Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.




15 décembre 2018

La fille qui a sauvé Noël, Matt Haig

La fille qui a sauvé Noël, Matt HaigLa fille qui a sauvé Noël est un roman écrit par le britannique Matt Haig et illustré par Chris Mould. Il est paru en novembre 2017 dans la collection Helium de chez Actes Sud.

Londres, 1841. Amélia est ramoneuse, tout comme sa maman. Avec son chat Capitaine Suie, elle tente de garder espoir, en cette période de Noël. Car la maman d'Amélia est très malade. Et si elle meurt, Amélia sait qu'elle sera envoyée dans une maison de redressement. Alors Amélia écrit au Père Noël une lettre. Une lettre pour lui demander de guérir sa maman. Mais pendant ce temps, à Lutinbourg, c'est la panique. Les lutins se font attaquer par des trolls tandis que les rennes du Père Noël n'arrivent plus à voler. Mais qui va sauver Noël ?

Alors que le Marathon de lecture de Noël bat son plein dans le chalet de Chicky Poo et Samarian (je ne peux pas participer pour cause de weekend bien chargé !), je vous propose une petite lecture jeunesse bien sympathique avec ce roman, digne héritier de Roald Dahl et Dickens.

Le Londres du 19e est bien impitoyable pour les orphelins, et Matt Haig n'ouvre pas son roman sur une note joyeuse. La petite Amélia, qui vit seule avec sa mère, tremble à l'idée que celle-ci meure et d'être envoyée dans une maison de redressement, lieu sombre et violent. On ne peut pas ne pas penser à Oliver Twist - voire à Harry Potter ! - en lisant ces lignes, mais le roman ne s'arrête pas à cette misère historique réelle et suit en parallèle les troubles de Lutinbourg. Matt Haig a imaginé un village de Noël des plus charmants, avec une organisation bien rodée (l'atelier des jouets, le journal La Gazette des neiges, le groupe de musique Les Clochettes, la monnaie en pièces en chocolat, etc.) et les illustrations de Chris Mould lui donnent vie. L'imaginaire est stimulé par les descriptions imagées complétées par ces illustrations en noir et blanc un brin rétro. L'intrigue est bien construite, le Londres du 19e bien esquissé sans être trop lourd pour un roman destiné aux 9-12 ans, les personnages attachants et l'ensemble se lit avec douceur.

Un roman jeunesse drôle et attachant, que j'aurais aimé découvrir vers 10 ans pour mieux m'émerveiller du village de Lutinbourg et des illustrations de Chris Mould. A lire et à offrir aux petits lecteurs autour de soi sans hésiter !

    Résultat de recherche d'images pour "il était six fois noel"

Challenge Christmas Time chez MyaRosa et Il était six fois Noël chez Chickypoo et Samarian 

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21 novembre 2018

La tresse, Laetitia Colombani

La tresse, Laetitia ColombaniLa tresse est le premier roman de l'écrivaine et scénariste française Laetitia Colombani. Il est paru chez Grasset en mai 2017 et a connu, dès sa sortie, un succès fulgurant en France et à l'international.

Trois femmes, trois destins. Smita, qui fait partie de la caste des Intouchables, vit à Badlapur, en Inde et subit une vie de labeur ingrat qu'elle souhaite éviter à sa fille. Giulia, de son côté, vit à Palerme, en Sicile, et travaille avec son père dans l'usine familiale. Sarah, enfin, occupe une place importante dans un cabinet d'avocats à Montréal et a placé sa carrière au centre de ses préoccupations. Trois destins qui vont basculer, sur trois continents différents, pour une vie meilleure.

Un premier roman encensé de toutes parts, et j'ai compris pourquoi dès les premières pages.       
Laetitia Colombani emporte son lecteur dans ces trois histoires brèves et intenses à la fois, interrogeant la place de la femme dans la société et la notion de liberté. Ces trois destins, en apparence si différents, se rejoignent et se confondent, offrant au texte un aspect universel.       
Le texte est bref, très fragmenté - les chapitres concernant les trois personnages se succèdent - et très fluide. L'auteure ne s'encombre pas de personnages secondaires inutiles, de dialogues ou de descriptions secondaires, et va à l'essentiel, sans se départir de cette émotion qui empreint ces trois histoires dès les premières lignes.  
Un court roman aussi bref que bouleversant. A lire sans hésiter !

