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08 août 2019

Broadway Limited T.2 Un shim sham avec Fred Astair, Malika Ferdjoukh

Broadway Limited 2Un shim sham avec Fred Astair est le deuxième tome de la série Broadway Limited écrite par Malika Ferdjoukh. Il est paru en novembre dernier dans la collection Medium + de L'Ecole des Loisirs.

Le froid est mordant en ce mois de janvier 1949 à New York, et à la pension des Giboulées, tenue par les soeurs Celeste et Artemisia, la vie suit son cours. Les six jeunes pensionnaires poursuivent assidûment leur rêve de gloire et de reconnaissance. Il y a la danseuse Manhattan, engagée comme habilleuse auprès de Uli Styner, star de Broadway poursuivi par la Commission des Activités Anti-Américaines, qui ignore qu'elle est la fille qu'il a abandonnée. Et puis il y a Hadley, qui, de son côté, élève comme son neveu son fils de trois ans Odgen, fruit d'une nuit d'amour avec Arlan, un beau soldat perdu de vue à cause d'une serviette en papier et d'une averse. Chic, quant à elle, adore le faste et les paillettes et poursuit sa carrière de comédienne jusqu'à ce qu'elle rencontre un certain Whitey. Et puis il y a aussi Page, Etchika et Ursula, mais aussi Dido, la jeune voisine très impliquée politiquement, dont est éperdument amoureux Jocelyn, le jeune pianiste français qui loge au sous-sol de la pension. Ça en fait du monde et des aventures !

J'avais adoré ouvrir le premier tome de Broadway Limited, en novembre dernier, et c'est avec le même plaisir que j'ai dévoré celui-ci.
Malika Ferdjoukh poursuit avec finesse l'exploration de ses personnages et des différentes intrigues qu'elle imagine. New York, et plus généralement l'Histoire américaine, prennent une place de plus en plus importante à mesure que la période d'après-guerre se durcit et qu'avec elle apparaissent les chasses aux sorcières. L'auteure mêle avec brio ses personnages aux anecdotes historiques en les faisant rencontrer des grands noms de cette époque - Fred Astair, Grace Kelly, Billie Holliday, Marlon Brando, Elia Kazan, Paul Newman, Lee Strasberg, etc. - et participer à l'effervescence du début des 50's. Les cabarets et autres théâtres ont le vent en poupe, tout comme les danseurs et les chanteurs, et la petite troupe de la pension des Giboulées tente de percer chacun dans son domaine.
C'est avec regret que j'ai refermé ce deuxième tome, diablement bien rythmé. L'intrigue générale gagne en épaisseur, tout comme les personnages en psychologie, et Malika Ferdjoukh est en train d'imaginer une sorte de Vie mode d'emploi un brin plus romancé, où l'intrigue déborde des murs de la pension pour mieux donner à voir la vie de ces jeunes adultes à New York. Destiné à un lectorat adolescent, la série est à la fois accessible notamment historiquement et politiquement à ce public, mais aussi largement délicieuse à découvrir à l'âge adulte. Les turpitudes des sentiments adolescents sont là, mais évitent l'écueil du sentimentalisme pour mieux donner à voir des vies plus matures, plus engagées. A l'image des vingtenaires de cette époque.
Une réussite, donc, que je ne peux que vous encourager vivement à découvrir au plus vite. De mon côté, j'attends le prochain tome avec impatience. Un grand merci
 à L'Ecole des Loisirs de me permettre de découvrir cette série que j'aurais adorée plus jeune, même si je ne boude pas mon plaisir à trente ans et des poussières.

Ma chronique du premier tome :

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28 juillet 2019

Les chroniques de San Francisco T.5 D'un bord à l'autre, Armistead Maupin

Les chroniques de San Francisco 5D'un bord à l'autre est le cinquième tome du feuilleton littéraire Les Chroniques de San Francisco imaginé par l'américain Armistead Maupin. Il est paru en 1987 aux États-Unis avant d'être traduit en français par les éditions Passage du Marais en 1997.

