Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

11 juillet 2011

L'Inde en fêtes #3 Le National Film Festival de New Delhi et Sita chante le blues

filmLe National Film Festival de New Delhi* se déroule cette année du 17 juin au 26 juillet. C'est le nouveau rendez-vous de notre Challenge L'Inde en fêtes, organisé par Hilde et moi.logo Inde petit

Depuis 1953, ce rendez-vous annuel est l'occasion de couvrir tout le spectre de la production cinématographique indienne.
Pas moins de 161 films et 114 courts-métrages y seront présentés, permettant ainsi de centraliser tout le talent du cinéma indien.

Pour permettre même aux plus modestes d'accéder aux séances, l'entrée est libre, tout comme les projections. La logique du premier assis, premier servi !

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A cette occasion, j 'ai eu envie de vous parler d'un film d'animation :

Sita chante le blues de Nina Paley.

Sita

Sita, la déesse indienne, est répudiée par Rama, son mari. Ce film d'animation est l'occasion pour Nina Paley, la réalisatrice, de tisser un parallèle entre le Râmâyana, célèbre épopée de la mythologie indienne, et sa propre vie, puisque son mari a mis fin à leur mariage par e-mail.

Avec des graphismes tout en rondeur, cette adaptation musicale mêle habilement tradition indienne et monde moderne. Et chose assez incroyable, Nina Paley, la réalisatrice, a décidé elle-même de mettre en libre accès son film en visionnage intégral. Une raison de plus pour succomber à cette version très 50's de Sita, fréquemment comparée à Betty Boop !

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En voici la bande-annonce :


Et si vous voulez succomber dès maintenant et regarder le film en streaming (en VO),
allez faire un tour sur le site officiel du film

 

*A l'origine, ce nouveau rendez-vous de notre challenge devait se pencher sur le Festival de cinéma asiatique et arabe de Delhi, mais faute de données sur le festival de cette année, nous avons décidé, avec Hilde, de nous pencher sur le National Film Festival de New Delhi.

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07 mai 2011

Noces indiennes, Sharon Maas

nocesindiennesSharon Maas est une journaliste spécialisée dans le sous-continent indien, née en Guyane britannique en 1951. Noces indiennes est son premier roman.

L'intrigue de ce roman suit le destin de trois personnages, trois enfants confrontés aux règles d'une société qui leur échappe.
Savitri, dont le père est le cuisinier d'une famille anglaise installée en Inde, tombe amoureuse de son compagnon de jeu, David, le fils de la famille.
Nat, fils adoptif d'un médecin anglais, est partagé entre son pays, l'Inde, et sa découverte de l'Occident lors de ses études.
Saroj, enfin, papillon rieur et multicolore, subit le joug de son père, traditionnaliste à l'extrême qui souhaite la marier dès ses quatorze ans.

Trois enfants, dont l'histoire débute à trois époques différentes (1921, 1947 et 1956), avec pour dénominateur commun l'Inde. Parce qu'ils y vivent ou qu'ils sont indiens, leur vie est régie par des règles et des traditions parfois lourdes face à la modernité de leur temps.
Sharon Maas nous entraîne avec brio dans cette intrigue complexe qui se déroule à des moments charnières de l'Histoire de l'Inde. Savamment construite, elle alterne le destin des trois personnages et leur évolution personnelle au fil du temps.

Noces indiennes est un roman de toute beauté, que j'ai lu avec grand plaisir. S'il arrive, dans ce type de construction narrative, qu'un personnage soit moins intéressant qu'un autre, ce n'est pas le cas ici et chaque chapitre amène son lot de rebondissements et d'évolutions qui le rendent aussi intéressant que le précédent.

coup_de_coeur_2011

Une belle intrigue servie par une jolie plume, un rythme dense et un hommage à l'Inde tout en subtilité, mais aussi une critique de certaines traditions comme de la condition de la femme... J'ai été conquise et j'attribue sans plus tarder à ce roman le titre de cinquième coup de coeur de cette année...

"Soit on aime l'Inde, soit on la déteste, et tout ce que je suis, tout ce que tu sais de moi, c'est à l'Inde que je le dois. L'Inde véritable, l'Inde cachée derrière le chaos, la saleté, la démence, la laideur, l'Inde de l'esprit. Tu le sentiras. J'en suis sûr. Et tu l'aimeras. Tu tomberas sous le charme, tout comme moi." (p.593)

Ce roman a été lu dans le cadre d'une lecture commune avec Elea23, avec un peu de retard (ce billet devait être publié le 30 avril...) Je l'inscris bien entendu dans le Vignette_LCcadre du Challenge "L'Inde en fêtes".

