Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

21 mars 2018

La femme aux cartes postales, Jean-Paul Eid, Claude Paiement

La femme aux cartes postales, Jean-Paul Eid, Claude PaiementLa femme aux cartes postales est un album de Jean-Paul Eid et Claude Paiement publié en septembre 2016 aux éditions de la Pastèque. 

1957. Rose quitte son petit village de Gaspésie pour réaliser son rêver : chanter sur les scènes des cabarets de jazz de Montréal. Elle laisse sur son oreiller une carte postale expliquant son dessein et n'aura de cesse d'utiliser ce biais pour informer sa famille de sa nouvelle vie. A cette époque, le jazz fait fureur à Montréal et les plus grands musiciens de l'époque se bousculent pour monter sur scène. Mais la révolution rock'n roll est en marche...  
2002. Un jeune universitaire apprend avec stupeur par le CIA que ses cendres ont été retrouvées dans les décombres du World Trade Center. Il se lance alors dans une quête identitaire, qui l'amènera de Paris aux confins de la Gaspésie...

Bel objet à feuilleter, La femme aux cartes postales est un album dans les tons sépia qui n'est pas sans rappeler les anciens albums photos. La narration alterne deux époques et offre un très bel bel hommage aux 60's et au jazz avec des planches soignées à la lumière intéressante.
Rose, son héroïne, est un personnage naïf et attachant qui grandit en même temps que l'histoire du jazz. Elle écrit à intervalles réguliers à sa famille des cartes postales, d'où le titre de l'album, et celles-ci entrecoupent le récit pour en offrir une vision personnelle et intime. Le rendu de l'album est pluriel, et l'objet livre en est rendu singulier. L'ambiance des 60's est extrêmement bien rendue et l'illustrateur permet une réelle plongée dans l'époque, disséminant ça et là des allusions que le lecteur contemporain comprend (l'apparition d'Elvis, en qui personne ne croyait, etc.).  
Une belle lecture au son des trompettes de jazz, un album d'une maison d'édition québécoise aux engagements forts. Une très belle découverte ! 

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BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Stephie !

 

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07 mars 2018

Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? Soledad Bravi et Dorothée Werner

Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmesPourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? est un album signé Soledad Bravi pour les illustrations et Dorothée Werner pour les textes. Il est paru chez Rue de Sèvres le mois dernier.

Revenons à la Préhistoire et parcourons au fil des pages la chronologie de l'évolution des droits de la femme : les figures incontournables qui ont oeuvré pour l'égalité (Olympe de Gouges, les Suffragettes, Simone Veil, Gabrielle Chanel, etc.), les dates clés, les événements politiques et sociétaux, etc. C'est avec humour et simplicité que les deux auteures nous entraînent dans ce panorama en BD et nous offrent une perspective diachronique de la condition féminine.

En cette veille de Journée Internationale des droits des Femmes, je ne pouvais pas ne pas me pencher sur cet album au petit format qui promet de balayer le champ historique pour comprendre la source des inégalités hommes femmes qui sévissent encore aujourd'hui. 
Le ton est volontairement sarcastique et le trait humoristique pour traiter de ces faits qui font froid dans le dos. A travers l'Histoire, et malgré les nombreuses voix qui se sont élevées, la femme a toujours été considérée comme inférieure à l'homme, pour des raisons clairement absurdes. Les auteures s'attachent à déconstruir ces idées reçues en les dénonçant purement et simplement.  
Si j'ai adoré l'idée d'une telle chronologie et la postface qui fait le point sur la situation des femmes dans le monde en 2018 et les derniers événements s'y référant (Harvey Weinstein, bonsoir !) j'ai trouvé que certains faits manquaient d'un petit accompagnement pour être appréhendés dans leur complexité, selon le lectorat. Si les dates et mentions des fonctions des personnes citées est pertinent, c'est dommage que des faits soient traités très rapidement (comme l'évocation de la chanson Femme libérée par exemple). Pour autant, Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? reste un court album très bien ficelé, agréable à lire et qui permet une bonne vue d'ensemble sur la question. Je remercie les éditions Rue de Sèvres de m'avoir permis de découvrir cet album.

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04 mars 2018

Les morts de la Saint-Jean, Henning Mankell

LES MORTS DE LA SAINT JEANLes morts de la Saint-Jean est un roman policier du suédois Henning Mankell mettant en scène l'inspecteur Kurt Wallander. Il est paru en 1997 en Suède et en 2001 en France aux éditions du Seuil.

