Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

30 octobre 2015

Horrorstör, Grady Hendrix

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Horrorstör est un roman du journaliste new-yorkais Grady Hendrix paru en août cette année chez Milan et demi, un label développé par les éditions Milan. 

Rien ne va plus au magasin Orsk de Cleveland, en Ohio. En effet, depuis quelques jours dans la célèbre enseigne américaine de meubles en kit, les employés découvrent au petit matin de multiples dégradations. Quelqu'un rôderait-il une fois la nuit venue, dans les allées remplies de meubles aux noms aussi imprononçables que Kjërring ou Liripip ? C'est ce que doivent découvrir trois employés, engagés à rester une nuit dans l'immense magasin. Mais ils ne sont pas au bout de leur surprise !

Horrorstör est un roman singulier, et avant de vous parler du fond, j'ai envie - et c'est assez rare pour le noter - de vous parler tout d'abord de sa forme. Vous vous en doutiez vue la couverture, mais il s'agit bien là d'une parodie d'Ikea. Pour parfaire cet aspect-là, l'éditeur a eu l'idée de présenter ce roman comme le véritable catalogue de la célèbre enseigne suédoise ! Et le résultat est vraiment  étonnant et rudement bien fait ! Comme dans le catalogue Ikea (on voit la spécialiste, j'avoue être une grosse fan du géant suédois depuis toute petite !), les premières pages sont consacrées  au sommaire, puis au plan du magasin, aux modalités de livraison, à la carte de fidélité, etc. Chaque chapitre commence par un focus sur un meuble avec sa référence, etc. Bref, un côté esthétique qui permet au lecteur de se plonger dès l'ouverture de ce roman dans son inquiétante intrigue.

Grady Hendrix joue sur cette expérience de son lecteur (américain et européen, s'entend) des magasins Ikea et lui propose de plonger dans une virée cauchemardesque et infernale de ce système ultra codifié et rassurant, d'ordinaire. Car après vous avoir confortablement installé dans un cadre que vous connaissez bien, Grady Hendrix va vous malmener, cher lecteur. Et vous promettre l'horreur en faisant petit à petit basculer son intrigue, comme annoncé en couverture (oui, parce que le recto du livre est tout beau, mais le verso fait peur !) 

Bon, à force de me lire vous savez que je suis une toute petite nature qui a peur assez facilement. Et force est de constater que cette lecture m'a terrorisée. Je ne sais pas si c'est parce que je manque d'habitude en matière de lecture d'horreur (rigolez, rigolez, Stephen King c'est pas encore pour moi... C'est pour les grands, ça !) ou si c'est parce qu'en grande amatrice d'Ikea, je me suis vraiment projetée dans les scènes, mais j'ai vraiment eu peur. Alors je vais sûrement être la seule, parce qu'en regardant les avis des copines blogueuses à droite à gauche, j'ai vu qu'elles étaient déçues de ne pas avoir eu aussi peur que ce qu'elles espéraient, mais personnellement, ça m'a suffi !

Néanmoins, j'ai adoré cette lecture qui a eu le mérite de m'emmener dans une intrigue étrange, aux relents de critique du système capitaliste, sur fond d'horreur. Mais j'ai réussi à aller au bout, et ça c'est un exploit (bon, ce n'était pas au milieu de la nuit mais le matin, toutes lumières allumées...) Bref, je vous conseille largement ce roman, pour sa forme et son fond, et rien que pour l'expérience. Il va transformer votre vision d'Ikea... Si je vous dis que j'y vais demain ?

Si vous voulez lire des avis moins effrayés, filez voir ceux d'Hilde et Clarabel.

Un grand merci à Milan et demi et à Hilde et Lou pour ce roman gagné au concours qu'elles ont organisé lors du Challenge Halloween. Ca sera ma cinquième et dernière participation cette année à ce challenge que j'affectionne particulièrement. Et une participation de plus au Reading Challenge !

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22. Un livre qui vous effraie

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09 octobre 2015

Les Nécrophiles anonymes T.1 Quadruple assassinat dans la rue de la Morgue, Cécile Duquenne

Les Nécrophiles anonymes TQuadruple assassinat dans la rue de la Morgue est le premier tome de la série Les Nécrophiles Anonymes imaginée par la jeune auteure, étudiante en japonais et libraire en dilettante Cécile Duquenne, paru dans un premier temps chez Voy'el Editions en 2012 avant de paraître en ebook chez Bragelonne en 2014.

Népomucène est un préposé à la morgue des plus ordinaires, excepté le fait qu'il passe ses nuits de travail en compagnie de Bob, un vampire qui a élu domicile dans la morgue. L'amitié qui lie les deux compères est forte et se solde régulièrement par des retrouvailles autour de bières et d'épisodes de Buffy. Mais leur routine quotidienne est un jour interrompue par le meurtre sanglant des médecins légistes de la morgue. Selon Bob, et au vu des blessures, seul un loup-garou peut être l'auteur de ce crime. Aidés d'Edgar un retraité taxidermiste, Népomucène et Bob se lancent sur les traces du meurtrier.

Vous connaissez mes goûts en matière de lecture et vous savez que je ne suis d'ordinaire pas friande de fantasy. Mais depuis que j'ai suivi un MOOC sur la Fantasy organisé par l'Université d'Angers, mon intérêt pour le genre a été aiguisé et depuis j'aime à sortir de ma zone de confort en me frottant à des textes qui, d'ordinaire, ne m'auraient pas attirée. Ce premier tome en fait partie. Et force est de reconnaître que j'ai été charmée par la plume de cette jeune auteure et son style. 

