Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

08 mars 2017

Verte, Marie Desplechin et Magali Le Huche

Verte, Marie Desplechin et Magali Le HucheVerte est un album illustré par Magali Le Huche qui paraîtra le 22 mars aux Editions Rue de Sèvres. Il est l'adapation du roman éponyme de Marie Desplechin paru à L'Ecole des Loisirs en 1996, premier tome d'une trilogie.

Verte a onze ans. Et dans sa famille, on est sorcières de mère en fille. Mais Verte aimerait être normale, pas comme sa mère, Ursule, excentrique mère célibataire. Quand Ursule s'inquiète que Verte ne développe pas ses pouvoirs, elle fait appel à sa mère, Anastabotte, afin que celle-ci lui apprenne les rudiments de sorcellerie. Entre la grand-mère et la petite-fille, une complicité naît immédiatement.

J'avais adoré le roman de Marie Desplechin, découvert il y a presque dix ans, et j'étais très enthousiaste à l'idée de découvrir son adaptation en album. Et je n'ai pas été déçue.

Magali Le Huche s'empare de l'univers imaginé par Marie Desplechin et se le réapproprie pour donner vie à des personnages haut en couleurs. Les trois personnages féminins principaux - Verte, Ursule et Anastabotte - possèdent chacune une identité graphique intéressante, excellent prolongement au roman. Les planches se succèdent, entre décors soignés et cases minimalistes, dans un tourbillon aussi vif et dynamique que le roman. L'intrigue est préservée grâce aux dialogues fins qui conservent sa profondeur.

Le trait rond et les couleurs douces offrent à l'ensemble un caractère un brin suranné, réconfortant et apaisant, comme pour représenter le foyer heureux que forme ces trois générations de femmes aux pouvoirs singuliers.

Une belle lecture, très agréable. Un excellent prolongement au roman qui permet une mise en images réussie. Bref, un album qui plaira aux petits comme aux grands ! Un grand merci à Doriane et aux éditions Rue de Sèvres pour cet album.

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Planche 3

BD de la semaine saumon

 

Aujourd'hui c'est chez Noukette !

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05 mars 2017

D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds, Jón Kalman Stefánsson

D'ailleurs les poissons n'ont pas de pied, Jón Kalman StefánssonD'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds est un roman de l'islandais Jón Kalman Stefánsson paru en août 2015 chez Gallimard.

Ari revient au pays. Pour cet éditeur de poésie islandais émigré à Copenhague, l'Islande regorge de souvenirs. De son enfance à Keflavik, mais aussi celle de sa famille de pêcheurs à Norðfjörður, dans l'est du pays. Trois générations d'hommes qui partent affronter la mer tandis que leurs femmes les attendent, sur la terre ferme. Dans cette Islande sombre aux champs de lave qui accueillent celui qui atterrit, les souvenirs affluent.

Je suis profondément marquée par le voyage que j'ai fait en Islande il y a huit ans (quinze jours à quatre en sac à dos, une expérience mémorable !) et j'aime à y retourner grâce à la littérature de temps à autre.

Ce roman m'a emportée dans une Islande que je ne connais pas, l'Islande des pêcheurs et de leurs familles au début du siècle dernier, l'Islande envahie par les Américains durant la Seconde Guerre mondiale, l'Islande froide, noire, sombre, l'Islande des souvenirs et des regrets. Beaucoup de noirceur émane de ce roman, c'est indéniable, mais une incroyable poésie aussi. De ces générations entremêlées et de ces liens tissés au fil du temps surgissent des fulgurances d'une poésie rare et des questionnements intéressants. La vie, le couple, le sexe, la mort, l'amitié, tout y passe. C'est intelligent, parfois dérangeant, toujours constructif.

Jón Kalman Stefánsson brille dans sa construction narrative, baladant son lecteur entre les époques, lui faisant traverser le 20e siècle au travers de personnages vulnérables, faillibles, qui ont parfois sombré un peu dans la folie. C'est beau, éminemment émouvant, et l'intrigue se dénoue au fil des pages et des incursions dans les souvenirs d'Ari. Un roman bouleversant. Sombre, mais bouleversant.

