de découvertes en découvertes, elle partage son projet avec Alex Beaupain qui décide de mettre en musique tout ce projet.

J'avais entendu énormément de bien de ce livre et j'ai eu la belle surprise de le recevoir en cadeau pour mes partiels. Dès mon retour du Vietnam, je me suis plongée dans ce livre protéiforme - tour à tour roman, enquête et photos - et son CD. Et les mots me manquent pour parler de mon ressenti tant j'ai été séduite par ce projet qui n'est pas sans me rappeler ceux de Sophie Calle.

La plume d'Isabelle Monnin est empreinte d'une poésie des plus touchantes dans son roman et confère aux personnages une fragilité déconcertante. Une fois le roman lu, place aux vraies personnes, aux vrais gens dans l'enveloppe, et à leur histoire, leur vie. Troublantes similitudes, émouvantes fragilités, les personnes font échos aux personnages et se répondent de façon incroyable. J'ai dévoré chacune des parties de ce livre en faisant une petite pause entre les deux, le temps de me laisser pénétrer par les gens qui les hantent. Je ressors bouleversée par ce projet, complètement charmée par la démarche d'Isabelle Monnin, émue, aussi, par ce que j'ai pu lire et découvrir. Un gros coup de coeur, sans hésitation aucune, que je vous encourage vivement à découvrir ! Merci Sébastien pour ce chouette cadeau !

D'autres lectrices de ce livre : Enna, Saxaoul , Lasardine, Sandrine, etc.

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09 avril 2016

Le Livre des Baltimore, Joël Dicker

BALTIMORE

Le livre des Baltimore est le troisième roman du suisse Joël Dicker, paru en septembre 2015 aux éditions de Fallois. Reprenant le personnage de Marcus Goldman rencontré dans son précédent roman La vérité sur l'affaire Harry Québert, ce roman se centre sur la famille de Marcus et revient sur la jeunesse du personnage.

 Marcus Goldman, le personnage principal de La Vérité sur l'affaire Harry Québert, décide de quitter New York pour revenir sur les traces de son enfance, dans la moiteur de la Floride. Après le succès de son premier roman, Marcus décide d'écrire sur sa famille et de se replonger dans l'histoire de celle-ci. Dans la famille Goldman existent deux branches, nommées d'après leur lieu de résidence : les Goldman de Baltimore, à la réussite éclatante et à la richesse de bon goût, et les Goldman de Montclair, classe moyenne et vie sans éclat. Pour le Marcus adolescent, qui appartient à la branche Montclair, les Baltimore exerçaient une attraction sans pareille. Se replongeant dans ses souvenirs d'étés flamboyants, avec Hillel, son cousin, et Woody, le jeune délinquant adopté par les Baltimore et sauvé de ses troubles par une brillante carrière sportive, Marcus décortique son passé jusqu'à comprendre comment tout a basculé.

Je ne sais pas si c'est la malédiction liée à son précédent roman ou si Joël Dicker est un réel magicien des mots et des histoires, mais Le livre des Baltimore a eu le même effet sur moi que La vérité sur l'affaire Harry Québert : je l'ai dévoré en trois jours, incapable de quitter ces pages, hypnotisée par l'histoire de cette famille. Joë Dicker imagine des personnages si réalistes et aux vies si vraisemblables que ça en est troublant. Amours, amitiés et haine se fondent en un tourbillon de sentiments mêlés aux souvenirs de Marcus, "l'écrivain" comme tous l'appellent. Entre passé et présent, la narration alterne et comme d'habitude Joël Dicker distille avec brio un suspense haletant. Les deux époques convergent, le passé teinte progressivement le présent et le lecteur de tenter de comprendre le prologue, où tout bascule. Une réussite, sans conteste, que je vous conseille de découvrir au plus vite !

"Ce que nous faisions là-bas ? Nous vivions notre jeunesse triomphale. Nous allions dompter l'océan. Nous chassions les filles comme des papillons. Nous allions pêcher. Nous allions nous trouver des rochers pour sauter dans l'océan et nous mesurer à la vie." (p.42)

"Rêve, et rêve en grand ! Seuls survivent les rêves les plus grands. Les autres sont effacés par la pluie et balayés par le vent." (p.246)

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03 avril 2016

Café givré, Suzanne Selfors

Café givréCafé Givré est un roman de l’américaine Suzanne Selfors paru chez Flammarion en 2012.

