Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

24 septembre 2017

Agatha Raisin enquête T.2 Remède de cheval, M.C. Beaton

Agatha Raisin TRemède de cheval est le deuxième tome des aventures d'Agatha Raisin, l'héroïne imaginée par M.C. Beaton. Il est paru en juin 2016 chez Albin Michel.

Agatha la londonienne a définitivement posé ses valises dans les Cotswolds, dans le petit village de Carsely. Douillettement installée dans son cottage et rendue populaire dans le village par l'enquête qu'elle a précédemment menée, la quinquagénaire qui n'a pas la langue dans sa poche et fume comme un pompier profite de sa retraite. Mais quand un charmant vétérinaire vient s'installer au village, Agatha est toute émoustillée, surtout que ce dernier ne semble pas insensible à son charme. Mais quand ce dernier est retrouvé mort, tué par un anesthésique pour cheval, Agatha est sous le choc. Persuadée qu'il s'agit d'un meurtre, l'apprentie détective se lance dans une enquête rocambolesque, aidée de son charmant mais non moins agaçant voisin James Lancey...

J'avais succombé au charme d'Agatha l'été dernier, en dévorant La quiche fatale, le premier tome de ses aventures. Et j'ai été tout aussi enthousiaste à l'idée de découvrir la suite de ses aventures, surtout que je les ai lues durant mon propre séjour dans les Cotswolds, cet été...

Si Agatha provoque toujours aussi peu d'empathie de la part du lecteur - anti-héroïne par excellence, elle cumule mauvaise foi et mauvaise humeur ! - elle n'en demeure pas moins attachante dans ses failles. L'enquête dans laquelle ils se lancent avec James Lancey est bien ficelée et ne connaît aucun temps mort. C'est parfois un peu gros, un tantinet invraisemblable, mais on pardonne tout à cette Miss Marple moderne. Si vous avez envie d'un bon policier anglais traditionnel, où les tourtes à la viande et le thé seront présents à chaque page (enfin, Agatha préfère le café en réalité !), où l'enquête respectera les codes du genre et ne penchera jamais vers le mauvais goût ni le gore, glissez-vous avec plaisir dans cette série old school irrésistible !

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15 septembre 2017

L'atelier des miracles, Valérie Tong Cuong

L'atelier des miraclesL’atelier des miracles est le neuvième roman de l’auteure française Valérie Tong Cuong paru en 2013 aux éditions JC Lattès. 

Millie, jeune secrétaire intérimaire, perd tout lors de l'incendie de son immeuble. C'est l'occasion pour elle de simuler une amnésie et de faire table rase de son ancienne vie. Mariette, prof d'histoire-géographie en collège, se sent quant à elle persécutée par ses élèves et à bout de nerfs, frappe l'un d'eux. Monsieur Mike, enfin, a tout perdu, et vit désormais dans la rue sans espoir d'en sortir. Jusqu'au jour où il est passé à tabac et hospitalisé. Trois vies au bord du gouffre. Trois vies que Jean décide de sauver en les recueillant dans son atelier. L'atelier des miracles. Un endroit où il leur propose un toit, de l'aide, un soutien psychologique. Une sorte de tremplin pour les aider à refaire surface et reprendre les rênes de leur vie. Mais à vouloir contrôler les souffrances des autres, ce sont leurs vies que Jean contrôle. Millie, Monsieur Mike et Mariette seront-ils prêts à accepter les règles de ce jeu ?

Cela faisait bien longtemps que je lorgnais sur ce roman, attirée de prime abord par sa couverture. Et oui, ça m'arrive tellement peu souvent que je l'avoue. Enfin, j'avoue surtout que je l'avais regardée trop rapidement et que j'avais vu ce que je voulais y voir : j'ai cru que les cadrans d'horloge étaient des boutons et que ledit atelier serait un atelier de couture... Voilà voilà... 

Bon, en réalité il n'en est rien, vous vous en doutez, mais j'ai quand même passé un bon moment entre ces pages. Valérie Tong Cuong offre à son lecteur un roman bien construit, porté par une alternance narrative qui fait sens. Chacun des trois personnages principaux prend en charge le récit et ne délivre au lecteur que des informations parcellaires sur sa vie et son passé. 

