Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

27 janvier 2013

Rien n'est trop beau, Rona Jaffe

Rien n'est trop beau

Rien n'est trop beau est un roman paru en 1958 aux Etats-Unis et adapté au cinéma par Jean Negulesco en 1959. Son auteure, Rona Jaffe, ayant travaillé quatre ans dans une maison d'édition new-yorkaise, décida de raconter le quotidien des jeunes femmes qui, comme elles, concilient vie active et vie sentimentale, dans le New York des années 1950. Mi-étude sociologique, mi-roman, ce livre rencontra dès sa parution un vif succès.

New York, 1952. Caroline, Mary Agnes, April, Gregg et Barbara travaillent toutes les cinq aux éditions Fabian. Fraîchement diplômées, les cinq jeunes filles occupent des postes subalternes dans cette vaste entreprise dirigée par des hommes. Armées de leurs rêves et de leurs désirs, chacune cherche avidement à faire un beau mariage. Mais en attendant de rencontrer leur futur mari, elles profitent de New York et de ses distractions et subissent la dure loi du monde du travail.

J'aime beaucoup la question de l'émancipation de la femme et de la condition féminine traitée en littérature. Les années 1950 sont une époque charnière où, aux États-Unis, l'indépendance financière des femmes pointait son nez... avant de disparaître majoritairement au profit d'un mariage confortable. J'ai donc dévoré les 670 pages de ce roman avec grand plaisir.
Le lecteur goûte, à travers le parcours de ces cinq personnages, au quotidien des jeunes provinciales tout juste débarquées à New York. Si les paillettes et les plaisirs sont au rendez-vous, leur nouvelle vie de citadine leur réserve malheureusement bien des déconvenues : harcèlement sexuel au travail, tromperie, mensonges, etc. Tout n'est pas doré sous les lumières new-yorkaises, et c'est avec un sérieux courage que Caroline et ses amies vont affronter leurs déceptions.
Ode à l'indépendance et conseil aux nouvelles arrivées, Rien n'est trop beau est un roman protéiforme, à la fois analyse sociologique et initiation à la vie de femme indépendante, professionnellement et sexuellement. Le lecteur d'aujourd'hui regardera avec bienveillance les personnages errer et se chercher, car ces errances ne sont finalement pas loin de ce que l'on peut vivre aujourd'hui. Les aventures sentimentales des cinq jeunes femmes et leur naïveté attachante résonnent de façon universelle, même si la note de fraîcheur et de nouveauté liée à leur époque a disparu. 
Rona Jaffe nous permet de nous immerger dans le New-York des années 1950 et décrit la ville et son ambiance avec soin. On parcourt les lignes du roman et on se retrouve plongé dans cette folle ambiance de la ville qui ne dort jamais.
J'ai été émue par cette lecture, happée par ces histoires singulières pour lesquelles Rona Jaffe a interrogé cinquante new-yorkaises. On frôle le document d'époque, on oscille entre le roman et le documentaire tant l'auteure maîtrise son sujet et relate ce qu'elle a connu. On pense à Mad Men et Sept ans de réflexion. On savoure cette lecture, sans hésiter.

Les avis de Cynthia, Enigma, Iluze,  MangoManu et Fleurfleur.

 

Voici ma cinquième participation

au Challenge La littérature fait son cinéma 2 organisé par Will

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10 mai 2012

Mémoires d'une dame de cour dans la Cité interdite, Jin Yi

Mémoires d'une dame de cour dans la Cité interditeMémoires d'une dame de cour dans la Cité interdite est un récit biographique de Jin Yi. Ce dernier s'est intéressé à la vie de He Rong Er, ancienne dame de cour dans la Cité Interdite. Ce livre, paru en 1999 chez Piquier, est un témoignage rare de l'époque de la dernière impératrice, Cixi.  

Le récit de Jin Yi est scindé en quatre parties, qui sont autant de sujets abordés par sa vieille amie He Rong Er. La vie quotidienne d'une femme de cour est ainsi dépeint sous toutes ses facettes. Le style descriptif créé une distanciation avec le lecteur mais permet néanmoins de s'imaginer clairement ce qui est décrit. Pas de pathos ni de larmes sur le triste destin de He Rong Er, et plus généralement, des dames de cour, mais une description, un témoignage.

