Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

28 décembre 2012

Au pied du sapin : Contes de Noël de Pirandello, Andersen, Maupassant...

Au pied du sapinAu pied du sapin est une anthologie parue en 2010 chez Gallimard dans la collection Folio 2 euros.

Alphonse Daudet, Dickens, Michel Tournier, Joseph Kessel, Andersen, Giono, Dostoïevski, Maupassant, Alphonse Allais, etc. Tous ces auteurs sont réunis dans ce recueil sur le thème de Noël, scindé en trois parties : "Des réveillons inattendus", "Des Noëls de rêve..." et "Des Noëls peu traditionnels..."

J'ai lu cette anthologie durant le Marathon de lecture de Noël, la trouvant tout à fait adéquate. Malheureusement, j'ai eu la vague impression d'avoir été trompée sur le contenu de ce livre. Tout porte à croire que des histoires de Noël le composent : la couverture, le titre de l'anthologie, le résumé de la quatrième et même le sommaire.
Loin d'être réellement un recueil de textes sur Noël et ses traditions, Au pied du sapin se révèle être un condensé de textes se passant plus ou moins en hiver, plus ou moins au moment de Noël. Bref, un livre qui semble appâter son lecteur et ne tenir aucune de ses promesses. Au fil des pages, mon intérêt s'est émoussé.
Seul « La fugue du petit Poucet », le conte de Michel Tournier, à la fois moderne et drôle, m'a fait sourire. Les autres textes m'ont laissée de marbre.
Un petit conseil : si vous souhaitez réellement vous plonger dans la magie de Noël, Le Livre de Noël de Selma Lagerlöf vous transportera dans la magie des Noëls traditionnels suédois...
Je tiens néanmoins à remercier Hilde, qui m'a offert ce livre il y a deux ans. Même si je ne l'ai pas apprécié autant que je l'espérais, son geste m'a beaucoup touchée.

D'autres lectrices de ce recueil : Violette, CottageMyrtille, Lystig...

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Voici une nouvelle participation au Challenge 2 euros de Cynthia

 

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25 août 2011

L'invité, Roald Dahl

D'origine norvégienne, l'écrivain Roald Dahl est né en 1916 au pays de Galles. Mondialement connu pour ses oeuvres de littérature de jeunesse aussi loufoques qu'oniriques - entre autres Charlie et la chocolaterie, Le Bon Gros Géant, Matilda -, il n'en demeure pas moins l'auteur de nombreuses nouvelles, de scénarios ainsi que de deux textes autobiographiques, Moi, boy et Escadrille 80. L'invité est une nouvelle parue en 1976 dans le recueil La grande entourloupe.

L'intrigue débute par une mise en abyme mystérieuse : le narrateur, dont on ignore tout, reçoit un matin un énorme colis contenant l'autobiographie que son oncle Oswald lui lègue. Vingt-huit volumes en cuir reliés. Désireux de connaître la vie tumultueuse de ce parent éloigné, il dévore l'intégralité de ces livres avant de se demander si une éventuelle publication d'un extrait ne serait pas bénéfique. Mais l'oncle Oswald a eu une vie des plus riches en plaisirs, notamment de la chaire. Le narrateur décide donc de ne publier qu'un épisode : celui dans lequel son oncle, fuyant le Caire où il a séduit la maîtresse d'un personnage haut placé, se trouve en panne en plein désert du Sinaï et est hébergé chez un homme étrange. Sa demeure ? Un château magnifique au milieu du désert. Sa raison ? Garder jalousement sa fille en âge d'être mariée. Pour le séducteur Oswald, l'affaire est trop tentante pour ne pas y succomber...

