Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

08 juillet 2013

Dieu m'étonnera toujours, Suites pour le temps qui passe, Claire Fourier

Dieu m'étonnera toujours, Claire FourierDieu m'étonnera toujours est le dernier roman de Claire Fourier publié aux Editions Dialogues. Celle qui fut bibliothécaire et professeur de lettres se consacre désormais à l'écriture et vit entre Paris et la Bretagne.

Une femme se retire dans un monastère de la Chartreuse pendant dix jours. Pour réfléchir. Pour fuir le temps. Pour se retirer de sa vie. La-bas, dans la chaleur du mois d'août, elle enfile les bottes laissées par le Chartreux et entreprend de désherber le jardin laissé en friche. Cette activité physique lui permet de s'abandonner à ses idées et réfléchir à sa vie. Et l'ascetisme de ces dix jours au monastère, s'ils lui offrent à penser, réveillent aussi ses sens.

Dévoré d'une traite durant mon voyage vers Canterbury, je suis tombée sous le charme de l'écriture de Claire Fourier et de ces Suites pour le temps qui passe. Sa plume, tout en poésie et en légèreté, entraîne le lecteur dans cette histoire intime d'une femme dont on ne connaîtra presque rien. Et c'est là l'intérêt de ce livre : le personnage est secondaire, se fait oublier tel le Chartreux qui hante les murs du monastère ; c'est le cheminement intellectuel de cette femme qui est intéressant, ses errances, ses désirs, ses pensées labyrinthiques et ses questionnements métaphysiques.

Et la construction atypique de ce livre - les chapitres alternent souvenirs de la narratrice et courts poèmes proches du haïku japonais - complète ce parcours introspectif. Une sensibilité singulière émane de ces lignes et c'est avec délectation que le lecteur s'imisce dans les réminiscence de la narratrice et observe son bien-être à se retirer du monde, à dormir peu et travailler beaucoup, à mettre de côté tout confort et toute opulence pour mieux se réjouir d'eau fraîche et d'une miche de pain.

La méditation est là, entre les lignes, et suit les méandres de la mémoire de la narratrice. Qu'il est bon de suivre avec elle ces dix jours de réflexion et de retour sur soi !

"J'aurais tué la poussière d'or de l'oeuvre au noir - celle où l'on distingue la lumière filtrée du temps - et balayé moins de grains que des graines de lumière." (p.38)

"Venue pour mettre mon esprit en jachère, je trouvais une jachère à cultiver. Venue pour trouver du vide, je trouvais du rare. " (p.24)

"Kimono de soie

Bol de thé fumant

l'espace et le temps me boivent"

(p.15)

"Je cueille une rose

j'accueille un haïku

souvenir d'été"

(p.93)

un tant soit peu ou que vous me lisez occasionnellement, vous n'avez pas pu passer à côté de mes protestations diverses quant à ma vie parisienne...
Mais force est de reconnaître que lorsqu'on aime voyager, Paris offre beaucoup d'avantages : aéroports internationaux desservant toutes les destinations probables et improbables, prix défiant toute concurrence, vols directs, etc. Et surtout, la possibilité, en une journée, d'aller faire un périple de l'autre côté de la Manche. C'est ce que j'ai fait - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/2013/06/30/27538425.html#sthash.anGvRJiP.dpu

Un grand merci à Babelio  et aux  Editions dialogie   pour l'envoi de ce roman dans le cadre de l'Opération Masse Critique.

 En bonus, Claire Fourier vous parle de son livre :

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22 mai 2013

Les Mondes de Yaxin : le jour de la licorne, Man Arenas

Les mondes de Yaxin le jour de la licorneLes Mondes de Yaxin : le jour de la licorne est un spin-off (une série dérivée) de la série Yaxin, signée Man Arenas, paru en mars 2013 dans la collection Métamorphose de chez Soleil.

Le petit Faune Gabriel est fasciné par les licornes et s'interroge sur ces créatures merveilleuses. D'où viennent-elles ? Quel est leur rôle ?

Poétique à souhait, cet album est une petite merveille visuelle. L'artiste Man Arenas offre à son lecteur l'étendue de son talent à travers de grandes planches riches en détails. Semblables à des tableaux, les pages se succèdent, tout en légèreté.
Les licornes y sont sublimées et c'est avec ravissement que le lecteur imagine, en compagnie de Gabriel, la vie de ces créatures légendaires fascinantes.

Les textes courts, rythmés et à la musicalité agréable, complètent la douceur des tons pastels et du trait rond de l'auteur. Le haïku - court poème japonais - n'est pas loin, et avec lui la poésie qui encense la nature et la vie.

Un très bel objet, dont la forme carrée permet l'éclosion de la poésie au fil des pages. Une lecture à mi-chemin entre le merveilleux et la légende. Une agréable découverte, c'est certain. A ne pas réserver aux adeptes des licornes ou du fantastique, ni à ceux qui ont lu la série originelle, Yaxin. Ce n'est pas mon cas et j'ai néanmoins grandement apprécié la douceur qui se dégage de ces pages.
Faelys avait été conquise, elle aussi, par cette découverte.

 Je remercie chaleureusement Bénédicte et les Editions pour cette très belle lecture.

 Les mondes de Yaxin planche 2

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24 septembre 2010

Neige, Maxence Fermine

9782020385800FSDécouvert il y a quelques mois chez Cynthia, ce premier roman de l'écrivain français Maxence Fermine publié en 1999 faisait partie de mes priorités de lecture.

1884. Le jeune Yuko, promis à une carrière militaire ou religieuse, fait le choix de devenir poète. Son sujet ? La neige. Sa méthode ? Des haïkus, poèmes japonais en trois vers et dix-sept syllabes.
Pour se perfectionner dans son art, le jeune homme part à la rencontre d'un vieux peintre spécialisé dans les couleurs.

D'une beauté époustouflante, ce roman subjugue son lecteur dès la première page. L'écriture de Maxence Fermine est d'une poésie rare, en écho au sujet de son roman : les haïkus.
L'intrigue développée est simple : le jeune Yuko veut perfectionner son art auprès d'un vieil homme, afin de donner de la couleur à ses haïkus monochromes consacrés à la neige. 
On suit avec délice le délicat parcours de ce jeune poète, ponctué de haïkus d'une beauté rare.
Que dire de plus si ce n'est que je suis enchantée au plus haut point et charmée par l'écriture de Maxence
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mine ? Vous en dire plus serait vous gâcher le plaisir de découvrir ce très court roman (96 pages) que je sacre douzième coup de cœur de mon année 2010. De quoi décider les indécis, non ?

"La neige est un poème. Un poème qui tombe des nuages en flocons blancs et légers.
Ce poème vient de la bouche du ciel, de la main de Dieu.
Il porte un nom. Un nom d'une blancheur éclatante.
Neige." (p.13)

"Un matin, le bruit du pot d'eau qui éclate dans la tête fait germer une goutte de poésie, réveille l'âme et lui confère sa beauté.  C'est le moment de dire l'indicible. C'est le moment de voyager sans bouger. C'est le moment de devenir poète." (p.16)

"Un matin, on se réveille. Il est temps de se retirer du monde pour mieux s'en étonner.
Un matin, on prend le temps de se regarder vivre." (p.16)

"Le plus difficile, pour le poète, c'est de rester  continuellement sur le fil qu'est l'écriture, de vivre chaque heure de sa vie à hauteur du rêve, de ne jamais redescendre, ne serait-ce qu'un instant, de la corde de son imaginaire. En vérité, le plus difficile, c'est de devenir un funambule du verbe." (p.81)

 

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