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12 mai 2019

Blanc Mortel, Robert Galbraith

Blanc Mortel Robert GalbraithBlanc Mortel est le quatrième tome de la série Cormoran Strike, série imaginée par J.K. Rowling sous le pseudonyme de Robert Galbraith. Il est paru le mois dernier aux éditions Grasset. 

Le jour où un jeune homme en apparence déséquilibré sonne à l'agence de détectives de Cormoran Strike, ce dernier a tout lieu de penser que celui-ci affabule. Billy, c'est son nom, dit avoir été témoin du meurtre d'une enfant lorsqu'il était jeune et veut que la vérité soit faite sur cette sombre histoire. Mais avant que Strike ne puisse l'interroger, Billy s'enfuit. Tiraillé, l'enquêteur ne sait quel crédit accorder à ses dires mais par acquit de conscience, commence à effectuer quelques recherches. En parallèle, il se lance avec son associée, Robin, dans l'espionnage politique, alors qu'un Ministre victime de chantage, leur demande de trouver des charges contre son ennemi en infiltrant le Parlement. Les deux enquêtes sont sinueuses et piétinent, d'autant plus que Cormoran souffre désormais d'une certaine notoriété l'empêchant d'agir sur le terrain sans être découvert.

Souvenez-vous : depuis deux mois, je suis plongée dans cette série de mon auteure favorite. Début mars, je découvrais L'appel du coucou, et si le rythme un peu lent me déroutait un peu, je persévérais néanmoins en enchaînant directement avec le deuxième tome, Le Ver à soie, que je dévorais en moins de quinze jours, avant de me plonger littéralement dans le troisième, La Carrière du Mal, dont je sortais haletante, perdue dans l'attente de la sortie de ce quatrième tome en français.  
Autant vous dire que j'attendais ce dernier avec une impatience rare et que sitôt en ma possession, je me suis lancée dans sa lecture avec délectation.  
J.K. Rowling signe ici un tome foncièrement différent des trois premiers. Si la trame demeure la même - une enquête de terrain pourvue de multiples rebondissements - le rythme du roman est plus lent, plus centré également sur ses deux héros, Cormoran et Robin. Le roman avance progressivement au fil des 700 pages, à la fois sur l'intrigue du chantage politique, à la fois sur l'histoire du meurtre de l'enfant mais aussi sur les relations personnelles de Cormoran et de Robin. Cette dernière tente de sauver son mariage, alors que celui-ci n'a qu'un an, tandis que Cormoran s'enlise dans une relation sans lendemain avec une dénommée Lorelei, qui attend beaucoup plus de l'ancien soldat unijambiste.  
R
este que, malgré une intrigue riche et fouillée, des personnages qui gagnent en densité psychologique, j'ai eu plus de mal à apprécier ce tome, me perdant un peu dans ses méandres labyrinthiques. J'ai mis près d'un mois à le lire, m'endormant souvent dessus (ce qui est rare !), captivée pourtant par les circonvolutions de l'enquête et de la vie des deux personnages principaux. Mais il a manqué une petite étincelle, je crois. Le dénouement est encore une fois inattendu et bien pensé, non dénué d'intensité dramatique, et offre à l'ensemble une portée intéressante. Mais j'ai nettement ressenti un intérêt en baisse au milieu de l'intrigue, avant que celle-ci ne s'accélère à nouveau.  
U
n tome que je referme donc avec plaisir, certes, mais pas autant que les trois premiers. J'attendrai quand même avec plaisir la sortie du prochain, que je lirai peut-être en anglais, pour éviter d'avoir à attendre la sortie française. Une série qui reste ma série coup de coeur de l'année, malgré cette petite déception.

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17 avril 2019

Prendre refuge, Zeina Abirached et Mathias Enard

Prendre refuge, Zeina Abirached et Mathias EnardPrendre refuge est un album coécrit par Zeina Abirached et Mathias Enard paru en septembre 2018 aux éditions Casterman. 

