Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

22 février 2017

Culottées T.1, Pénélope Bagieu

Culottées TCulottées est un album de Pénélope Bagieu paru en septembre 2016 chez Gallimard. Il regroupe les quinze premières planches prépubliées de façon hebdomadaire par la jeune illustratrice sur le blog éponyme qu'elle a lancé sur le site du Monde. Un second album a suivi, en janvier 2017.

Clémentine Delait - la célèbre femme à barbe -, Margaret Hamilton - qui terrorisa des générations d'enfants par ses rôles de sorcières terrifiantes -, Giorgina Reid - gardienne d'un phare et experte en terrassement -, Agnodice - gynécologue au IV av. JC -, Joséphine Baker - actrice, résistante et mère de famille nombreuse-, etc. Pénélope Bagieu dresse dans cet album le portrait de quinze femmes qui se sont élevées contre la pression sociale de leur époque pour vivre librement et accomplir leurs rêves.

J'avais entendu parler de l'initiative de Pénélope Bagieu d'un blog consacré à des femmes culottées (et c'est le cas de le dire !) l'an dernier, sorti conjointement mais sans rapport avec le scandale d'Angoulême quant à l'absence de femmes sélectionnées pour le Grand Prix du Festival, mais je n'avais pas eu l'occasion d'aller y jeter un oeil. Il a fallu qu'on me mette cet album sous le nez ce weekend pour que je m'y plonge dedans... et j'ai rudement bien fait !

Il sont loin le dessin et le ton de Joséphine ou de Cadavre exquis, les premiers albums de Pénélope Bagieu.  La jeune illustratrice a évolué dans son trait et son propos et nous livre ici un album intéressant et intriguant. Recueil de chroniques sur ces femmes qui ont su croire à leurs rêves malgré les freins de leurs époques, l'album est un bel hommage à ces personnalités oubliées ou ces célébrités intimistes. Chaque portrait s'étale sur quelques planches, Pénélope Bagieu résumant avec humour la vie de ces femmes. Ces quinze mini biographies sont autant d'appels à découvrir le destin de chacune de ces femmes, forçant le respect chacune à sa manière. Une très belle lecture, ode à la condition féminine et porteuse d'une universalité malgré les époques et les continents. Merci Marion et Flo !

Planche 1 Planche 2

 

Si comme moi vous n'avez pas le tome 2 sous la main et envie de découvrir les quinze autres portraits de ces femmes d'exception, rendez-vous sur le blog Culottéestoutes les planches sont disponibles !

BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Mo' !

 

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20 décembre 2016

Amours, Léonor de Récondo

Amours, Léonor de RecondoAmours est le quatrième roman de la violoniste et romancière française Léonor de Récondo paru aux éditions Sabine Wespieser en 2015. 

Au début du XXème siècle, dans le Cher, Anselme de Boisvaillant, notable respecté, profite du sommeil de sa femme pour violer Céleste, la jeune bonne de la maisonnée.  Lorsque celle-ci tombe enceinte, Victoire, la femme d'Anselme, décide d'adopter l'enfant et de se faire passer pour sa mère afin de sauver l'honneur du couple et d'offrir à son époux l'héritier tant désiré. Passant outre l'affront et la honte liés à l'adultère, Victoire s'improvise mère mais peine à s'occuper de l'enfant. Elle oscille entre ennui et désarroi. Heureusement, Céleste veille sur le petit et prend soin de lui. Victoire s'en aperçoit rapidement et bien vite, les deux femmes se lient à l'insu d'Anselme.

Quel roman ! Reçu en cadeau pour mes trente ans et reçu à nouveau en réussite à mon mémoire (mes amies ont les mêmes idées sans même se connaître, c'est pas fabuleux ça ?), Amours est un petit bijou à côté duquel j'aurais pu passer si ces deux présences bienveillantes ne me l'avaient pas glissé entre les mains.

