Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

09 janvier 2017

Le restaurant de l'amour retrouvé, Ito Ogawa

Le restaurant de l'amour retrouvéLe restaurant de l'amour retrouvé est le premier roman de la japonaise Ito Ogawa paru en 2013 aux éditions Philippe Piquier.

Rinco rentre un jour chez elle et trouve son appartement vide. Son petit ami est parti, emportant toutes leurs affaires. La discrète jeune femme, devenue muette suite à ce traumatisme, retourne vivre chez sa mère - personnage fantasque s'il en est - dans le petit village de son enfance. Là, elle y ouvre un tout petit restaurant, qu'elle gère seule et qui propose un service unique : préparer un repas spécial pour chaque client, un repas réfléchi et pensé selon les envies et les besoins du convive. Par sa patience et son amour de la cuisine, Rinco réussit à rendre les gens heureux. Et c'est en s'occupant des autres qu'elle parvient peu à peu à panser ses blessures.

Cela faisait bien longtemps que je tournais autour de ce roman au titre alléchant et au sujet ô combien tentateur. Et j'ai bien fait de succomber (deux titres du catalogue Piquier en quelques jours, je reviens décidément à mes premières amours !).

Le restaurant de l'amour retrouvé est un petit bijou autour de la notion du partage et du don, au rythme lent et aux phrases poétiques. L'intrigue est centrée sur le personnage de Rinco, la narratrice de l'histoire, et embrasse son tempérament serein et méditatif. La cuisine comme résilience pour Rinco prend une toute autre dimension. Chaque repas est appréhendé telle une offrande et la jeune héroïne prend tout son temps pour servir les mets les plus adaptés à ses hôtes. De la soupe légère pour deux futurs amoureux au repas pour enfant pour un vieil homme sénile en passant par un tour du monde gastronomique, chaque page rend hommage à la cuisine et ses saveurs, suivant le rythme lent des saisons et de leurs produits.

La nature est très présente, comme souvent dans la littérature japonaise, et offre de très beaux moments contemplatifs. Les saisons passent, Rinco adapte ses repas aux productions locales. La vie est simple, rythmée par le restaurant et le cochon de sa mère dont elle doit s'occuper. Et Rinco se répare petit à petit. Un magnifique roman à savourer sans hésiter un instant et qu'on referme à regret.

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21 décembre 2016

La vie est facile, ne t'inquiète pas, Agnès Martin-Lugand

La vie est facile, ne t'inquiète pas, Agnès Martin-LugandLa vie est facile, ne t'inquiète pas est le troisième roman de la psychologue de formation Agnès Martin-Lugand paru en 2015 chez Michel Lafon. Il est la suite [des] gens heureux lisent et boivent du café

Diane est revenue d'Irlande, où elle était partie quelque mois pour surmonter le décès de son mari et de sa fille. Rentrée à Paris, elle reprend les rênes de sa librairie café Les gens heureux lisent et boivent du café, aidée de Félix, son ami de toujours. Un beau matin, elle rencontre Olivier, un homme gentil et attentionné, doux et patient qui comprend que Diane ne voudra plus jamais être mère. Cette dernière y voit une manière d'oublier son histoire tumultueuse avec Edward, le photographe Irlandais dont elle s'était éprise à Mulranny et de se reconstruire. Mais l'Irlande se rappelle à son bon souvenir par un sombre coup de téléphone. Diane va vite devoir choisir entre sa vie parisienne calme et apaisée et le tumulte irlandais et ses sensations fortes.

J'avais absolument dévoré Les gens heureux lisent et boivent du café et j'ai immédiatement enchaîné sur la découverte de ce second tome, mue par le désir de savoir ce qu'il allait advenir des personnages sous la plume d'Agnès Martin-Lugand. Et je n'ai pas été déçue par cette suite. S'il ne possède pas le charme du premier tome dû à la découverte du cadre - la librairie café comme le petit village irlandais sont absolument fabuleux à découvrir - ce second opus recèle bien des richesses. Il est davantage question de maternité que de deuil, de résilience et de reconstruction que de douleur. L'ensemble se déroule avec fluidité et simplicité et la lecture est encore une fois très agréable. Pas de coup de coeur cette fois, car le cadre est posé et l'auteure semble avoir voulu donner une conclusion à ses personnages mais un plaisir que je n'aurais boudé pour rien au monde et que je vous conseille fortement !