1939, Afghanistan. Autour d'un feu de camp, aux pieds des Bouddhas de Bâmiyân, une voyageuse européenne, Anne-Marie Schwarzenbach, tombe amoureuse de l'archéologue Ella Maillart. Cette nuit là, les deux femmes l'apprennent par la radio, la Seconde Guerre mondiale éclate. 2016, Berlin. Karsten, jeune allemand qui se passionne pour l'Orient rencontre Nayla, une réfugiée syrienne, dont il s'éprend, malgré leurs différences. 

Deux époques complexes, deux guerres, deux êtres que tout oppose, deux histoires d'amour en noir et blanc. Ouvrir Prendre refuge, c'est s'immerger dans une bichromie fine et graphiquement très aboutie qui bouleverse les codes du genre. Chaque planche est une déconstruction de la double page classique et emmène son lecteur au coeur de ces deux histoires d'amour compliquées.  
Réflexion sur les errances de l'amour hier et aujourd'hui, entre l'Afghanistan et l'Allemagne, entre Kaboul et Berlin, entre deux être que tout oppose, cet album est une magnifique plongée graphique et historique.   
Les auteurs ont pris comme point de départ La voie cruelle, écrit par Ella Maillart et ont tissé leur histoire autour de ce fait-là. Entre la passion entre deux femmes au milieu du désert à celle entre une réfugiée syrienne et un arhitecte berlinois, les ponts sont nombreux. Zeina Abirached et Mathias Enard interrogent la question des différences, notamment culturelles, et déroulent deux histoires d'amour singulières devant les yeux du lecteur.   
Le titre fait référence à la prise de refuge dans le bouddhisme et au lieu de rencontre d'AnneMarie et d'Ella, où des Bouddhas géants veillent sur la vallée mais peut aussi faire penser au refuge trouvé par Neyla en arrivant à Berlin, alors qu'elle fuit Alep et ses bombardements.   
Une claque visuelle autant qu'une magnifique réflexion sur l'amour et ses tourments, Prendre refuge est une pépite à découvrir d'urgence. 

Planche 1 Planche 2

 Planche 4 Planche 3

La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Stephie qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

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07 avril 2019

La carrière du Mal, Robert Galbraith

La carrière du malLa carrière du Mal est le troisième tome de la série Les Enquêtes de Cormoran Strike écrit par Robert Galbraith, alias J.K. Rowling. Il est paru en 2016 chez Grasset.

L'agence de détective de Cormoran Strike est de plus en plus prospère, grâce aux enquêtes qu'il a menées avec succès avec Robin Ellacot, son assistante devenue progressivement son associée. Mais lorsqu'un matin celle-ci reçoit un colis contenant une jambe de femme accompagnée de paroles de chanson du groupe de rock Blue Öyster Cult, Cormoran prend peur. La chanson fait référence à un  tatouage que sa mère avait, ce qui met Cormoran sur la trace de trois de ses anciennes connaissances qui pourraient lui en vouloir. L'ancien soldat devenu enquêteur se met immédiatement au travail.  De son côté, Robin, ébranlée par cette découverte, perd peu à peu pied dans son couple avec Matthew, tandis que leur mariage arrive à grands pas. 

C'est bien simple, il ne m'aura fallu qu'un gros mois pour dévorer les trois premiers tomes de cette série et leurs 2200 pages (le quatrième arrive dans quelques jours !). Et autant vous le dire tout de suite : mon enthousiasme n'a pas faibli au fil des tomes, bien au contraire ! 
J. K. Rowling réussit à étonner son lecteur avec une nouvelle intrigue foncièrement différente des deux premières. Dans ce tome, le lecteur plonge dans le passé de Cormoran Strike et ses sombres années. Il en apprend bien plus sur son passé de soldat et son enfance dans des squats avec sa mère et sa jeune soeur. La question de l'amputation est évidemment abordée avec ce membre sectionné reçu au courrier et Cormoran de revenir sur ce qu'il ressent à ce sujet. 
L'intrigue alterne une focalisation sur le meurtrier, dont on sait le minimum, et une focalisation sur Cormoran ou Robin. Les chapitres se succèdent et le lecteur, impuissant, voit la folie meurtrière s'emparer de celui qui ne trouve sa jouissance que dans le fait de découper des femmes et les mettre à sa merci. L'étau se resserre, tandis que Robin, insouciante, se lance à corps perdu dans les filatures que lui confie Cormoran.  
Un troisième tome haletant, à la construction bien différente des deux premiers, un dénouement ingénieux autant qu'inattendu, un duo d'enquêteurs dont la psychologie s'étoffe. Bref, on en redemande !

