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18 mars 2012

Enola game, Christel Diehl

Enola GmaChristel Diehl est professeur à l'Université de Nancy. Enola game est son premier roman, paru en février 2012 aux éditions Dialogues. Et pour un premier roman, il a fait couler beaucoup d'encre sur la blogosphère littéraire ! Mais j'ai su rester imperméable aux chroniques des autres blogueuses avant de me plonger dans ce livre... pour mieux l'appréhender !

Une mère et sa fille. Une catastrophe. La grande lumière, pour la petite. Enola game, pour sa mère, en référence à l'avion qui  largua la première Bombe A sur Hiroshima. Comment continuer à vivre quand on ne sait pas ce qui se passe dehors ? Quand les vivres s'amoidrissent au fil des jours ? Que le quotidien se désagrège dans l'attente ?  Que les souvenirs s'estompent ? Et que l'avenir est plus flou à mesure que le temps passe ?

Je n'irai pas par quatre chemins, comme à chaque fois que je suis conquise par une lecture : ce court roman de 118 pages est un texte magnifique, et ce à plusieurs niveaux.
Magnifique tout d'abord par la plume poétique de Christel Diehl. L'auteure choisit ses mots avec soin et chaque phrase possède une prosodie étonnante. Le rythme, la musicalité, les figures de style participent de la beauté de ce texte. Les réferences littéraires sont nombreuses et ponctuent le texte, comme une culture à laquelle s'accroche désespérément la mère.

Magnifique ensuite pour son intrigue qui, si elle se fonde sur une situation post-apocalyptique, possède une originalité déroutante. De cette catastrophe, nous n'en saurons rien, et là n'est pas le propos. Christel Dielh s'attache à la question de la survie dans une situation dramatique. Comment continuer à vivre dignement quand on ne peut plus se laver, quand la nourriture vient à manquer et la folie à poindre son nez ? On ne peut que penser au récit d'Anne Frank, aux opprimés obligés de se cacher, à notre passé. Les résonnances font froid dans le dos mais sont évidentes.
Magnifique, enfin, dans la relation entre les deux personnages, la mère et son enfant. Dans la volonté de la première de protéger la seconde de cet extérieur menaçant dont elle ignore tout. C'est beau, c'est très beau, et dans le même temps on se dit que sans ce personnage enfant, l'adulte n'aurait pas lutté aussi longtemps. C'est dans la protection de son enfant qu'elle trouve la force de continuer à imaginer un avenir, se nourrir de son passé tout en se moquant de la vacuité de certaines de ses réflexions antérieures. Pour continuer à avancer. Sa force, c'est cet enfant de quatre ans à peine, qui a si peu vécu et qui mérite encore que le soleil se lève, que le printemps réapparaisse et que la nature offre à ses yeux un émerveillement renouvelé. Cette histoire, c'est celle de cet espoir nécessaire à la survie.
Une très belle rencontre que ce roman. Pourtant... Pourtant j'ai eu du mal à me plonger dedans. Redoutant une claque. Redoutant une histoire forte que j'aurais du mal à supporter. Mais quand j'ai ouvert le livre etCoup de coeur 2012 que j'ai vu la citation liminaire de Maxence Fermine, (que j'avais notée
dans ma chronique), il y a eu un déclic. Et j'ai lu ce roman d'une traite. Je suis tombée sous le charme de la plume de Christel Diehl. Elle a su m'émouvoir avec ses mots et son intrigue qui a fait résonner des choses en moi au fil des pages. Bref, voici mon quatrième coup de coeur  de l'année 2012. A lire au plus vite ! 
Les avis de Canel, Manu, Clara et Noukette sur cette lecture, histoire de convaincre les indécis.

"Elle quitte toujours à regret le refuge illusoire de son sommeil aux mille cloisons mouvantes." (p.11)

"Les mots courent sur le papier comme une armée d'insectes couturiers, inlassablement occupés à tisser ses souvenirs, à tricoter l'intrigue et à filer les métaphores à la quenouille de ses rêves." (p.57)

Un grand merci à Laure-Anne et aux Editions dialogie pour la découverte de ce fantastique roman.

 

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06 janvier 2012

Boys don't cry, Malorie Blackman

Boys don't cryBoys don't cry est le dernier roman de l'anglaise Malorie Blackman paru en France en octobre 2011 chez Milan.

Dante, dix-sept ans, attend les résultats de ses examens de fin d'études. Son rêve ? Aller en fac. Mais le jour où son ancienne copine débarque chez lui avec un bébé dans les bras, son destin bascule. Celle-ci lui laisse la petite Emma, sa fille, et file sans lui laisser le choix. Dante se retrouve alors père, à dix-sept ans, d'une enfant d'un an. Comment gérer une paternité non désirée ? Comment apprendre, lorsqu'on vit avec son père et son frère, à s'occuper d'un enfant ? Et quel avenir, pour le jeune adolescent et sa fille ?