Je ne connais que très vaguement l'histoire de la Chine et ses traditions. Comme tout occidental, j'en ai certaines représentations - véhiculées notamment par les médias ou les films qui nous parviennent - mais cela reste flou, et parfois trop général. 
Ainsi, je ne savais presque rien de la condition des femmes qui travaillaient dans la Cité Interdite. Travailler... Je pense qu'on peut dire plutôt vouer son existence, car finalement peu avaient le choix et s'engager dans cette voie signifiait y consacrer sa liberté.
Jin Yi nous offre ici un récit particulièrement touchant d'une femme, à l'aube de son existence, une existence contrainte. Pas de pathos, comme évoqué plus haut, mais une pudeur tout au long du texte. Un style sobre, descriptif, qui sert le récit sans chercher à susciter une émotion. Jin Yi semble coucher sur papier ses entretiens avec son amie sans chercher autre chose qu'un témoignage.
On apprend beaucoup, sur tous les rituels qui rythmaient la journée d'une dame de cour. Du lever de l'impératrice à son coucher. L'auteur s'attarde également sur tous ces détails qui nous paraissent incensés tant ils sont ritualisés : la façon dont il faut présenter sa pipe à l'impératrice, dont il faut rentrer dans une pièce sans jamais lui tourner le dos, dont il faut annoncer chaque plat, etc. Autant de précisions qui nous sont étrangères et qui peuvent paraître futiles mais qui composent la vie de cette incroyable Empire et témoignent de son incroyable rigueur. 
Un récit lu d'une traite, pour mieux m'en imprégner et me glisser dans cette époque. Un document rare, sans fantasme ni imprécision. A lire si le destin des femmes chinoises et mandchoues vous intéresse.  
 

 Voici ma troisième participation au  Challenge Dragon organisé par Catherine et 
ma deuxième participation au Challenge  Biographie organisé par Alinéa.

                                           Challenge Dragon    Challenge Biographie

 

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04 décembre 2011

L'Inde en Fêtes #5 Konark Dance Festival et Elles changent l'Inde

Konark Festival

logo Inde petit

Dernier rendez-vous du Challenge L'Inde en fêtes,
organisé par Hilde et moi,
le Konark Dance Festival
qui a lieu du 1er au 5 décembre 2011 au Temple du Soleil
de la petite ville de Konark, dans l'Etat d'Orissa.
Durant cette période, le temple devient le théâtre d'un des festivals de danse le plus célèbre du pays où amateurs et professionnels se produisent en plein air.


Le 3 décembre 2007, les musiciens accompagnent la troupe de danseuses ODISSI de Bhubaneswar.
(source :
Dailymotion)

 

Elles changent l'IndeA cette occasion, j'ai eu envie de vous présenter Elles changent l'Inde, le catalogue de l'exposition du même nom qui se tient en ce moment au Petit Palais, à Paris.
Publié par Reporters sans frontière, cet album met l'accent sur les défis de l'Inde actuels, et tout particulièrement les initiatives des femmes.

Six photographes de l'agence Magnum Photos ont ainsi passé des semaines en Inde pour mettre en lumière le rôle des femmes dans l'évolution du pays. Des femmes chauffeurs de taxi à celle qui poursuivent leurs études dans le supérieur, en passant aux femmes qui s'investissent en politique ou dans l'industrie cinématographique, les projets sont nombreux et les espoirs naissants.

L'album reprend les photos de l'exposition. En l'achetant (9,90€), on fait un petit geste en faveur de la liberté de la presse. Un hymne à ce pays et à ses bouleversements sociaux et économiques. Un élan d'optimisme éclôt à chaque page et une envie de combattre aux côtés de ces femmes engagées pour leur pays surgit au fil de la lecture et de l'observation de ces photos magnifiques. A lire, sans aucun doute.
Et pour les parisiennes, filez au Petit Palais : cette exposition, qui se tient du 21 octobre au 8 janvier, est gratuite pour tous ! Aucune raison de s'en priver ! Pour en savoir plus sur les horaires et les infos
sur cette page.

 

Pour terminer de vous convaincre,
un avant-goût du travail de chacun des photographes.