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05 mai 2011

Orgueil et préjugés, Jane Austen

jane_austen_orgueil_et_prejuges_10_18_Orgueil et Préjugés est un des romans les plus connus de la romancière et femme de lettres anglaise Jane Austen. Publié en 1813, il demeure à ce jour un incontournable de la littérature anglaise.

J'en connaissais l'intrigue avant même de me plonger dedans, ayant étudié certains fragments en fac. Mais la tentation de me faire une journée dédiée à l'Angleterre lors du mariage princier* m'a incitée à me plonger dans ce roman. (*cf. Ma journée "So British")

Orgueil et Préjugés relate le quotidien d'une famille anglaise au 19e, les Bennet, dont les cinq filles sont à marier. Entre les mondanités et les obligations de cette famille bourgeoise, les journées passent dans l'attente d'un mariage. Jusqu'au jour où Mr Bingley vient s'installer à Netherfiled, propriété voisine de celle des Bennet. Tout le voisinage se met alors en branle pour séduire ce célibataire tant convoité. Jusqu'à l'arrivée de son ami Mr Darcy...

J'avais déjà apprécié ma lecture de L'Abbaye de Northanger il y a quelques années, et renouer ici avec Jane Austen a été une très bonne chose.
Orgueil et Préjugés est un roman à l'humour féroce, véritable critique de la société de l'époque et de la rigidité de ses codes sociaux.

Les personnages de Jane Austen possèdent une psychologie finement étudiée et portent en eux certaines valeurs représentatives de leur classe sociale et de leurs attentes. Les filles cadettes des Bennet sont ainsi stupides à souhait, écervelées et mièvres, et ne jurent que par le mariage et l'argent, tandis qu'Elizabeth possède un caractère plus féministe et moderne, symbolisant ainsi le contre-pied de ces normes sociales pourtant bien réelles alors. 

Véritable bijou d'humour et de cynisme, Orgueil et Préjugés ne doit pas être réduit à sa dimension sentimentale et ne garder que son côté mièvre. C'est avant tout une oeuvre critique de son temps et de la condition des femmes de l'époque. Cet aspect, parfois acerbe, il est vrai, m'a séduite de bout en bout et fait beaucoup rire. Quelle modernité ! Quelle verve ! Le plus de l'édition 10/18 ? Une préface signée Virginia Woolf.

Pour illustrer tout le talent de Jane Austen
dans cette critique féroce, la première phrase du roman :

"C'est une vérité universellement reconnue qu'un célibataire pourvu d'une belle forture doit avoir envie de se marier et, si peu qu'on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu'il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l'esprit de ses voisins qu'ils le considèrent sur-le-champ comme la propriété légitime de l'une ou l'autre de leurs filles." (p.21)

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Et si de nombreuses adaptations ont été faites au cinéma et à la TV, (j'en connais qui se pâment pour Colin Firth dans le rôle de Darcy !^^) je n'ai pas pu résister à la tentation de vous présenter Coup de foudre à Bollywood, un remake sauce indienne de ce roman. Voici la bande-annonce aux couleurs chatoyantes de ce film, pour vous donner un aperçu de cette version un peu mièvre, certes, mais tellement pétillante !

 

 

Et voici ma deuxième participation au Challenge de Will,
La littérature fait son cinéma,
dans la catégorie Meilleure actrice (10 livres à chroniquer).


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07 avril 2011

L'Inde en fêtes #2 Mewar Festival d'Udaipur et Compartiment pour dames d'Anita Nair

logo_IndeHilde et moi vous proposons "L'Inde en fêtes"

Le principe ? Lire des livres sur l'Inde / de la littérature indienne tout au long de l'année, à l'occasion de 5 fêtes populaires sélectionnées (toutes les informations sont ici ou chez Hilde !)

