Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

24 février 2011

Les étranges talents de Flavia de Luce, Alan Bradley

les_etranges_talents_de_flavia_de_luceLes Étranges talents de Flavia de Luce est le premier roman de l'écrivain septuagénaire canadien Alan Bradley.

Angleterre, été 1950. Dans le manoir familial des de Luce, Flavia et ses deux sœurs s'ennuient. Leur père, distant, est plongé dans sa collection de timbres, négligeant ses filles depuis le décès de leur mère.
Le jour où Flavia découvre un oiseau mort avec un timbre planté dans le bec et un cadavre dans le potager familial,
la fillette émerge de la douce torpeur de ses journées et décide de mener l'enquête, seule.

J'ai été très curieuse de découvrir ce roman qui a fait beaucoup de bruit sur la blogosphère, il y a quelques mois. L'ayant à lire dans le cadre de mon travail, j'ai fait d'une pierre deux coups.
Si j'ai apprécié l'ambiance générale de ce roman - l'Angleterre, les années 1950, la paisible tranquillité de la campagne -  je n'ai pas du tout été conquise par celui-ci (troisième billet successif de lectures qui ne m'enchantent pas...)
L'ambiance surannée du manoir familial et des années cinquante offre à ce roman un cadre agréable au charme singulier peu original mais appréciable. La solitude du personnage de Flavia est compensée par son attrait pour la chimie, et si peu d'adolescents actuels se reconnaîtront dans cette héroïne, beaucoup peuvent apprécier l'aspect ludique de cette science et les possibilités qu'elle permet.
Malheureusement, l'intrigue est lente et parfois prévisible et des invraisemblances trop nombreuses ponctuent le récit (notamment sur la probabilité qu'une enfant de onze ans réussisse là où des enquêteurs chevronnés échouent...) Je suis allée au bout de cette lecture uniquement car je prenais le train et que je l'ai lue d'une traite. Je ne suis pas sûre que ça aurait été le cas sans ce voyage...
Je remercie néanmoins C. et J. qui m'ont offert ce roman pour Noël, suivant scrupuleusement la liste que je leur avais donnée pour les aiguiller ! 

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18 septembre 2010

Wilt 1, Tom Sharpe

9782264042439FS51641037Reçu de la part d'Héloïze dans le cadre de son Swap En avant l'été, Wilt 1 est le premier roman que je lisais de Tom Sharpe.

Henri Wilt est prof de culture générale dans un lycée technique londonien. Sans ambition, il poursuit sa vie sans passion, entre des élèves très peu intéressés par sa matière et une épouse castratrice qui le rabaisse constamment. Lorsque celle-ci décide de se libérer sexuellement et de partir avec un couple d'américains, Wilt prend la décision d'assassiner celle qui a fait de sa vie un enfer. Mais devenir un meurtrier n'est pas si simple...

Wilt 1
fait partie de ces livres qu'on dévore sans s'arrêter. On se délecte des malheurs de ce pauvre personnage dont la vie pathétique et sans aspérité est triste.
L'intrigue est rapide, bourrée de rebondissements aussi nombreux qu'imprévisibles, ce qui rend le rythme très dynamique.
Même si finalement les événements en eux-mêmes sont très peu crédibles ni vraisemblables, il est bon de se plonger dans ce roman rocambolesque s'il en est.
Quand on sait que le sous-titre choisi par l'éditeur français est : "Comment se sortir d'une poupée gonflable et de beaucoup d'autres ennuis encore", on peut se douter que le bon goût ne sera pas à toutes les pages, mais on rit quand même grâce au talent de Tom Sharpe.
Un grand merci Héloïze pour cette lecture qui m'a détendue cet été !

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07 août 2010

Tamara Drewe, Posy Simmonds

L'heure est venue pour moi de sortir mon blog de sa torpeur estivale et de vous faire part
de mes récentes découvertes livresques !
J'espère que votre mois de juillet a été plus réussi que le mien
(voiture de location tombée en panne en Suède... 10° en camping et pluie battante... mouais... on a fait mieux comme détente !)

Bref,  avant que mon déménagement en région parisienne ne perturbe ma connexion internet le 15 août,
je me devais de partager avec vous mon coup de cœur de l'été...
S'il ne doit y en avoir qu'un, ce sera définitivement ce titre là (et je crois même
qu'il sera en tête de mes coups de cœur annuels !)

Souvenez-vous, il y a quelques mois de cela, je vous avais présenté un roman graphique
qui m'avait subjuguée
, Gemma Bovery de Posy Simmonds.