"Nous prenons des calmants, des excitants, des tranquillisants pour supporter le quotidien. Les années passent, le but de la vie demeure vague, nous ne comprenons presque rien, nous prenons du poids, nos nerfs s'usent puis se rompent et nous sommes constamment affligés par l'insatisfaction et les désirs inassouvis. Nous rêvons d'une solution, aspirons à l'azur et à l'éther, mais n'ayant ni le temps, ni la sérénité, ni l'endurance qu'il faut pour les atteindre, nous avalons, reconnaissants, les solutions hâtives, les plats préparés, le sexe à la va-vite, tout ce qui nous procure une solution d'urgence, nous vivons à l'époque de l'instantané."

"A la fois excuse et justification de notre existence, à la fois provocation, accusation et cri, en dépit des paradoxes irréconciliables qui habitent chaque être humain, l'art est ce qui nous permet de vivre sans sombrer dans la folie, sans exploser, sans nous transformer en blessure, en malheur, en fusil. Il est ce qui permet malgré tout à l'homme de se pardonner les imperfections de sa condition humaine."

"Celui qui ne ressent aucune souffrance et n'est pas bouleversé face à la vie a le coeur froid et n'a jamais vécu - voilà pourquoi vous devez être reconnaissant de verser ces larmes."

"Nous avons tous, à un moment ou l'autre de notre vie, et parfois terriblement, besoin que quelqu'un nous prenne dans ses bras, besoin d'une étreinte à même de nous consoler, de libérer nos larmes ou de nous procurer un refuge quand quelque chose s'est brisé. Nous désirons qu'on nous étreigne simplement car nous sommes des hommes et parce que le coeur est un muscle fragile."

"Comment traverser la vie sans trop de dommage alors que tout passe, que les fulgurances s'affadissent, que les baisers refroidissent et que si peu de choses nous accompagnent sur la route qui est nôtre ? Pourquoi vivons-nous dans cet univers imparfait où les couples se déchirent car l'amour, première, deuxième et troisième merveille du monde, s'est changé en un mardi maussade, une sécurité stérile, une simple habitude ?"

"Puis vient la nuit. Avec sa besace emplie de ténèbres de janvier et d'étoiles qui scintillent comme autant de souvenirs lointains du ciel, elle vient avec les rêves qu'elle distribue en toute justice et en toute injustice. Vient la nuit de janvier, si lourde et si profonde que celui qui s'éveille en son sein et jette un regard au-dehors est persuadé que plus jamais le soleil ne poindra dans cet univers de ténèbres et d'étoiles."

"Pleurons-nous parce que le langage est imparfait et qu'il échoue à sonder le tréfonds de la vie, qu'il n'entre qu'à mi-chemin dans les failles les plus profondes, les larmes ne viennent-elles que lorsque les mots s'interrompent, sont-elles des messages sortis de l'abîme, de l'abîme insondable et pur ?"

"La musique a le pouvoir de dissiper les ténèbres, de nous arracher à notre tristesse, à nos angoisses, à notre pessimisme et de nous insuffler la joie de vivre, le bonheur d'exister, d'être ici et maintenant : sans elle, le coeur de l'homme serait une planète sans vie."

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27 février 2017

Harry Potter et la chambre des secrets, J.K. Rowling

Harry Potter et la chambre des secretsHarry Potter et la chambre des secrets est le deuxième tome de la célèbre saga de l'anglaise J.K. Rowling, paru en 1998 au Royaume-Uni, avant de paraître en France  chez Gallimard  en 1999.

Après sa première année à Poudlard, Harry retourne passer l'été chez son oncle et sa tante moldus, les Dursley. Le jeune garçon se languit de retourner à l'école de sorcellerie et d'y retrouver ses amis. Mais un soir, une drôle de créature fait irruption  dans sa chambre. Dobby, c'est son nom, le met en garde : Harry ne doit pas retourner à Poudlard car un grand danger rôde. Une mystérieuse chambre des secrets dissimulée dans les murs de l'antique château va être ouverte et le monstre qui s'y trouve libéré. Malgré ses craintes, Harry décide d'ignorer l'avertissement de l'elfe de maison.

