Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.




20 mars 2019

Le murmure des sorcières, Marianne Renoir

Le murmure des sorcièresLe murmure des sorcières est un roman jeunesse de Marianne Renoir paru en janvier dans la collection Neuf de L'Ecole des Loisirs. 

Kaï est une petite sorcière et comme toutes les sorcières, elle est végétarienne, descend des dragons de Komodo et vit sur une île du Pacifique, en tout quiétude. Mais lorsque la montée des eaux menace leur île, les sorcières sont obligées d'émigrer. Après un long vol en balai, elles se retrouvent à Paris et Kaï, très intriguée par les humains, adore les observer. Mais un soir, alors qu'elle rencontre une petite fille qui lui ressemble énormément, sa mère entre inopinément dans la chambre et les confond. Kaï et Marie-Astrid Caramel de Bellegarde - c'est son nom - échangent donc leur vie. C'est le début des aventures pour les deux fillettes !

J'ai toujours aimé les histoires de sorcières. Depuis que je suis petite et que j'ai dévoré la série des Amandine Malabul puis la saga des Chrestomanci et enfin les Harry Potter, j'avoue avoir un faible pour ces univers. Je n'ai donc pas résisté à l'appel de ce court roman jeunesse, dans lequel les sorcières sont végétariennes.    
Mais j'en ressors en demi-teinte. Si l'idée de départ est assez classique - l'échange de deux personnages qui se ressemblent - le traitement sur fond d'intrigue écologique et de sorcellerie m'intéressait grandement.   
Malheureusement, je n'ai été sensible ni au style narratif, ni à l'univers imaginé qui semble arbitraire et trop peu décrit pour qu'on s'y plonge. Heureusement que l'héroïne est attachante et que les questions de tolérance et d'environnements sont bien traitées. Mais je ressors mitigée de cette lecture. 

Merci  à L'Ecole des Loisirs pour l'envoi de ce roman.

Une chronique de soukee rangée dans Romans jeunesse - Vos commentaires [6] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , ,


28 janvier 2019

Planète végane, Ophélie Véron

Planète véganePlanète végane est un essai d'Ophélie Véron, fondatrice du blog Antigone XXI. Enseignante chercheuse en sciences sociales et spécialiste des mouvements sociaux, Ophélie Véron est l'une des ambassadrices du véganisme dans le monde francophone. Son essai est paru en mai 2017 chez Marabout.

Dans cet essai, l'auteure, végane depuis 2011, décortique le véganisme. En revenant à ses origines, en expliquant les idées fortes du mouvement et en délivrant une foule d'informations, elle permet à chacun  d'amorcer une réflexion sur le véganisme et d'envisager un monde où les animaux ne seraient plus exploités.

Scindé en cinq parties, l'essai - extrêmement documenté et pourvu d'une bibliographie importante - est accessible à tous et bien structuré.

1/ Pourquoi végane ? Dans cette partie, Ophélie Véron revient aux origines du véganisme (apparu dès le Xe siècle av. JC avec le jaïnisme) en présentant ses accointances avec les grandes religions du monde. Elle présente ensuite la question de l'éthique animale et le concept d'antispécisme avant d'expliquer en quoi le véganisme est la solution première aux problèmes environnementaux. Enfin, elle termine cette première partie par des réponses aux douze objections que les omnivores font régulièrement aux véganes, du cri de la carotte aux questions de santé en passant par l'existence de causes plus importantes dans le monde. Que j'ai aimé cette partie ! Je crois que j'ai entendu toutes ces objections, par diverses personnes de mon entourage, et aujourd'hui je me sens plus à même d'y répondre de façon plus argumentée.

2/ Devenir végane : Ici, Ophélie Véron donne des conseils à ceux qui souhaitent faire le premier pas, explique ce que doit comporter un garde-manger végane, où se cachent les produits non véganes dans les étiquettes et les additifs et donne des astuces pour devenir végane pour de bon. Elle revient sur les raisons de devenir végane et celle pour le rester, pour l'éthique animale.

3/ Véganisme et santé : En tordant le cou à toutes les représentations qui font de l'être humain obligatoirement un omnivore , l'auteure, en s'appuyant sur de nombreuses études, explique les bienfaits d'une alimentation végétalienne. Elle revient sur les concepts d'équilibre alimentaire, de vitamines et de nutriments pour clarifier la question. Vous l'aurez vite compris : hormis la Vitamine B12 qui doit être prise en supplément, un régime végétalien équilibré est bénéfique pour la santé sur le court, moyen et long terme, que ce soit pour les enfants, les ados, les adultes, les femmes enceintes comme les personnes âgées. Et nombreuses sont les études qui le prouvent !