A l’aube du solstice d’hiver, dans la petite ville de Norvège où elle habite, Katrina, seize ans, aide sa grand-mère dans le café traditionnel familial. Orpheline, Katrina partage son quotidien entre le lycée – avec ses deux seuls amis, Vincent et Elizabeth – et le café de sa grand-mère. Mais depuis qu’un café moderne a ouvert juste à côté, les fins de mois sont difficiles pour Katrina et sa grand-mère. Un matin, dans l’arrière-cour du café, Katrina découvre un jeune homme endormi. Emue de son sort, elle lui dépose du café et des biscuits. Touché par cette attention, celui-ci n’a alors plus qu’un objectif en tête : remercier Katrina. Mais il veut la remercie d’une façon particulière : en exauçant un de ses voeux. Mais qui est-il ? Et finalement, que veut vraiment Katrina ?

Si vous voulez une lecture de saison réconfortante au possible, poussez la porte du café Chez Anna et venez vous réchauffer auprès du percolateur en dégustant un café traditionnel norvégien à l’œuf (enfin, si ça vous tente !). Café givré est un court roman feel good, c’est sûr, mais qui aborde des questions intéressantes et convient tout à fait à un lectorat adolescent. Katrina est une jeune fille peu sûre d’elle, à l’estime d’elle en miettes et aux doutes immenses et sa rencontre avec Malcolm –le jeune homme étrange– va lui permettre de réfléchir à ce qu’elle souhaite réeellement faire de sa vie, à l’heure où les questions d’orientation et d’avenir émergent.

En lisant ce roman, je me suis clairement dit que j’aurais aimé le lire à l’âge de l’héroïne. Par identification, c’est certain, parce que les choix d’orientation sont tellements grands, à cet âge-là, qu’ils peuvent devenir paralysants pour quiconque n’a aucune idée de ce qu’il sait faire de bien. Le personnage de Katrina est une anti-héroïne par excellence, moyenne dans tout, banale et effacée, qui n’a aucun talent particulier et s’enfonce progressivement dans l’immobilisme à défaut de faire des choix et s’emparer de sa vie. L’auteure traite très bien cette délicate question adolescente et offre à ce roman un aspect des plus intéressants.

Outre ces questions adolescentes, Café givré est une belle plongée en Norvège, au moment d’un rendez-vous fort de l’année – la fête du solstice – et nous permet de partager cette tradition aux côtés des personnages. Entraide communautaire et célébration traditionnelle sont au cœur du roman et teintent l’ensemble d’un sentiment fort de lien social.

Je pensais découvrir un roman feel good léger, en ouvrant Café givré (romans vers lesquels je vais beaucoup ces derniers temps et qui me font beaucoup de bien). Alors certes, c’est clairement de feel good dont il s’agit – et l’ambiance hivernale et le café d’Anna n’y sont pas pour rien - mais pas que. Et j’ai été fort agréablement surprise par la psychologie des personnages et les problématiques adolescentes abordées. Un roman tout doux dans lequel il est bon de se plonger.

Voilà une nouvelle participation au Challenge Feel Good que j'organise

 

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23 janvier 2016

La logique de l'amanite, Catherine Dousteyssier-Khoze,

La logique de l'amanite

Une drôle de lecture que cette Logique de l'amanite de Catherine Dousteyssier-Khoze, publiée en août 2015 chez Grasset et que j'ai eu l'occasion de découvrir grâce aux Matchs de la Rentrée littéraire de Priceminister.

Nikonor est un vieil aristo acariâtre retranché seul dans le château familial en Corrèze. Féru de mycologie, il décide d'écrire ses mémoires avant un face-à-face funeste avec sa soeur jumelle, annoncé dès les premières pages. Alors Nikonor raconte sa vie, se raconte, au fil des pages. De son enfance dans le château familial à ses études de droit à Paris en passant par cette Étrange passion pour la cuisine et les champignons, le vieil homme amer crache son passé avec un humour féroce et un fiel indéniable. Très vite, des disparitions émaillent le récit de cette vie singulière. Le lecteur, pris en otage de cette narration à la première personne, est enrôlé par la parole du vieil homme et entraîné dans ses souvenirs dans un compte à rebours angoissant. Et le doute de s'insinuer...