Je poursuis ma relecture de la série, à raison d'un tome par mois, avec mes acolytes de lecture. Et si l'intrigue du premier tome est assez similaire à son adaptation cinématographique et que je l'avais bien en tête, dès ce deuxième volume, des divergences apparaissent et offrent à cette relecture une saveur particulière. La psychologie des personnages est finement travaillée et commence à laisser apercevoir la densité qu'ils prendront au fil des tomes. Les personnages secondaires, nombreux, bénéficient eux aussi d'un traitement intéressant et participent de la construction de cet univers fabuleux.

L'intrigue est très bien orchestrée et même en connaissant par coeur son dénouement, je me suis surprise à noter des indices ou des éléments de détails que je n'avais jamais vus, malgré mes nombreuses lectures de la série.

Inutile d'en faire des tartines. Tout a été dit ou presque sur Harry Potter. Alors je termine juste ce billet en évoquant une nouvelle fois le plaisir que j'éprouve à me plonger dans ces pages et à retrouver cet univers à la fois inquiétant et rassurant qui a fait de Harry Potter la série à succès qu'elle est. J'ai hâte de poursuivre la suite de la série et d'en parler au fur et à mesure avec mes co-lectrices ! (parce que c'est ça aussi la magie de Harry Potter : pouvoir en parler des heures avec plein de lecteurs différents, aux sensibilités diverses).

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25 janvier 2017

Le sixième Dalaï-Lama T.1, Zhao Ze et Guo Qiang

Le sixième Dalaï-LamaLe sixième Dalaï-Lama est un manhua - bande dessinée chinoise - illustré par Zhao Ze et scénarisé par Guo Qiang, paru en août 2016 aux éditions Fei, maison d'édition spécialisée dans la BD chinoise. 

Tawang, petit village du Sud de l'Himalaya, 1694. Lobsang y coule une vie paisible de paysan-esclave avec ses parents. Un matin, alors qu'il se rend aux champs avec Gelaï, son renard blanc, Lobsang fait la connaissance de Makye Ame, fille du seigneur local. Ignorant les conseils de ses domestiques, la fillette se lie d'amitié avec Lobsang, et, accompagnée de Dédi, sa fidèle servante, passe son temps libre avec lui. Les années passent et font naître une solide amitié entre les trois enfants. Mais le trio est loin de se douter que le cinquième Dalaï-Lama est mort depuis quinze ans et que les lamas se mettent en quête de sa réincarnation à travers le pays.

Je vous vois venir : "Mais elle a fini de nous ennuyer avec ses lectures autour du bouddhisme ?" Je vous arrête tout de suite : c'est un hasard, j'ai piqué cet album au boulot, attirée par sa couverture (et son sujet, je ne vous le cache pas !). Et autant vous le dire tout de suite : je suis tombée sous le charme de ses planches aussi belles que contemplatives.

Les personnages, tout en rondeur, semblent porter l'innocence de leur âge sur leurs visages, dominés par leurs grands yeux candides et leurs joues rosies par le vent qu'on imagine souffler dans ce petit village tibétain. Zhao Ze apporte tout autant de soin au traitement de ses paysages et chaque double page est un enchantement onirique porté par des couleurs douces.

L'intrigue se met en place doucement, et le suspense en est absent, mais qu'importe. La beauté réside ailleurs, dans cette amitié entre les enfants, entre Lobsang et son renard ou encore dans cette vie simple proche de la nature. Un très bel album que j'ai adoré découvrir et dont j'ai hâte de connaître la suite.

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BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Mo !

 

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22 janvier 2017

Harry Potter à l'école des sorciers, J.K. Rowling

imageHarry Potter à l'école des sorciers est le premier tome de la célèbre saga de l'anglaise J.K. Rowling, paru en 1997 au Royaume-Uni, avant de paraître en France  chez Gallimard  en 1998.

Harry est un orphelin maigrichon élevé sans amour par son oncle et sa tante. Le jour de ses onze ans, le garçonnet apprend qu'il est en réalité un sorcier et que lorsqu'il était nourrisson, il a réduit à néant le plus grand sorcier de tous les temps. Dès lors s'ouvre pour lui une nouvelle vie à Poudlard, l'école de sorcellerie dans laquelle il est admis, une vie remplie de magie, d'amitié mais aussi de danger. Car le Mal rôde toujours... 