L'humour est omniprésent entre ces pages et Cécile Duquenne joue sur les codes du genre pour mieux s'en écarter. Elle adapte à sa sauce le mythe du vampire et celui de la lycanthropie et l'ensemble est plutôt bien ficelé. Ce premier roman est très court et ressemble presque à un épisode de Buffy pour son côté parodique et sentimental à la fois. C'est drôle, léger, rapide, agréable à lire, et un peu addictif aussi. En refermant ce premier tome, j'ai eu très envie de découvrir le second et savoir ce qu'il advient de Népomucène et Bob, son ami vampire. Un bon point, non ?

Voici ma quatrième participation au Challenge Halloween organisé par Lou et Hilde.

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07 octobre 2015

Aliénor Mandragore T.1 Séverine Gauthier et Thomas Labourot

Aliénor Mandragore TAliénor Mandragore est le premier titre d'une collaboration entre Séverine Gauthier pour le texte et Thomas Labourot pour les dessins, paru en février chez Rue de Sèvres.

Merlin et sa fille Aliénor vivent paisiblement dans la forêt de Brocéliande. Merlin, en mycologue passionné, tente d'enseigner à sa fille comment devenir une druidesse accomplie. Mais lors d'une leçon dans la champignonnière, Merlin meurt foudroyé par le cri d'une Mandragore et réapparaît en fantôme, suppliant sa fille de le ressusciter. Aliénor n'a d'autre choix que de demander de l'aide à la Dame du Lac et à Morgane pour l'aider dans sa quête.

Ce premier tome revisite avec un humour certain le cycle arthurien et le fait avec brio. Si l'intrigue se centre sur la quête de la jeune Aliénor - personnage inventé par le tandem d'auteurs, qui hésite entre devenir druidesse et apprendre la magie des fées -  elle n'en demeure pour autant pas dénuée de références à la légende arthurienne. Le jeune duo d'auteurs s'en empare pour mieux se l'approprier et la tourner en dérision. Comment ne pas rire devant la Dame du Lac se déplaçant dans sa baignoire pour toujours être en contact avec les eaux de son lac ou devant Morgane, l'ennemie jurée de Merlin, transformée en apicultrice émérite ? L'essentiel est néanmoins là et les relations originelles entre les personnages sont respectées (notamment le contentieux entre Morgane et Merlin) et une planche présentant les personnages permet en début d'album de s'approprier cette légende.
Les dessins de Thomas Labourot possèdent une rondeur enfantine qui sied parfaitement à l'univers enchanteur de l'intrigue et lui offre une dimension merveilleuse des plus appréciables. Les planches se suivent et ne se ressemblent pas dans leur découpage, leur organisation ou encore leurs teintes. Quel régal que de parcourir cet univers aux côtés d'Aliénor !
L'intrigue est bien menée et efficace - alternant entre quête identitaire et roman initiatique - et met en scène un personnage qui suscite d'emblée une forte sympathie, Aliénor, face à une figure paternelle écrasante et ridicule à la fois. Merlin ainsi raillé... Quel plaisir !
Un premier tome très réussi et prometteur ! Espérons que la belle énergie qui transpire dans ces pages se poursuive dans les tomes suivants... Je les attends en tout cas avec impatience !

Un grand merci à Coline et aux Éditions Rue de Sèvres pour la découverte d'Aliénor et de son univers.

 Planche 2 Aliénor Planche 1 Aliénor

Planche 3 Aliénor

Et zou ! Une nouvelle lecture à inscrire au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou

et ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Yaneck !

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06 octobre 2015

Les Contes Macabres, Edgar Allan Poe et Benjamin Lacombe

Les contes macabresLes contes Macabres est un album de Benjamin Lacombe paru en 2009 dans la collection Métamorphoses des Éditions Soleil.

Piochant sept nouvelles dans les recueils Histoires extraordinaires et Nouvelles histoires extraordinaires publiés en 1839 par l'auteur américain Edgar Allan Poe, Benjamin Lacombe les met en scène et les illustre avec le talent qu'on lui connaît. Ainsi, c'est Bérénice, Le Chat noir, L'Ile de la fée, Le Coeur révélateur, La Chute de la maison Usher, Le portrait ovale et Morella qui prennent vie sous le crayon du jeune et talentueux illustrateur français.

L'album en lui-même est un petit bijou, comme chaque album de Benjamin Lacombe, et chaque détail est particulièrement soigné, permettant au lecteur de s'immerger dans l'imaginaire sombre et torturé de Poe. Dès la couverture, le ton est donné, et celui-ci se poursuit au fil des pages, mêlant habilement le talent de Poe et celui de Lacombe. Ce dernier joue avec les couleurs de pages, se réapproprie tout, y compris les typographies, pour mieux rendre hommage au maître du romantisme américain. La traduction de Baudelaire accompagne ce duo et parfait le tout.

A la fin de l'album, une courte biographie des trois auteurs de cet album - respectivement Poe, Baudelaire et Lacombe - mêle les genres et les époques pour un rendu savoureux.

Je ne suis pas objective en ce qui concerne Benjamin Lacombe car j'apprécie tout particulièrement son trait et même si l'on peut lui reprocher de toujours offrir la106229515 même esthétique à ses albums - ce qui par ailleurs pourrait être une grande qualité aussi - j'avoue avoir éprouvé beaucoup de plaisir à la découverte de cet album longtemps remisé dans ma PAL. Après La Petite Sorcière, Grimoire de Sorcières, Notre Dame de Paris et Léonard et Salaï, Benjamin Lacombe m'enchante toujours autant...Et voici ma deuxième participation au Challenge Halloween organisé par Lou et Hilde. (si on considère mon Read-a-Thon d'Halloween de dimanche comme la première !)

Poe par LacombeAutoportrait de Lacombe

Planche 3

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04 octobre 2015

Un Read-a-Thon d'Halloween improvisé ?