J'ai poursuivis ma découverte de cette auteure avec un autre de ses romans graphiques, Tamara Drewe.


Tamara_Drewe_couv      tamara42

Tamara Drewe est une jeune anglaise sophistiquée : nez refait, plastique parfaite, boulot d'enfer (chroniqueuse dans un célèbre journal) et vie trépidante, rien ne lui résiste.
Le jour où, au décès de sa mère, elle retourne dans le petit village où elle a grandi afin de remettre à neuf la demeure de son enfance, elle va bouleverser la vie paisible de ses habitants.
Dans la bucolique retraite d'écrivains tenue par la dévouée Beth Hardiman, les esprits s'échauffent à la vue de la belle Tamara. Qu'il s'agisse du jardinier Andy, son ami d'enfance, de 
Glen, l'universitaire en mal d'inspiration, ou encore de Nick Hardiman, auteur de best-sellers, personne ne sortira indemne du retour de Tamara Drewe dans les parages...    

Avis aux amateurs de campagnes anglaises en tous genres : fantastique étude sociologique par le prisme de la société anglaise, Tamara Drewe est un roman graphique rare. Chaque double page est un plaisir pour l'œil, alternant textes à l'humour féroce et illustrations soignées et poétiques.
Les personnages sont croqués à merveille : de la belle citadine qui réapprend les joies de la vie rurale au rocker égocentrique insupportable en passant par la femme au foyer dévouée et aimante, chacun se reconnait dans un des traits de caractère que Posy Simmonds décrit avec férocité. Rien n'est épargné dans notre petite société... Et c'est ce qui est bon ! Tant à dire sur cette lecture... Je vous laisse maître de vous laisser convaincre par mon enthousiasme hors norme... ou pas !

coeurCe titre fait partie du cercle étroit de livres que je ne voulais pas voir finir, et qui accompagne ma vie de tous les jours une fois la dernière page tournée.
 Bien évidemment, et avec un énorme logo, onzième coup de cœur de l'année, amplement mérité.
Attention, je vous aurais prévenus : ouvrir Tamara Drewe, c'est s'abandonner à la dépendance que ce roman graphique procure. Il y a un avant et il y a un après... Tout du moins pour moi !

Et pour ceux qui, comme moi, veulent faire perdurer leur dépendance à ce titre, ruez-vous sans hésiter sur l'adaptation ciné de Stephen Frears sortie le 14 juillet sur nos écrans, admirablement fidèle à l'œuvre de Posy Simmonds et prolongement délectable pour les afficionados...


 

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03 juillet 2010

La séance, John Harwood

ouiPour une fois, et c'est rare, c'est la première de couverture de ce roman qui m'a attiré l'œil... Et vu que le résumé était alléchant, j'ai été très enthousiaste à l'idée de le découvrir !

Angleterre, fin XIXe. A la mort de sa jeune sœur, Constance Langton s'adonne à des séances de spiritisme pour communiquer avec elle et redonner de la joie de vivre à sa mère, effondrée de chagrin.
A la mort de ses parents, quelques année plus tard, la jeune femme hérite d'un manoir magnifique autant qu'effrayant : Wraxford Hall. Le notaire qui lui annonce cet héritage la met en garde contre cette demeure de mauvaise réputation : les précédents propriétaires sont morts dans d'étranges circonstances, tandis que planent au dessus de Wraxford Hall des rumeurs de recherches spiritistes...

En débutant ma lecture, j'ai craint d'avoir entre les mains un roman qui fasse l'éloge des séances de spiritisme et de communication avec les morts. En tant que rationnelle convaincue et militante, mon enthousiasme a été tout de suite freiné... J'aurais dû accorder plus de poids à la citation liminaire qui explique un trucage pour une séance de spiritisme... Bref, une fois cette appréhension passée, je me suis plongée avec plaisir dans ce roman.
L'intrigue est intéressante et très bien menée et fait appel à de nombreuses références littéraires anglo-saxonnes. On repère facilement l'influence de la gothic novel avec cette demeure magistrale et effrayante et des morts mystérieuses, notamment Les Mystères d'Udolphe d'Ann Radcliffe et Le Château d'Otrante d'Horace Walpole. L'ambiance générale du roman est inquiétante, et John Harwood réussit brillamment à mêler surnaturel et réel, pour le plus grand plaisir de son lecteur, qui ne sait plus où se situe ce roman.
L'alternance des époques et des personnages dans chaque chapitre permet de reconstituer à rebours les événements inquiétants qui se sont déroulés à
Wraxford Hall. Les différentes époques se nouent entre elles par des détails et des personnages liens et permettent d'avoir une vue d'ensemble de l'intrigue générale. Ce procédé narratif dynamise  l'intrigue et évite à ce roman de ressembler à tant d'autres à la construction plus classique.
Enfin, le style de l'auteur est  imagé et permet une plongée déroutante dans cet univers inquiétant. Les dialogues n'occupent pas une place prépondérantes et s'organisent harmonieusement avec les descriptions de la nature et des personnages. 
Un roman vraiment appréciable, entre tradition littéraire anglaise et  modernité.  Une excellente lecture !

