Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

13 octobre 2013

Le Prince de la brume, Carlos Ruiz Zafón

Le Prince de la Brume, ZafonLe Prince de la brume est le premier roman de l'auteur barcelonais Carlos Ruiz Zafón, connu notamment pour sa trilogie Les livres oubliés. Paru en 1993 en espagnol, Le Prince de la brume dut attendre 2011 et le succès du roman L'Ombre du Vent pour paraître en français chez Robert Laffont.

Angleterre, été 1943. Les Carver fuient la guerre et se réfugient sur la côte Atlantique. Maximilian, horloger de son état, a acheté pour sa famille une maison au bord de la plage.
Pour Max, treize ans, ce déménagement est un drame. En fuyant la ville, sa famille le prive de son microcosme adolescent et de son équilibre fragile. Mais une fois sur place, le jeune garçon découvre très vite une autre vie. En compagnie de Roland, un jeune du village, Max découvre les lieux. Et la vieille maison achetée par son père n'est pas exempte de rumeurs. Quant au jardin de statues que Max aperçoit de sa chambre, il lui fait froid dans le dos. Que s'est-il réellement passé avec les précédents locataires ? Pourquoi semble-t-il régner un malaise autour d'un naufrage survenu en 1918 ? Et quelle est cette ombre qui rôde autour de la maison ?

J'ai découvert Zafón avec L'Ombre du Vent, comme bon nombre de lecteurs francophones. Et si je n'ai pas poursuivi la lecture de cette trilogie (allez savoir pourquoi), j'ai eu envie de découvrir les premiers romans de l'auteur.
On retrouve dans Le Prince de la brume ce qui fait le charme de Zafón : un soin tout particulier apporté aux descriptions, des lieux nimbés d'une aura mystérieuse à souhait, des personnages fragiles à la psychologie léchée.
Si l'intrigue semble facile de prime abord, Zafón parvient, en 187 pages, à lui donner une  atmosphère singulière. Le fantastique rôde, et le lecteur dévore les pages pour savoir si l'intrigue va y basculer ou non. Les événements se succèdent et l'étau se ressère autour des personnages adolescents. Le suspense croît au fil des pages et la tension monte progressivement.  Zafón excelle en la matière !
En un mot, Le Prince de la brume porte en lui tous les ingrédients propres aux romans de Zafón. Comme s'il en était un prélude. Une sorte d'avant-goût assez court. A découvrir, donc, si vous êtes, comme moi, sous le charme de cet auteur espagnol.

Première participation au Challenge Halloween chez Lou et Hilde

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20 août 2013

Miss Marple au Club du Mardi, Agatha Christie vue par Martin Parr

Miss Marple au Club du MardiOn ne présente plus la Reine du crime, cela s'entend. Mais lorsque les Éditions du Masque demandent au photographe britannique Martin Parr d'illustrer la bibliothèque idéale de la grande dame, le résultat est pour le moins étonnant. Cinq des plus grands titres d'Agatha Christie sont ainsi sortis en mai 2013 illustrés, en couverture et en quatrième de couverture, par deux photos issues de la série Common Sense de l'artiste réputé pour son oeil critique sur la société britannique. Cinq petits bijoux grinçants qui rendent hommage aux oeuvres de la Reine du crime et cinq autres à venir en novembre.

Miss Marple au Club du mardi est un recueil de treize nouvelles mettant en scène le armachair detective éponyme imaginé par Agatha Christie. Tous les mardis soirs, Jane Marple et cinq de ses amis se penchent sur des affaires non résolues, des enquêtes insolubles et retorses qui ont laissé derrière elles un goût d'inachevé. Et les six protagonistes réunis, en alliant leurs modes de réflexion et d'analyse, vont réussir là où les plus brillants enquêteurs ont échoué.

