Bienvenue à Bouquinbourg

✳️Future hypnothérapeute ✨Magicienne en positif 🌍Voyageuse et lectrice 🐰Vegan en transition 🌱Adepte du zéro déchet Metz




07 novembre 2019

Cléopâtre, sur les traces d'une femme d'exception, Alberto Angela

Cleopatre Alberto AngelaCléopâtre, sur les traces d'une femme d'exception est le dernier livre du journaliste et vulgarisateur scientifique italien Alberto Angela. Il est paru en octobre chez Harper Collins. 

Cléopâtre, un nom mythique pour une femme qui a tout autant marqué l'Histoire. Alberto Angela se penche sur le destin de cette femme hors du commun et plus particulièrement sur les quatorze dernières années de sa vie, de 44 av. JC à 30 av. JC, alors que la souveraine égyptienne a séduit deux des plus grands noms de l'histoire romaine - César et Marc Antoine - et qu'un royaume est sur le point de s'effrondrer et une page de l'Histoire de se tourner  

J'ai découvert Alberto Angela avec cette biographie de Cléopâtre et autant vous le dire tout de suite : je me suis régalée et cet essai est un véritable coup de coeur ! Alberto Angela réussit en quelques pages à entraîner son lecteur au coeur de cette période sombre mais ô combien essentielle pour l'Occident. Il étudie de près les protagonistes de ces années, avec précaution quand les détails historiques ne nous sont pas parvenus, et n'hésite pas à utiliser le conditionnel pour des situations dont on ignore quasi tout. Les descriptions sont très soignées - Rome et ses ruelles ou Alexandrie, notamment - et permettent une immersion incroyable dans l'époque. Comme s'il portait une caméra à l'épaule, l'auteur nous entraîne dans un long travelling de la vie quotidienne des romains et des égyptiens. Le lecteur voit naître sous ses yeux des bâtiments mythiques aujourd'hui disparus - le phare et la bibliothèque d'Alexandrie en tête, mais pas que -, tandis que les effluves des différentes échoppes lui parviennent aux narines ou que le tumulte d'une journée à Rome ou à Alexandrie monte dans ses oreilles. L'effet est saisissant et l'écriture cinématographique de l'auteur n'y est pas pour rien.  La précision historique est recherchée, les thèses des différents historiens proposées, laissant le champ libre au lecteur d'adhérer davantage à l'une ou l'autre.
Cléopâtre n'est pas décrite comme une femme magnifique - pour la simple et bonne raison qu'il ne reste aucune représentation d'elle ni aucune description - mais plutôt comme une femme consciente de sa sensualité, vive d'esprit, très cultivée et au fait de la vie politique. Alberto Angela la dépeint en visionnaire, en femme indépendante et sûre de son pouvoir de séduction, mais qui pense avant tout à son peuple et à ses enfants, notamment Césarion qu'elle souhaite mettre sur le trône d'Egypte après sa mort.

Un essai aussi passionnant qu'accessible qui permet de se pencher sur ces années qui ont marqué l'Histoire, un page-turner incroyable bourré de suspense (j'ai eu beaucoup de mal à lâcher le livre dès le début, alors que la conjuration contre César est en marche et que l'issue nous est déjà connue) et une très belle découverte.

Un grand merci aux éditions Harper Collins pour la découverte de ce livre qui est une très belle idée de cadeau pour les fêtes !

Une chronique de soukee rangée dans Biographies et écritures du moi - Vos commentaires [0] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , ,


09 octobre 2019

Amélia, première dame du ciel, Arnü West

Amélia, première dame du ciel, Arnü WestAmélia, première dame du ciel est un album de l'ardéchois Arnü West. Il est paru en septembre 2016 chez Steinkis. 

Amélia Earhart

Amélia Earharht, la célèbre aviatrice américaine, première femme à traverser l'Atlantique en solitaire en 1932, a disparu dans l'Océanie alors qu'elle terminait son tour du monde en 1937. Arnü West revient sur la vie hors du commun de cette femme, première dame du ciel. 