Tout s'est apaisé, au 28, Barbary Lane. Alors que Mary Ann et Brian étaient au bord du divorce, l'adoption inopinée de Shawna sauve leur couple. Pour s'adapter au nouveau statut de vedette de la télé de Mary Ann, les tourtereaux ont déménagé au 23e étage d'une haute tour qui domine la ville. Michael, quant à lui, gère l'arrivée d'un neveu vierge et un brin désagréable que Mme Madrigal autorise à loger dans l'ancien appartement de Mary Ann et Brian. Ce dernier, alors qu'il tombe inopinément sur une ancienne maîtresse, apprend que celle-ci est séropositive et décide de faire un test sans en parler à Mary Ann. Pour noyer son angoisse, il file en weekend avec Michael. Dede et D'or, de leur côté, décident de partir camper avec les jumeaux au Wimminwood, un festival de musique et d'arts dédié aux lesbiennes. Mais tout ne se passe pas comme prévu sur place...

Voilà un tome que j'ai littéralement dévoré et qui m'a complètement conquise ! Et c'est peu de le dire.
A
rmistead Maupin poursuit son études de moeurs des années 80 en emmenant son lecteur tour à tour dans un festival lesbien, un camp pour hommes, le monde pailleté de la télévision et en faisant vivre mille aventures à ses personnages. Entre le Sida - toujours présent et qui plane comme une menace plus seulement réservée aux homosexuels -, la possible destruction des marches de Barbary Lane contre laquelle Mme Madrigal milite, l'adultère de Brian, les questions de couple de Dede et D'or, le conservatisme reaganien ambiant, les intrigues sont nombreuses et croisées et rythment avec enthousiasme ce cinquième tome.
Aucun temps mort, donc, dans D'un bord à l'autre, mais une intrigue farouchement engagée tout en étant exquisement drôle. Un bon conseil : si vous cherchez une série furieusement 70's-80's qui décortique cette époque extravagante, bourrée de joie de vivre et d'humanité, sur fond de bienveillance et d'humour, ne cherchez plus et dépoussiérez ce classique de la littérature populaire américaine qui n'a pas pris une ride. Pour ma part, j'ai hâte de découvrir le sixième tome, commandé chez ma libraire préférée ! 

Mes billets des quatre premiers tomes :

      

 

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24 mai 2018

Niki de Saint Phalle, Bernadette Costa-Prades

Niki de Saint Phalle, Bernadette Costa-PradesNanas de Niki de Saint Phale

Après Frida Kahlo et Simone de Beauvoir, Bernadette Costa-Prades signe une nouvelle biographie aux éditions Libretto, celle de l'artiste franco-américaine Niki de Saint Phalle. 

Connue du grand public pour ses Nanas, ses sculptures de femmes girondes colorées et remplies de vie et de joie, Niki de Saint Phalle a un parcours atypique. Issue d'une famille noble embrassant deux cultures - son père est français et sa mère américaine -  Niki s'est très tôt rebellée contre ses origines, révélant tardivement le viol dont elle a été victime de la part de son père alors qu'elle avait onze ans. Mariée et devenue mère très jeune, elle débute sa carrière comme mannequin pour Vogue avant de se former, de façon autodidacte, à l'art. Sa vie prend alors un tournant sans précédent. Délaissant son mari et ses enfants pour s'y consacrer, elle se fraye un chemin au milieu des artistes masculins de l'époque et trouve son style.

J'aime beaucoup ces courtes biographies de chez Libretto - une centaine de pages à peine - et j'avais acheté au Salon du Livre de Paris cette année celle de Romy Schneider et celle de Niki de Saint Phalle. Je ne connaissais de cette dernière que ses Nanas, ce qui est maigre, il faut l'avouer.

Bernadette Costa-Prades permet de plonger dans sa vie dans une narration en forme de monologue adressé à Niki - elle emploie la deuxième personne - et offre un aperçu rapide mais assez complet de son parcours. Son chemin artistique, ses influences - Gaudi et le Facteur Cheval notamment -, ses expositions, mais aussi ses amours, ses amitiés, le lecteur découvre la vie de l'artiste passionnée et infatigable à l'origine du Jardin des Tarots, le projet qui anima vingt ans de sa vie et qu'il est toujours possible de visiter en Toscane. Une lecture très agréable et une artiste que j'ai envie de découvrir davantage. Un sans-faute ! 

Jardins de Tarot Niki de Saint Phalle

 

Le Jardin des Tarots 

Les Tableaux tirs

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06 septembre 2017

California Dreamin', Pénélope Bagieu

California Dreamin'California Dreamin' est un album biographique de Pénélope Bagieu paru en septembre 2015 chez Gallimard. Il relate le destin de Cass Elliott, charismatique chanteuse du groupe Mamas y Papas.