J'adore Agatha Christie, vous le savez, et j'aime me plonger, à intervalles réguliers, dans un de ses romans. Si durant de longues années j'ai eu une nette préférence pour Hercule Poirot, l'agaçant et omniscient détective belge, j'ai découvert il y a quelques temps que le personnage de Miss Marple avait un caractère attachant et que ses enquêtes ne possédaient pas moins de piquant. 
Les treize enquêtes présentées ici mettent en scène le pire de l'être humain : mensonges, manipulations, usurpations d'identité, rien n'arrête les meurtriers dépeints ici pour parvenir à leurs desseins et c'est grâce à l'ingéniosité de Miss Marple et de ses convives que les masques tombent et que la vérité éclate. Les nouvelles se succèdent et avec elles l'envie, à chaque fois, de démasquer le coupable avant le célèbre Club du mardi.  
La Reine du crime fait mouche à chaque coup et rares sont les nouvelles dans lesquelles j'ai entraperçu une once de vérité. L'esprit retors des meurtriers l'est décidément trop pour l'intègre lectrice que je suis. Mais le plaisir est là. Et c'est l'essentiel. Et ma bibliothèque est ravie d'accueillir ce bel objet.

 

British Mysteries

Quid ? Le Challenge British Mysteries organisé par Lou et Hilde

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Voici ma troisième participation au Challenge British Mysteries organisé par Lou et Hilde.

Lou et Hilde

Un grand merci à Anne et aux  pour ce recueil de nouvelles.

                         

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30 juin 2013

Une journée à Canterbury

Habiter en région parisienne comporte beaucoup d'avantages, certes, mais aussi beaucoup d'inconvénients. Si vous me connaissez un tant soit peu ou que vous me lisez occasionnellement, vous n'avez pas pu passer à côté de mes protestations diverses quant à ma vie parisienne...
Mais force est de reconnaître que lorsqu'on aime voyager, Paris offre beaucoup d'avantages : aéroports internationaux desservant toutes les destinations probables et improbables, prix défiant toute concurrence, vols directs, etc. Et surtout, la possibilité, en une journée, d'aller faire un périple de l'autre côté de la Manche. C'est ce que j'ai fait hier...

Une journée à Canterbury !

Après un périple en bus, un passage par le Shuttle, nous sommes arrivés dans la paisible et mignonne ville de Canterbury, au sud de l'Angleterre, célèbre pour sa cathédrale, l'une des plus anciennes églises chrétiennes du pays. Partiellement détruite en 1942 par les bombardements, elle fut restaurée et la ville accueille aujourd'hui plus d'un million de visiteurs par an.

 

        

1h30 de visite pour arpenter les dédales du lieu, classé au Patrimoine Mondial de l'Humanité. La Crypte, lieu de recueillement et de prière, est un petit bijou (mais vous ne la verrez pas ici : les photos sont interdites pour respecter le recueillement).

La Cathédrale est tristement célèbre car elle fut le théâtre de l'assassinat de l'Archevêque Thomas Becket, le 29 décembre 1170. Cet épisode fait de la cathédrale un des lieux de pélerinage les plus importants au monde.

Le cloître de la cathédrale, magnifique et extrêment bien conservé.

 La Cathédrale est également célèbre pour ses vitraux, datant des 12e et 13e siècles.

Mais Canterbury, c'est aussi une petite ville pavée très agréable pour se balader. Hier, nous avons eu la chance d'avoir un temps estival très agréable et nous en avons bien profité !

Un café à la déco sympa : observez les théières et les tasses suspendues dans la vitrine !

A droite, une boutique avec des gâteaux typiquement anglais : plein de colorants, de décors en pâte de sucre, de glaçages improbables, etc. Si nous n'avons finalement pas craqué, c'est que notre fish&chips du midi a su remplir notre estomac comme il se doit !

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La ville regorge d'enseignes en harmonie avec les vieilles demeures et les façades anciennes. Un peu plus, et on croirait vraiment que le temps s'est arrêté... Comme vous le remarquez, je n'ai pas pu m'empêcher de rentrer dans cette boutique de couture, mon nouveau dada !

 
Les canaux de la ville, qui permettent de voir la ville autrement. Un petit air de Bruges, non ?
A droite, le pub The Parrot, réputé pour sa cuisine traditionnelle.
 