4/ Au-delà de l'alimentation : Dans cette partie, Ophélie Véron sort du carcan de l'alimentation pour aborder tous les autres aspects du véganisme : comment se vêtir, utiliser des produits d'hygiène et des cosmétiques véganes, entretenir sa maison, nourrir ses animaux de compagnie, se divertir. Dans cette partie, une foule de conseils, de marques (notamment 75 marques de chaussures véganes et/ou éco friendly ou qui proposent des modèles véganes, tous les labels de cosmétiques véganes, etc.), d'études aussi, pour enfoncer le clou sur la question de l'exploitation animale invisible, celle qui concerne nos maquillages, notre lessive ou encore les croquettes de nos animaux.

5/ Véganisme et société : Enfin, dans cette dernière partie, l'auteure revient sur le fait d'être végane et d'en parler autour de soi, que ce soit avec ses proches ou dans le cadre de son environnement de travail. Comment continuer à sortir et être végane ? Comment partir en voyages et respecter ses convictions ? Comment, enfin, se débrouiller dans une famille omnivore ?

Vous l'aurez compris, ce livre est pour moi LA référence sur la question. Je l'ai dévoré en prenant beaucoup de notes, en notant des pages. J'ai cheminé, au fil de ma lecture. J'ai appris, beaucoup, sur la question et notamment sur les origines du véganisme. Déjà largement concernée par la question, l'auteure n'a pas eu à me convaincre du bien-fondé de ce mode de vie mais m'a permis d'avancer sur certains points sur lesquels je bloquais.  
Pour l'instant, je suis toujours en transition. Il m'arrive de manger parfois du fromage. Mais plus de viande ni de poisson. Plus de cosmétique ou de produit d'hygiène non véganes. Plus d'achat de cuir. Je termine d'user ma paire de bottes achetée il y a 3 ans pour racheter des bottes véganes, idem pour mon portefeuille en croûte de cuir, mon pull en cachemire et mes oreillers en duvet. Pour les objets dont je ne me servais pas beaucoup, comme mon ancien manteau en laine ou mon sac de voyage en cuir acheté au Maroc, je les ai vendus sur Vinted. Je ne souhaitais plus les avoir dans mon armoire. Reste le problème de la vie sociale, n'étant environnée que par des omnivores et dans une ville où il n'y a qu'un seul resto de burgers véganes. De timides apparitions de plats véganes pointent leur nez dans certains restaurants, mais c'est limité... Heureusement, j'ai la chance que la plupart de mes proches cuisinent végane quand on vient, respectent nos convictions et soient ouverts à découvrir notre mode de vie. Ah oui, vivre avec un végane, ça aide aussi beaucoup. Mais il me reste encore du chemin à parcourir et ce livre m'a été d'une grande aide.
Un grand merci, donc, Ophélie Véron, pour ce condensé très riche et bien construit sur la question, qui regorge d'astuces, de conseils et de réflexions. C'est exactement le livre dont j'avais besoin sur mon chemin.

Pour terminer, je me dis que si tout le monde lisait un tel livre, il n'y aurait plus d'exploitation animale. Parce que c'est impossible de ne pas changer de point de vue et de rester insensible sur la question. Ou alors ça donne une idée de la personne qu'on est...

 

Jour 28 du Challenge Feel Good 

  Retrouvez toutes les informations et l'agenda sur la page du challenge !

       

Une chronique de soukee rangée dans Essais - Vos commentaires [6] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,

30 janvier 2017

Le collège des éplucheurs de citrouilles, Laure Deslandes

Le collège des éplucheurs de citrouilles, Laure DeslandesLe collège des éplucheurs de citrouilles est le premier roman de Laure Deslandes, enseignante de lettres classiques dans le Finistère. Il est paru le 25 janvier à L'Ecole des Loisirs.

Elliot, douze ans, est envoyé en internat dans le collège des Museaux, un minuscule collège breton un peu étrange. Là-bas, pas de programme conventionnel mais des cours d'estonien, un chantier collectif de maison à énergie passive en technologie ou encore de semence en botanique et une cantine bio et locavore qui fait la part belle aux produits du terroir. Une vie simple, au rythme des saisons que les enfants du village apprécient depuis leur enfance. Mais pour Elliot et les autres internes, tous au passé chaotique, l'acclimatation est dure. Heureusement pour celui-ci, dans sa classe de cinquième Hérisson, il y a Péline, une grande rousse joyeuse et généreuse qui va lui tendre la main et l'aider à s'intégrer dans ce nouvel environnement.