 

Photographe : Alessandra Sanguinetti

 

 

Photographe : Patrick Zachmann

 

Photographe : Olivia Arthur

 

Photographe : Raghu Rai

 


 Photographe : Alex Webb

 


 Photographe : Martine Franck

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14 septembre 2011

Léa ne se souvient pas comment fonctionne l'aspirateur, Gwangjo et Corbeyran

4183_cLéa ne se souvient pas comment fonctionne l'aspirateur est un album paru chez Dargaud en 2010. Le titre, bien évidemment, m'a intriguée...

Louis Levasseur est un écrivain en mal d'inspiration. Le jour où il trouve dans la poubelle de son immeuble le journal intime d'une des résidentes, sa curiosité l'emporte sur la bienséance. Il dévore les pages et pénètre l'intimité du quotidien de Léa, une jeune femme frappée d'amnésie ménagère. Impossible en effet pour elle de faire fonctionner le moindre appareil électro-ménager. Comme si son cerveau était victime d'un blocage.
Inspiré par cette tranche de vie, Louis Levasseur en fait le sujet de son nouveau roman. Beau succès en librairie, très vite adapté au cinéma. Mais Louis, malgré ces bonnes nouvelles, se languit de rencontrer celle qui est à l'origine de tout.

En ouvrant cet album, je pressentais une claque. Et j'avais raison ! Le sujet en lui-même promet une lecture poignante...
Corbeyran, avec un scénario original et imprévisible, aborde, sous couvert d'amnésie, un thème délicat - que je me garderais bien de vous dévoiler ici - avec justesse et délicatesse.
La jeune Léa, frappée d'amnésie ménagère, est un personnage d'une fragilité déconcertante, d'une vraisemblance rare. La narration alterne passages de son journal intime et réactions de Louis, le romancier qui vole cette vie branlante, ce qui permet de pénétrer l'intériorité de ces deux personnages et d'apercevoir leurs failles.coup de coeur 2011
D'une beauté et d'une précision à couper le souffle, les dessins en noir et blanc de Gwangjo accompagnent ce scénario de l'errance, de la perte de repères, d'un côté, et de la solitude de l'autre.
Une lecture vibrante, à lire d'un souffle. Un dénouement imprévisible qui offre à cet album une profondeur autre. Une lecture comme je les aime, qui entraîne son lecteur sans lui laisser le choix. Un coup de coeur, c'est certain !

 

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 Et voici ma 22e participation
à la BD du mercredi de Mango !

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Et ma  13e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note : 18/20) !


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15 août 2011

Raison et sentiments, Jane Austen

Raison et sentimentsParu en 1811 de façon anonyme, Raison et sentiments (Sense and sensibility) est le premier roman de Jane Austen et l'un de ses plus connus.

A la mort de son mari, Mrs Dashwood et ses filles se trouvent privées de leur héritage. Forcées de quitter leur domaine de Norland, elles trouvent refuge à Barton Cottage, dans le Devon. Les réceptions se succèdent, ainsi que les invitations. Si Elinor, l'aînée, reste fidèle à Edward, rencontré avant son départ de Norland, Marianne, la benjamine, tombe rapidement sous le charme de John Willoughby. Et les deux soeurs souffrent rapidement des affres de l'amour et de ses caprices. Tout n'est pas calme, dans le Devon..

J'ai lu il y a peu Orgueil et préjugés, et si j'avais adoré découvrir la verve de Jane Austen et sa critique sociale féroce, je dois avouer que le charme a moins opéré ici.
L'intrigue de ce roman possède de grandes similitudes avec Orgueil et préjugés - des jeunes filles à marier issues d'une petite bourgeoisie désargentée - ainsi qu'avec la vie-même de Jane Austen. Peut-être ai-je lu ces romans de façon trop rapprochée ? Peut-être ne suis-je pas assez patiente ces derniers temps pour supporter sans grincer des dents les personnages de Jane Austen, dont les seuls remous de l'existence semblent se résumer à leur vie affective ô combien tumultueuse ? Peut-être aussi que j'ai moins perçu dans ce roman l'ironie de la femme de lettres anglaise et que les personnalités qu'elle a décortiquées m'ont moins concernée que dans son précédent roman ? Toujours est il que je n'ai pas vraiment été passionnée par cette lecture aux relents parfois mièvres... Je comprends et conçois l'attrait que les romans de Jane Austen peuvent exercer sur certain(e)s lecteurs/rices, mais je pense que le moment était vraiment mal choisi pour moi pour me lancer dans cette lecture et l'apprécier, peut-être, à sa juste valeur.
Sans en nier les qualités littéraires évidentes, je ne peux décemment pas ériger ce roman en grand souvenir de lecture estivale ni le faire entrer dans le panthéon littéraire des oeuvres qui auront marqué mon parcours de lectrice. Une relecture, peut-être, me fera changer d'avis... ou pas ! Lectures communes

Raison et sentiment était une lecture commune avec : Cynthia, Marion, Sofynet, Mélusine, L'Ogresse de Paris, Frankie, Reveline, Sabbio et Missycornish.