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La bibliothèque et la place centrale, en face du porche de la Cathédrale.

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Un jardin municipal qui condense tout le charme de l'Angleterre actuelle à mes yeux : les briques rouges, le fer forgé, les lampadaires traditionnels et les cabines téléphoniques.

A droite, une des nombreuses façades historiques de la ville.

                                                                                Tasse anglaise mois de l'année JuneTasse anglaise mois de l'année JuneTasse anglaise mois de l'année June

Une bien belle journée, partagée à deux. Une petite ville très agréable pour se perdre dans le dédale de ses ruelles médiévales. Une douce ambiance estivale et un charme british qui me séduit à chacune de mes visites anglaises. Bref, une journée de rêve.
 

Et voici ma seconde et dernière participation au Mois anglais de Lou et Titine !

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26 juin 2013

Toute passion abolie, Vita Sackville-West

Toute passion abolie, Vita Sackville-WestToute passion abolie est une oeuvre de la poétesse et romancière anglaise Vita Sackville-West (1892-1962) parue en 1931. Celle qui fut la maîtresse de Virginia Woolf laisse derrière elle une oeuvre importante et fut plusieurs fois récompensée pour celle-ci.

A la mort de son époux, Lady Slane prend une décision importante : elle décide de s'installer seule, dans une petite maison repérée des années auparavant et de cesser d'être cette femme soumise et silencieuse que tous ont connue. Pour les enfants de cette octogénaire, leur mère est incensée. Mais Lady Slane décide de faire fi du qu'en-dira-t-on et de terminer ses jours au calme, loin de toute agitation mondaine.

Toute passion abolie est un roman court qui propose une réflexion intéressante sur la vieillesse, d'une part, et les choix d'une vie de l'autre.
En refaisant revivre le passé de Lady Slane à travers l'évocation de souvenirs, la romancière offre un regard singulier sur la vie de son héroïne. Cette dernière n'a pas eu le loisir de choisir sa vie et son existence aisée est allée à l'encontre de ses désirs artistiques. C'est une autre époque qui est décrite ici, une époque régie par des codes sociaux très stricts et dans laquelle les femmes disposaient d'un droit infime par rapport à leurs maris.
C
ette retraite retirée de toute vie sociale et du faste superficiel dans lequel baignent ses enfants permet à Lady Slane de se livrer à une introspection purificatrice de cette vie contrainte.

Avec une plume acérée, Vita Sackville-West dresse une galerie de personnages savoureux. Des enfants de Lady Slane, intéressés et bourrés de défauts, aux vieux messieurs qui font la cour de façon platonique à l'héroïne, les personnages de ce roman sont vibrants de réalisme.
Ode à la vie simple d'une vieillesse assumée, Toute passion abolie est une lecture apaisante, un roman introspectif qui se permet toutefois un pied de nez conclusif tout à fait intéressant.  
Et si, comme moi, vous craquez sur cette édition illustrée par Christian Lacroix, rendez-vous sur la chronique où je détaille le fabuleux coffret inédit consacré aux héroïnes de la littérature, illustré par le couturier.

D'autres avis : Anne, Kathel, L'Irrégulière, Lou, etc.

Enfin une participation au Mois anglais (mieux vaut tard que jamais...) de Lou et Titine et ma lettre S pour le Challenge ABC critiques de Babelio.

Challenge ABC Babelio

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06 juin 2013

Un crocodile sur un banc de sable, Elizabeth Peters

P1060748Un crocodile sur un banc de sable est un roman de l'écrivain américain Barbara Michaels, écrivant sous le pseudonyme d'Elizabeth Peters, paru en 1975. C'est le premier tome de la série consacrée aux grandes heures de l'égyptologie mettant en scène Amelia Peabody et qui compte aujourd'hui dix-huit tomes.

