Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

01 juin 2016

Meurtre à Oxford, Tessa Harris

Meurtre à Oxford, Tessa HarrisMeurtre à Oxford est le premier tome des aventures du Dr Silkstone, imaginé par Tessa Harris. Il est paru en avril aux éditions de l'Archipel.

Londre, 1780. Thomas Silkstone est un jeune anatomiste qui vient tout juste de débarquer de Philadelphie. Promis à une belle carrière, il enseigne avec passion l'art de disséquer à des étudiants en médecine et offre ses services aux particuliers. Mais quand Lady Lydia l'appelle à l'aide pour élucider le mystère de la mort de son frère, le jeune anatomiste n'hésite pas à se rendre à Oxford pour étudier la dépouille du Comte Crick. Celle-ci est en mauvais état après plusieurs jours exposée à la chaleur et personne ne pense que le jeune médecin pourra y trouver quelque indice. Mais cela serait sans compter l'habileté de Thomas pour la dissection...

J'aime accorder mes lectures à la météo, c'est un fait. Ainsi, l'automne et l'hiver, je me délecte d'une tasse de thé avec des romans anglophones, souvent, ou des feel good pour leur côté cosy et doudou parfaits pour contrer la grisaille et le froid, tandis qu'au printemps et à l'été j'aime visiter des contrées éloignées, m'embarquer dans la touffeur d'un été africain, australien, ou japonais, ou lire des romans qui me font sortir de ma zone de confort, des auteurs que je ne connais pas, me réveiller les méninges en m'attaquant à de grands noms que je n'ai toujours pas lus. Bref, vous me voyez venir... Je ne vous parlerai pas de la météo cataclysmique de ce mois de mai (on le fait suffisamment à toute occasion vues les circonstances !), mais je vous dirai plutôt que j'ai sauté sur l'occasion du Mois anglais organisé par Lou et Cryssilda pour me dégoter une PAL, certes automnale, mais tellement adaptée à l'été parisien que nous avons en ce moment.

C'est donc tout naturellement que je me suis plongée dans ce roman qui se déroule dans un Londres bruyant et sale du 18e siècle. Le lecteur suit les aventures du jeune Thomas Silkstone et semble regarder par dessus son épaule à chaque fois que celui-ci dissèque. L'enquête se déroule entre Oxford et Londres - où le jeune anatomiste a son laboratoire - et avance à bon point. Silkstone possède une psychologie intéressante mais très rapidement esquissée dans ce premier tome et qui laisse rapidement le lecteur sur sa faim. Les autres personnages, trop rapidement décrits tant physiquement que moralement, ne sont que des fantômes secondaires qui errent autour de lui. 

Si l'aspect historique de la médecine légale est en tout point intéressant (je n'avais par exemple jamais réfléchi aux conditions d'exercice des anatomistes de l'époque, sans chambre froide), je vous avoue que je me suis rapidement ennuyée dans cette intrigue cousue de fil blanc. Les événements s'enchaînent de façon trop prévisible et n'ont pas réussi à maintenir mon intérêt éveillé. J'ai poursuivi cette lecture non pas tant pour savoir si le Comte Edward avait été assassiné (ce dont on se doute avec le titre, mais il faut plus de 150 pages au jeune médecin pour en arriver à cette conclusion) ni par qui, mais parce que j'ai aimé me plonger dans l'Angleterre du 18e, ses moeurs, son histoire. Même si Tessa Harris n'a pas mis un accent particulier sur ces aspects-là, ils sont présents et confèrent à ce roman une épaisseur dont il serait dépourvu le cas échéant. Une lecture en demi-teinte, donc, qui m'a permis d'en apprendre plus les conditions de la médecine légale à travers l'histoire et de retrouver cette Angleterre chère à mon coeur. Je remercie néanmoins Lysiane de Langage&Projets et les Editions l'Archipel pour ce roman.

Voici ma participation du jour pour l'ouverture du Mois anglais

organisé par Lou et Cryssilda !

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16 mai 2016

La fille du train, Paula Hawkins

La_Fille_du_trainLa fille du train est un thriller de la britannique Paula Hawkins publié en 2015 chez Sonatine.