L'invité est une de ces nouvelles, très courte - 95 pages -, qui peut se targuer d'emmener son lecteur dans un univers riche et haut en couleurs. Roal Dahl nous entraîne ici dans les confins d'un Orient aux senteurs des Mille et Une Nuits. Impossible de ne pas penser à ce texte lors de cette lecture.
La forme du récit, tout d'abord, n'est pas sans rappeler les contes fruits de l'imagination de Shéhérazade chaque fois que le jour se couche. Les péripéties sont nombreuses, malgré la brièveté du texte, et le dénouement non moins moralisateur. Imaginer un personnage séducteur comme Oswald Hendryks Cornelius qui sème le trouble dans les ménages ne peut se solder par une victoire de ce dernier...
Le cadre, ensuite, le désert du Sinaï, participe de cet exotisme enchanteur qui embrasse les fantasmes occidentaux sans jamais y sombrer. La focalisation interne au personnage d'Oswald permet d'agrémenter ce voyage d'une fantaisie et d'un comique rare grâce à ses remarques et ses observations. Roald Dahl réussit avec brio à nous conduire exactement là où il l'entend avec le brin d'excentrisme qu'il souhaite.
Si le héros semble être l'archétype du séducteur invétéré, Roal Dahl déroute son lecteur en parant celui-ci d'un physique banal qui lui permet de se dissimuler des hommes pour mieux séduire par son verbe leurs épouses. Ses bizarreries et autres loufoqueries cassent également cette image ridicule d'homme à femmes. Oswald est ainsi hypocondriaque (la scène de la panne à la station service possède un sens comique incroyable), collectionne les scorpions et les araignées pour mieux séduire ces dames, chante de l'Opéra quand il conduit et possède une collection de cannes incroyable.48925717_p

Avec L'invité, Roald Dahl signe une nouvelle audacieuse, au rythme rapide et à la fantaisie rare. Une petite pépite qui offre une dimension nouvelle aux textes de littérature de jeunesse signés par le grand homme. Je l'inscris bien entendu dans le Challenge 2 euros organisé par Cynthia.

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15 mai 2011

Les amants d'Avignon, Elsa Triolet

9782070344628FSLes Amants d'Avignon est une nouvelle tirée du recueil Le premier accroc coûte deux cents francs, récompensé par le Goncourt en 1945 et écrit par Elsa Triolet. D'origine Russe, celle qui inspira une partie de l'oeuvre romanesque et poétique de Louis Aragon livre dans cette nouvelle de nombreux détails sur son engagement dans la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale.

L'héroïne de cette nouvelle, Juliette Noël, participe activement à la Résistance française. Sur les routes et dans le froid, elle brave vaillemment la dureté de la vie au nom d'une cause qu'elle défend corps et âme. Faisant fi de sa vie personnelle et sentimentale, la belle se bat aux côtés de ceux qui militent pour un avenir meilleur.

Difficile de ne pas trop révéler de cette courte nouvelle ! J'ai découvert la plume d'Elsa Triolet grâce à ce texte et j'ai apprécié son style concis et incisif. Sans flonflon ni poésie, elle donne à voir des illustrations de cette période de notre Histoire.
Grâce au personnage de Juliette, qui lui ressemble en bien des points, l'auteure nous intronise au sein de la Résistance et au coeur de ces heures sombres pour la France.
L'abnégation dont fait preuve Juliette, qui n'est pas loin de celle dont a fait preuve Elsa Triolet à cette époque, et le courage qui l'habite forcent le respect et suscitent l'admiration.
Un très beau texte. Pour ne pas oublier. Pour ne pas nier le courage de certains. Pour ne pas baisser48925717_p les bras.

Une nouvelle lecture que j'inscris dans le Challenge 2 euros de Cynthia.

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31 mars 2011

Saison à Copenhague, Karen Blixen

9782070384648Etant allée visiter Copenhague il y a un mois, j'ai eu envie de découvrir la littérature danoise. Je connaissais  la baronne Karen Blixen de nom, mais n'avais encore rien lu d'elle. Née en 1885, elle épousa le baron Blixen en 1914 et partit vivre au Kenya durant près de vingt ans. Son oeuvre la plus connue, La ferme Africaine, inspira à Sydney Pollack son film Out of Africa avec Meryl Streep et Robert Redford.

Saison à Copenhague est une courte nouvelle dont l'intrigue se déroule  dans la capitale danoise lors de l'hiver 1870.  A cette époque de l'année, de nombreuses mondanités sont organisées. Karen Blixen dresse un portrait de la jeunesse dorée de Copenhague et de la noblesse campagnarde qui accoure à cette occasion. Et quand un jeune home s'éprend de sa belle cousine qui fait tourner toutes les têtes, le malheur pointe son nez.

Quelle découverte ! Karen Blixen nous offre ici, en peu de pages, une peinture sociale haute en couleurs. Dépeignant avec précision et beaucoup d'humour cette époque, elle dresse dans ici une série de portraits de la noblesse danoise et de ses travers. J'ai souris, souvent, et j'ai appris beaucoup sur la condition féminine dans ce pays. 
L'intrigue amoureuse développée illustre à merveille la dureté des codes sociaux de  cette époque et teinte la nouvelle d'une coloration shakespearienne indéniable.
Une lecture qui m'a donc séduite et qui me donne envie de découvrir davantage cette auteure.