Quel régal ce roman ! Intriguée par le titre et le résumé un peu décalé, j'ai ouvert Le collège des éplucheurs de citrouilles sans savoir véritablement à quoi m'attendre. Et si le début m'a un peu rebutée - me rappelant que trop mes problématiques professionnelles - j'ai finalement pris beaucoup de plaisir à découvrir ce collège loufoque aux cours aussi barrés que ses enseignants.

Les personnages adolescents sont traités avec beaucoup de soin, et Elliot et Péline forment un duo attendrissant aux fêlures vraisemblables. Malgré l'aspect décalé des cours peu conventionnels, des problématiques de cet âge sont abordées - le premier émoi, la vie en communauté, l'amitié, la transformation du corps, etc. - tout comme les relations parents enfants. C'est fin, bien étudié, même si l'ensemble s'approche d'une belle utopie par certains aspects. Portée par un humour décapant qui témoigne d'une belle connaissance des adolescents, l'intrigue avance à bon rythme, dans une langue fleurie et riche comme les parterres du collège. On se prête à rêver à un établissement scolaire où le cuistot servirait des crumbles maison après un cours d'escalade dans les arbres, à la découverte des différentes essences. Bref, un premier roman très réussi qui plaira sans aucun doute autant aux lecteurs de l'âge d'Elliot et Péline qu'aux plus grands.

Un grand merci à Coline et aux éditions L'Ecole des loisirs pour ce roman.

Une chronique de soukee rangée dans Romans jeunesse - Vos commentaires [12] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , , , , , ,

21 novembre 2016

Famille zéro déchet ze guide, Jérémie Pichon et Bénédicte Moret

Famille presque zéro déchet ze guideFamille zéro déchet ze guide, écrit par Jérémie Pichon et mis en images par Bénédicte Moret, est paru en mars 2016 chez Thierry Souccar.

Préfacé par Nicolas Hulot et Béa Johnson, ce livre reprend ce qui a été à l'origine des billets de blog et raconte le quotidien d'une famille de quatre personnes engagée dans la lutte contre les déchets. A coup de chiffres clés, de comparatifs, d'expériences et de conseils, Jérémie, Bénédicte et leurs deux enfants nous expliquent pourquoi et comment ils en sont venus à réduire leurs déchets et nous aident dans cette démarche.

Jérémie, Bénédicte et leurs deux enfants

Loin des stéréotypes qui dépeignaient les écolos comme des marginaux un peu barrés en train d'élever des chèvres dans le Larzac en grignotant trois graines, être concerné par l'environnement aujourd'hui est presque devenu une obligation tant les enjeux sont importants. Ceux qui me suivent sur Instagram voient bien toutes mes réflexions et mes essais dans ce domaine et loin de moi l'idée de vous faire du bourrage de crâne ici (libre à vous d'arrêter de lire ce billet aussi...), mais j'avais très envie de vous parler de ce guide reçu en cadeau lors de mon dernier anniversaire, et qui est tout bonnement devenu un incontournable chez moi. Après sa lecture très instructive et agréable grâce aux nombreuses illustrations (oui, je sais, je suis en train de dire que j'ai aimé parce qu'il y avait des dessins...on dirait une élève !), j'ai adopté la recette de lessive home made verte, j'ai cousu des sacs à vrac et acheté des filets à provision pour éviter de prendre des sachets transparents au rayon fruits et légumes, j'ai remplacé beaucoup de cosmétiques par des versions bonnes pour la planète et pour mon corps, etc.  Bref, il y a un avant et un après cette lecture pour moi, survenue après celle de No Impact man et Zéro déchet et je n'ai eu de cesse d'en parler autour de moi.