Chaque année je participe avec plaisir au Challenge Halloween organisé par Lou et Hilde. Et quand je peux, je participe106229515 également au Read-a-Thon qu'elles organisent à cette occasion. Ceux qui me suivent depuis un moment connaissent le concept de ce marathon de lecture, en théorie sur 24h mais les règles peuvent être plus souples.

Mais le RAT d'Halloween tombant cette année le week-end du 17-18 octobre, je ne suis pas disponible ce weekend-là, donc je me joins à Purple qui a organisé un petit RAT de son côté ce week-end. FondantGrignote l'a accompagnée hier, c'est à mon tour de me joindre à elle aujourd'hui. Bon, il est un peu tard et je n'ai absolument pas anticipé la chose donc je verrai comment la journée va se dérouler mais j'aimerais partir sur un semi-read-a-thon, soit 12h de lecture aujourd'hui ! Mais parce que je me sens un peu l'âme aventurière, je pense que je vais intégrer un film / une série dans ce temps-là (ceux qui me connaissent bien savent à quel point je suis petite nature face aux films qui font peur... Donc on verra !)

Tout bon RAT nécessitant des provisions (dans tous les sens du terme !), j'ai fait un point dans ma PAL pour trouver des lectures effrayantes, et dans mes placards pour trouver de quoi grignoter.

Acte 1 : les provisions livresques

Mes provisions de livres

Comme c'est une impro, voilà ce que j'ai dégoté d'halloweenesque dans ma PAL :

  1. Les contes macabres de Poe illustrés par Benjamin Lacombe
  2. Une vie ailleurs de Gabrielle Zevin (merci soeurette !)
  3. L'oncle Silas de Le Fanu (Nesto, tu me l'as offert il y a quatre ans et toujours pas lu !)
  4. Les Nécrophiles anonymes T.1 de Cécile Duquenne (sur mon Kindle)
  5. Un bûcher sous la neige de Susan Fletcher (merci Marine !)
  6. Des bibliothèques pleines de fantômes de Jacques Bonnet


Acte 2 : les idées de film / séries

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  1. The Walking Dead (lu mais pas encore vu !)
  2. Les Revenants (impossible de passer à côté de la saison 2 en ce moment !)
  3. World War Z (parce que la vision de Brad Pitt permet de supporter celle des zombies...)

Mais c'est vraiment si je me sens l'âme téméraire parce que si c'est pour faire mille cauchemars après... Je me connais !

 Acte 3 : le lieu et les douceurs

Mon coin lecture

Mon canapé et ses coussins confortables. Vous remarquerez que Chachat n'est pas sur les photos. Ca sera mon premier RAT sans lui... Souvenez-vous : je l'ai laissé à mes parents cet été pour lui offrir un cadre de vie plus agréable et sain que mon petit appart francilien. Il s'est transformé en chat de jardin tandis que sa présence hante mes murs... De nous deux, je suis à mon avis celle qui souffre le plus de cette séparation. Mais trêve d'apitoiements (surtout que la situation n'est que temporaire !) et passons aux douceurs maintenant, où efficacité et santé riment : biscuits bio, pomme, amandes, chocolat noir à l'orange et une théière de thé aux fruits des bois.

J'aurais aimé plus de déco ou d'inspiration automnales ou en référence à Halloween mais si vous êtes en manque, allez jeter un oeil à mes tableaux Pinterest Autumn, Autumn ou Happy Halloween et imaginez mon salon décoré de la sorte !

***

11h41, c'est parti ! Je commence (tardivement) ce RAT d'Halloween avec Les Nécrophiles anonymes T.1 Quadruple assassinat dans la rue de la Morgue de Cécile Duquenne sur mon Kindle et en sirotant une première tasse de thé. A plus tard !Mon déjeuner de RAT !

13h23 : Petite pause déjeuner rapide avec un feuilleté au chèvre et de la salade et je continue ma lecture des Nécrophiles anonymes T.1. J'en suis à la page 45 et je suis très agréablement surprise par ce roman drôle et à l'atmosphère vraiment prenante. Un employé de morgue qui a pour meilleurs amis un vampire et un taxidermiste farfelu aux côté desquels il se lance à la poursuite d'un loup-garou ? Ça aurait pu être lourd ou éculé mais il n'en est rien et pour l'instant je me régale de l'humour et de l'originalité du traitement de l'intrigue...

15h45 : Je viens de terminer ma lecture des Nécrophiles anonymes T.1 (151 p.). Une lecture agréable que je ne manquerai pas de chroniquer dans les jours qui suivent. J'hésite encore sur la suite de mon programme. Une tasse de thé s'imposte pour y voir plus clair... A plus tard !

16h30J'ai tergiversé un moment sur la suite de mon programme mais j'ai finalement tranché : je me lance dans le pilote des Revenants, la série culte de Canal dont la deuxième saison, trois ans après la première, commence à être diffusée. Pour l'instant, j'attends de voir si je résiste à ma peur, avant d'envisager de suivre la série....

 18h04 : Roooh mais c'est que c'est super-vachement-over bien Les Revenants ! Même que c'est une série française, qu'un remake US a été fait, qu'Emmanuel Carrère cosigne le scénario, et même que j'ai presque pas eu peur pendant ce pilote (limite à un moment donné mais ça va, je gère...) Je continue sur ma lancée et enchaîne sur le 2e épisode mais avant je vous mets la bande-annonce parce que vraiment, c'est très chouette !

