Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

29 octobre 2014

Contrecoups, Nathan Filer

Contrecoups, Nathan FilerContrecoups est le premier roman du britannique Nathan Filer paru en août pour la rentrée littéraire aux Éditions Michel Lafon. Lauréat du Prix Costa qui récompense le meilleur livre de l'année en Grande-Bretagne, Contrecoups est directement inspiré de l'expérience en hôpital psychiatrique de Nathan Filer durant dix ans, en qualité d'infirmier. 

Matthew, dix-neuf ans, est hanté par la mort de son frère, Simon, survenue dix ans auparavant. N'ayant jamais pu dépasser la culpabilité qui le hante, Matthew souffre désormais de schizophrénie et se débat avec cette maladie.
Pour exorciser celle qu'il compare à un serpent, Matthew s'exprime à travers des écrits, des dessins. Pour raconter son passé, cette nuit terrible où tout a basculé, l'après. Après la mort de Simon. Après ce vide laissé derrière lui et qui a ouvert la voie au chagrin de ses parents. Ce moment où il a perdu pied, à l'adolescence. Et puis son quotidien, en centre de jour, dans un hôpital psychiatrique. Matthew nous raconte son histoire, sans faux-semblant ni hypocrisie.

Voilà un des premiers romans noté lors de mon repérage de rentrée littéraire et que j'avais hâte de découvrir. Je pressentais une grande émotion lors de cette lecture, une narration à la première personne qui allait me prendre à la gorge et m'entraîner dans un tourbillon intime dont je ne ressortirais pas indemne, un roman que je ne pourrais lâcher tant le sujet, dur, allait me hanter et me tenir en haleine jusqu'à la dernière page.
Mais non. Rien de rien. Je suis restée complètement de marbre face à cette histoire pourtant intéressante et accrocheuse et j'ai tourné les pages avec une lassitude grandissante, étonnée de ne pas être touchée par cette intrigue.
Matthew ne m'a pas émue avec son drame familial et sa lente plongée dans la maladie, ni l'histoire de son frère trisomique, et sa mort aussi bête que tragique. Malgré une narration en je, l'ensemble est froid, distancié et n'a fait naître aucune émotion en moi. Je n'ai pas été mal à l'aise à l'évocation cynique par Matthew de son quotidien en hôpital psy, ni n'ai éprouvé une quelconque tristesse lors de la description de son mal-être après le décès de son frère. Rien. 
Alors certes, allez-vous me rétorquer, ce n'est pas parce que je ne pleure pas toutes les larmes de mon corps en lisant ce roman qu'il n'est pas bon. Soit. Mais pour ma part je suis restée spectatrice passive de ce drame, pas concernée une seconde par ces personnages si peu consistants. Même Matthew, protagoniste principal, demeure un personnage flou auquel il est difficile de s'attacher. Le fait qu'il prenne en charge la narration ne permet pas d'objectivité quant à sa personnalité mais le tout semble se résumer à sa schizophrénie et à son travail de deuil. Le traitement même de la maladie est rapide - puisque pris en charge par celui qui en souffre - et n'offre pas de point de vue intéressant sur la question.

Bref. Si le roman possède une originalité dans son traitement à la première personne, la magie n'a pas opéré pour moi. Une première lecture de cette rentrée littéraire à côté de laquelle je suis complètement passée, c'est indéniable.
D'autres avis, beaucoup plus enthousiastes : Azilis, Cajou, Dup et Radicale ne sont pas sorties indemnes de cette lecture.

Je tiens néanmoins à remercier les éditions  et  pour ce roman reçu dans le cadre de l'opération Masse Critique.

Une chronique de soukee rangée dans Littérature anglaise - Vos commentaires [14] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,


21 janvier 2014

Des contes dans mon assiette, Madeleine Deny

Des contes dans mon assietteDes Contes dans mon assiette est un coffret composé d'un livre de recettes accompagné de trois emporte-pièces, paru aux éditions Tourbillon en juin 2013.