Jamais moralisateur, ni culpabilisant, mais tout en couleurs, classé de façon thématique et sur le ton de l'humour, Famille zéro déchet ze guide nous fait entrer dans le quotidien de cette famille et son combat de tous les instants. Avec ce guide, vous comprendrez enfin tous les effets de notre consommation sur l'environnement, vous serez capables de répondre aux zérosceptiques (ceux qui vont essayer de démonter vos beaux efforts à coup d'excuses et de phrases plombantes), de fabriquer vous-même (entre autres) votre déodorant ou votre produit vaisselle, de faire moins mais mieux au moment des fêtes, de penser durable pour le jardin comme pour la maison, etc. Les chiffres sont glaçants, les effets de nos déchets monstrueux sur la faune et la flore, mais le côté bohème et décalé de cette famille permet de faire passer la pilule et de donner envie d'agir. Le couple à l'origine du projet est tout simplement complémentaire. Jérémie signe des textes bourrés d'humour que sa compagne, Bénédicte, complète par des illustrations tout aussi drôles. Un guide à découvrir sans tarder !

A noter : Les Zenfants Zéro Déchet ze mission vient tout juste de sortir début novembre.

Planche 1

Planche 3

 

Une chronique de soukee rangée dans Documentaires - Vos commentaires [8] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , ,

26 avril 2016

No impact man, Colin Beavan

No impact man, Colin BeavanNo impact man est un témoignage tiré de l'expérience écologique un peu folle que le New Yorkais Colin Beavan a racontée durant un an sur son blog. Il est paru en France en 2010 chez Fleuve Noir en grand format et en 2011 chez 10/18.

2006. Le réchauffement climatique flotte comme une menace fantasmée par les scientifiques et l'opinion publique et les politiques font la sourde oreille. Mais Colin Beavan, qui vit en plein coeur de Manhattan, sent bien que quelque chose ne tourne pas rond lorsqu'il observe des étudiants en tee-shirt en décembre, avec 20° au thermomètre. Alors qu'il réfléchit à son comportement de consommateur et à ses incidences sur l'environnement, il décide d'agir. Et pas de n'importe quelle manière : durant un an, avec Michelle, sa femme et Isabella, leur fille d'un an et demi, Colin va essayer de vivre le plus écologiquement possible en essayant d'atteindre le zéro impact environnemental. Donc zéro empreinte carbone, zéro déchet, zéro pollution dans l'air, zéro toxine dans l'eau, zéro ressource pompée à la planète. En gros, réduire son empreinte écologique à zéro. Ce qui implique un plan annuel progressif qui débute par la question des déchets, puis celle des transports, des produits ménagers et cosmétiques, de la nourriture et enfin de l'électricité. Plus de plats préparés, de légumes sous vide, de bouteilles plastiques, de couches jetables, d'ascenseur, de métro, de réfrigérateur, jusqu'à l'électricité en général, Michelle, Isabelle et Colin vont progressivement abandonner tout ce qui semble aujourd'hui être synonyme de progrès, pour mieux s'interroger. Et force est de constater que les résultats sont diablement intéressants et inspirants. 

J'en vois déjà qui murmurent dans leur barbe que mon blog se transforme en mix entre romans feel good et documentaires écolo... Je vous avoue que ce n'est pas l'idée mais si les premiers me permettent en ce moment de me détendre et de m'évader, les seconds nourrissent une réflexion débutée depuis plusieurs années. Après Zéro déchet, ma super copine Hélène, engagée dans une démarche similaire à la mienne, m'a prêté ce livre et je dois dire que sa lecture a été des plus édifiante.

Jamais moralisateur, avec une humilité des plus déconcertantes, Colin Beavan se présente en citoyen lambda, conscient des enjeux planétaires et qui décide d'agir, ou tout du moins d'essayer. Sa réflexion permet d'aborder la dichotomie entre action collective et action individuelle et de se faire sa propre opinion. Récit de cette année de réflexion et de tâtonnements, ce livre suit les recherches de l'auteur, ses hésitations, ses doutes, les difficultés qu'il rencontre à mettre en oeuvre son projet (notamment familiales). Mais sans jamais baisser les bras, en contactant divers spécialistes, associations, politiques, Colin poursuit son projet de No Impact et l'adapte à son quotidien. Car se priver d'ascenseur quand on habite au neuvième étage d'un immeuble est déjà un énorme pas, comme celui d'aller au marché quand les repas sont habituellement achetés sous vides ou livrés par des traiteurs, ou encore décider d'être locavore quand on vit à Greenwich Village, en bas de la 5e Avenue. Colin et sa famille expérimentent beaucoup de choses, discutent, s'engueulent, parlementent, se réjouissent de certaines trouvailles, moins d'autres. Mais surtout ils se rendent compte à quel point une vie moins sédentaire leur convient mieux, que des plats frais préparés avec des aliments simples et sains leur donnent beaucoup plus d'énergie, qu'abandonner la télé leur permet de davantage profiter des liens sociaux, etc. Tous les trois semblent avoir trouvé une façon de vivre certes extrême durant un an, mais beaucoup plus saine, détendue, économique et bonne pour leur santé et Colin conclut son ouvrage en listant les habitudes qu'il a conservées après cette année expérimentale (la tasse réutilisable, le vélo, etc.), celles qu'il a adaptées et celles qu'il a abandonnées.