Et comme ce roman a donné lieu à un grand nombre d'adaptations cinématographiques, j'inscris tout naturellement cette lecture comme septième participation au Challenge de Will La littérature fait son cinéma.

Et parce que j'adore Hugh Grant, je ne résiste pas à la tentation d'insérer la bande-annonce du film réalisé en 1996 par Ang Lee.

 

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07 août 2011

Chocolat, Joanne Harris

A peine installée dans mon nouvel appartement
- enfin, disons que les cartons et les meubles y sont posés
mais pas encore rangés -

me voilà partie en vadrouille dans mon sud ouest natal !

Pour les photos d'Irlande, je vous demande
un peu de patience... et le temps de retrouver
mon câble d'appareil photo !
Mais il est temps que mon blog se réveille

de sa très (trop) longue torpeur estivale.
Et je tenais à le faire avec un roman qui m'a conquise au début de l'été...

ChocolatChocolat est le roman le plus connu de la romancière britannique Joanne Harris. Née en 1964 d'un père anglais et d'une mère française, Joanne Harris est également l'auteure, entre autres, de Dors, petite sœur, Les cinq quartiers de l'orange, Vin de bohèmeet Le rocher de Montmartre (la suite de Chocolat).

Lansquenet, petite bourgade du Sud de la France, entre Toulouse et Bordeaux. Un village où il ne se passe rien. Un village où les comérages vont bon train. Un village où la parole de l'Eglise prime.
Le jour où Vianne Rocher, jeune mère célibataire, décide de reprendre l'ancienne boulangerie et de la transformer en confiserie, aidée de sa fille Anouk, le village se divise. Entre les partisans des douceurs de Vianne et ceux qui voient en elle la tentation suprême la veille du Carême, des clans se forment...

Quelle lecture ! Tout comme dans Le coeur cousu de Carole Martinez, Joanne Harris nous entraîne ici dans une intrigue riche, très poétique, portée par des personnages féminins forts.
Alliant subtilement le plaisir charnel au plaisir de la bonne chère, distillant ses sucreries comme des remèdes, le personnage de Vianne fait partie de ceux que l'on n'oublie pas facilement, d'autant plus que le roman adopte son point de vue (en alternance avec celui de son grand ennemi, Reynaud, le curé).

Tout est fait pour que le lecteur plonge avec délice dans cette histoire. Le huis-clos, tout d'abord, dans le petit village de Lansquenet ; l'atmosphère lourde, pesante, ensuite, autour de cette jeune mère et sa fille. Les regards peu amènes des villageois, enfin, et la désapprobation de l'Eglise par l'intermédiaire du personnage du curé.
Il fait chaud, cela sent bon, c'est douillet chez Vianne Rocher et Joanne Harris réussit à merveille à créer un huis-clos dans lequel la confiserie de son héroïne tient lieu de refuge maternel aux relents sucrés très utérins. Le chocolat, ainsi que toutes les douceurs confectionnées dans la confiserie, est érigé au rang de plaisir divin par les villageois, certains se cachant pour pêcher, d'autres bravant l'interdit religieux du Carême et les imprécations du curé pour mieux se régaler.

Petit détail, enfin, qui n'est pas anodin dans ce roman et qui participe de cette ambiance désuète : l'absence de temporalité nous fait, à tord, croire que l'intrigue se déroule au début du 20e siècle, avant que des détails technologiques égrainés ça et là ne nous indiquent une époque. Longtemps, je me suis imaginée un petit village français au début du siècle dernier...

coup_de_coeur_2011

Une lecture qui m'a complètement charmée par son côté chaleureux frôlant le fantastique, son humanité et son aspect culinaire. Un nouveau coup de coeur, c'est certain ! Le huitième de cette année...