Deuxième fête : Mewar Festival à Udaipur
(du 6 au 8 avril)

flickr_5011840324_hdUdaipur  est une ville d'Inde située dans l'état du Rajasthan, entourée de lacs et culminant à 577 m d'altitude. Chaque année, elle célèbre le Mewar Festival, qui est un festival dédié à l'arrivée du printemps, considéré en Inde comme la saison reine.
L'ouverture du festival est faite par une procession exclusivement féminine. Les femmes se parent de leurs plus beaux saris et sont considérées commes les reines du festival.
Des bateaux décorés défilent aussi, et donnent lieu à des chants et des festivités à leurs bords et sur les rives.
La ville organise de nombreuses animations culturelles à cette occasion, et une fête foraine prend place au coeur de la vieille ville, tandis que les processions défilent sur les quais du lac Pichola. Un spectaculaire feu d'artifice clôt les festivités au terme des trois jours.

Une vidéo du site Vision Rajasthan :

 

 

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A l'occasion de ce Festival, nous avions organisé une lecture commune du roman d'Anita Nair, Compartiment pour Dames.

Akhila a quarante-cinq ans. Sans mari ni enfants, elle vit avec sa soeur, son beau-frère et leurs enfants. Mais Akhila en a assez de cette vie. Un jour, elle décide de prendre un train pour l'extrémité Sud de l'Inde. Un voyage pour réfléchir à sa vie, faire un point sur sa situation.
Dans le compartiment du train, elle fait la connaissance de ses compagnes de couchette. Chacune lui raconte alors sa vie et son expérience pour la faire réfléchir à sa propre situation.

Cela faisait quelques années que ce roman me faisait de l'oeil avec sa couverture verte et son visage féminin. Et autant le dire tout de suite : j'ai vraiment adoré cette lecture. Anita Nair nous entraîne dans le quotidien des femmes en Inde. Les récits de chacune des voyageuses sont comme des nouvelles dans le roman et permettent d'aborder un éventail assez large des situations des femmes dans ce pays.
La plume d'Anita Nair possède une intensité poétique rare et donne une dimension toute particulière à ces récits très émouvants. Au coeur de cette nuit qui semble sans fin et de ce huis-clos dans ce compartiment pour dames, la solidarité entre ces femmes qui ne se connaissent pas éclot, chacune tentant d'apporter, par son expérience, un peu de chaleur et de réconfort aux autres.

Vignette_LCUn roman à lire pour découvrir la vie des femmes en Inde et la façon dont elles s'échappent d'un quotidien dicté par les traditions du pays.

Les avis de Nesto, Penelope, Sharon, Sabbio et Hilde qui participent au challenge et Ellcrys et Manu avec qui nous avions programmé cette lecture commune !

 "Des foetus ballotés à l'intérieur d'un utérus, chacun se nourrissant de la vie de l'autre, grâce à l'obscurité environnante et à l'assurance que ce qui était partagé entre ces cloisons n'irait pas au-delà de cette nuit et de ce huis-clos." (p.43)

"C'est en explorant la texture de la vie des autres, en cherchant des ressemblances, susceptibles de connecter nos vies entre elles, que nous essayons de nous libérer d'un sentiment de culpabilité à l'égard de ce que nous sommes et de ce que nous sommes devenues." (p.222)

 

L'ensemble des billets publiés à cette occasion par les participants :

Mini_Taj Hilde

 Mini_TajNesto

Mini_Taj Penelope

 Mini_Taj L'Ogresse de Paris :

Mini_TajSabbio

 Mini_TajSharon

 Mini_Taj soukee

 

 

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31 mars 2011

Saison à Copenhague, Karen Blixen

9782070384648Etant allée visiter Copenhague il y a un mois, j'ai eu envie de découvrir la littérature danoise. Je connaissais  la baronne Karen Blixen de nom, mais n'avais encore rien lu d'elle. Née en 1885, elle épousa le baron Blixen en 1914 et partit vivre au Kenya durant près de vingt ans. Son oeuvre la plus connue, La ferme Africaine, inspira à Sydney Pollack son film Out of Africa avec Meryl Streep et Robert Redford.

Saison à Copenhague est une courte nouvelle dont l'intrigue se déroule  dans la capitale danoise lors de l'hiver 1870.  A cette époque de l'année, de nombreuses mondanités sont organisées. Karen Blixen dresse un portrait de la jeunesse dorée de Copenhague et de la noblesse campagnarde qui accoure à cette occasion. Et quand un jeune home s'éprend de sa belle cousine qui fait tourner toutes les têtes, le malheur pointe son nez.