Rachel prend tous les jours le même train, pour rejoindre Londres depuis la banlieue qu'elle habite avec Cathy, sa colocataire. Tous les jours le même trajet, pour mentir à son amie et faire semblant d'aller travailler, alors que Rachel a perdu son emploi il y a quelques mois, à cause de ses problèmes d'alcool. Alors dans le train, en sirotant la plupart du temps du gin tonic, Rachel regarde le paysage défiler. Et tous les matins, alors que le train s'arrête sur la voie, elle regarde une maison en particulier, observe le couple qui y habite et se prête à imaginer leur vie. Jess et Jason, comme elle les nomme, sont heureux et amoureux. Ca, c'est ce qu'elle imagine jusqu'au jour où elle surprend celle qu'elle prénome Jess avec un autre homme chez elle. Rachel se sent investie d'une mission : prévenir Jason que sa femme le trompe. Mais alors qu'elle se persuade que c'est la meilleure des choses à faire, Jess disparaît et tous les soupçons pèsent sur Jason. Rachel voit une occasion de se rendre utile en l'aidant. Mais entre ses souvenirs hésitants et ses matins hagards d'alcoolique, Rachel n'est pas la plus à même pour l'aider...

C'est Mona Lisa Overdrive qui a réussi à me convaincre de succomber à ce thriller qui avait enflammé la blogosphère l'an dernier. Et pourtant, j'avais dit que les thrillers et moi, c'était fini fini... Mais comme elle a su me persuader que je ne finirais pas terrorisée au fond de mon lit, je me suis lancée dans ce roman, lors d'un trajet en train qui plus est (oui, je pousse le vice jusqu'au bout pour m'identifier à l'héroïne... Non, je n'ai pas bu de gin tonic pour parfaire l'illusion !^^)

Et bien m'en a pris ! Je me suis vraiment régalée avec ce thriller psychologique très intense, qu'il est difficile de lâcher. Paula Hawkins prend en otage son lecteur de façon efficace, en alternant les narrateurs. Le personnage de Rachel prend majoritairement en charge la narration, et tout est fait, dès les premières lignes, pour que le lecteur ne lui fasse pas confiance. Son alcoolisme et le fait qu'elle doute de ses souvenirs n'aident pas à lui donner une quelconque crédibilité. Et sa mémoire vacille, à cause de l'aclool. Rachel doute de tout, de tous. Et le lecteur de douter avec elle. Ou d'elle ? Ses mensonges répétés à tous les autres personnages l'empêtrent dans des situations délicates et n'inspirent aucune empathie. Et le lecteur de subir cette narratrice anti-héroïne par excellence qui cumule les tares et les défauts.

Megan - le vrai prénom de celle qu'elle prénomme Jess et qui disparaît au début du roman - et Anna -la femme de l'ex-mari de Rachel - se chargent également partiellement de prendre en charge la narration et possèdent elles aussi quelques secrets que le lecteur peine à percer. Les trois narratrices se succèdent, et avec elles le mystère s'épaissit...

Les époques alternent, les narrateurs aussi, et le suspense croît progressivement. Le lecteur n'accorde sa confiance à personne, doutant des dires de chacun, cherchant dans les bribes de souvenirs une once de vérité. Et comme dans tout  policier, il sait qu'un des personnages est coupable. Reste à savoir lequel ! Et je dois vous avouer que, malgré le nombre incalculable d'Agatha Christie que j'ai dévorés, je me suis fait mener par le bout du nez par l'auteure quasi jusqu'à la fin. Et quel final ! Un dénouement stressant mais ô combien bien orchestré. Bref, un régal ! Merci beaucoup Mona Lisa Overdrive de m'avoir convaincue de dévorer ce roman. J'ai très envie de découvrir dans la foulée Avant d’aller dormir de S. J. Watson que tu me conseilles aussi. Et je dois vous avouer que je lève la tête le matin dans le train maintenant. Qui sait ce que je peux apercevoir, au détour d'un jardin ?

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11 mai 2016

Le début de la fin, Jasper Fforde

Le début de la fin, Jasper FfordeLe début de la fin est le cinquième tome de la série Thursday Next imaginée par le génial écrivain britannique Jasper Fforde, paru en 2008 en France chez Fleuve Noir.

