Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

11 octobre 2017

Vincent, mon frère mort-vivant, Jean-Marc Mathis et Thierry Martin

Vincent mon frère mort-vivantVincent, mon frère mort-vivant est un one-shot imaginé par Jean-Marc Mathis et dessiné par Thierry Martin paru en 2005 chez Soleil.

Antoine a perdu Vincent, son grand frère, un simple d'esprit tué un jour par un hoquet. Mais Vincent n'a pas totalement disparu et erre dans le cimetière dont s'occupe son père, le fossoyeur. Seul Antoine peut le voir et ainsi continuer à jouer avec lui entre les tombes. Un jour, Vincent fait une surprise à Antoine : il l'entraîne dans un caveau qui débouche directement sur le royaume des morts ! Mais qu'un vivant y pénètre n'est pas du goût de tous et très vite Antoine est pourchassé et séparé de Vincent...

J'avais lu cet album lors de sa sortie et n'en avais gardé que peu de souvenirs. J'ai eu envie de l'exhumer à l'occasion du Challenge Halloween de Lou et Hilde et de m'en refaire une opinion... 

J'avais complètement oublié la dimension poétique et fantasmagorique de ces planches, ainsi que la jolie relation qui unit les deux frères. Ces deux enfants qui ne souhaitent que jouer ensemble, alors que l'un d'eux est mort, est assez émouvante, et si l'intrigue se déroule dans un univers sombre et morbide, l'humour est quand même présent et l'ensemble est relativement gai. Pas de larmoyant, malgré la souffrance du petit Antoine qui a perdu son grand frère, mais plutôt des secrets d'enfants, des jeux, un monde à part auquel les adultes n'ont pas accès. Le monde des morts est représenté par des planches sombres, parfois sanguines, assez floues, comme si l'air se déchirait et que l'univers se désagrégeait. Il en ressort une impression d'immersion totale dans ce monde parallèle, dans les pas du petit Antoine qui fuit le danger.

L'humour est présent à travers le personnage de Vincent, notamment, mais également en la personne du diable, représenté comme un diablotin ridiculement petit mais au pouvoir non proportionnel à sa taille. Les répliques fusent, parfois faciles, mais confèrent à l'ensemble une légèreté bienvenue.

Bref, cette relecture a été très plaisante et j'ai aimé naviguer entre ces deux mondes, sur les traces de Vincent et d'Antoine. Un one-shot intéressant et bien mené qui me laissera davantage de souvenirs avec cette relecture.

Planche 1 Planche 2

Challenge Halloween image

Et voici ma troisième participation au Challenge Halloween de Lou et Hilde

et ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Noukette !

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30 novembre 2011

Waterloo Necropolis, Mary Hooper

Waterloo Necropolis, Mary HopperWaterloo Necropolis (Fallen Grace) est un roman paru en France en avril 2011 aux Éditions Les Grandes Personnes. Son auteure, la romancière anglaise Mary Hopper, est très connue en France pour son livre La Messagère de l'au-delà, inspiré d'un fait réel.

Londres, 1861. Grace, seize ans, et sa soeur Lily, dix-sept ans, sont orphelines et survivent difficilement en vendant du cresson aux passants. Grace s'occupe avec beaucoup de dévouement de sa grande soeur, simple d'esprit.
Le jour où, après avoir été accouché d'un enfant mort-né, Grace se rend au cimetière de Brockwood pour y enterrer le corps, elle rencontre Mr et Mrs Unwin, entrepreneurs en pompes funèbres. Et leur vie bascule. Grace devient pleureuse d'enterrement, tandis que sa soeur s'occupe de basses tâches. Mais les Unwin, connus pour leur avarice, n'ont pas fait preuve de charité en engageant les deux soeurs. Ils manigancent derrière leur dos et très vite, Grace s'en rend compte...