 21h07 : Bon, deuxième épisode des Revenants, check ! Tout comme quelques coups de téléphone et des passages sur les blogs, à droite à gauche. On ne peut pas dire que je sois méga productive, comme d'habitude en RAT (peut-être encore pire quand on n'est que deux à le faire !) Mais c'est décidé, je me remets en selle en ouvrant Des bibliothèques pleines de fantômes de Jacques Bonnet, que je veux lire depuis hyper longtemps mais je ne prends bien sûr pas le temps. Alors c'est parti ! (et si j'ai fini et que j'ai encore l'énergie, je regarderai le troisième épisode des Revenants...)

 23h14 : Terminé Des bibliothèques pleines de fantômes ! Je suis assez circonspecte sur cet essai...Mais il traînait depuis quelques temps dans ma PAL donc je suis contente de l'en avoir sorti. Il est l'heure de clore ce RAT et d'en dresser un rapide (très rapide) bilan... 

Bilan de ce RAT : Bon, on ne peut pas réellement dire que j'ai été efficace mais je suis quand même contente : 2 livres lus aujourd'hui (j'ai été plus efficace en terme de nombre de tasses de thé bues !) pour un total de 289 pages. Ce n'est pas énorme, mais je suis contente d'avoir sorti 2 livres de ma PAL et de les avoir lus en intégralité. Pour la première fois, j'ai intégré une série TV dans mon RAT, avec les deux premiers épisodes des Revenants. Jusque là, je n'ai pas eu peur donc je crois que je vais  continuer à découvrir cette série phénomène.
Je vous avoue que j'ai sauté sur l'occasion de ce RAT car j'ai encore trouvé le moyen de me blesser à une jambe et d'être incapable de marcher (et c'est parti pour une semaine d'arrêt... Ça vous rappelle quelque chose ? Moi aussi...) Donc un marathon de lecture était un excellent moyen de prendre mon mal en patience avec cette immobilité forcée, après déjà trois jours de repos total...

Comme d'habitude, un grand merci à ceux qui sont passés par là me laisser un petit mot d'encouragement. Si je trouve deux minutes de libre le weekend du 17-18 octobre, je ne manquerai pas de venir encourager ceux qui se lanceront dans le RAT officiel d'Halloween ! Sur ce, je vais me reposer un peu... et lire !

 Halloween

 

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17 septembre 2015

C'est bientôt l'heure du Challenge Halloween...

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S'il y a bien un challenge auquel j'aime tout particulièrement participer,

c'est le Challenge Halloween !

Les festivités commencent le 1er octobre...

Nous embarquons ensemble pour une randonnée d'Halloween aux multiples étapes.

Pour plus d'informations, allez jeter un oeil chez Lou ou Hilde !

En plus elles organisent un petit concours réservé aux participants...

Ca se passe ici !

Pour l'instant, ma PAL n'est pas des plus inspirantes sur ce thème mais je vais bien dénicher

quelques lectures terrifiantes pour cette occasion... 

Citrouille chauve_souris001Citrouille 

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27 octobre 2014

La Saga des sorcières T.1 : Le lien maléfique, Anne Rice

Le lien maléfique, Anne RiceLa saga des sorcières de Mayfair est une chronique familiale écrite par la romancière américaine Anne Rice, connue du grand public pour sa Chronique des Vampires et l'adaptation ciné du premier tome, Entretien avec un Vampire en 1994. Le Lien maléfique est le premier tome de la trilogie des sorcières, publiée entre 1990 et 1994.

Une étrange demeure, à la Nouvelle-Orléans. Celle de la famille Mayfair. Des légendes circulent sur cette famille dont on dit que les femmes possèdent des pouvoirs parapsychiques. Certains chuchotent que ce sont des sorcières... 
Rowan Mayfair, brillante chirurgienne, ignore tout de sa famille. Adoptée par des cousins éloignés et élevée en Californie, ce n'est qu'au décès de Deirdre, sa mère biologique, que la jeune femme se rend à la Nouvelle-Orléans et découvre les légendes autour des Mayfair. Celles-ci éclairent Rowan sur les étranges pouvoirs qu'elle possède et qu'elle tentait d'ignorer jusque-là. Sa rencontre avec Michael Curry, doté lui aussi d'un don parapsychique, permet à la jeune femme d'explorer son histoire familiale et d'essayer de comprendre l'étrange lien qui unit les femmes de la famille et Lasher, un esprit qui hante ces dernières depuis le 17e siècle.

992 pages. C'est dit. Je préfère vous annoncer la couleur tout de suite et éviter les ricanements de ceux qui se sont dit que je m'étais endormie sur ce roman depuis que je l'ai commencé au Marathon de lecture d'Halloween en début de mois. 
Le lien maléfique est le premier roman d'Anne Rice que j'ouvre. Et ce pour deux raisons (si vous en avez déjà marre de ma logorrhée et de mes histoires toutes pourries de pourquoi je n'avais jamais lu Anne Rice avant, sautez trois paragraphes plus bas et vous aurez mon avis sur ce roman. Les autres, c'est parti pour histoirefascinantedemavie.com !) La première, c'est que ma chère soeur avait une passion pour la Chronique des Vampires quand on était ado. Et en bonne petite soeur que j'étais, prête à tout pour me démarquer et cultiver mon individualité, j'ai longtemps juré que jamais, au grand jamais, je n'ouvrirai un roman d'Anne Rice et que je laissais cet univers à ma soeur. Donc niet, pas d'Anne Rice du tout (enfin, je me suis quand même autorisé le film avec Brad Pitt et Tom Cruise... suis pas maso quand même !) Bon, ça c'était avant. Avant que l'adolescence ne se termine, que je cesse de clamer partout ma nécessaire et primordiale unicité, et que je me foute royalement d'aimer les mêmes choses que ma soeur. Au contraire (cf. la couture, le yoga, les sushis, les virées expo à Paris, les voyages et j'en passe). Donc maintenant que je suis grande et mature (hum hum), j'accepte totalement de picorer ci et là ce que les autres aiment, et même ce que ma soeur aime. Ouah... Quelle évolution, je sais...
Deuxième raison (j'en vois qui dorment au fond...), ma super copine Poulette-Nene n'a pas arrêté de me tanner sur les qualités incroyables de cette trilogie qu'elle avait adorée. Bon, j'ai tergiversé un moment avant de me lancer (et encore, c'était avant de savoir que le premier tome frôlait les 1000 pages...) mais comme Poulette-Nene est mon acolyte de club lecture avec les élèves, en bonne prof de maths super lectrice qu'elles est, je lui devais bien ça. Voilà voilà...
Ça, c'était ma rencontre avec La Saga des Sorcières et Anne Rice... Passons aux choses sérieuses avec ma chronique à proprement parler. Et zou ! Pour fêter ça (et récupérer ceux que ma super rencontre bipartite n'intéressait pas) je saute une ligne !