Avouez-le : n'avez-vous jamais rêvé devant les douceurs évoquées dans les contes de votre enfance ? Devant le gâteau que confectionne Peau d'Ane pour son prince, les scones que déguste Alice lors de sa rencontre avec le Chapelier ou encore la galette du Petit Chaperon rouge... Grâce à ce coffret, vous allez pouvoir vous replonger dans ces contes et réaliser facilement leurs recettes.

Comment résister à un tel coffret ? De mon côté, la tentation a été grande, même si j'ai pleinement conscience de ne pas faire véritablement partie du lectorat visé (hum hum...)
Disons que j'ai adoré découvrir ce coffret, parcourir les extraits de contes qui fragmentent l'album et tester certaines recettes et que je me suis sentie investie d'une mission d'adulte testeuse. Verdict ? J'ai été conquise et j'aurais adoré avoir ce livre de recettes il y a vingt ans. Oui, dit comme ça, ça fait vieux, mais que voulez-vous, je vais arrêter de nier que j'ai vingt ans et de très grosses poussières maintenant !
Pour les enfants, à qui s'adresse ce coffret, ce petit album coloré a tout pour plaire : un sommaire classé par contes, des précautions d'usage avant de commencer (comme laisser la cuisine propre et rangée après l'avoir utilisée... si si, c'est écrit !), des recettes claires et bien expliquées, le tout illustré par des photos très alléchantes et oniriques. De quoi permettre aux cuistots en herbe de concocter de beaux et bons petits plats aux grands ! 
Des contes dans mon assiette, ou comment prolonger le rêve des récits de l'enfance en passant en cuisine...

Un grand merci aux éditions pour cette découverte qui m'a, une fois encore, enchantée. J'inscris cette lecture dans le Challenge Des contes à rendre de Coccinelle.

Les gâteaux arc-en-ciel de Peau d'Ane Les muffins à la citrouille de Cendrillon

Les tartines-édredons de la Princesse au petit pois

Pour vous tenter une bonne fois pour toutes, voici ma recette fétiche, réellement délicieuse.


Les scones d'Alice, ou un goûter dément Les mini-scones du thé d'Alice

Ingrédients (pour une douzaine de scones)

  • 2 verres de farine (= 240g)
  • 1 paquet de levure chimique
  • 1 cuillère à soupe de sucre
  • 1 pincée de sel
  • 50g de beurre
  • 1 oeuf
  • 1 cuillère à soupe de lait

Préchauffe le four à 210° (thermostat 7)

  1. Dans un saladier, verse la farine, la levure, le sucre et le sel.
  2. Ajoute le beurre coupé en petits morceaux et écrase-le entre tes doigts tout en le mélangeant à la préparation, jusqu'à obtenir une pâte qui ressemble à du sable.
  3. Ajoute l'oeuf et le lait pour obtenir une pâte souple.
  4. Aplatis la pâte à la main sur une planche farinée, puis au rouleau à pâtisserie, sur une épaisseur de 2cm.
  5. Découpe des ronds à l'aide d'un verre et dépose-les sur la plaque du four recouverte de papier sulfurisé.
  6. Enfourne pour 15mn de cuisson.

On comprend mieux pourquoi Alice prend le thé avec le Chapelier...  Des scones, toujours des scones...

Alors, séduits ? Affamés ?

 

Une chronique de soukee rangée dans Albums - Vos commentaires [32] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,

01 décembre 2013

Esprit d'hiver, Laura Kasischke

Esprit d'hiverEsprit d'hiver est le dernier roman de l'écrivaine et poétesse américaine Laura Kasischke paru en août 2013 chez Christian Bourgois.

25 décembre. Holly et son mari Eric n'ont pas entendu leur réveil et se sont levés tard. Tatiana, leur fille adoptive de quinze ans, leur en veut. Tandis qu'Eric part chercher ses parents à l'aéroport, Holly prépare le repas de Noël et s'apprête à recevoir ses convives. Mais l'attitude agressive de Tatiana, d'ordinaire enjouée et aimante, l'inquiète. Et la tempête de neige qui paralyse la ville laisse les deux femmes en tête à tête. La tension monte.