"Avec cette conquête de la ville par la campagne, la féminité, l'univers des femmes, avait surgi comme une vague et innondé Copenhague." (p.12)

"Dans un milieu où la femme est regardée comme le soutien de la civilisation et de l'art, on a tendance à se mo48925717_pntrer un peu moins exigeant sur le chapitre de sa vertu."  (p.15)

Une nouvelle lecture que j'inscris dans le Challenge 2 euros de Cynthia.

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29 novembre 2010

Clara Militch, Ivan Tourguéniev

claraVoici une nouvelle qui m'a attiré l'œil par sa couverture très accrocheuse (c'est  pourtant rare que je succombe à cet argument !) et qui m'a permis de découvrir Tourguéniev. Parfait !

Jacques Atarov, un jeune homme de vingt-cinq ans timide et peu sociable, rencontre un soir dans une soirée mondaine une jeune actrice du nom de Clara Militch. Lorsque celle-ci tente de lui parler en tête-à-tête, le jeune homme maladroit la repousse.
Malgré sa culpabilité, il oublie peu à peu la jeune femme, jusqu'au jour où il apprend le suicide de Clara, que certains mettent sur le compte d'un chagrin amoureux. Le jeune
homme, fou de douleur,  va alors tenter de comprendre cette femme et les raisons qui l'ont poussée à se donner la mort.

Courte nouvelle très agréable à lire, Clara Militch est l'histoire d'un amour impossible par-delà la mort. Tourguéniev entraîne son lecteur dans cette intrigue à la fois simple et bien menée. Les personnages ont la naïveté et la fraîcheur de la jeunesse qui rend leur histoire à la fois tragique et empathique.
Une très bonne lecture, encore une fois avec cette collection, qui me permet de découvrir un auteur que je n'avais jamais lu et ajouter certains de ces livres à mes lectures futures !

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Une lecture de plus pour le Challenge 2 euros de Cynthia et pour le Défi "Une année en Russie" de Pimpi.

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14 novembre 2010

Un rêve d'Armageddon précédé de La porte dans le mur, H.G. Wells

9782070314607FSDe l'auteur anglais Herbert George Wells, je n'avais jamais rien lu... Je savais qu'il était l'auteur de La guerre des Mondes, mais j'ignorais totalement qu'il avait aussi écrit L'homme invisible, La machine à explorer le temps et L'Île du Docteur Moreau...C'est parti pour combler ces lacunes de lecture !

Les deux nouvelles qui composent ce recueil, Un rêve d'Armageddon et La porte dans le mur,  sont extraites du recueil Le pays des aveugles et ont été publiées pour la première fois en 1909 et 1914.
Dans La porte dans le mur, le narrateur raconte l'histoire incroyable qu'un de ses amis lui a relatée : l'existence d'une porte mystérieuse dans le mur d'une petite rue, qui s'ouvre sur un monde merveilleux, sorte d'écrin apaisant face à la morosité de la vie. Mais cet Éden fantasmé ne s'est offert qu'une fois à l'ami du narrateur, qui vit désormais rongé par les regrets.
Dans Un rêve d'Armageddon, le narrateur de la nouvelle rencontre dans un train un homme étrange qui lui raconte ce qui le ronge : chaque nuit, il voyage en rêve et voit sa fin arriver, sans pouvoir rien y faire.

Si j'ai aimé ces deux nouvelles (avec une petite préférence pour La porte dans le mur), elles m'ont surtout permis de découvrir un auteur et de mettre un pied dans son univers baigné
48925717_pd'une incroyable imagination. Un avant-gardisme rare en science-fiction et une postérité dans ce genre littéraire ont fait de H.G. Wells un auteur incontournable, et je comprends pourquoi.  Une belle découverte que je vais poursuivre avec La machine à explorer le temps que je viens d'acheter !

Et voilà une nouvelle lecture à inscrire dans le Challenge 2 euros de Cynthia.

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10 juillet 2010

La porte condamnée, Julio Cortazar

9782070358649FSCela fait quelques temps déjà que j'ai Marelle de Cortazar à lire. Mais je ne trouve pas le temps, ce qui m'agace. Donc quand on m'a offert ce petit recueil de nouvelles extrait de Fin d'un jeu, j'ai ouvert avec plaisir ce livre pour découvrir la plume de cet auteur.