1960's. Ellen Cohen a une voix fabuleuse et une certitude inébranlable : elle sera chanteuse, une star même. Dotée d'une personnalité extravagante autant qu'attachante et d'un physique éloigné des standards, elle quitte Baltimore pour tenter sa chance à New York.

J'ai longtemps tourné autour de cet album, rebutée par ses dessins mais follement intriguée. Et puis j'ai succombé. Et quelle bonne idée ! Pénélope Bagieu dresse ici le portrait de Cass Elliott, prodigieuse chanteuse des Mamas y Papas. Sa vie, ses complexes, ses amours, ses déceptions, mais surtout cette incroyable volonté et cette certitude quasi mystique qu'elle deviendrait une star. L'album est un très bel hommage dans une narration à plusieurs voix, chaque chapitre étant consacré à un membre de l'entourage de Cass.

Pénélope Bagieu - qui me faisait marrer il y sept ans avec Joséphine et Ma vie est tout à fait fascinante - a su prendre un virage graphique des plus intéressants et mettre en image des destins de femmes incroyables (je pense à son projet Culottées dont je viens de terminer le second tome). Ne vous laissez surtout pas rebuter comme moi par ces dessins flous, qui semblent gribouillés, en noir et blanc. Ouvrez California Dreamin', plongez dans ces 270 pages de plaisir et partez à la rencontre d'une artiste hors du commun. Vous ne le regretterez pas...

Les avis de EnnaCanel, Lasardine, Mo', Noukette, Saxaoul.

Planche 1 Planche 2

Petit bonus : la playlist que Pénélope Bagieu insère en fin et qui permet de réécouter les  Mamas&Papas d'un autre oeil.

BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Moka !

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27 mai 2017

Une forêt d'arbres creux, Antoine Choplin

Une forêt d'arbres creux Antoine ChoplinUne forêt d'arbres creux est un roman du poète et romancier français Antoine Choplin paru aux éditions de la Fosse aux ours en 2015.

1941. Le dessinateur Bedrich Fritta est déporté dans le camp de concentration de Terezin avec sa femme et son fils d'un an. Contraint de diriger le bureau des dessins, il coordonne les commandes d'embellissement du ghetto que lui passent les nazis. Mais la nuit tombée, avec d'autres dessinateurs, il raconte l'horreur. Il couche sur papier ce quotidien de faim, de peur, de maladie et de mort qui rôde. Il dessine fébrilement pour raconter au monde comment l'humanité s'est brusquement perdue.

Antoine Choplin - que j'ai découvert avec La nuit tombée qui évoque la catastrophe de Tchernobyl - s'est inspiré pour ce roman de la vie de  l'artiste et caricaturiste tchèque Bedrich Fritta, s'appropriant les vides d'une biographie elliptique. 

En 120 pages, Antoine Choplin entraîne son lecteur dans le camp de Terezin, dansBedrich Fritta - Alchetron, The Free Social Encyclopedia ce quotidien de l'horreur et de la souffrance, mais sans trop en faire. L'indicible est suggéré, l'atroce sous-entendu, les émotions souvent tues, comme si l'essentiel n'était pas dans le récit des camps mais dans le projet insensé de vouloir dessiner ce quotidien pour le donner à voir au monde. La nuit, théâtre de la résistance par l'art, espace laissé libre à l'imagination de ceux qui, écoeurés d'obéir en plein jour, résistent une fois le jour couché. 

Roman poétique à souhait, porté par une écriture envolée, Une forêt d'arbres creux est un bel hommage à un homme qui s'est battu avec son art pour qu'éclate la vérité. Une très belle lecture. Merci du conseil à celui qui me l'a presque glissé dans les mains.

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02 avril 2017

Frida, Benjamin Lacombe et Sébastien Pérez

Frida, Benjamin Lacombe

Frida est un album signé Benjamin Lacombe pour les dessins et Sébastien Pérez pour le texte, paru en novembre 2016 chez Albin Michel.

Frida Khalo. Ce nom évoque tout un univers de couleurs et une vie teintée de tragédies et d'amours complexes. A travers neuf thèmes  - l'accident, la médecine, la terre, la faune, l'amour, la mort, la maternité, la colonne brisée et la postérité - les deux auteurs ont choisi de rendre hommage à la femme peintre la plus célèbre de l'histoire.