Si j'ai trouvé le début un peu long à se mettre en place, j'ai été par la suite charmée par la tournure que prenait l'intrigue. L'atelier de Jean - sorte de refuge physique et mental - fait un peu rêver, le personnage aussi. Charismatique, empathique, à l'écoute, c'est tellement rare. Et forcément, les fissures apparaissent et le roman prend une autre tournure. Feel good efficace, L'Atelier des miracles engage une réflexion sur le fait de se confronter à ses peurs et ses errances sous couvert d'une intrigue positive et bourrée d'optimisme. Je valide ! 

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30 août 2017

La petite librairie des gens heureux, Veronica Henry

La petite librairie des gens heureux, Veronica HenryLa petite librairie des gens heureux est un roman de la journaliste et romancière britannique Veronica Henry paru en février 2017 aux éditions La City.

Lorsque son père disparaît, Emilia revient à Peasebrook, le village des Cotswolds de son enfance, pour reprendre sa librairie. Nightingale, c'est le nom de cette petite librairie, est une sorte de cocon où chacun vient chercher un peu de chaleur humaine et de bienveillance à travers les livres et les échanges. Emilia trouve très rapidement sa place dans l'univers créé par son père mais peine à maintenir à flot la boutique. Et lorsqu'un promoteur peu scrupuleux lui tourne autour pour racheter son bien, la jeune femme hésite. Mais cela serait sans compter les nombreux clients de la boutique qui, chacun à sa manière, offrent à Emilia de jolis enseignements.

Encore un livre qui se déroule dans les Cotswolds, où mes pas m'ont menée cet été ! La vie est décidément bien faite... Feel good book par excellence, La petite librairie des gens heureux met en scène une galerie de personnages en proie à une question, un problème, et qui se retrouvent liés au destin de la petite librairie. Les livres comme échappatoire, comme lien social, comme évasion, l'idée n'est pas nouvelle mais elle est toujours agréable à croiser.

Agréable à lire, très léger (j'avais besoin de ça quand je préparais mes cartons), ce roman fait penser à un mélange de The Holidays (pour le côté doudou de l'Angleterre) et Vous avez un message pour toute la difficulté de faire vivre une petite librairie aujourd'hui. J'ai passé un bon moment, feel good à souhait. Et même si l'ensemble est prévisible à souhait, que les personnages sont un peu caricaturaux et que l'auteure force un peu sur le côté bienveillant de la petite communauté de Peasebrook, j'ai tout pardonné et me suis glissée avec plaisir dans ces pages qui aurait été parfaites comme lecture d'automne.

Un roman feel good que j'ai partagé en lecture commune avec Tante Fi !

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01 juillet 2017

Une saison à la petite boulangerie, Jenny Colgan

Une-saison-a-la-petite-boulangerieUne saison à la petite boulangerie est un roman de l'écossaise Jenny Colgan paru en 2016 aux éditions Prisma. C'est la suite de La petite boulangerie du bout du monde.

Polly coule toujours des jours heureux à Mount Polbearne, en Cornouailles, avec Huckle, son amoureux et Neil, son macareux, dans le phare qu'ils ont acheté. Elle prépare chaque jour avec amour du pain dans sa petite boulangerie. Mais le jour où sa propriétaire décède et que le neveu de celle-ci reprend la direction de la boutique, tout s'effondre pour Polly. Ce dernier veut rogner sur les coûts de revient et proposer des produits de piètre qualité, sous vide. Polly est désemparée. A cela s'ajoutent des problèmes financiers et la perspective qu'Huckle retourne aux Etats-Unis pour subvenir à leurs besoins...

L'été dernier, j'avais passé un moment délicieux en Cornouailles, en compagnie de Polly et de son macareux, Neil. J'ai retrouvé avec grand plaisir tous les ingrédients qui ont fait le charme de ce premier tome. Le cadre enchanteur, tout d'abord, mais aussi l'aspect chaleureux et positif de ce petit coin de l'Angleterre battu par les vents.

Polly est encore une fois malmenée par la vie mais son personnage saisit chaque occasion de rebondir et de prendre l'adversité comme une façon de se dépasser. C'est positif, sans dégouliner de bons sentiments. L'intrigue se déroule tranquillement, suivant les effluves des pains croustillants préparés par l'héroïne. Une lecture doudou, sans hésiter, que j'ai adoré lire durant cette période un peu compliquée de fin d'année et que j'ai partagée avec Tiphanie.

