Bienvenue à Bouquinbourg

✳️Future hypnothérapeute ✨Magicienne en positif 🌍Voyageuse et lectrice 🐰Vegan en transition 🌱Adepte du zéro déchet Metz




05 juin 2013

Abélard, Renaud Dillies et Régis Hautières

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Abélard est un dyptique de BD paru chez Dargaud en 2011, imaginé par Renaud Dillies et dessiné par Régis Hautière.

Abélard est un petit poussin rêveur. Sa vie s'écoule en douceur dans son marais, en compagnie de ses amis, jusqu'au jour où la belle Epilie surgit. Sous le charme, Abélard décide d'aller voir le monde. Quitter ses amis, ses repères, pour voir l'ailleurs et conquérir le coeur de sa belle en lui décrochant la lune. En route pour l'Amérique où, paraît-il, une machine permettant de voler vient d'être inventée !

Abélard est une série de BD régulièrement chroniquée sur la blogosphère depuis sa parution. Les très nombreux avis élogieux ne m'ont pas laissée insensible. Et j'ai bien fait ! J'ai dévoré les deux tomes de cette série en un rien de temps, émue comme jamais par cet adorable poussin.
Difficile d'en parler tant ces albums m'ont touchée. Ce drôle de poussin tout rond, toujours coiffé d'un chapeau plus gros que sa tête, découvre le monde avec une naïveté émouvante.
Le dessin de Régis Hautière, que je découvrais avec cette lecture, possède un charme surrané par ses contours flous et ses couleurs chaudes. Le lecteur est plongé, dès les premières pages, dans l'univers singulier et philosophique d'Abélard.
L'intrigue de Renaud Dillies est simple sur le papier mais possède une force redoutable. Je défie quiconque de ne pas adhérer au charme d'Abélard ! La poésie qui se dégage de l'histoire de ce poussin est inouïe et porte un elle une universalité certaine. L'anthropomorphisme permet une fois encore de faire naître des émotions bien singulières.

Détail poétique supplémentaire : chaque jour, le chapeau d'Abélard lui délivre une maxime permettant à ce dernier de se construire et de réfléchir à sa vie et au monde qui l'entoure. L'amitié, la mort, le silence, les blessures de la vie, le chapeau permet au petit poussin de se nourrir de ses aventures et réfléchir.
Vous l'aurez compris, je suis sous le charme d'Abélard et ne sors pas indemne de cette lecture toute en finesse.

 Voici ma 54e participation
 à la BD du mercredi de Mango
    Et ma 43e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 19/20)

Top BD

D'autres avis sur ce diptyque : ChocoFleur, Jérôme, Joëlle, Lasardine, Lire pour le plaisir, MarionMo', NouketteOliv', Yvan, Yaneck etc.

Planche 1 Abélard Planche 2 Abélard

Abélard Carte

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27 janvier 2013

Rien n'est trop beau, Rona Jaffe

Rien n'est trop beau

Rien n'est trop beau est un roman paru en 1958 aux Etats-Unis et adapté au cinéma par Jean Negulesco en 1959. Son auteure, Rona Jaffe, ayant travaillé quatre ans dans une maison d'édition new-yorkaise, décida de raconter le quotidien des jeunes femmes qui, comme elles, concilient vie active et vie sentimentale, dans le New York des années 1950. Mi-étude sociologique, mi-roman, ce livre rencontra dès sa parution un vif succès.

New York, 1952. Caroline, Mary Agnes, April, Gregg et Barbara travaillent toutes les cinq aux éditions Fabian. Fraîchement diplômées, les cinq jeunes filles occupent des postes subalternes dans cette vaste entreprise dirigée par des hommes. Armées de leurs rêves et de leurs désirs, chacune cherche avidement à faire un beau mariage. Mais en attendant de rencontrer leur futur mari, elles profitent de New York et de ses distractions et subissent la dure loi du monde du travail.

