Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

13 mars 2014

La malédiction des pharaons, Elizabeth Peters

La malédiction des pharaons, Elizabeth PetersLa malédiction des pharaons est un roman de l'américaine Elizabeth Peters, paru en 1981. Second tome de la série policière consacrée aux grandes heures de l'égyptologie écrite par la romancière, il met en scène Amélia Peabody et son mari Emerson, passionnés d'égyptologie.

L'intrépide Amélia et le fougueux Emerson se sont rencontrés dans le premier tome. Ils se sont détestés... mais nous les retrouvons mariés au début de ce roman. Parents d'un petit Ramsès, le couple a décidé de s'installer en Angleterre et de laisser de côté l'Egypte et ses mystères.    
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ais très vite, l'appel de l'aventure se fait sentir. Une sépulture inconnue découverte dans la Vallée des Rois, la mort de l'archéologue à l'origine de cette découverte et la disparition de son assistant, titillent la curiosité d'Amélia. Et lorsque la très jolie veuve de l'archéologue vient supplier Emerson de poursuivre les recherches, le couple ne tient plus et s'envole vers Louxor.

Qu'il est bon de suivre le duo formé par Amélia et son mari à Louxor et tenter en leur compagnie de percer le mystère de cette sépulture inconnue ! Avec ce deuxième tome, Elizabeth Peters, elle-même égyptologue reconnue, entraîne une nouvelle fois son lecteur dans l'effervescence des découvertes archéologiques du début du siècle dernier.
Les descriptions des lieux sont soignées et permettent une immersion délectable dans cette époque. La part belle est laissée aux vestiges archéologiques et aux détails historiques, le tout porté par un duo de personnages à la fois drôle et grinçant.     
Et si l'intrigue policière souffre parfois de quelques faiblesses ou que certains personnages tendent à être parfois un brin caricaturaux, l'ensemble reste très plaisant et promet une belle détente.      
Laissez-vous séduire par Amélia et Emerson. Laissez-les vous entraîner sur les berges du Nil, dans la moiteur du soleil égyptien, et vous faire partager leur passion des découvertes archéologiques. 
 

  • 4/10 au Challenge Polar historique  organisé par Samlor et repris par Sharon.
  • 3/10 pour le Challenge Voyage dans l'Egypte antique que j'organise (toutes les infos ici)

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22 janvier 2014

Le puits des histoires perdues, Jasper Fforde

Le puits des histoires perduesLe puits des histoires perdues est le troisième tome de la série Thursday Next imaginée en 2001 par l'écrivain britannique Jasper Fforde, paru en 2006 en France chez Fleuve Noir.

La détective littéraire Thursday Next n'a jamais droit à une minute de repos ! Alors qu'elle luttait il y a peu contre la multinationale Goliath, la jeune femme est désormais contrainte de se cacher dans un livre pour éviter ceux qui désirent sa perte. 
Recluse dans Les Hauts de Caversham, un navet jamais publié, la jeune femme, enceinte d'un homme éradiqué par Goliath, essaie de se reposer durant sa grossesse. Mais ça serait sans compter la mission qui lui a été confiée dans le puits des histoires perdues, une bibliothèque qui regroupe toutes les histoires jamais publiées.

Lire un roman de Jasper Fforde, c'est plonger dans un univers barré dans lequel perdre ses repères est essentiel pour apprécier le texte. Le puits des histoires perdues ne déroge pas à cette règle, bien au contraire. Ce troisième tome de la série est une sorte de condensé de loufoqueries et de fantaisie et si Jasper Fforde ne perd jamais son lecteur, bien habile celui qui saura dire où il veut l'emmener. 
En apparence, l'intrigue est simple : Thursday se replie dans un livre pour attendre tranquillement la fin de sa grossesse. Ça, c'est l'intrigue principale, le pourquoi du comment, et la disparition de Landen, son mari, le fil conducteur de la série. Se greffe à ça une foultitude d'intrigues et de personnages secondaires qui offrent au roman un aspect totalement déjanté. Thursday se retrouve embringuée contre son gré dans de nombreuses aventures qui finissent toutes par se rejoindre. Et c'est là que Jasper Fforde excelle. Malgré l'aspect labyrinthique de ses oeuvres et les nombreuses mises en abyme, la cohérence demeure. 
Jasper Fforde poursuit son hommage à la littérature anglaise en truffant son roman de références et d'intertextualités. Cette érudition contraste avec la dinguerie de l'intrigue et semble là pour la contrecarrer et prouver au lecteur, s'il en doutait, que l'auteur maîtrise son sujet et s'amuse de la littérature pour mieux lui rendre hommage et s'interroger.
Encore une lecture truculente, aussi barrée que la couverture du poche chez 10/18, comme d'ordinaire très représentative. A découvrir d'urgence, cela s'entend. Et pour ceux qui n'ont toujours pas sauté le pas d'ouvrir le premier tome, je ne sais vraiment pas ce que vous attendez...