Léonor de Récondo signe ici une intrigue très riche dans laquelle les héroïnes sont magnifiées, leurs corps encensés et le plaisir charnel révélé. Derrière un rideau de conventions sociales lourdes, à une époque où les femmes n'avaient que peu de liberté, se révèlent deux personnages féminins forts, marqués par leur statut social. Céleste, issue d'une famille humble, qui n'a d'autre destin que de servir les autres, quels que soient leurs désirs - être violé par le maître de maison était courant à l'époque et non condamné par la loi - et Victoire, étouffant dans un mariage malheureux, s'ennuyant telle une Emma Bovary engoncée dans une vie qui ne lui convient pas. Le corps féminin, uniquement dévoué à accueillir un foetus à cette époque, se libère de ses corsets et se défait de ses interdits pour mieux accéder au plaisir. C'est beau, très beau même. Les 200 et quelques pages se tournent à une vitesse folle vers un dénouement incroyablement réussi. Léonor de Récondo signe ici un roman magnifique qui donne sans hésiter l'envie de découvrir le reste de son oeuvre. Merci Flo et Lise pour ce chouette cadeau !

« De la vie, on ne garde que quelques étreintes fugaces et la lumière d'un paysage. »

 

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19 janvier 2016

Tueuses mais pas trop, Stéphanie Mesnier

Tueuses mais pas trop, Stéphanie MesnierTueuses mais pas trop est un roman de l'écrivain et journaliste Stéphanie Mesnier paru en février 2015 chez Fayard.

Elles sont influentes, souvent riches, dotées d'un certain pouvoir mais ont dans l'intimité une ombre qui rôde autour d'elles. Mari, amant, belle-mère, chacune a une personne nocive dans son entourage proche. Et s'il était possible de faire disparaître ces malveillants sans que jamais le lien ne soit fait entre la victime et son meurtrier ? Et si ces femmes s'alliaient et se rendaient service ? C'est ce que propose un étrange club qui met en relation ces femmes, pour le meilleure et pour le pire !

Certes, je m'attendais à une comédie légère, comme l'annonçait la couverture girlie et la quatrième et j'étais ouverte à cette idée de détente. Mais je m'attendais quand même à une intrigue originale et bien traitée, de l'humour ou encore des personnages léchés. Malheureusement, il n'en est rien. Tueuses mais pas trop semble être un condensé de clichés et de caricatures. Il n'est pas un personnage qui rattrape l'autre, ni une situation qui apporte un semblant de piment à cette intrigue cousue de fil blanc, qui semble tout droit copiée sur un roman d'Agatha Christie. L'idée de départ était pourtant bonne malgré son côté sordide - un club de femmes qui s'entraident pour supprimer à chacune l'individu qui la gêne dans sa vie - mais l'intrigue tombe vite à plat. 
La plume de Stéphanie Mesnier est très contemporaine et porte les relents d'une écriture journalistique qui oublie de soigner son style et laisse la part belle à des dialogues parfois inutiles. 
La construction narrative inversée - le roman commence par une scène finale et redéroule le fil des événements ensuite - apporte certes une touche d'originalité mais ne permet pas au suspense d'éclore. J'ai lu d'une traite ce roman mais sans éprouver de réel plaisir. C'est vraiment dommage car l'idée originale est intéressante mais ne semble pas avoir été suffisamment exploitée.
Je tiens à remercier les éditions Fayard pour la découverte de ce roman, et s'il n'a pas réussi à  me séduire, j'espère qu'il trouvera néanmoins son public.

grand merci à Dominique et aux éditions Fayard pour ce livre. - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/tag/Service%20de%20presse#sthash.TpJqAcRJ.dpuf

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05 juin 2014

Mangez-moi, Agnès Desarthe

MANGEZMangez-moi est un roman de l'écrivain et traductrice française Agnès Desarthe paru en 2006 aux Éditions de l'Olivier. Il m'avait été offert lors du Swap Nouvel an 2011 par Hathaway. Il était grand temps que je le lise ! 