Waterloo Necropolis est un roman que je devais lire pour mon travail. Je l'ai ouvert avec plaisir car j'avais passé un excellent moment avec La Messagère de l'au-delà.
Et ce nouvel opus ne m'a pas déçue. Mary Hooper dépeint à merveille le Londres victorien. La pauvreté, la rudesse de la vie et la violence font partie intégrante de l'intrigue. Celle-ci possède une originalité, temporelle, certes, mais aussi quant à son sujet. Le fait que l'héroïne travaille au service d'une entreprise de pompes funèbres peu scrupuleuse permet à l'auteure d'insérer des détails historiques sur l'époque et ses us et faire naître une ambiance à la Dickens (qui apparaît brièvement dans le roman). Pas d'édulcoration de cette époque, bien au contraire : la vie est dure pour les plus pauvres, les vols et viols son monnaie courante, et l'expulsion des maisons délabrées plane au-dessus des miséreux telle une épée de Damoclès.

Pour autant, pas de violence exacerbée ni de détails sordides. Tout est suggéré en finesse. Une peinture sociale et économique très réussie !
L'intrigue avance rapidement et les péripéties sont nombreuses. Le destin des deux jeunes filles suscite dès les premières pages l'intérêt du lecteur et la plume de l'auteure permet à l'empathie d'éclore.

La psychologie de l'héroïne, Grace, est travaillée tout en finesse. La jeune fille possède la psychologie d'un personnage de l'époque et évite l'écueil des anachronismes psychologiques fréquents dans les romans pour la jeunesse ancrés dans le passé (combien de fois a-t-on lu des jeunes filles s'amourachant comme des adolescentes actuelles, au mépris des convenances et des codes de l'époque ?) Lecture pro
Enfin, la question du handicap est soulevée avec le personnage de Lily, tout comme celle des agressions sexuelles. Deux thèmes intemporels qui toucheront des lecteurs adolescents d'aujourd'hui. 

Un roman très plaisant à lire, original et historiquement bien ancré. Une lecture très agréable qui ne laisse présager que du bien de mes prochaines lectures professionnelles !

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22 janvier 2011

L'étrange vie de Nobody Owens, Neil Gaiman

9782226189547Voilà un autre de mes livres reçus à Noël et dévoré illico ! Depuis que j'ai commencé à lire les romans de Neil Gaiman, je me découvre petit à petit une passion pour cet auteur à l'imagination hors norme...

Nobody Owens ressemble à n'importe quel enfant... Sauf qu'il vit dans un cimetière et est élevé par les revenants qui y résident depuis que sa famille a été massacrée  alors qu'il était encore un nourrisson.
Au fil des années, le jeune Nobody ne se satisfait plus de l'enceinte du lieu et veut découvrir ce qu'il y a au-delà des grilles du cimetière, malgré les mises en garde de sa famille ectoplasmique. Mais le danger rôde dehors. Et le meurtrier de sa famille n'est pas loin.

J'ai encore une fois dévoré ce roman d'une traite, m'immergeant complètement dans l'univers paradoxalement sombre et rassurant de Neil Gaiman.
L'étrange vie de Nobody Owens est un roman ténébreux à la poésie rare mettant en scène la vie du jeune Nobody, originale à souhait et absolument imprévisible.
Il réside une part d'innocence totalement déroutante dans l'histoire de ce garçonnet entouré de fantômes.
La psychologie des personnages est très bien esquissée et l'auteur dote ses personnages fantômes d'une humanité profonde qui apporte  au roman une densité dramatique certaine.
Encore une fois, Neil Gaiman tient son lecteur en haleine dans cet univers merveilleux aux codes que lui seul détient de manière à ce que ce dernier se pose jusqu'à la dernière page la question de l'identité du meurtrier des parents de Nobody et les raisons de ce meurtre atroce.
Je n'ai pas pu m'empêcher de rapprocher l'histoire de Nobody à celle de Coraline, l'héroïne phare de cet auteur : deux enfants solitaires dans un monde étrange à la fois sombre et enchanteur qui apporte son lot de dangers...
Une très bonne lecture qui confirme mon goût pour les romans de Neil Gaiman.
Un grand merci à mes gentils donateurs de ce roman à Noël, je suis ravie !

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