"Je vends des rêves, de menues consolations, d'exquises tentations inoffensives pour qu'une multitude de saints dégringolent de leur piédestal et viennent se fracasser au milieu des noisettes et des nougatines." (p.61)

"Je me suis efforcé de ne pas regarder les étagères de friandises : des boîtes, des rubans, des noeuds dans des teintes pastel, des monticules de dragées couleur or et argent, des violettes en sucre et des feuilles de rosier en chocolat. Cette boutique tient nettement du boudoir, avec son atmosphère intime, son parfum de rose et de vanille." (p.73)

"Les enfants, lumineux canards de plastique dans leurs imperméables et leurs bottes, braillent et pataugent en traversant la place, et leurs cris ricochent sur les nuages bas." (p.128)

 

Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie

Et comme ce roman a donné lieu à une adaptation cinématographique par Lasse Hallström en 2000 avec Juliette Binoche et Johnny Depp, voici ma sixième participation au Challenge La littérature fait son cinéma de Will.

 

 

 

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11 juillet 2011

L'Inde en fêtes #3 Le National Film Festival de New Delhi et Sita chante le blues

filmLe National Film Festival de New Delhi* se déroule cette année du 17 juin au 26 juillet. C'est le nouveau rendez-vous de notre Challenge L'Inde en fêtes, organisé par Hilde et moi.logo Inde petit

Depuis 1953, ce rendez-vous annuel est l'occasion de couvrir tout le spectre de la production cinématographique indienne.
Pas moins de 161 films et 114 courts-métrages y seront présentés, permettant ainsi de centraliser tout le talent du cinéma indien.

Pour permettre même aux plus modestes d'accéder aux séances, l'entrée est libre, tout comme les projections. La logique du premier assis, premier servi !

cinema

 

A cette occasion, j 'ai eu envie de vous parler d'un film d'animation :

Sita chante le blues de Nina Paley.

Sita

Sita, la déesse indienne, est répudiée par Rama, son mari. Ce film d'animation est l'occasion pour Nina Paley, la réalisatrice, de tisser un parallèle entre le Râmâyana, célèbre épopée de la mythologie indienne, et sa propre vie, puisque son mari a mis fin à leur mariage par e-mail.

Avec des graphismes tout en rondeur, cette adaptation musicale mêle habilement tradition indienne et monde moderne. Et chose assez incroyable, Nina Paley, la réalisatrice, a décidé elle-même de mettre en libre accès son film en visionnage intégral. Une raison de plus pour succomber à cette version très 50's de Sita, fréquemment comparée à Betty Boop !

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En voici la bande-annonce :


Et si vous voulez succomber dès maintenant et regarder le film en streaming (en VO),
allez faire un tour sur le site officiel du film

 

*A l'origine, ce nouveau rendez-vous de notre challenge devait se pencher sur le Festival de cinéma asiatique et arabe de Delhi, mais faute de données sur le festival de cette année, nous avons décidé, avec Hilde, de nous pencher sur le National Film Festival de New Delhi.

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07 mai 2011

Noces indiennes, Sharon Maas

nocesindiennesSharon Maas est une journaliste spécialisée dans le sous-continent indien, née en Guyane britannique en 1951. Noces indiennes est son premier roman.

L'intrigue de ce roman suit le destin de trois personnages, trois enfants confrontés aux règles d'une société qui leur échappe.
Savitri, dont le père est le cuisinier d'une famille anglaise installée en Inde, tombe amoureuse de son compagnon de jeu, David, le fils de la famille.
Nat, fils adoptif d'un médecin anglais, est partagé entre son pays, l'Inde, et sa découverte de l'Occident lors de ses études.
Saroj, enfin, papillon rieur et multicolore, subit le joug de son père, traditionnaliste à l'extrême qui souhaite la marier dès ses quatorze ans.

Trois enfants, dont l'histoire débute à trois époques différentes (1921, 1947 et 1956), avec pour dénominateur commun l'Inde. Parce qu'ils y vivent ou qu'ils sont indiens, leur vie est régie par des règles et des traditions parfois lourdes face à la modernité de leur temps.
Sharon Maas nous entraîne avec brio dans cette intrigue complexe qui se déroule à des moments charnières de l'Histoire de l'Inde. Savamment construite, elle alterne le destin des trois personnages et leur évolution personnelle au fil du temps.