D'Amélia Earharht, je ne connaissais rien. Et quand je dis rien, c'est rien ! A croire que l'aviation ne me passionne pas vraiment, puisque je ne connaissais même pas le nom de celle qui a réussi l'exploit de traverser l'Atlantique en solitaire. J'ai donc découvert avec admiration le parcours de cette femme, de ses débuts dans l'aviation à ses multiples exploits - record de vitesse, d'altitude, de vols sans escale, etc. - et me suis plongée avec plaisir dans le récit de sa vie.
Les dessins un peu ronds et un tantinet désuets, aux couleurs douces, portent le récit de cette vie passionnée, où seule l'aviation compte.
Le texte, en revanche, est un peu plat et même si l'ensemble est romancé, manque cruellement de relief. Le style est à la limite du journalisme et l'émotion n'est pas au rendez-vous, malgré les tentatives. Hormis ce léger bémol, l'ensemble se découvre avec plaisir. Si comme moi vous êtes un peu léger sur la vie d'Amélia Earharht, foncez !

Planche 1Planche 2 

Planche 3Planche 4

La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Moka qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [18] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,

20 juin 2019

Histoires du soir pour filles rebelles, Collectif

Histoires-du-soir-pour-filles-rebelles (1)Histoires du soir pour filles rebelles est un recueil imaginé par Elena Favilli et Fancesca Cavallo et dessiné par un collectif de soixante illustratrices internationales. Il est paru en octobre 2017 aux éditions des Arènes. 

Ada Lovelace, Michelle Obama, Grace Hopper, Amelia Earhart, Brenda Chapman, Yoko Ono, les soeurs Williams, Nina Simone, Maria Montessori, Margaret Hamilton, ce sont cent femmes au destin hors du commun qui se retrouvent dans les pages de ce bel album jeunesse. Cent pionnières pour la condition féminine, qui ont lutté malgré les préjugés et les limites liées à leur genre, et qui sont entrées dans l'histoire. Chaque double page présente un portrait, accompagné d'une illustration et d'une citation. 

Magnifique album très didactique, Histoires du soir pour filles rebelles est un incontournable ! A l'image de la série Culottées de Pénélope Bagieu - qui se présentait sous forme de BD - l'album fait la part belle aux figures féminines qui ont marqué l'Histoire ou la marquent encore à travers de courtes biographies qui sont autant de point d'entrée pour creuser ensuite, selon son envie.
Sa particularité réside dans cette écriture à quatre mains et ces dessins à cent vingt ! Ce sont en effet soixante illustratrices qui se sont emparées des destins de ces femmes d'exception pour les faire renaître sous leurs crayons et pinceaux. Le résultat est tout simplement magnifique ! Ajoutez à ça une mise en page soignée, claire, indiquant clairement ce qui distingue la femme présentée (son métier, son titre, etc.), ses dates, sa nationalité, un sommaire alphabétique, une table des illustratrices avec leurs nationalités, un joli marque-page en tissu, et vous aurez un gros et bel album à glisser entre toutes les mains. 

Planche 1 Planche 2

Planche 3 Planche 4

Une chronique de soukee rangée dans Albums - Vos commentaires [8] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,

23 mai 2019

La femme optimale, Miranda Gray

La femme optimale, Miranda GrayLa femme optimale est un  ouvrage de l'américaine spécialiste des femmes Miranda Gray. Il est paru en 2015 aux éditions Le Courrier du Livre. 

Toutes les femmes sont concernées par la question du cycle féminin. Souvent perçu comme une contrainte, voire une honte dans nos sociétés occidentales, il recèle pourtant de nombreux atouts. Miranda Gray s'intéresse au sujet et plus particulièrement aux fluctuations dans la vie des femmes et s'attache à montrer que chaque phase - phase menstruelle, pré-ovulatoire, ovulatoire et pré-menstruelle - est porteuse d'une énergie particulière. Cassant l'idée reçue d'une linéarité dans le quotidien des femmes, elle concentre son propos sur les cycles pour comprendre les périodes de chaque mois et les ressentis physiques et émotionnels qui en découlent. Le plan d'action sur 28 jours qu'elle expose promet de s'épanouir davantage en prenant en compte son cycle et en profitant de ses bienfaits plutôt que de le percevoir comme un désagrément. 