Ouvrir Frida, c'est comme se glisser dans une toile de l'artiste mexicaine, c'est s'immerger dans son univers haut en couleurs magnifiquement rendu par les dessins de Benjamin Lacombe, c'est découvrir un bel hommage à une vie tant de fois racontée. Ouvrir Frida, c'est s'assurer une claque esthétique et visuelle.

L'objet en lui-même est un véritable bijou. La couverture en tissu rend à la perfection le flamboyant des tableaux de Frida, tandis que les découpes intérieures font naviguer le lecteur à l'intérieur de son oeuvre. Mise en abyme et plongée dans l'intériorité de l'artiste, le travail de découpage des doubles pages permet de s'approcher de la complexité de l'oeuvre de Frida.

Les textes de Sébastien Pérez portent en eux toute la poésie des propres textes de Frida et c'est un réel bonheur de les découvrir à chaque page en même temps que le travail esthétique de Benjamin Lacombe. Ce dernier soigne ses planches avec minutie, récupérant les éléments de certaines tableaux de l'artiste mexicaine pour mieux lui rendre hommage et la raconter, et joue avec la profondeur de plans que lui permet le travail de découpage des pages.

Un album lu sitôt acheté, savouré à chaque page. Un album lu mais que je relirai avec grand plaisir, que je feuilletterai souvent. Un album hommage à une femme que j'admire et dont la subtilité de l'art me fascine. Une grande découverte, c'est certain.

"L'écorce se fend et la sève ruisselle jusqu'à la terre. La vie n'est qu'un recommencement."

"J'ai suivi les mouvements de tes mains. J'ai voulu peindre mon image. Je me suis perdue."

"Dans un cri triomphant, les formes et les aplats que je peins me libèrent. Sincères, sans mensonge. Le voile se lève."

Plutôt que des images des planches, je vous laisse avec la bande-annonce officielle de l'album, réalisée par Albin Michel.

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30 janvier 2017

Le collège des éplucheurs de citrouilles, Laure Deslandes

Le collège des éplucheurs de citrouilles, Laure DeslandesLe collège des éplucheurs de citrouilles est le premier roman de Laure Deslandes, enseignante de lettres classiques dans le Finistère. Il est paru le 25 janvier à L'Ecole des Loisirs.

Elliot, douze ans, est envoyé en internat dans le collège des Museaux, un minuscule collège breton un peu étrange. Là-bas, pas de programme conventionnel mais des cours d'estonien, un chantier collectif de maison à énergie passive en technologie ou encore de semence en botanique et une cantine bio et locavore qui fait la part belle aux produits du terroir. Une vie simple, au rythme des saisons que les enfants du village apprécient depuis leur enfance. Mais pour Elliot et les autres internes, tous au passé chaotique, l'acclimatation est dure. Heureusement pour celui-ci, dans sa classe de cinquième Hérisson, il y a Péline, une grande rousse joyeuse et généreuse qui va lui tendre la main et l'aider à s'intégrer dans ce nouvel environnement.

Quel régal ce roman ! Intriguée par le titre et le résumé un peu décalé, j'ai ouvert Le collège des éplucheurs de citrouilles sans savoir véritablement à quoi m'attendre. Et si le début m'a un peu rebutée - me rappelant que trop mes problématiques professionnelles - j'ai finalement pris beaucoup de plaisir à découvrir ce collège loufoque aux cours aussi barrés que ses enseignants.

Les personnages adolescents sont traités avec beaucoup de soin, et Elliot et Péline forment un duo attendrissant aux fêlures vraisemblables. Malgré l'aspect décalé des cours peu conventionnels, des problématiques de cet âge sont abordées - le premier émoi, la vie en communauté, l'amitié, la transformation du corps, etc. - tout comme les relations parents enfants. C'est fin, bien étudié, même si l'ensemble s'approche d'une belle utopie par certains aspects. Portée par un humour décapant qui témoigne d'une belle connaissance des adolescents, l'intrigue avance à bon rythme, dans une langue fleurie et riche comme les parterres du collège. On se prête à rêver à un établissement scolaire où le cuistot servirait des crumbles maison après un cours d'escalade dans les arbres, à la découverte des différentes essences. Bref, un premier roman très réussi qui plaira sans aucun doute autant aux lecteurs de l'âge d'Elliot et Péline qu'aux plus grands.

Un grand merci à Coline et aux éditions L'Ecole des loisirs pour ce roman.