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07 décembre 2016

Les gens heureux lisent et boivent du café, Agnès Martin-Lugand

Les gens heureux lisent et boivent du caféLes gens heureux lisent et boivent du café est le premier roman de la psychologue de formation Agnès Martin-Lugan. Il est paru d'abord en auto-édition sur la plateforme Kindle d'Amazon en 2012 avant d'être repéré par Michel Lafon et publié par cette maison d'édition en 2013.

Diane a perdu Colin et Clara, son époux et sa fille, dans un accident de voiture un an plus tôt. La jeune femme est effondrée, en incapacité de gérer un deuil qui la dépasse. Epaulée par Felix son ami et collègue des Gens heureux lisent et boivent du café, le café littéraire dont elle est la propriétaire, Diane tente de surmonter cette épreuve. Acculée face à son chagrin, désespérée, elle décide de tout plaquer pour s'installer quelques mois en Irlande, une île que Colin souhaitait découvrir. Arrivée à Mulranny, dans le Nord-ouest de l'île, Diane loue un chalet en bord de mer à un couple de retraités accueillants. Dans la solitude et face aux éléments, elle tente de faire face à sa vie. Mais ça serait sans compter l'arrivée d'Edward, son voisin de chalet et neveu de ses propriétaires, un photographe au caractère froid et tempétueux.

Entre l'île d'émeraude et moi, c'est une grande histoire d'amour (mon road-trip en Irlande reste un de mes grands souvenirs de voyage !) et je n'ai pas pu résister longtemps à l'appel de ce titre que j'ai vu innonder les blogs il y a quelques temps, quand j'ai su que l'héroïne partait s'exiler sur ces terres que j'aime tant.

Entre PS. I love you et The Holidays, Les gens heureux lisent et boivent du café est un premier roman délicieux et positif malgré son sujet difficile. La question du deuil est omniprésente entre ces pages mais la narration, centrée sur le personnage de Diane, est une ode à la reconstruction personnelle et à la résilience. L'héroïne, écrasée par le chagrin d'avoir perdu sa fille et son mari, apprend à se reconstruire peu à peu et à survire à cette épreuve. C'est beau, jamais dégoulinant de bons sentiments, très fin psychologiquement et l'Irlande est un théâtre parfait pour ce déchaînement d'émotions. C'est simple, j'ai dévoré ce roman en un rien de temps : commencé un soir, terminé le lendemain matin. Je me suis plongée directement dans la suite, La vie est facile, ne t'inquiète pas et le dernier roman de l'auteure, Désolée je suis attendue, est dans ma PAL, mais pas pour longtemps ! Bref, vous l'aurez compris, une très belle lecture et un gros coup de coeur pour ce cadre - l'Irlande mais aussi le café librairie que je rêverais de tenir - et cette histoire de résilience.

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30 novembre 2016

L'éveil de Mademoiselle Prim, Natalia Sanmartin Fenollera

L'éveil de Mademoiselle PrimL'éveil de Mademoiselle Prim est le premier roman de la journaliste espagnole  Natalia Sanmartin Fenollera paru en 2013 chez Grasset. Véritable ovni littéraire, il a été publié dans plus de soixante-dix pays.

Imaginez un petit village du nom de Saint-Irénée d'Arnois dans lequel les habitants - qui ont fui le monde moderne - ont créé un petit paradis où la simplicité et le bonheur des choses simples règnent. Ici, les commerçant vendent leurs produits, l'économie est locale, l'instruction des enfants est faite par les adultes et aucune réunion ne se tient sans une théière et une montagne de délices à déguster. La lecture et l'étude tiennent une place toute particulière dans ce village où les habitants viennent d'horizons divers. C'est en répondant à une petite annonce que Prudence Prim, trentenaire érudite et qui pense être née à la mauvaise époque, atterrit à Saint-Irénée d'Arnois. Au service d'un homme un peu plus âgé qu'elle qui a en charge les quatre enfants de sa défunte soeur, Prudence organise la bibliothèque personnelle de la maison. Mais la vie dans ce petit village va bouleverser son équilibre personnel.