Bon, après ces tartines de blabla, je ne vais pas vous faire une chronique sans fin et vous achever complètement. Surtout que parler d'un premier tome d'une trilogie, ce n'est déjà facile (parce qu'il s'agit bien souvent d'une mise en place de l'intrigue et des personnages, amorce de la suite), mais parler d'un premier tome d'une trilogie qui compte pas loin de 1000 pages et écrit par une romancière connue et reconnue et dont tout le monde a déjà tant parlé, c'est encore moins évident. Dit comme ça, on pourrait croire que je vais terminer ce billet sans vous en parler du tout. Mais non, quand même, je me lance.
Anne Rice nous offre ici un magnifique exemple de saga familiale parfaitement orchestré. La trame narrative alterne le présent, où Rowan et Michael évoluent, s'aiment, et découvrent la demeure et son histoire, et le passé, par le récit de la famille Mayfair à travers les siècles, réalisé par le Talamasca, une société vouée à l'étude des forces occultes. L'alternance entre ces époques tisse une intrigue complexe et laisse imaginer au lecteur la richesse de l'imagination de l'auteure et de son monde intérieur. La vraisemblance, si elle pourrait sembler absente à cause de l'aspect fantastique, est pourtant bien présente dans l'universalité des liens et des problématiques entre les membres de cette famille.
Les personnages se succèdent au fil des années, et à chaque génération une des femmes de la famille voit son destin lié à celui de Lasher, entité démoniaque envoûtante. Le lecteur suit ce récit fait par les différents membres du Talamasca à chaque époque et voit le risque pour Rowan croître au fil des pages. La psychologie de cette dernière est soignée et permet au lecteur de s'attacher au personnage. La tension monte, à chaque retour au présent. Et le lecteur se doute bien que la maison et Lasher vont irrémédiablement attirer Rowan, malgré sa force et sa détermination. 
L'ambiance du roman est singulière et étouffante. Dans la moiteur de la Nouvelle-Orléans, englués dans le passé, les membres de la famille Mayfair tentent de s'extirper de leur malédiction familiale. Et le lecteur de suivre, spectateur impuissant du drame qui se joue dans cette ambiance empesée et lourde de secrets, l'histoire des Mayfair.   
La lassitude que j'ai éprouvée vers la moitié du roman n'est pas due à la qualité de ce dernier mais au fait que je suis peu portée sur les chroniques familiales. Parcourir quatre siècles de personnages d'une même famille et s'intéresser aux liens de parenté entre chacun pour bien suivre l'intrigue n'est vraiment pas ce que je préfère d'ordinaire. Mais pour autant, Anne Rice a su capter mon intérêt grâce aux fréquents retours au présent, avec Michael et Rowan. Si ce premier tome consacre beaucoup de temps à planter le décor de la famille, c'est pour mieux comprendre ensuite l'histoire de ce couple. Et finalement, une fois la dernière page tournée, la magie du suspense a opéré : moi qui d'ordinaire n'apprécie pas les romans en plusieurs tomes, j'ai envie de savoir ce qui va arriver à Rowan et Michael... 

Et voilà ma deuxième participation (et sûrement la dernière pour cette année) au Challenge Halloween d'Hilde et Lou.

Challenge Halloween

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13 octobre 2014

Carmilla, Sheridan le Fanu et Isabella Mazzanti

CarmillaCarmilla est une des oeuvres les plus connues de l'écrivain irlandais Sheridan Le Fanu, auteur majeur du récit fantastique.
Publiée en 1872 et à l'occasion des deux cents ans de la naissance de l'écrivain, elle paraît aujourd'hui en album illustré par l'italienne Isabella Mazzanti, dans la collection Métamorphose chez Soleil.

Laura vit seule avec son père, dans un château en Styrie. L'adolescente souffre de solitude et c'est avec un plaisir immense qu'elle voit sa vie bouleversée par l'arrivée au château de Carmilla, une jeune fille de son âge. Les deux adolescentes se lient rapidement d'amitié.
Mais les jours passants, des décès étranges se produisent dans les alentours. Et Laura fait des rêves étranges, remarquant au réveil de drôles de traces sur son corps. Une langueur peu à peu l'envahit...