Août 1996. La police d'Ystad piétine sur la disparition de trois jeunes gens, durant la nuit de la Saint-Jean. La mère de l'un d'eux est persuadée qu'il leur est arrivé malheur, tandis que des cartes postales signées de leurs trois noms leur parviennent, postées d'un peu partout en Europe. L'affaire prend un autre tournant lorsque Wallander découvre que Karl Evert Svedberg, l'un de ses collègues, a été assassiné chez lui d'une balle dans la tête. Ce dernier s'intéressait durant son temps libre à la disparition des trois jeunes. L'enquête bascule brutalement lorsque les corps sont retrouvés dans un parc par des promeneurs. Déguisés en costumes d'époque les trois jeunes semblent être en plein pique-nique alors que les analyses attestent que leur mort remonte à deux mois. Wallander en est sûr : les deux affaires sont liées !

J'ai longtemps été réticente mais j'ai enfin sauté le pas : ce roman est mon premier livre audio ! 17h10 d'écoute, essentiellement durant mes trajets pour aller travailler. Et si au début l'expérience m'est apparue très agréable, je me suis rapidement lassée, trouvant que le rythme était trop lent et que l'intrigue piétinait un peu. Je ne suis pas une grande adepte des polars contemporains, les trouvant souvent trop violents et répétitifs, mais une collègue m'ayant chaudement recommandé celui-ci, j'ai succombé en l'empruntant à la médiathèque. 
Outre la lenteur due au temps d'écoute (je lis plus rapidement !), j'ai trouvé que l'intrigue démarrait rapidement pour s'enliser progressivement, à l'image d'un Wallander vieillissant, souffrant de diabète et de surpoids. Les enquêteurs stagnent dans leur réflexion, s'égarant dans des pistes que le lecteur sait être des leurres. La narration est en effet parfois prise en charge par le tueur, ce qui donne au lecteur une longueur d'avance sur les personnages. Le suspense est moindre donc, et rapidement le lecteur de comprendre les contours du dénouement. Ne reste que le mobile. Un polar qui m'a détendue un temps, donc, mais qui n'a pas su capter réellement mon intérêt et dont je vais oublier le dénouement rapidement.

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07 février 2018

La passion de Dodin-Bouffant, Mathieu Burniat

La passion de Dodin-BouffantLa passion de Dodin-Bouffant est un album du dessinateur belge Mathieu Burniat paru en octobre 2014 chez Dargaud et librement adapté du roman La vie et la passion de Dodin-Bouffant, gourmet de Marcel Rouff (1924).

Dodin-Bouffant est un fin gourmet, passionné de gastronomie. Lorsque Eugénie, sa fabuleuse cuisinière, décède brutalement, Dodin se met en quête d'une remplaçante capable d'égaler ses mets raffinés et de satisfaire son palais exigeant. Il la trouve en la personne d'Adèle, une jeune  fille de ferme dotée d'une inventivité certaine, capable d'émouvoir les rares convives de ses dîners hebdomadaires. Mais lorsqu'un aristocrate de passage goûte aux recettes d'Adèle et met tout en oeuvre pour la prendre à son service, Dodin doit se battre pour la garder à ses côtés.

Je crois que j'aime les albums gastronomiques ! J'avais adoré suivre Alain Passard en cuisine aux côtés de Christophe Blain et m'évader dans l'univers féerique du Viandier de Polpette, du coup j'étais curieuse de plonger dans cet album qui nous entraîne dans une cuisine plus historique, la cuisine du Second Empire, une cuisine riche, carnée, en sauce, une cuisine de terroir, élaborée et qui fait la part belle aux bons produits, viandes comme légumes.

Mathieu Burniat a pris beaucoup de plaisir, semble-t-il, à mettre en scène les mets concoctés par Dodin et Adèle : le Saint-marcelin en sauce aux morilles côtoie ainsi les ortolans bardés, les lapereaux farcis et les vins les plus fins. Les pages se succèdent dans un tourbillon de nourriture cuisinée avec soin et amour. Le taciturne et exigeant Dodin se laisse peu à peu gagner par la candeur et la spontanéité d'Adèle, et le notable de voir son coeur dérobé par la jeune paysanne aux talents culinaires rares. Le trait fait penser aux caricatures de Daumier et l'ensemble ressemble presque à un conte dont il manquerait le "Il était une fois..." liminaire. Un album  entre pudeur et retenue, à vous donner l'eau à la bouche si vous êtes amateurs de bonne chère, et à déguster dans tous les cas.