Noces indiennes est un roman de toute beauté, que j'ai lu avec grand plaisir. S'il arrive, dans ce type de construction narrative, qu'un personnage soit moins intéressant qu'un autre, ce n'est pas le cas ici et chaque chapitre amène son lot de rebondissements et d'évolutions qui le rendent aussi intéressant que le précédent.

coup_de_coeur_2011

Une belle intrigue servie par une jolie plume, un rythme dense et un hommage à l'Inde tout en subtilité, mais aussi une critique de certaines traditions comme de la condition de la femme... J'ai été conquise et j'attribue sans plus tarder à ce roman le titre de cinquième coup de coeur de cette année...

"Soit on aime l'Inde, soit on la déteste, et tout ce que je suis, tout ce que tu sais de moi, c'est à l'Inde que je le dois. L'Inde véritable, l'Inde cachée derrière le chaos, la saleté, la démence, la laideur, l'Inde de l'esprit. Tu le sentiras. J'en suis sûr. Et tu l'aimeras. Tu tomberas sous le charme, tout comme moi." (p.593)

Ce roman a été lu dans le cadre d'une lecture commune avec Elea23, avec un peu de retard (ce billet devait être publié le 30 avril...) Je l'inscris bien entendu dans le Vignette_LCcadre du Challenge "L'Inde en fêtes".

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05 mai 2011

Orgueil et préjugés, Jane Austen

jane_austen_orgueil_et_prejuges_10_18_Orgueil et Préjugés est un des romans les plus connus de la romancière et femme de lettres anglaise Jane Austen. Publié en 1813, il demeure à ce jour un incontournable de la littérature anglaise.

J'en connaissais l'intrigue avant même de me plonger dedans, ayant étudié certains fragments en fac. Mais la tentation de me faire une journée dédiée à l'Angleterre lors du mariage princier* m'a incitée à me plonger dans ce roman. (*cf. Ma journée "So British")

Orgueil et Préjugés relate le quotidien d'une famille anglaise au 19e, les Bennet, dont les cinq filles sont à marier. Entre les mondanités et les obligations de cette famille bourgeoise, les journées passent dans l'attente d'un mariage. Jusqu'au jour où Mr Bingley vient s'installer à Netherfiled, propriété voisine de celle des Bennet. Tout le voisinage se met alors en branle pour séduire ce célibataire tant convoité. Jusqu'à l'arrivée de son ami Mr Darcy...

J'avais déjà apprécié ma lecture de L'Abbaye de Northanger il y a quelques années, et renouer ici avec Jane Austen a été une très bonne chose.
Orgueil et Préjugés est un roman à l'humour féroce, véritable critique de la société de l'époque et de la rigidité de ses codes sociaux.

Les personnages de Jane Austen possèdent une psychologie finement étudiée et portent en eux certaines valeurs représentatives de leur classe sociale et de leurs attentes. Les filles cadettes des Bennet sont ainsi stupides à souhait, écervelées et mièvres, et ne jurent que par le mariage et l'argent, tandis qu'Elizabeth possède un caractère plus féministe et moderne, symbolisant ainsi le contre-pied de ces normes sociales pourtant bien réelles alors. 

Véritable bijou d'humour et de cynisme, Orgueil et Préjugés ne doit pas être réduit à sa dimension sentimentale et ne garder que son côté mièvre. C'est avant tout une oeuvre critique de son temps et de la condition des femmes de l'époque. Cet aspect, parfois acerbe, il est vrai, m'a séduite de bout en bout et fait beaucoup rire. Quelle modernité ! Quelle verve ! Le plus de l'édition 10/18 ? Une préface signée Virginia Woolf.

Pour illustrer tout le talent de Jane Austen
dans cette critique féroce, la première phrase du roman :

"C'est une vérité universellement reconnue qu'un célibataire pourvu d'une belle forture doit avoir envie de se marier et, si peu qu'on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu'il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l'esprit de ses voisins qu'ils le considèrent sur-le-champ comme la propriété légitime de l'une ou l'autre de leurs filles." (p.21)

 9003  ORGUEIL_ET_PREJUGES  orgueil_et_prejuges2

Et si de nombreuses adaptations ont été faites au cinéma et à la TV, (j'en connais qui se pâment pour Colin Firth dans le rôle de Darcy !^^) je n'ai pas pu résister à la tentation de vous présenter Coup de foudre à Bollywood, un remake sauce indienne de ce roman. Voici la bande-annonce aux couleurs chatoyantes de ce film, pour vous donner un aperçu de cette version un peu mièvre, certes, mais tellement pétillante !