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24 mars 2019

Le Ver à soie, Robert Galbraith

Le Ver à soie, Robert GalbraithLe Ver à soie est le deuxième tome de la série Les Enquêtes de Cormoran Strike que J.K. Rowling signe du pseudonyme Robert Galbraith. Il est paru en 2014 chez Grasset.

Après avoir résolu le meurtre de Lula Landry, le détective Cormoran Strike croule sous les enquêtes. Mais la plupart du temps, celles-ci s'avèrent être des histoires d'adultères et de tromperies. Le jour où Leonora Quine pousse la porte de son agence, Cormoran décide d'aider cette femme effacée. Son mari, célèbre écrivain, a disparu après avoir terminé son dernier roman, Bombyx Mori, dans lequel il règle ses comptes avec son entourage et le monde littéraire. Personne ne prend Leonora au sérieux, jusqu'à ce que Cormoran découvre le cadavre d'Owen assassiné de façon effroyable. Aidé de Robin, qui devient peu à peu sa coéquipière, Cormoran se lance à la poursuite d'un meurtrier aussi froid que calculateur.

En ce weekend de Read-a-thon du Challenge British Mysteries (auquel je ne peux pas participer malheureusement), je voulais vous parler de ce deuxième tome d'une série qui m'ensorcelle depuis un peu plus d'un mois. J'avais en effet beaucoup aimé L'appel du coucou, premier tome des aventures de Cormoran, et c'est avec un plaisir immense que j'ai ouvert la suite de ses enquêtes.  
Le Ver à soie change complètement de décor car si L'appel du coucou plongeait son lecteur dans un décor de mode et de paillettes, cette nouvelle enquête l'entraîne dans le monde éditorial et littéraire. Cormoran et Robin enquêtent dans un univers où les mots sont plus blessants que les actes et où les égos se mesurent à l'aune du nombre de ventes des livres. J.K. Rowling excelle à décrire cet univers dans lequel elle baigne elle-même - même si le succès de ses oeuvres lui a certainement évité les rivalités entres auteurs peinant à percer - et à décortiquer les émois des acteurs du monde du livre. Les personnages sont encore une fois le point fort de cette nouvelle intrigue. De l'agent aigrie à l'auteur prétentieux, de l'attachée de presse volubile à l'éditeur introverti héritier de la maison familiale en passant par son associé alcoolique et naïf, tous ont virevolté aux côtés d'Owen Quine, cet auteur fat et souvent exécrable..   
L'intrigue avance cette fois-ci plus rapidement - j'avais trouvé quelques longueurs au premier tome - et le roman se dévore à une vitesse folle jusqu'au dénouement, aussi réussi qu'inattendu. L'analyse du microcosme littéraire est intelligente, tout comme les allusions à la guerre - Cormoran est un vétéran d'Afghanistan - et la critique est là, finement sous-entendue, entre les lignes.   
C'est un fait : J.K. Rowling réussit avec brio à s'imposer dans le petit monde des auteurs de polars et signe avec ce deuxième tome un excellent policier contemporain. Vous ne serez pas surpris d'apprendre que je suis déjà plongée dans le troisième tome, La Carrière du Mal, si ?

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07 mars 2019

L'appel du coucou, Robert Galbraith

L'appel du coucou

L'appel du coucou est un roman policier de J.K. Rowling écrit sous le pseudonyme de Robert Galbraith. Il est paru en novembre 2013 aux éditions Grasset.

Mayfair, quartier cossu de Londres. Lorsque la jeune mannequin Lula Landry est retrouvée morte, précipitée de son blacon du deuxième étage, la police croit au suicide. Mais le frère de la défunte est sceptique et engage le privé Cormoran Strike. Cet ancien lieutenant revenu d'Afghanistan amputé, gagne maigrement sa vie en menant des enquêtes et se plonge à corps perdu dans l'histoire de la jeune femme, adoptée par un couple fortunée. Et lorsque son agence d'intérim lui envoie Robin Ellacott en guise de secrétaire, le trentenaire ne se rend pas compte qu'il va rapidement former un duo de choc avec sa partenaire. 