J'ai hésité à chroniquer cette relecture, mais comme je me suis engagée à chroniquer chacune de mes lectures, j'ai décidé de faire un rapide billet. En grande fan d'Harry Potter (souvenez-nous à quel point j'avais été enthousiaste lors de ma visite des Studios Harry Potter à Londres). Je me suis lancée dans une relecture de la saga - à raison d'un tome par mois durant sept mois - avec ma soeur d'abord puis avec deux copines aussi, qui ont souhaité se greffer à ce chouette projet de lecture commune. Donc préparez-vous à voir des Harry Potter se glisser parmi mes autres lectures dans les mois à venir...

Me replonger dans Harry Potter, c'est me glisser avec plaisir dans un univers des plus doudous, synonyme d'enfance (j'ai découvert la série lors de sa sortie en France, alors que j'étais à peine plus âgée que les personnages principaux) et porteur d'imaginaire.

Je ne m'épancherai pas ici sur les nombreuses qualités de la série (cet article serait trop long) mais je voulais juste insister sur sa finesse psychologique - d'autant plus perceptible avec mon regard d'adulte -  sur les nombreuses thématiques qu'elle aborde (le deuil, la mort, la solitude, le rejet, l'amitié, la fin de l'enfance, etc.) et sur son aspect universel. Quel plaisir de retourner dans ces pages, quel plaisir de retrouver cet univers et de me lancer dans lecture commune ! J'ai hâte de me plonger dans le deuxième tome.

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22 octobre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers, Ransom Riggs

Miss Peregrine et les enfants particulier, Ransom RiggsMiss Peregrine et les enfants particuliers est le premier roman du blogueur et écrivain voyageur américain Ransom Riggs paru en 2012 chez Bayard. Il fait l'objet d'une adaptation cinématographique par Tim Burton sortie le 5 octobre. 

Jacob, seize ans, est effondré à la mort brutale de son grand-père. Ce dernier, qui semblait fantasque aux yeux de sa famille, n'a cessé de raconter à Jacob des récits fabuleux sur son enfance. Juif Polonais émigré sur une petite île du Pays de Galles, Abe -c'est son nom - y a vécu des jours heureux dans un orphelinat un peu singulier. Ce dernier, dirigé par Miss Peregrine Faucon, accueillait des enfants particuliers. Des enfants dotés de dons. Alors que Jacob a toujours pensé que son grand-père affabulait, sa mort dans des circonstances étranges le font douter. Et si finalement Abe n'avait rien inventé ? Et si cet orphelinat existait réellement ? Qu'en est-il de ces enfants qui y vivaient cloîtrés ? Pour en avoir le coeur net, Jacob supplie ses parents de partir mener l'enquête sur  l'île. Et ce qu'il va y trouver va changer sa vie à jamais...

Vous connaissez ma propension à découvrir les romans à l'origine des films. Et si j'étais passée à côté de cette publication lors de sa sortie française, j'ai vite remédié à ce problème en la dévorant en deux jours avant d'aller voir comment Tim Burton l'a traitée.

Ransom Riggs a imaginé dans ce roman un univers très sombre, mêlant cauchemars peuplés de monstres et atrocités liées à la Seconde Guerre mondiale. Jacob évolue dans ce présent sombre, hanté par le souvenir de son grand-père et de ses histoires extraordinaires. L'enfance est omniprésente dans cette intrigue peuplée d'enfants et d'adolescents coincés dans une boucle temporelle les empêchant de vieillir. Le personnage de Jacob - narrateur de l'intrigue - possède une psychologie vraisemblable et bien esquissée, tandis que gravitent autour de lui une galerie de personnages secondaires intéressante mais qui mériterait davantage d'attention. Peut-être que le deuxième tome s'attardera plus sur ces enfants particuliers et leur offrira une psychologie plus individualisée...