Colin Beavan, une sorte de héros sauveur de la planète, un surhomme en collant vert qui porte sa fille sur ses épaules pour descendre les neuf étages de leur immeuble, qui roule en tricycle en plein coeur de Manhattan, qui va au marché trois fois par semaine pour acheter des produits qui viennent d'un rayon de 400km maximum et cuisiner des repas sains et végétariens pour sa petite famille, qui s'occupe des couches lavables de sa fille (sa femme ayant décrété que comme c'était son projet, il en assumait les conséquences !), de la lessive à la main, monte à pied les douze étages de l'immeuble où il travaille, fait pousser de la menthe sur son balcon pour préparer des infusions qui remplacent le café, se trimballe avec un vieux pot de cornichons en guise de verre pour l'eau ou le thé, bref, Colin, une voix qui s'est élevée dès 2007 sur des problématiques qui nous concernent tous et qui a fait une drôle d'expérience que l'on devrait tous lire.

Pour ma part, vous vous en doutez si vous me connaissez un peu (et vue la longueur de cet article - du reste je vous félicite si vous l'avez lu en entier, le cas échéant je vous lance virtuellement des petits bouts d'épluchures de légumes, zéro déchet oblige !), ce livre m'a bien entendu ravie et donné envie de continuer ma réflexion sur le sujet. Depuis ma chronique sur Zéro Déchet et la liste des choses que j'avais entreprises pour la planète, j'ai continué à avancer : j'ai repris les serviettes en tissu plutôt que l'essuie-tout à la maison comme au boulot, j'ai acheté une gourde réutilisable (mon super Gobi que je vous présentais fièrement hier sur Instagram et que j'aime déjà d'amour !), j'ai vidé presque totalement mes boîtes mails boulot et perso et je recycle systématiquement tout carton et papier (chose que je ne faisais que partiellement jusqu'alors, alors que le verre cela fait bien longtemps). Il y a encore des choses à faire mais en trois mois, je me rends compte que j'ai quand même avancé. Prochaine étape : les cosmétiques ! Mes copines m'ont acheté le livre Slow Cosmétique le guide visuel pour mon anniversaire et je crois que je vais avoir peur de voir tout ce que je mets sur ma peau et mon corps... et que je rejette ensuite dans les eaux et qui pollue ! Et pour ceux qui en ont marre, je vous annonce qu'il y aura sous peu une autre chronique verte avec le livre super rigolo mais très intructif Famille (presque) zéro déchet que mes copines m'ont aussi offert pour mon anniversaire. J'en suis complètement fan et je sens que je vais encore vous en faire des tartines... 

 A la fin de son expérience, Colin Beavan a lancé un projet mondial No Impact au printemps 2009, conjointement à la sortie de son livre et qui permet de mutualiser des réflexions sur le sujet. N'hésitez pas à aller faire un saut sur le site (en anglais par contre !)

 

 Et parce qu'il a lancé un blog dès le début de son projet, Colin a bénéficié d'une large visibilité dans les médias pour relater son expérience et a été suivi par une équipe de cinéastes indépendants qui ont réalisé un film sur cette année hors du commun. Alors si vous voulez savoir comment Colin, Michelle et Isabella ont vécu cette année No impact, jetez un oeil à cette bande-annonce !

Une chronique de soukee rangée dans Documentaires - Vos commentaires [14] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , ,

28 janvier 2016

Zéro Déchet, Béa Johnson

Zéro déchet, Béa JohnsonZéro Déchet est un livre de la française émigrée au Etats-Unis Béa Johnson paru en 2013 aux éditions Les Arènes.

A l'origine, un blog - Zero Waste Home - et le projet un peu fou de faire disparaître tous les déchets de sa maison, avec comme crédo 5 verbes :  Refuser, Réduire, Réutiliser, Recycler, Composter. Voilà comment tout a commencé pour Béa Jonhson. Quand elle se lance dans cette aventure un peu folle en 2008, son entourage s'étonne et n'y voit que lubie éphémère. Cinq ans plus tard, et avec moins d'un litre de déchets annuels pour sa famille de quatre personnes, celle qui est devenue le porte-parole du zéro déchet publie un livre dans lequel elle nous fait part du fruit de ses réflexions et nous délivre de précieux conseils.