Vous connaissez mon amour pour J.K. Rowling, et pourtant je n'avais pas encore mis le nez dans sa série de polars écrite sous pseudonyme.  
C'est chose faite avec ce roman ! Et si sa lecture m'a occupée une partie du mois de février, ce n'est pas tant à cause de ses 700 pages que de mon rythme de tortue du mois dernier (cf. mon bilan de lecture de février !).  
Verdict ? J'ai trouvé des longueurs à l'intrigue, certes, mais elle m'a quand même tenue en haleine et sitôt la dernière page tournée, j'ai emprunté dans la foulée le deuxième opus des aventures de Cormoran et Robin, Le ver à soie. Car finalement c'est le duo d'enquêteurs qui m'a séduite dans ce roman, plus que l'intrigue en elle-même. Il faut reconnaître à J.K. Rowling son talent de romancière : tout se tient, chaque détail de l'intrigue est savamment relié à la toile d'ensemble et le roman policier est une réussite, mais il ne se passe pas grand chose et le rythme est assez lent. Je comprends les avis en demi-teinte !  
Le point d'orgue réside néanmoins dans les personnages, gros atout de la créatrice d'Harry Potter, qui sait construire une psychologie vraisemblable et fine.  
Un premier tome un peu longuet parfois, donc, mais qui fonctionne finalement très bien et m'a donné envie de continuer la série dans la foulée. 

Les avis de Sandrine et Amélie, peu conquises de leur côté par ce premier tome.

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13 février 2019

Retour à Killybegs, Pierre Alary d'après Sorj Chalandon

Retour à KillybegsRetour à Killybegs est l'adaptation par Pierre Alary du roman de Sorj Chalandon, Grand Prix du roman de l'Académie française en 2011. Elle paraît aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres.

Tyrone Meehan, figure de proue de l'indépendance irlandaise, a été reconnu coupable de traîtrise en 2005. Pendant 25 ans, cet activiste nationaliste a livré des informations aux anglais, trahissant l'IRA et les siens. Au crépuscule de sa vie, reclus dans un cottage à Killybegs, dans le Donegal, Tyrone décide de se raconter, non pas pour justifier son geste, mais pour expliquer ce qui l'a poussé à collaborer.

Mon traître, le premier volet de cette histoire, fait partie de mes coups de coeur de l'an dernier. Un album beau, violent, vibrant. J'avais hâte de découvrir Retour à Killybegs, car si Mon traître embrasse le point de vue de Sorj Chalandon sur son amitié avec Denis Donaldson - Tyrone Meehan dans le roman - ce nouvel album donne la parole à ce dernier pour expliquer les raisons de son geste.
Quelle claque, encore une fois ! Quelle réussite ! Pierre Alary donne à voir un album au graphisme toujours aussi prenant, dans des teintes sépia qui accentuent l'ambiance. Il fait sien le texte de Sorj Chalandon qui romance l'enfance et les débuts de Tyrone à l'IRA, les violences subies, le combat, les morts aussi. L'adaptation équilibre texte et image, ces dernières dressant l'ambiance de ces souvenirs.
L'album alterne encore une fois passé et présent, ce présent lourd et pesant dans lequel Tyrone attend que l'IRA vienne l'assassiner. Les souvenirs remontent, le sentiment d'avoir été pris en étau, aussi, d'avoir voulu le bien, la paix, la cessation de toute cette violence. Tyrone s'explique, patiemment, tout en attendant ceux qui viendront venger la cause. 
Un album qui se dévore d'une traite. Un album magnifique sur cette page de l'histoire de l'Irlande. Une belle réflexion sur les notions de duplicité, de trahison, d'honneur. Bref, encore une fois
une réussite totale.

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Planche 3 Planche 4

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album.

  La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Moka qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

 

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21 septembre 2018

Outlander T.4 Les tambours de l'automne, Diana Gabaldon

Outlander 4 Les tambours de l'automneLes tambours de l'automne est le quatrième tome de la série Outlander imaginée par Diana Gabaldon. Il est paru la première fois aux Presses de la Cité en 1995 avant d'être réédité chez J'ai Lu en 2015.