La logique de l'amanite est un excellent premier roman qui prend littéralement en otage son lecteur. Porté par la voix d'un personnage acariâtre et antipathique à souhait, il dresse un univers silencieux et solitaire dont seul Nikonor rompt le silence. La langue est fine, très fine, l'humour sombre à souhait, Nikonor désagréable au possible, mais le charme opère et le piège se referme peu à peu. J'ai adoré écouter la voix de cet amateur de champignons et de littérature me raconter son histoire.

 

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29 octobre 2015

Demain est un autre jour, Lori Nelson Spielman

Demain est un autre jour, Lorie Nelson SpielmanDemain est un autre jour est le premier roman de l'américaine Lori Nelson Spielman paru en 2013 aux éditions du Cherche Midi.

Elizabeth Bohlinger vient de mourir, laissant ses trois enfants éplorés. Alors que Brett, sa fille, s'apprête à prendre la tête de son immense empire cosmétique, Elizabeth lui réserve une bien drôle de surprise... Certaine que sa fille n'est pas heureuse dans sa vie actuelle, elle l'oblige à remplir une liste de dix objectifs qu'elle avait dressés lorsqu'elle avait quatorze ans, faute de quoi, elle ne pourra toucher son héritage. Brett à la vie si rangée avec son copain Andrew et son emploi dans l'entreprise familiale ne voit pas d'un très bon oeil cette ultime requête. Parce qu'entre devenir enseignante, avoir un bébé, acheter une maison ou encore acheter un cheval, elle se demande bien si ces rêves correspondent à sa vie et surtout par quoi commencer...

Ce roman est un concentré de feel good et je ne voyais pas meilleur moyen pour commencer ledit Challenge Feel Good ! Sous couvert d'une intrigue qui semble simple et cousue de fil blanc, Lori Nelson Spielman interroge son lecteur, à travers le personnage de Brett : votre vie ressemble-t-elle à celle dont vous rêviez, enfant ? Parce que pour Brett, c'est tout le contraire. Et ce personnage de femme vulnérable au début du roman va se métamorphoser au fil des pages et des objectifs atteints. Et la voir ainsi évoluer, c'est diablement grisant.

Des thématiques intéressantes comme la relation mère-fille et père-fille ou encore la quête identitaire émaillent le récit. Brett part à la recherche de ses racines tout en partant à la recherche d'elle-même, abandonnant tout sur son passage, l'injonction de sa mère résonnant comme un appel à la renaissance.

Et si certaines situations sont prévisibles (notamment l'aspect sentimental de l'intrigue), que les personnages sont parfois caricaturaux et que quelques situations sont invraisemblables ou faciles, il n'en demeure pas moins que l'ensemble remplit complètement son objectif et que j'ai eu beaucoup de plaisir à accompagner Brett pendant son année de défi, jubilant à ses côtés à chaque objectif atteint. J'ai ri, j'ai pleuré (si si, je vous assure... mais je ne suis pas une référence !) et j'ai refermé ce roman avec le coeur plus léger. Comme si suivre Brett dans ses errements m'avait donné le courage d'affronter les miens. Je n'ai pas envie d'en dire beaucoup plus. Sachez simplement que Demain est un autre jour est un roman gorgé d'espoir et d'optimisme et qu'il cristallise l'essentiel du feel good book.

Je n'ai pas été la seule à succomber à l'appel de ce roman... D'autres lecteurs : George, Liliba, Noukette, Stéphie, Keisha, Lystig, Leiloona, Karine, Solenn, Clara, L'Irrégulière, FondantGrignote, Bianca, etc.

Première participation au Challenge Feel Good

Logo Challenge Feel good

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20 juin 2015

Les trois lumières, Claire Keegan

Les trois lumières, Claire KeeganLes trois lumières est un très court roman de la femme de lettres irlandaise Claire Keegan paru en 2011 aux éditions Sabine Wespieser.