J'aime beaucoup la question de l'émancipation de la femme et de la condition féminine traitée en littérature. Les années 1950 sont une époque charnière où, aux États-Unis, l'indépendance financière des femmes pointait son nez... avant de disparaître majoritairement au profit d'un mariage confortable. J'ai donc dévoré les 670 pages de ce roman avec grand plaisir.
Le lecteur goûte, à travers le parcours de ces cinq personnages, au quotidien des jeunes provinciales tout juste débarquées à New York. Si les paillettes et les plaisirs sont au rendez-vous, leur nouvelle vie de citadine leur réserve malheureusement bien des déconvenues : harcèlement sexuel au travail, tromperie, mensonges, etc. Tout n'est pas doré sous les lumières new-yorkaises, et c'est avec un sérieux courage que Caroline et ses amies vont affronter leurs déceptions.
Ode à l'indépendance et conseil aux nouvelles arrivées, Rien n'est trop beau est un roman protéiforme, à la fois analyse sociologique et initiation à la vie de femme indépendante, professionnellement et sexuellement. Le lecteur d'aujourd'hui regardera avec bienveillance les personnages errer et se chercher, car ces errances ne sont finalement pas loin de ce que l'on peut vivre aujourd'hui. Les aventures sentimentales des cinq jeunes femmes et leur naïveté attachante résonnent de façon universelle, même si la note de fraîcheur et de nouveauté liée à leur époque a disparu. 
Rona Jaffe nous permet de nous immerger dans le New-York des années 1950 et décrit la ville et son ambiance avec soin. On parcourt les lignes du roman et on se retrouve plongé dans cette folle ambiance de la ville qui ne dort jamais.
J'ai été émue par cette lecture, happée par ces histoires singulières pour lesquelles Rona Jaffe a interrogé cinquante new-yorkaises. On frôle le document d'époque, on oscille entre le roman et le documentaire tant l'auteure maîtrise son sujet et relate ce qu'elle a connu. On pense à Mad Men et Sept ans de réflexion. On savoure cette lecture, sans hésiter.

Les avis de Cynthia, Enigma, Iluze,  MangoManu et Fleurfleur.

 

Voici ma cinquième participation

au Challenge La littérature fait son cinéma 2 organisé par Will

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28 octobre 2012

Fifty Shades T.1 Cinquante nuances de Grey, E.L. James

9782709642521FSVéritable best-seller outre-Atlantique, la trilogie Fifty Shades, qualifiée de Mummy porn, a débarqué en France ce mois-ci, chez JC Lattès. Et le premier tome, Cinquante nuances de Grey, a déjà fait beaucoup parler de lui. Une fois n'est pas coutume, j'ai voulu savoir ce qu'il en était et j'ai succombé à l'appel de la version numérique de ce roman.

Anastasia Steele, jeune étudiante en littérature, doit interviewer au pied levé le multi-milliardaire Christian Grey pour dépanner Kate, sa colocataire et rédactrice en chef du journal de la fac. La jeune femme timide tombe immédiatement sous le charme du richissime et charismatique M. Grey. Et, pour sa plus grande surprise, la séduction est réciproque. Mais rien n'est simple avec Christian Grey. Ce dernier a en effet beaucoup d'exigences sexuelles. Des exigences sexuelles telles, qu'il demande à Anastasia de signer un contrat avec lui. Un contrat de soumission...