Voilà une nouvelle lecture à inscrire dans The Thursday Next Challenge d'Alice.

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16 octobre 2013

Chapeau Melon & Bottes de cuir, Grant Morrison, Ian Gibson et Anne Caulfield

Chapeau Melon & Bottes de cuirChapeau Melon et Bottes de cuir trouve son origine dans deux séries TV britanniques : The Avengers, diffusée en France en 1961  et The New Avengers, diffusée en 1976. Adaptée en BD dès les années 1960, la série est à nouveau remise au goût du jour en 1991 grâce à une adptation en BD par Grant Morrison. C'est cette adaptation que les éditions Soleil réedite aujourd'hui, regroupant deux aventures de John Steed et Emma Peel : Le Jeu d'or et Arc-en-ciel mortel.

Le Jeu d'or : Tara King, la partenaire de John Steed, disparaît mystérieusement. Ce dernier, accompagné d'Emma Peel, se lance à sa recherche. Leurs soupçons se portent rapidement sur un étrange club très select où le jeu est roi.

Arc-en-ciel mortel : Alors qu'Emma Peel retrouve son mari après trois ans de séparation, elle est confrontée à un étrange phénomène : les habitants du paisible village de Pringle on sea semblent avoir disparu. Très vite, Emma et son mari sont attaqués par des Incas qui semblent atteints d'une malédiction. Steed se joint à eux pour résoudre ce mystère.

J'ai toujours aimé la série Chapeau Melon & Bottes de cuir. Le charme de l'Angleterre, des sixties, des séries d'espionnage, du fameux tandem Diana Rigg et Patrick Macnee... Bref, les arguments en faveur de cette série sont nombreux.
Et si je ne suis pas adepte des novélisations - adapter un film en livre, le plus souvent en roman - j'ai néanmoins été très curieuse de découvrir ce comics signé deux grands noms de la BD, Grant Morrison et Ian Gibson.
Et je n'ai pas été déçue. Les deux aventures présentées dans cet album sont très différentes mais elles permettent au duo d'enquêteurs de faire preuve de tout son talent et déjouer les pièges qu'il rencontre
Le Jeu d'or offre une galerie de personnages mégalo assez intéressante et l'intrigue, très bien ficelée, demeure assez classique. Vengeance et jalousie sont au coeur d'un gigantesque jeu démesuré, destiné à piéger Steed.
Arc-en-ciel mortel, pour sa part, plonge dès les premières pages dans le surnaturel avec la malédiction Inca qui s'abat sur le petit village où Emma Peel et son mari ont passé leur première nuit de noces.

Les dessins de Ian Gibson ont ceci d'intéressant qu'ils rendent hommage à l'univers de la série et à son époque. Les traits émaciés des personnages ainsi que le travail sur les ombres offrent un rendu superbe. Les planches sont très dynamiques et alternent les plans. Le rendu est très cinématographique et permet un clin d'oeil supplémentaire à la série originelle.
En clair, un album fidèle à la série dont il provient, très agréable à lire et servi par deux pontes de la BD, ce qui ne gâche rien, avouons-le.

Et voilà ma 58e participation à la de Mango et ma 47e au  Top BD des bloggueurs organisé par Yaneck (15/20).Top BD

Voici ma 56e participation à la BD du mercredi de Mango

Et ma 45e participation au Top BD des blogueurs

initié par Yaneck

Voici(note 18/20)Top BD

Top BD

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Voici(note 18/20)Top BD

Top BD

 

Voici(note 18/20)Top BD

Top BD

Un grand merci à Bénédicte et aux éditions pour cet album.