Alors que sa mère est sur le point d'accoucher d'un énième enfant, la jeune narratrice est confiée à des parents éloignés, les Kinsella, un couple aimant et sans enfant.  
A leurs côtés, la jeune Pétale, comme l'homme la surnomme, va découvrir un monde bienveillant et chaleureux, où l'amour prend le pas sur les blessures anciennes.

En moins de 90 pages, Claire Keegan offre à son lecteur un roman court et dense à la fois, où chaque mot compte, où les émotions sont là, lisibles entre les lignes, perceptibles au milieu des silences.  
La vie s'étire calmement et paisiblement pour la jeune narratrice qui goûte à un quotidien aimant bien loin de la rudesse de sa vie de famille. Discrète et calme, l'enfant observe le couple qui l'accueille et démêle subtilement les écheveaux de leur douleur sous-jacente. Les deux époux sont taiseux mais hantent les pages de leur présence rassurante. Des forces tranquilles qui apaisent la fillette qui semble trouver sa place dans ce quotidien structuré qui est le leur.  
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Une belle plongée dans la campagne irlandaise au charme suranné. Un roman court, très court, trop peut-être. J'aurais aimé rester plus longtemps aux côtés de ces personnages et écouter leurs silences pour mieux les comprendre. Mais une belle immersion dans cette Irlande que j'aime tant, qui m'a fait repenser avec délice à ma découverte de l'île d'émeraude, il y a bientôt quatre ans.

D'autres avis : Alex, CanelChoco, Clara, Cynthia, Delphine, Kathel, Keisha, LeiloonaLiliba, Lili Galipette, Noukette,  PaulineSandrine, etc.

Un grand merci à celui qui a souhaité m'offrir ce livre, pour mon changement de décennie !

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03 juin 2015

Belle-île en père, Patrick Weber et Nicoby

Belle-île en père

Belle-île en père est un album écrit par Patrick Weber et dessiné par Nicoby paru chez Vents d'Ouest en mars cette année.

Vanessa Blue, actrice principale d'une série télévisée sentimentale, décide de s'écarter du tourbillon médiatique qu'est sa vie. Elle part se ressourcer loin des paillettes à Belle-île, en Bretagne, comme Sarah Bernhardt, un siècle avant elle. C'est dans ce lieu sauvage et à la nature violente que la jeune femme se lance sur les traces de son passé pour tenter de découvrir pourquoi son père a disparu, des années aupravant. 

En ce moment j'ai une obsession, c'est la Bretagne. Ne me demandez pas pourquoi, je ne le sais pas mais cette région m'attire irrésistiblement et je n'ai pas su résister à l'appel de cet album.   
Mais voilà une BD bien singulière, hybride, entre fiction, échappées biographiques vers Sarah Bernardt et hommage au lieu. Un mélange assez singulier qui peine malheureusement à fonctionner car les trois visées semblent se télescoper et aucune n'aboutit réellement.       

Planche 1Les dessins de Nicoby laissent la part belle aux couleurs vives et aux contours bien définis. Les personnages ont des traits esquissés rapidement, tout comme les paysages, ce qui laisse au lecteur une belle part d'imagination. Mais de mon côté, la magie visuelle n'a pas opérée, pas même sur les paysages sauvages de Bretagne.    
Un album qui se termine par des photos de Belle-île, ce qui participe encore davantage à la confusion liée au genre. Une lecture qui m'a plu pour son cadre mais dont je n'ai pas réellement saisi la portée.  

C'était ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Yaneck !

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16 avril 2015

La vérité sur l'Affaire Harry Québert, Joël Dicker

La vérité sur l'affaire Harry QuébertLa vérité sur l'Affaire Harry Québert est le deuxième roman du Suisse Joël Dicker paru aux éditions Fallois / L'Age d'Homme en 2012 et couronné la même année par le Grand prix du roman de l'Académie française et le Goncourt des lycéens.