1767. Claire et Jamie ont fuit l'oppression anglaise à bord d'un navire qui les a conduits au Nouveau Monde. Il aspirent au calme, à la paix, mais l'Amérique est à l'aube de son Indépendance et les temps sont durs. Échoués en Caroline du Nord, ils décident de s'installer seuls sur des terres léguées en héritage et de recommencer leur vie. Pendant ce temps, leur fille Brianna est restée en 1967, tentant de poursuivre sa vie. Lorsqu'elle découvre que ses parents vont connaître un funeste destin, elle décide de partir les rejoindre pour changer le cours de l'histoire. 

J'adore cette série, qu'on se le dise ! Je mets peut-être pas mal de temps à lire chaque tome, l'entrecoupant d'autres lectures, mais c'est à chaque fois un plaisir de retrouver Claire et Jamie et de suivre leurs aventures.  
C'est en Amérique que Diana Gabaldon nous entraîne cette fois, et le 18e est synonyme de bien des transformations pour le pays, à commencer par les tribus d'indiens qui vont disparaître, anéanties par les colons. La romancière s'intéresse à cette question et même si Claire sait qu'elle ne peut pas changer le cours des choses - le premier tome et la bataille de Culloden en sont les parfaits exemples - elle n'en demeure pas moins horrifiée de connaître le sort qui sera réservé à ceux qu'elle côtoie.  
Ce tome est un peu plus lent que les précédents, l'intrigue alternant toujours entre passé et présent, Claire et Jamie au 18e et Brianna au 20e siècle. Le couple travaille dur pour réaménager des terres et construire une habitation décente en Caroline du Nord, et le lecteur de suivre leurs efforts. Point positif en revanche : Diana Gabaldon a cessé de ponctuer son récit de scènes de sexes simili torrides mais plutôt ridicules entre Claire et Jamie. Et ça, c'est pas plus mal ! J'avais à chaque fois vaguement l'impression de lire un 50 nuances... dix ans plus tôt. 
Un tome qui permet de balayer un nouveau pan de l'Histoire et d'entraîner le lecteur aux débuts de ce Nouveau Monde et de dynamiser l'intrigue en offrant à Brianna une place plus importante. En bref, j'ai hâte de commencer le tome 5, La Croix de feu !

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16 mai 2018

Mon traître, Pierre Alary d'après Sorj Chalandon

Mon traître, Pierre Alary d'après Sorj ChalandonMon traître est un album de Pierre Alary d'après le roman du même nom de Sorj Chalandon, paru en janvier aux éditions Rue de Sèvres.

Mon traître est l'histoire vraie de l'amitié qui lia Sorj Chalandon à Denis - Tyrone dans le roman et la BD - un combattant de l'IRA qui a trahi les siens durant vingt-cinq ans en donnant des informations à l'armée britannique. Sorj - Antoine dans l'histoire - est un luthier parisien qui découvre l'Irlande du Nord à la fin des années 70, alors que le conflit fait rage dans les rues de Belfast. Il se lie d'amitié avec un couple, Jim et Cathy, et rencontre Tyrone Meehan, un combattant de la première heure pour l'indépendance de l'Irlande.

Quelle claque cet album... Je l'ai ouvert un matin printanier, alors que le soleil tapait fort sur mes fenêtres, et en quelques minutes j'ai eu l'impression de plonger dans le Belfast des années 70, sombre, violent, mais lumineux aussi, par les liens qui unissent les personnages. Cette histoire vraie, racontée tout en pudeur et en poésie, prend aux tripes, c'est certain. Elle interroge la notion d'amitié, de solidarité, de combat, de confiance, de trahison, d'honnêteté et de duplicité. C'est brut, sans fard. Et c'est bon !

Pierre Alary fait sien le texte de Chaladon pour mieux le rendre en images. Le trait est net, parfois un peu saccadé, les tons sépias, sombres, et l'album est entrecoupé du compte-rendu de l'interrogatoire de Tyrone, interrogé par l'IRA. L'immersion est totale, l'émotion palpable. J'ai un grand tort : je n'ai pas encore lu les deux romans de Sorj Chalandon évoquant cette histoire, Mon traître et Retour à Killybegs. Je sais que je dois y remédier assez rapidement. J'ai néanmoins eu envie de découvrir cette adaptation et j'ai rudement bien fait. A lire, sans hésiter une seconde. L'avis de Mo', conquise aussi. Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album coup de poing.