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07 novembre 2016

L'ultime secret de Frida K., Gregorio León

L'ultime secret de Frida KL'ultime secret de Frida K. est un roman du journaliste et écrivain espagnol  Gregorio León paru en 2012 aux éditions Les Escales.

Un autoportrait de Frida Kahlo vient d'être dérobé dans une galerie d'art de Mexico et son propriétaire sauvagement assassiné. Dépêchée sur les lieux, Daniela, une jeune enquêtrice espagnole, découvre une histoire complexe qui mêle narcotrafiquants et corruption. Le portrait aurait été peint par Frida pour son amant, Trotski, alors en exil au Mexique. Quand des strip-teaseuses sont assassinées une à une et que des autels dédiés à Santa Muerte sont vandalisés, l'enquête se complique pour Daniela.

Une collègue m'a prêté ce roman, suite à une discussion que nous avons eue sur la peintre mexicaine un midi au boulot (comme quoi, en salle des profs on ne parle pas que des élèves...) Je l'ai dévoré en trois jours, happée par cette intrigue brillamment orchestrée qui alterne passé et présent. Entre conditions actuelles au Mexique - avec notamment les troubles politiques, les trafics de drogue, la corruption et le culte de la lugubre Santa Muerte - et récit de l'exil de Trotski chez Frida et Diego en 1940 et la relation amoureuse que la célèbre peintre entretint avec le révolutionnaire russe, le roman file à un rythme effréné.

Gregorio León entremêle faits historiques et inventions fictionnelles pour mieux faire revivre cet épisode de la vie de Frida, sa relation tumultueuse avec celui qu'elle aimât malgré ses infidélités - Diego Rivera - et sa passade clandestine avec Trotski. Le Mexico actuel est une toile de fond très bien dépeinte, et si les trafics en tous genres pullulent, c'est pour mieux servir l'intrigue de ce roman noir rudement bien ficelé.

J'ai adoré me plonger une nouvelle fois dans la vie de Frida (découverte il y a quelques années par la lecture de Diego et Frida de Le Clézio) et suivre cette enquête fascinante sur la disparition de ce tableau politiquement dangereux. Une très belle découverte. Je vais de ce pas remercier ma collègue pour ce prêt !

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17 septembre 2016

Les jumelles, Claire Douglas

Les jumelles, Claire DouglasLes Jumelles est le premier roman écrit par la journaliste Claire Douglas, finaliste du concours du premier roman organisé par l'édition britannique de Marie-Claire. Il paraîtra le 5 octobre prochain chez Harper Collins.

Traumatisée par le décès dix-huit mois plus tôt de Lucy, sa jumelle, Abi se remet doucement d'une tentative de suicide lorsqu'elle rencontre la flamboyante Beatrice. Cette dernière, créatrice de bijoux, habite une luxueuse maison avec des amis artistes, et son quotidien ne semble être que légèreté, insouciance et fêtes. Très vite, elle propose à Abi d'emménager dans sa collocation, ce que la jeune femme accepte immédiatement. Mais celle-ci tombe immédiatement sous le charme de Ben, le jumeau de Beatrice, ce que celle-ci accepte difficilement. Et entre les trois trentenaires, un triangle ambigu se met rapidement en place. Abi se rend compte que Beatrice possède une emprise inquiétante sur les autres membres de la maisonnée qui lui semblent tout dévoués, jusqu'à son jumeau, partagé entre les deux femmes.

Point de suspense ici, je ne vais pas vous le cacher longtemps : je suis tombée sous le charme de ce thriller, dévoré en trois jours (à peine le temps de vous indiquer que j'étais en train de le lire dans la colonne du blog que pouf ! Il était terminé !). Vous savez pourtant que ce n'est pas mon genre de prédilection, mais depuis mes lectures récentes de La fille du train et Avant d'aller dormir, j'ose sortir de ma zone de confort et me laisser surprendre. Et cette fois encore, j'ai bien fait.

Les jumelles est un huis-clos des plus réussis dans la vaste demeure de Bath de Beatrice dans laquelle elle évolue entourée de ses amis. Comme Abi, vous rentrez par la vaste porte du porche, charmé par cette nouvelle famille accueillante composée de personnalités affirmées et vous ne réussirez pas à en ressortir, envoûté par l'ambiance légère et détendue qui y règne. Impossible d'échapper au charme de Beatrice et à son quotidien fantasque et pétillant. Même lorsque ce dernier se révélera un peu moins pailleté qu'en apparence. La question de la gémellité est au coeur de cette intrigue passionnante et une fois le piège refermé, vous n'arriverez plus à lâcher ce roman, avide d'en connaître le dénouement...