Quelle découverte ! Karen Blixen nous offre ici, en peu de pages, une peinture sociale haute en couleurs. Dépeignant avec précision et beaucoup d'humour cette époque, elle dresse dans ici une série de portraits de la noblesse danoise et de ses travers. J'ai souris, souvent, et j'ai appris beaucoup sur la condition féminine dans ce pays. 
L'intrigue amoureuse développée illustre à merveille la dureté des codes sociaux de  cette époque et teinte la nouvelle d'une coloration shakespearienne indéniable.
Une lecture qui m'a donc séduite et qui me donne envie de découvrir davantage cette auteure.

"Avec cette conquête de la ville par la campagne, la féminité, l'univers des femmes, avait surgi comme une vague et innondé Copenhague." (p.12)

"Dans un milieu où la femme est regardée comme le soutien de la civilisation et de l'art, on a tendance à se mo48925717_pntrer un peu moins exigeant sur le chapitre de sa vertu."  (p.15)

Une nouvelle lecture que j'inscris dans le Challenge 2 euros de Cynthia.

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27 février 2011

L'homme de Kaboul, Cédric Bannel

62155866_pDécouvrir un roman qui a pour cadre l'Afghanistan d'aujourd'hui ? Voilà une idée qui m'a séduite ! Mes lectures étant assez pauvres sur ce sujet, le roman L'Homme de Kaboul a été l'occasion d'en savoir davantage.

Appelé sur les lieux d'un suicide, Oussama Kandar, chef de la brigade criminelle de Kaboul n'est pas dupe : l'homme qui gît dans son salon n'est pas mort de son propre fait par une balle en pleine tête, malgré la mise en scène astucieuse qui tend à le faire croire. Les détails, trop nombreux, soutiennent la thèse d'un crime déguisé en suicide. Oussama se lance alors dans une enquête que sa hiérarchie semble étonnement vouloir freiner...
Pendant ce temps, en Suisse, Nick, un jeune analyste travaillant pour une structure secrète du nom de l'Entité, se voit propulsé au milieu d'une chasse à l'homme au nom d'un rapport hautement confidentiel détenu par le fugitif. 

L'homme de Kaboul fait partie de ces romans dans lesquels on s'immerge complètement sans voir le temps passer. Cédric Bannel réussit avec brio à emmener son lecteur dans ce pays à la violence très médiatisée mais au quotidien souvent peu connu.
De la condition féminine aux difficultés du quotidien en passant par le régime taliban et l'histoire de l'Afghanistan ces dernières années, le lecteur appréhende ce pays par le biais de l'intrigue qui s'y déroule sans jamais avoir l'impression d'un quelconque étalage des recherches entreprises par l'auteur sur le sujet. La carte du pays, située en début de livre, abonde dans ce sens et permet de suivre les déplacements des personnages et de comprendre les nombreuses disparités du pays.

Le style de Cédric Bannel est fluide, l'intrigue haletante à souhait - grâce notamment à l'alternance des chapitres entre la Suisse et L'Afghanistan - et les deux héros crédibles.

Malgré un dénouement un peu trop rocambolesque à mon goût, L'homme de Kaboul n'en demeure pas moins un excellent roman à suspense dont la lecture m'a enchantée.

Les avis enthousiastes aussi d'
Alex-Mots-à-Mots et d'Esmeraldae sur ce roman.

Je tiens à remercier grandement Violette de Canalblog et les logo pour l'envoi de ce roman à paraître le 3 mars 2011 et la découverte de cet auteur.

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18 février 2011

Le coeur cousu, Carole Martinez

9782070379491Hathaway m'a ravie en m'offrant, à l'occasion du Swap Nouvel An 2011, Le cœur cousu, premier roman de Carole Martinez, repéré sur son blog quelques temps auparavant...

Soledad porte bien son prénom : sa vie entière n'a été que solitude. A l'aube de sa mort, elle décide de raconter l'histoire des femmes de sa famille, à commencer par Frasquita, sa mère, couturière de génie. Ayant hérité, au sortir de l'enfance, d'une magnifique boîte à couture, leur mère a consacré des heures à coudre, broder, orner tout ce qu'elle trouvait, tissus comme plaies... Mais une fois mariée, son talent a jeté  l'opprobre sur elle et sa famille, certains l'accusant de sorcellerie et de mensonge pour renier son don.
Au fil des ans et des enfants qu'elle met au monde, Frasquita abandonne la couture pour éviter toute médisance. Mais le jour où son mari, qui se lance dans les combats de coqs,  joue et perd son épouse, la vie de Frasquita et de ses enfants bascule.