Planche 1 Planche 3

Planche 2

 

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13 octobre 2013

Le Prince de la brume, Carlos Ruiz Zafón

Le Prince de la Brume, ZafonLe Prince de la brume est le premier roman de l'auteur barcelonais Carlos Ruiz Zafón, connu notamment pour sa trilogie Les livres oubliés. Paru en 1993 en espagnol, Le Prince de la brume dut attendre 2011 et le succès du roman L'Ombre du Vent pour paraître en français chez Robert Laffont.

Angleterre, été 1943. Les Carver fuient la guerre et se réfugient sur la côte Atlantique. Maximilian, horloger de son état, a acheté pour sa famille une maison au bord de la plage.
Pour Max, treize ans, ce déménagement est un drame. En fuyant la ville, sa famille le prive de son microcosme adolescent et de son équilibre fragile. Mais une fois sur place, le jeune garçon découvre très vite une autre vie. En compagnie de Roland, un jeune du village, Max découvre les lieux. Et la vieille maison achetée par son père n'est pas exempte de rumeurs. Quant au jardin de statues que Max aperçoit de sa chambre, il lui fait froid dans le dos. Que s'est-il réellement passé avec les précédents locataires ? Pourquoi semble-t-il régner un malaise autour d'un naufrage survenu en 1918 ? Et quelle est cette ombre qui rôde autour de la maison ?

J'ai découvert Zafón avec L'Ombre du Vent, comme bon nombre de lecteurs francophones. Et si je n'ai pas poursuivi la lecture de cette trilogie (allez savoir pourquoi), j'ai eu envie de découvrir les premiers romans de l'auteur.
On retrouve dans Le Prince de la brume ce qui fait le charme de Zafón : un soin tout particulier apporté aux descriptions, des lieux nimbés d'une aura mystérieuse à souhait, des personnages fragiles à la psychologie léchée.
Si l'intrigue semble facile de prime abord, Zafón parvient, en 187 pages, à lui donner une  atmosphère singulière. Le fantastique rôde, et le lecteur dévore les pages pour savoir si l'intrigue va y basculer ou non. Les événements se succèdent et l'étau se ressère autour des personnages adolescents. Le suspense croît au fil des pages et la tension monte progressivement.  Zafón excelle en la matière !
En un mot, Le Prince de la brume porte en lui tous les ingrédients propres aux romans de Zafón. Comme s'il en était un prélude. Une sorte d'avant-goût assez court. A découvrir, donc, si vous êtes, comme moi, sous le charme de cet auteur espagnol.

Première participation au Challenge Halloween chez Lou et Hilde

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20 août 2013

Miss Marple au Club du Mardi, Agatha Christie vue par Martin Parr

Miss Marple au Club du MardiOn ne présente plus la Reine du crime, cela s'entend. Mais lorsque les Éditions du Masque demandent au photographe britannique Martin Parr d'illustrer la bibliothèque idéale de la grande dame, le résultat est pour le moins étonnant. Cinq des plus grands titres d'Agatha Christie sont ainsi sortis en mai 2013 illustrés, en couverture et en quatrième de couverture, par deux photos issues de la série Common Sense de l'artiste réputé pour son oeil critique sur la société britannique. Cinq petits bijoux grinçants qui rendent hommage aux oeuvres de la Reine du crime et cinq autres à venir en novembre.

Miss Marple au Club du mardi est un recueil de treize nouvelles mettant en scène le armachair detective éponyme imaginé par Agatha Christie. Tous les mardis soirs, Jane Marple et cinq de ses amis se penchent sur des affaires non résolues, des enquêtes insolubles et retorses qui ont laissé derrière elles un goût d'inachevé. Et les six protagonistes réunis, en alliant leurs modes de réflexion et d'analyse, vont réussir là où les plus brillants enquêteurs ont échoué.