La narration alterne entre une focalisation interne au personnage de Abi et une focalisation externe au personnage de Beatrice. Les chapitres se succèdent, la première personne alternant avec la troisième, et entraînent le lecteur dans une intrigue extrêmement bien ficelée. Le doute est là, à chaque page, à chaque affirmation. Car les passés respectifs de Abi, Beatrice et Ben sont assez flous et chacun semble cacher des détails de son ancienne vie. Et lorsque les choses commencent à se gâter entre les trois membres du trio, vous aurez du mal à savoir qui croire. Peut-on faire confiance à Abi, vulnérable, sous médicaments, mais qui semble aujourd'hui stable ? Et que dire de Beatrice, flamboyante et merveilleuse en apparence, mais qui se cache en un rien de temps derrière un masque de froideur des plus déconcertants ? Et qui est vraiment Ben, ce bel homme en apparence si fort, sûr de lui, qui semble trembler derrière sa soeur ?

Vous l'aurez compris : j'ai adoré ces pages. J'ai adoré m'interroger sur la personne à qui accorder ma confiance. J'ai adoré douter, à chaque événement nouveau, de tout, de tous. Claire Douglas entraîne son lecteur dans un huis-clos paradoxalement doudou et inquiétant. Entre la collocation à la Friends et le charme discret des intérieurs britanniques un rien suranné où le thé est omniprésent, des secrets dorment, bien enfouis, ou presque. Allez, foncez, vous ne le regretterez pas ! Par contre, petit conseil : ne lisez pas la quatrième qui dévoile une grande partie des rouages de l'intrigue (c'en est même étonnant a posteriori) De quoi vous gâcher le plaisir de lecture ! (grande chance pour moi : ma mémoire de moineau qui m'a fait l'oublier sitôt lue et permis de découvrir avec délice le roman).

Un grand merci à Angélique de Langage&Projets de m'avoir proposé de découvrir ce titre en avant-première.

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09 février 2016

Intrigue à Giverny, Adrien Goetz

Intrigue à Giverny, Adrien GoetzIntrigue à Giverny est le quatrième roman qui met en scène Pénélope, personnage de conservatrice-détective imaginé par l'historien d'art et écrivain français Adrien Goetz, paru en 2014 chez Grasset.

Après Bayeux, Versailles et Venise, c'est désormais au mobilier national qu'est employée la fringante Pénélope. La jeune femme aspire à un brin de tranquillité mais lors d'un dîner au Musée Marmottan-Monet, elle fait connaissance de deux spécialistes du peintre impressionniste et le lendemain, l'une est portée disparue, tandis que l'autre est retrouvée égorgée. Pénélope, aidée de son journaliste de fiancé Wandrille, se lance sur les traces de ces deux femmes et de leur passion commune : Monet. Était-il l'homme tranquille qu'il semblait être ? Et que dire de son amitié avec Clémenceau ? Du musée Marmottan-Monet à Giverny, en passant par Monaco, où se déroule le mariage princier, Pénélope et Wandrille mènent l'enquête !

J'avais pris beaucoup de plaisir à découvrir les aventures de Pénélope dans les précédents romans de la série, et j'ai éprouvé le même sentiment à la lecture de cette Intrigue à GivernyAdrien Goetz maîtrise son sujet - c'est peu de le dire - et entraîne son lecteur sur les traces de Monet. Porté par une intrigue rythmée et bien ficelée, le roman est l'occasion de rendre hommage au père de l'impressionisme tout en abordant la question de l'oeuvre d'art et de sa conservation. Comme toujours, Adrien Goetz distille avec légèreté foule de détails historiques et artistiques dans son roman. L'ensemble est diablement léger et se dévore rapidement. La postface permet de démêler la fiction de l'Histoire, le fantasme de la réalité.

J'ai adoré plonger dans la vie de Monet aux côtés de Pénélope, découvrir Giverny et Marmottan-Monet à travers ses yeux, réfléchir au devenir d'une oeuvre et à sa délicate question de sa conservation. Petit bonus fort appréciable : nul besoin d'avoir lu les précédents tomes de la série pour se régaler à Giverny. Amateurs de Monet, d'art ou curieux, foncez ! Je vous garantis un divertissement documenté et savoureux !

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