J'avais entendu parler de Béa Johnson à la sortie de son livre, mais il faut croire qu'à l'époque j'étais trop centrée sur ma petite personne pour lever le nez et me soucier de l'environnement et de l'avenir de l'Humanité... Aujourd'hui, et après avoir vu le film Demain de Cyril Dion et Mélanie Laurent, cette idée a pris tout son sens et ce livre a trouvé une résonance en moi. En bref, j'ai eu un déclic.

J'ai toujours été très concernée par l'environnement et j'ai essayé pas mal de choses dans le passé (quand j'étais une toute jeune étudiante toulousaine, je n'avais pas de voiture mais un vélo, utilisais des noix de lavage pour ma lessive et achetais déjà mes livres d'occasion chez des bouquinistes !) mais j'ai eu envie d'aller plus loin. De réfléchir davantage à la question. Et cette lecture m'en a donné l'occasion. 

Sans aller jusqu'à utiliser de la mousse en guise de papier toilette (l'auteure s'est elle-même égarée un temps dans cette voie !), il y a dans ce livre une foule d'idées à piocher selon son quotidien, son mode de vie, ses priorités. Sans être moralisatrice ou culpabilisante, Béa Johnson nous donne une sacrée dose d'énergie positive pour changer les choses. Je ne vous parle pas du budget, car comme l'annonce la couverture, réduire ses déchets permet de faire de sacrées économies ! Pourquoi donc s'en priver ? Pour ceux qui pensent encore que la préoccupation environnementale est le fait de bobos désoeuvrés qui s'entichent de causes tendances avant de les délaisser, allez jeter un oeil au film de Cyril Dion et Mélanie Laurent et rendez vous compte à quel point c'est le fait de tous et que notre humanité dépend de ce que nous sommes en train de faire. Non, réduire ses déchets ce n'est pas juste une lubie d'une mère au foyer qui a tout son temps (Béa Johnson a dû affronter des détraqueurs qui l'ont attaquée sur ce terrain-là), ni la préoccupation des végétariens amis des animaux. C'est une question de société. Elles sont nombreuses les voix qui le disent depuis longtemps. Maintenant, il est temps d'agir. Si chacun changeait ne serait-ce qu'une habitude, notre avenir et celui de notre planète seraient différents...

Pour ma part, après avoir dévoré ce livre en trois jours, j'ai réfléchi à ce que je faisais déjà et à ce que je voulais mettre en place de plus. Et parce que je me dis que ça peut être inspirant ou faire naître une énergie et une volonté nouvelles chez certains, voici le fruit de mes réflexions :

Voici ce que j'avais déjà mis en place

Refuser

  • tout sac plastique: je me balade toujours avec un mini-sac pliable de Mark&Spencer que j'aime d'amour sur moi.
  • toute publicité : j'ai un Stop Pub sur ma boîte aux lettres depuis plus de dix ans. Je n'éprouve aucun manque à feuilleter les publicités : c'est un gain de temps et d'argent (je ne suis pas tentée d'aller acheter des objets ou de la nourriture en promotion, dont je n'avais pas besoin à l'origine).
  • les fruits et légumes qui ne sont pas originaires de France pour amoindrir leur empreinte carbone (sauf pour les agrumes et les rares fruits exotiques que j'achète, comme les bananes).