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31 janvier 2018

Culottées T.2 Pénélope Bagieu

Culottées tome 2Le deuxième tome de Culottées de Pénélope Bagieu est paru en janvier 2017 chez Gallimard. 

Quinze portraits. Quinze femmes qui ne font que ce qu'elles veulent, qu'importent l'époque ou les conventions sociales. Des femmes fortes, qui font voler en éclat stéréotypes et préjugés envers les femmes. 

J'avais adoré découvrir les quinze premiers portraits des femmes au destin incroyable du premier tome des Culottées. J'ai tout naturellement plongé entre les pages de ce second tome, et j'en suis ressortie tout aussi charmée. 

Pénélope Bagieu dresse avec un humour certain les vies de ces femmes, leurs combats, leurs idéaux. C'est fort, beau, parfois triste et violent, mais toujours positif. J'ai été particulièrement émue et admirative du courage de Phulan Devi, reine des bandits indienne, mais touchée tout autant par le destin de Peggy Guggenheim, de Katia Krafft, Sonita Alizadeh, Nellie Blye, Jesselyn Radack ou encore Thérèse Clerc. Ces femmes qui par leurs actions, leurs combats, ont fait valoir le droit des femmes. Un diptyque à lire, à relire, à offrir. 

 Planche 3              Planche 1

Si vous n'avez pas ces deux albums sous la main, rendez-vous sur le blog Culottéestoutes les planches sont disponibles !

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07 janvier 2018

La Princesse de Montpensier, Madame de Lafayette

La Princesse de Montpensier, Madame de LafayetteLa Princesse de Montpensier est une nouvelle écrite par Madame de Lafayette publiée pour la première fois en 1662.

Promise au duc de Maine, Mademoiselle de Mézière épouse, pour des raisons politiques, le Prince de Montpensier en 1566. Mais si elle n'est que vertu, la jeune femme ne peut oublier l'inclination qu'elle a eue pour le Duc de Guise avant son union. Son mari, jaloux, est occupé par les guerres de religion qui sévissent dans une France meurtrie, et la confie au bon soin de son ami le Comte de Chabannes. Mais celui-ci s'éprend rapidement de la belle Princesse. Et lorsque le Duc de Guise revient lui déclarer sa flamme, le coeur de la jeune femme vacille et le Comte assiste impuissant à la renaissance d'une passion enterrée.

Il est loin le temps où j'avais étudié La Princesse de Clèves en 1ère L. Heureusement, le Reading Classics Challenge 2018 de Lilly, qui propose de se replonger dans une oeuvre de Jules Verne ou de Madame de Lafayette pour ce mois de janvier, m'a permis d'ouvrir les pages de cette courte nouvelle. 
Madame de Lafayette, en une soixantaine de pages, transporte son lecteur dans cette France en proie aux guerres de religion et prend le parti de mettre les passions au-dessus des intérêts politiques, transformant, par là-même, l'Histoire. Mêlant réalité historique et fiction, personnes et personnages, elle construit une intrigue dans laquelle le réalisme réside dans le sentiment amoureux et ses conséquences plutôt que sur la véracité historique.
Dans une plume simple et avec un style neutre, elle décrit le désordre amoureux des personnages, pris en étau entre leur rang et les enjeux politiques et la passion qui les anime.
Intense autant que tragique, le jeu amoureux qui se déroule autour de la Princesse fait écho à la violence qui oppose dans le même temps catholiques et huguenots. Un classique à découvrir ou redécouvrir sans tarder !

READING CLASSICS CHALLENGE 2018

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23 septembre 2017

Outlander T.3 Le voyage, Diana Gabaldon

Outlander TLe voyage est le troisième tome de la série Outlander imaginée par la romancière américaine Diana Gabaldon.

Cela fait maintenant vingt ans que Claire est revenue de la bataille de Culloden et a quitté l'Ecosse du 18e, laissant derrière elle Jamie. Avec Brianna, leur fille, elle a refait sa vie mais n'a jamais oublié son grand amour. Quand au détour de recherches sur cette époque elle se rend compte que Jamie n'a pas péri à la bataille de Culloden comme elle l'imaginait, le doute s'installe en elle. Et si Jamie était encore en vie dans le passé ? Claire n'a d'autre choix que de traverser une nouvelle fois le cromlech qui la fait voyager dans le temps pour le retrouver, même si cela veut dire laisser sa fille derrière elle. Commence alors pour elle une nouvelle aventure. Retrouvera-t-elle Jamie ? Et les vingt ans qu'ils ont passés séparés les auront-t-ils éloignés ?