Héritière de la fortune de son père, l'anglaise Amelia Peabody décide de profiter de son temps pour voyager. Passionnée par l'antiquité, la jeune femme commence son périple par Rome, où elle rencontre la jeune Evelyn Barton-Forbes. Elle engage cette dernière comme dame de compagnie et s'envolent toutes deux pour l'Egypte. Sur place, elles rencontrent les frères Emerson qui mènent des fouilles archéologiques malgré leur peu de moyens. Lorsqu'une momie est découverte sur le chantier et disparaît le lendemain, les quatre anglais décident de mener l'enquête.

J'aime beaucoup l'époque des grandes découvertes archéologiques et j'avais envie de revivre l'effervescence qui s'est emparée de l'Angleterre au début du XXe siècle face aux vestiges égyptiens. Et pour moi, les vacances d'été sont souvent propices à la lecture de romans policiers historiques. Bon, je ne suis pas encore en vacances, mais l'été frappe à la porte ces derniers jours. Un crocodile sur una banc de sable, Elizabeth Peters
Avec Un crocodile sur un banc de sable, disons le tout de suite, Indiana Jones n'est pas loin. Ce roman, classé policier, a tout d'un roman d'aventure qui se déroule en Egypte. Amelia et ses trois comparses se lancent à la poursuite d'un pilleur de tombes, les péripéties de multiplient, les adversaires sont multiples et armés, la nuit est propice à tous les incidents, et l'étau se resserre progressivement.
L'intrigue policière n'est vraiment pas le plus important dans ce livre (j'ai découvert le dénouement à la moitié du roman tant la liste des suspects est maigre, c'est dire) ; mieux vaut l'ouvrir pour se plonger dans un décor suranné, aux côtés d'anglais passionnés par les vestiges. La romance qui éclôt offre une touche de sentimentalisme qui annonce la série à venir.

Mais force est de reconnaître que ce roman permet de se plonger dans cette période et d'en voir certains aspects. Grâce aux frères Emerson, le lecteur découvre ainsi les démarches administratives et les concurrences qui existaient à cette époque entre les grands archéologues. Se pose aussi la question de la légitimité de ces fouilles et du rapatriement des objets découverts dans les pays financeurs des opérations.
Un roman policier un peu léger donc, mais qui plaira à qui veut rêver de découvertes archéologiques, de soirées chaudes au milieu du désert, de tombeaux scellés depuis des milliers d'années... Bref, moi en somme. Et je vais continuer avec plaisir cette série !
D'autres avis : Claire, Neph, etc.

Et trois nouvelles avancées dans les challenges auxquels je participe :

  • 3/10 au Challenge Polar historique chez Samlor.
  • 2/10 pour le Challenge Voyage dans l'Egypte antique que j'organise (par ici les infos !)
  • Ma lettre P au Challenge ABC de Babelio.   

v h okl

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23 avril 2013

La mort s'invite à Pemberley, P.D. James

P1060314La mort s'invite à Pemberley est le dernier roman de  la britannique Phyllis Dorothy James alias P.D. James, paru en 2011 en langue anglaise avant d'être traduit en français chez Fayard en 2012 .

P.D. James a fait le choix audacieux de faire un pastiche du célèbre Orgueil et Préjugés de Jane Austen. L'intrigue se situe après la fin du roman originel. Elizabeth Bennet a épousé M. Darcy. Ensemble, ils ont eu deux enfants. Leur bonheur semble total. Le roman s'ouvre à la veille du célèbre bal donné à Pemberley, la demeure familiale. Mais cette dernière est le théâtre d'un crime affreux commis en pleine nuit dans le parc.