Repéré chez Fondant il y a quelques temps, ce roman au titre singulier (mais pourquoi donc est-il question d'éveil ?) avait attisé ma curiosité. Et je dois avouer que si je m'attendais à une intrigue un peu éculée et un brin de romance, j'ai été assez déroutée. Oui il y a de la romance, oui, il est question de livres, mais pas que.

De Prudence, le lecteur sait peu si ce n'est qu'elle a abandonné un métier dans lequel elle ne s'épanouissait pas pour s'installer à Saint-Irénée d'Arnois. Des autres personnages, l'on en apprend aussi peu au fil des pages, qui font davantage l'éloge de cette vie simple qu'ils ont choisie et de leur quotidien, que des raisons qui les ont poussés à renoncer à tout pour venir ici. Ce village fictif où le temps semble s'être arrêté fait la part belle à la culture et tous ses habitants semblent être mus par le même désir de bonheur simple. L'intrigue rend hommage à la littérature (il est question entre ces pages de Virgile, Horace, Jane Austen, Dickens, Elizabeth Gaskell ou encore Louisa May Alcott) et aux livres, véritables trésors que l'employeur de Prudence (dont le lecteur ignore jusqu'au nom) pense qu'il faut les découvrir dans un certain ordre.

C'est un véritable éveil que Prudence Prim va vivre en allant à Saint-Irénée d'Arnois, un éveil de sa conscience mais aussi un éveil sentimental. Difficile d'en dire beaucoup plus sans vous révéler trop de détails. Si j'ai passé un agréable moment en compagnie de ces personnages lettrés et ô combien stimulants, j'avoue avoir perdu un peu de vue parfois où l'auteur voulait en venir réellement. Il me reste beaucoup de questions en suspend et une gêne quant aux relents passéistes en refermant ce roman pour que je reste sur un sentiment autre que mitigé.

D'autres lecteurs : Aifelle, , Tante Fi, etc.

"Cherchez donc la beauté, mademoiselle Prim. Cherchez-la dans le silence, cherchez-la dans le calme, cherchez-la au milieu de la nuit et cherchez-la aussi à l'aurore. Arrêtez-vous pour fermer les portes tandis que vous la cherchez, et ne vous étonnez pas si vous découvrez qu'elle ne vit pas dans les musées ni ne se cache dans les palais. Ne vous étonnez pas si vous découvrez finalement que la beauté n'est pas un quoi, mais un qui." (p.330)

"Elle avait appris à fermer les portes. Elle avait appris à  les ouvrir doucement et à les refermer avec précaution et exactitude. Et quand on apprend à fermer les portes, pensa-t-elle en regardant le couple d'amoureux, d'une certaine façon on apprend à ouvrir et fermer correctement tout le reste. Lorsqu'on fait les choses correctement, le temps paraissait s'étirer indéfiniment." (p.341)

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24 novembre 2016

Nos adorables belles-filles, Aurélie Valognes

Nos_adorables_belles_filles_Aur_lie_ValognesNos adorables belles-filles est le second roman d'Aurélie Valognes paru en mai 2016 chez Michel Lafon.

La belle-famille, tout un poème... Pour Jacques et Martine, qui ont eu trois fils, la question des belles-filles est épineuse. Entre Stéphanie, très maternante et angoissée, Laura, végétarienne militante et Jeanne, la petite nouvelle, un peu brute de décoffrage, le couple de sexagénaire peine à maintenir l'harmonie familiale. Ce serait sans compter leurs propres fils et leurs caractères et Antoinette, la doyenne de la famille qui ajoute son grain de sel à tout. Sans oublier le penchant despotique de Jacques et le craquage imminent de Martine, après quarante ans de soumission. Alors quand tout ce petit monde se réunit dans la maison familiale en Bretagne, l'ambiance est rapidement électrique...

Parfait vaudeville feel good, Nos adorables belles-filles est une promesse de détente et de rire. Aurélie Valognes décrit avec beaucoup d'humour des situations familiales dans lesquelles chacun peut se reconnaître et qui en feront sourire plus d'un. Les personnages - parfois un brin caricaturaux, il faut bien l'avouer - n'en demeurent pas moins attachants et d'une vraisemblance très actuelle.