Réduire

  • les objets qui rentrent chez moi : je réfléchis à l'utilité et l'usage futur de chaque objet avant de l'acquérir
  • ma consommation de viande (bon c'est facile parce que je n'étais pas amateur mais l'impact est réel sur l'environnement)
  • mes trajets en voiture : l'essentiel de mes trajets se fait en transports en commun et à pied, j'ai même abandonné mon diesel au profit d'une petite voiture essence plus adaptée à mes rares déplacements
  • les compositions à rallonge dans ce que je mange et ce que j'utilise pour ma salle de bain et mon ménage. J'utilise ainsi l'huile de coco ou d'olive pour faire des masques pour les cheveux, un pain de savon pour me laver au lieu de gels douches, du savon noir pour faire mon ménage, du bicarbonate de soude pour blanchir mon linge et mes dents, du vinaigre blanc pour nettoyer mes vitres et détartrer mes appareils électroménagers (bouilloire, lave-linge, etc.).
  • ma consommation d'électricité en remplaçant toutes mes ampoules par des LED et en ayant opté pour une électricité 100% verte.
  • ma consommation d'eau en coupant l'eau quand je me douche et en utilisant un pommeau qui insuffle de l'air et fait économiser 30% d'eau.
  • les médicaments pour éviter qu'ils soient rejetés dans les toilettes par les urines et polluent : je me soigne au maximum par homéopathie et remèdes naturels (décoction de gingembre, lavage de nez à l'eau de mer, tisane de thym et de miel, etc.)
  • mes déchets de protections périodiques : j'utilise une cup depuis un an.
  • mes déchets numériques : j'ai une barre de favoris assez développée pour éviter de systématiser l'usage d'un moteur de recherche pour aller sur un site que je connais déjà (une recherche Google utilise autant d'énergie que pour chauffer une tasse de café) et j'utilise Ecosia, un moteur de recherche engagé dans une démarche de développement durable en luttant contre la déforestation grâce aux revenus engendrés par la publicité.
  • les emballages : je fais mes yaourts depuis dix ans (j'ai une yaourtière du tonnerre !) et j'adore l'idée de prendre 5mn pour faire une douzaine de yaourts maison (même si ces derniers temps, à cause de mes problèmes articulaires, j'ai réduit les produits laitiers et n'en mange quasi plus).

Réutiliser

  • acheter d'occasion : cela fait longtemps que j'achète sur divers sites ou en brocante (livres, jeux vidéos, console, même ma cuisinière trouvée 40€ sur Leboncoin !)

Recycler 

  • le verre
  • le papier écrit d'un côté devient un brouillon pour faire mes courses. 

Composter

  • jamais eu de jardin, mais je n'ai jamais sauté le pas d'avoir un compost intérieur !

 

  Et voilà ce que je vais faire pour aller plus loin

Refuser

  • ce qui est gratuit si je n'en ai pas l'utilité ou que ça fait doublon chez moi (stylos, échantillons de parfums, etc.)

Réduire

  •  les mails dans ma boîte mail pour éviter de stocker inutilement des données numériques et faire tourner des serveurs en plus
  • les emballages en privilégiant le vrac et en faisant mes courses avec des bocaux pour prendre la quantité dont j'ai besoin. Je vais aussi me coudre des sacs légers en soie pour peser mes fruits et légumes au supermarché.
  • mes produits ménagers en utilisant davantage les propriétés du vinaigre blanc et du bicarbonate de soude. 

Réutiliser

  • les objets de mon quotidien en les détournant au lieu de systématiquement les jeter (dernier exemple en date : deux bougies en verre terminées que j'ai nettoyées et qui trônent désormais fièrement dans ma salle de bain : une remplie de cotons, l'autre de cotons-tiges), acheter des vêtements d'occasion dans des fripes vintage (je sens que soeurette sera mon alliée imparable pour ce type de shopping !)

Recycler

  • tout carton et papier pour qu'ils soient recyclés.

Composter

  • bon, ce n'est toujours pas prévu !

"Ne doutez jamais qu'un petit groupe de citoyens engagés et réfléchis puisse changer le monde. D'ailleurs, rien d'autre n'y est jamais parvenu." Margaret Mead, anthropologue américaine (p.369)

Et vous, quels sont vos gestes pour la planète, pour vos enfants, pour notre avenir ?

Ce billet vous donne-t-il envie de changer quelque chose ?

 

Une vidéo pour découvrir Béa Johnson et son mode de vie minimaliste

Une chronique de soukee rangée dans Documentaires - Vos commentaires [36] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,

02 juin 2013

Biomood, un féminin pour réinventer son quotidien

Souvenez-vous...
Il y a quelques temps, j'étais sortie des sentiers des livres pour vous parler d'un magazine qui m'avait conquise.
On était en septembre 2012. Il s'agissait de XXI.

Aujourd'hui, je reviens vers vous pour vous présenter une nouvelle trouvaille.
Découvert le weekend dernier, j'ai lu les 4 numéros parus à la vitesse de l'éclair, j'ai coché un nombre incalculable de pages, noté moult adresses internet à consulter, essayé deux recettes, et j'en passe.
Bref, je suis tombée amoureuse de...

Biomood

   

 

Biomood, qu'est ce que c'est ? Une toute nouvelle revue éco-pratique bimestrielle dont le premier numéro est paru en novembre 2012. A ce jour, 4 numéros sont sortis, et le dernier est en kiosque depuis le 30 avril.