Souvenez-vous... Thursday avait évité la fin du monde et réduit à néant le groupe Goliath. Quatorze ans plus tard, la pimpante détective littéraire est mère de Friday, devenu un adolescent léthargique, excellent représentant de sa tranche d'âge, et de Tuesday et Jenny.
Alors que les OpSpecs ont été dissouts, Thursday continue son travail dans le Monde des livres tandis que l'Angleterre ne sait plus comment réduire son Excédent de Bêtise et se noie dans des émissions de télé-réalité médiocres et lobotomisantes. Alors que Thursday tente de gérer la chute dramatique de la lecture et l'inquiétude croissante des personnages de fiction, la Jurifiction, dont elle est devenue un membre éminent, lui confie une stagiaire... qui n'est autre que son double de papier ! Car les aventures de Thursday ont rencontré un tel succès qu'elles ont été adaptées en livres. A Thursday de gérer son alter ego fictif qui est loin de lui ressembler. Et comme si ça ne suffisait pas, elle doit également faire attention à la menace qui rôde : on chuchote qu'un projet de livre interactif permettrait aux lecteurs d'éliminer les passages ennuyeux des livres...

Bon, je défie quiconque qui n'a pas lu les précédents tomes de comprendre un traître mot de ce que je viens d'écrire. D'ordinaire, je déteste faire ça, j'aime que mes articles soient accessibles même à ceux qui ne connaissent pas une série, mais il est vraiment difficile - voire véritablement impossible ! - de rester cohérent et compréhensible pour les non-initiés avec les romans de Jasper Fforde
Ce cinquième tome offre encore une fois une nouvelle perspective et donne du grain à moudre à notre détective littéraire préférée. Jasper Fforde ose une splendide mise en abîme en introduisant un double de papier à un personnage de papier. Voilà qui est fort ! Et Thursday de s'occuper de son double fictif, alors qu'elle est elle-même un personnage de fiction. Chez Jasper Fforde, les frontières entre le réel et la fiction sont toujours si floues... 
L
es références littéraires sont toujours nombreuses et fines, perpétuant l'hommage littéraire qui sert de fil conducteur à la série.

En très grande fan que je suis, je ne peux que vous encourager encore et toujours à découvrir cette série déjantée mais ô combien truculente. Jasper Fforde a su créer un monde complètement barré mais aux règles pourtant compréhensibles, dans lequel il fait bon vivre quand on aime lire. C'est simple : amoureux des livres, vous ne pouvez pas passer à côté de cette série ! C'est humainement impossible. Parce qu'ouvrir un tome de cette série c'est porter un autre regard sur le monde des livres et se prendre à rêver aux côtés de Thursday. Et si les frontières entre réel et fiction s'abolissaient ?

Pour lire mes billet sur les quatre premiers tomes,

c'est par ici !

   

Que ceux de mon entourage qui n'ont pas lu au moins le premier lèvent le doigt...

Parce que je vous préviens, vous n'allez pas y couper longtemps !

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26 novembre 2015

Deux secondes de trop, Rachel Joyce

Deux secondes de trop, Rachel JoyceDeux secondes de trop est le second roman de l'anglaise Rachel Joyce paru chez XO en 2014. Son premier roman, La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry arriva le mardi reçut le prestigieux National Book Award en 2012.

Angleterre, 1972. Pour coïncider avec la rotation de la Terre, il a été décidé que deux secondes seraient rajoutées au temps. Deux minuscules secondes, qui auraient pu passer inaperçues mais qui troublent énormément le jeune Byron. Et lorsque le moment annoncé arrive, Byron et sa mère sont victimes d'un accident de voiture, Byron ayant déconcentré sa mère au volant. Les conséquences de cet accident vont être lourdes pour le jeune garçon et sa mère, et seule le temps parviendra à panser les blessures occasionnées.