Attention, je le dis dès le début de mon billet, ce roman a été uCoup de coeur 2012n énorme coup de coeur ! Je sais, 2012 commence sur les chapeaux de roues car j'en suis déjà à mon deuxième coup de coeur de l'année, mais je ne peux pas laisser passer une telle lecture sans mettre l'accent dessus (et pour ma défense, je peux passer des mois sans avoir de lecture qui me ravit...)

Boys don't cry aborde avec finesse des thèmes sensibles proches des préoccupations adolescentes. Avoir un enfant à dix-sept ans, réfléchir à son orientation sexuelle (pour un des personnages secondaires) ou perdre un parent sont autant de sujets délicats à traiter en littérature de jeunesse en évitant le pathos. Malorie Blackman s'en sort haut la main, proposant avec ce roman un récit puissant à la tonalité dramatique indéniable.
L'alternance de points de vue entre le personnage principal, Dante, et son frère, Adam, offre une intrigue riche qui ne se cantonne pas à la question de la paternité. Adam, le frère de Dante, assume en effet son homosexualité malgré l'intolérance et les violences auxquelles il est confronté, offrant ainsi une réflexion sur cette question éloignée de celles que l'on peut rencontrer dans la littérature de jeunesse actuelle. 
L'originalité de ce roman réside dans la façon dont l'auteure aborde le fait de devenir parent à l'adolescence. Il n'est pas courant, en littérature en général, en littérature de jeunesse en particulier, que ce soit un garçon qui soit confronté à ce problème. L'auteure va plus loin avec cette idée en faisant apparaître la petite Emma dans un univers exclusivement masculin. Dante vit seul avec son père et son frère. A lui de s'approprier sa paternité soudaine avec l'aide de ses proches. L'auteure met à  bas tous les clichés du père absent et désintéressé et nous offre une galerie de personnages à la psychologie finement esquissée.

J'ai été conquise par la capacité de Malorie Blackman à faire une narration à la première personne avec des personnages adolescents sans démagogie ni langage jeune ridicule. C'est difficile, en tant que romancier adulte, de se mettre dans la peau d'un ado. Et elle y parvient avec succès ! Cette première découverte de son oeuvre se solde par un gros coup de coeur. Moi qui n'ai pas encore lu Entre chien et loup et ses suites, cela ne saurait tarder...

Lecture pro
Encore une lecture professionnelle qui me ravit ! J'ai ri, j'ai pleuré, j'ai été émue... Bref, je ne peux que chaudement vous recommander la lecture de ce roman.

Et voici ma quatrième participation au Mois anglais de Lou, Cryssilda et Titine (et oui, Malorie Blackman est anglaise... moi aussi je croyais qu'elle était américaine !)

 

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L'avis de Livrons-nous, qui avait adoré aussi.

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16 septembre 2011

A l'enfant que je n'aurai pas, Linda Lê

9782841115631Les Affranchis est une nouvelle collection des éditions NiL conçue et dirigée par Claire Debru. En voici la ligne éditoriale :

"Quand tout a été dit sans qu'il soit possible de tourner la page, écrire à l'autre devient la seule issue. Mais passer à l'acte est risqué. Ainsi, après avoir rédigé sa Lettre au père, Kafka avait préféré la ranger dans un tiroir. Écrire une lettre, une seule, c'est s'offrir le point final, s'affranchir d'une vieille histoire. La collection « Les Affranchis » fait donc cette demande à ses auteurs : « Écrivez la lettre que vous n'avez jamais écrite. »"

A l'enfant que je n'aurai pas est un texte dans lequel Linda Lê s'adresse de façon intime à cet enfant qui n'existe pas, celui qu'elle a décidé de ne pas avoir. Par ce choix difficile - celui de ne pas donner la vie, de ne pas être mère - Linda Lê s'affranchit des conventions sociales bien ancrées dans notre inconscient collectif. Ne pas avoir d'enfant peut-être un choix, et non pas une résignation, et être bien vécu.
C'est donc dans cette lettre à cet enfant imaginaire que Linda Lê défend son choix de vie, son refus de devenir l'image même de la femme nécessairement mère. Sans pour autant renier sa féminité. Sans pour autant renier ce qu'elle est, et ce qu'elle sera.
Cet exercice de style intime s'il en est est une merveille d'écriture. Linda Lê nous livre dans une plume imagée et poétique une partie de son passé, décortique et donne à voir ce qu'ont été son enfance et son rapport à sa mère et à la maternité. Un texte poignant, engagé, intime et vibrant. A lire d'un souffle, d'une traite, sans respirer !

Je remercie libfly et les Editions Nil  pour ce livre reçu en avant-première.
  Capture

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24 février 2011

Les étranges talents de Flavia de Luce, Alan Bradley

les_etranges_talents_de_flavia_de_luceLes Étranges talents de Flavia de Luce est le premier roman de l'écrivain septuagénaire canadien Alan Bradley.