La mort s'invite à Pemberley est le premier roman que je lis de la grande dame du roman policier. P.D. James, un grand nom à découvrir, c'est évident... Ou à redécouvrir, à défaut d'avoir apprécié ce livre ! Comme d'ordinaire, lorsqu'un rendez-vous avec une oeuvre est manqué, je ne vous fais pas languir.
La magie n'a pas opéré avec ce titre. Pas une seule seconde. Si j'ai apprécié l'oeuvre d'Austen, je n'ai absolument pas réussi à me glisser dans l'intrigue de P.D. James. Des lourdeurs la parsèment, dès les premières pages qui résument Orgueil et Préjugés, et ne quittent pas le roman. Les personnages sont grossièrement dépeints et leurs relations semblent artificielles.
L'intrigue policière, quant à elle, se met en place rapidement mais souffre d'une lenteur qui n'augure rien de bon. Les témoins se succèdent, les redites dans les dialogues aussi, puis le procès surgit sans qu'à aucun moment le lecteur n'ait le loisir de se poser en enquêteur. C'est à peine si le meurtre distille une once de piment à ce roman. Le dénouement apporte une touche de rebondissements mais bien trop tard pour que ce roman ne trouve grâce à mes yeux.
L'ironie et la critique sociale que j'avais tant appréciées chez Jane Austen ont disparu ici au profit de badinages. La condition féminine, sujet central des oeuvres d'Austen, subit dans ce roman d'importants anachronismes. Un pastiche n'est pas aisé et rares sont les auteurs qui ont su se glisser dans les pas d'un autre en se faisant oublier. P.D. James échoue ici, égrenant dans ses pages une touche contemporaine préjudiciable à l'ensemble.
Une rencontre ratée, vous l'aurez compris. Mais je ne m'avoue pas vaincue et découvrirai P.D. James avec d'autres oeuvres.

D'autres avis : Cynthia, PetiteFleurYuko, etc.

Ce roman me permet d'avancer dans deux de mes challenges :

c'est ma deuxième participation au Challenge British Mysteries de Lou et Hilde

et la lettre J de mon Challenge ABC organisé par Babelio.

British Mysteries   Challenge ABC Babelio

 

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13 mars 2013

La Dame en blanc, Wilkie Collins

La dame en blanc, Wilkie CollinsLa Dame en blanc est, avec Pierre de Lune, l'une des oeuvres les plus connues du romancier britannique Wilkie Collins. Ce contemporain et ami de Dickens, s'il connut un certain succès lors de la parution de ses romans, resta néanmoins longtemps oublié des lecteurs francophones. Publié en 1860, La Dame en blanc est considéré aujourd'hui comme précurseur du roman policier.

Londres, époque victorienne. Walter Hartright, jeune professeur de dessin, est engagé pour enseigner cet art à deux jeunes filles, Marian et Laura, dans la belle demeure de Limmeridge House. Loin de Londres, dans cet endroit bucolique, le jeune homme tombe vite sous le charme de la blonde et frêle Laura. Mais il ne sait pas qu'elle est déjà fiancée pour honorer le dernier souhait de son père. Éperdu d'amour, Walter renonce à son bonheur et part en Amérique. Mais durant son absence, Laura, tout juste mariée, tombe entre les mains de son odieux mari, Sir Percival, et de son ami italien, le Comte Fosco.

Éblouissant par sa construction narrative, La Dame en blanc est un roman haletant à l'intrigue diablement inventive.
Wilkie Collins distille au fil des pages quelques indices de ce qui se trame sans jamais laisser au lecteur le soin de comprendre où il veut en venir. On comprend très vite que la délicate Laura et son mari ne s'entendent pas et que ce dernier en veut à son héritage, mais une fois que l'on a l'impression de déceler les dessous de l'intrigue, Wilkie Collins, tel un magicien, sort une à une les cartes de sa manche. Et autant vous le dire tout de suite : bien malin celui qui verra clair dans son jeu.
Son intrigue, labyrinthique au possible, est prise en charge à tour de rôle par plusieurs narrateurs. Le procédé - qu'il reprendra dans Pierre de Lune - permet une dynamique certaine au roman et place la question de la vérité au centre des préoccupations. Chaque personnage doit en effet, tel un document juridique accablant, raconter ce qu'il a vu des événements selon son point de vue. Cette quête de vérité permet au romancier de passer outre certains détails de l'intrigue - le personnage prenant alors en charge la narration explique leur inutilité quant à l'affaire pour laquelle il témoigne -, tout en introduisant insidieusement des paroles que le lecteur sait fausses, non par mensonge, mais par naïveté, voire duperie. C'est fort, très fort !
Trois époques se succèdent, et avec elles son lot de personnages qui a assisté à certains détails de cette histoire retorse.
Le dénouement apporte toute la clarté et révèle au lecteur impuissant une machination incroyablement efficace.