J'adore Agatha Christie, vous le savez, et j'aime me plonger, à intervalles réguliers, dans un de ses romans. Si durant de longues années j'ai eu une nette préférence pour Hercule Poirot, l'agaçant et omniscient détective belge, j'ai découvert il y a quelques temps que le personnage de Miss Marple avait un caractère attachant et que ses enquêtes ne possédaient pas moins de piquant. 
Les treize enquêtes présentées ici mettent en scène le pire de l'être humain : mensonges, manipulations, usurpations d'identité, rien n'arrête les meurtriers dépeints ici pour parvenir à leurs desseins et c'est grâce à l'ingéniosité de Miss Marple et de ses convives que les masques tombent et que la vérité éclate. Les nouvelles se succèdent et avec elles l'envie, à chaque fois, de démasquer le coupable avant le célèbre Club du mardi.  
La Reine du crime fait mouche à chaque coup et rares sont les nouvelles dans lesquelles j'ai entraperçu une once de vérité. L'esprit retors des meurtriers l'est décidément trop pour l'intègre lectrice que je suis. Mais le plaisir est là. Et c'est l'essentiel. Et ma bibliothèque est ravie d'accueillir ce bel objet.

 

British Mysteries

Quid ? Le Challenge British Mysteries organisé par Lou et Hilde

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Voici ma troisième participation au Challenge British Mysteries organisé par Lou et Hilde.

Lou et Hilde

Un grand merci à Anne et aux  pour ce recueil de nouvelles.

                         

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30 juin 2013

Une journée à Canterbury

Habiter en région parisienne comporte beaucoup d'avantages, certes, mais aussi beaucoup d'inconvénients. Si vous me connaissez un tant soit peu ou que vous me lisez occasionnellement, vous n'avez pas pu passer à côté de mes protestations diverses quant à ma vie parisienne...
Mais force est de reconnaître que lorsqu'on aime voyager, Paris offre beaucoup d'avantages : aéroports internationaux desservant toutes les destinations probables et improbables, prix défiant toute concurrence, vols directs, etc. Et surtout, la possibilité, en une journée, d'aller faire un périple de l'autre côté de la Manche. C'est ce que j'ai fait hier...

Une journée à Canterbury !

Après un périple en bus, un passage par le Shuttle, nous sommes arrivés dans la paisible et mignonne ville de Canterbury, au sud de l'Angleterre, célèbre pour sa cathédrale, l'une des plus anciennes églises chrétiennes du pays. Partiellement détruite en 1942 par les bombardements, elle fut restaurée et la ville accueille aujourd'hui plus d'un million de visiteurs par an.

 

        

1h30 de visite pour arpenter les dédales du lieu, classé au Patrimoine Mondial de l'Humanité. La Crypte, lieu de recueillement et de prière, est un petit bijou (mais vous ne la verrez pas ici : les photos sont interdites pour respecter le recueillement).

La Cathédrale est tristement célèbre car elle fut le théâtre de l'assassinat de l'Archevêque Thomas Becket, le 29 décembre 1170. Cet épisode fait de la cathédrale un des lieux de pélerinage les plus importants au monde.

Le cloître de la cathédrale, magnifique et extrêment bien conservé.

 La Cathédrale est également célèbre pour ses vitraux, datant des 12e et 13e siècles.

Mais Canterbury, c'est aussi une petite ville pavée très agréable pour se balader. Hier, nous avons eu la chance d'avoir un temps estival très agréable et nous en avons bien profité !

Un café à la déco sympa : observez les théières et les tasses suspendues dans la vitrine !

A droite, une boutique avec des gâteaux typiquement anglais : plein de colorants, de décors en pâte de sucre, de glaçages improbables, etc. Si nous n'avons finalement pas craqué, c'est que notre fish&chips du midi a su remplir notre estomac comme il se doit !

P1060793 

La ville regorge d'enseignes en harmonie avec les vieilles demeures et les façades anciennes. Un peu plus, et on croirait vraiment que le temps s'est arrêté... Comme vous le remarquez, je n'ai pas pu m'empêcher de rentrer dans cette boutique de couture, mon nouveau dada !

 
Les canaux de la ville, qui permettent de voir la ville autrement. Un petit air de Bruges, non ?
A droite, le pub The Parrot, réputé pour sa cuisine traditionnelle.
 

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La bibliothèque et la place centrale, en face du porche de la Cathédrale.

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Un jardin municipal qui condense tout le charme de l'Angleterre actuelle à mes yeux : les briques rouges, le fer forgé, les lampadaires traditionnels et les cabines téléphoniques.

A droite, une des nombreuses façades historiques de la ville.