New Hampshire, août 1975. Nola Kellergan, quinze ans, disparaît mystérieusement à Aurora, petit village de la côte. L'affaire est classée sans suite faute d'indices probants
New York, 2008. Marcus Goldman est la gloire montante de la littérature américaine. Son premier roman l'ayant propulsé en haut des ventes, le jeune homme goûte à la gloire et à ses paillettes. Mais tenu de fournir un nouveau roman à son éditeur, Marcus panique. L'angoisse de la page blanche le guette et les semaines défilent sans qu'il ne parvienne à écrire quoi que ce soit
Bien décidé à honorer son contrat éditorial, le jeune écrivain décide d'aller rendre visite à un de ses anciens profs de fac, Harry Québert, à Aurora. Mais malgré les échanges avec son vieil ami, Marcus est en mal d'inspiration et contraint de rentrer à New York. Mais sa surprise est immense quelques jours plus tard lorsqu'un coup de téléphone l'informe de l'arrestation d'Harry. Trente-trois ans après sa disparition, le corps de Nola vient d'être retrouvé enterré dans la propriété de ce dernier. Mû par son désir de soutenir son ami, Marcus retourne à Aurora. Et au fil des jours, son désir se transforme en volonté d'innoncenter son mentor en écrivant son histoire. Le jeune écrivain se lance donc à la recherche de preuves.

Tant a déjà été dit de ce roman à sa sortie qu'il est bien difficile d'écrire une chronique qui apporte quelque chose. Mais je ne pouvais pas ne pas parler de ces 900 pages dévorées en cinq jours ! Je m'en suis longtemps tenue éloignée, allergique que je suis à ces titres dont tout le monde a parlé. Et même s'il y a eu des avis négatifs, beaucoup l'ont encensé. Alors par peur d'être déçue, encore (je me souviens de ma rencontre en demi-teinte avec Zafon), je gardais ce livre à distance. Mais une sorte d'engouement s'est produit de façon totalement indépendante autour de moi, et il ne m'en a pas fallu plus pour l'ouvrir ! (vous remarquerez à quel point je suis parfois faible et influençable ?)

Et j'ai drôlement bien fait ! Quand on parle d'addiction avec ce roman, c'est exactement ça. Si vous faites comme moi, vous allez l'ouvrir, un peu présomptueux, avec cet air d'en avoir vu/lu d'autres, en vous disant que non, décidément, cela ne passera pas par vous... Et puis... Et puis vous allez tourner les pages. Vite. Très vite même. Avide de savoir ce qui se passe. Parce que Joël Dicker excelle dans ce petit exercice de style qui consiste à accrocher son lecteur et ne plus le laisser partir. Malgré un style assez plat et qui ne restera pas dans les mémoires, le charme opère. Le suspense est distillé juste ce qu'il faut, le héros sympathique mais pas trop, les descriptions cinématographiques, la narration dynamique - l'intrigue alterne les époques - et lorsque Harry est emprisonné, le lecteur n'a qu'une envie : que Marcus retourne dans cette petite ville du New Hampshire et résolve ce mystère. Parce qu'il s'agit bien d'un mystère. Qui croire ? A qui faire confiance ?  Vaste question...

Dit comme ça, je sens que vous allez me rétorquer qu'il n'y a là rien de bien original. Et je vous le concède. Sur le papier, quand on en entend parler, il flotte comme une impression de déjà lu. On pense à Lolita avec cette petite Nola, à Millenium pour ce huis-clos et ce passé un peu glauque que l'on déterre des années après. Oui. Mais comme avec le premier tome de Millenium, cela fonctionne vraiment bien et je vous défie d'interrompre votre lecture !

Le roman est structuré par des conseils d'écriture prodigués par Harry à Marcus. Et c'est là que c'est drôlement intéressant. Joël Dicker emberlificote son lecteur et sème le doute. Car le héros ressemble quand même beaucoup au romancier. Mise en abyme ? Joker sorti de la manche de l'auteur ? Je ne vous dirai rien et vous laisse vous interroger. L'écriture et le métier d'écrivain ont une large place dans cette intrigue, et ce n'est pas pour me déplaire, bien au contraire.

En tout cas, je ne peux que vous encourager à vous glisser aux côtés de Marcus pour élucider ce mystère et aider le jeune romancier à écrire son roman-plaidoyer. Ouvrez La vérité sur l'Affaire Harry Québert, et parlons-en ensemble. Parce que des quatre personnes autour de moi qui l'ont lu en même temps que moi, les avis ont été unanimes... Alors, tentés ?

D'autres lecteurs : A propos de livres, Cristie, Enna, Laure, Marion, Natiora, etc.