Esprit d'hiver est un roman singulier, c'est indéniable, et dont la lecture m'a déroutée. Laura Kasischke signe ici une oeuvre à la construction soignée et au dénouement glaçant mais dont il m'est néanmoins difficile de parler tant je suis partagée quant à mon ressenti.
L'intrigue se met en place doucement, sur fond d'un huis-clos angoissant. La neige paralyse tout et dépose sur l'intrigue un voile empesé qui semble figer le temps. 
Mais si le suspense croît graduellement au diapason de la tension due au comportement de Tatiana, le roman se perd malheureusement en cours de route et le lecteur s'égare dans les souvenirs de Holly. La narration piétine entre passé et présent, entre l'adoption de Tatiana en Sibérie il y a treize ans et le malaise de ce jour de Noël étrange. 
Au final, peu d'événements ponctuent cette journée et j'ai eu l'impression de relire plusieurs fois les mêmes souvenirs de Holly. Comme si le temps s'était réellement figé et qu'elle était perdue dans son passé. Et si l'idée de redite est intéressante, j'ai trouvé la mise en forme assez lourde et un sentiment de lassitude m'a envahie lors de ma lecture. 
La galerie de personnages est assez restreinte puisque la narration se centre sur Holly et c'est par son intermédiaire que le lecteur grapille de maigres informations sur les personnages qui gravitent autour d'elle. Holly domine le roman et les autres protagonistes sont relégués à l'arrière-plan, complètement éclipsés par cette femme perdue dans ses pensées et envahie par un malaise. Si sa psychologie est bien esquissée, il n'en demeure pas moins qu'un sentiment de frustration émerge rapidement au fil des pages. Des questions restent en suspens et le lecteur doit se contenter d'un portrait partiel et biaisé d'une femme complexe.
Un huis-clos glaçant, une fois le dénouement révélé, aux qualités littéraires indéniables, mais qui n'a pas su me séduire véritablement. C'est bien dommage.
D'autres avis : Canel, Clara, Cunéipage, Cynthia, Eimelle, Jérôme, Liliba, Lystig, Nelfe et SvCath.

 Je tiens à remercier Oliver et Priceminister pour ce livre reçu dans le cadre des Matchs de la Rentrée littéraire 2013.

                                                                           479x324_logo2_rentree-literaire2013

Une chronique de soukee rangée dans Littérature américaine - Vos commentaires [30] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,

30 octobre 2013

Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill, Jean Regnaud et Emile Bravo

Ma Maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill

Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill est un album signé Jean Regnaud pour le scénario et Émile Bravo pour le dessin, paru en 2007 chez Gallimard Jeunesse et qui s'est vu décerner le prix Les Essentiels d'Angoulême en 2008.

Premier jour à la grande école pour Jean. L'occasion de se faire de nouveaux copains et de s'amuser dans la cour. Mais lorsque la maîtresse demande à chacun de se présenter et d'énoncer la profession de ses parents, le petit garçon angoisse. Car s'il sait pour son père - ce dernier est chef d'entreprise et travaille beaucoup - Jean ne sait pas où est sa mère. Cela fait si longtemps qu'il ne l'a pas vu... Le jour où il reçoit d'elle une carte postale lui annonçant qu'elle est en Amérique, le petit garçon est fou de joie.

Aucun doute possible : cet album est une pépite à découvrir sans attendre. Jean Regnaud aborde avec délicatesse un sujet délicat - celui de la mort d'un parent - et le traite en adoptant le point de vue de Jean, le narrateur. Alors que le lecteur adulte pressent dès les premières pages le funeste de la situation, l'album poursuit son décalage au fil des pages. Les mots de Jean résonnent innocemment et s'enthousiasment d'une situation que le garçonnet n'est pas en mesure de comprendre.
Les dessins d’Émile Bravo oscillent entre adéquation avec ce que le jeune héros croit - on voit ainsi la maman de Jean au Far West - et la triste réalité de la chose. C'est dans ce décalage que réside la force de cet album.