Myriam ment à son banquier pour ouvrir un restaurant. Chez moi, c'est son nom, est un lieu sans prétention qu'elle orchestre de façon familiale. Elle cuisine avec amour, sans extravagance, pour une clientèle d'abord rare, puis de plus en plus nombreuse. Aidée de Ben, un étudiant en sciences politiques reconverti en serveur, Myriam offre à ses habitués un refuge douillet autour d'une cuisine simple et authentique. Et c'est grâce à cette simplicité et ces partages que la quadragénaire se répare peu à peu de ses blessures et de son passé un brin compliqué.

Mangez-moi est un roman à déguster, à savourer, comme la cuisine de son héroïne. Une très belle histoire. Celle d'une femme qui a fait une erreur et que la vie n'a pas épargnée. La reconstruction personnelle par la cuisine et par la générosité, voilà le moyen qu'utilise Myriam pour se relever d'un passé douloureux. Et Agnès Desarthe de recréer une sorte de havre réconfortant dans ce modeste lieu qui n'a d'abord rien d'un restaurant mais tient davantage de la cuisine familiale.
Il y a de la beauté dans l'humilité de Myriam et des personnages qui gravitent autour d'elle. Une pudeur aussi, c'est certain, face à ce passé dévoilé à demi mots. Face à cette faute chuchotée entre deux pages. Et cela force l'admiration pour cette femme qui a tout perdu et qui accepte ses erreurs.
La narration à la première personne fait pénétrer dans l'intimité de Myriam et offre au lecteur une proximité qui a tout de la confidence. Et c'est avec plaisir que le lecteur se glisse à ses côtés et participe à ce projet un peu fou d'ouvrir seule une cantine de quartier. Les effluves de cuisine embaument les pages, la douce chaleur du four se répand, les ustensiles tintent. Quel bonheur d'être aux côtés de Myriam quant elle choie ses clients ! 
L'intrigue est simple en apparence mais explore les méandres du passé de l'héroïne et s'égare dans son présent parcellaire, cette vie dont elle n'offre au lecteur que des bribes. Comme pour se raconter avec pudeur et édulcorer ses fautes. Comme pour essayer d'avancer malgré tout, sans être jugée. 
Voilà une bien belle lecture, réconfortante comme ce que cuisine Myriam, et portée par la plume très poétique d'Agnès Desarthe. Merci Hathaway, si tu passes par là, pour ce très beau roman.
D'autres avis :  Argali, ClarabelMiss Alfie, Syl.etc.

"Comment éviter que les souvenirs refluent ? Comment détacher sa conscience du passé ? Comment faire pour que rien n'évoque, pour que rien ne dénote, pour que rien ne rappelle ? Comment abolir l'écho ? Pourquoi la vie consiste-t-elle en cet inépuisable ressassement ? Ne guérit-on jamais de nos amputations, de nos mutilations ?" (p.226)

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04 décembre 2011

L'Inde en Fêtes #5 Konark Dance Festival et Elles changent l'Inde

Konark Festival

logo Inde petit

Dernier rendez-vous du Challenge L'Inde en fêtes,
organisé par Hilde et moi,
le Konark Dance Festival
qui a lieu du 1er au 5 décembre 2011 au Temple du Soleil
de la petite ville de Konark, dans l'Etat d'Orissa.
Durant cette période, le temple devient le théâtre d'un des festivals de danse le plus célèbre du pays où amateurs et professionnels se produisent en plein air.


Le 3 décembre 2007, les musiciens accompagnent la troupe de danseuses ODISSI de Bhubaneswar.
(source :
Dailymotion)

 

Elles changent l'IndeA cette occasion, j'ai eu envie de vous présenter Elles changent l'Inde, le catalogue de l'exposition du même nom qui se tient en ce moment au Petit Palais, à Paris.
Publié par Reporters sans frontière, cet album met l'accent sur les défis de l'Inde actuels, et tout particulièrement les initiatives des femmes.

Six photographes de l'agence Magnum Photos ont ainsi passé des semaines en Inde pour mettre en lumière le rôle des femmes dans l'évolution du pays. Des femmes chauffeurs de taxi à celle qui poursuivent leurs études dans le supérieur, en passant aux femmes qui s'investissent en politique ou dans l'industrie cinématographique, les projets sont nombreux et les espoirs naissants.

L'album reprend les photos de l'exposition. En l'achetant (9,90€), on fait un petit geste en faveur de la liberté de la presse. Un hymne à ce pays et à ses bouleversements sociaux et économiques. Un élan d'optimisme éclôt à chaque page et une envie de combattre aux côtés de ces femmes engagées pour leur pays surgit au fil de la lecture et de l'observation de ces photos magnifiques. A lire, sans aucun doute.
Et pour les parisiennes, filez au Petit Palais : cette exposition, qui se tient du 21 octobre au 8 janvier, est gratuite pour tous ! Aucune raison de s'en priver ! Pour en savoir plus sur les horaires et les infos
sur cette page.

 

Pour terminer de vous convaincre,
un avant-goût du travail de chacun des photographes.


 

Photographe : Alessandra Sanguinetti

 

 

Photographe : Patrick Zachmann

 

Photographe : Olivia Arthur

 

Photographe : Raghu Rai

 


 Photographe : Alex Webb

 


 Photographe : Martine Franck

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13 janvier 2011

Brune Blonde, la chevelure féminine dans l'art et le cinéma

1421928_8_943e_brune_blonde_catalogue_de_l_exposition_sousÉtant allée ce weekend  à l'exposition à la Cinémathèque de Paris intitulée "Brune Blonde", consacrée à la chevelure féminine dans l'art et le cinéma, je n'ai pas résisté une seule seconde à l'achat du catalogue de l'expo. Et c'est le sujet de mon billet aujourd'hui !

Véritable prolongement de l'exposition, ce livre est une petite merveille. En 200 pages, il dresse un véritable panorama de la chevelure dans l'art en général et le cinéma en particulier à travers les différentes époques
et pays et selon les aléas de la mode.
Bien plus complet au niveau des textes que n'a pu l'être l'expo (un peu légère à ce niveau là par rapport aux documents audiovisuels présentés), Brune Blonde est scindé en deux parties distinctes : la première, plus théorique, aborde divers aspects capillaires, comme les techniques des cinéastes de la chevelure (Bergman, Hitchcock, Bunuel...), les mutations de la blondeur et son hégémonie, les cheveux dans le cinéma asiatique, etc.
La seconde partie se compose d'entretiens avec des acteurs, réalisateurs, professionnels du cheveu (Catherine Deneuve, François Ozon...) et d'un panorama de photos mettant en scène la chevelure.

Magnifique ouvrage s'il en est, Brune Blonde est de ceux que l'on garde à portée de main et que l'on ouvre souvent. Ce grand format est en effet un petit bijou en lui-même : les reproductions de peintures,
les photos ou encore les photogrammes de films sont tous de très bonne qualité et mis en valeur par ce beau format et le grain du papier utilisé.
Dense, unique en son genre, ce livre est une grande découverte pour moi, grande amatrice de cinéma et m'a permis d'approfondir mon intérêt sur le sujet, très éveillé par l'exposition.
Et puis la couverture présentant Pénélope Cruz en perruque blonde dans Étreintes brisées d'Almodovar, quelle bonne trouvaille pour illustrer ce thème ! fashion
En tout cas, je vous préviens, on ne regarde plus les cheveux des femmes dans les films comme avant...
Pour ceux qui veulent en savoir plus, n'oubliez pas l'exposition virtuelle sur le site de la Cinémathèque.

J'inscris cette lecture dans le Challenge "Read me, I'm fashion" organisé par L'Irrégulière .

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