C
ortazar nous offre ici quatre nouvelles. Dans la première, Les poisons, il est question de la façon dont tuer les fourmis dans un jardin. Le narrateur enfant nous relate avec passion son double combat pour sauver le jardin de ses parents grâce à la fabuleuse machine à insecticide de son oncle et celui pour conquérir le cœur de sa jolie voisine.
Dans la nouvelle éponyme La porte condamnée, le lecteur est confronté à un texte fantastique dans lequel l
e narrateur, client d'un hôtel, est hanté par les vagissements d'un nourrisson la nuit, dans la chambre voisine de la sienne. Or celle-ci est vide...
La troisième nouvelle, Les ménades, rend compte d'une expérience très étrange vécue par le narrateur lors d'un concert de musique classique. Je n'en dirais pas plus !
Enfin, la dernière nouvelle de ce recueil, La nuit face au ciel, a pour personnage principal un homme victime d'un accident de moto, entre la vie et la mort à l'hôpital.


D'une lecture très rapide, ce recueil est une bonne mise en bouche à l'œuvre de Cortazar. Sa plume à la fois incisive et poétique permet de donner une dimension très particulière à ces nouvelles. Cortazar alterne comédie et drame avec brio, tandis que les nouvelles alternent entre réalité et fantastique. 
Petit bémol de mon côté : les nouvelles ont attisé mon intérêt de façon inégale, comme souvent. Mais je garde un excellent souvenir de lecture.
A lire pour connaître cet auteur argentin. De mon côté, à lire en prélude à Marelle, qui remonte sur le dessus de ma48925717_p pile à lire !

Cela faisait un petit moment que je n'avais rien lu pour le Challenge 2 euros de Cynthia. C'est chose faite ! J'ai fait d'une pierre deux coups, car ce titre me permet également de faire descendre ma PAL (Pile à Lire), chose à laquelle je me suis engagée avec Mon Challenge  "Les PAL c'est tabou!! on en viendra tous à bout !!!! initié par lasardine   !

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18 juin 2010

Au bord du Gange et autres nouvelles, Rabindranath Tagore

9782070406043FSCela faisait un petit moment que ce recueil de nouvelles me narguait en librairie, avec sa couverture rouge vraiment très accrocheuse... Je n'ai pas su résister, bien entendu !

Six nouvelles composent ce recueil. Chacune dresse le portrait d'un personnage, dans une Inde intemporelle. Cela pourrait être aujourd'hui, mais il s'agit probablement du début du XXème, qu'importe. Ces intrigues à la fois mystérieuses et vraisemblables emmènent le lecteur au coeur de ce pays à la culture foisonnante.

Une lecture agréable, trop courte à mon goût. Encore une fois, il est difficile d'en parler sans en dire trop...
La plume de Tagore est à la fois poétique et incisive. On suit avec plaisir le destin de ses personnages. On s'émeut, on s'insurge, on s'indigne parfois, mais toujours avec plaisir.
Du fantôme du jeune fille malheureuse en amour à la légende de l'avare qui enterre un de ses proches et
son argent pour mieux retrouver ce dernier dans une autre vie en passant par l'histoire d'un amour impossible entre deux amants ou encore l'amour d'une soeur pour son frère aîné et son courage pour le défendre, ces nouvelles ont le don de faire voyager son lecteur dans le pays des traditions et de l'imagination. Un petit bonheur !  Je suis vraiment ravie d'avoir découvert (enfin !) Tagore, et je ne compte pas m'arrêter là dans la découverte de son œuvre !

Ce recueil de nouvelles faisait l'objet d'une lecture commune avec Pickwick et Delphine dans le cadre de notre Challenge Bienvenue en Inde ! Allez donc voir ce qu'elles en ont pensé. Et une lecture de plus pour le Challenge 2 euros, imaginé par Cynthia !

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27 avril 2010

La solitude lumineuse, Pablo Neruda

576380_gf Je ne connaissais Pablo Neruda que pour sa poésie. Quelle surprise de découvrir ce texte en prose ! Extrait de ses mémoires - J'avoue que j'ai vécu - publiées de façon posthume, La solitude lumineuse relate les souvenirs de Neruda à l'époque où il était consul. Nommé à Colombo, à Ceylan, à Singapour puis à Batavia, il donne à voir dans ce court texte ses souvenirs.