 

 

Et voici ma deuxième participation au Challenge de Will,
La littérature fait son cinéma,
dans la catégorie Meilleure actrice (10 livres à chroniquer).


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07 avril 2011

L'Inde en fêtes #2 Mewar Festival d'Udaipur et Compartiment pour dames d'Anita Nair

logo_IndeHilde et moi vous proposons "L'Inde en fêtes"

Le principe ? Lire des livres sur l'Inde / de la littérature indienne tout au long de l'année, à l'occasion de 5 fêtes populaires sélectionnées (toutes les informations sont ici ou chez Hilde !)

Deuxième fête : Mewar Festival à Udaipur
(du 6 au 8 avril)

flickr_5011840324_hdUdaipur  est une ville d'Inde située dans l'état du Rajasthan, entourée de lacs et culminant à 577 m d'altitude. Chaque année, elle célèbre le Mewar Festival, qui est un festival dédié à l'arrivée du printemps, considéré en Inde comme la saison reine.
L'ouverture du festival est faite par une procession exclusivement féminine. Les femmes se parent de leurs plus beaux saris et sont considérées commes les reines du festival.
Des bateaux décorés défilent aussi, et donnent lieu à des chants et des festivités à leurs bords et sur les rives.
La ville organise de nombreuses animations culturelles à cette occasion, et une fête foraine prend place au coeur de la vieille ville, tandis que les processions défilent sur les quais du lac Pichola. Un spectaculaire feu d'artifice clôt les festivités au terme des trois jours.

Une vidéo du site Vision Rajasthan :

 

 

compartiment_pour_dames_anita_nair

A l'occasion de ce Festival, nous avions organisé une lecture commune du roman d'Anita Nair, Compartiment pour Dames.

Akhila a quarante-cinq ans. Sans mari ni enfants, elle vit avec sa soeur, son beau-frère et leurs enfants. Mais Akhila en a assez de cette vie. Un jour, elle décide de prendre un train pour l'extrémité Sud de l'Inde. Un voyage pour réfléchir à sa vie, faire un point sur sa situation.
Dans le compartiment du train, elle fait la connaissance de ses compagnes de couchette. Chacune lui raconte alors sa vie et son expérience pour la faire réfléchir à sa propre situation.

Cela faisait quelques années que ce roman me faisait de l'oeil avec sa couverture verte et son visage féminin. Et autant le dire tout de suite : j'ai vraiment adoré cette lecture. Anita Nair nous entraîne dans le quotidien des femmes en Inde. Les récits de chacune des voyageuses sont comme des nouvelles dans le roman et permettent d'aborder un éventail assez large des situations des femmes dans ce pays.
La plume d'Anita Nair possède une intensité poétique rare et donne une dimension toute particulière à ces récits très émouvants. Au coeur de cette nuit qui semble sans fin et de ce huis-clos dans ce compartiment pour dames, la solidarité entre ces femmes qui ne se connaissent pas éclot, chacune tentant d'apporter, par son expérience, un peu de chaleur et de réconfort aux autres.

Vignette_LCUn roman à lire pour découvrir la vie des femmes en Inde et la façon dont elles s'échappent d'un quotidien dicté par les traditions du pays.

Les avis de Nesto, Penelope, Sharon, Sabbio et Hilde qui participent au challenge et Ellcrys et Manu avec qui nous avions programmé cette lecture commune !

 "Des foetus ballotés à l'intérieur d'un utérus, chacun se nourrissant de la vie de l'autre, grâce à l'obscurité environnante et à l'assurance que ce qui était partagé entre ces cloisons n'irait pas au-delà de cette nuit et de ce huis-clos." (p.43)

"C'est en explorant la texture de la vie des autres, en cherchant des ressemblances, susceptibles de connecter nos vies entre elles, que nous essayons de nous libérer d'un sentiment de culpabilité à l'égard de ce que nous sommes et de ce que nous sommes devenues." (p.222)

 

L'ensemble des billets publiés à cette occasion par les participants :

Mini_Taj Hilde

 Mini_TajNesto

Mini_Taj Penelope

 Mini_Taj L'Ogresse de Paris :

Mini_TajSabbio

 Mini_TajSharon

 Mini_Taj soukee

 

 

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