                                                                                Tasse anglaise mois de l'année JuneTasse anglaise mois de l'année JuneTasse anglaise mois de l'année June

Une bien belle journée, partagée à deux. Une petite ville très agréable pour se perdre dans le dédale de ses ruelles médiévales. Une douce ambiance estivale et un charme british qui me séduit à chacune de mes visites anglaises. Bref, une journée de rêve.
 

Et voici ma seconde et dernière participation au Mois anglais de Lou et Titine !

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26 juin 2013

Toute passion abolie, Vita Sackville-West

Toute passion abolie, Vita Sackville-WestToute passion abolie est une oeuvre de la poétesse et romancière anglaise Vita Sackville-West (1892-1962) parue en 1931. Celle qui fut la maîtresse de Virginia Woolf laisse derrière elle une oeuvre importante et fut plusieurs fois récompensée pour celle-ci.

A la mort de son époux, Lady Slane prend une décision importante : elle décide de s'installer seule, dans une petite maison repérée des années auparavant et de cesser d'être cette femme soumise et silencieuse que tous ont connue. Pour les enfants de cette octogénaire, leur mère est incensée. Mais Lady Slane décide de faire fi du qu'en-dira-t-on et de terminer ses jours au calme, loin de toute agitation mondaine.

Toute passion abolie est un roman court qui propose une réflexion intéressante sur la vieillesse, d'une part, et les choix d'une vie de l'autre.
En refaisant revivre le passé de Lady Slane à travers l'évocation de souvenirs, la romancière offre un regard singulier sur la vie de son héroïne. Cette dernière n'a pas eu le loisir de choisir sa vie et son existence aisée est allée à l'encontre de ses désirs artistiques. C'est une autre époque qui est décrite ici, une époque régie par des codes sociaux très stricts et dans laquelle les femmes disposaient d'un droit infime par rapport à leurs maris.
C
ette retraite retirée de toute vie sociale et du faste superficiel dans lequel baignent ses enfants permet à Lady Slane de se livrer à une introspection purificatrice de cette vie contrainte.

Avec une plume acérée, Vita Sackville-West dresse une galerie de personnages savoureux. Des enfants de Lady Slane, intéressés et bourrés de défauts, aux vieux messieurs qui font la cour de façon platonique à l'héroïne, les personnages de ce roman sont vibrants de réalisme.
Ode à la vie simple d'une vieillesse assumée, Toute passion abolie est une lecture apaisante, un roman introspectif qui se permet toutefois un pied de nez conclusif tout à fait intéressant.  
Et si, comme moi, vous craquez sur cette édition illustrée par Christian Lacroix, rendez-vous sur la chronique où je détaille le fabuleux coffret inédit consacré aux héroïnes de la littérature, illustré par le couturier.

D'autres avis : Anne, Kathel, L'Irrégulière, Lou, etc.

Enfin une participation au Mois anglais (mieux vaut tard que jamais...) de Lou et Titine et ma lettre S pour le Challenge ABC critiques de Babelio.

Challenge ABC Babelio

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06 juin 2013

Un crocodile sur un banc de sable, Elizabeth Peters

P1060748Un crocodile sur un banc de sable est un roman de l'écrivain américain Barbara Michaels, écrivant sous le pseudonyme d'Elizabeth Peters, paru en 1975. C'est le premier tome de la série consacrée aux grandes heures de l'égyptologie mettant en scène Amelia Peabody et qui compte aujourd'hui dix-huit tomes.

Héritière de la fortune de son père, l'anglaise Amelia Peabody décide de profiter de son temps pour voyager. Passionnée par l'antiquité, la jeune femme commence son périple par Rome, où elle rencontre la jeune Evelyn Barton-Forbes. Elle engage cette dernière comme dame de compagnie et s'envolent toutes deux pour l'Egypte. Sur place, elles rencontrent les frères Emerson qui mènent des fouilles archéologiques malgré leur peu de moyens. Lorsqu'une momie est découverte sur le chantier et disparaît le lendemain, les quatre anglais décident de mener l'enquête.