Je vous arrête tout de suite : je ne suis pas une lectrice coutumière de littérature sentimentale ou érotique. Mais par un froid après-midi de la semaine dernière, j'ai succombé au tapage médiatique autour de ce roman, et en trois clics, je l'avais sur mon Kindle. La tentation était grande de comprendre la raison de ce phénomène de société.
Et pour ma part, la déception fut grande. Vu ce que j'avais précédemment entendu, je m'attendais à du sulfureux, de l'érotisme, de la surprise à chaque page. Rien, strictement rien qui a satisfait de près ou de loin mes attentes.
L'intrigue est tellement simple qu'elle peut se résumer en une phrase : une jeune vierge effarouchée rencontre un homme qui a des pratiques sexuelles déroutantes et s'initie aux choses de l'amour en sa compagnie. Point barre. Dans ce premier tome, vous n'en saurez pas plus. En bon premier volume d'une trilogie, Cinquante nuances de Grey pose les bases de l'intrigue, intrigue qui se résume à une relation plus sexuelle que sentimentale, et tente d'appâter le lecteur avec des scènes de sexe à toutes les pages ou presque. Au début ça prête à sourire. Au fil des pages, on se dit que l'auteure aurait mieux fait de se cantonner à un documentaire sur les nouvelles pratiques sexuelles sans s'encombrer d'une intrigue archétypale et éculée.
Malheureusement pour E.L. James, je suis certaine que son roman choquera moins le lectorat français par ses descriptions détaillées et croustillantes, que le lectorat américain. N'oublions pas notre passé littéraire, avec la décadence du libertinage, fin XVIIIe, qui nous a enseigné des pratiques retorses avant l'heure, dans un langage plus châtié et imagé, avec des personnages et des situations romanesques hautement plus hauts en couleurs.
Les personnages sont d'une platitude affligeante. L'héroïne est une naïve empotée, sa meilleure amie un sex-symbol à qui tout réussit, Christian Grey un milliardaire avide de pouvoir et de domination, etc. Bref, du déjà-vu. Une once de psychologie s'immice dans le roman avec le passé trouble de Christian. E.L. James tente de nous faire apprécier ce personnage dominateur sadique en introduisant l'idée que son enfance fut malheureuse et que ses moeurs compensent ses blessures enfantines. Un peu léger, et encore une fois destiné à appâter un lecteur avide d'intrigue. Pour ma part, cela ne m'a pas suffit.
L'auteure a pris le parti de charger Anastasia de la narration. Mais cette narration à la première personne plombe le roman et lui confère une tonalité naïve et mièvre. L'inexpérience de l'héroïne suinte à chaque page et devient risible à chaque nouvel acte sexuel.
Enfin, E.L. James, si elle a voulu faire sensation avec des descriptions d'actes sexuels, a dû oublier de soigner sa plume. Elle aurait mieux fait de se concentrer sur ce détail car même les scènes de sexe, primordiales dans une intrigue sans saveur, sont d'une platitude affligeante et semblent tout droit sorties d'un scénario de film porno (si tant est qu'il y ait un scénario dans un film porno). Du descriptif, aucune image. C'est plat, affreusement plat et ennuyeux.
Bref, un mummy porn aux États-Unis peut-être, mais rien de bien affriolant ni de bien scandaleux pour nous. Un tapage médiatique immérité pour un roman aux qualités littéraires inexistantes. Des scènes de sexe qui n'ont même pas le piquant d'une littérature érotique de qualité. Une réception par le lectorat français dont j'attends des nouvelles. J'espère que l'auteure aura pris plus de plaisir à se documenter pour écrire ce roman que moi à lire son produit fini.
Si vous avec envie de vous encanailler, plongez-vous plutôt dans le scabreux Justine de Sade ou le très sensuel L'Amant de Duras ! Et dire que Bret Easton Ellis s'est emparé de cette saga pour en faire une adpatation ciné...

Et voici ma huitième lecture sur mon Kindle et ma huitième participation au Club des lecteurs numériques.

 Lecteurs numériques           Lu sur mon Kindle

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15 mai 2012

Julie & Julia, Julie Powell

Julie & JuliaJulie & Julia est un best-seller autobiographique américain, tiré du blog culinaire de son auteure, Julie Powell. Paru en 2005 aux États-Unis, il est sorti en 2008 aux Éditions du Seuil. En guise de résumé, le billet posté par Julie sur son blog pour annoncer au monde son projet...