Je remercie bob et les Éditions Le Cherche Midi pour ce roman reçu dans le cadre d'un  partenariat.
 

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16 mai 2010

La reine des lectrices, Alan Bennett

9782070419609FSAyant vu il y a quelques mois une adaptation théâtrale de Talking Heads, une série de monologues truculents écrits par Alan Bennett, j'ai eu envie de  connaître davantage ce romancier et dramaturge anglais. Au détour de certains blogs, j'avais repéré ce court roman il y a quelques temps et, en tombant sur sa version poche hier dans une librairie, j'ai succombé !

La reine d'Angleterre découvre un matin, lors d'une promenade avec ses chiens, le bibliobus de Westminster. Intriguée, elle pénètre dans ce lieu dédié à la lecture et fait la connaissance  de Norman Seakins, un commis de cuisine passionné par la lecture et autodidacte. A ses côtés, la reine se lance dans la lecture, commençant par des choix assez aléatoires, puis affirmant ces derniers, au fil de ses lectures.  
Mais à Windsor, tout le monde ne voit pas d'un très bon œil la soudaine lubie de la reine. Les conséquences de sa nouvelle activité ne tardent pas à se faire sentir : retards, désintérêt pour sa fonction, mais aussi une culture grandissante qui effraie ceux qui l'entourent...


Voici une courte farce vraiment très drôle ! Alan Bennett donne à voir à son lecteur une reine d'Angleterre humaine, enfermée dans la solitude de son protocole. Au fil de ses lectures et de ses découvertes, elle s'ouvre peu à peu au monde des sentiments et des émotions, regardant ses contemporains d'un autre œil. Mais qu'une reine se rapproche du commun des mortels, ce n'est pas pensable pour ses ministres...
Bennett joue ici avec la figure emblématique de la reine d'Angleterre et s'offre le luxe d'imaginer ce que sa vie serait si elle avait le temps d'être une lectrice boulimique. Le ton est à la fois drôle et décalé et les personnages, bien que vite décrits, permettent de se divertir grandement avec cette farce.
Ode à la lecture et à ses grandes figures - Proust, Brontë, Genet, Shakespeare... - ce court roman est une petite merveille  d'humour ! A la fois léger et subversif, il fait passer un bon moment de lecture à quiconque se plonge dans ses pages.

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07 mai 2010

L'héritage Boleyn, Philippa Gregory

9782809801750FSJe n'ai pas su résister à ce roman historique, et ce, pour deux raisons : tout d'abord parce qu'il a été écrit par Philippa Gregory, que je ne connaissais pas avant de savoir qu'elle était l'auteure de Deux sœurs pour un roi, dont j'avais beaucoup apprécié l'adaptation cinématographique ; ensuite parce que l'intrigue se déroule à la cour d'Henry VIII, en Angleterre, et que j'adore ce pays et son histoire. Pour combler mes lacunes dans ce domaine, je me suis donc lancée avec plaisir dans la lecture de ce roman historique !

Angleterre, 1539. Henry VIII s'unit avec Anne de Clèves afin de faire alliance avec les Protestants, en ces temps troublés. Sa jeune épouse, la quatrième après Catherine d'Aragon, Anne Boleyn et Jane Seymour, a beaucoup de difficultés à s'adapter à la vie de la cour, troublée par la barrière linguistique qui l'isole du monde qui l'entoure. A ses côtés, Jane Boleyn, belle-soeur par alliance d'Anne Boleyn, la seconde dans le monde impitoyable de la cour, accompagnée par Catherine Howard, une jeune fille d'une fraîcheur dangereuse... Dans cet univers où chacun tente de s'approcher du pouvoir, les femmes subissent, en silence, les manigances et autres complots.