J'aime beaucoup l'époque des grandes découvertes archéologiques et j'avais envie de revivre l'effervescence qui s'est emparée de l'Angleterre au début du XXe siècle face aux vestiges égyptiens. Et pour moi, les vacances d'été sont souvent propices à la lecture de romans policiers historiques. Bon, je ne suis pas encore en vacances, mais l'été frappe à la porte ces derniers jours. Un crocodile sur una banc de sable, Elizabeth Peters
Avec Un crocodile sur un banc de sable, disons le tout de suite, Indiana Jones n'est pas loin. Ce roman, classé policier, a tout d'un roman d'aventure qui se déroule en Egypte. Amelia et ses trois comparses se lancent à la poursuite d'un pilleur de tombes, les péripéties de multiplient, les adversaires sont multiples et armés, la nuit est propice à tous les incidents, et l'étau se resserre progressivement.
L'intrigue policière n'est vraiment pas le plus important dans ce livre (j'ai découvert le dénouement à la moitié du roman tant la liste des suspects est maigre, c'est dire) ; mieux vaut l'ouvrir pour se plonger dans un décor suranné, aux côtés d'anglais passionnés par les vestiges. La romance qui éclôt offre une touche de sentimentalisme qui annonce la série à venir.

Mais force est de reconnaître que ce roman permet de se plonger dans cette période et d'en voir certains aspects. Grâce aux frères Emerson, le lecteur découvre ainsi les démarches administratives et les concurrences qui existaient à cette époque entre les grands archéologues. Se pose aussi la question de la légitimité de ces fouilles et du rapatriement des objets découverts dans les pays financeurs des opérations.
Un roman policier un peu léger donc, mais qui plaira à qui veut rêver de découvertes archéologiques, de soirées chaudes au milieu du désert, de tombeaux scellés depuis des milliers d'années... Bref, moi en somme. Et je vais continuer avec plaisir cette série !
D'autres avis : Claire, Neph, etc.

Et trois nouvelles avancées dans les challenges auxquels je participe :

  • 3/10 au Challenge Polar historique chez Samlor.
  • 2/10 pour le Challenge Voyage dans l'Egypte antique que j'organise (par ici les infos !)
  • Ma lettre P au Challenge ABC de Babelio.   

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23 avril 2013

La mort s'invite à Pemberley, P.D. James

P1060314La mort s'invite à Pemberley est le dernier roman de  la britannique Phyllis Dorothy James alias P.D. James, paru en 2011 en langue anglaise avant d'être traduit en français chez Fayard en 2012 .

P.D. James a fait le choix audacieux de faire un pastiche du célèbre Orgueil et Préjugés de Jane Austen. L'intrigue se situe après la fin du roman originel. Elizabeth Bennet a épousé M. Darcy. Ensemble, ils ont eu deux enfants. Leur bonheur semble total. Le roman s'ouvre à la veille du célèbre bal donné à Pemberley, la demeure familiale. Mais cette dernière est le théâtre d'un crime affreux commis en pleine nuit dans le parc.

La mort s'invite à Pemberley est le premier roman que je lis de la grande dame du roman policier. P.D. James, un grand nom à découvrir, c'est évident... Ou à redécouvrir, à défaut d'avoir apprécié ce livre ! Comme d'ordinaire, lorsqu'un rendez-vous avec une oeuvre est manqué, je ne vous fais pas languir.
La magie n'a pas opéré avec ce titre. Pas une seule seconde. Si j'ai apprécié l'oeuvre d'Austen, je n'ai absolument pas réussi à me glisser dans l'intrigue de P.D. James. Des lourdeurs la parsèment, dès les premières pages qui résument Orgueil et Préjugés, et ne quittent pas le roman. Les personnages sont grossièrement dépeints et leurs relations semblent artificielles.
L'intrigue policière, quant à elle, se met en place rapidement mais souffre d'une lenteur qui n'augure rien de bon. Les témoins se succèdent, les redites dans les dialogues aussi, puis le procès surgit sans qu'à aucun moment le lecteur n'ait le loisir de se poser en enquêteur. C'est à peine si le meurtre distille une once de piment à ce roman. Le dénouement apporte une touche de rebondissements mais bien trop tard pour que ce roman ne trouve grâce à mes yeux.
L'ironie et la critique sociale que j'avais tant appréciées chez Jane Austen ont disparu ici au profit de badinages. La condition féminine, sujet central des oeuvres d'Austen, subit dans ce roman d'importants anachronismes. Un pastiche n'est pas aisé et rares sont les auteurs qui ont su se glisser dans les pas d'un autre en se faisant oublier. P.D. James échoue ici, égrenant dans ses pages une touche contemporaine préjudiciable à l'ensemble.
Une rencontre ratée, vous l'aurez compris. Mais je ne m'avoue pas vaincue et découvrirai P.D. James avec d'autres oeuvres.