Une nouvelle lecture pour le Challenge Feel Good et le Mois anglais de Lou et Cryssilda.

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19 mai 2017

Mon midi, mon minuit, Anna McPartlin

 Mon midi, mon minuitMon midi, mon minuit est le septième roman de l'irlandaise Anna McPartlin et le second publié en France. Il est paru en avril aux éditions du Cherche Midi.

Emma et John sont ensemble depuis leur adolescence. Dans la vingtaine, ils filent un amour sans nuage, abordant la vie main dans la main. Mais tout s'effondre le soir où John est fauché par une voiture. Emma est dévastée. Comment survivre à la perte de l'être aimé ? Comment continuer ? Heureusement, ses amis sont là. Sean, le meilleur ami de John, Clo, son amie carriériste qui enchaîne les histoires d'amour et Anne et Richard, le couple solide comme un roc. Entourée d'amour et d'attention, Emma va reprendre goût à la vie.

Non, je n'ai pas une passion pour les livres qui débutent par le décès d'un conjoint (cf. Les gens heureux lisent et boivent du café), oui entre l'Irlande et moi c'est une grande histoire d'amour et j'étais curieuse de découvrir ce roman dont j'ai eu beaucoup d'échos positifs.

Anna McPartlin plonge son lecteur au milieu d'un groupe d'amis, dans l'Irlande des 90's, touché par un drame. Si le propos est assez sombre au début, l'intrigue ne s'attarde pour autant pas sur la question du deuil et de la résilience (petit bémol du coup, l'auteure passant rapidement sur la douleur d'Emma pour se concentrer sur l'après). L'intrigue revêt assez rapidement un caractère positif parfois prévisible, en suivant le quotidien de ces jeunes irlandais à l'approche de la trentaine, leurs choix de vie, leurs doutes, leurs errances parfois.

La question du couple au sens large est finalement le centre de ce roman qui explore un large spectre de situations par  le biais de ses personnages. De ceux qui sont ensemble depuis le lycée à ceux qui ont un coup de foudre qui met à mal leurs certitudes, Anna McPartlin s'interroge. Le décès de John n'est finalement qu'un prétexte pour qu'Emma voit son bonheur imploser et réfléchisse à cette notion. La narration à la première personne permet d'explorer son intériorité et l'humour est là, malgré tout, dans cet âge des possibles. La bande d'amis fait penser à celle de Friends ou de Quatre mariages un enterrement, évidemment (notamment grâce au poème liminaire d'Auden). On rit, on sourit, on est émus parfois par les situations rencontrées.

Mais si j'ai passé un agréable moment dans ces pages (en réalité, le temps d'une après-midi, au soleil en maillot dans mon jardin !), je doute qu'elles me laissent un souvenir impérissable. J'ai été bien plus émue par la lecture d'Un jour de David Nicholls, qui aborde des thématiques similaires sur fond d'Angleterre de la même époque.

"Il était mon nord, mon sud, mon est, mon ouest,

Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,

Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson ;

Je croyais que l'amour jamais ne finirait : j'avais tort."

W.H. Auden, Funeral Blues (p.9)

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27 avril 2017

La fille qui lisait dans le métro, Christine Féret-Fleury

La fille qui lisait dans le métroLa fille qui lisait dans le métro est un roman de Christine Féret-Fleury paru aux éditions Denoël en mars.

Juliette prend le métro tous les jours pour se rendre à l'agence immobilière où elle travaille. Et tous les jours, dans la rame de la ligne 6, elle observe les passagers qui lisent. Ceux qui pleurent, ceux qui ne dégustent que quelques pages, ceux qui lisent fièvreusement... Un matin, Juliette décide de bouleverser ses habitudes et de descendre deux stations avant son arrêt, pour terminer son trajet à pied. Dans une petite rue, elle découvre un livre coincé dans une porte. Intriguée, elle s'approche quand une fillette d'une dizaine d'années l'invite à entrer, croyant avoir affaire à une passeuse de livres...