Pourquoi c'est bien ? Parce que c'est un féminin engagé qui permet de réfléchir à ses pratiques pour mieux les modifier de façon responsable. Aucune incitation à la consommation, au contraire, mais des idées à piocher, des sites internet qui regorgent d'info à consulter et des articles courts mais riches à lire. Le dernier numéro nous propose ainsi de teindre nos tissus avec des végétaux, de savoir exactement ce que contient la bouteille de vin qu'on achète, de faire germer ses graines, de connaître davantage les Fleurs de Bach, d'observer et reconnaître les papillons de notre jardin, de découvrir les robes éphémères de Bethsabée Beslon, de réfléchir aux bouquets de fleurs et à leur culture pas très écolo, etc. Des thématiques diverses mais un fil rouge : penser autrement son quotidien.

Où la trouve-t-on ? Dans les presses (la liste de point de ventes ici !).

Combien ça coûte ? 3,50€ l'exemplaire, à raison d'une parution tous les deux mois.

Bonus : L'interview de Corinne Allavena, la rédactrice en chef du magazine, sur France Inter, à l'occasion de la sortie du deuxième numéro.

J'avais envie de partager avec vous cette découverte qui a éclairé ma semaine et m'a rendue toute guillerette.

Je vous ai intrigué ? Vous avez envie d'en savoir plus ?
Filez sur le site de Biomood !

Biomood

Une chronique de soukee rangée dans - Vos commentaires [14] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,

18 décembre 2012

Je veux un vieux Noël, Irène Cohen-Janca et Caroline Dall'ava

Je veux un vieux Noël, Irène Cohen-JancaJe veux un vieux Noël est un court roman jeunesse paru en 2007 aux Editions du Rouergue, écrit par Irène Cohen-Janca et illustré par Caroline Dall'ava.

Théo adore Noël. Chaque année, il voit avec plaisir la fin de l'année arriver car elle est synonyme de décorations du sapin et de la maison, d'emballages de cadeaux, etc. Mais cette année, les parents de Théo ont une surprise : ils ont décidé, dans un soucis écologique, de changer leurs habitudes. Plus de vrai sapin mais un sapin dessiné sur le mur du salon, plus de vraies décorations mais des collages et dessins de Théo et son petit frère. Pour les deux garçonnets, et malgré l'argument en faveur de la nature, la nouvelle est rude. Ils décident de riposter...

Voilà un petit roman très réjouissant ! Court, agrémenté d'illustrations en noir et blanc, il aborde la question de la tradition de Noël et des dérives de la consommation avec beaucoup d'humour. Théo est un personnage à la limite de l'adolescence, pour qui les traditions de son enfance ont encore beaucoup de valeur à ses yeux. Scindé en dix chapitres, ce roman se révèle accessible aux plus jeunes et offre un regard singulier sur Noël. Une lecture très agréable !

Merci à Herisson de m'avoir offert ce petit livre lors du Swap Enfants de Noël !

Une chronique de soukee rangée dans Romans jeunesse - Vos commentaires [10] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,

20 novembre 2009

Je serai les yeux de la Terre

yeuxVoici un très beau documentaire à offrir (ou se faire offrir !)
Je serai les yeux de la Terre est un album publié en 2007 aux Éditions Rue du Monde qui regroupe des photos de l'agence Altitude, des textes d'Alain Serres (fondateur des éditions) et des illustrations à l'encre de Chine de Zaü.


Ce magnifique ouvrage a pour objectif de concerner le lecteur sur les ravages écologiques actuels et sur l'importance du développement durable (je sens que ça pourrait en intéresser certaines...)
Les illustrations de
Zaü font écho aux vues aériennes incroyables des différents photographes, et en sont comme un prolongement.
A la fin de l'album se trouve un lexique des mots-clés du développement durable, pour aborder ce thème en toute connaissance de cause.

Personnellement, j'ai été très touchée par cet album original, mêlant réalité et fiction grâce à l'entremêlement des photos et de l'encre de Chine. Une jolie façon d'aborder les problèmes de notre planète sans démagogie, seulement avec des mots lourds de sens qui permettent une réelle prise de conscience.
A feuilleter pour le plaisir de l'esthétique des illustrations et des photos aériennes, et à lire pour réfléchir et agir...

Une chronique de soukee rangée dans Albums - Vos commentaires [3] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés :