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09 octobre 2011

Une femme de ménage, Christian Oster

9782707318497FSUne femme de ménage est le huitième roman de l'écrivain français Christian Oster. Publié pour la première fois en 2001 chez Minuit, il a été adapté au cinéma en 2002 par Claude Berri.

Jacques se retrouve seul après que sa compagne, Constance, l'a quitté. Depuis, il n'entretient plus son appartement et laisse la poussière s'installer. Suite à une petite annonce, il engage Laura. La jeune femme vient nettoyer chez lui une fois par semaine, alors qu'il travaille. Jusqu'au jour où son amant décide de la mettre à la porte. Laura n'a nulle part où aller et demande à Jacques de l'héberger.

J'avais très envie de lire ce roman depuis un certain temps, mais je n'y pensais jamais. J'aime beaucoup l'actrice Emilie Dequenne et je connaissais ce livre grâce à son adaptation ciné. Ainsi, quand je suis tombée sur un exemplaire de ce livre caché chez ma libraire, je n'ai pas résisté et l'ai dévoré en rentrant chez moi.
J'ai beaucoup de mal à exprimer mon ressenti face à cette lecture. Je ne m'attendais à rien. Je ne suis donc pas déçue. Je ne connaissais pas cet auteur. Je ne suis donc pas déçue. Et pourtant... Pourtant ce roman commence bien - focalisation interne au narrateur, Jacques, au point que c'est lui qui retranscrit les paroles des autres personnages , un humour particulier qui m'a fait sourire plus d'une fois, une intrigue qui sort des sentiers battus - mais il ne m'a pas conquise autant que je l'imaginais.
L'intrigue s'engage dans une direction qui m'a totalement échappé. J'ai été perdue par Christian Oster, malgré une adhésion immédiate à son style et son idée de départ. J'ai pensé à Claude Simon, à Christian Bobin, aussi. J'ai un peu perdu pied à la moitié du roman, non que je ne le comprenne pas, mais parce que j'avais cette nette sensation que l'auteur m'entraînait dans une direction que je n'attendais pas.
Une lecture en demi-teinte, donc. Ça aurait pu être un coup de coeur car Une femme de ménage est un roman furieusement intriguant à la construction réfléchie et intelligente. Mais finalement non. Ça reste un bon moment de lecture, avec un sentiment d'errance, sur la fin. Mais peut-être était-ce ce que cherchait Christian Oster ?
Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie

Une nouvelle lecture pour le challenge La littérature fait son cinéma de Will et la bande-annonce du film de Berry avec Jean-Pierre Bacri et Emilie Dequenne dans les rôles-titres.

 

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02 octobre 2011

Le crime de l'Orient-Express, Agatha Christie

9782253010210FSLe crime de l'Orient-Express, paru pour la première fois en 1934, est un des romans les plus célèbres de la Reine du crime.

Hercule Poirot voyage dans le prestigieux Orient-Express pour rentrer à Londres. Mais un crime est commis durant la nuit, alors que le train est bloqué par la neige et notre détective belge préféré est chargé de résoudre l'enquête. Bien vite, la victime apparaît sous un jour peu flatteur. Les masques se hissent. Les témoins se taisent. Hercule Poirot enquête.

Pourquoi vous parler de ce roman connu de tous ? Parce que c'est une relecture pour moi - j'ai lu quasiment tous les romans d'Agatha Christie quand j'étais plus jeune - et que j'aime, par période, me replonger dans un de ses romans. Il est certains moments durant lesquels le charme suranné des romans d'Agatha Christie m'attire inéluctablement. Un plaisir rassurant en somme.
Si je me souvenais vaguement de l'intrigue, j'avais en tout cas bien en mémoire le meurtrier. Plaisir gâché vous me répondrez ? Non. Même si je connaissais le dénouement, j'ai dévoré ce roman en une soirée, appréciant le style d'Agatha Christie et me délectant des indices qu'elle parsème dans ses dialogues.
Je n'en dirai pas plus. D'autres l'ont fait bien mieux que moi et avant moi. UnChallenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie excellent roman policier à découvrir ou à redécouvrir.

Une lecture que j'inscris dans le Challenge La littérature fait son cinéma de Will, avec l'adaptation cinématographique de ce roman réalisée par Sidney Lumet en 1974 avec pléthore de grands acteurs : Albert Finney, Lauren Bacall, Anthony Perkins, Sean Connery et Ingrid Bergman.

 

 

 

 

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15 août 2011

Raison et sentiments, Jane Austen

Raison et sentimentsParu en 1811 de façon anonyme, Raison et sentiments (Sense and sensibility) est le premier roman de Jane Austen et l'un de ses plus connus.

A la mort de son mari, Mrs Dashwood et ses filles se trouvent privées de leur héritage. Forcées de quitter leur domaine de Norland, elles trouvent refuge à Barton Cottage, dans le Devon. Les réceptions se succèdent, ainsi que les invitations. Si Elinor, l'aînée, reste fidèle à Edward, rencontré avant son départ de Norland, Marianne, la benjamine, tombe rapidement sous le charme de John Willoughby. Et les deux soeurs souffrent rapidement des affres de l'amour et de ses caprices. Tout n'est pas calme, dans le Devon..

J'ai lu il y a peu Orgueil et préjugés, et si j'avais adoré découvrir la verve de Jane Austen et sa critique sociale féroce, je dois avouer que le charme a moins opéré ici.
L'intrigue de ce roman possède de grandes similitudes avec Orgueil et préjugés - des jeunes filles à marier issues d'une petite bourgeoisie désargentée - ainsi qu'avec la vie-même de Jane Austen. Peut-être ai-je lu ces romans de façon trop rapprochée ? Peut-être ne suis-je pas assez patiente ces derniers temps pour supporter sans grincer des dents les personnages de Jane Austen, dont les seuls remous de l'existence semblent se résumer à leur vie affective ô combien tumultueuse ? Peut-être aussi que j'ai moins perçu dans ce roman l'ironie de la femme de lettres anglaise et que les personnalités qu'elle a décortiquées m'ont moins concernée que dans son précédent roman ? Toujours est il que je n'ai pas vraiment été passionnée par cette lecture aux relents parfois mièvres... Je comprends et conçois l'attrait que les romans de Jane Austen peuvent exercer sur certain(e)s lecteurs/rices, mais je pense que le moment était vraiment mal choisi pour moi pour me lancer dans cette lecture et l'apprécier, peut-être, à sa juste valeur.
Sans en nier les qualités littéraires évidentes, je ne peux décemment pas ériger ce roman en grand souvenir de lecture estivale ni le faire entrer dans le panthéon littéraire des oeuvres qui auront marqué mon parcours de lectrice. Une relecture, peut-être, me fera changer d'avis... ou pas ! Lectures communes

Raison et sentiment était une lecture commune avec : Cynthia, Marion, Sofynet, Mélusine, L'Ogresse de Paris, Frankie, Reveline, Sabbio et Missycornish.

Et comme ce roman a donné lieu à un grand nombre d'adaptations cinématographiques, j'inscris tout naturellement cette lecture comme septième participation au Challenge de Will La littérature fait son cinéma.

Et parce que j'adore Hugh Grant, je ne résiste pas à la tentation d'insérer la bande-annonce du film réalisé en 1996 par Ang Lee.

 

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07 août 2011

Chocolat, Joanne Harris

A peine installée dans mon nouvel appartement
- enfin, disons que les cartons et les meubles y sont posés
mais pas encore rangés -

me voilà partie en vadrouille dans mon sud ouest natal !

Pour les photos d'Irlande, je vous demande
un peu de patience... et le temps de retrouver
mon câble d'appareil photo !
Mais il est temps que mon blog se réveille

de sa très (trop) longue torpeur estivale.
Et je tenais à le faire avec un roman qui m'a conquise au début de l'été...

ChocolatChocolat est le roman le plus connu de la romancière britannique Joanne Harris. Née en 1964 d'un père anglais et d'une mère française, Joanne Harris est également l'auteure, entre autres, de Dors, petite sœur, Les cinq quartiers de l'orange, Vin de bohèmeet Le rocher de Montmartre (la suite de Chocolat).

Lansquenet, petite bourgade du Sud de la France, entre Toulouse et Bordeaux. Un village où il ne se passe rien. Un village où les comérages vont bon train. Un village où la parole de l'Eglise prime.
Le jour où Vianne Rocher, jeune mère célibataire, décide de reprendre l'ancienne boulangerie et de la transformer en confiserie, aidée de sa fille Anouk, le village se divise. Entre les partisans des douceurs de Vianne et ceux qui voient en elle la tentation suprême la veille du Carême, des clans se forment...

Quelle lecture ! Tout comme dans Le coeur cousu de Carole Martinez, Joanne Harris nous entraîne ici dans une intrigue riche, très poétique, portée par des personnages féminins forts.
Alliant subtilement le plaisir charnel au plaisir de la bonne chère, distillant ses sucreries comme des remèdes, le personnage de Vianne fait partie de ceux que l'on n'oublie pas facilement, d'autant plus que le roman adopte son point de vue (en alternance avec celui de son grand ennemi, Reynaud, le curé).

Tout est fait pour que le lecteur plonge avec délice dans cette histoire. Le huis-clos, tout d'abord, dans le petit village de Lansquenet ; l'atmosphère lourde, pesante, ensuite, autour de cette jeune mère et sa fille. Les regards peu amènes des villageois, enfin, et la désapprobation de l'Eglise par l'intermédiaire du personnage du curé.
Il fait chaud, cela sent bon, c'est douillet chez Vianne Rocher et Joanne Harris réussit à merveille à créer un huis-clos dans lequel la confiserie de son héroïne tient lieu de refuge maternel aux relents sucrés très utérins. Le chocolat, ainsi que toutes les douceurs confectionnées dans la confiserie, est érigé au rang de plaisir divin par les villageois, certains se cachant pour pêcher, d'autres bravant l'interdit religieux du Carême et les imprécations du curé pour mieux se régaler.

Petit détail, enfin, qui n'est pas anodin dans ce roman et qui participe de cette ambiance désuète : l'absence de temporalité nous fait, à tord, croire que l'intrigue se déroule au début du 20e siècle, avant que des détails technologiques égrainés ça et là ne nous indiquent une époque. Longtemps, je me suis imaginée un petit village français au début du siècle dernier...

coup_de_coeur_2011

Une lecture qui m'a complètement charmée par son côté chaleureux frôlant le fantastique, son humanité et son aspect culinaire. Un nouveau coup de coeur, c'est certain ! Le huitième de cette année...

"Je vends des rêves, de menues consolations, d'exquises tentations inoffensives pour qu'une multitude de saints dégringolent de leur piédestal et viennent se fracasser au milieu des noisettes et des nougatines." (p.61)

"Je me suis efforcé de ne pas regarder les étagères de friandises : des boîtes, des rubans, des noeuds dans des teintes pastel, des monticules de dragées couleur or et argent, des violettes en sucre et des feuilles de rosier en chocolat. Cette boutique tient nettement du boudoir, avec son atmosphère intime, son parfum de rose et de vanille." (p.73)

"Les enfants, lumineux canards de plastique dans leurs imperméables et leurs bottes, braillent et pataugent en traversant la place, et leurs cris ricochent sur les nuages bas." (p.128)

 

Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie

Et comme ce roman a donné lieu à une adaptation cinématographique par Lasse Hallström en 2000 avec Juliette Binoche et Johnny Depp, voici ma sixième participation au Challenge La littérature fait son cinéma de Will.

 

 

 

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11 juillet 2011

L'Inde en fêtes #3 Le National Film Festival de New Delhi et Sita chante le blues

filmLe National Film Festival de New Delhi* se déroule cette année du 17 juin au 26 juillet. C'est le nouveau rendez-vous de notre Challenge L'Inde en fêtes, organisé par Hilde et moi.logo Inde petit

Depuis 1953, ce rendez-vous annuel est l'occasion de couvrir tout le spectre de la production cinématographique indienne.
Pas moins de 161 films et 114 courts-métrages y seront présentés, permettant ainsi de centraliser tout le talent du cinéma indien.

Pour permettre même aux plus modestes d'accéder aux séances, l'entrée est libre, tout comme les projections. La logique du premier assis, premier servi !

cinema

 

A cette occasion, j 'ai eu envie de vous parler d'un film d'animation :

Sita chante le blues de Nina Paley.

Sita

Sita, la déesse indienne, est répudiée par Rama, son mari. Ce film d'animation est l'occasion pour Nina Paley, la réalisatrice, de tisser un parallèle entre le Râmâyana, célèbre épopée de la mythologie indienne, et sa propre vie, puisque son mari a mis fin à leur mariage par e-mail.

Avec des graphismes tout en rondeur, cette adaptation musicale mêle habilement tradition indienne et monde moderne. Et chose assez incroyable, Nina Paley, la réalisatrice, a décidé elle-même de mettre en libre accès son film en visionnage intégral. Une raison de plus pour succomber à cette version très 50's de Sita, fréquemment comparée à Betty Boop !

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En voici la bande-annonce :


Et si vous voulez succomber dès maintenant et regarder le film en streaming (en VO),
allez faire un tour sur le site officiel du film

 

*A l'origine, ce nouveau rendez-vous de notre challenge devait se pencher sur le Festival de cinéma asiatique et arabe de Delhi, mais faute de données sur le festival de cette année, nous avons décidé, avec Hilde, de nous pencher sur le National Film Festival de New Delhi.

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25 juin 2011

Des fleurs pour Algernon, Daniel Keyes

9782290312957Des fleurs pour Algernon est le roman le plus connu de Daniel Keyes. Publié la première fois en 1959 sous forme de nouvelle, il s'est vu décerner le Prix Hugo de la meilleure nouvelle en 1960 puis le Prix Nebula du meilleur roman en 1966, lors de sa sortie en roman.

Charly Gordon est simple d'esprit. Rejeté par sa famille, il travaille dans une boulangerie. Le jour où des scientifiques décident de tester sur lui une expérience censée modifier son cerveau et le rendre intelligent, la vie de Charly bascule. Comme Algernon, la souris-test de l'expérience, Charly voit son quotidien se modifier à la lueur de son acuité nouvelle. Il prend conscience que sa vie n'a été rythmée que par les moqueries des personnes qui l'entourent et la condescendance de ceux qui ne s'abaissent pas à ces railleries. Plus le temps passe, plus l'intelligence de Charly se développe et l'écart avec son entourage se creuse. Chargé de consigner son ressenti par écrit, Charly tient scrupuleusement un journal de bord de l'expérience.

Ouvrir ce roman, c'est pénétrer dès la première page dans la tête du héros, Charly Gordon. Dès la première page, dès même le premier mot ("Conte randu N°1"), nous, lecteur, prenons place dans cette expérience scientifique de grande envergure du point de vue de ce personnage simple d'esprit.
Daniel Keyes a eu l'excellente idée d'adopter la forme narrative du journal (Charly consigne par écrit ce qu'il ressent en regard de l'opération subie) ce qui permet de voir évoluer le personnage tant au niveau psychologique que dans son écriture. En effet, le premières pages du roman sont difficiles d'accès car écrite dans l'orthographe quasi phonétique du personnage. Cette brillante idée permet de suivre au fur et à mesure de la lecture les changements qui s'opèrent chez lui et déceler les étapes de cette transformation. Cette intimité avec le personnage est troublante, voire gênante, lorsque celui-ci prend conscience qu'il a constamment été rejeté voire raillé, et qu'il n'était pas capable de le percevoir.
Si l'idée de bricoler un être humain à coup de scalpels n'est pas en soi originale - pensez au docteur Frankenstein et à sa créature composée d'organes récupérés - et si l'idée d'une intelligence infinie est un des fantasmes de l'humanité, Daniel Keyes appréhende néanmoins ces thèmes avec intelligence. Charly est un personnage très finement étudié, dont la psychologie évolutive est brillament esquissée. Mais l'aspect le plus audacieux dans ce roman réside, à mon sens, dans la forme narrative adoptée, celle du journal intime, qui permet de se glisser dans l'intériorité du personnage et subir, par l'intermédiaire de la lecture, l'expérience scientifique dont il est le cobaye.

Un excellent roman qui m'a conquise et qui m'a permis de réfléchir sur la notion d'intelligence. Un classique à découvrir, sans hésitation !

Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie
Et comme ce roman a donné lieu à une adaptation cinématographique par Ralph Nelson en 1966 (mais dont je n'ai pas réussi à trouver la bande-annonce), voici ma cinquième participation au Challenge La littérature fait son cinéma de Will.

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16 juin 2011

Geisha, Arthur Golden

GeishaGeisha est le livre qui a rendu célèbre le romancier américain Arthur Golden. Publié aux États-Unis en 1997, il s'est vendu à plus de 4 millions d'exemplaires en anglais avant d'être adapté au cinéma en 2005 par Rob Marshall. J'avais vu et aimé ce film. J'ai eu envie de lire le roman originel.

Chiyo a neuf ans lorsqu'un marchand l'arrache à sa maison ivre, perchée sur une falaise. Sa mère est mourante, son père, trop pauvre pour les élever, elle et sa soeur. Elles sont donc vendues à Kyoto. La petite Chiyo se retrouve seule, à servir dans une okiya, lieu de vie des geishas. La vie est dure pour elle : ses incroyables yeux gris attisent la haine d'Hatsumomo, la geisha qu'elle sert, mais suscitent l'admiration des autres. Dans cet univers impitoyable, à l'aube de la Seconde Guerre mondiale, la jeune fille va suivre à la lettre les instructions de celle qui va la faire devenir geisha, Mameha. Cérémonies du thé, danses et musiques sont au programme.

Quel roman ! Je n'avais que quelques images en tête en souvenir du film de Rob Marshall. J'ai donc pu débuter cette lecture comme si je ne connaissais pas l'histoire.
Je me suis laissé emporter dans ce Japon d'entre-deux guerres, bercée par le quotidien de ces femmes fantasmées autant que jalousées. Je connaissais beaucoup d'éléments de la vie des geishas, depuis ma lecture de Mon journal de Geisha de Komono, le récit vrai d'une jeune geisha de Kyoto, mais j'ai aimé me plonger dans le destin fictif de Chiyo, devenue Sayuri une fois geisha.
La discipline imposée à ces jeunes filles dès leur plus jeune âge, leurs obligations envers leurs clients, la fatigue de leur train de vie... Arthur Golden dévoile ici un pan souvent méconnu de la vie de ces femmes.

coup_de_coeur_2011Geisha est un roman extrêmement bien documenté, empreint d'une certaine poésie. Il s'inspire de réalités pour créer une fiction intelligente, sans faux-semblants ni hypocrisie. Un roman à découvrir ou à redécouvrir sans faute ! Un septième coup de coeur pour 2011, que je relirai avec plaisir dans quelques temps...

Lectures communesGeisha était une lecture commune avec Yoshi73.

D'autres avis sur ce livre : Evy, Achille49, Karine, L'Ogresse de Paris et Esmeraldae.
Voici ma quatrième participation au Challenge La littérature fait son cinéma de Will.

 

Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie

 

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13 juin 2011

Bartleby le scribe, Herman Melville

9782070401406FSBartleby le scribe est une nouvelle d'Herman Melville publiée en 1853 dans un périodique, puis intégrée en 1856 dans le recueil de nouvelles Contes de la véranda.

Le narrateur, homme de loi de Wall Street, raconte les relations qu'il avait avec Bartleby, l'homme qu'il avait engagé pour occuper la fonction de scribe dans son étude. D'un naturel très discret, Bartleby passait ses journées derrière son bureau. Mais lorsque le narrateur lui demandait la moindre chose, il répondait « Je préfère pas »(« I would prefer not to »). Le narrateur, surpris, ne se résolut pourtant pas à renvoyer cet homme qui ne sortait jamais de l'étude (il y dormait même) mais sans rien faire.

Lecture très courte et amusante, Bartleby le scribe a été une source d'inspiration pour les écrivains de l'absurde du XXe. Atypique s'il en est, le personnage de Bartleby est tout sauf un personnage : il possède une psychologie minimale, ou tout du moins imperceptible, ses actions se résument à refuser toute action, et sa vie entière se borne à l'étude qu'il occupe jour et nuit. Le narrateur, choqué par son attitude puis décontenancé, culpabilise face à ce personnage de papier.
Une lecture drôle, que j'ai beaucoup aimée pour son absurdité et que Pennac résuma ainsi : « Qui a lu cette longue nouvelle sait de quelle terreur peut se charger le mode conditionnel. Qui la lira saura. »Challenge La littérature fait son cinéma 3e catégorie
Une lecture que j'inscris dans le Challenge La littérature fait son cinéma de Will en tant que troisième participation, car plusieurs adaptations cinématographiques de cette nouvelle ont été réalisées. Voici la bande-annonce de la version réalisée en 2001 par Jonathan Parker, avec Crispin Glover dans le rôle de Bartleby.

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08 mai 2011

Alfred Hitchcock, architecte de l'angoisse 1899-1980, Paul Duncan

9783822816721FSPour les amateurs du genre (dont je fais partie), les éditions Taschen ont réalisé un beau livre sur le maître du suspense.

Sa vie, sa filmographie, son travail de cinéaste sont présentés ici, accompagnés de nombreuses et très belles photos de tournage et d'une foule de citations du maître.
Des photogrammes de films complètent le tout, ainsi que des anecdotes de tournage. On apprend énormément au fil des pages, tant sur le personnage public d'Hitchcock que sur sa façon d'appréhender le cinéma. Un magnifique objet et un livre de qualité disponible à un petit prix.

Des analyses succinctes des films permettent en outre d'apporter un éclairage parfois différent à ces derniers. Paul Duncan analyse ainsi les rapports entre les personnages masculins et féminins des films pour en dégager des similitudes et des rapprochements entre les différentes époques et phases de l'oeuvre du maître du suspense. C'est effrayant de comprendre pourquoi ces films exercent une telle fascination sur les spectateurs...

En grande fan de ce cinéaste, je n'ai pu qu'être absolument séduite par ce magnifique ouvrage. C'est le premier documentaire que je lis sur ce réalisateur et son oeuvre...mais peut-être pas le dernier ! 

« Nous sommes tous des criminels, nous qui regardons. Nous sommes tous des voyeurs. Et nous respectons le onzième commandement : " Tu ne te feras pas prendre"».  Alfred Hitchcock (p.16)


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05 mai 2011

Orgueil et préjugés, Jane Austen

jane_austen_orgueil_et_prejuges_10_18_Orgueil et Préjugés est un des romans les plus connus de la romancière et femme de lettres anglaise Jane Austen. Publié en 1813, il demeure à ce jour un incontournable de la littérature anglaise.

J'en connaissais l'intrigue avant même de me plonger dedans, ayant étudié certains fragments en fac. Mais la tentation de me faire une journée dédiée à l'Angleterre lors du mariage princier* m'a incitée à me plonger dans ce roman. (*cf. Ma journée "So British")

Orgueil et Préjugés relate le quotidien d'une famille anglaise au 19e, les Bennet, dont les cinq filles sont à marier. Entre les mondanités et les obligations de cette famille bourgeoise, les journées passent dans l'attente d'un mariage. Jusqu'au jour où Mr Bingley vient s'installer à Netherfiled, propriété voisine de celle des Bennet. Tout le voisinage se met alors en branle pour séduire ce célibataire tant convoité. Jusqu'à l'arrivée de son ami Mr Darcy...

J'avais déjà apprécié ma lecture de L'Abbaye de Northanger il y a quelques années, et renouer ici avec Jane Austen a été une très bonne chose.
Orgueil et Préjugés est un roman à l'humour féroce, véritable critique de la société de l'époque et de la rigidité de ses codes sociaux.

Les personnages de Jane Austen possèdent une psychologie finement étudiée et portent en eux certaines valeurs représentatives de leur classe sociale et de leurs attentes. Les filles cadettes des Bennet sont ainsi stupides à souhait, écervelées et mièvres, et ne jurent que par le mariage et l'argent, tandis qu'Elizabeth possède un caractère plus féministe et moderne, symbolisant ainsi le contre-pied de ces normes sociales pourtant bien réelles alors. 

Véritable bijou d'humour et de cynisme, Orgueil et Préjugés ne doit pas être réduit à sa dimension sentimentale et ne garder que son côté mièvre. C'est avant tout une oeuvre critique de son temps et de la condition des femmes de l'époque. Cet aspect, parfois acerbe, il est vrai, m'a séduite de bout en bout et fait beaucoup rire. Quelle modernité ! Quelle verve ! Le plus de l'édition 10/18 ? Une préface signée Virginia Woolf.

Pour illustrer tout le talent de Jane Austen
dans cette critique féroce, la première phrase du roman :

"C'est une vérité universellement reconnue qu'un célibataire pourvu d'une belle forture doit avoir envie de se marier et, si peu qu'on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu'il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l'esprit de ses voisins qu'ils le considèrent sur-le-champ comme la propriété légitime de l'une ou l'autre de leurs filles." (p.21)

 9003  ORGUEIL_ET_PREJUGES  orgueil_et_prejuges2

Et si de nombreuses adaptations ont été faites au cinéma et à la TV, (j'en connais qui se pâment pour Colin Firth dans le rôle de Darcy !^^) je n'ai pas pu résister à la tentation de vous présenter Coup de foudre à Bollywood, un remake sauce indienne de ce roman. Voici la bande-annonce aux couleurs chatoyantes de ce film, pour vous donner un aperçu de cette version un peu mièvre, certes, mais tellement pétillante !

 

 

Et voici ma deuxième participation au Challenge de Will,
La littérature fait son cinéma,
dans la catégorie Meilleure actrice (10 livres à chroniquer).


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