Toujours lancée à corps perdu dans cette série (j'avais adoré le premier et le deuxième tome !), j'ai passé une partie de mon été en compagnie de Claire et des autres personnages d'Outlander. Si le début du second tome avait quelque peu refroidi mes ardeurs, il n'en a rien été avec ce troisième tome. Parce que si Claire est dans le présent - en 1968 - au début du roman, elle n'y reste pas longtemps et repart à la recherche de Jamie dans l'Ecosse du 18e. Et Diana Gabaldon réussit à captiver son lecteur avec ce grand roman d'aventure où rien ne sera épargné aux personnages : tempêtes, prophéties, fuites, intrigues politiques, ça n'arrête pas ! On s'aime, on crie, on pleure et le bateau manque de couler mille fois tout au long de cette fresque historique sur fond de romance. J'adore !

L'intrigue de ce troisième tome (malgré ses 1020 pages !) avance tambour battant et ne laisse pas de répit à son lecteur. De l'Ecosse à la mer des Caraïbes, nos héros connaissent d'effroyables périls et font des rencontres qu'ils ne sont pas près d'oublier. Bref, encore une fois je me suis vraiment régalée à découvrir les aventures de notre duo à travers les âges. Et vue la fin de ce troisième tome, j'ai hâte de découvrir Les tambours de l'automne, le quatrième tome de la série !

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13 septembre 2017

Le porteur d'histoire, Christophe Gaultier

Le porteur d'histoireLe porteur d'histoire est un album de Christophe Gaultier adapté de la pièce éponyme écrite par Alexis Michalik et récompensée par deux Molières en 2014 (auteur et mise en scène). Il est paru en octobre 2016 aux éditions Les Arènes.

Par une nuit pluvieuse, alors qu'il se rend au fin fond des Ardennes pour enterrer son père, un homme voit sa vie basculer. Découvrant un étrange carnet manuscrit, il décide de se lancer sur les traces de ses personnages, parcourant les pays et les époques pour comprendre qui étaient les Saxes de Bourville et pourquoi ils semblent liés aux grands événements historiques des deux siècles derniers. Quinze ans plus tard, une mère et sa fille disparaissent dans le désert algérien, alors qu'elles avaient rencontré un homme à la recherche de manuscrits et d'un trésor.

Dernier coup de coeur théâtral en date (j'ai eu les larmes aux yeux au lever de rideau...), Le porteur d'histoire est une incroyable pièce à tiroirs, un feuilleton à la Dumas. Et justement, Dumas, tout comme Delacroix ou encore le Pape Clément VI, font partie de ce récit enchâssé.

J'étais curieuse de découvrir cette adaptation en album, encore portée par la pièce de théâtre. Et si ce dernier m'a permis de replonger dans mes souvenirs, je suis restée sur ma faim. Le medium album en lui-même n'apporte finalement pas grand chose par rapport à l'expérience du spectacle vivant. L'histoire semble plus plate, moins vivante, moins vibrante. Christophe Gaultier respecte à la lettre la mise en scène d'Alexis Michalik mais les dessins chargés et les dialogues très présents alourdissent l'ensemble. J'ai aimé repenser à l'intrigue mais en convoquant mes souvenirs de cette soirée au théâtre. Pas sûre que ceux qui ne l'ont pas vu en perçoivent la portée avec cet album. Un avis en demi-teinte, donc.

  Planche 1 Planche 2

Pour ceux qui ne connaissent pas cette pièce, en voici la bande-annonce. Et petit conseil, si elle passe près de chez vous, allez-y les yeux fermés !

BD de la semaine saumon

Aujourd'hui chez Noukette !

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03 mai 2017

Le Château des Etoiles T.3 Les Chevaliers de Mars, Alex Alice

Le Château des étoiles T3 Les Chevaliers de Mars

Les Chevaliers de Mars est le troisième tome de la série Le Château des étoiles d'Alex Alice. Il est paru fin avril chez Rue de Sèvres. J'avais adoré le premier et le deuxième tome, impossible de ne pas succomber à l'appel de cette suite.

