Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

20 juin 2018

Un autre regard T. 2, Emma

Un autre regard T

Le second tome d'Un autre regard, reprennant les strips de la blogueuse Emma, est paru n novembre 2017 aux éditions Massot. 

Dans ce tome, Emma s'intéresse plus particulièrement aux inégalités entre les hommes et les femmes : débat sur le burkini, charge mentale, répartition des rôles en tant que parents, congé maternité, éducation genrée, la blogueuse se penche sur ces questions de société avec finesse et sans ton moralisateur. Armée de chiffres, elle épluche les lieux communs qui nous entourent pour mieux les décortiquer et amener son lecteur à réfléchir.

Souvenez-vous, la semaine dernière je vous présentais le premier tome d'Un autre regard et je l'encensais. Même joueur joue deux fois, je réitère mon enthousiasme cette semaine pour ce second volet, tout aussi percutant et réussi que le premier.    
Mis en lumière médiatiquement parce qu'il développe le concept de charge mentale, il aborde largement la question de la place des femmes dans la société. Emma traite le sujet avec humour et ponctue son propos d'anecdotes personnelles mais dénonce néanmoins les travers de notre société.     
Je ne vais pas en faire des tartines, comme la semaine dernière : passez outre les dessins au trait minimaliste et lisez-le au plus vite, l'idéal étant de découvrir les deux tomes d'une traite, je ne vous le cache pas. 

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La BD de la semaine

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15 juin 2018

Toute résistance serait futile, Jenny Colgan

toute resistance serait futileToute résistance serait futile est le dernier roman de la romancière britannique Jenny Colgan paru en mars 2016 aux éditions Milady. 

Quand Connie MacAdair est nommée à l'Université de Cambridge, elle ne s'imagine pas une seconde que ça n'est pas en qualité de professeur. La mathématicienne découvre à son arrivée qu'elle va participer à un travail de recherche classé secret défense portant sur une séquence numérique indéchiffrable. Accompagnée de confrères de sa discipline, elle se met alors à la tâche. Mais très vite, ils se rendent compte que ledit code est un message venant d'une autre planète. Tout se complique lorsque le directeur du laboratoire est retrouvé assassiné, son cadavre rendu translucide comme une sculpture de glace. 

Vous connaissez mon amour pour Jenny Colgan et ses deux romans La petite boulangerie du bout du monde et Une saison à la petite boulangerie, deux romans feel good comme je les aime, bien ficelés et dans un décor so british au charme fou. Et vue la couverture de la version poche, je me suis plongée dans les pages de ce roman avec les mêmes attentes et pensant y retrouver le même type d'ambiance.      
Oui, mais... Mais si Jenny Colgan a rajouté un T. a son nom, c'est en référence au Tardis, la machine à remonter le temps de la série Doctor Who. Et ça, c'est indiqué dès la biographie de l'auteur dans les premières pages. Ce détail aurait dû me mettre la puce à l'oreille, tout comme la référence à Star Trek avec le titre, parce que l'intrigue bascule de romance à science-fiction en quelques pages. Autant être prévenu ! Passé un moment d'incompréhension et d'adaptation, j'ai finalement aimé me plonger dans ce roman rocambolesque et feel good quand même.     
L'intrigue est bien ficelée et interroge certains sujets intéressants comme la différence et la tolérance, et malgré quelques longueurs, avance à bon pas. L'
humour est bien présent - les piques entre physiciens et mathématiciens alternant avec les vannes sur les geeks - et les personnages féminins consistants, Connie et Evelyn étant des scientifiques renommées qui vont à l'encontre des stéréotypes du genre.    
Si vous pensiez comme moi que l'intrigue allait se dérouler sur le campus de Cambridge et qu'elle ressemblerait au quasi huis-clos de La petite boulangerie, détrompez-vous ! Mais Jenny Colgan réussit le changement de genre et nous offre un roman de science-fiction drôle et bien ficelé  avec une bonne pincée d'amitié et d'amour. 

Logo Challenge Feel good  Le mois anglais

Et zou ! Une énième participation à mon Challenge Feel Good et ma quatrième au Mois anglais de Lou et Cryssilda (avec le joli logo de Syl. !) 

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13 juin 2018

Un autre regard T.1, Emma

Un autre regard EmmaUn autre regard est le premier album documentaire de la blogueuse, ingénieure informaticienne et dessinatrice Emma, paru en mai 2017 aux éditions Massot. Il reprend les strips publiés sur son blog depuis 2016.

Percutant, intelligent, fin, posant sur notre société un oeil critique, ce premier tome s'intéresse tout à tour aux violentes perquisitions perpétrées dans certains quartiers dans le climat post-attentats, à la question de la violence des opprimés, des épisiotomies forcées, au regard masculin et ses conséquences sur les femmes, au clitoris, aux victimes des violences policières et à la maternité.

Avec un humour féroce, Emma se penche sur ces questions sociétales en interrogeant son lecteur à travers de courts chapitres. Qu'est-ce qui est juste ? Qu'est-ce qui semble normal ? Elle interpelle, s'interroge. Appuie là où ça fait mal, reconnaissons-le.   
Le trait est minimaliste, les personnages très simples et les décors quasi absents mais l'ensemble sert le propos juste comme il faut.  J'ai dévoré d'une traite ces sept chapitres, réfléchissant moi aussi aux chiffres que je lisais, aux anecdotes  évoquées, aux situations dépeintes. Il y a encore beaucoup à faire pour que les injustices cessent... Le second tome d'Un autre regard a fait couler beaucoup  d'encre en évoquant la question de la charge mentale. Mais j'en reparlerai plus en détails dans ma chronique de ce second tome. Un diptyque à lire et offrir sans réfléchir une seconde. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le blog d'Emma.

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La BD de la semaine

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31 mai 2018

L'amie prodigieuse T.1, Elena Ferrante

L'amie prodigieuse Elena FerranteL'amie prodigieuse est la tétralogie qui a mis sous les feux de la rampe la romancière italienne Elena Ferrante depuis la parution de son premier tome en 2011 en Italie. Il a été traduit en français et édité en 2014 aux éditions Gallimard. L'auteure, depuis sa parution, protège jalousement son anonymat et nul ne sait qui est à l'origine de cette saga mondialement plébiscitée. 

Naples, fin des années 50. Elena et Lila habitent un quartier pauvre avec leurs familles respectives. Entre les deux fillettes se noue une forte amitié. Et si Elena peine à maintenir un niveau scolaire acceptable, Lina de son côté est extrêmement douée mais décide d'abandonner l'école pour travailler avec son père et son frère dans la cordonnerie familiale. Les deux amies s'éloignent au fil des ans, car Elena poursuit ses études avec acharnement, mais demeurent proches malgré tout dans ce quartier napolitain sombre où la violence et les traditions pèsent lourd.

Voilà typiquement une saga que j'ai boudée durant longtemps vu le tapage médiatique qu'elle a suscité. Et pourtant, Elisabeth - mon ancienne libraire - m'en avait largement vantée les mérites dès sa parution (note pour plus tard : davantage suivre ses conseils !). 
J'ai donc décidé d'ouvrir ce premier tome lors de mon voyage à Lisbonne et je me suis laissé happer par cette histoire d'amitié sur fond historique. Tant a déjà  été dit sur ces personnages et ce quartier de Naples, personnage à part entière du roman, que je vais être assez concise. 
Elena Ferrante réussit le tour de force de nous plonger dans une Naples violente, patriarcale et aux traditions ancrées, aux côtés de ces deux fillettes qui se débattent pour trouver leur place. La lecture est parfois difficile, le quotidien ne laissant pas beaucoup de place à la joie et la légèreté à Elena et Lina qui sont ballottées et éprouvées au fil des pages. L
es personnages qui gravitent autour d'elles sont nombreux, les histoires secondaires pullulent, et comme dans un roman feuilleton, impossible de poser son livre. 
Criminalité, violence, corruption, adultère, folie parfois, le quartier de Lina et Lena est un microcosme qui semble refléter la dureté de la vie napolitaine de l'époque. L'emprise et la fascination que Lina exerce sur Elena, la narratrice, mettent parfois mal à l'aise le lecteur qui reçoit, telle une confession, ces souvenirs d'enfants mais rendent les personnages d'autant plus attachants dans leur amitié et leur attentes mutuelles.  
Je comprends l'engouement lié à cette saga, j'ai subi moi aussi cette force d'attraction qui m'empêchait de refermer mon livre, les personnages vibrant tellement d'authenticité que j'avais l'impression de lire une chronique d'époque.   
Il ne me reste maintenant qu'à poursuivre cette saga pour savoir ce qu'il advient d'Elena et Lina après leur adolescence.    
Les avis de HeleneEnna, Sylire, Tiphanie, Violette, Sam, etc.

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24 mai 2018

Niki de Saint Phalle, Bernadette Costa-Prades

Niki de Saint Phalle, Bernadette Costa-PradesNanas de Niki de Saint Phale

Après Frida Kahlo et Simone de Beauvoir, Bernadette Costa-Prades signe une nouvelle biographie aux éditions Libretto, celle de l'artiste franco-américaine Niki de Saint Phalle. 

Connue du grand public pour ses Nanas, ses sculptures de femmes girondes colorées et remplies de vie et de joie, Niki de Saint Phalle a un parcours atypique. Issue d'une famille noble embrassant deux cultures - son père est français et sa mère américaine -  Niki s'est très tôt rebellée contre ses origines, révélant tardivement le viol dont elle a été victime de la part de son père alors qu'elle avait onze ans. Mariée et devenue mère très jeune, elle débute sa carrière comme mannequin pour Vogue avant de se former, de façon autodidacte, à l'art. Sa vie prend alors un tournant sans précédent. Délaissant son mari et ses enfants pour s'y consacrer, elle se fraye un chemin au milieu des artistes masculins de l'époque et trouve son style.

J'aime beaucoup ces courtes biographies de chez Libretto - une centaine de pages à peine - et j'avais acheté au Salon du Livre de Paris cette année celle de Romy Schneider et celle de Niki de Saint Phalle. Je ne connaissais de cette dernière que ses Nanas, ce qui est maigre, il faut l'avouer.

Bernadette Costa-Prades permet de plonger dans sa vie dans une narration en forme de monologue adressé à Niki - elle emploie la deuxième personne - et offre un aperçu rapide mais assez complet de son parcours. Son chemin artistique, ses influences - Gaudi et le Facteur Cheval notamment -, ses expositions, mais aussi ses amours, ses amitiés, le lecteur découvre la vie de l'artiste passionnée et infatigable à l'origine du Jardin des Tarots, le projet qui anima vingt ans de sa vie et qu'il est toujours possible de visiter en Toscane. Une lecture très agréable et une artiste que j'ai envie de découvrir davantage. Un sans-faute ! 

Jardins de Tarot Niki de Saint Phalle

 

Le Jardin des Tarots 

Les Tableaux tirs

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09 mai 2018

Maggy Garrisson T.1 Fais un sourire, Maggy, Lewis Trondheim et Stéphane Oiry

Maggy Garrisson

Fais un sourire, Maggy est le premier tome de la série Maggy Garrisson imaginée par Lewis Trondheim et mise en dessins par Stéphane Oiry. Il est paru en mars 2014 aux éditions Dupuis. 

Londres. Maggy n'a ni de mec, ni de boulot depuis deux ans, ni la langue dans sa poche. Quand sa voisine lui dégote un job d'assistante chez un privé, Maggy ne fait pas la fine bouche. Même si le patron est un petit minable un peu louche porté sur la bouteille. Mais Maggy a à peine le temps de commencer son emploi que son patron est passé à tabac. A l'hôpital, il lui demande de cacher de toute urgence son portefeuille. Maggy est circonspecte : s'il ne semble rien contenir de particulier, ledit portefeuille semble attiser bien des convoitises. Alors Maggy décide de s'en mêler un peu, quitte à ne pas être tout à fait nette non plus...

Voilà un album qui sort de l'ordinaire ! Lewis Trondheim nous plonge dans une intrigue un peu glauque portée par une anti-héroïne attachante. Maggy n'est ni vraiment jolie, ni totalement honnête mais elle est touchante dans ses failles. Le trait assez minimaliste de Stéphane Oiry accompagne ce polar sombre dans lequel  l'intrigue se met progressivement en place. Héroine à l'humour caustique, un peu trash, Maggy est non conventionnelle et c'est jubilatoire, tout autant que la plongée dans ce Londres pluvieux où la pègre et la violence règnent. Dit comme ça, je sens que je ne vous fais pas rêver. Et pourtant... Les avis de Jerome et Un amour de BD, tout aussi enthousiastes que moi !

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La BD de la semaine

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07 mars 2018

Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? Soledad Bravi et Dorothée Werner

Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmesPourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? est un album signé Soledad Bravi pour les illustrations et Dorothée Werner pour les textes. Il est paru chez Rue de Sèvres le mois dernier.

Revenons à la Préhistoire et parcourons au fil des pages la chronologie de l'évolution des droits de la femme : les figures incontournables qui ont oeuvré pour l'égalité (Olympe de Gouges, les Suffragettes, Simone Veil, Gabrielle Chanel, etc.), les dates clés, les événements politiques et sociétaux, etc. C'est avec humour et simplicité que les deux auteures nous entraînent dans ce panorama en BD et nous offrent une perspective diachronique de la condition féminine.

En cette veille de Journée Internationale des droits des Femmes, je ne pouvais pas ne pas me pencher sur cet album au petit format qui promet de balayer le champ historique pour comprendre la source des inégalités hommes femmes qui sévissent encore aujourd'hui. 
Le ton est volontairement sarcastique et le trait humoristique pour traiter de ces faits qui font froid dans le dos. A travers l'Histoire, et malgré les nombreuses voix qui se sont élevées, la femme a toujours été considérée comme inférieure à l'homme, pour des raisons clairement absurdes. Les auteures s'attachent à déconstruir ces idées reçues en les dénonçant purement et simplement.  
Si j'ai adoré l'idée d'une telle chronologie et la postface qui fait le point sur la situation des femmes dans le monde en 2018 et les derniers événements s'y référant (Harvey Weinstein, bonsoir !) j'ai trouvé que certains faits manquaient d'un petit accompagnement pour être appréhendés dans leur complexité, selon le lectorat. Si les dates et mentions des fonctions des personnes citées est pertinent, c'est dommage que des faits soient traités très rapidement (comme l'évocation de la chanson Femme libérée par exemple). Pour autant, Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? reste un court album très bien ficelé, agréable à lire et qui permet une bonne vue d'ensemble sur la question. Je remercie les éditions Rue de Sèvres de m'avoir permis de découvrir cet album.

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31 janvier 2018

Culottées T.2 Pénélope Bagieu

Culottées tome 2Le deuxième tome de Culottées de Pénélope Bagieu est paru en janvier 2017 chez Gallimard. 

Quinze portraits. Quinze femmes qui ne font que ce qu'elles veulent, qu'importent l'époque ou les conventions sociales. Des femmes fortes, qui font voler en éclat stéréotypes et préjugés envers les femmes. 

J'avais adoré découvrir les quinze premiers portraits des femmes au destin incroyable du premier tome des Culottées. J'ai tout naturellement plongé entre les pages de ce second tome, et j'en suis ressortie tout aussi charmée. 

Pénélope Bagieu dresse avec un humour certain les vies de ces femmes, leurs combats, leurs idéaux. C'est fort, beau, parfois triste et violent, mais toujours positif. J'ai été particulièrement émue et admirative du courage de Phulan Devi, reine des bandits indienne, mais touchée tout autant par le destin de Peggy Guggenheim, de Katia Krafft, Sonita Alizadeh, Nellie Blye, Jesselyn Radack ou encore Thérèse Clerc. Ces femmes qui par leurs actions, leurs combats, ont fait valoir le droit des femmes. Un diptyque à lire, à relire, à offrir. 

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Si vous n'avez pas ces deux albums sous la main, rendez-vous sur le blog Culottéestoutes les planches sont disponibles !

BD de la semaine saumon

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26 janvier 2018

Les heures silencieuses, Gaëlle Josse

les heures silencieuses, Gaëlle JosseLes heures silencieuses est le premier roman de Gaëlle Josse. Il est paru en 2011 aux éditions Autrement.

Delft, novembre 1667. Magdalena Van Beyeren, mariée à l'administrateur de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, a dû renoncer très jeune à ses rêves d'aventures pour devenir une épouse modèle. Mais ses souvenirs d'enfance la hantent, notamment lorsqu'elle accompagnait son père vérifier les bateaux et l'aidait dans sa charge d'administrateur. A son journal, elle se confie et livre ses secrets comme ses désirs inassouvis.

J'avais découvert Gaëlle Josse avec Nos vies désaccordées que j'avais adoré et j'étais curieuse de découvrir, à rebours, son premier roman. Ce dernier s'inspire du tableau Intérieur avec femme à l'épinette d'Emmanuel de Witte. Gaëlle Josse a en effet pris le parti de donner la parole au personnage féminin de ce tableau, donnant corps à sa vie comme au contexte de création de l'oeuvre.
J'ai encore une fois été charmée par la plume poétique et imagée de l'auteure qui transporte le lecteur, en quelques phrases, dans le Delft du 17e siècle.
Le caractère intime de la narration à la première personne offre une dimension particulière à la confession de cette héroïne, victime d'une époque où les femmes n'avaient que peu d'espace pour s'exprimer.  Delft est esquissée au travers de descriptions du changement de saison, et le lecteur de baigner dans la Hollande de Vermeer et ses contemporains. La musique tient encore une fois une place de choix dans l'intrigue, tout comme dans Nos vies désaccordées.
En 90 pages, Gaëlle Josse nous offre un roman lumineux et sensible, portrait d'une femme forte et déterminée. Une très belle découverte et une auteure dont je vais suivre le travail de près.

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17 juin 2017

Les filles de Hallows Farm, Angela Huth

Les_filles_de_Hallows_FarmLes filles de Hallows Farm est un roman de la femme de lettres et journaliste britannique Angela Huth paru en 1995 et adapté au cinéma sous le titre Trois anglaises en campagne en 1998.

1941, dans une ferme reculée du Dorset. Pour soutenir l'effort de guerre, les femmes sont appelées dans les champs pour remplacer les hommes partis au combat. C'est ainsi que Prue, Stella et Agatha, trois étudiantes aux caractères opposés, se retrouvent chez les Lawrence. La rencontre avec la dureté de la vie agricole va rapidement souder les jeunes femmes mais bouleverser l'équilibre de la famille, et troubler notamment Joe, le fils réformé pour des raisons médicales. Dans cette campagne anglaise où la guerre ne semble pas avoir lieu, les journées sont rythmées par les travaux agricoles et très vite, Prue, Stella et Agatha se prêtent au jeu.

La rencontre avec ce roman est un hasard absolu puisque je pensais qu'il m'avait été conseillé par une amie il y a longtemps, je suis tombée sur lui en brocante par le plus pur hasard (alors que je suis plutôt dans l'optique de ne pas acheter de livres vu que je déménage) et quand, toute contente, j'ai annoncé à ladite amie que j'avais trouvé ce livre, elle m'a dit ne pas le connaître... Bref, face à cette situation ubuesque, j'ai décidé néanmoins de le lire durant le Mois anglais.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : j'ai adoré ce roman ! En ce moment, je lis assez souvent des livres évoquant la Seconde Guerre mondiale (je crois que mon voyage à Prague m'a bouleversée) mais je m'étais peu intéressée à cette question de volontariat des femmes, enjointes à supporter l'effort de guerre en remplaçant les hommes. Le cadre de l'intrigue - le Dorset - est absolument enchanteur et nous plonge dans une campagne anglaise séduisante à bien des égards. Les personnages sont traités avec finesse et évoluent avec les mois passés dans le monde rural. La romance point, évidemment, dans ce microcosme refermé sur lui-même, et le lecteur d'imaginer ce que nos aïeux ont pu endurer, entre longues séparations, décès, blessures de guerre. Un roman pas mièvre pour un sou, néanmoins, bien ficelé, avec des personnages forts et vraisemblables. Une très belle plongée dans la campagne anglaise que je ne peux que vous conseiller.

Une nouvelle lecture pour le Mois anglais de Lou et Cryssilda.

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