Publié vingt-cinq ans avant le Dracula de Stoker, Carmilla est une nouvelle fondatrice dans le mythe du vampire à laquelle Bram Stoker rendra hommage et dont il reconnaîtra l'influence sur son oeuvre. Demeurée dans l'ombre de Dracula - à laquelle tout semble se référer, à tort - elle fait pourtant partie des textes qui participent de l'image du vampire telle que nous la connaissons et mérite une visibilité plus grande. Son adaptation en album en est l'occasion.
En grand maître du récit fantastique, Le Fanu offre ici à son lecteur une petite merveille très bien orchestrée. La gradation du suspense et de la peur au fil des pages est parfaitement maîtrisée et donne au lecteur l'impression d'un étau qui peu à peu se resserre autour du personnage de Laura. Le doute n'existe pas, quant à l'identité de l'auteur de ces crimes, bien entendu, et c'est avec impuissance que le lecteur regarde le châtelain et sa fille abriter le mal en leur sein et le protéger.
Mais l'intérêt de la nouvelle ne réside pas dans ce mystère mais dans l'influence de Carmilla sur Laura, son emprise sur elle - amicale, amoureuse, le doute persiste -, et la relation étrange qui naît entre les deux femmes. Au fur et à mesure des chapitres, le lecteur assiste au vampirisme de Carmilla, et regarde peu à peu Laura perdre ses forces, s'abîmer dans cette relation, s'y perdre, en se demandant si son entourage réagira à temps pour la sauver.
Figure féminine nimbée d'une aura mystérieuse et inquiétante, le personnage de Carmilla symbolise l'énigme, le mystère. De la nature humaine peut-être ? De la monstruosité de la condition humaine, qui sait ? Personnage silencieux, elle cristallise toutes les peurs et hante les pages comme le château et l'esprit de Laura. D'elle, le lecteur sait très peu. Mais sa présence est là, insaisissable et silencieuse.
Figure féminine du vampire qui ne s'attaque qu'à ses paires, Carmilla est et reste une énigme au fil des pages. S'amourachant de ses victimes pour mieux les vider de leur sang, les séduisant pour mieux les aliéner. Dangereuse, c'est certain, mais si belle. Si attachante. Si envoûtante...

Les illustrations d'Isabella Mazzanti transportent le lecteur dans cette nouvelle gothique inquiétante et ténébreuse à souhait. Le noir domine, notamment avec la chevelure de Carmilla, et se décline en nuances de gris - jusqu'au blanc - qui contrastent avec la seule couleur utilisée au fil des pages, le rouge. Le sang, mais aussi le côté virginal des jeunes filles, sont symbolisés par cette couleur, utilisée notamment en arabesques aux allures orientales, qui témoignent du parcours hétéroclite de l'illustratrice.  Quel plaisir visuel !
Les dessins complètent le texte, le dépassent parfois, l'interprètent souvent, pour mieux l'accompagner. Les personnages ont des allures de personnages de contes, avec leurs grands yeux expressifs et l'innocence qui semble se dégager des pages n'est qu'un leurre auquel le lecteur ne croit bien évidemment pas.
Vous l'aurez compris, l'
adaptation en album de cette nouvelle est en tous points splendide et je suis tombée sous le charme de Le Fanu, certes, mais aussi d'Isabella Mazzanti. C'est un objet visuellement très intéressant, dans lequel chaque détail est soigné, des pages de garde aux têtes de chapitre. Ouvrir cet album, c'est véritablement s'immerger dans la nouvelle gothique de Le Fanu. Une petite merveille ! A lire, relire, à offrir aux amateurs du genre ou à soi...
Challenge Halloween 

Voici ma première participation au Challenge Halloween d'Hilde et Lou, lue pendant le Marathon de lecture d'Halloween.

Une bande-annonce, plutôt que des planches, pour vous faire découvrir l'univers d'Isabella Mazzanti

Un grand merci à Bénédicte et aux éditions pour cette magnifique découverte.

ions pour cette lecture encore une fois très agréable. - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/tag/Service%20de%20presse#sthash.qwsqmTSg.dpuf

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05 octobre 2014

Marathon de lecture d'Halloween

RAT HalloweenJe ne sais pas chez vous, mais ici l'automne s'est doucement installé aujourd'hui. Le ciel est tout gris, une pluie fine nimbe le paysage d'une aura floue et la fraîcheur a fait son apparition... Le temps parfait pour se lancer dans un marathon de lecture, non ?
Et parce que les choses sont bien faites, Hilde et Lou ont, comme à leur habitude, inauguré leur Challenge Halloween il y a quelques jours et Hilde organise, en compagnie de Marjorie, un marathon de lecture sur le thème d'Halloween ce weekend.
En ce dimanche parfait pour cette occasion, je rejoins donc le Vaisseau Fantôme aux côtés des autres blogueuses pour un marathon de lecture !

Allez encourager les autres participants de ce marathon de lecture.  Certains y sont encore, d'autres l'ont déjà terminé. L'occasion de piocher de nouvelles idées de lectures, non ?  Hilde, Valeriane, Clarabel, Syl., La culture se partage, Yoda Bor, FondantOchocolat, L'or rouge, Lily's Notebook, Petit_speculoos, Marmelade de livres et Margotte.

***

Commençons par le commencement : tout Marathon de lecture nécessite un ravitaillement minimal pour tenir le coup au fil des pages. En méga organisée que je suis, je n'avais rien ce matin. Et oui, on appelle ça une impro ! Ni une ni deux, à l'occasion d'un latte partagé dans un chouette endroit, j'en ai profité pour faire un saut rapide à Mon*prix. Et si vous me lisez régulièrement, vous savez que Mon*prix, c'est toute ma vie (ça marche aussi avec H*M, diraient certaines...) 
Du coup, j'ai trouvé mon bonheur pour ce marathon... et un magnifique sac camel (en même temps, je n'avais pas de sac camel - ce qui est essentiel dans toute garde-robe qui se respecte - et celui-ci m'a fait les yeux doux dès que je suis entrée. J'vous jure, il m'a regardée avec ses grands yeux tout camel ! Quand en plus ta copine te dit qu'il est vraiment top et que c'est un sac qu'on peut même prendre pour bosser vu sa grande taille et qu'aujourd'hui il y a exceptionnellement 15% sur les accessoires... comment dire ? Bein je suis repartie avec ! )

Du coup, tadam ! (en plus du sac)

Une téhière de roïbos, du chocolat, des tartelettes poires/amandine et des clémentines,
me voilà parée pour commencer mon marathon de lecture !