1870. Séraphin et ses amis sont revenus sur Terre et ont trouvé refuge chez le grand-père de celui-ci, dans un manoir en Bretagne. Mais la guerre du ciel se poursuit et les grandes nations tentent d'accaparer les pouvoirs de l'éther pour faire la conquête de Mars. L'éthernef - l'engin construit selon les plans de la mère de Séraphin - est l'objet de toutes les convoitises et alors que le père de Séraphin est à Londres pour signer une convention réservant les recherches sur l'éther aux scientifiques, le général Bismark envahit le manoir. Séraphin et ses amis n'ont d'autre choix que de fuir...

Rouge à l'image de la planète Mars, ce troisième tome inaugure un nouveau cycle dans la série. Si les deux premiers tomes avaient permis aux héros de revenir sur Terre après un voyage sur la Lune, celui-ci les entraîne vers Mars.  Et autant vous dire que cet album a tout d'une grande aventure ! Rythmée comme un roman de Jules Verne, en proie à de nombreux rebondissements, cette nouvelle intrigue ne connaît aucun temps mort et se dévore d'une traite. Scindé en trois chapitres, comme les albums précédents (chaque chapitre faisant l'objet d'une parution en gazette), Les Chevaliers de Mars poursuit la mise en place d'un univers vaste et de personnages attachants. C'est tambour battant que Séraphin et ses amis mènent leur aventure et c'est un régal, teinté comme toujours, d'un humour ravageur. Les références sont nombreuses et l'ensemble oscille entre steam punk et SF, avec des allusions mythologiques très intéressantes.

Les dessins à l'aquarelle d'Alex Alice sont toujours aussi soignés, les couleurs douces tranchant avec les couleurs utilisées pour Mars, et chaque double page est un festival d'inventivité tant la mise en scène est réfléchie. Difficile d'être constant quand c'est très bon. Alex Alice réussit haut la main le pari. Vivement la suite ! Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres de m'avoir permis de découvrir cet album.

 

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07 avril 2017

La Prophétie de Glendower T.2 Les Voleurs de rêves, Maggie Stiefvater

Les voleurs de rêvesLe voleur de Rêves est le deuxième tome de la quadrilogie La Prophétie de Glendower imaginée par Maggie Stiefvater. Il est paru en français en 2013 chez Hachette dans la collection Black Moon.

La ligne de ley a été réactivée et depuis, tout a changé pour Blue et ses trois amis. Si Gansey est toujours aussi déterminé à retrouver Glendower, Adam souffre de plus en plus de sa différence sociale avec ses amis et ceux de son école huppée. Quant à Ronan, depuis qu'il a compris qu'il pouvait ramener des objets de ses rêves, il s'évade de plus en plus dans ses songes parfois cauchemardesques.

Souvenez-vous : à Halloween dernier, j'avais découvert le premier tome de cette série chaudement recommandée par une de mes copines. Et j'avais été réellement séduite par son intrigue, le soin apporté à la psychologie adolescente et l'imaginaire très bien construit. Et pourtant... Et pourtant je partais avec un a priori négatif vis-à-vis de la collection dans laquelle ce texte était paru, ne me sentant absolument pas le coeur de cible du lectorat visé. 

Bref, après ce premier tome vraiment réussi, je n'avais qu'une envie : découvrir celui-ci ! Et si parfois les suites s'avèrent décevantes dans certaines séries, il n'en est rien avec Le Voleur de Rêves. J'ai retrouvé avec un très grand plaisir la petite ville d'Henrietta et ses personnages un peu étranges. L'auteure poursuit sa narration alternée qui permet de passer d'un personnage à l'autre et à l'ensemble de s'imbriquer naturellement.

L'intrigue est toujours bien construite, les péripéties apparues dans le premier tome permettent de la complexifier encore davantage. Les relations entre les personnages gagnent en profondeur et l'ensemble se lit très rapidement, porté par une plume souvent imagée et poétique. C'est inventif, beau, un brin mélancolique et torturé - comme peut l'être l'adolescence - et incroyablement réussi. Une série à côté de laquelle je serais passée si je m'étais arrêtée à sa couverture et sa collection. "C'eût été dommage", comme dirait celui qui se reconnaîtra. Un deuxième tome excellent, et un plaisir de lecture que j'adorerais prolonger avec la suite, mais qui n'est pour l'instant pas encore traduite...

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