J'ai beaucoup entendu parler de cette auteure et de son premier roman, et étant tombée sur celui-ci par hasard avant de partir en vacances cet été, je l'ai glissé sans hésiter dans mes valises, pensant passer un délicieux moment dans les 70's avec une intrigue tournée autour de la question du temps et de ses distorsions. J'adore les voyages dans le temps et toutes les thématiques qui tournent autour de cette question et je pensais les retrouver dans ce roman (j'ai d'ailleurs beaucoup réfléchi au pourquoi du comment de ces deux secondes moi aussi, en même temps que le petit Byron...).
Mais en réalité, Deux secondes de trop est un roman bien plus grave qu'il n'y paraît. L'intrigue tourne autour de cet accident de voiture et de ces conséquences dramatiques sur la famille, alternant passé et présent. Le ton est lourd, grave, et les personnages semblent engoncés dans des situations dramatiques dont le lecteur doute qu'ils puissent sortir. 
J'ai trouvé l'ensemble très pesant et j'ai éprouvé un certain malaise à cette lecture. Malgré un retournement de situation final intéressant (mais qui n'ôte rien au caractère morose de l'intrigue), j'ai eu beaucoup de mal à terminer ce roman, non parce que je m'y suis ennuyée ou que l'auteure écrit mal, mais parce que tout semblait si sombre pour les personnages que je n'avais pas envie de progresser dans ma lecture pour apprendre d'autres événements dramatiques pour eux. Une lecture de vacances qui m'avait tout sauf détendue, vous vous en doutez...

Les avis d'Anne, Alex-mot-à-mots, Keisha, Amartia, etc.

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09 septembre 2015

Le jardin de Minuit, Edith

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Le Jardin de Minuit est un album signé Edith et paru fin mai dans la collection Noctambule de chez Soleil. Il s'inspire librement du roman de la britannique Philippa Pearce Tom et le Jardin de Minuit paru en 1958 et qui reçut la Médaille Carnegie cette même année.

Angleterre, XXe siècle. Tom est envoyé en vacances chez son oncle et sa tante. L'été s'annonce des plus ennuyeux pour le jeune garçon, seul enfant dans cette maison. Mais une nuit, Tom entend la pendule sonner treize coup et, piqué de curiosité, décide d'aller voir l'heure qu'elle affiche. Quelle n'est pas sa surprise lorsqu'il découvre derrière la porte du fond, un jardin immense et merveilleux. Intrigué, le jeune garçon le visite et y rencontre d'autres enfants, qui ne peuvent malheureusement pas le voir. Mais une fois le matin arrivé, le jardin a disparu et laisse place à une cours triste et sans végétation. Heureusement pour Tom, chaque nuit lui offre la possibilité de s'évader dans ce jardin merveilleux...

Classique de la littérature de jeunesse anglaise, Tom et le Jardin de Minuit fait partie de ces oeuvres oniriques et envoûtantes pour son lecteur. Décider de s'y frotter et de l'adapter en album est un pari audacieux dans lequel Edith s'est lancée. Beaucoup a été dit de cette adaptation en album, et si certains ont été déçus, bercés durant leur enfance par le roman originel, pour ma part il n'en est rien, pour la simple et bonne raison que je ne connaissais que de nom le roman de Philippa Paerce et ai donc découvert avec cet album cette intrigue merveilleuse. Je ne parlerai donc pas de l'intrigue - dans la mesure où je n'ai pas le recul nécessaire pour évaluer l'adaptation d'Edith par rapport à l'oeuvre dont elle s'inspire - mais me centrerai davantage sur les dessins et l'ambiance.

Edith - dont je découvre le travail avec cet album - offre à l'intrigue un rendu visuel un brin suranné qui colle parfaitement l'époque de l'intrigue. Les couleurs sont douces, tirant vers le jaune et le vert, et rendent hommage au jardin merveilleux que Tom visite chaque nuit. Les univers sont clairement identifiables par les tonalités utilisées, claires et chatoyantes la nuit, lorsque le garçonnet découvre le jardin et foncées et sombres la journée, lorsqu'il est en compagnie de son oncle et sa tante et que sa journée est rythmée par l'ennui. L'ensemble est particulièrement agréable à l'oeil et répond à l'intrigue en lui offrant une dimension des plus intéressantes.

Les personnages possèdent un petit quelque chose d'enfantin dans leur faciès, peut-être à cause de leurs nez un peu rougis et leurs visages ronds et semblent faire rappeler que l'enfance et ses rêves sont au centre de cette intrigue.