"Le livre 
L'art de la cuisine française. Première édition, 1961. Louissette Bertholle. Simone Beck. Et, bien sûr, Julia Child, la femme qui a appris à l'Amérique à faire la cuisine et à manger. Nous croyons aujourd'hui vivre dans le monde créé par Alice Waters, mais à l'origine de tout il y a Julia Child, et personne ne peut l'égaler.

La candidate 
Fonctionnaire peu motivée le jour, gastronome amateur le soir. Trop vieille pour le théâtre, trop jeune pour avoir des enfants et trop aigrie pour tout le reste, Julie Powell se cherchait un défi. Elle le trouva dans le projet Julie/Julia. Risquant sa vie de couple, son emploi et le bien-être e ses chats, elle a signé pour un contrat insensé. 365 jours. 524 recettes. Une fille dans une minable cuisine de banlieue. Jusqu'où ira-t-elle, nul ne peut le dire..."(p.34-35)

J'avais aimé le film du même nom, avec Meryl Streep parfaite dans le rôle de Julia Child. J'ai eu envie de découvrir le livre à l'origine, ainsi que le projet de Julie Powell. Et FondantOchocolat, à l'occasion du Swap Chocolat et Cinéma m'a fait le plaisir de me l'offrir ! Merci beaucoup ! Julie Powell
Qu'une américaine se lance dans le défi de la cuisine française, c'est vrai que c'est audacieux ! Raconter en détails les différentes façons de tuer un homard, de retourner tout son quartier pour trouver un os à moelle, etc.... Cela peut nous paraître dérisoire, mais l'écard culturel entre nos deux pays et nos gastronomies permet à l'humour d'être très présent. Pour un américain moyen, déguster de aspics ou des oeufs pochés au vin rouge, c'est assez conceptuel ! Suivre Julie dans ses tentatives pour tenir bon son défi et réaliser l'intégralité des recettes du livre de Julia Child est un plaisir.
Je n'ai pas pu m'empêcher d'établir un parallèle assez évident sur la condition de  blogueur. Julie décrit son rapport à la blogosphère avec justesse et met en lumière ce que nous pouvons vivre au quotidien, nous blogueurs. Notre addiction à notre blog, à ceux de nos amis-blogueurs, et l'incompréhension de la plupart de nos proches quant à notre rapport à notre écran... J'ai souri, bien entendu. Et je me suis dit que depuis 2004 - année du défi de Julie - cela n'avait fait que s'accroître. 
Lectures communesJ'ai passé un très bon moment de lecture. Si j'ai craint, au début de ma lecture, un roman un peu mièvre, frôlant la chick-litt (le sous-titre Sexe, blog et boeuf bourguignon et très peu engageant...), mes craintes se sont vite évanouies grâce à un récit biographique authentique et bourré d'humour.        

 J'ai lu ce roman dans le cadre d'une lecture commune avec CottageMyrtille. Je file voir de ce pas ce qu'elle en a pensé !

Et voilà ma première participation au Challenge La littérature fait son Cinéma que Will reconduit pour la deuxième année consécutive et ma troisième participation au Challenge  Biographie organisé par Alinéa.

                                              Challenge Biographie

 Edit du 23 mai : Syl. a eu raison de moi : je m'inscris à son Challenge Les Livres Gourmands,
catégorie Tutti Frutti et je commence illico avec ce roman !

Les livres gourmands de Syl

Comme d'habitude, je ne résiste pas à l'envie de vous glisser la bande-annonce du film
réalisé en 2009 par Nora Ephron.

 

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14 mars 2012

American Vampire T.1 Sang Neuf, Scott Snyder, Stephen King, Rafael Albuquerque

American Vampire TAmerican Vampire est le fruit de la collaboration entre Scott Snyder et Stephen King pour le scénario et Rafael Albuquerque pour les dessins. Ce premier tome, paru en février 2011 chez Panini Comics, regroupe les 5 premiers numéros de la série parue aux États-Unis.

