Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

06 septembre 2012

Le Silence des Cris, Stéphanie de Mecquenem

Le silence des crisLe Silence des Cris est le second roman de Stéphanie de Mecquenem, publié chez Edilivre en mars 2012.

Les corps mutilés de jeunes Amérindiennes sont retrouvés sans vie le long d'une nationale isolée du Grand Nord Canadien. La peur ronge les populations et l'enquête piétine jusqu'à ce que Tiphaine Dumont, jeune coroner, soit chargée de cette enquête. Accompagnée de Sir James Jeffrey, épigraphiste britannique retraité, la jeune femme part affronter courageusement la rigueur du climat et tenter de résoudre ce mystère.

En s'inspirant d'un fait réel, Stéphanie de Mecquenem nous plonge dès les premières lignes dans une intrigue bien ficelée d'autant plus poignante. Portée par un duo de détectives attachant, sorte de couple Sherlock Holmes/Watson revisité, l'histoire se déroule à bon rythme. Pour autant, pas de cadence effrénée dans ces lignes, mais plutôt le déroulement progressif d'une intrigue riche qui semble aligner son pas à celui de l'hiver endormi.
Stéphanie de Mecquenem a vécu au Québec et nous livre, tout au long de son roman, ses précieuses connaissances sur cette région et sur ses coutumes. Les indiens Cris, et leurs traditions, mais aussi la gastronomie (la poutine !), l'histoire, etc. Et tout en évitant les lourdeurs, elle glisse dans ses dialogues des expressions et mots québécois, permettant à son lecteur de s'immerger davantage...
J'ai donc découvert avec plaisir ce roman policier et surtout son duo d'enquêteurs haut en couleurs. Déjà apparus dans le premier roman de Stéphanie de Mecquenem, Mauvais Sang, Tiphaine et Sir James Jeffrey sont des personnages attachants et singuliers. Un grand merci donc, Stéphanie de Mecquenem, de m'avoir permis de découvrir votre roman.
Il fait froid, il fait très froid à la lecture du Silence des Cris, et l'on entend presque crisser les pas dans la blanche neige canadienne.

Une lecture que j'inscris dans le cadre du Challenge Québec en septembre de Karine:)

Mon Québec en septembre

 

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12 septembre 2011

Tout, tout de suite, Morgan Sportès

5953_1384599Morgan Sportès est un écrivain français dont le livre-enquête, L'Appât, publié il y a vingt ans et adapté au cinéma par Bertrand Tavernier en 1995, reçut l'Ours d'or à Berlin. Tout, tout de suite est son dernier roman, sorti en août chez Fayard et en lice pour le Goncourt 2011.

L'horreur du crime a fait couler beaucoup d'encre. En 2006, un jeune juif d'origine modeste est enlevé, séquestré et torturé pendant plus de vingt jours par une bande de jeunes, avant d'être assassiné. Morgan Sportès revient sur cet acte de barbarie. Il explore, dans ce roman inspiré de ces faits réels, les raisons qui ont poussé ces jeunes - parfois désoeuvrés, parfois parents, parfois mineurs - à torturer un autre être humain. Sans jugement, il reconstitue les faits, analyse notre société, les désillusions qu'elle créé, jusqu'à permettre l'irréparable. L'inénarrable.  L'indicible.

Lecture dure au sens propre, Tout, tout de suite est un roman assez étrange. Tout d'abord parce qu'il s'inspire de faits réels, certes, mais aussi parce qu'il décortique  notre société et ses dérives au travers de ce crime au caractère insoutenable. Le choix de Morgan Sportès d'écrire un roman et non pas un documentaire permet d'établir une distance, une distance avec ce crime, mais aussi une distance avec notre société gangrenée qui se détériore peu à peu. Une société qui permet à cette violence d'éclore. Et cette distance est salvatrice pour le lecteur. Sans elle, cette lecture serait d'autant plus dérangeante.
Tout, tout de suite n'est pas un roman que je souhaitais lire, appréhendant les mots de Morgan Sportès pour mieux me cacher derrière un voile protecteur.
Je l'ai néanmoins lu.
De ce roman terrible, je retiendrais un sentiment de malaise, qui ne m'a pas lâchée. Malaise du à à cette histoire, c'est évident, mais dû aussi à notre monde actuel. Une sorte de fatalisme en somme. C'est dur d'ouvrir les yeux. Dur de regarder la violence en face. De la voir éclore. De parler d'acte inhumain quand ce sont bien des Hommes qui l'ont commis.

Une lecture éprouvante s'il en est. Une étude sociétale inquiétante et pourtant bien réelle réalisée par un auteur qui analyse un monde qui va mal.
Une lecture dérangeante, tout sauf reposante, mais ô combien essentielle.
Je remercie libfly et   pour ce livre de la rentrée littéraire reçu en avant-première. L'avis de Stephie sur ce roman.

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