Magistral, comme chaque oeuvre de Collins que je découvre. La légende dit que son ami Dickens jalousait ses oeuvres. Et je comprends pou
Lectures communesrquoi ! Un auteur à connaître, et à faire connaître largement.

Une lecture commune pour laquelle je suis éhontément en retard (pensez donc : ce billet aurait dû paraître le 31 janvier...). Mon acolyte de toujours, CottageMyrtille a eu la gentillesse de m'attendre pour publier son billet. Un grand merci !

D'autres avis sur ce roman : Alex-Mot-à-MotsAntigone, Karine:), Lounima, Manu, Mazel, Miss Alfie, Sabbio, Stellade, Yoshi73, etc.

Une lecture qui me permet d'avancer dans quatre de mes challenges (je vous avais dit que j'étais raisonnable...) :

British Mysteries Challenge ABC Babelio Thursday Next

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21 février 2013

Agatha Christie, la romance du crime, François Rivière

Agatha Christie, la romance du crimeAgatha Christie la romance du crime est un livre paru en octobre 2012 chez la Martinière. Son auteur, François Rivière, a écrit plusieurs biographies - Enid Blyton, J.M. Barrie, etc.- avant de s'attaquer à cette grande dame qu'est Agatha Christie.

Tout le monde connaît, à travers ses oeuvres, celle que l'on surnommait la Reine du crime. Mais connaissez-vous réellement celle qui préférait qu'on l'appelle la Duchesse de la Mort ? Cette petit fille seule, qui grandit dans le Devon et souffre du décès de son père alors qu'elle n'a que onze ans ; qui passa une partie de sa jeunesse à Paris, espérant devenir chanteuse, avant de revenir en Angleterre, supporter l'effort de guerre en étant infirmière et en maniant des poisons à longueur de journée ? Cette jeune épouse, tout juste mariée à Archibald Christie, qui voit son mariage voler en éclat à cause d'un adultère, qui divorce et se plonge dans l'écriture avant de rencontrer l'archéologue Max Mallowan, qui deviendra son second mari ? Enfin, cette romancière talentueuse, qui sut s'imposer face aux critiques et devint mondialement célèbre avec Hercule Poirot ?

Ce très beau livre, trouvé miraculeusement sous le sapin de Noël, est une petite merveille, tant sur le fond que pour la forme. C'est avant tout un très bel objet : un grand livre imprimé sur un épais papier mat qui permet un beau rendu des photos et illustrations qui s'égrènent au fil des pages. Un beau livre à manipuler avec attention et qui réserve bien des surprises à son lecteur : photos inédites de la romancière, couvertures originelles de ses romans, photos de ses maisons, de l'île qui lui inspira l'île des Dix petits Nègres... et même des cartes postales, à la fin !
Mais c'est également une biographie très complète de la célèbre romancière, qui présente non seulement son statut de romancière mais également les aléas de sa vie privée. Le décès de son père, qui a marqué son enfance, mais aussi ses mariages malheureux, son manque d'affection pour sa fille ainsi que sa passion pour l'écriture qui, petit à petit, a grignoté sur sa vie privée. On suit la vie de cette femme d'exception, capable d'écrire un roman en trois jours et de suivre son époux sur des chantiers de fouilles archéologiques et de servir d'assistante. François Rivière maîtrise son sujet (il n'en est pas à sa première biographie sur la grande dame) et nous brosse ici le portrait de cette femme incroyable que tout le monde connaît... sans vraiment la connaître !

Dévoré en trois jours, ce livre fait partie de ces lectures qui vous hantent une fois terminé. Comme si le fantôme d'Agatha Christie se tenait à côté de moi, pendant que je tape sur mon clavier...