Quelle plume ! Carole Martinez m'a émue à chacune de ses pages, m'emportant loin, dans cette Espagne à la chaleur étouffante. Pour un premier roman, Le coeur cousu est une petite réussite à côté de laquelle il ne faut pas passer ! J'ai éprouvé beaucoup de sensations que la lecture [Du] Soleil des Scorta de Laurent Gaudé avait fait naître en moi...
Carole Martinez manie la langue avec une finesse rare et allie celle-ci à une intrigue romanesque et originale s'il en est, entre histoire familiale et conte.
Son récit emboîté alterne les époques et les personnages avec une aisance que j'ai rarement vue. Un récit qui coupe le souffle, émeut aux larmes et fait sourire. En bref, une petite merveille !

coup_de_coeur_2011Sans aucune hésitation, je lui décerne le titre de deuxième coup de cœur de l'année 2011. Un immense merci Hathaway pour ce roman magistral ! (son avis est ici !)

Un avant-goût de la plume fantastique de Carole Martinez :

"Mon nom est Soledad.
Je suis née, dans ce pays où les corps sèchent, avec
des bras morts incapables d'enlacer et de grandes
mains inutiles.
Ma mère a avalé tant de sable, avant de trouver un
mur derrière lequel accoucher, qu'il m'est passé dans
le sang.
Ma peau masque un long sablier impuissant à se tarir.
Nue sous le soleil peut-être verrait-on par transparence
l'écoulement sableux qui me traverse.
LA TRAVERSÉE.
Il faudrait bien que tout ce sable retourne un jour
au désert." (p.7)

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17 juin 2010

Prodigieuses créatures, Tracy Chevalier

9782710331643FSJ'aime beaucoup les romans de Tracy Chevalier. Ayant perdu au concours organisé par Blog-o-Book pour recevoir l'intégralité de ses titres aux éditions de La Table Ronde, je me suis précipitée sur le partenariat proposant la lecture de son dernier roman, Prodigieuses créatures.

Au début des années 1800, les sœurs Philpot, Louise, Elizabeth et Margaret, quittent Londres pour s'installer à Lyme Regis, sur la côté du Dorset. Toutes trois vieilles filles, elles mènent chacune l'existence qui leur convient, dans le respect des codes de la société.
Ainsi, tandis que ses sœurs jardinent ou assistent à des bals, Elizabeth fait la rencontre de Marry Anning, une jeune fille frappée par la foudre dans son enfance, et qui a développé un goût passionné pour la recherche de fossiles. Parcourant à ses côtés les plages environnantes, Elizabeth sera aux côtés de la jeune fille lorsque celle-ci fera une découverte des plus incroyables pour la science...

Tracy Chevalier emmène encore une fois son lecteur dans un univers bien à elle. Dans Prodigieuses créatures, il s'agit de ces longues plages venteuses et dangereuses, où la falaise menace de s'écrouler à chaque instant tandis que la mer monte, barrant tout passage aux promeneurs distraits. Les descriptions sont précises et détaillées, et l'on est très vite immergé dans cet environnement.
La narration est à la fois lente et rapide. Lente car certains événements sont racontés avec beaucoup de détails, appelant alors le lecteur à patienter et savourer la chute, mais rapide aussi car les années défilent rapidement au gré des pages.
L'alternance de points de vue dans chaque chapitre entre Elizabeth et Mary permet au lecteur de se plonger dans deux histoires quasiment différentes. Même si les deux personnages ont la même passion des fossiles, elles proviennent  de deux classes sociales très différentes, aux préoccupations parfois antagonistes. Quand Elizabeth s'inquiète d'être vue portant des gants troués et une jupe maculée de boue, la jeune Mary se demande comment manger à sa faim et assister sa mère. Deux conditions féminines très différentes mais souffrant pourtant de codes établis par les hommes.
En somme, Tracy Chevalier donne à voir dans ce roman deux destins liés mais pourtant si éloignés tout en permettant au lecteur de réfléchir à cette époque et à ses codes.
Un régal ! Qu'il est bon de se plonger dans ce roman qui donne froid avec ses paysages venteux et violents ! Que j'aime l'atmosphère des romans de cette auteure !

Je tiens à remercier 53811911_p et les 1nava  pour ce roman reçu dans le cadre d'un partenariat.

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