Planche 1, Ma maman est en Amérique

Mais une question demeure : quel est vraiment le lectorat visé par cet album ? Publié dans une collection jeunesse et clairement destiné à ce public, il peut dérouter les plus jeunes par le décalage énoncé plus haut. Parfaitement compréhensible par un lectorat plus âgé, il peut être délaissé à cause de ses dessins ou de sa collection. Ce qui est regrettable. 
Bref, quel que soit votre âge, lisez cette petite merveille. De mon côté, je m'interroge encore. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour découvrir un tel album ? Encore un grand mystère de ma vie...

D'autres avis : Antigone, Bouma, Mo', NouketteSylire, Yvan, etc.

Voilà ma 59e participation à la organisée par Mango et ma 48e au Top BD des blogueurs de Yaneck (18/20).

Top BD

de Mango et ma 47e au  Top BD des bloggueurs organisé par Yaneck (15/20). - See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/bd_et_romans_graphiques/index.html#sthash.cGYx7mhY.dpuf

Et parce que l'album a été adapté au cinéma et est sorti sur les écrans le 23 octobre 2013, je vous propose d'en découvrir la bande-annonce (au moins pour écouter le timbre suave de Marc Lavoine...)

     

 

Une chronique de soukee rangée dans BD et romans graphiques - Vos commentaires [30] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,

12 septembre 2013

Une bonne éducation, Sylvia Tabet [Rentrée littéraire 2013]

Une bonne éducation, Sylvia TabetUne bonne éducation est un roman de l'écrivaine et artiste parisienne Sylvia Tabet qui paraît aujourd'hui aux éditions Dialogues.

La vie semble douce, lorsqu'on grandit dans les quartiers aisés de Paris. Mais pour Anne, la narratrice, son frère et sa soeur, sous l'apparente quiétude d'un milieu bourgeois sourd la violence d'une mère. Une enfance partagée entre la peur des coups et les moments de répit, grâce à leur père, leur grand-mère, ou encore la jeune fille au pair. Une enfance noyée par l'angoisse et une vie d'adulte marquée à jamais. Anne se souvient.

Une bonne éducation est un roman dont on ne ressort pas indemne. Le sujet traité est lourd mais abordé par la narratrice avec un détachement qui évite de sombrer dans un pathos éculé. Comme si Anne portait en elle la douleur de cette enfance volée mais avait mis à distance sa peur pour mieux la donner à voir. On évite ainsi les descriptions des coups et autres brimades pour se centrer plutôt sur les souvenirs qu'elle garde de cette période. 
Sylvia Tabet possède une plume d'une finesse étonnante, dotée d'un rythme changeant, à la fois rapide et lent, semblant suivre le cours des pensées de la narratrice. Les mots coulent, avec musicalité, et offrent au regard l'histoire de ces enfants silencieux. 
J'ai été émue par cette histoire, je me suis glissée dans les mots d'Anne, comme pour l'aider à supporter sa douleur, comme pour l'aider à panser son enfance blessée.  
J'ai parfois été déroutée par la chronologie non linéaire, par ces ellipses temporelles et ces souvenirs sans date. Mais finalement j'ai eu l'impression d'écouter parler la narratrice. Et ce qui pourrait être assimilé à une confusion ressemble en réalité au cheminement de sa pensée. Son enfance enterrée, Anne relate ses souvenirs. C'est dur. Mais c'est diablement émouvant.

"Le beau fait du bien. Comme s'il renvoyait à la paix. A la douceur. Le beau fait oublier ce poids constant d'une vie décalée du bien-être et de la sécurité, c'est une forme de consolation ; une liberté, un pansement." (p.118)

"J'ai douze ans, ensemble nous pleurons sur les choses vraiment graves de la vie, ces réalités qui ont fait boule de neige sur notre histoire, sur nos jours empilés ; celles qui ne pourront jamais s'arranger et qui font que l'existence, tout à coup, devient essentiellement le passé, rendant le présent infranchissable." (p.157)

Merci à Julia et aux  Editions dialogie   pour la découverte de ce roman.

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [24] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , ,


23 juin 2013

L'école maternelle et Les bébés animaux

L'école maternelle et Les bébés animaux sont deux albums cartonnés de format carré parus en avril 2013 dans la collection Anim'Doc chez Tourbillon.

    

L'école maternelle permet au petit lecteur de découvrir comment se déroule une journée type à l'école : l'arrivée, différentes activités, le repas, la récréation, etc.
Ce qui peut être anxiogène pour l'enfant prochainement scolarisé est ici décortiqué et expliqué grâce à de nombreuses animations comme les tirettes qui coulissent. Un album très bien fait qui permet donc d'aborder le sujet en douceur et de vaincre certaines peurs enfantines.

     

Les bébés animaux permet, quant à lui, de découvrir les différents petits des animaux et leur évolution. Qui naît dans un oeuf  et qui grandit dans le ventre de sa mère ? Qui est allaité et qui doit immédiatement apprendre à se débrouiller ? A chaque double page ses découvertes et ses animations pour voir évoluer l'animal et observer son quotidien.

Mon avis :

Voilà deux albums bien solides, adaptés aux petites mains des lecteurs auxquels ils s'adressent, et qui permettent, grâce à des textes courts et des illustrations simples, d'aborder des sujets adaptés aux enfants dès 3 ans. La brièveté des textes permet à l'enfant non lecteur de s'imaginer sa propre histoire et de développer son imaginaire. Le côté ludique des tirettes offre une dynamique intéressante àla lecture et offre un rôle actif à l'enfant non lecteur dans sa découverte de l'album.
La collection Anim'doc proposent de nombreux titres : Les Chevaliers, Les engins du chantier, La ferme, Les pirates, Les dinosaures, etc.

L'avis de ma lectrice-test, Eva, 3 ans :

Ma petite lectrice-test a, de son côté, nettement préféré Les bébés animaux, découvrant grâce à cet album, des animaux qui lui étaient inconnus (notamment l'autruchon !).
Elle a adoré jouer avec les tirettes de ces deux albums et faire apparaître les dessins cachés derrière chacune d'elles.
Si L'école maternelle l'a moins passionnée, c'est que l'album reprend de façon très fidèle les journées qu'elle peut faire depuis cette année. Peu de découverte donc, et moins d'attrait. Mais c'est un album qui aurait été parfait pour la préparer à sa première rentrée scolaire en septembre dernier.
Deux très belles découvertes en tout cas, puisque notre mini-lectrice a tanné sa maman un bout de temps pour qu'elle lui relise sans cesse ces deux albums !

Un grand merci aux éditions  pour ces deux albums et cette expérience de lecture-croisée adulte/enfant.

Une chronique de soukee rangée dans Albums - Vos commentaires [14] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,

15 juin 2013

Le Bal, Irène Némirovsky

Le Bal, Irène NémirovskyLe Bal est un court texte de la romancière russe d'origine ukrainienne Irène Némirovsky paru en 1930 chez Grasset. La carrière d'Irène Némirovsky fut aussi productive que brève. Déportée à Auschwitz en 1942 à l'âge de trente-neuf ans, elle laissa derrière elle un grand nombre d'oeuvres publiées à titre posthume.

Antoinette a quatorze ans et désespère d'entrer dans le monde. Ses parents, nouveaux riches, décident de donner un grand bal pour étaler leur opulence. Mais lorsque Mme Kampf, la mère d'Antoinette, interdit à sa fille d'y assister, l'adolescente sent monter en elle une profonde injustice. Et sa vengeance ne tarde pas à éclater. 

Le Bal fait partie de ces petites perles grinçantes et dérangeantes à souhait. Irène Némirovsky y dresse le tableau des tourments de l'enfance, oscillant entre cruauté et tendresse. Le personnage d'Antoinette, rejetée et méprisée par ses parents, accomplit, en un instant seulement, une vengeance aux conséquences désastreuses et se présente en vengeresse d'une enfance mise à mal.
Critique des nouveaux riches de cette époque, ce court roman de 120 pages érige les adultes en parvenus intéressés attachés au superficiel et négligeant l'essentiel. Le ridicule suinte de ces personnages qui jaugent l'autre à l'aune du paraître et c'est avec délectation que le lecteur voit le mécanisme s'enclencher sitôt la vengeance d'Antoinette accomplie.
Un petit régal pour tous, qui existe aussi en collection Biblio Collège chez Hachette.

D'autres avis : Canel, Cynthia, Choco, Mango, etc.

Challenge ABC Babelio

Challenge ABC de Babelio

 

Challenge ABC BabelioQuid ? Challenge ABC de Babelio

- See more at: http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/2011/09/24/22063208.html#sthash.Pdn3p9XE.dpuf

Voici ma lettre N pour le challenge ABC critiques de Babelio.

Babelio

Une chronique de soukee rangée dans Littérature russe - Vos commentaires [39] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,

18 décembre 2012

Je veux un vieux Noël, Irène Cohen-Janca et Caroline Dall'ava

Je veux un vieux Noël, Irène Cohen-JancaJe veux un vieux Noël est un court roman jeunesse paru en 2007 aux Editions du Rouergue, écrit par Irène Cohen-Janca et illustré par Caroline Dall'ava.

Théo adore Noël. Chaque année, il voit avec plaisir la fin de l'année arriver car elle est synonyme de décorations du sapin et de la maison, d'emballages de cadeaux, etc. Mais cette année, les parents de Théo ont une surprise : ils ont décidé, dans un soucis écologique, de changer leurs habitudes. Plus de vrai sapin mais un sapin dessiné sur le mur du salon, plus de vraies décorations mais des collages et dessins de Théo et son petit frère. Pour les deux garçonnets, et malgré l'argument en faveur de la nature, la nouvelle est rude. Ils décident de riposter...

Voilà un petit roman très réjouissant ! Court, agrémenté d'illustrations en noir et blanc, il aborde la question de la tradition de Noël et des dérives de la consommation avec beaucoup d'humour. Théo est un personnage à la limite de l'adolescence, pour qui les traditions de son enfance ont encore beaucoup de valeur à ses yeux. Scindé en dix chapitres, ce roman se révèle accessible aux plus jeunes et offre un regard singulier sur Noël. Une lecture très agréable !

Merci à Herisson de m'avoir offert ce petit livre lors du Swap Enfants de Noël !

Une chronique de soukee rangée dans Romans jeunesse - Vos commentaires [10] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,

15 septembre 2012

Susine et le Dorméveil T.1 Dans le Monde d'Avant, Bruno Enna et Clément Lefèvre

Susine et le Dorméveil TSusine et le Dorméveil est une série d'albums prévue en trois tomes dont le premier, Dans le Monde d'Avant, est sorti en août 2012 aux éditions Soleil dans la collection Métamorphose.

Susine est une petite fille solitaire, délaissée par ses parents. Heureusement que sa grand-mère est là pour lui raconter des histoires et nourrir son imaginaire fertile ! Mais le jour où celle-ci disparaît, la petite Susine est au plus mal. Elle bascule alors dans un monde merveilleux, le Dorméveil...

Le triptyque Susine et le Dorméveil débute par ce premier tome qui est un vrai régal. Bruno Enna signe ici une histoire riche dans laquelle une enfant incomprise fantasme une réalité bien plus colorée et rassurante que son quotidien. 
Chaque page tournée est un émerveillement. Clément Lefèvre nous offre ici des ambiances chatoyantes, à la fois cosy et fantasques, et un univers singulier très onirique. Alice au Pays des Merveilles n'est pas loin, ni Miyazaki, et c'est avec délice que le lecteur suit le parcours initiatique de cette petite Susine. Le chemin est long pour la jeune héroïne isolée au milieu d'adultes qui ne l'écoutent pas, enfermée dans un quotidien qui l'étouffe plus qu'il ne lui permet de grandir. L'évasion par cet imaginaire fantasmé permet à la fillette d'accomplir son travail de deuil et de se construire et les personnages rencontrées à Dorméveil l'aident dans cette quête.
Un magnifique album, d'une richesse incroyable tant dans son texte et ses trouvailles que dans ses illustrations. A lire sans hésiter et à offrir aux plus jeunes ! Pour ma part, j'attends le deuxième tome avec impatience.

Je tiens à remercier Claire et les Éditions  de m'avoir envoyé cet album magnifique.

Planche 2 Susine et le Dorméveil Planche 3 Susine et le Dorméveil

Planche Susine et le Dorméveil

Une chronique de soukee rangée dans Albums - Vos commentaires [16] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,

24 mars 2012

Mary Poppins, Pamela Lyndon Travers

Mary PoppinsMary Poppins est le premier roman de Helen Lyndon Goff, publié sous le pseudonyme de Pamela Lyndon Travers en 1934. Adapté au cinéma en 1964 par les studios Disney avec Julie Andrews dans le rôle titre, ce roman est le premier à mettre en scène la célèbre nurse anglaise. Suivront cinq aventures de Mary Poppins.

Allée des Cerisiers, chez la famille Banks. Katie, la gouvernante des enfants, est partie sans prévenir M. et Mme Banks. Ces derniers, désemparés, rédigent une annonce pour lui trouver une remplaçante. Et par un frais matin bercé par le vent d'est, Mary Poppins fait son apparition dans la famille...

Ayant été bercée par Julie Andrews et ses chansons dans l'adaptation de Disney, j'étais depuis quelques temps taraudée par le roman originel. Dans un premier temps, je me suis rendu compte que l'oeuvre avait supplanté son auteur puisque j'étais incapable de citer de mémoire le nom de cette dernière et que personne autour de moi n'a pu m'aider (pas même ma libraire !)
Cette mince difficulté contournée, j'ai acheté ce livre et j'ai plongé dans ses pages. Et force est de reconnaître que Pamel Lyndon Travers dresse dans son roman un portrait de Mary Poppins moins sympathique que le personnage de Disney. J'ai été déroutée par sa froideur, son égocentrisme et sa suffisance, et je n'ai pas retrouvé la gentillesse et la bonté qui émanaient du personnage de Julie Andrews. Bon, de la part de Disney, je ne suis pas non plus très surprise de cette édulcoration, mais j'ai été assez déroutée par le personnage...  
Au fil des pages, sa froideur s'atténue pour se transformer en rigueur professionnelle, et le brin de folie du personnage émerge. Et le mystère s'épaissit quant à sa réelle identité. Qui est finalement Mary Poppins, qui utilise son jour de congé pour rendre visite à son ami peintre de trottoir ? Cette femme qui ne manque pas une occasion de regarder sa mise dans une vitrine ? Qui fête son anniversaire au zoo en compagnie des animaux ? Qui fait faire le tour du monde aux enfants qui se lèvent grognons, en l'espace de cinq minutes ? Mystère... 
J'ai passé un très bon moment en compagnie des enfants Banks et de leur nannyPamela Lyndon Travers possède une imagination très onirique et développe dans ce roman des archétypes de rêves enfantins : voler, rentrer dans un tableau, rencontrer des animaux qui parlent, etc.  J'aurais aimé lire ce roman plus jeune, car bien des chapitres ne sont pas développés dans le film de Disney et m'auraient séduite.
Une sympathique découverte donc, qui a comblé mes attentes. Une romancière à redécouvrir, pour son univers merveilleux, son humour et son côté un brin désuet.

Je ne résiste pas à l'envie de vous ajouter la bande-annonce du film...


Mary Poppins - Bande-annonce 



Une chronique de soukee rangée dans Romans jeunesse - Vos commentaires [19] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,