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22 janvier 2013

British Mysteries by Lou & Hilde

British MysteriesComment résister à ce nouveau Challenge ? 
Lou et sa compère Hilde en sont à l'origine.

Le principe ? Un bond dans le passé pour enquêter aux côtés des meilleurs limiers britanniques et irlandais.

Où ? En Angleterre, en Ecosse, au Pays de Galles et en Irlande (du Nord et du Sud). 

Quand ? Des origines de la délicieusement perfide Albion jusqu'à l'entre-deux-guerres.

Quoi ? Toute enquête de type histoire policière, mais aussi les histoires à suspense autour d'un mystère à résoudre.

Pour plus d'information, rendez-vous chez Hilde et/ou Lou !

 

Petit aperçu des titres de ma PAL qui entrent dans le cadre de ce challenge (histoire de me justifier...)

La dame en blanc, Wilkie Collins La mort s'invite à Pemberley, P Que le spectacle commence ! Ann Featherstone L'oncle Silas, Le Fanu Ma cousine Rachel, Daphné du Maurier

Une cup of tea, et c'est parti !
Le temps est de saison pour se plonger dans ce challenge, n'est-il pas ?

 

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16 novembre 2012

La maison aux trésors : les petits secrets d'une maison d'autrefois, Jemima Pipe et Maria Taylor

La maison aux trésorsLa maison aux trésors est un album pop-up écrit par Jemima Pipe et illustré par Maria Taylor, paru chez Tourbillon en novembre 2012.

Londres, 1888. Au 51 avenue Orchard, dans une belle demeure, vit la famille Sullivan et ses domestiques. Entrez, entrez, curieux lecteur, dans cette maison toute rose, et venez découvrir comment vivait une famille aisée à la fin du XIXe siècle. Venez découvrir son quotidien, ses loisirs et ses habitudes. Glissez-vous par la porte, et entrez dans la maison des Sullivan !

Vous qui passez sur ce blog, égaré ou non, sachez que si vous cherchez un cadeau pour Noël (ne mentez pas, vous n'avez pas déjà tout acheté !), ce pourrait bien être cette petite merveille d'album !  
Voilà un livre intelligent et très bien fait. Non seulement il propose d'expliquer aux enfants la vie quotidienne d'une famille londonienne à la fin du XIXe siècle,  mais en plus la forme choisie est réellement ludique. Les différents volets à soulever dans chacune des pièces dévoilent de nouveaux objets et aiguisent l'attention du petit lecteur. Car la lecture de La maison aux trésors est loin d'être passive. Le lecteur doit observer chaque pièce et résoudre trois énigmes :

* découvrir ce qui fait un bruit étrange dans la maison
* retrouver l'objet égaré par Mme Sullivan
* désigner les deux objets anachroniques dans chaque pièce.

De la cuisine au grenier en passant par le salon, la salle de bain ou encore les chambres, la maison regorge de trésors et d'explications. On y apprend ainsi que certaines familles avaient un hérisson dans la cuisine pour les débarasser des insectes, que les cintres n'existaient pas ou encore que le savon servait aussi bien à se laver qu'à faire la lessive ! 
Pour ma part, et bien que je sois un tantinet plus âgée que le lectorat visé par cet album, j'ai pris un plaisir régressif à le découvrir, à soulever chacun des volets et à chercher les objets anachroniques tout en apprenant bien des choses sur la vie quotidienne de cette époque. Les dessins détaillés et les couleurs douces font de cet album une lecture apaisante et chaleureuse. Et puis, encore une fois, La vie mode d'emploi de Perec n'est pas loin ! 
Un album que j'aurais adoré découvrir vingt ans plus tôt (ça fait mal de dire ça... Les années passent, c'est indéniable !) J'aurais passé beaucoup de temps à dessiner ma maison aux trésors en m'inspirant des illustrations de celle-ci. A offrir donc, à des enfants dès 7-8 ans, pour les faire rêver un peu.

Un grand merci à Pauline et aux Editions siteon0_130x51 pour cette découverte.

L'avis de Jérôme sur cet album.

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