L'héritage Boleyn est un très bon roman historique dans lequel la part fictionnelle est  somme toute relative : Philippa Gregory centre son propos sur les événements historiques et les relate avec beaucoup de précision ( bien que le résultat soit en définitive une fiction). Le lecteur s'immerge alors dans ces temps troublés de conflits religieux qui prennent vie sous la plume de cette auteure.
L'alternance des points de vue dans chacun des chapitres offre une perspective de lecture dynamique. Les trois femmes principales de ce roman - Anne de Clèves, Jane Boleyn et Catherine Howard - prennent en charge, chacune leur tour, un pan de l'intrigue. Philippa Gregory a le talent de nous faire oublier que derrière le récit de ces événements se cache un écrivain qui s'inspire d'éléments historiques. Le choix de donner la parole à trois femmes dans ce roman permet de mettre en parallèle leur rôle dans l'Histoire, souvent relégué au simple statut de machine à fabriquer des héritiers pour la couronne. Malgré leurs caractères ou leurs désirs, les trois personnages principaux ne sont finalement que des pions entre les mains d'un souverain tyrannique s'il en est, inconstant et à tendance paranoïaque. M'intéressant ces derniers temps à la condition féminine dans l'Histoire,
j'ai passé un très bon moment de lecture, me penchant sur ce pays que j'aime tant.

Je remercie 47286893 et les éditions logo pour ce roman reçu dans le cadre d'un partenariat.

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06 mai 2010

Au douzième coup de minuit, Patricia Wentworth

52713600Il y a quelques temps, je vous faisais part de ma découverte de Patricia Wentworth, grâce à Caro qui m'avait offert Un pas de trop lors du Swap Irlande.
M'étant renseignée sur cette auteure et ses écrits, j'ai donc décidé il y a peu de m'intéresser à sa célèbre détective, Maud Silver. Comme je l'avais découvert au fil de mes recherches, celle-ci, imaginée avant Miss Marple, est la première occurrence du  personnage de "armchair detective" dans la littérature policière.

James Paradine est à la tête d'une entreprise importante. Le jour où des plans disparaissent de son bureau, il décide d'en faire part à sa famille, unique coupable potentielle, lors du repas de la Saint Sylvestre. Encourageant le coupable à venir dans son bureau pour réparer sa faute et lui assurant sa discrétion, James Paradine s'enferme dans celui-ci.  Mais lorsqu'au matin il est retrouvé mort, l'affaire familiale prend immédiatement une autre ampleur.
Miss Silver, une gentille vieille dame qui réside dans la village avoisinant, s'intéresse à l'affaire, tout en s'affairant à son tricot...

Amateur de romans policiers au charme désuet et suranné, vous serez servi avec ce titre ! Tout est rassemblé pour passer un bon moment : la campagne anglaise, au calme reposant, une imposante demeure, une famille unie, aux apparences trompeuses, un meurtre déguisé en accident, un huis-clos qui devient vite oppressant, les masques qui tombent pour révéler les personnalités... jusqu'à Miss Silver, la gentille voisine à la retraite, inoffensive au premier abord, mais qui observe tout de ses yeux fatigués mais non moins alertes.
L'intrigue développée ici par Patricia Wentworth n'a certes rien d'exceptionnel et certains pourraient y voir un certain goût de déjà vu, mais j'ai néanmoins passé un très bon moment de lecture, me laissant porter par le côté rassurant de ces enquêtes que j'apprécie tant.

Je vais continuer ma découverte des enquêtes de Miss Silver, ayant acheté La roue de Sainte Catherine, que je lirai très prochainement !

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15 avril 2010

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

le_cercle_litteraire_des_amateurs_depluchures_de_patates1Je viens de terminer Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, roman largement plébiscité par les lecteurs ces derniers temps. Malheureusement, son auteure, Mary Ann Shaffer, n'aura  pas eu le temps de voir son livre publié, décédant en 2008 à l'âge de 74 ans.

Janvier 1946. Juliet, jeune auteure en mal d'inspiration, reçoit un matin une lettre d'un inconnu de l'Île de Guernesey, ayant en sa possession un recueil de textes qui lui a appartenu.
Désireux d'en savoir plus sur Charles Lamb, l'auteur du recueil, Dawsey Adams demande à Juliet de le mettre en contact avec une librairie londonienne, ce que la jeune femme fait avec joie. Les échanges cordiaux entre les deux personnages se poursuivent au fil des semaines, allant jusqu'à s'élargir aux autres habitants de Guernesey...
Au fil de sa correspondance, Juliet va pénétrer dans l'intimité des habitants de cette petite île, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et découvrir leur fameux cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates... Au point de vouloir quitter Londres pour découvrir Guernesey et ses habitants...

Quelle plume agréable ! D'une lecture fluide, ce roman me laisse une très bonne impression, une fois la dernière page tournée.
La forme épistolaire, si elle ralentit l'action en différant les événements, permet d'apporter un rythme particulier à l'intrigue, lent sans être ennuyeux.  Pourtant pas adepte de cette forme littéraire, j'ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture !
Les différents personnages dépeints par les auteures ont une psychologie relativement développée, avec la particularité d'être esquissées par les autres personnages au fil des lettres. L'idée de faire débuter la correspondance de Juliet avec un seul habitant de Guernesey puis d'étendre celle-ci à quasiment tous les habitants de l'île, permet d'avoir un panel de personnages très intéressant. Chacun raconte ses souvenirs de guerre, sans jamais tomber dans un pathos larmoyant, malgré quelques anecdotes dures. Le ton est délibérément joyeux, malgré le sujet.
En parallèle de cette correspondance qui va nourrir son sujet d'écriture, Juliet relate ces événements à Sidney, son éditeur, et Sophie, la sœur de celui-ci, permettant au lecteur de combler les ellipses de la narration.
Il fait bon vivre à Guernesey, et ce roman, à la fois léger et drôle, permet de passer un très bon moment de lecture, à mi -chemin entre l'évasion sur cette île et les témoignages de guerre.
Je remercie 51373085 de m'avoir envoyé ce roman.47287542

Et hop ! Une lecture de plus pour Mon challenge Livraddict ! 4/10

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21 mars 2010

Un pas de trop, Patricia Wentworth

9782264039903FSJ'ai eu la chance de recevoir, à l'occasion du Swap Irlande, ce roman policier de la part de Caro, ma swapeuse...
Quelle belle découverte ! Je ne connaissais Patricia Wentworth que de nom, et pensait qu'elle nous était contemporaine
et situait ses romans dans l'Angleterre des années 40...
En réalité, Patricia Wentworth écrivait à la même époque qu'Agatha Christie, et a même imaginé,
quelques années avant la reine du polar et avec Miss Maud Silver, le prototype du armachair detective, dont Miss Marple est le plus célèbre exemple ...
Revenons en à Un pas de trop, roman policier qui met en scène le deuxième détective de l'auteur, Frank Abbott.

Lucas Dale est un homme sûr de lui, immensément riche, et heureux propriétaire de King's Bourne, une magnifique demeure dans la campagne anglaise. Bien décidé à épouser Susan Lenox, dont la famille possédait la propriété, Lucas Dale tente par tous les moyens de séduire la belle, déjà fiancée à un autre.
Lorsque le riche propriétaire est retrouvé dans son bureau avec une balle dans la nuque, un terrible constat s'impose : il a été assassiné !
L'inspecteur Lamb de Scotland Yard, aidé du jeune inspecteur Abbott, est dépêché sur place pour mener l'enquête. Curieusement, personne ne semble avoir entendu quoi que ce soit dans la maison...

Roman policier bien ficelé, avec une intrigue classique, certes, mais bien menée. Un très bon moment de lecture, pour ceux qui adhèrent au charme paisible de la campagne anglaise et à ses histoires retorses. Un meurtre étrange, des passions humaines, un village où rien ne reste privé bien longtemps.
Les personnages sont bien esquissés et permettent une identification certaine, malgré la méfiance du lecteur.
Patricia Wentworth nous entraîne avec brio dans cette intrigue, laissant planer une atmosphère de soupçon sur chacun des personnages, et donnant au lecteur l'impression d'être épié par les commères du village, dissimulées derrière leurs rideaux.
Un huis-clos intrigant, où aucun des personnages n'est véritablement ce qu'il paraît et où chaque mensonge aide un peu plus le meurtrier à se dissimuler.
Les langues se délient difficilement, au prix de bien des sacrifices, et les masques tombent au fur et à mesure afin que la vérité soit mise au jour.

Bref, un excellent moment de lecture qui m'incite à m'intéresser de plus près à cette auteure prolifique, bien connue Outre-Manche. Merci beaucoup Caro pour cette découverte ! Je vais essayer de trouver les enquêtes de Miss Silver maintenant, pour chercher les similitudes avec cette chère Miss Marple !

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