Pour ma part, Le Jardin de Minuit fut une très belle lecture. J'ai adoré me faufiler aux côtés de Tom et découvrir chaque nuit avec lui un jardin enchanteur. Et, cela n'a rien d'étonnant, j'ai très envie de découvrir le texte de Philippa Pearce maintenant !

Je tiens à remercier Mélanie et les éditions Soleil pour cette découverte.

D'autres avis sur cet album : Mo', JérômeNouketteHervéJacquesLivresse, Sandrine, Yaneck et  Faelys.

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C'est ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Stephie.

 

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14 mars 2015

Sauvez Hamlet ! Jasper Fforde

Sauvez Hamlet, Jasper Fforde Sauvez Hamlet ! est le quatrième tome de la série Thursday Next imaginée en 2001 par l'écrivain britannique Jasper Fforde, paru en 2007 en France chez Fleuve Noir.

La détective littéraire Thursday a accouché et son fils, Friday, a désormais deux ans. Mais point de Landen à l'horizon ! Le mari de Thursday a toujours disparu, éradiqué par une multinationale du nom de Goliath qui a réécrit le passé    
De retour dans le vrai monde après deux ans passés dans le roman Les Hauts de Caversham, Thursday se bat sur plusieurs fronts : empêcher Yorrick Kaine, un personnage échappé d'un livre, de prendre le pouvoir et instaurer une dictature, éviter que la multinationale Goliath s'érige en religion, et garder un oeil sur Hamlet, puisque le prince de la célèbre pièce de Shakespeare a décidé de venir faire un tour dans le vrai monde pour voir comment les lecteurs le perçoivent... C'est beaucoup pour Thursday, qui essaie en parallèle d'offrir un cadre de vie équilibré à son fils.

Chaque roman de Jasper Fforde est un condensé de loufoquerie et d'imaginaire débridé. C'est un fait. Mais ce quatrième tome des aventures de Thursday atteint des sommets et l'auteur se surpasse littéralement.      
Les
intrigues toutes aussi déjantées les unes que les autres fourmillent et se mélangent, Thursday tente de garder un oeil sur l'ensemble mais se laisse parfois déborder par les menaces multiples - qu'elles concernent le vrai monde ou celui des livres- et le tout baigne dans un humour décapant à souhait.       
Il faut une sacrée dose d'imagination et d'humour pour écrire une série telle celle-ci, et Jasper Fforde réussit le pari fou de ne pas perdre d'intensité au fil des tomes. La tension va crescendo, et chaque nouvelle aventure de Thursday semble approcher d'un point de rupture.       
La lecture de ce quatrième tome est un réel plaisir pour qui aime voir une intrigue se disperser en branches toutes aussi drôles les unes que les autres et imaginer l'interpénétration entre le monde réel et celui des livres.     
Une série que je ne peux que vous conseiller pour sa fraîcheur et son originalité. Je vous promets que vous n'en ressortirez pas indemne et que vous garderez en tête bon nombre de scènes cultes.      

Si vous les aviez ratées, réparez vite cette erreur en allant jeter un oeil sur mes chroniques des trois premiers tomes !

   

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05 janvier 2015

Bridget Jones Folle de lui, Helen Fielding

Bridget Jones Folle de lui, Helen FieldingPublié quatorze ans après le deuxième tome des aventures de Bridget Jones, Folle de lui en est une suite des moins... surprenante ! On ne présente plus le personnage loufoque de Bridget, imaginé par la romancière et femme de lettres anglaises Helen Fielding et incarné à l'écran par Renée Zellweger.

Bridget n'a plus trente ans mais la cinquantaine. Elle s'est enfin mariée avec son grand amour, Mark Darcy, mais celui-ci est mort, quatre ans plus tôt, alors qu'il était en mission à l'international.
Désormais veuve et mère de deux enfants en bas âge, Bridget n'en demeure pas moins toujours aussi gaffeuse et fleur bleue. Mais se caser avec un homme qui a la moitié de son âge, tout en essayant d'être une mère courage, ce n'est pas de tout repos et Bridget en fait rapidement les frais...