L'essentiel pour un Marathon de lecture réussi

Et en terme de livres choisis (oui, je parle de ravitaillement et de sac avant de parler du but même de ce marathon : les livres !), j'ai trouvé mon bonheur en piochant dans ma PAL et dans mon Kindle :

  • La poupée sanglante de Gaston Leroux
  • D'obsidienne et de sang d'Aliette de Bodard
  • Carmilla de Le Fanu en album illustré par Isabella Mazzanti
  • Le saga des Sorcières Mayfair T.1 Le lien maléfique d'Anne Rice (sur mon Kindle)

Peu de choix, mais des livres qui me tentent beaucoup et que je souhaite lire tout bientôt. Donc je suis ravie de ces trouvailles pour ce marathon improvisé !

Chachat Chachat

Je suis hyper épaulée par Chachat, comme à chaque marathon de lecture.
Le plus dur ? Ne pas m'endormir en le regardant !

***

13h54 : Allez, c'est parti ! J'ouvre le bal avec Carmilla en album ! A très vite pour un point-lecture.

15h33 : Petite pause Ric*ré et encouragements sur les blogs des autres participants. Je me régale avec Carmilla (104 pages lues /171) Le texte de Le Fanu est délicieusement angoissant et les illustrations d'Isabella Mazzanti sont fabuleuses. Allez zou ! Je poursuis !

16h26 : Je viens de tourner la dernière page de Carmilla, accompagnée par Chachat. Quel beau récit ! Et dire que, publié 26Fin de lecture, accompagnée de Chachat ans avant Dracula de Stoker, il n'a pas connu la même notoriété, en partie parce que le vampire est une figure féminine qui ne s'attaque qu'aux jeunes filles. 
Je poursuis mon marathon, malgré une légère langueur - empruntée peut-être au personnage de Carmilla, qui sait ? - en me plongeant avec beaucoup de curiosité dans le premier tome de La saga des sorcières Mayfair d'Anne Rice, conseillé depuis je-ne-sais-combien-de-temps par ma copine Poulette-Nene.

19h28 : Et voilà... Serait-ce l'odeur des cupcakes au potimaron préparés par Hilde qui m'a repue ou l'influence zen de Chachat qui m'a gagnée ? En tout cas, ce n'est pas ma lecture qui m'a ennuyée... Mais je me suis littéralement endormie sur mon Kindle (et pas qu'un peu... 1h30, m'sieurs dames !) 
Bref, ce dernier me dit que je suis à 4% du premier tome de La saga des sorcières Mayfair (riez, riez). L'intrigue se met tranquillement en place. Le début me fait penser à celui d'Entretien avec un vampire. (le témoignage enregistré sur magnétophone, le retour sur des événements passés étranges, etc.) Ça me plaît beaucoup ! Je me réveille complètement, fais quelques étirements et me replonge dedans. Bonne continuation à toutes !Un chouette repas pour reprendre des forces... tout en lisant !

23h38 : Et voilà, la voix de la raison parle en moi et m'intime d'aller me coucher. J'ai l'immense honneur de vous annoncer que je suis à 13% de La saga des sorcières Mayfair d'Anne Rice. Bon, en vérifiant sur le site de Decitre, j'apprends quand même que ledit roman ne compte pas moins de 762 pages ! Ah ! On se moque moins de moi et de mon rythme de tortue tout de suite, hein ? J'ai encore de l'énergie (vue la sieste de cet aprèm, c'est normal), et je pense que je vais poursuivre ma lecture au lit.

Bilan de ce mini-RAT :

  • 1 album de 171 p. et 13% d'un gros roman dévorés
  • 7h30 de lecture (j'ai enlevé mon 1h30 de légère sieste, hum hum)
  • Plus d'un litre de roïbos, 2 Ric*ré (qui me maintiennent en éveil maintenant, merci bien mais c'est trop tard !), des carrés de chocolat et des tartelettes  grignotés. Un vrai repas quand même, avec une galette bretonne et une salade verte.
  • Tout plein d'échanges en commentaires ici et chez les copines blogueuses participant à ce marathon de lecture.
  • Bref, une chouette journée, pluvieuse pourtant, sous le signe de la lecture et du partage. Merci les filles pour l'organisation ! C'est toujours un plaisir de participe à un RAT, particulièrement quand il est thématique.

Bonne nuit à tous!

 

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31 octobre 2013

Les sorcières d'Eastwick, John Updike

Les Sorcières d'Eastwick, John UpdikeLes sorcières d'Eastwick est un roman du prolifique John Updike paru en 1984. Il fait partie de ces livres qui possèdent la particularité d'avoir éclipsé, par leur titre, le nom de leur auteur. Car si beaucoup connaissent de nom ces diaboliques femmes de la paisible Eastwick, peu nombreux sont capables d'attribuer à John Updike la paternité de cette œuvre.

70's. Eastwick, petite bourgade américaine sans histoire. Mais derrière les apparences et les masques se cachent un brin de sorcellerie et beaucoup de commérages. Trois amies, Alexandra, Sukie et Jane, dont les pouvoirs se sont développés suite à leur célibat, utilisent leurs dons au gré de leurs humeurs, et ce malgré les quand-dira-t-on. Mais lorsqu'arrive en ville Darryl Van Horne, un homme riche et mystérieux, les trois femmes sont piquées de curiosité. Sournoisement, Darryl va tour à tour les séduire et les aliéner. Orgies, drogues, séduction et jalousie vont devenir leur lot quotidien. Darryl, sous ses apparences ordinaires, ne serait-il pas une incarnation du Malin ?

