Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.




11 novembre 2018

Sorcières : la puissance invaincue des femmes, Mona Chollet

Sorcières Mona CholletSorcières : la puissance invaincue des femmes est un essai de la journaliste franco-suisse Mona Chollet. Il est paru en septembre 2018 aux éditions Zones.

La sorcière, cette femme âgée, ridée, au nez crochu et aux cheveux fous, volant sur son balai, hante l'inconscient collectif. Persécutée en Europe durant la Renaissance, l'image de la sorcière est aujourd'hui récupérée par les féministes actuelles et étudiée dans cet essai par Mona Chollet  sous quatre angles d'approche : celui de la femme indépendante, de la femme sans enfant, de la femme âgée mais également à travers le prisme de la guerre faite aux femmes et à la nature et la vision du monde qui en a découlé.

Sujet éminemment sensible et intéressant, la place de la femme dans l'Histoire et plus particulièrement des femmes accusées de sorcellerie a retenu toute mon attention.      
Mona Chollet décortique dans cette essai le mythe de la sorcière en le reliant aux combats féministes d'hier et d'aujourd'hui. Elle n'épargne ni l'actuel aspect mercantile de la sorcellerie (aujourd'hui, il existe un réel marché de grigris, bougies, grimoires, cristaux, etc.), ni l'influence de l'industrie cosmétique censée éviter la vieillesse aux femmes, en passant par la question de la non maternité - toujours aussi peu comprise aujourd'hui - mais aussi le désapprobation de l'indépendance féminine, la contraception ou encore la disqualification des femmes  âgées sur le plan sexuel ou amoureux ou la question des écarts d'âge dans les couples.     
Ce qui m'a le plus marqué, c'est cette construction culturelle, dès l'enfance, de la beauté et de la jeunesse comme idéal. Même Walt Disney, en opposant jeunesse et vieillesse, beauté et laideur, participe de cet élan inconscient qui fera tendre les femmes vers un idéal de beauté (et une dépréciation lorsqu'elles s'en éloigne) et de jeunesse, à grands renforts de produits miraculeux. Les références se succèdent et ne se ressemblent pas, permettant d'ouvrir les yeux sur un regard sociétal biaisé et des injonctions diverses faites aux femmes.    
L'essai est dense, Mona Chollet adjoint à sa réflexion de nombreuses et pertinentes références bibliographiques, et amène à réfléchir. Loin d'être indigeste, l'ensemble se lit avec fluidité, interrogeant sans cesse les représentations de la femme à l'aune de l'image de la sorcière. A lire absolument !

"On peut présumer que si, aujourd’hui, les femmes sont réputées se flétrir avec le temps alors que les hommes se bonifient, si l’âge les pénalise sur le plan amoureux et conjugal, si la course à la jeunesse prend pour elles un tour aussi désespéré, c’est largement en raison de ces représentations qui continuent de hanter notre imaginaire, des sorcières de Goya à celles de Walt Disney. La vieillesse des femmes reste, d’une manière ou d’une autre, laide, honteuse, menaçante, diabolique."

"Le seul destin féminin concevable reste le don de soi."

"Un homme qui ne devient pas père déroge à une fonction sociale, tandis qu'une femme est censée jouer dans la maternité la réalisation de son identité profonde."

"Celles qui refusent la maternité sont aussi confrontées au préjugé selon lequel elles détestent les enfants, telles les sorcières dévorant à belles dents de petits corps rôtis durant le sabbat ou jetant un sort mortel au fils du voisin."

Si vous voulez en savoir plus, deux podcasts dans lesquels Mona Chollet est venue parler de son livre :

Sorcières#1 de La Poudre

 


 Du bûcher à #MeToo, la revanche des "sorcières" ? dans l'émission La Grande table idées sur France Culture

Challenge Halloween 2018, Halloween, logo

 

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20 juin 2018

Un autre regard T. 2, Emma

Un autre regard TLe second tome d'Un autre regard, reprennant les strips de la blogueuse Emma, est paru en novembre 2017 aux éditions Massot. 

Dans ce tome, Emma s'intéresse plus particulièrement aux inégalités entre les hommes et les femmes : débat sur le burkini, charge mentale, répartition des rôles en tant que parents, congé maternité, éducation genrée, la blogueuse se penche sur ces questions de société avec finesse et sans ton moralisateur. Armée de chiffres, elle épluche les lieux communs qui nous entourent pour mieux les décortiquer et amener son lecteur à réfléchir.

Souvenez-vous, la semaine dernière je vous présentais le premier tome d'Un autre regard et je l'encensais. Même joueur joue deux fois, je réitère mon enthousiasme cette semaine pour ce second volet, tout aussi percutant et réussi que le premier.    
Mis en lumière médiatiquement parce qu'il développe le concept de charge mentale, il aborde largement la question de la place des femmes dans la société. Emma traite le sujet avec humour et ponctue son propos d'anecdotes personnelles mais dénonce néanmoins les travers de notre société.     
Je ne vais pas en faire des tartines, comme la semaine dernière : passez outre les dessins au trait minimaliste et lisez-le au plus vite, l'idéal étant de découvrir les deux tomes d'une traite, je ne vous le cache pas. 

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La BD de la semaine

Cette semaine chez Stephie !

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13 juin 2018

Un autre regard T.1, Emma

Un autre regard EmmaUn autre regard est le premier album documentaire de la blogueuse, ingénieure informaticienne et dessinatrice Emma, paru en mai 2017 aux éditions Massot. Il reprend les strips publiés sur son blog depuis 2016.

Percutant, intelligent, fin, posant sur notre société un oeil critique, ce premier tome s'intéresse tout à tour aux violentes perquisitions perpétrées dans certains quartiers dans le climat post-attentats, à la question de la violence des opprimés, des épisiotomies forcées, au regard masculin et ses conséquences sur les femmes, au clitoris, aux victimes des violences policières et à la maternité.

Avec un humour féroce, Emma se penche sur ces questions sociétales en interrogeant son lecteur à travers de courts chapitres. Qu'est-ce qui est juste ? Qu'est-ce qui semble normal ? Elle interpelle, s'interroge. Appuie là où ça fait mal, reconnaissons-le.   
Le trait est minimaliste, les personnages très simples et les décors quasi absents mais l'ensemble sert le propos juste comme il faut.  J'ai dévoré d'une traite ces sept chapitres, réfléchissant moi aussi aux chiffres que je lisais, aux anecdotes  évoquées, aux situations dépeintes. Il y a encore beaucoup à faire pour que les injustices cessent... Le second tome d'Un autre regard a fait couler beaucoup  d'encre en évoquant la question de la charge mentale. Mais j'en reparlerai plus en détails dans ma chronique de ce second tome. Un diptyque à lire et offrir sans réfléchir une seconde. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le blog d'Emma.

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La BD de la semaine

Cette semaine chez Noukette !

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07 mars 2018

Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? Soledad Bravi et Dorothée Werner

Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmesPourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? est un album signé Soledad Bravi pour les illustrations et Dorothée Werner pour les textes. Il est paru chez Rue de Sèvres le mois dernier.

Revenons à la Préhistoire et parcourons au fil des pages la chronologie de l'évolution des droits de la femme : les figures incontournables qui ont oeuvré pour l'égalité (Olympe de Gouges, les Suffragettes, Simone Veil, Gabrielle Chanel, etc.), les dates clés, les événements politiques et sociétaux, etc. C'est avec humour et simplicité que les deux auteures nous entraînent dans ce panorama en BD et nous offrent une perspective diachronique de la condition féminine.

En cette veille de Journée Internationale des droits des Femmes, je ne pouvais pas ne pas me pencher sur cet album au petit format qui promet de balayer le champ historique pour comprendre la source des inégalités hommes femmes qui sévissent encore aujourd'hui. 
Le ton est volontairement sarcastique et le trait humoristique pour traiter de ces faits qui font froid dans le dos. A travers l'Histoire, et malgré les nombreuses voix qui se sont élevées, la femme a toujours été considérée comme inférieure à l'homme, pour des raisons clairement absurdes. Les auteures s'attachent à déconstruir ces idées reçues en les dénonçant purement et simplement.  
Si j'ai adoré l'idée d'une telle chronologie et la postface qui fait le point sur la situation des femmes dans le monde en 2018 et les derniers événements s'y référant (Harvey Weinstein, bonsoir !) j'ai trouvé que certains faits manquaient d'un petit accompagnement pour être appréhendés dans leur complexité, selon le lectorat. Si les dates et mentions des fonctions des personnes citées est pertinent, c'est dommage que des faits soient traités très rapidement (comme l'évocation de la chanson Femme libérée par exemple). Pour autant, Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? reste un court album très bien ficelé, agréable à lire et qui permet une bonne vue d'ensemble sur la question. Je remercie les éditions Rue de Sèvres de m'avoir permis de découvrir cet album.

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 BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Moka !

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31 janvier 2018

Culottées T.2 Pénélope Bagieu

Culottées tome 2Le deuxième tome de Culottées de Pénélope Bagieu est paru en janvier 2017 chez Gallimard. 

Quinze portraits. Quinze femmes qui ne font que ce qu'elles veulent, qu'importent l'époque ou les conventions sociales. Des femmes fortes, qui font voler en éclat stéréotypes et préjugés envers les femmes. 

J'avais adoré découvrir les quinze premiers portraits des femmes au destin incroyable du premier tome des Culottées. J'ai tout naturellement plongé entre les pages de ce second tome, et j'en suis ressortie tout aussi charmée. 

Pénélope Bagieu dresse avec un humour certain les vies de ces femmes, leurs combats, leurs idéaux. C'est fort, beau, parfois triste et violent, mais toujours positif. J'ai été particulièrement émue et admirative du courage de Phulan Devi, reine des bandits indienne, mais touchée tout autant par le destin de Peggy Guggenheim, de Katia Krafft, Sonita Alizadeh, Nellie Blye, Jesselyn Radack ou encore Thérèse Clerc. Ces femmes qui par leurs actions, leurs combats, ont fait valoir le droit des femmes. Un diptyque à lire, à relire, à offrir. 

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Si vous n'avez pas ces deux albums sous la main, rendez-vous sur le blog Culottéestoutes les planches sont disponibles !

BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Moka !

 

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22 février 2017

Culottées T.1, Pénélope Bagieu

Culottées TCulottées est un album de Pénélope Bagieu paru en septembre 2016 chez Gallimard. Il regroupe les quinze premières planches prépubliées de façon hebdomadaire par la jeune illustratrice sur le blog éponyme qu'elle a lancé sur le site du Monde. Un second album a suivi, en janvier 2017.

Clémentine Delait - la célèbre femme à barbe -, Margaret Hamilton - qui terrorisa des générations d'enfants par ses rôles de sorcières terrifiantes -, Giorgina Reid - gardienne d'un phare et experte en terrassement -, Agnodice - gynécologue au IV av. JC -, Joséphine Baker - actrice, résistante et mère de famille nombreuse-, etc. Pénélope Bagieu dresse dans cet album le portrait de quinze femmes qui se sont élevées contre la pression sociale de leur époque pour vivre librement et accomplir leurs rêves.

J'avais entendu parler de l'initiative de Pénélope Bagieu d'un blog consacré à des femmes culottées (et c'est le cas de le dire !) l'an dernier, sorti conjointement mais sans rapport avec le scandale d'Angoulême quant à l'absence de femmes sélectionnées pour le Grand Prix du Festival, mais je n'avais pas eu l'occasion d'aller y jeter un oeil. Il a fallu qu'on me mette cet album sous le nez ce weekend pour que je m'y plonge dedans... et j'ai rudement bien fait !

Il sont loin le dessin et le ton de Joséphine ou de Cadavre exquis, les premiers albums de Pénélope Bagieu.  La jeune illustratrice a évolué dans son trait et son propos et nous livre ici un album intéressant et intriguant. Recueil de chroniques sur ces femmes qui ont su croire à leurs rêves malgré les freins de leurs époques, l'album est un bel hommage à ces personnalités oubliées ou ces célébrités intimistes. Chaque portrait s'étale sur quelques planches, Pénélope Bagieu résumant avec humour la vie de ces femmes. Ces quinze mini biographies sont autant d'appels à découvrir le destin de chacune de ces femmes, forçant le respect chacune à sa manière. Une très belle lecture, ode à la condition féminine et porteuse d'une universalité malgré les époques et les continents. Merci Marion et Flo !

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Si comme moi vous n'avez pas le tome 2 sous la main et envie de découvrir les quinze autres portraits de ces femmes d'exception, rendez-vous sur le blog Culottéestoutes les planches sont disponibles !

BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Mo' !

 

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20 décembre 2016

Amours, Léonor de Récondo

Amours, Léonor de RecondoAmours est le quatrième roman de la violoniste et romancière française Léonor de Récondo paru aux éditions Sabine Wespieser en 2015. 

Au début du XXème siècle, dans le Cher, Anselme de Boisvaillant, notable respecté, profite du sommeil de sa femme pour violer Céleste, la jeune bonne de la maisonnée.  Lorsque celle-ci tombe enceinte, Victoire, la femme d'Anselme, décide d'adopter l'enfant et de se faire passer pour sa mère afin de sauver l'honneur du couple et d'offrir à son époux l'héritier tant désiré. Passant outre l'affront et la honte liés à l'adultère, Victoire s'improvise mère mais peine à s'occuper de l'enfant. Elle oscille entre ennui et désarroi. Heureusement, Céleste veille sur le petit et prend soin de lui. Victoire s'en aperçoit rapidement et bien vite, les deux femmes se lient à l'insu d'Anselme.

Quel roman ! Reçu en cadeau pour mes trente ans et reçu à nouveau en réussite à mon mémoire (mes amies ont les mêmes idées sans même se connaître, c'est pas fabuleux ça ?), Amours est un petit bijou à côté duquel j'aurais pu passer si ces deux présences bienveillantes ne me l'avaient pas glissé entre les mains.

Léonor de Récondo signe ici une intrigue très riche dans laquelle les héroïnes sont magnifiées, leurs corps encensés et le plaisir charnel révélé. Derrière un rideau de conventions sociales lourdes, à une époque où les femmes n'avaient que peu de liberté, se révèlent deux personnages féminins forts, marqués par leur statut social. Céleste, issue d'une famille humble, qui n'a d'autre destin que de servir les autres, quels que soient leurs désirs - être violé par le maître de maison était courant à l'époque et non condamné par la loi - et Victoire, étouffant dans un mariage malheureux, s'ennuyant telle une Emma Bovary engoncée dans une vie qui ne lui convient pas. Le corps féminin, uniquement dévoué à accueillir un foetus à cette époque, se libère de ses corsets et se défait de ses interdits pour mieux accéder au plaisir. C'est beau, très beau même. Les 200 et quelques pages se tournent à une vitesse folle vers un dénouement incroyablement réussi. Léonor de Récondo signe ici un roman magnifique qui donne sans hésiter l'envie de découvrir le reste de son oeuvre. Merci Flo et Lise pour ce chouette cadeau !

« De la vie, on ne garde que quelques étreintes fugaces et la lumière d'un paysage. »

 

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19 janvier 2016

Tueuses mais pas trop, Stéphanie Mesnier

Tueuses mais pas trop, Stéphanie MesnierTueuses mais pas trop est un roman de l'écrivain et journaliste Stéphanie Mesnier paru en février 2015 chez Fayard.

Elles sont influentes, souvent riches, dotées d'un certain pouvoir mais ont dans l'intimité une ombre qui rôde autour d'elles. Mari, amant, belle-mère, chacune a une personne nocive dans son entourage proche. Et s'il était possible de faire disparaître ces malveillants sans que jamais le lien ne soit fait entre la victime et son meurtrier ? Et si ces femmes s'alliaient et se rendaient service ? C'est ce que propose un étrange club qui met en relation ces femmes, pour le meilleure et pour le pire !

Certes, je m'attendais à une comédie légère, comme l'annonçait la couverture girlie et la quatrième et j'étais ouverte à cette idée de détente. Mais je m'attendais quand même à une intrigue originale et bien traitée, de l'humour ou encore des personnages léchés. Malheureusement, il n'en est rien. Tueuses mais pas trop semble être un condensé de clichés et de caricatures. Il n'est pas un personnage qui rattrape l'autre, ni une situation qui apporte un semblant de piment à cette intrigue cousue de fil blanc, qui semble tout droit copiée sur un roman d'Agatha Christie. L'idée de départ était pourtant bonne malgré son côté sordide - un club de femmes qui s'entraident pour supprimer à chacune l'individu qui la gêne dans sa vie - mais l'intrigue tombe vite à plat. 
La plume de Stéphanie Mesnier est très contemporaine et porte les relents d'une écriture journalistique qui oublie de soigner son style et laisse la part belle à des dialogues parfois inutiles. 
La construction narrative inversée - le roman commence par une scène finale et redéroule le fil des événements ensuite - apporte certes une touche d'originalité mais ne permet pas au suspense d'éclore. J'ai lu d'une traite ce roman mais sans éprouver de réel plaisir. C'est vraiment dommage car l'idée originale est intéressante mais ne semble pas avoir été suffisamment exploitée.
Je tiens à remercier les éditions Fayard pour la découverte de ce roman, et s'il n'a pas réussi à  me séduire, j'espère qu'il trouvera néanmoins son public.

grand merci à Dominique et aux éditions Fayard pour ce livre. - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/tag/Service%20de%20presse#sthash.TpJqAcRJ.dpuf

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05 juin 2014

Mangez-moi, Agnès Desarthe

MANGEZMangez-moi est un roman de l'écrivain et traductrice française Agnès Desarthe paru en 2006 aux Éditions de l'Olivier. Il m'avait été offert lors du Swap Nouvel an 2011 par Hathaway. Il était grand temps que je le lise ! 

Myriam ment à son banquier pour ouvrir un restaurant. Chez moi, c'est son nom, est un lieu sans prétention qu'elle orchestre de façon familiale. Elle cuisine avec amour, sans extravagance, pour une clientèle d'abord rare, puis de plus en plus nombreuse. Aidée de Ben, un étudiant en sciences politiques reconverti en serveur, Myriam offre à ses habitués un refuge douillet autour d'une cuisine simple et authentique. Et c'est grâce à cette simplicité et ces partages que la quadragénaire se répare peu à peu de ses blessures et de son passé un brin compliqué.

Mangez-moi est un roman à déguster, à savourer, comme la cuisine de son héroïne. Une très belle histoire. Celle d'une femme qui a fait une erreur et que la vie n'a pas épargnée. La reconstruction personnelle par la cuisine et par la générosité, voilà le moyen qu'utilise Myriam pour se relever d'un passé douloureux. Et Agnès Desarthe de recréer une sorte de havre réconfortant dans ce modeste lieu qui n'a d'abord rien d'un restaurant mais tient davantage de la cuisine familiale.
Il y a de la beauté dans l'humilité de Myriam et des personnages qui gravitent autour d'elle. Une pudeur aussi, c'est certain, face à ce passé dévoilé à demi mots. Face à cette faute chuchotée entre deux pages. Et cela force l'admiration pour cette femme qui a tout perdu et qui accepte ses erreurs.
La narration à la première personne fait pénétrer dans l'intimité de Myriam et offre au lecteur une proximité qui a tout de la confidence. Et c'est avec plaisir que le lecteur se glisse à ses côtés et participe à ce projet un peu fou d'ouvrir seule une cantine de quartier. Les effluves de cuisine embaument les pages, la douce chaleur du four se répand, les ustensiles tintent. Quel bonheur d'être aux côtés de Myriam quant elle choie ses clients ! 
L'intrigue est simple en apparence mais explore les méandres du passé de l'héroïne et s'égare dans son présent parcellaire, cette vie dont elle n'offre au lecteur que des bribes. Comme pour se raconter avec pudeur et édulcorer ses fautes. Comme pour essayer d'avancer malgré tout, sans être jugée. 
Voilà une bien belle lecture, réconfortante comme ce que cuisine Myriam, et portée par la plume très poétique d'Agnès Desarthe. Merci Hathaway, si tu passes par là, pour ce très beau roman.
D'autres avis :  Argali, ClarabelMiss Alfie, Syl.etc.

"Comment éviter que les souvenirs refluent ? Comment détacher sa conscience du passé ? Comment faire pour que rien n'évoque, pour que rien ne dénote, pour que rien ne rappelle ? Comment abolir l'écho ? Pourquoi la vie consiste-t-elle en cet inépuisable ressassement ? Ne guérit-on jamais de nos amputations, de nos mutilations ?" (p.226)

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04 décembre 2011

L'Inde en Fêtes #5 Konark Dance Festival et Elles changent l'Inde

Konark Festival

logo Inde petit

Dernier rendez-vous du Challenge L'Inde en fêtes,
organisé par Hilde et moi,
le Konark Dance Festival
qui a lieu du 1er au 5 décembre 2011 au Temple du Soleil
de la petite ville de Konark, dans l'Etat d'Orissa.
Durant cette période, le temple devient le théâtre d'un des festivals de danse le plus célèbre du pays où amateurs et professionnels se produisent en plein air.


Le 3 décembre 2007, les musiciens accompagnent la troupe de danseuses ODISSI de Bhubaneswar.
(source :
Dailymotion)

 

Elles changent l'IndeA cette occasion, j'ai eu envie de vous présenter Elles changent l'Inde, le catalogue de l'exposition du même nom qui se tient en ce moment au Petit Palais, à Paris.
Publié par Reporters sans frontière, cet album met l'accent sur les défis de l'Inde actuels, et tout particulièrement les initiatives des femmes.

Six photographes de l'agence Magnum Photos ont ainsi passé des semaines en Inde pour mettre en lumière le rôle des femmes dans l'évolution du pays. Des femmes chauffeurs de taxi à celle qui poursuivent leurs études dans le supérieur, en passant aux femmes qui s'investissent en politique ou dans l'industrie cinématographique, les projets sont nombreux et les espoirs naissants.

L'album reprend les photos de l'exposition. En l'achetant (9,90€), on fait un petit geste en faveur de la liberté de la presse. Un hymne à ce pays et à ses bouleversements sociaux et économiques. Un élan d'optimisme éclôt à chaque page et une envie de combattre aux côtés de ces femmes engagées pour leur pays surgit au fil de la lecture et de l'observation de ces photos magnifiques. A lire, sans aucun doute.
Et pour les parisiennes, filez au Petit Palais : cette exposition, qui se tient du 21 octobre au 8 janvier, est gratuite pour tous ! Aucune raison de s'en priver ! Pour en savoir plus sur les horaires et les infos
sur cette page.

 

Pour terminer de vous convaincre,
un avant-goût du travail de chacun des photographes.


 

Photographe : Alessandra Sanguinetti

 

 

Photographe : Patrick Zachmann

 

Photographe : Olivia Arthur

 

Photographe : Raghu Rai

 


 Photographe : Alex Webb

 


 Photographe : Martine Franck

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