Quelle plume ! La prose de Neruda est d'une musicalité rare (et encore, je ne parle que de la traduction française). Ses phrases, imagées et empreintes de poésie, emmènent le lecteur dans ses pérégrinations. La solitude ressentie loin de son pays natal, le Chili, les rencontres qu'il a faites à travers ces pays, les personnes qui l'ont marqué, les événements dont il se souvient... Neruda invite son lecteur dans son voyage. Bien qu'il soit court, ce texte est d'une richesse en évasion vraiment appréciable.
A ma lecture, je m'arrêtais quasiment à toutes les phrases pour m'imprégner de leur poésie et rêver un peu... Une lecture que je conseille à tous !
Je me retiens de vous citer l'intégralité de ce texte tant il m'a conquise mais vous offre néanmoins un petit florilège des phrases qui m'ont arrêtée plus que les autres :
"Un peu plus loin, dans une autre cage, allait et venait une panthère noire, encore pleine de l'odeur de sa forêt natale. C'était un étrange fragment de nuit étoilée, une bande magnétique qui s'agitait sans arrêt, un volcan noir et élastique qui voulait raser le monde, une dynamo de force pure qui ondulait ; et deux yeux jaunes, pré
cis comme des poignards, et qui interrogeaient de tout feu car ils ne comprenaient ni la prison ni le genre humain." (p.15-16)

"Partout les statues de Bouddha, de Lord Bouddha... Les statues sévères, verticales, vermoulues, avec une dorure qui leur communique un éclat animal et un écaillement extérieur qui donne à croire que l'air les détériore." (p.23)

"Et il en émane une odeur non de pièce morte, non de sacristie et de toiles d'araignée, mais d'espace végét49862010_pal, de rafales qui retomb46247012_pent soudain en ouragan de plumes, de feuilles, de pollen de la forêt sans fin..."  (p.25)

J'inscris cette lecture dans le cadre de deux challenges : Bienvenue en Inde, initié par Hilde et moi, et le Challenge 2 euros de Cynthia.

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10 mars 2010

La Princesse Ligovskoï, Michel Lermontov

9782070398676FSUne lecture de plus dans le Défi Une Année en Russie, organisé par Pimpi. Elle n'était pas prévue au programme (j'ai Crime et Châtiment sur le feu...) mais je suis tombée sur ce folio 2 euros par hasard, et j'ai été attirée par la couverture....

Saint-Pétersbourg, 1833. Georges et Vièrotchka se sont aimés puis perdus de vue dans d'obscures circonstances... Devenue la Princesse Ligovskoï suite à son mariage, Vièrotchka accompagne son mari à Saint-Pétersbourg où son ancien amant et fiancé, devenu un jeune officier de la Garde, demeure. Leurs retrouvailles ne les laissent pas indemnes...

Court texte de Michel Lermontov, La Princesse Ligovskoï est un roman inachevé. Assez frustrant donc de ne pas savoir ce qu'il advient des deux héros, mais un pari que l'on prend en ouvrant ce livre. Difficile donc d'en dire beaucoup sans trop dévoiler l'intrigue.
La plume est très fluide et se lit avec aisance. Les phrases, longues, très ponctuées et souvent très imagées, invitent à la rêverie. Le narrateur nous entraîne avec malice dans cette histoire.
Une plongée dans la société pétersbourgeoise des années 1830 très agréable, portée par l'étiquette et les conventions de l'époque. Une intrigue bien menée, prélude à un roman qui aurait pu être très prometteur...
Un très bon moment de lecture, très rapide.

"Il savait qu'il est facile de faire parler de soi, mais il savait aussi que le monde ne s'intéresse pas deux fois de suite à la même personne ; il lui faut sans cesse de nouvelles idoles, de nouvelles modes, de nouveaux romans..." (p.24)

"La pauvrette, pressentant que c'est là son dernier adorateur, s'efforce sans amour, uniquement par amour-propre, de garder le plus longtemps possible le mauvais sujet à ses pieds... en vain : elle s'englue de plus en plus - et finalement... hélas... après cette période il ne reste que les rêves d'un mari, de n'importe quel mari... rien que des rêves." (p.44)

"Oh ! Les dames étaient le véritable ornement de ce bal, comme de tous les bals possibles !... Que d'yeux étincelants et d'étincelants brillants, que de lèvres roses et de roses rubans... merveilles de la nature et merveilles du magasin de modes... ravissants petits pieds et souliers merveilleusement petits, épaules marmoréennes et fards français de première qualité, phrases sonores empruntées  au roman à la mode, bijoux de location..." (p.116)


46357548_pEt je fais encore une fois d'une pierre deux coups (ça va devenir une habitude !) en inscrivant cette 47287655lecture non seulement dans le Défi Une année en Russie de Pimpi, mais aussi dans le Challenge 2euros de Cynthia !



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