Vous l'avez peut-être remarqué, mais depuis quelques mois, je m'intéresse à la question du cycle féminin. Après la lecture de Sagesse et pouvoir du cycle féminin en janvier - lecture qui m'a permis d'arrêter mon contraceptif oral et d'utiliser la méthode de la symptothermie - j'ai eu envie d'avancer encore dans la compréhension de mon corps et la communication avec celui-ci. J'avais demandé ces deux livres à Noël et c'est tout naturellement que j'ai enchaîné avec la lecture de celui-ci.
Si je suis pour l'instant en plein milieu du plan et ne peux pas vraiment vous faire un retour sur la question, je peux néanmoins vous dire que j'ai énormément appris avec cette nouvelle lecture sur le sujet. Si Sagesse et pouvoir du cycle féminin se penche plus sur la question de la physionomie, de la symbolique, de la naturopathie et de la communication avec son corps (ce qui en fait selon moi une excellente introduction au sujet !), ce guide pratique est davantage un outil pour avancer dans la compréhension de son corps et de ses émotions.
Miranda Gray insiste sur le fait que le corps féminin est perpétuellement dans une phase de son cycle et que celui-ci ne se limite ni aux menstruations ni à l'ovulation. En
 renommant les quatre phases du cycle - phase contemplative, dynamique, expressive et créative - elle a étudié de près les capacités qui ressortent généralement de ces moments. Ainsi, les phases de menstruation et d'ovulation - respectivement phases contemplative et expressive - sont plus propices à l'introspection, au retour sur soi et à la passivité, tandis que les phases pré-ovulatoire et pré-menstruelle - phases dynamique et créative - sont des phases actives, plus dynamiques, ouvertes vers l'autre et la mise en place de projets. Rien n'est figé dans le propos, et l'auteure n'a de cesse de prévenir ses lectrices que chacune peut s'inspirer du plan et de ses conseils et l'adapter à ses propres ressentis. L'idée est de comprendre qu'être une femme ne permet pas une réelle linéarité d'énergie et d'émotions et qu'au lieu de combattre son cycle - voire l'ignorer - il vaut mieux le comprendre pour en tirer bénéfice. A chaque phase ses capacités, et le savoir permet de changer la donne !

Pour ma part, j'ai beaucoup appris avec cette lecture. Si le propos mériterait d'être un peu élagué pour cause de redites fréquentes (au moins, c'est quasi impossible de ne pas avoir compris l'essentiel !), il n'en demeure pas moins très intéressant. Je craignais un fatras ésotérique trop axé féminin sacré pour moi, mais finalement l'ensemble reste vraiment rationnel. J'ai pioché beaucoup d'idées dans ce guide et compris beaucoup plus mes émotions en les faisant coïncider avec les phases de mon cycle. L'idée du plan en 28 jours permet de travailler quotidiennement sur un domaine - bien-être, objectifs ou travail - et de profiter du potentiel de chaque phase pour l'exploiter au maximum. Pour l'instant, ça me parle beaucoup et coïncide avec mes émotions, donc je suis conquise !
En bref, un excellent ouvrage qui permet d'aller plus loin sur la question du cycle féminin. Encore un incontournable à avoir dans sa bibliothèque selon moi. 

Logo Lecture feel good 2

Une chronique de soukee rangée dans Documentaires - Vos commentaires [0] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,

04 janvier 2019

Sagesse et pouvoirs du cycle féminin, Marie-Pénélope Pérès et Sarah-Maria Leblanc

Sagesse et pouvoir du féminin sacréSagesse et pouvoirs du cycle féminin est un ouvrage coécrit par Marie-Pénélope Pérès et Sarah-Maria Leblanc paru la première fois en juin 2014 aux éditions Le Souffle d'Or. Une seconde édition, revue et corrigée, est parue en juin 2017.

Des premières règles à la ménopause, ce livre accompagne chaque femme durant son cycle féminin. Sans tabou, avec bienveillance, les deux auteures délivrent des conseils pour mieux appréhender sa féminité grâce à l'usage de plantes ou des postures, mais aussi pour mieux se connaître et se comprendre. Largement illustré, ce guide permet aux lectrices de comprendre les mécanismes à l'oeuvre durant leur cycle, en reconnaître les phases, s'approprier leur corps et renouer le dialogue avec lui. Qu'il s'agisse de connaître ses périodes de fertilité, de comprendre le fonctionnement de son cycle, d'opter pour une méthode de contraception ou de protection plus naturelle, la lectrice est guidée pas à pas tout au long de ce guide.

Cela faisait quelques temps que je m'intéressais à cette question de cycle féminin, subissant le mien plus que je ne le comprenais. J'avais amorcé une réflexion sur le sujet il y a quelques années, quand j'ai cessé définitivement les protections jetables pour l'usage d'une coupe menstruelle, mais cela s'était arrêté là. Quand j'ai découvert ce guide sur le blog de Natasha Echos Verts, j'ai su que j'avais trouvé la perle rare !      
Sagesse et pouvoirs du cycle féminin aborde sans tabou
un sujet dont on parle si peu et qui concerne pourtant toutes les femmes : le cycle féminin.      
Encore une fois bien documenté et proposant une bibliographie conséquente en annexe, ce guide à la fois théorique et pratique est découpé en trois parties :      
1/Etre une femme : découverte du corps, les règles, les hormones, les peurs ancestrales liées aux règles, les bonnes habitudes pour la santé féminine, les aliments qui nourrissent le cycle féminin, les plantes alliées de la santé des femmes   
2/
Bien vivre ma fertilité : observation de son corps, les périodes de fertilité et d'infertilité, tenir un calendrier pour son cycle, les plantes amies de la fécondité, retrouver les vrais cycles après l'arrêt de la pilule ou le retrait d'un stérilet, les contraceptions non agressives et naturelles, l'avortement     
3/
Vivre en harmonie avec mon cycle ; la renaissance après les règles, le rayonnement lors de l'ovulation, l'intuition avant ses règles, le calme des règles, créer un mandala de son cycle, la mémoire des femmes.      

Une très belle découverte, un guide précieux, dans lequel j'ai pu piocher beaucoup de conseils et d'idées, et que j'aurais aimé découvrir plus tôt, pour avoir moins cette impression de subir mon cycle et mes règles et me battre avec mon corps pendant les périodes de douleurs et de fatigue. Un incontournable à avoir chez soi, un ouvrage à offrir aux femmes de son entourage, pour parler et échanger sur le sujet.

Jour 4 du Challenge Feel Good 

 Retrouvez toutes les informations et l'agenda sur la page du challenge !

      

Une chronique de soukee rangée dans Documentaires - Vos commentaires [8] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,


13 décembre 2018

Ça raconte Sarah, Pauline Delabroy-Allard

Ça raconte Sarah, Pauline Delabroy-AllardÇa raconte Sarah est le premier roman de la documentaliste et blogueuse Pauline Delabroy-Allard. Il est paru en septembre aux éditions de Minuit.  

La narratrice mène une vie tranquille. Mère célibataire, enseignante, elle traverse la vie sans folie, entretenant une tiède relation avec un homme. Un jour, lors d'un repas, elle rencontre une violoniste, Sarah. Sarah et sa fougue, son exubérance, sa soif de vivre, sa vulgarité et son intensité aussi. Les deux femmes entament une relation amoureuse qui se transforme en passion dévorante. Mais si les débuts sont gorgés de légèreté, le tableau s'assombrit rapidement, le caractère tempétueux et imprévisible de Sarah épuisant la patience de son amante. 

On m'a offert ce roman (et je remercie grandement celle qui l'a fait, si elle passe par là), parce que les similitudes avec l'auteure étaient trop grandes pour que je passe à côté. Je l'ai ouvert et lu d'une traite, happée par ce texte, son intrigue, ses héroïnes et sa plume poétique.

Pour un premier roman, Pauline Delabroy-Allard signe une petite pépite, tant dans la forme que dans le fond. L'intrigue est en apparence simple - une passion entre deux femmes - mais entraîne le lecteur au sein de cette idylle dévorante et destructrice, ne lui laissant aucune chance de s'en sortir. Le roman s'ouvre sur une scène de mort - l'auteure se cachant bien de dévoiler laquelle des deux femmes a succombé - pour mieux revenir en arrière et donner à voir la naissance de cet amour fou. L'économie est faite sur les personnages dont on n'apprend que le strict minimum, l'accent étant mis sur le ressenti de la narratrice et l'évolution du sentiment amoureux. La plume est précise, imagée, poétique aussi, et s'emporte au rythme des fluctuations de cette histoire, offrant au texte une dimension particulière. 

Roman de l'amour et de ses douleurs, de la passion et des extrêmes, Ça raconte Sarah décortique l'âme humaine, donne à voir une tranche de vie, dans sa beauté comme dans sa laideur, dans la vie comme dans la mort. Magistral. 

"Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d’une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d’une seconde à peine. Ça raconte Sarah, de symbole : S." 

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [8] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,

21 novembre 2018

La tresse, Laetitia Colombani

La tresse, Laetitia ColombaniLa tresse est le premier roman de l'écrivaine et scénariste française Laetitia Colombani. Il est paru chez Grasset en mai 2017 et a connu, dès sa sortie, un succès fulgurant en France et à l'international.

Trois femmes, trois destins. Smita, qui fait partie de la caste des Intouchables, vit à Badlapur, en Inde et subit une vie de labeur ingrat qu'elle souhaite éviter à sa fille. Giulia, de son côté, vit à Palerme, en Sicile, et travaille avec son père dans l'usine familiale. Sarah, enfin, occupe une place importante dans un cabinet d'avocats à Montréal et a placé sa carrière au centre de ses préoccupations. Trois destins qui vont basculer, sur trois continents différents, pour une vie meilleure.

Un premier roman encensé de toutes parts, et j'ai compris pourquoi dès les premières pages.       
Laetitia Colombani emporte son lecteur dans ces trois histoires brèves et intenses à la fois, interrogeant la place de la femme dans la société et la notion de liberté. Ces trois destins, en apparence si différents, se rejoignent et se confondent, offrant au texte un aspect universel.       
Le texte est bref, très fragmenté - les chapitres concernant les trois personnages se succèdent - et très fluide. L'auteure ne s'encombre pas de personnages secondaires inutiles, de dialogues ou de descriptions secondaires, et va à l'essentiel, sans se départir de cette émotion qui empreint ces trois histoires dès les premières lignes.  
Un court roman aussi bref que bouleversant. A lire sans hésiter !

 

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [18] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , ,

11 novembre 2018

Sorcières : la puissance invaincue des femmes, Mona Chollet

Sorcières Mona CholletSorcières : la puissance invaincue des femmes est un essai de la journaliste franco-suisse Mona Chollet. Il est paru en septembre 2018 aux éditions Zones.

La sorcière, cette femme âgée, ridée, au nez crochu et aux cheveux fous, volant sur son balai, hante l'inconscient collectif. Persécutée en Europe durant la Renaissance, l'image de la sorcière est aujourd'hui récupérée par les féministes actuelles et étudiée dans cet essai par Mona Chollet  sous quatre angles d'approche : celui de la femme indépendante, de la femme sans enfant, de la femme âgée mais également à travers le prisme de la guerre faite aux femmes et à la nature et la vision du monde qui en a découlé.

Sujet éminemment sensible et intéressant, la place de la femme dans l'Histoire et plus particulièrement des femmes accusées de sorcellerie a retenu toute mon attention.      
Mona Chollet décortique dans cette essai le mythe de la sorcière en le reliant aux combats féministes d'hier et d'aujourd'hui. Elle n'épargne ni l'actuel aspect mercantile de la sorcellerie (aujourd'hui, il existe un réel marché de grigris, bougies, grimoires, cristaux, etc.), ni l'influence de l'industrie cosmétique censée éviter la vieillesse aux femmes, en passant par la question de la non maternité - toujours aussi peu comprise aujourd'hui - mais aussi le désapprobation de l'indépendance féminine, la contraception ou encore la disqualification des femmes  âgées sur le plan sexuel ou amoureux ou la question des écarts d'âge dans les couples.     
Ce qui m'a le plus marqué, c'est cette construction culturelle, dès l'enfance, de la beauté et de la jeunesse comme idéal. Même Walt Disney, en opposant jeunesse et vieillesse, beauté et laideur, participe de cet élan inconscient qui fera tendre les femmes vers un idéal de beauté (et une dépréciation lorsqu'elles s'en éloigne) et de jeunesse, à grands renforts de produits miraculeux. Les références se succèdent et ne se ressemblent pas, permettant d'ouvrir les yeux sur un regard sociétal biaisé et des injonctions diverses faites aux femmes.    
L'essai est dense, Mona Chollet adjoint à sa réflexion de nombreuses et pertinentes références bibliographiques, et amène à réfléchir. Loin d'être indigeste, l'ensemble se lit avec fluidité, interrogeant sans cesse les représentations de la femme à l'aune de l'image de la sorcière. A lire absolument !

"On peut présumer que si, aujourd’hui, les femmes sont réputées se flétrir avec le temps alors que les hommes se bonifient, si l’âge les pénalise sur le plan amoureux et conjugal, si la course à la jeunesse prend pour elles un tour aussi désespéré, c’est largement en raison de ces représentations qui continuent de hanter notre imaginaire, des sorcières de Goya à celles de Walt Disney. La vieillesse des femmes reste, d’une manière ou d’une autre, laide, honteuse, menaçante, diabolique."

"Le seul destin féminin concevable reste le don de soi."

"Un homme qui ne devient pas père déroge à une fonction sociale, tandis qu'une femme est censée jouer dans la maternité la réalisation de son identité profonde."

"Celles qui refusent la maternité sont aussi confrontées au préjugé selon lequel elles détestent les enfants, telles les sorcières dévorant à belles dents de petits corps rôtis durant le sabbat ou jetant un sort mortel au fils du voisin."

Si vous voulez en savoir plus, deux podcasts dans lesquels Mona Chollet est venue parler de son livre :

Sorcières#1 de La Poudre

 


 Du bûcher à #MeToo, la revanche des "sorcières" ? dans l'émission La Grande table idées sur France Culture

Challenge Halloween 2018, Halloween, logo

 

Une chronique de soukee rangée dans Essais - Vos commentaires [16] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , ,

20 juin 2018

Un autre regard T. 2, Emma

Un autre regard TLe second tome d'Un autre regard, reprennant les strips de la blogueuse Emma, est paru en novembre 2017 aux éditions Massot. 

Dans ce tome, Emma s'intéresse plus particulièrement aux inégalités entre les hommes et les femmes : débat sur le burkini, charge mentale, répartition des rôles en tant que parents, congé maternité, éducation genrée, la blogueuse se penche sur ces questions de société avec finesse et sans ton moralisateur. Armée de chiffres, elle épluche les lieux communs qui nous entourent pour mieux les décortiquer et amener son lecteur à réfléchir.

Souvenez-vous, la semaine dernière je vous présentais le premier tome d'Un autre regard et je l'encensais. Même joueur joue deux fois, je réitère mon enthousiasme cette semaine pour ce second volet, tout aussi percutant et réussi que le premier.    
Mis en lumière médiatiquement parce qu'il développe le concept de charge mentale, il aborde largement la question de la place des femmes dans la société. Emma traite le sujet avec humour et ponctue son propos d'anecdotes personnelles mais dénonce néanmoins les travers de notre société.     
Je ne vais pas en faire des tartines, comme la semaine dernière : passez outre les dessins au trait minimaliste et lisez-le au plus vite, l'idéal étant de découvrir les deux tomes d'une traite, je ne vous le cache pas. 

Planche 3

 

Planche 1 Planche 4

 

 

La BD de la semaine

Cette semaine chez Stephie !

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [26] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,

13 juin 2018

Un autre regard T.1, Emma

Un autre regard EmmaUn autre regard est le premier album documentaire de la blogueuse, ingénieure informaticienne et dessinatrice Emma, paru en mai 2017 aux éditions Massot. Il reprend les strips publiés sur son blog depuis 2016.

Percutant, intelligent, fin, posant sur notre société un oeil critique, ce premier tome s'intéresse tout à tour aux violentes perquisitions perpétrées dans certains quartiers dans le climat post-attentats, à la question de la violence des opprimés, des épisiotomies forcées, au regard masculin et ses conséquences sur les femmes, au clitoris, aux victimes des violences policières et à la maternité.

Avec un humour féroce, Emma se penche sur ces questions sociétales en interrogeant son lecteur à travers de courts chapitres. Qu'est-ce qui est juste ? Qu'est-ce qui semble normal ? Elle interpelle, s'interroge. Appuie là où ça fait mal, reconnaissons-le.   
Le trait est minimaliste, les personnages très simples et les décors quasi absents mais l'ensemble sert le propos juste comme il faut.  J'ai dévoré d'une traite ces sept chapitres, réfléchissant moi aussi aux chiffres que je lisais, aux anecdotes  évoquées, aux situations dépeintes. Il y a encore beaucoup à faire pour que les injustices cessent... Le second tome d'Un autre regard a fait couler beaucoup  d'encre en évoquant la question de la charge mentale. Mais j'en reparlerai plus en détails dans ma chronique de ce second tome. Un diptyque à lire et offrir sans réfléchir une seconde. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le blog d'Emma.

Planche 1 Planche 4

La BD de la semaine

Cette semaine chez Noukette !

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [26] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,