Que de polémiques à la sortie de ce troisième tome des aventures de Bridget ! Non seulement Helen Fielding a eu l'audace de faire mourir Mark Darcy (oui madame, le beau Mark Darcy n'est plus... Heureusement que Colin Firth est éternel dans les adaptations ciné !), mais en plus elle a transformé Bridget en cougar éhontée qui n'hésite pas à s'enticher d'un toy boy dont elle pourrait être la mère. De quoi faire hurler au scandale les aficionados du couple Bridget/Darcy, et surtout de la Bridget complexée et mièvre dépeinte dans les deux premiers tomes.
Bref, si vous cherchez à savoir si ce roman vaut vraiment le détour, passez votre chemin. Je ne suis en effet malheureusement pas du tout objective sur la question, ne tente pas de l'être et ne le prétend surtout pas. Bridget est la seule chick lit que je lis et je pardonne tout à ces romans du seul fait de son personnage hilarant et de mes souvenirs de lecture du temps où j'étais lycéenne.
Malgré le revirement de situation - pensez, nous n'aurons jamais connu Bridget et Darcy heureux... -, j'ai quand même abordé ce livre avec enthousiasme, certaine d'y trouver ce que j'étais venue y chercher. C'est-à-dire tout simplement une détente efficace aux côtés d'un personnage bourré d'auto-dérision et qui, l'air de rien, porte en elle une part d'universel dans ses questionnements et ses fragilités.   
La narration alterne le présent et le passé, lorsque Bridget débute son aventure avec son toy boy. La mort de Darcy, si elle est véritablement esquissée, apporte une pointe de gravité à l'intrigue et offre - si si ! - un côté touchant à Bridget. Il est question de deuil, de perte et d'amour, bien sûr, mais ça reste Bridget. Donc les quelques égarements lacrymaux sont brefs et détonnent presque dans l'ensemble. Mais il était impossible à Helen Fielding de ne pas les glisser pour éviter de trahir la psychologie de notre* chère Bridget, affreusement amoureuse de son Darcy (* vous avez remarqué comme j'emploie le notre comme si Bridget appartenait à sa communauté de lecteurs ? C'est peut-être à cause de cet attachement que certains se sont senti trahis par ce troisième tome).
Pour ma part, malgré l'évident coup marketing de ce retour de Bridget, j'ai quand même franchement ri avec ce roman. Quelques blagues un tantinet scabreuses m'ont néanmoins déroutée (et il en faut beaucoup pour me choquer, attention) et ont détonné avec l'ensemble. Mais je n'en ai pas tenu rigueur à son auteure.   
Conclusion, si vous aimez Bridget, foncez ! C'est un roman dans la lignée des deux précédents, peut-être un peu moins drôle mais efficace. Les autres, je doute que vous ayez lu ce billet jusqu'au bout...    
(Et non je n'ai pas honte que ma première chronique de cette année 2015 soit consacrée à Bridget. Non non, aucune honte je vous assure !)

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07 septembre 2014

Quand j'étais Jane Eyre, Sheila Kohler

Quand j'étais Jane EyreQuand j'étais Jane Eyre est le neuvième roman de l'écrivaine Sheila Kohler paru en 2012 aux Éditions de la Table Ronde.

Manchester, 1846. Au chevet de son père qui  se remet doucement d'une opération des yeux, Charlotte Brontë écrit, dans la pénombre d'une chambre. Son nouveau roman, Jane Eyre, prend racine dans le terreau de sa vie. Le décès de sa mère, mais aussi la froideur de son père, en admiration devant son fils anéanti par l'alcool, la difficulté pour se faire éditer ou encore la passion qu'elle connut pour un de ses professeurs, Charlotte glisse dans son roman des éléments de sa vie et la transfigure pour mieux s'en venger. Sous sa plume naît un chef d'oeuvre. Et aux côtés de ses deux soeurs, Charlotte Brontë se laisse guider par l'acte d'écriture et transporter par les mots.