Si le début de ma lecture m'a fait redouter un roman facile et à la psychologie bâclée, finalement, il n'en est rien. Le rythme est rapide, les dialogues fusent et l'ensemble est très agréable à lire. J'ai souvent ri face aux situations qui sentent si réalistes et qui permettent une identification certaine (si je vous dis que je me reconnais dans la belle-fille végétarienne qui stresse tout le monde à ne pas manger comme les autres convives, je vous étonne ?) J'ai imaginé, au fur et à mesure de ma lecture, sa mise en scène et je dois avouer que la transposition théâtrale serait intéressante... En bref, une comédie de moeurs qui promet un beau moment de détente et de rire.

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Un grand merci aux éditions Michel Lafon pour la découverte de ce roman.

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15 novembre 2016

Agatha Raisin enquête T.1 La quiche fatale, M.C. Beaton

Agatha Raisin TAgatha Raisin enquête : La quiche fatale est le premier tome de la série consacrée à l'enquêtrice Agatha Raisin imaginée par la romancière britannique M.C. Beaton, et qui compte aujourd'hui vingt-huit titres. Publié en Angleterre en 1992, ce premier tome vient d'être traduit en français et de paraître en juin chez Albin Michel.

Alors qu'elle est une brillante et efficace chargée de clientèle londonienne, Agatha Raisin décide du jour au lendemain de quitter l'atmosphère survoltée de la ville pour le calme des Costwolds, une chaîne de collines dans le Sud-Ouest de l'Angleterre. La quinquagénaire célibataire y achète un cottage douillet et pense s'y reposer... Mais elle s'ennuie bien vite ! Pour y remédier, et malgré ses piètres talents de cuisinière, elle participe au concours de quiches organisé par la paroisse. Mais le juge du concours meurt empoisonné par sa quiche. Agatha, pour éviter d'être inculpée de meurtre, décide de mener l'enquête.

Cet été, alors que j'étais plongée dans mon mémoire, j'ai vu passer beaucoup de chroniques sur ce roman et j'ai eu moi aussi envie de succomber au charme d'Agatha Raisin. Et j'ai bien fait ! Que tremblent les dentelles, que frémissent les tasses de thé et les scones, voilà Agatha Raison, la quinquagénaire la plus dynamique de la littérature anglaise !

Amateur de cottage, de campagne anglaise, d'ambiance british et de pubs aux décors empesés, vous avez devant vous le roman parfait pour vous ! Cette Miss Marple contemporaine et non conventionnelle (elle fume et boit sans cesse !) saura vous ravir et vous entraîner dans ses aventures cocasses. La quiétude du petit village anglais au charme suranné impeccable est le théâtre d'une intrigue bien ficelée et sans temps mort. Sur fond de concours de quiches (ce qui en soi est déjà drôle) se déploient une galerie de personnages fantasques et une intrigue comique à souhait. Le genre policier est ici malmené par cette enquêtrice débutante à la logique parfois hésitante mais le tout fonctionne très bien, porté par un humour bien présent, et possède même un petit côté addictif. Avis aux amateurs : vous pourriez, vous aussi, tomber sous le charme d'Agatha Raisin...

D'autres avis sur ce roman : Alex-mot-à-motsAnneCryssilda, FondantoChocolat, Myrtille, Ollie, Sharon, etc.

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27 septembre 2016

La petite boulangerie du bout du monde, Jenny Colgan

La petite boulangerie du bout du mondeLa petite boulangerie du bout du monde est un roman de l'écossaise Jenny Colgan paru en 2015 aux éditions Prisma.

Suite à l'échec de son mariage et de l'entreprise qu'elle avait fondée avec son mari, Polly quitte Plymouth pour Mount Polbearne, un petit port de pêche de Cornouailles, accessible uniquement à marée basse. Sans le sou, elle emménage dans un sinistre appartement situé au-dessus d'une ancienne boulangerie. Loin de tout et de tous, coupée du monde par les marées, la jeune femme tente  de se reconstruire peu à peu et de faire le point sur sa vie. Entre la vie rythmée par la nature et le calme de l'île, Polly se retrouve. Et rapidement, la jeune femme recommence à faire ce qu'elle préfère : fabriquer du pain. D'abord pour se réconforter et s'occuper, la jeune femme est vite assaillie de commandes. Car à Mount Polbearne, il n'y a qu'un seul dépôt de pain industriel tenu par une vieille femme aigrie et les habitants sont très vite attirés par les doux effluves qui s'échappent du four de Polly. Elle qui pensait faire une pause à Mount Polbearne se retrouve rapidement à apprécier cet univers calme, loin de la foule et à se lier avec ses habitants.

Feel good book par excellence, ce roman m'a accompagnée cet été, lorsque je terminais d'écrire mon mémoire. Et je dois vous avouer que j'ai savouré ces pages comme des tartines de pain frais. Prenez une pincée de rupture, rajoutez une once de perte d'emploi sur fond de crise économique, mélangez le tout avec une héroïne déterminée et combative. Laissez reposer sur une petite île de Cornouailles en compagnie de drôles de marins et d'un macareux facétieux et attendez que le tout cuise doucement. A la sortie du four, vous obtenez un roman attachant, portée par des valeurs de solidarité et d'entraide, sur fond de troubles économiques, de romance et de quête identitaire. Si en plus je vous dis qu'il y a toujours une miche de pain qui dore au four et une douce et appétissante odeur qui se répand dans la cuisine, je sens que vous allez fondre...

L'intrigue, même si elle est classique de prime abord, regorge de positif et d'optimisme et renferme de belles surprises. L'entraide est au centre de cette quête identitaire et de cette vie qui s'effondre. Sans mièvrerie (et pourtant ça aurait pu !), avec finesse et parfois une once de mélancolie, Jenny Colgan aborde la question de la quête de soi à travers le personnage de Polly, trentenaire lambda, un peu bancale. Le lieu est cocon, malgré une nature violente, les descriptions de la Cornouailles soignées et il est facile et agréable de se glisser aux côtés de Polly pour l'accompagner dans cette période sombre de sa vie, qui se révèle bien plus lumineuse que prévue.

Pour ma part, vous l'aurez compris, j'ai adoré ce roman doudou et feel good et j'ai même eu l'impression de sentir l'odeur du pain chaud de la petite boulangerie clandestine de Polly lors de ma lecture... Certains pourraient y voir un ramassis de bons sentiments ou répliquer qu'il ne s'agit pas du roman du siècle, j'en concède. Pour ma part, il m'a accompagnée à un moment où j'avais besoin d'une détente facile et rapide et j'étais ravie de me plonger dans ces pages le soir venu. Résultat : j'ai très envie de dévorer la suite, Une saison à la petite boulangerie très vite et de retourner en Cornouailles.

Petit bonus final : les recettes de Polly qui permettent de réaliser les divers pains et viennoiseries indiqués au fil des pages... Un régal ! (je n'en ai encore testé aucune mais promis dès que je passe à l'action j'en rajoute une photo ici !)

D'autres avis sur ce roman : Faelys, FondantoChocolatGalleane, MamzellePotter, etc.

Encore une participation au Challenge Feel Good

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14 septembre 2016

Un jour, David Nicholls

Un jour, David NichollsUn jour est le troisième roman du britannique David Nicholls paru en 2008 mais le premier à être publié en France. Il est paru en 2011 chez Belfond et a été l'objet d'une adpatation cinématographique par Lone Scherfig en 2011.

Le 15 juillet 1988, lors de leur soirée de fin d'études, Emma et Dexter se rencontrent. Entre les deux étudiants que tout oppose, une alchimie voit le jour, symbolisée par une nuit sans lendemain. Alors que leurs chemins se séparent - Dexter, fortuné, part découvrir le monde en toute insouciance tandis qu'Emma enchaîne les petits boulots alimentaires - les deux amis ne cessent de correspondre. Durant vingt ans, ils s'échangent des lettres, se revoient à intervalles réguliers, et leur amitié ambiguë évolue au fil du temps. 

Cela faisait longtemps que je tournais autour de ce roman, que le résumé m'intriguait. Et cet été, j'ai décidé de le sortir de ma PAL et de me faire une idée. Et j'ai drôlement bien fait...

Si Un jour semble de prime abord une petite bluette , il n'en est rien. En réalité, le roman est une formidable étude de moeurs au travers du prisme de ces deux personnages que tout oppose. Dexter, l'intrépide et insouciant fils de bonne famille et Emma, la jeune femme responsable et rêveuse. Si l'un est dragueur, l'autre est sentimentale, et lorsque Emma envisage une carrière d'écrivain jeunesse, Dexter devient l'animateur d'une émission de télévision aussi creuse qu'inutile. Pour autant, ces deux-là sont aimantés l'un vers l'autre.

L'humour so british est bien présent dans cette comédie douce-amère, et le roman se présente comme une réelle peinture sociale de l'Angleterre sur vingt ans. Le lecteur suit avec plaisir l'histoire de ces deux personnages très vraisemblables, à raison d'un chapitre par an, à la date anniversaire de leur rencontre, le 15 juillet. Leur correspondance est un délice, tout comme leurs aventures.

Bref, vous l'aurez compris : j'ai adoré cette lecture, peinant à la lâcher. L'histoirekeep-calm-and-feel-good-246 d'une belle rencontre + une plume intéressante + l'Angleterre en toile de fond = un cocktail plus que réussi qui m'a complètement séduite et un coup de coeur de plus ! J'ai eu du mal à tourner la dernière page. Laissez-vous séduire vous aussi par le tandem Dex et Em... 

Voilà une nouvelle participation

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15 juin 2016

Tu comprendras quand tu seras plus grande, Virginie Grimaldi

Tu comprendras quand tu seras grandeAprès Le premier jour du reste de ma vie, Tu comprendras quand tu seras plus grande est le second roman de Virginie Grimaldi paru en mai 2016 chez Fayard.

Après une rupture douloureuse, Julia quitte Paris pour le Pays basque, où elle va effectuer un remplacement en qualité de psychologue dans une maison de retraite. Pour cette trentenaire parisienne, ce poste est une fuite, une échappatoire à son quotidien devenu déprimant depuis sa rupture. Mais une fois sur place, les doutes s'installent. Elle qui n'a jamais vraiment été à l'aise avec les personnes âgées, la voilà immergée dans le quotidien des pensionnaires des Tamaris. Heureusement, une équipe jeune et dynamique l'attend et très vite, Julia prend goût à l'air de la côte et aux Tamaris. Elle qui a été embauchée pour être à l'écoute des pensionnaires et alléger leur mélancolie se rend vite compte qu'elle apprend beaucoup à leurs côtés et que si les époques sont différentes, les problématiques sont universelles. Et la fuite de Julia va se révéler être une très bonne façon de reprendre goût à la vie...

J'ai ouvert ce roman en ayant envie de soleil, de détente, de feel good (vous savez à quel point j'aime ponctuer mes lectures de romans feel good !) et je n'ai absolument pas été déçue ! Je ne connaissais Virginie Grimaldi que de nom, n'ayant pas lu son premier roman, et j'étais très curieuse de découvrir la plume de cette jeune passionnée d'écriture. Bien m'en a pris car j'ai passé un très bon moment aux Tamaris en compagnie de Julia et de ses pensionnaires !

L'intrigue nous emmène dans un lieu qui de prime abord ne fait absolument pas rêver : une maison de retraite. Pour éviter que son lecteur ne ressente tout sentiment négatif, Virginie Grimaldi le fait immédiatement éprouver par son héroïne, pour mieux le déconstruire ensuite. Et c'est rudement bien joué ! Car qui imaginerait trouver une bouffée de positif et de vie dans un endroit qui accompagne ceux qui sont en train de la quitter ? Certainement pas Julia, qui éprouve cette réticence dès son arrivée dans les lieux. Mais celle-ci est très vite chassée par l'énergie qui émane des pensionnaires et de l'équipe qui les encadre. Quel meilleur moyen de prendre du recul sur sa vie que d'écouter les autres raconter leurs souvenirs ? L'auteure met l'accent sur la richesse des relations inter-générationnelles et inverse les rôles : venue écouter et délivrer sa bienveillance, Julia se retrouve prise en charge et cocoonnée par ceux qui sont au crépuscule de leurs vies.  Et la beauté qui émerge de ces échanges est belle et authentique. 