Tant a déjà été dit sur ce roman et cet auteur qu'il est difficile de mettre des mots, mes mots, sur cette lecture. John Updike signe ici un roman foisonnant et multiple qui entraîne le lecteur dans un méandre où seule subsiste l'image de ces trois femmes, puissantes et fragiles à la fois.
La petite ville d'Eastwick est le théâtre de bien des drames et il s'y noue des relations complexes entre les habitants. Critique de cette micro-société, le roman n'épargne personne, et surtout pas les hommes. Ces derniers, hormis Darryl Van Horne, ne souffrent pas la comparaison avec les personnages féminins et restent en arrière-plan de l'intrigue. Faibles, lâches, menteurs, meurtriers parfois, ils semblent cristalliser le mal que la société fomente. Face à ces hommes secondaires, les personnages féminins - les héroïnes ainsi que les autres femmes de la ville - s'érigent en  figures de force et de pouvoir, allant même jusqu'à s'affronter pour éprouver leur domination.
 
La sorcellerie n'est finalement qu'un prétexte à l'auteur pour s'interroger sur la question de l'émancipation de la femme. Ses trois héroïnes, malgré leur posture dominante énoncée plus haut, n'en demeurent pas moins sensibles au charme masculin, et notamment à celui du manipulateur Darryl Van Horne. Et elles qui prônaient la liberté comme valeur essentielle, se retrouvent bien vite piégées par cet individu paradoxalement repoussant et irrésistible. Le lecteur suit avec avidité le mécanisme qui se met en place et les tourments par lesquels passent tour à tour Alexandra, Sukie et Jane. Et à son tour de s'interroger sur la place de la femme.
Porté par une plume splendide, une traduction agréable et des longues phrases au rythme parfait, Les sorcières d'Eastwick est un plaisir dont on aurait tord de se priver.

Et parce que le roman d'Updike a inspiré le petit écran et le septième art, voici deux bandes-annonce d'adaptations très différentes et plus ou moins fidèles à l'oeuvre originelle.
La première est celle du film Les Sorcières d'Eastwick réalisé par Georges Miller en 1987, avec Jack Nicholson, Susan Sarandon, Michelle Pfeiffer et Cher dans les rôles principaux.

 Les sorcières d'Eastwick

Le film Les sorcières d'Eastwick (1987)

  

La seconde est celle de la série de Maggie Friedman, Les Mystères d'Eastwick, dont les 13 épisodes produits ont été diffusés fin 2009 sur ABC.

Eastwick

La série Les Mystères d'Eastwick (2009)

 

Enfin, parce que j'ai tellement annoté ce roman qu'il m'était impossible de faire l'impasse sur cette partie dans ma chronique, voici un florilège de citations qui illustrent le talent d'écrivain de John Updike.

"Si Alexandra était une sorcière du genre substantiel et instable, encline par nature à se gaspiller pour s'offrir aux influences et se fondre dans le paysage, et au tréfonds de son cœur plutôt paresseuse et d'un détachement quelque peu entropique, Jane était bouillante, trapue, concentrée comme une pointe de crayon, et Sukie Rougemont, qui à longueur de journée se dépensait en ville à recueillir cancans et nouvelles et dispenser sourires et salutations, avait une essence oscillante." (p.12-13)

"Rhode Island, bien que de notoriété publique le plus petit des cinquante États, renferme pourtant ça et là des immensités désertes typiquement américaines, des étendues mal explorées enclavées au milieu de zones industrielles tentaculaires, fermes abandonnées et grandes demeures oubliées, campagnes dépeuplées que traversent en hâte des routes droites et noires, marécages pareils à des landes et rivages désolés des deux côtés de la Baie, cet énorme coin d'eau enfoncé comme un pieu jusqu'au cœur de l’État, sa capitale, dont le nom est un acte de foi." (p.19)

"Dock Street, à cette heure où la nuit précoce rattrapait les acheteurs emmitouflés, avait un aspect dévasté, ses illuminations une pathétique manœuvre pour faire obstacle au sommeil, une tentative désespérée et hagarde pour tenir quelque vague promesse prisonnière de l'âpre ciel noir." (p.276)

"Entre-temps, la neige était tombée ; on finit par oublier cette merveille annuelle, son ampleur, l'air doté soudain d'une présence, les traits obliques des flocons ruisselants qui recouvrent tout comme les zébrures d'un graveur, le gros béret qui le lendemain matin coiffe de guingois la baignoire à oiseaux, le brun soudain plus foncé des feuilles sèches encore accrochées aux chênes, les branches vert foncé des sapins ciguë ployant sous le poids et le bleu limpide du ciel pareil à un bol vidé de sa dernière goutte, l'allégresse qui à l'intérieur de la maison ricoche sur les murs, la vie soudain comme survoltée qui sourd de la tapisserie, l'intensité mystérieuse de l'intimité que sur la fenêtre, dans son pot, l'amaryllis partage avec son ombre phallique et pâle." (p.304)

"Alexandra faisait de son mieux pour se montrer à la hauteur et s'intéresser à ces gens qu'elle n'avait jamais rencontrés, mais ses cellules cérébrales n'étaient déjà que trop encombrées de gens qu'elle avait jadis rencontrés, appris à connaître, trouvés passionnants et parfois même aimés, pour bientôt les oublier." (p.333)

"La musique illumine de sa lampe palpitante la sombre caverne de nos existences." (p.351)

"N'ont d'intérêt en fait que ce que nos esprits retiennent, ce que nos vies ont confié à l'air." (p.477)

 

Et vous vous en doutez : en ce beau jour d'Halloween, 
je ne pouvais pas ne pas participer au Challenge Halloween de
Lou et Hilde

 

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