Bienvenue à Bouquinbourg

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27 octobre 2019

Boo, Neil Smith

Boo Neil SmithBoo est le premier roman de l'auteur et traducteur canadien Neil Smith. Il est paru en août 2019 à L'Ecole des Loisirs.

7 septembre 1979, Oliver Dalrymple, surnommé Boo par ses camarades à cause de sa carnation très pâle et de ses cheveux blonds, vient de mourir devant son casier, le n°106, au collège Helen Keller. Arrivé au paradis, l'adolescent asocial, surdoué et passionné par les sciences, découvre un univers ordonné où les morts sont séparés par pays et classes d'âge. Mais l'arrivée d'un nouveau au paradis et la nouvelle qu'il apprend à Oliver mettent à mal le fragile équilibre que ce dernier s'est construit en quelques semaines.

Dévoré lors du Read-a-thon d'Halloween, Boo est un roman diablement bien construit et qui aborde des thématiques adolescentes avec délicatesse.
Le personnage d'Oliver, tout d'abord, est un personnage à la psychologie finement ciselée. Le héros de l'histoire - qui prend en charge la narration par le biais d'un livre qu'il écrit pour ses parents - est un ado mal dans sa peau, harcelé par ses camarades à cause de sa différence physique et de ses centres d'intérêt. Gravitent autour de lui des personnages secondaires tout aussi intéressants, de Thelma, l'adolescente noire en surpoids en passant par Esther, adolescente de petite taille au tempérament explosif, Oliver s'entoure pour la première fois de personnes de son âge et découvre l'amitié. 
L'intrigue, ensuite, est rythmée et suit le compte-rendu d'Oliver sur ses journées au paradis. Celui-ci est régi par nombre de lois et le petit groupe de réfléchir au fait qu'il existe peut-être un moyen de communiquer avec le monde des vivants.   
Enfin, tolérance, amitié, différence, harcèlement, mort, famille sont autant de thèmes que le roman aborde avec finesse et pudeur et lui confèrent une profondeur singulière. L'ensemble se dévore sans voir les pages passer, le lecteur étant happé par le mystère autour de la mort d'Oliver et l'enquête qu'il mène avec ses amis.    
Un roman bouleversant et intelligent, un brin vintage et doté d'une certaine forme d'humour, malgré le sujet. A mettre entre toutes les mains, dès 13 ans.
Un grand merci  à L'Ecole des Loisirs de m'avoir permis de le découvrir dès sa sortie !

Et voilà ma cinquième participation au Challenge Halloween de Lou et Hilde

 Challenge Halloween 2019, logo

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06 février 2019

Speak, Emily Carroll d'après le roman de Laurie Halse Anderson

SpeakSpeak est l'adaptation en album du roman Vous parler de ça de Laurie Halse Anderson. Il est paru le 9 janvier cette année aux éditions Rue de Sèvres.

Mélinda, quinze ans et des lèvres en sang tant elle s'empêche de parler. La lycéenne discrète et réservée, ignorée voir tourmentée par ses camarades, s'est enfermée dans le silence suite à un événement traumatique. Dans son journal, elle parle. Elle raconte, ses journées au lycée. Ses moments de solitude à la cantine. Ses cours d'arts plastiques, qui la bousculent. Ses parents, qui ne la comprennent pas. Ses anciennes amies qui lui ont tourné le dos. Mélinda se répand par écrit, alors que les mots meurent sur ses lèvres. Jusqu'au jour où le monstre de ses cauchemars refait surface. 

Album coup de poing, Speak est une claque tant par son sujet que par son traitement. Adapté du roman en partie autobiographique de Laurie Halse Anderson, il aborde la question du viol. Car c'est de viol que Mélinda a été victime, alors qu'elle avait treize ans. Violée par un élève plus âgé, lors d'une soirée. Le mot n'est posé qu'après la page 300 mais le lecteur se rend compte rapidement de quoi il retourne.     
Au fil des saisons, Mélinda se raconte en noir et blanc. La bichromie semble faire écho à sa météo intérieure, la dépression la guettant depuis l'horreur qu'elle a vécue. Parce qu'elle n'a pas réussi à parler lorsqu'elle a appelé la police ce soir-là, la jeune fille est rejetée par ses camarades, persuadés qu'elle appelait pour dénoncer la soirée. Le harcèlement passif est évoqué, alors que Mélinda voit peu à peu tous ceux qu'elle connaissait lui tourner le dos et la laisser seule, dans sa souffrance, en paria.    
Et c'est seule que Mélinda va sortir de sa souffrance. Seule qu'elle va affronter son passé, ses peurs, le rejet aussi. Seule qu'elle va s'en sortir, pour mieux raconter, ensuite, ce qu'elle a vécu.    
Un album sombre, évidemment, mais qui présente aussi le parcours de résilience de l'héroïne. Sa renaissance, après son combat intérieur. Un album qui me paraît essentiel pour aborder la question du viol et de l'adolescence brisée. Un récit rendu fort par sa part autobiographique. Bref, une lecture coup de poing à découvrir.

 

Planche 1 Planche 2

Planche 3 Planche 4

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album. 

La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Stephie qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles ! 

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04 juin 2018

Mauve, Marie Desplechin

Mauve Marie DesplechinMauve est le troisième et dernier tome de la trilogie consacrée à Verte et imaginée par Marie Desplechin. Il est paru une première fois en 2014 avant d'être réédité le mois dernier avec une nouvelle couverture de Magali Le Huche. 

Rien ne va plus ces derniers temps : Verte et Pome sont d'une humeur massacrante et claquent les portes. Serait-ce une crise d'adolescence qui pointe le bout de son nez ? C'est d'un banal et ne ressemble pas aux deux petites sorcières. Mais le jour où Pome revient avec un hématome sur la joue, le doute n'est plus possible : il se passe quelque chose au collège ! Depuis l'arrivée d'une nouvelle, Mauve, tout a changé. Verte et Pome refusent d'en parler car une aura sombre semble planer au-dessus d'elle. Heureusement, Papi Ray, Gérard, Ursule, Clorinda, Anastabotte et son amie Euphronie leur viennent en aide. 

La semaine dernière, je m'étais régalée avec Pome, renouant avec les personnages de Verte et retrouvant avec plaisir le petit univers créé par Marie Desplechin. J'ai tout naturellement enchaîné par la lecture de ce troisième et dernier tome de la série pour en connaître le dénouement.      
Marie Desplechin introduit un nouveau personnage, Mauve, qui incarne le Mal, et met à mal le fragile équilibre que la petite communauté a réussit à trouver, Pome venant régulièrement chez Papi Ray pour être avec Verte et échapper à l'humeur un peu sombre de Clorinda, sa mère, tandis que Verte alterne les semaines chez Gérard, son père et Ursule, sa mère, et les cours de sorcellerie chez sa grand-mère Anstabotte. L'auteure aborde avec finesse des thèmes sensibles comme la séparation des parents, l'amitié, les relations intergénérationnelles, les discriminations aussi - les hommes sont en minorité dans la série et non autorisés à pratiquer la sorcellerie - le harcèlement, aussi, dans ce tome, le tout sous couvert d'une intrigue légère et joyeuse dans laquelle il est agréable, à tout âge, de plonger. Ce tome clôt parfaitement la série tout en lui apportant un dynamisme certain avec le combat contre le MalUne série à mettre entre les petites mains, sans hésiter une seconde - j'aurais adoré la découvrir plus jeune ! - et à relire adulte avec gourmandise.      
Un grand merci aux éditions L'Ecole des Loisirs de m'avoir permis de découvrir ce roman.     

 

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