D'autres avis : Cynthia, PetiteFleurYuko, etc.

Ce roman me permet d'avancer dans deux de mes challenges :

c'est ma deuxième participation au Challenge British Mysteries de Lou et Hilde

et la lettre J de mon Challenge ABC organisé par Babelio.

British Mysteries   Challenge ABC Babelio

 

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13 mars 2013

La Dame en blanc, Wilkie Collins

La dame en blanc, Wilkie CollinsLa Dame en blanc est, avec Pierre de Lune, l'une des oeuvres les plus connues du romancier britannique Wilkie Collins. Ce contemporain et ami de Dickens, s'il connut un certain succès lors de la parution de ses romans, resta néanmoins longtemps oublié des lecteurs francophones. Publié en 1860, La Dame en blanc est considéré aujourd'hui comme précurseur du roman policier.

Londres, époque victorienne. Walter Hartright, jeune professeur de dessin, est engagé pour enseigner cet art à deux jeunes filles, Marian et Laura, dans la belle demeure de Limmeridge House. Loin de Londres, dans cet endroit bucolique, le jeune homme tombe vite sous le charme de la blonde et frêle Laura. Mais il ne sait pas qu'elle est déjà fiancée pour honorer le dernier souhait de son père. Éperdu d'amour, Walter renonce à son bonheur et part en Amérique. Mais durant son absence, Laura, tout juste mariée, tombe entre les mains de son odieux mari, Sir Percival, et de son ami italien, le Comte Fosco.

Éblouissant par sa construction narrative, La Dame en blanc est un roman haletant à l'intrigue diablement inventive.
Wilkie Collins distille au fil des pages quelques indices de ce qui se trame sans jamais laisser au lecteur le soin de comprendre où il veut en venir. On comprend très vite que la délicate Laura et son mari ne s'entendent pas et que ce dernier en veut à son héritage, mais une fois que l'on a l'impression de déceler les dessous de l'intrigue, Wilkie Collins, tel un magicien, sort une à une les cartes de sa manche. Et autant vous le dire tout de suite : bien malin celui qui verra clair dans son jeu.
Son intrigue, labyrinthique au possible, est prise en charge à tour de rôle par plusieurs narrateurs. Le procédé - qu'il reprendra dans Pierre de Lune - permet une dynamique certaine au roman et place la question de la vérité au centre des préoccupations. Chaque personnage doit en effet, tel un document juridique accablant, raconter ce qu'il a vu des événements selon son point de vue. Cette quête de vérité permet au romancier de passer outre certains détails de l'intrigue - le personnage prenant alors en charge la narration explique leur inutilité quant à l'affaire pour laquelle il témoigne -, tout en introduisant insidieusement des paroles que le lecteur sait fausses, non par mensonge, mais par naïveté, voire duperie. C'est fort, très fort !
Trois époques se succèdent, et avec elles son lot de personnages qui a assisté à certains détails de cette histoire retorse.
Le dénouement apporte toute la clarté et révèle au lecteur impuissant une machination incroyablement efficace.

Magistral, comme chaque oeuvre de Collins que je découvre. La légende dit que son ami Dickens jalousait ses oeuvres. Et je comprends pou
Lectures communesrquoi ! Un auteur à connaître, et à faire connaître largement.

Une lecture commune pour laquelle je suis éhontément en retard (pensez donc : ce billet aurait dû paraître le 31 janvier...). Mon acolyte de toujours, CottageMyrtille a eu la gentillesse de m'attendre pour publier son billet. Un grand merci !

D'autres avis sur ce roman : Alex-Mot-à-MotsAntigone, Karine:), Lounima, Manu, Mazel, Miss Alfie, Sabbio, Stellade, Yoshi73, etc.

Une lecture qui me permet d'avancer dans quatre de mes challenges (je vous avais dit que j'étais raisonnable...) :

British Mysteries Challenge ABC Babelio Thursday Next

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