Les personnages secondaires sont bien étudiés, et si certains sont parfois un brin caricaturaux, ce sentiment est vite effacé par la chaleur des rapports humains aux Tamaris. L'intrigue se déroule avec lenteur, au rythme de ce quotidien bien réglé à la maison de retraite et le retournement de situation final ne lui en offre que plus de saveur.

Petit bémol, néanmoins : si j'ai trouvé le personnage de Julia consistant et bien étudié, j'ai trouvé que son aspect professionnel était moins réussi. Pour une psychologue, Julia manque parfois cruellement de recul et cela amoindrit la vraisemblance de son métier. C'est un détail, certes, mais je me suis fait souvent la réflexion au cours de la lecture.

Virginie Grimaldi réussit là un roman à la fois léger et grave, porté par des personnages hauts en couleurs que l'on aimerait croiser dans notre vie. Et on ressort de ces pages avec le sourire aux lèvres et l'envie furieuse de vivre intensément...  Un grand merci à Marie et aux éditions Fayard pour la découverte de ce roman et de cette auteure !

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15 mai 2016

Demain j'arrête ! Gilles Legardinier

Demain j'arrête, Gilles LegardinierDemain j’arrête ! est un roman du polyvalent Gilles Legardinier – tour à tour écrivain, scénariste, producteur et réalisateur – paru en 2011 chez Fleuve éditions et vendu à plus de 950 000 exemplaires.

Julie a vingt-huit ans et une vie assez calme. Cumulant les histoires d’amour désastreuses, la jeune femme se partage entre son travail dans une banque et son quartier où elle a ses habitudes. Mais le jour où un nouveau voisin vient s’installer dans son immeuble, la curiosité de Julie est titillée. Mais qui peut bien s’appeler Ricardo Patatras ? Intriguée, la jeune femme va tout faire pour rencontrer ce voisin – qu’elle imagine charmant et intéressant – et rentrer dans sa vie.

Qui n’a pas vu ces couvertures ornées de chatons déguisés, notamment dans les presses des gares ? Bon, on les a tous vues. Je ne pensais pas avoir un jour la curiosité d’ouvrir un roman dont la couverture présente un chat orné d’un bonnet péruvien mais finalement si. Exténuée après une semaine et alors que je devais faire un court voyage en train, j’ai opté pour la solution de facilité en achetant ce roman (et avec un Pumpkin Spice Latte de Starbucks pour faire la paire !) et je me suis plongée dedans durant l’heure et quelques que durait mon voyage. Et le problème, c’est que j’ai dû rudement intriguer mes voisins de cabine ! Parce que, voyez-vous, je n’ai pas arrêté de glousser en lisant les aventures de Julie. Oui, c’est prévisible, oui, Julie est la caricature de la fille maladroite et malchanceuse qui se met dans des situations drôlatiques, mais j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce qui lui arrivait et plus d’une fois je me suis retrouvée dans sa maladresse (ceux qui me connaissent savent ô combien je suis maladroite…)

Gilles Legardinier prouve avec ce roman qu’il a l’habitude de travailler dans le cinéma et nous offre une écriture cinématographique très visuelle. C’est ce qui permet à l’humour d’éclore si facilement. Il dépeint son personnage et ses péripéties avec moult détails qui permettent une visualisation très concrète.

Je ne vous dirais pas que c’est le roman de l’année, vous vous en doutez, mais j’ai été étonnée de me prendre autant au jeu. Demain j’arrête ! offre un excellent moment de détente et de rires (si si !). Et parce que je me demandais si j’étais la seule à tomber sous le charme de Julie et ses péripéties dans mon entourage, j’ai prêté ce roman à deux de mes acolytes du club lecture du lycée et leur avis a corroboré le mien : elles ne l’ont pas lâché, dévoré en trois jours, et ont ri franchement de nombreuses fois. Tout a été dit donc. Pour résumer : vous voulez une détente facile et efficace ? Ouvrez Demain j’arrête ! (et dites-moi si vous aussi vous ressemblez à Julie !)

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