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12 mars 2015

La condition pavillonnaire, Sophie Divry

La condition pavillonnaire, Sophie DivryLa condition pavillonnaire est le dernier roman de Sophie Divry paru en août 2014 aux éditions Noir sur Blanc.

 M.-A. a une vie très conventionnelle. Mariée, mère de deux enfants, propriétaire de sa maison, elle a tout ce qu'elle souhaitait. Et pourtant... Et pourtant elle est malheureuse. Vide. Insatisfaite de cette existence sans vague dans laquelle elle semble se noyer. Alors M.-A. s'essaye dans différentes directions : humanitaire, adultère, yoga, mais aucun de ces loisirs ne remplit le vide de son existence.

Autant j'avais dévoré et adoré La cote 400 de cette même auteure, autant j'ai été déroutée par ce nouveau roman. J'ai eu beaucoup de mal à éprouver de l'empathie pour cette femme à qui la vie a donné tout ce qu'elle souhaitait. Cette femme que l'existence a épargnée.      
J'ai éprouvé une forme d'agacement à la lecture de son ennui chronique, de son insatisfaction métaphysique. Emma Bovary sourd derrière cette héroïne du 21e siècle, mais pour autant je n'ai pas été séduite par le récit de cette vie aux contours lisses et dans laquelle M.-A. s'enlise.     
Le lecteur suit ses différentes tentatives pour échapper à son ennui et se doute qu'aucune ne réussira à la sortir de son impasse.     
Difficile d'expliquer pourquoi je n'ai pas adhéré à ce roman pourtant bien écrit et à la construction intéressante. Peut-être parce que le sujet très actuel tend à m'agacer et que mon empathie légendaire s'est effilochée et qu'il ne m'en restait plus, lors de ma lecture ? En tout cas Sophie Divry réussit à dépeindre un personnage vraisemblable, victime de ce qui semble être le mal du siècle. Reste à savoir si vous avez assez de patience pour écouter le récit de son insatisfaction...

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09 mars 2015

La pluie, avant qu'elle tombe, Jonathan Coe

La pluie avant qu'elle tombe, Jonathan CoeLa pluie, avant qu'elle tombe est un roman de l'écrivain britannique Jonathan Coe publié en 2007 en Angleterre et en France chez Gallimard l'année suivante.

Rosamond s'éteint à l'âge de soixante-treize ans, laissant derrière elle une confession enregistrée s'appuyant sur vingt photos retraçant sa vie, et destinée à une certaine Imogen. Gill, sa nièce, se charge d'écouter ces enregistrements et de retrouver Imogen. Au fil des heures d'écoute, elle découvre peu à peu l'histoire des femmes de sa famille.

J'ai ouvert La pluie, avant qu'elle tombe et me suis laissé emporter, à l'image de Gill, par la voix de Rosamond. Dans ses souvenirs, dans ses confidences, dans ses chuchotements, parfois lourds. Dans ses vingt photos qui semblent résumer sa vie. Une vie entière.    
Les révélations sont dures, parfois sans espoir, et Rosamond semble dérouler le fil de son existence sans jugement, sans amertume, comme un témoignage froid et distancié. En guise de rédemption, peut-être ? Et Gill d'écouter, avec ses filles, de se faire oublier, de se transformer en personnage prétexte de ce procédé narratif pour mieux laisser sa place au lecteur et découvrir qui est cette mystérieuse Imogen. 
J'ai aimé écouter la voix de Rosamond, semblant entendre au fil des pages les bandes usées et crachotantes et la voix de cette vieille dame aux portes de la mort. J'ai aimé découvrir le destin des femmes de cette famille, ce qui les liaient, leurs blessures, leurs souffrances. Une très belle lecture, au titre ô combien poétique, qui m'a permis de découvrir cet auteur et j'en suis ravie.

D'autres avis sur ce roman : Alex-mot-à-mots, Estellecalim, Hilde, Keisha, Lili Galipette, Metaphore, Nahe, etc.

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Voici une nouvelle participation au Reading Challenge 2015

44 - Un livre traduit

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Voici une nouvelle participation au Reading Challenge 2015
50 - Un livre que vous avez commencé et jamais terminé

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