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La BD de la semaine

Cette semaine chez Stephie !

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07 janvier 2018

La Princesse de Montpensier, Madame de Lafayette

La Princesse de Montpensier, Madame de LafayetteLa Princesse de Montpensier est une nouvelle écrite par Madame de Lafayette publiée pour la première fois en 1662.

Promise au duc de Maine, Mademoiselle de Mézière épouse, pour des raisons politiques, le Prince de Montpensier en 1566. Mais si elle n'est que vertu, la jeune femme ne peut oublier l'inclination qu'elle a eue pour le Duc de Guise avant son union. Son mari, jaloux, est occupé par les guerres de religion qui sévissent dans une France meurtrie, et la confie au bon soin de son ami le Comte de Chabannes. Mais celui-ci s'éprend rapidement de la belle Princesse. Et lorsque le Duc de Guise revient lui déclarer sa flamme, le coeur de la jeune femme vacille et le Comte assiste impuissant à la renaissance d'une passion enterrée.

Il est loin le temps où j'avais étudié La Princesse de Clèves en 1ère L. Heureusement, le Reading Classics Challenge 2018 de Lilly, qui propose de se replonger dans une oeuvre de Jules Verne ou de Madame de Lafayette pour ce mois de janvier, m'a permis d'ouvrir les pages de cette courte nouvelle. 
Madame de Lafayette, en une soixantaine de pages, transporte son lecteur dans cette France en proie aux guerres de religion et prend le parti de mettre les passions au-dessus des intérêts politiques, transformant, par là-même, l'Histoire. Mêlant réalité historique et fiction, personnes et personnages, elle construit une intrigue dans laquelle le réalisme réside dans le sentiment amoureux et ses conséquences plutôt que sur la véracité historique.
Dans une plume simple et avec un style neutre, elle décrit le désordre amoureux des personnages, pris en étau entre leur rang et les enjeux politiques et la passion qui les anime.
Intense autant que tragique, le jeu amoureux qui se déroule autour de la Princesse fait écho à la violence qui oppose dans le même temps catholiques et huguenots. Un classique à découvrir ou redécouvrir sans tarder !

READING CLASSICS CHALLENGE 2018

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04 janvier 2018

Home, Toni Morrison

Home Toni MorrisonHome est un roman de la femme de lettres américaine Toni Morrison, lauréate du Prix Nobel de littérature en 1993 et unique auteur afro-américain à l'avoir reçu. Il est paru en  2011 aux Etats-Unis et en 2012 en France aux éditions Christian Bourgois.

La guerre de Corée vient de se terminer. Franck Money en revient traumatisé par ce qu'il y a vécu. Un appel le prévenant que sa soeur est à l'article de la mort à Atlanta, en Géorgie, le contraint à traverser le pays d'ouest en est. Mais dans cette Amérique des années 50 où la ségrégation raciale est à chaque coin de rue, le jeune homme replonge dans ses souvenirs d'enfance et son expérience de la guerre.

En 150 pages, Toni Morrison transporte son lecteur dans cette Amérique inégalitaire, brisée, qui se craquelle progressivement, prête à imploser. Pour Franck Money, la ségrégation est vécue comme une fatalité inacceptable, une violence qui appelle la violence. Le jeune homme, traumatisé par la guerre, entreprend un chemin introspectif sur les routes qui le ramènent en Géorgie. Il y mêle souvenirs personnels et réflexions sur le pays pour lequel il vient de se battre en Corée, et qui ne lui accorde pas les mêmes droits que les blancs.
Roman coup de poing, aussi rapide qu'efficace, violent et beau à la fois, Home est un condensé très fin de cette époque troublée de l'histoire américaine. Toni Morrison y dresse en filigrane le portrait d'un pays qui vacille par le prisme d'un personnage entier et droit. Ma première incursion dans l'oeuvre de cette grande dame de la littérature. Certainement pas la dernière. Beloved fera partie de mes lectures en 2018, c'est une certitude !

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