J'ai lu ce roman aujourd'hui, dans le métro, alors que j'assistais à une journée professionnelle (belle mise en abyme !). J'avais vu passer sa couverture colorée depuis quelques temps et je me suis laissé tenter par l'éditeur, ne connaissant pas son auteure. Et je dois dire que cette lecture ne me restera pas en mémoire... Intrigue facile et éculée, dénouement prévisible, personnages caricaturaux et superficiels, je me suis demandée au fil des pages où l'auteure avait voulu en venir, sans trouver une réponse une fois la dernière page tournée.

Juliette est une trentenaire un peu paumée dans la vie - comme c'est monnaie courante dans la chick-lit et certains feel good - et qui trouve un sens à cette dernière grâce sa rencontre avec Soliman et Zaïde. Elle découvre à leurs côtés à quel point les livres peuvent changer leur lecteur et les faire réfléchir à leur propre vie... Ok, jusque là, rien de révolutionnaire. Mais en fait, c'est tout. Voilà l'essentiel du roman ?! Pour une grosse lectrice qui travaille en plus dans le monde des livres, autant vous dire que je suis restée perplexe... Le propos du roman est simpliste, et la psychologie de l'héroïne (allez, n'ayons pas peur des mots et appelons-la l'héroïne !) est si rapidement esquissée qu'il est impossible de s'y attacher. L'ensemble est plat, mièvre et reste en surface. Aucune surprise, tout est facile. J'ai pensé à la bibliothérapie de Régine Detambel (qui ne m'avait pas convaincue non plus) et j'ai enchaîné ces pages au rythme des stations, pas convaincue ni séduite une seconde par ce que je lisais. Un rendez-vous complètement manqué...

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09 janvier 2017

Le restaurant de l'amour retrouvé, Ito Ogawa

Le restaurant de l'amour retrouvéLe restaurant de l'amour retrouvé est le premier roman de la japonaise Ito Ogawa paru en 2013 aux éditions Philippe Piquier.

Rinco rentre un jour chez elle et trouve son appartement vide. Son petit ami est parti, emportant toutes leurs affaires. La discrète jeune femme, devenue muette suite à ce traumatisme, retourne vivre chez sa mère - personnage fantasque s'il en est - dans le petit village de son enfance. Là, elle y ouvre un tout petit restaurant, qu'elle gère seule et qui propose un service unique : préparer un repas spécial pour chaque client, un repas réfléchi et pensé selon les envies et les besoins du convive. Par sa patience et son amour de la cuisine, Rinco réussit à rendre les gens heureux. Et c'est en s'occupant des autres qu'elle parvient peu à peu à panser ses blessures.

Cela faisait bien longtemps que je tournais autour de ce roman au titre alléchant et au sujet ô combien tentateur. Et j'ai bien fait de succomber (deux titres du catalogue Piquier en quelques jours, je reviens décidément à mes premières amours !).

Le restaurant de l'amour retrouvé est un petit bijou autour de la notion du partage et du don, au rythme lent et aux phrases poétiques. L'intrigue est centrée sur le personnage de Rinco, la narratrice de l'histoire, et embrasse son tempérament serein et méditatif. La cuisine comme résilience pour Rinco prend une toute autre dimension. Chaque repas est appréhendé telle une offrande et la jeune héroïne prend tout son temps pour servir les mets les plus adaptés à ses hôtes. De la soupe légère pour deux futurs amoureux au repas pour enfant pour un vieil homme sénile en passant par un tour du monde gastronomique, chaque page rend hommage à la cuisine et ses saveurs, suivant le rythme lent des saisons et de leurs produits.

La nature est très présente, comme souvent dans la littérature japonaise, et offre de très beaux moments contemplatifs. Les saisons passent, Rinco adapte ses repas aux productions locales. La vie est simple, rythmée par le restaurant et le cochon de sa mère dont elle doit s'occuper. Et Rinco se répare petit à petit. Un magnifique roman à savourer sans hésiter un instant et qu'on referme à regret.

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21 décembre 2016

La vie est facile, ne t'inquiète pas, Agnès Martin-Lugand

La vie est facile, ne t'inquiète pas, Agnès Martin-LugandLa vie est facile, ne t'inquiète pas est le troisième roman de la psychologue de formation Agnès Martin-Lugand paru en 2015 chez Michel Lafon. Il est la suite [des] gens heureux lisent et boivent du café

Diane est revenue d'Irlande, où elle était partie quelque mois pour surmonter le décès de son mari et de sa fille. Rentrée à Paris, elle reprend les rênes de sa librairie café Les gens heureux lisent et boivent du café, aidée de Félix, son ami de toujours. Un beau matin, elle rencontre Olivier, un homme gentil et attentionné, doux et patient qui comprend que Diane ne voudra plus jamais être mère. Cette dernière y voit une manière d'oublier son histoire tumultueuse avec Edward, le photographe Irlandais dont elle s'était éprise à Mulranny et de se reconstruire. Mais l'Irlande se rappelle à son bon souvenir par un sombre coup de téléphone. Diane va vite devoir choisir entre sa vie parisienne calme et apaisée et le tumulte irlandais et ses sensations fortes.

J'avais absolument dévoré Les gens heureux lisent et boivent du café et j'ai immédiatement enchaîné sur la découverte de ce second tome, mue par le désir de savoir ce qu'il allait advenir des personnages sous la plume d'Agnès Martin-Lugand. Et je n'ai pas été déçue par cette suite. S'il ne possède pas le charme du premier tome dû à la découverte du cadre - la librairie café comme le petit village irlandais sont absolument fabuleux à découvrir - ce second opus recèle bien des richesses. Il est davantage question de maternité que de deuil, de résilience et de reconstruction que de douleur. L'ensemble se déroule avec fluidité et simplicité et la lecture est encore une fois très agréable. Pas de coup de coeur cette fois, car le cadre est posé et l'auteure semble avoir voulu donner une conclusion à ses personnages mais un plaisir que je n'aurais boudé pour rien au monde et que je vous conseille fortement !

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07 décembre 2016

Les gens heureux lisent et boivent du café, Agnès Martin-Lugand

Les gens heureux lisent et boivent du caféLes gens heureux lisent et boivent du café est le premier roman de la psychologue de formation Agnès Martin-Lugan. Il est paru d'abord en auto-édition sur la plateforme Kindle d'Amazon en 2012 avant d'être repéré par Michel Lafon et publié par cette maison d'édition en 2013.

Diane a perdu Colin et Clara, son époux et sa fille, dans un accident de voiture un an plus tôt. La jeune femme est effondrée, en incapacité de gérer un deuil qui la dépasse. Epaulée par Felix son ami et collègue des Gens heureux lisent et boivent du café, le café littéraire dont elle est la propriétaire, Diane tente de surmonter cette épreuve. Acculée face à son chagrin, désespérée, elle décide de tout plaquer pour s'installer quelques mois en Irlande, une île que Colin souhaitait découvrir. Arrivée à Mulranny, dans le Nord-ouest de l'île, Diane loue un chalet en bord de mer à un couple de retraités accueillants. Dans la solitude et face aux éléments, elle tente de faire face à sa vie. Mais ça serait sans compter l'arrivée d'Edward, son voisin de chalet et neveu de ses propriétaires, un photographe au caractère froid et tempétueux.

Entre l'île d'émeraude et moi, c'est une grande histoire d'amour (mon road-trip en Irlande reste un de mes grands souvenirs de voyage !) et je n'ai pas pu résister longtemps à l'appel de ce titre que j'ai vu innonder les blogs il y a quelques temps, quand j'ai su que l'héroïne partait s'exiler sur ces terres que j'aime tant.

Entre PS. I love you et The Holidays, Les gens heureux lisent et boivent du café est un premier roman délicieux et positif malgré son sujet difficile. La question du deuil est omniprésente entre ces pages mais la narration, centrée sur le personnage de Diane, est une ode à la reconstruction personnelle et à la résilience. L'héroïne, écrasée par le chagrin d'avoir perdu sa fille et son mari, apprend à se reconstruire peu à peu et à survire à cette épreuve. C'est beau, jamais dégoulinant de bons sentiments, très fin psychologiquement et l'Irlande est un théâtre parfait pour ce déchaînement d'émotions. C'est simple, j'ai dévoré ce roman en un rien de temps : commencé un soir, terminé le lendemain matin. Je me suis plongée directement dans la suite, La vie est facile, ne t'inquiète pas et le dernier roman de l'auteure, Désolée je suis attendue, est dans ma PAL, mais pas pour longtemps ! Bref, vous l'aurez compris, une très belle lecture et un gros coup de coeur pour ce cadre - l'Irlande mais aussi le café librairie que je rêverais de tenir - et cette histoire de résilience.

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30 novembre 2016

L'éveil de Mademoiselle Prim, Natalia Sanmartin Fenollera

L'éveil de Mademoiselle PrimL'éveil de Mademoiselle Prim est le premier roman de la journaliste espagnole  Natalia Sanmartin Fenollera paru en 2013 chez Grasset. Véritable ovni littéraire, il a été publié dans plus de soixante-dix pays.

Imaginez un petit village du nom de Saint-Irénée d'Arnois dans lequel les habitants - qui ont fui le monde moderne - ont créé un petit paradis où la simplicité et le bonheur des choses simples règnent. Ici, les commerçant vendent leurs produits, l'économie est locale, l'instruction des enfants est faite par les adultes et aucune réunion ne se tient sans une théière et une montagne de délices à déguster. La lecture et l'étude tiennent une place toute particulière dans ce village où les habitants viennent d'horizons divers. C'est en répondant à une petite annonce que Prudence Prim, trentenaire érudite et qui pense être née à la mauvaise époque, atterrit à Saint-Irénée d'Arnois. Au service d'un homme un peu plus âgé qu'elle qui a en charge les quatre enfants de sa défunte soeur, Prudence organise la bibliothèque personnelle de la maison. Mais la vie dans ce petit village va bouleverser son équilibre personnel.

Repéré chez Fondant il y a quelques temps, ce roman au titre singulier (mais pourquoi donc est-il question d'éveil ?) avait attisé ma curiosité. Et je dois avouer que si je m'attendais à une intrigue un peu éculée et un brin de romance, j'ai été assez déroutée. Oui il y a de la romance, oui, il est question de livres, mais pas que.

De Prudence, le lecteur sait peu si ce n'est qu'elle a abandonné un métier dans lequel elle ne s'épanouissait pas pour s'installer à Saint-Irénée d'Arnois. Des autres personnages, l'on en apprend aussi peu au fil des pages, qui font davantage l'éloge de cette vie simple qu'ils ont choisie et de leur quotidien, que des raisons qui les ont poussés à renoncer à tout pour venir ici. Ce village fictif où le temps semble s'être arrêté fait la part belle à la culture et tous ses habitants semblent être mus par le même désir de bonheur simple. L'intrigue rend hommage à la littérature (il est question entre ces pages de Virgile, Horace, Jane Austen, Dickens, Elizabeth Gaskell ou encore Louisa May Alcott) et aux livres, véritables trésors que l'employeur de Prudence (dont le lecteur ignore jusqu'au nom) pense qu'il faut les découvrir dans un certain ordre.

C'est un véritable éveil que Prudence Prim va vivre en allant à Saint-Irénée d'Arnois, un éveil de sa conscience mais aussi un éveil sentimental. Difficile d'en dire beaucoup plus sans vous révéler trop de détails. Si j'ai passé un agréable moment en compagnie de ces personnages lettrés et ô combien stimulants, j'avoue avoir perdu un peu de vue parfois où l'auteur voulait en venir réellement. Il me reste beaucoup de questions en suspend et une gêne quant aux relents passéistes en refermant ce roman pour que je reste sur un sentiment autre que mitigé.

D'autres lecteurs : Aifelle, , Tante Fi, etc.

"Cherchez donc la beauté, mademoiselle Prim. Cherchez-la dans le silence, cherchez-la dans le calme, cherchez-la au milieu de la nuit et cherchez-la aussi à l'aurore. Arrêtez-vous pour fermer les portes tandis que vous la cherchez, et ne vous étonnez pas si vous découvrez qu'elle ne vit pas dans les musées ni ne se cache dans les palais. Ne vous étonnez pas si vous découvrez finalement que la beauté n'est pas un quoi, mais un qui." (p.330)

"Elle avait appris à fermer les portes. Elle avait appris à  les ouvrir doucement et à les refermer avec précaution et exactitude. Et quand on apprend à fermer les portes, pensa-t-elle en regardant le couple d'amoureux, d'une certaine façon on apprend à ouvrir et fermer correctement tout le reste. Lorsqu'on fait les choses correctement, le temps paraissait s'étirer indéfiniment." (p.341)

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