 

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07 novembre 2018

Pome, Magali Le Huche et Marie Desplechin

Pome, Marie Desplechin, Magali Le HuchePome est un album illustré par Magali Le Huche le 10 octobre aux Editions Rue de Sèvres. Il est l'adapation du roman éponyme de Marie Desplechin paru à L'Ecole des Loisirs en 2007, second tome d'une trilogie consacrée à la petite sorcière Verte. 

Tout va pour le mieux pour Verte : la petite fille, aidée de son ami Soufi, a retrouvé Gérard, son papa, et poursuit sa formation de sorcellerie avec Anastabotte, sa grand-mère. Mais ce joyeux équilibre est rompu lorsqu'une nouvelle voisine vient s'installer à côté de chez Gérard. Pome, c'est son nom, permet à Verte de se sentir moins seule, depuis le déménagement de Soufi. Les deux fillettes se ressemblent et leurs prénoms les rapprochent, les rendant rapidement complices. Verte aurait-elle trouvé une meilleure amie capable de la comprendre ? Y compris son côté sorcière ? 

En grande fan de la trilogie de Marie Desplechin - je m'étais régalée avec les romans Pome et Mauve et j'avais adoré découvrir le travail d'adaptation de Magali Le Huche avec Verte, le premier tome de la série - j'étais impatiente de découvrir ce deuxième album.     
Magali Le Huche poursuit son travail d'adaptation avec brio. Les questionnements de Verte, secouée par une pré-adolescence qui pointe le bout de son nez, sont conservés à travers des dialogues savamment choisis et des cartouches pertinents. La psychologie des personnages est préservée et l'intrigue de Marie Desplechin ne perd pas en intensité. Les personnages masculins trouvent progressivement leur place dans cette histoire féminine. Verte a désormais un père et un grand-père - Ray - et trouve peu à peu une harmonie familiale.
Le trait de Magali Le Huche vient parfaire cette ambiance d'enfance 
douce, malgré les chamboulements de la vie. Les traits ronds confèrent aux personnages une douceur inégalable que les couleurs pastels viennent compléter à merveille. Les planches se suivent et ne se ressemblent pas, offrant parfois une succession de vignettes dynamiques avec des plans rapprochés et à d'autres moments une large double page en plan large bourrée de détails à observer. Bref, un deuxième album tout aussi réussi que le précédent. Une série véritablement délicieuse à mettre entre toutes les petites mains (et pas que !). J'attends le troisième tome avec impatience !  

Planche 1 Planche 2

Planche 3 Planche 4

Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album.

  La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Moka qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

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19 septembre 2018

L'étrange boutique de Miss Potimary T.1 La boîte à secrets, Ingrid Chabbert et Séverine Lefèbvre

Etrange boutique de Miss Potimary

La boîte à secrets est le premier tome de la série L'étrange boutique de Miss Potimary imaginé par Ingrid Chabbert et mis en dessins par Séverine Lefèbvre. Il est paru en janvier 2017 aux éditions Jungle !

Pour ses neufs ans, Betty reçoit un peu d'argent pour s'offrir ce qu'elle souhaite. La petite fille part alors se promener dans les rues de son village lorsqu'elle découvre une boutique qu'elle n'avait jamais remarquée. Au milieu des divers objets qui s'entassent jusqu'au plafond, Betty repère une magnifique boîte à secrets japonaise. Mais lorsqu'elle veut se l'offrir, Miss Potimary, la propriétaire de la boutique, la met en garde. La boîte serait magique et personne n'en connaît les conséquences. Betty décide néanmoins de l'acheter et s'affaire à en découvrir le secret. Alors qu'elle s'endort le soir-même, la boîte s'ouvre et transporte Betty dans un voyage dans le temps !

Besoin de douceur ? Terminus, tout le monde descend ! Quelle mignonnerie cette BD ! Je l'avais découverte chez Lasardine il y a quelques mois, lors d'un rendez-vous BD, et l'avais trouvée à la médiathèque dans la foulée. Voilà une lecture toute douce qui vous replongera en enfance et vous fera vivre d'amusantes aventures avec son personnage attachant. L'intrigue fondée sur une quête initiatique entraîne la petite Betty trente ans en arrière et regorge de suspense et de rebondissements. Ce premier tome pose les bases de la série qui s'annonce réjouissante et positive.  
Les dessins tout ronds de Séverine Lefèbvre offrent à l'ensemble un côté doux et chaleureux. Il est bien agréable de se plonger dans ces pages. Betty est un personnage débrouillard et intrépide et c'est accompagnée de Dare-Dare, sa souris de compagnie, que la fillette va vivre de joyeuses aventures. A mettre entre les mains de plus jeunes, pour le côté magique et aventurier, et les moins jeunes pour le côté léger et agréable. Allez, je vous l'avoue, j'aurais adoré le découvrir vers 9-10 ans et recopier ces dessins absolument fabuleux (Lasardine leur trouve des accointances avec le trait de Tim Burton et je la rejoins sur cette idée). 

Planche 1 Planche 2

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 La BD de la semaine

Cette semaine chez Noukette !

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07 juin 2018

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut

En attendant Bojangles, Olivier BourdeautEn attendant Bojangles est le premier roman de l'écrivain français Olivier Bourdeaut paru en janvier 2016 aux éditions Finitude. Plusieurs fois primé, il a remporté un grand succès dès sa sortie.

Ils s'aiment d'un amour fou. Lui, George, ancien homme de loi reconverti en ouvreur de garages, elle, au prénom inconnu puisque son mari la nomme chaque jour différemment, amoureuse de la vie fantasque qu'elle s'invente. Tous les deux dansent, chaque jour, sur Mr Bojangles chanté par Nina Simone, devant les yeux ébahis de leur fils. La vie du trio n'est qu'un tourbillon de fantaisie et de drôlerie : les invités se succèdent, l'alcool coule à flot, les disques tournent en boucle tandis que Mme Superfétatoire, la grue domestiquée par la famille, amuse la galerie. Tout n'est qu'amusement et loufoquerie. Mais  l'équilibre de cette douce folie se rompt le jour où un percepteur d'impôt vient sonner à la porte. 

Deuxième roman que je découvre en livre audio, En attendant Bojangles m'a complètement charmée. Je l'avais dans ma PAL depuis longtemps en version papier (depuis sa sortie !) mais je n'avais pas pris le temps de le découvrir. Un trajet ce week-end m'a permis de me plonger dans la version audio empruntée à la médiathèque.  
La voix de Louis Arène, de la Comédie-Française, donne vie à ces personnages fantasques et corps à cette intrigue ubuesque, tandis que les intermèdes musicaux de Nina Simone scandent l'intrigue. La narration alterne entre les souvenirs du narrateur enfant devenu adulte et le journal de son père. Les réminiscences divergent de l'un à l'autre, l'enfant et son oeil naïf ne voyant dans la fantaisie de sa mère qu'une fraîcheur innocente, quand son père, dès le début, sait que la folie se tapit dans un recoin, et qu'elle peut à tout instant faire voler en éclat l'équilibre mental de sa chère et tendre. 
La plume d'Olivier Bourdeaut est d'une musicalité sans borne (et en livre audio le résultat est d'autant plus fort !), l'auteur jouant sur les mots, leurs sonorités et les figures de style pour créer un non-sense absolument délicieux. 
C'est bien simple : je n'ai pas vu passer les 3h d'écoute, moi qui avais eu beaucoup de mal avec mon premier livre audio. Je me suis immergée dans cette intrigue drôle et émouvante, ode à un amour fou si romanesque. Je ne vous en dirai pas plus... Un coup de coeur indéniable à côté duquel je vous déconseille de passer ! 
Les avis de BlandineEnnaFolavril, Helene, ItzamnaJerome, LeiloonaMadameNatiora, Noukette, etc. 

  En bonus un entretien d'Olivier Bourdeaut

 

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31 mai 2018

L'amie prodigieuse T.1, Elena Ferrante

L'amie prodigieuse Elena FerranteL'amie prodigieuse est la tétralogie qui a mis sous les feux de la rampe la romancière italienne Elena Ferrante depuis la parution de son premier tome en 2011 en Italie. Il a été traduit en français et édité en 2014 aux éditions Gallimard. L'auteure, depuis sa parution, protège jalousement son anonymat et nul ne sait qui est à l'origine de cette saga mondialement plébiscitée. 

Naples, fin des années 50. Elena et Lila habitent un quartier pauvre avec leurs familles respectives. Entre les deux fillettes se noue une forte amitié. Et si Elena peine à maintenir un niveau scolaire acceptable, Lina de son côté est extrêmement douée mais décide d'abandonner l'école pour travailler avec son père et son frère dans la cordonnerie familiale. Les deux amies s'éloignent au fil des ans, car Elena poursuit ses études avec acharnement, mais demeurent proches malgré tout dans ce quartier napolitain sombre où la violence et les traditions pèsent lourd.

Voilà typiquement une saga que j'ai boudée durant longtemps vu le tapage médiatique qu'elle a suscité. Et pourtant, Elisabeth - mon ancienne libraire - m'en avait largement vantée les mérites dès sa parution (note pour plus tard : davantage suivre ses conseils !). 
J'ai donc décidé d'ouvrir ce premier tome lors de mon voyage à Lisbonne et je me suis laissé happer par cette histoire d'amitié sur fond historique. Tant a déjà  été dit sur ces personnages et ce quartier de Naples, personnage à part entière du roman, que je vais être assez concise. 
Elena Ferrante réussit le tour de force de nous plonger dans une Naples violente, patriarcale et aux traditions ancrées, aux côtés de ces deux fillettes qui se débattent pour trouver leur place. La lecture est parfois difficile, le quotidien ne laissant pas beaucoup de place à la joie et la légèreté à Elena et Lina qui sont ballottées et éprouvées au fil des pages. L
es personnages qui gravitent autour d'elles sont nombreux, les histoires secondaires pullulent, et comme dans un roman feuilleton, impossible de poser son livre. 
Criminalité, violence, corruption, adultère, folie parfois, le quartier de Lina et Lena est un microcosme qui semble refléter la dureté de la vie napolitaine de l'époque. L'emprise et la fascination que Lina exerce sur Elena, la narratrice, mettent parfois mal à l'aise le lecteur qui reçoit, telle une confession, ces souvenirs d'enfants mais rendent les personnages d'autant plus attachants dans leur amitié et leur attentes mutuelles.  
Je comprends l'engouement lié à cette saga, j'ai subi moi aussi cette force d'attraction qui m'empêchait de refermer mon livre, les personnages vibrant tellement d'authenticité que j'avais l'impression de lire une chronique d'époque.   
Il ne me reste maintenant qu'à poursuivre cette saga pour savoir ce qu'il advient d'Elena et Lina après leur adolescence.    
Les avis de HeleneEnna, Sylire, Tiphanie, Violette, Sam, etc.

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30 mai 2018

La Saga de Grimr, Jérémie Moreau

La saga de GrimrLa saga de Grimr est un album signé Jérémie Moreau paru en septembre 2017 chez Delcourt. Il a reçu le Fauve d'or au Festival d'Angoulême en janvier dernier.

Islande, 18e siècle. Sous le joug de la domination danoise, l'île vit ses heures les plus sombres et ses habitants peinent à survivre. Echappant de justesse à une éruption qui tua ses parents, le jeune Grimr est adopté par Vigmar, un homme solitaire et rusé. Au fil des ans, Grimr devient un colosse infatigable et valeureux, une montagne de muscles dominée par une crinière rousse. Mais sans propriété terrienne sur l'île, et malgré leur commerce de passeur de fjord, Vigmar et Grimr vivent dans une situation à l'équilibre précaire. Surtout que les habitants environnants ne voient pas d'un bon oeil leurs affaires. 

Il en aura fallu des chroniques pour me décider à passer outre cette couverture : le visage fermé de ce personnage me rebutait et ne me donnait pas envie d'aller plus loin. Et puis, la semaine dernière, avec une ultime chronique, celle de Nathalie, je me suis décidée. Et j'ai rudement bien fait ! 
Une fois dépassée la couverture, il m'a été impossible de refermer cet album, happée complètement par l'histoire de Grimr, cet enfant qu'un volcan a rendu orphelin. Jérémie Moreau offre à chaque planche des paysages spectaculaires qui m'ont replongée dans les souvenirs de mon voyage sur cette île merveilleuse et envoûtante au possible (j'en avais mis quelques photos dans ce billet). La vie y est rude, les traditions bien ancrées, et malgré sa force et son courage, Grimr peine à y trouver sa place. La violence est là, entre la nature sauvage et les lois des hommes, leur cruauté et leur vénalité. 
J'avais déjà aimé le trait de Jérémie Moreau il y a quelques années dans Le singe de Hartlepool. J'ai retrouvé son côté flou parfois mais j'ai surtout été charmée par son traitement de la nature, les personnages me laissant davantage sur ma faim
Je n'ose en dire plus. Un simple conseil : n'attendez pas des mois comme moi pour découvrir cet album : c'est une merveille esthétique qui vous remplira d'émotions et à côté de laquelle il serait bête de passer.

Les avis de Mo', Moka, Noukette, Alice, Sabine, Hélène, Joëlle, Enna, Karine:), Blog-o-Noisette, Caro, Yvan, et le Tumblr de Jérémie Moreau.

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La BD de la semaine

Cette semaine chez Noukette !

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29 mars 2018

Romy Schneider, Sophie Guillou

Romy Schneider Sophie GuillouRomy Schneider est une biographie de l'actrice allemande écrite par Sophie Guillou et publiée en octobre 2014 chez Libretto.

Novembre 1981. Sur le tournage de La Passante du Sans-Souci à Berlin, Romy Schneider vacille. Son fils David vient de mourir accidentellement et la douleur la ronge. De ses débuts en Sissi à ses nombreuses collaborations avec Claude Sautet, de son idylle malheureuse avec Alain Delon à ses amours plurielles, de Berlin à Paris, la grande actrice est usée par la vie. Une vie qui ne l'a épargnée ni en drames ni en blessures. Constamment déchirée entre son pays d'origine et son pays d'adoption, Romy Schneider n'aura de cesse de chercher à combler le vide affectif de son enfance. Quelques mois après le tournage, elle décèdera, à quarante-trois ans. Retour sur la vie de celle qui a enchanté le public, notamment en robe de crinoline.

De Romy Schneider, je connaissais peu. Vaguement Sissi et La Piscine. Quand à Livre Paris cette année je suis tombée sur cette biographie, j'ai été curieuse d'en savoir plus, ayant apprécié dans la même collection Coco Chanel d'Elizabeth Weissman. En 112 pages, Sophie Guillou dresse les grandes lignes de la vie de celle qui a lutté durant toute sa carrière pour ôter son costume froufrouté de Sissi dans lequel le public l'a cantonné. J'ai découvert une femme forte, au caractère impétueux, submergée constamment par ses blessures d'enfance et tentant de les noyer dans des amours tumultueuses et des psychotropes, qui m'a sans conteste rappelé Marilyn, au destin aussi funeste. J'ignorais son déracinement, sa volonté de s'extraire du rôle superficiel de l'Impératrice autrichienne, ses amours déçues et les drames de sa vie. Une lecture instructive bien que rapide, Sophie Guillou ne cédant jamais à la facilité d'un pathos inutile. 

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22 mars 2018

Un été indien, Truman Capote

Un été indien, Truman CapoteUn été indien est une nouvelle de l'américain Truman Capote publiée de façon posthume en 1986.

Virginie Occidentale. Un jour, les parents de Bobby décident de déménager en Virginie afin que ce dernier aille à l'école. Ils laissent derrière eux leur maison de famille ainsi que les grands-parents de Bobby, confiés aux bons soins des nouveaux exploitants agricoles. Pour Bobby, le départ est terrible. 

J'avais découvert la plume de Truman Capote avec Petit déjeuner chez Tiffany et Cercueils sur mesure il y a quelques années et j'avais été charmée. Le charme s'est poursuivi avec la lecture de cette nouvelle d'une quarantaine de pages à la première personne. Bobby, le narrateur de cette histoire, revient sur la blessure d'enfance suscitée par son départ de sa maison de famille et la séparation avec ses grands-parents. Il évoque, dans un style très poétique et empreint de pudeur, la difficulté de communiquer avec ses parents, froids, et son incapacité à dire à son grand-père à quel point il va lui manquer. 
Le texte est bref, mais Truman Capote fixe avec talent cette blessure d'enfance dans une atmosphère empesée et silencieuse, à l'image de la solitude de son narrateur enfant. La neige survient, précipitant les adieux, et fermant à jamais la page de l'enfance de Bobby. C'est à la fois triste et beau.
Une très belle lecture, poétique et nostalgique, hommage à l'enfance et ses blessures. Un auteur fondateur de la littérature américaine dont j'aime à découvrir progressivement les oeuvres. 


READING CLASSICS CHALLENGE 2018

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02 mars 2018

Sauveur et Fils saison 4, Marie-Aude Murail

Sauveur et Fils saison 4Sauveur & Fils est une série de romans de Marie-Aude Murail publiée à L'Ecole des Loisirs. Le quatrième tome, Saison 4, est paru en janvier 2018.

Dans le cabinet de Sauveur Saint-Yves, psychologue clinicien, gravitent toujours autant de patients en quête de mieux-être. Certains sont nouveaux, comme Jean-Jacques, jeune adulte qui ne sort quasi plus de chez sa mère et passe sa vie dans sa chambre à jouer à des jeux en réseau, tandis que d'autres viennent depuis plusieurs mois, comme Ella, troublée par ses problèmes de genre, et qui s'intéresse de plus en plus à l'écriture, Samuel, qui a enfin retrouvé son père mais s'interroge sur cette nouvelle relation, les soeurs Blandine et Margaux, qui décident de partager leur séance chez Sauveur. Côté jardin, c'est toujours autant un joyeux bazar ! Jovo, l'ancien SDF qui a emménagé chez Sauveur et Lazare, poursuit sa convalescence tandis que Gabin redoute de retourner vivre avec sa mère et se plonge de plus en plus dans The Walking Dead et que Louise tente d'apaiser ses deux enfants, perturbés par la nouvelle séparation de leur père. Mais au 12 rue des Murlins, le joie et la simplicité ne sont jamais loin !

Quel délice cette série ! Si vous n'aviez pas compris à quel point c'est un bijou (malgré les couvertures ornées de cochons d'Inde qui fleurissent sur mon blog depuis quelques semaines), je vais en rajouter une couche avec cette chronique. 
Marie-Aude Murail excelle dans l'art de dépeindre la vie dans sa banalité comme dans ses petits drames. Elle analyse avec la finesse qui lui est propre la psychologie des adultes comme celle des adolescents et fait virevolter son petit monde au gré des semaines. C'est beau, vivant, drôle, émouvant aussi, et parfois triste. Le microcosme dépeint durant ces quatre tomes s'élargit au fil des pages et l'ensemble s'imbrique et trouve une sorte de dénouement et d'apaisement dans ce tome. Les personnages suivis depuis la première saison comme ceux apparus dans celle-ci voient leurs vies transformées aux côtés de Sauveur, pilier rayonnant et protecteur de la série. Le personnage n'est heureusement pas exempt de failles, et c'est justement ce qui lui offre toute sa vraisemblance.  Une série qui excelle dans la constance de sa qualité, et c'est assez rare pour être noté. Il n'y a pas de saison de trop dans cette série. Plongez les yeux fermés dans ce tome ! Et si malgré toutes mes chroniques vous n'avez pas encore eu l'occasion d'ouvrir un tome, procurez-vous la saison 1 et vous comprendrez alors mon enthousiasme (et celui des nombreux autres lecteurs de tous âges conquis). Un grand merci aux éditions L'Ecole des Loisirs de m'avoir permis de lire et adorer cette série. J'ai refermé à regret ce quatrième tome...

Pour retrouver l'intégralité des mes avis sur la série, cliquez sur les couvertures ci-dessous !

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