Angleterre, été 1950. Dans le manoir familial des de Luce, Flavia et ses deux sœurs s'ennuient. Leur père, distant, est plongé dans sa collection de timbres, négligeant ses filles depuis le décès de leur mère.
Le jour où Flavia découvre un oiseau mort avec un timbre planté dans le bec et un cadavre dans le potager familial,
la fillette émerge de la douce torpeur de ses journées et décide de mener l'enquête, seule.

J'ai été très curieuse de découvrir ce roman qui a fait beaucoup de bruit sur la blogosphère, il y a quelques mois. L'ayant à lire dans le cadre de mon travail, j'ai fait d'une pierre deux coups.
Si j'ai apprécié l'ambiance générale de ce roman - l'Angleterre, les années 1950, la paisible tranquillité de la campagne -  je n'ai pas du tout été conquise par celui-ci (troisième billet successif de lectures qui ne m'enchantent pas...)
L'ambiance surannée du manoir familial et des années cinquante offre à ce roman un cadre agréable au charme singulier peu original mais appréciable. La solitude du personnage de Flavia est compensée par son attrait pour la chimie, et si peu d'adolescents actuels se reconnaîtront dans cette héroïne, beaucoup peuvent apprécier l'aspect ludique de cette science et les possibilités qu'elle permet.
Malheureusement, l'intrigue est lente et parfois prévisible et des invraisemblances trop nombreuses ponctuent le récit (notamment sur la probabilité qu'une enfant de onze ans réussisse là où des enquêteurs chevronnés échouent...) Je suis allée au bout de cette lecture uniquement car je prenais le train et que je l'ai lue d'une traite. Je ne suis pas sûre que ça aurait été le cas sans ce voyage...
Je remercie néanmoins C. et J. qui m'ont offert ce roman pour Noël, suivant scrupuleusement la liste que je leur avais donnée pour les aiguiller ! 

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01 décembre 2010

Le livre de Noël, Selma Lagerlöf

9782742771035FSEn ce beau et froid premier jour de décembre (je pourrais même rajouter neigeux !), je ne peux pas résister à l'envie de vous parler d'un petit recueil de récits qui me narguait depuis quelques temps sur mon étagère et que j'ai finalement dévoré : Le livre de Noël de Selma Lagerlöf.

Publié pour la première fois en 1945 par celle qui reçut le Prix Nobel de littérature en 1909 et qui est l'auteure du Merveilleux Voyage de Nils Holgresson à travers la Suède,  ce recueil est composé de huit courts
récits de Noël issus du folklore suédois.
Du conte racontant l'histoire de Sainte Luce au récit d'une fillette, avide de livres, qui reçoit en cadeau pour Noël un roman en français, en passant par l'histoire d'un colporteur voleur et malhonnête, pris à son propre piège, les trames narratives sont variées, pour le plus grand plaisir de lecteur !

Un très beau recueil qui permet d'appréhender, sous un angle nouveau, les traditions suédoises concernant Noël. Portées par la plume d'une conteuse aguerrie, ces petits contes nous entraînent avec brio dans chaque histoire, grâce à des descriptions ciselées très bien menées.
Je ne saurais en dire davantage sans vous dévoiler ce qui fait le plaisir de ce court livre...
Je n'aurai qu'une parole : à découvrir absolument ! A lire à haute voix, à petits et grands, pour créer une atmosphère digne des fêtes, à l'image du recueil de cette grande auteure.

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09 avril 2010

Le grand fariboleur, Marie-Sabine Roger, Arno

9782848651378FSJ'avais découvert cet album il y a deux ans grâce à ma sœur qui travaille en bibliothèque jeunesse. De retour chez elle, je l'ai relu et j'ai eu envie de vous en parler car il avait été un grand coup de cœur pour moi à l'époque. Mais n'ayant pas de blog au moment de sa découverte, je n'avais pas pu beaucoup en parler autour de moi...

A l'aube naissante, quand les enfants dorment à poings fermés, le Fariboleur entre doucement dans leurs chambres pour récolter les fariboles, "ces pelures de songeries qui s'éparpillent au bas des lits comme de minuscules miettes", afin de les bricoler dans son atelier, et d'illuminer ensuite les rêves des enfants soucieux...

Une intrigue imaginative, portée par les illustrations d'Arno, hautes en couleurs et absolument magnifiques.
Une poésie dans la plume de Marie-Sabine Roger qui entraîne le lecteur dans cette histoire aux mille couleurs.
Un conte intemporel pour petits et grands dont la lecture est un délice tant pour l'oreille que pour l'œil.
Une plongée onirique dans
un univers merveilleux qui ne laisse pas indifférent.

IMG_3761_d019dUn excellent album à découvrir absolument, pour rendre grâce aux talents de ses deux auteurs... Merci sœurette pour cette découverte ! Seul regret : ne pas l'avoir acheté et fait dédicacer quand il est venu dans ta médiathèque...

J'inscris bien entendu cette lecture dans le cadre du Challenge "Je lis aussi des albums" initié par Herisson08 et comme quatrième participation au Challenge Des contes à rendre de Coccinelle !

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