1880, Colorado. Skinner Sweet, premier vampire engendré sur le sol américain, bénéficie de l'évolution de sa race. Plus fort, doté de griffes impitoyables et de crocs plus longs, il ne craint pas la lueur du jour. Cette évolution scinde les vampires en deux clans : Skinner Sweet d'un côté, les anciens vampires européens de l'autre. Et pour ces créatures maléfiques, les humains ne sont que de la chair tendre.
1925, Los Angeles. La jeune Pearl Jones tente de percer au cinéma. Mais ce serait sans compter cette guerre entre vampires qui sévit autour d'elle et à laquelle elle va très rapidement participer...

La vague de vampires qui déferle sur la littérature depuis quelques mois n'est pas passée par moi. Lasse de ces récits édulcorés et loin du mythe du vampire, je suis restée très méfiante quant à ces livres.
Mais là, j'ai drôlement bien fait de me plonger dans cet album ! Tout d'abord parce que Stephen King y a collaboré, et Stephen King est quand même un excellent raconteur d'histoires qui sait manier le suspense d'une main de maître.
Ensuite parce qu'il n'était pas question de vampires mièvres qui manquent de mordant. Non. Ici point d'amourette et de violons mais des vampires monstrueux, suceurs de sang, violents et cruels. Des vampires dans la pure tradition de Bram Stoker ou d'Anne Rice qui, s'ils ne révolutionnent pas le genre, apportent néanmoins un éclairage nouveau et la reviviscence d'une tonalité perdue. C'est violent, parfois gore, mais on sait à quoi s'attendre en ouvrant cet album. Enfants s'abstenir !
Pour ma part, je me suis régalé ! Comme dans Walking Dead, le suspense est distillé avec brio, mettant la double page au service de l'intrigue. Cette dernière est complexe, alternant les époques pour finalement trouver une jonction, et possède un dynamisme très accrocheur.
Niveau dessin, je ne suis pas experte en comics et j'ai eu un léger a priori en ouvrant cet album, mais celui-ci s'est vite envolé.
Bref, vous l'aurez compris, je me suis laissé vampiriser par cette série (facile comme jeu de mots, j'avoue...) Le tome 2 est sorti en octobre 2011 en français et le tome 3 est déjà commercialisé aux Etats-Unis. Il ne me reste qu'à patienter ! L'avis d'Yvan, conquis aussi.

 Et voici ma 36e participation
à la BD du mercredi de
Mango

 Et ma 27e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 18/20)

  Top BD 2012

Double page American Vampire

Planche American Vampire

 

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26 janvier 2012

Beignets de tomates vertes, Fannie Flagg

Beignets de tomates vertesBeignets de tomates vertes (Fried Green Tomatoes) est l'oeuvre la plus connue de la romancière et actrice américaine Fannie Flagg. Publiée la première fois en 1987, elle a été traduite en plusieurs langues et a fait l'objet d'une adaptation cinématographique par John Avnet en 1991.

Evelyn Couch est une quinquagénaire dépressive et malheureuse. Lors d'une visite à sa belle-mère, dans la maison de retraite de Rose Terrace, elle fait la connaissance d'une des pensionnaires, Mrs. Threadgoode. Les deux femmes sympathisent et Mrs. Threadgoode, veuve et sans famille, fait revivre son passé en Alabama, dans la petite ville de Whistle Stop, avec ses habitants, et surtout son café. En 1929, lorsque l'établissement ouvre ses portes, les Noirs n'ont pas le droit d'y entrer, le Ku Klux Klan sévit et les lois raciales ont la dent dure. Mais Ruth et Idgie, qui tiennent le café, n'en ont cure ! Et la petite communauté s'entraide malgré les différences et les forts caractères.

Je ne lis pas beaucoup de littérature américaine, j'avoue. Je suis peu attirée par ce pays et sa littérature. Mais il y a quelques mois, un collègue m'a parlé de ce roman dont le titre m'intriguait depuis des années. Et je ne sais plus où ni à quelle occasion je l'ai acheté, pensant le lire cet été.
Après un été pauvre en lecture, et me trouvant à court de livre un soir (c'est rare !), j'ai ouvert la première page de ce roman. Juste pour lire l'incipit. Juste pour voir si... Juste... Vous m'aurez comprise : je me suis fait avoir dès la première phrase, dès la première ligne de ce roman ! Impossible de décrocher mes yeux du texte ! Au point de quasiment sacrifier ma nuit entière (terminer à 4h quand on se lèvre à 7h, c'est rude !) Et pourtant, les Etats-Unis et moi, c'est loin d'être une grande histoire d'amour...
Tout est aboslument incroyable dans ce roman. Sa construction narrative tout d'abord, qui alterne les époques, mais aussi les genres. Le roman commence en effet en 1929, à l'ouverture du café de Whistle Stop, puis n'a de cesse de varier entre les époques : la fin des années 80 avec le présent d'Evelyn et de Mrs. Threadgoode, à la maison de retraite, l'enfance de Nini, alias Mrs. Threadgoode, etc. La narration est parfois prise en charge par Dot Weems, qui écrit la gazette de Whistle Stop, parfois par le journal de Birmingham, etc. Sans jamais perdre son lecteur, Fannie Flagg l'entraîne dans cette histoire incroyable d'une petite ville d'Alabama, aux habitants drôles et fiers malgré tout. Malgré la menace qui rôde, la pauvreté et la misère qui sévissent, les divergences d'opinion qui persistent.
Les personnages qu'elle dépeint sont furieusement vraisemblables. Evelyn et ses complexes, Mrs. Threadgoode est ses souvenirs d'enfant qui s'estompent, Idgie le garçon manqué au grand coeur, la belle et douce Ruth, etc.
J'ai plongé avec délice dans ce roman, me surprenant à tourner les pages sans me soucier de l'heure. J'ai euCoup de coeur 2012 l'impression de rencontrer une grande famille de personnages aux valeurs profondément humanistes. Fannie Flagg nous permet de lever un voile sur un pan de l'histoire des Etats-Unis et le fait avec brio ! Pas de misérabilisme ni de jugement. Juste une intrigue et des personnages attachants, sur fond de contexte historique. C'est brillant, sans aucun doute ! (et ça file des complexes au point de vue de la construction narrative...)

Un nouveau
coup de coeur, sans aucune hésitation, que je vous conseille de lire
au plus vite !

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05 octobre 2011

L'arbre d'Halloween, Ray Bradbury

9782020511117FS L'arbre d'Halloween, de l'américain Ray Bradbury, est un roman publié en 1972 aux États-Unis avant d'être traduit et de sortir en 1994 en France.

31 octobre dans une petite ville du Midwest. Une bande de gamins déguisés frappe aux portes, clamant le célèbre "trick or treat !". Leur excitation les pousse à s'aventurer devant la porte de la maison hantée de la ville... Les voilà embarqués dans un voyage sur les origines d'Halloween, à travers les âges et les pays.

J'avais adoré Fahrenheit 451 de Bradbury. Mon envie de découvrir davantage ses oeuvres est grande, et j'ai commencé par celle-ci, bien moins connue que Les Chroniques Martiennes.
L'arbre d'Halloween
est un texte déroutant, beaucoup plus profond qu'il n'y paraît. Ray Bradbury entraîne son lecteur dans un voyage très poétique à la découverte des traditions de différents pays. Qu'il s'agisse d'El Dia de Muerte au Mexique, de la Toussaint en France ou encore de la fête de Samhaïn chez les Celtes, les façons de rendre hommage aux morts sont nombreuses et diffèrent selon les époques et les traditions.
Accompagnés de Montsuaire, l'habitant de la maison hantée, les gamins traversent les âges et ouvrent les yeux sur cette célébration ancestrale. Un bel hymne à la tolérance, à la différence et à la connaissance. Bref, un très bon moment de lecture !

Première étape du Train fantôme d'Halloween, avec Lou et Hilde
et les participants au Challenge Halloween  :

la maison hantée
!

halloween

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29 août 2011

Hymne, Lydie Salvayre

9782020985550Hymne est le dernier roman de Lydie Salvayre paru en août 2011.

Mais Hymne n'est pas à proprement parler un roman qui respecte les codes du genre. Il s'approche plutôt d'un hommage personnel à Jimi Hendrix, fait par Lydie Salvayre elle-même.
L'auteure ne se cache par derrière la première personne du singulier qu'elle utilise dès les premières pages, et affirme sa volonté de rendre hommage à celui qui s'appropria, le 18 août 1969 à Woodstock The Star Spangled Banner - l’hymne américain - et le transforma en prestation musicale hors du commun.

A partir donc de cet événement, de cette reprise par Hendrix, Lydie Salvayre brode ici un texte aux envolées parfois lyriques, vibrant d'une fascination sans borne pour ce musicien. Il n'est en aucun cas question d'une analyse musicale quelconque, Lydie Salvayre s'en défend dès les premières pages, mais plutôt d'un hommage personnel qui s'égare parfois dans la biographie.
Hymne est une lecture troublante. Que l'on connaisse ce cri - celui que poussa Hendrix en ce 18 août 1969 à Woodstock - ou non, les mots de Lydie Salvayre émeuvent et provoquent une adhésion immédiate. Mon premier geste, une fois ce livre posé, a été de chercher et d'écouter la prestation d'Hendrix pour continuer à faire vivre le texte de Lydie Salvayre. Certains y trouveront peut-être trop d'emphase, voire une fascination qui frise l'adulation. Pour ma part, j'ai été sous le charme de cet hommage aux accents parfois intimes, dont la musicalité semble faire écho au talent d'Hendrix.
Hymne n'est pas un texte à réserver aux fans du musicien. Au contraire ! C'est un texte que chacun peut lire, pour découvrir comment un événement artistique a pu autant chambouler des générations et comment aujourd'hui il résonne encore dans la tête de certains.
Lydie Salvayre signe ici un texte poignant, incroyablement vivant, une partition sans faute en somme.

Une présentation d'Hymne par Lydie Salvayre elle-même.
(Source : Seuil.com)


Une nouvelle lecture à inscrire dans le Challenge d'Anne, Des notes et des mots.

Je remercie libfly et les seuil  pour ce livre reçu en avant-première.
  Capture

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10 mars 2011

Les leçons du Mal, Thomas H. Cook

MALThomas H. Cook est un romancier américain, grand nom de la littérature policière contemporaine. Son dernier roman, Les leçons du Mal, paraît aujourd'hui aux Editions du Seuil.

Lakeland, petite bourgade du Mississipi. Jack Branch, fils de bonne famille, est revenu dans la ville où sa famille a prospéré pour enseigner au lycée.
Son cours sur le Mal et ses incarnations revêt une importance toute particulière à ses yeux, dans le climat social encore marqué par la guerre de Sécession.

Lorsque ses élèves doivent choisir une personne incarnant le Mal absolu à leurs yeux, Jack encourage l'un d'eux, introverti et mis à l'écart, à travailler sur son père, meurtrier rendu célèbre pour avoir assassiné une étudiante et avoir été abattu en prison.
Mais, lancés dans ce projet de dépasser la notion de Mal et la question d'hérédité qu'elle pose, Jack et Eddie, son élève, vont aller trop loin...

Les Etats-Unis ne m'ont jamais fait rêver en littérature et ne font que peu fonctionner mon imaginaire. Or, j'ai eu un peu de mal à m'immerger complètement dans une intrigue quand je n'arrive pas à me représenter mentalement les lieux de l'action. J'ai donc eu quelques difficultés à rentrer dans ce roman qui se déroule au Mississipi dans les années d'après-guerre.
Mais une fois l'intrigue lancée, il ne m'a plus été possible de le lâcher ! Premier roman que je lisais de cet auteur, Les leçons du Mal jouit d'une construction absolument talentueuse : différentes époques se succèdent au cours d'un même chapitre, évoquant, dès le début, un procès, ce qui participe grandement du suspense distillé au fil des pages. Sans jamais être confus ni brouillon, Thomas H. Cook nous entraîne d'une main de maître dans cette histoire.

L'intrigue est simple mais fonctionne bien : un jeune enseignant pousse un de ses élèves à se pencher sur l'histoire de sa famille pour s'en détacher et réfléchir à la notion de Mal. Mais cette notion leur échappe finalement à tous deux, et les conséquences en sont dramatiques...
Les personnages possèdent une psychologie finement étudiée grandement en lien avec l'histoire du sud des Etats-Unis avant les mouvements des droits civiques. La société était alors régie par des règles qui divisaient les classes sociales, reléguant certaines familles, voire certains quartiers, sous la domination des nantis. Jack, que l'on pourrait qualifier de bien-né, tente ainsi d'aider Eddie, issu d'une famille modeste, dans un souci de libérer ce dernier du fardeau de son ascendance. Il lui rêve un avenir et le pousse à transcender ses origines. Mais la vie n'est pas si manichéenne, et le Mal revêt bien des formes...
Bref, une très bonne lecture qui a su me séduire malgré mon peu d'enthousiasme pour le lieu de l'intrigue et qui me donne envie de découvrir les autres romans policiers de Thomas H. Cook.

 Un grand merci à  logo2 et aux seuil pour ce roman policier reçu dans le cadre du Jury Policier 2011.

jury_polar

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20 octobre 2010

Sanctuaires Ardents, Katherine Mosby

sanctuairesJ'avais été charmée cet été par le roman Sous le charme de Lilian Dawes de Katherine Mosby (souvenez-vous, je l'avais même classé parmi mes coups de coeur de l'année...)
Ainsi, quand j'ai eu l'occasion de découvrir Sanctuaires ardents, un autre roman de Katherine Mosby publié en 1995 aux Etats-Unis et en 2010 en France, je n'ai pas résisté...

Le jour où Willard et Vienna s'installent à Winsville, une petite ville de Virginie, le calme qui y régnait est troublé. La beauté de la jeune femme, son intelligence et sa vivacité d'esprit en troublent plus d'un.
Mais le jour où Willard délaisse sa femme et s'enfuit, celle-ci s'enferme dans sa tristesse et se marginalise davantage, en dépit de ses deux jeunes enfants. Ces derniers, asociaux et farouches, peinent à s'intégrer dans la communauté. Malgré son chagrin, leur mère veille sur eux et les protège.

Katherine Mosby m'a charmée encore une fois par sa plume délicate et son intrigue forte. La narration fait osciller le lecteur entre passé et présent afin de lui donner à voir toute la complexité de cette situation familiale.
Les personnages sont touchants par leurs failles et leurs doutes et l'on suit avec grand plaisir ces instants de vie qui nous sont donnés à voir.
Loin d'un roman à l'intrigue lambda, Sanctuaires ardents nous entraîne dans une atmosphère particulière au charme désuet. La campagne de Virginie, lieu de bonheurs intenses et de drames personnels, offre un cadre parfait à l'histoire des Daniels.
Un roman dense, comme je les aime, qui nous transporte dès les premières pages et ne nous laisse souffler qu'une fois la dernière ligne lue.
Seconde lecture de Katherine Mosby, et certainement pas la dernière !

Merci encore à 53811911_p et les Éditions 1nava  pour ce roman reçu dans le cadre d'un partenariat.

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