Conte poétique, ode à l'enfance, Miss Peregrine et les enfants particuliers est aussi une réflexion intéressante sur la notion de mal, entre monstres imaginaires et horreurs de la guerre. L'intrigue aborde des thématiques variées avec une grande finesse - les premiers émois, la question de la différence et de la tolérance, le devoir de mémoire, les relations intergénérationnelles, la peur, etc.- et l'ensemble se met en place de façon rythmée. Pas de temps mort dans ce premier tome qui augure une suite des plus intéressantes.

Vous aurez compris, j'ai passé un très bon moment dans ces pages, parfaites à découvrir en ce début d'automne. Le deuxième tome m'attend sagement dans mon Kindle et je ne vais pas tarder à le découvrir ! Une fois refermé ce roman, le parallèle avec le film Big Fish, précédemment réalisé par Tim Burton, m'a sauté aux yeux. Dans les deux cas, l'intrigue se centre sur un échange inter-générationnel autour des fabuleux souvenirs d'enfance d'un vieil homme. Le scepticisme du jeune (fils ou petit-fils) laisse progressivement la place à  la compréhension de son aïeul et celui qui semblait un peu fou récupère uneimage légitimité aux yeux de sa famille. Les thématiques sont donc assez proches. J'attends de voir comment Tim Burton a traité ce roman, mais la bande-annonce (que je vous mets ci-dessous pour ceux qui étaient passés au travers) semble définitivement beaucoup plus sombre et effrayante que le doux Big Fish aux couleurs surannées.  Voici ma troisième participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou !

 

25 septembre 2016

Sauveur & Fils saison 1, Marie-Aude Murail

Sauveur & Fils saison 1, Marie-Aude MurailSauveur & Fils saison 1 est un roman de Marie-Aude Murail paru en avril à L'Ecole des Loisirs. 

Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien. Le quotidien de ce bel homme d'1m90 se partage entre ses consultations et la vie avec son fils, Lazare, huit ans, qu'il élève seul depuis le décès de sa femme. Du travail, il en a ! Et s'il lui a fallu au début faire face à des a priori racistes - Sauveur est d'origine martiniquaise - aujourd'hui, sa clientèle est bien établie et le jeune père célibataire se débat pour aider ses jeunes patients. Entre Ella qui préférerait être née garçon, Margaux qui s'auto-mutile, Cyrille qui à neuf ans fait encore pipi au lit, Lucille, Marion et Elodie, trois soeurs qui vivent mal la séparation de leurs parents et le départ de leur mère pour une autre femme ou encore Gabin, élevé seul par une mère dépressive, Sauveur ne voit pas ses journées passer. Au risque d'oublier de discuter avec son petit garçon et de penser un peu à lui...

Ces derniers temps, mes lectures me ravissent... Et celle-là remporte haut la main le prix de la lecture la plus enthousiasmante de la rentrée ! Je vous vois venir, ceux qui me connaissent bien : ce n'est pas uniquement parce qu'il y a un cochon d'inde sur la couverture ! Non, Sauveur & Fils est une petite pépite dont chaque page est un bonbon d'optimisme à savourer.

Les thèmes abordés sont nombreux et le sont avec la délicatesse que l'on connaît à Marie-Aude Murail. L'intrigue balaye un large spectre de problématiques adolescentes par l'intermédiaire des patients de Sauveur. La relation père-fils est également abordée en finesse et pudeur, par le duo que forment Sauveur et Lazare, mais aussi grâce à Gabin, cet adolescent accro aux jeux en réseau que Sauveur héberge un temps. Les personnages sont touchants, attachants, chacun avec ses failles et sa vulnérabilité - même Sauveur ! - et ce petit univers centré autour de ce psychologue paternel d'évoluer.

Le deuil, enfin, et la perte d'un être cher, sont abordés en filigrane tout le long de l'intrigue, tandis que père et fils se débrouillent dans un quotidien exclusivement masculin, à coup de lasagnes surgelées et de blagues absurdes. L'humour est présent, malgré le sujet parfois grave et le quotidien de Sainte-Yves est ponctué de ses consultations que son petit Lazare épie et interprète du haut de ses huit ans.

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un roman de Marie-Aude Murail et maintenant c'est bien simple : j'attends la suite avec impatience, tant j'ai envie de savoir ce qui va leur arriver. Encore un beau coup de coeur à noter pour cette rentrée ! Un roman à mettre entre les petites mains mais aussi les grandes. Un très beau moment de lecture et d'humanité.

Les avis enthousiastes de Bladelor, Cathulu, Cuné, Jérôme, Noukette, Gaëlle, Nadège, Pépita, Thalie, Za, etc. Merci à Coline et aux éditions L'Ecole des Loisirs pour cette découverte.

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14 avril 2016

Les filles oubliées, Sara Blaedel

Les filles oubliéesLes filles oubliées est un thriller de la danoise Sara Blaedel paru en novembre 2015 aux éditions Terra Nova.

Le corps sans vie d'une jeune femme est découvert dans une forêt au Danemark.  Malgré l'énorme cicatrice qui barre son visage, l'appel à témoins reste sans réponse et son identité demeure un mystère. Mais très vite, une vieille femme se souvient de la victime : enfant, elle était internée dans un hôpital psychiatrique, avec sa soeur jumelle, abandonnée par ses parents. Le plus étrange est qu'elles avaient été déclarées mortes... Pour Louise, chargée de l'enquête, les questions sans réponse sont nombreuses.

Cela faisait très longtemps que je n'avais pas lu de thriller et j'ai succombé à l'appel de ce dernier, appâtée par la localisation de l'intrigue (j'adore le Danemark !). Mais très rapidement, je me suis rendu compte que ce n'est pas un hasard si je délaisse ce genre de livre : loin de me détendre, ils me crispent au plus au point. Lire des descriptions de violences ne me permet pas réellement de m'éloigner de mon quotidien et de m'évader. Quand en plus les violences sont envers des femmes, l'identification est certaine et le malaise grandit.

J'ai été très mal à l'aise tout au long de ma lecture, horrifiée, parfois, par le mal et toutes les formes qu'il emprunte. Je ne remets en aucun cas en cause le travail d'écrivain de Sara Blaedel ni son intrigue - savamment construite - mais je pense que je ne suis plus du tout le lectorat visé par les thrillers.

Pour les amateurs du genre, sachez que Les filles oubliées est un très bon thriller qui vous fera frissonner juste ce qu'il faut (moi je ne compte pas, vous savez à quel point je suis petite nature !). L'enquête avance à bon pas, les rebondissements sont nombreux et le duo d'enquêteurs - quoiqu'un peu caricatural et prévisible - fonctionne bien. Le dénouement final est glauque à souhait et offre à l'intrigue une dimension intéressante. Pour ma part, j'ai été pressée de terminer ces pages mais d'autres les refermeront à regret, sans aucun doute...

Un grand merci à Camille de LP Langage&Projet et les éditions Terra Nova pour l'envoi de ce roman.

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23 septembre 2015

Elle s'appelait Tomoji, Taniguchi

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Elle s'appelait Tomoji est le dernier album de Jiro Taniguchi paru en janvier cette année chez Rue de Sèvres.  

Tomoji Uchida grandit dans le Japon rural des années 1920 avant de devenir, des années après, la créatrice du temple bouddhidste Shôjushin. Taniguchi, aidé d'une scénariste, retrace le parcours de cette femme lumineuse et charismatique, de son enfance à son entrée dans l'âge adulte. 

Pour la deuxième mise en scène d'un personnage féminin dans un de ses albums, Taniguchi a choisi de raconter l'histoire de Tomoji Uchida, en se centrant plus particulièrement sur sa construction identitaire. Tout en délicatesse et en poésie, comme à son ordinaire, Taniguchi dépeint le quotidien de la jeune fille dans le Japon rural des années 20. Un soin tout particulier est apporté aux paysages et aux scènes de la vie quotidienne, faisant de certaines planches de véritables tableaux à contempler.

Malgré la beauté et la poésie qui se dégagent de cette tranche de vie, de ces petits riens qui font le quotidien et qui marquent le temps qui passe, c'est la première fois qu'un album de Taniguchi ne me transporte pas complètement. Je suis restée relativement de marbre face au récit de la vie Tomoji et ce dernier a suscité peu d'émotions de ma part. J'ai beaucoup de mal à expliquer pourquoi car tout est fait pour me plaire, mais la magie n'a pas opéré. Moi qui avais adoré Quartier lointain, L'homme qui marche, Le journal de mon père, Le Gourmet solitaireLes Gardiens du Louvre, j'ai refermé cet album déçue de cette rencontre en demi-teinte.

D'autres lecteurs de cet album : Noukette, Mo', JacquesMarion, etc.

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C'était ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Jacques

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Et zou ! Une nouvelle participation au Reading Challenge 2015 ! 

40. Une BD / un roman graphique

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09 septembre 2015

Le jardin de Minuit, Edith

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Le Jardin de Minuit est un album signé Edith et paru fin mai dans la collection Noctambule de chez Soleil. Il s'inspire librement du roman de la britannique Philippa Pearce Tom et le Jardin de Minuit paru en 1958 et qui reçut la Médaille Carnegie cette même année.

Angleterre, XXe siècle. Tom est envoyé en vacances chez son oncle et sa tante. L'été s'annonce des plus ennuyeux pour le jeune garçon, seul enfant dans cette maison. Mais une nuit, Tom entend la pendule sonner treize coup et, piqué de curiosité, décide d'aller voir l'heure qu'elle affiche. Quelle n'est pas sa surprise lorsqu'il découvre derrière la porte du fond, un jardin immense et merveilleux. Intrigué, le jeune garçon le visite et y rencontre d'autres enfants, qui ne peuvent malheureusement pas le voir. Mais une fois le matin arrivé, le jardin a disparu et laisse place à une cours triste et sans végétation. Heureusement pour Tom, chaque nuit lui offre la possibilité de s'évader dans ce jardin merveilleux...

Classique de la littérature de jeunesse anglaise, Tom et le Jardin de Minuit fait partie de ces oeuvres oniriques et envoûtantes pour son lecteur. Décider de s'y frotter et de l'adapter en album est un pari audacieux dans lequel Edith s'est lancée. Beaucoup a été dit de cette adaptation en album, et si certains ont été déçus, bercés durant leur enfance par le roman originel, pour ma part il n'en est rien, pour la simple et bonne raison que je ne connaissais que de nom le roman de Philippa Paerce et ai donc découvert avec cet album cette intrigue merveilleuse. Je ne parlerai donc pas de l'intrigue - dans la mesure où je n'ai pas le recul nécessaire pour évaluer l'adaptation d'Edith par rapport à l'oeuvre dont elle s'inspire - mais me centrerai davantage sur les dessins et l'ambiance.

Edith - dont je découvre le travail avec cet album - offre à l'intrigue un rendu visuel un brin suranné qui colle parfaitement l'époque de l'intrigue. Les couleurs sont douces, tirant vers le jaune et le vert, et rendent hommage au jardin merveilleux que Tom visite chaque nuit. Les univers sont clairement identifiables par les tonalités utilisées, claires et chatoyantes la nuit, lorsque le garçonnet découvre le jardin et foncées et sombres la journée, lorsqu'il est en compagnie de son oncle et sa tante et que sa journée est rythmée par l'ennui. L'ensemble est particulièrement agréable à l'oeil et répond à l'intrigue en lui offrant une dimension des plus intéressantes.

Les personnages possèdent un petit quelque chose d'enfantin dans leur faciès, peut-être à cause de leurs nez un peu rougis et leurs visages ronds et semblent faire rappeler que l'enfance et ses rêves sont au centre de cette intrigue.

Pour ma part, Le Jardin de Minuit fut une très belle lecture. J'ai adoré me faufiler aux côtés de Tom et découvrir chaque nuit avec lui un jardin enchanteur. Et, cela n'a rien d'étonnant, j'ai très envie de découvrir le texte de Philippa Pearce maintenant !

Je tiens à remercier Mélanie et les éditions Soleil pour cette découverte.

D'autres avis sur cet album : Mo', JérômeNouketteHervéJacquesLivresse, Sandrine, Yaneck et  Faelys.

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C'est ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Stephie.

 

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