Depuis sa sortie en 2012, ce roman m'attirait, tant par son titre que par son sujet. Sheila Kohler nous livre ici une histoire tout à fait étonnante et d'une finesse exquise. Aux côtés des soeurs Brontë, dont il suit le quotidien dans les grandes lignes, le lecteur assiste à la naissance de trois chefs-d'oeuvre de la littérature anglaise : Jane Eyre, de Charlotte, Les Hauts de Hurlevent, d'Emily et Agnes Grey, d'Anne.
L'auteure, qui maîtrise parfaitement son sujet et la biographie des trois femmes, interroge l'acte d'écriture et s'immisce dans la tête de Charlotte Brontë pour mieux analyser ce qui pousse un individu à passer à l'écriture. La narration à la troisième personne, qui se focalise sur le personnage de Charlotte, offre une dynamique des plus intéressantes à l'ensemble.
De la rivalité des trois soeurs, l'auteure esquisse quelques lignes - notamment quand Charlotte est la seule à ne pas réussir à faire publier son roman - pour mieux s'intéresser aux fils entrelacés entre fiction et réalité, une réalité teintée de mélancolie et entachée de drames.
De la difficulté à publier un écrit pour une femme au 19e, en revanche, il est davantage question. Peut-être pour mieux définir les contours de ce contexte éditorial et mettre davantage en lumière les trois soeurs et leur ténacité respective.
Porté par une plume claire au style à la fois limpide et rythmé, Quand j'étais Jane Eyre est un roman peu commun, bel hommage à ces trois femmes de lettres que sont les soeurs Brontë. 

D'autres avis : Cathulu, Clara, FondantoChocolat, L'Or, Melisende, Miss Alfie, Stemilou, Theoma,...

Sheila Kohler présente son roman

 

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09 mai 2014

Le journal de Bridget Jones, Helen Fielding

BridgetLe Journal de Bridget Jones d'Helen Fielding est initalement paru sous forme de chroniques dans The Independant et The Daily Telegraph entre 1995 et 1996, avant d'être réunies en roman en 1996. Mondialement connue pour être l'archétype de la trentenaire célibataire, Bridget Jones est rapidement devenue un personnage culte et ses aventures ont ouvert la voie à une veine de chick-lit plus ou moins réussie. 

Londres. Bridget, trente ans, célibataire, à la recherche du grand amour. Entre son boss avec qui elle entretient une liaison, ses amis célibataires aussi désépérés qu'elle, sa mère qui tente de la caser à tout prix, ses amis mariés-et-fiers-de-l'être qui ne comprennent pas sa situation, le ringard Mark Darcy qui finalement ne l'est pas tant que ça, Bridget se cherche. A coup de vodka, de clopes, d'incartades à son régime et de soirées d'intense réflexion avec ses amis. Comment trouver l'homme avec qui partager sa vie ? Et comment le garder ? Bridget se débat avec sa vie... et le fait avec beaucoup d'humour !

J'avais lu les deux tomes des aventures de Bridget quand j'étais au lycée... Ça commençait à dater un peu et si en dehors de ces romans je n'avais jamais succombé à l'appel de la chick-lit, une envie d'y revenir m'a prise, récemment. 
Envie de détente. De retrouver la Bridget des romans plutôt que celle des films. Attention, loin de moi l'idée de dire que Renée Zellweger ne correspond pas à l'image que j'ai de Bridget. Elle campe à la perfection le personnage de girl next door et possède un potentiel comique indéniableJe ne m'attarderais pas non plus sur Colin Firth ou Hugh Grant dans les rôles de Mark Darcy et Daniel Cleaver. Enfin, je pourrais, mais les digressions pourraient être longues (Hiiiii ! La scène d'arrivée de Hugh Grant dans l'ascenceur ! Le "I like you very much" de Colin Firth !! Parenthèse fermée. Cris hystériques contenus). 
Mais, dans mon souvenir, les romans étaient bien plus drôles que les films et j'avais envie de revenir aux origines de Bridget. Et mon souvenir était bon : je me suis marrée tout le temps de ma lecture ! J'ai adoré retrouver le style un peu télégraphique du journal de Bridget, son compte (plus ou moins sincère) de cigarettes/unités d'alcool/calories en début de chaque chapitre, ses tribulations invraisemblables mais vraiment tordantes.
Forcément un brin caricatural, le personnage de Bridget cristallise toutes les angoisses véhiculées par le statut de célibataire. On rit, c'est sûr. Et on apprécie la fraîcheur du ton, en gardant à l'esprit que ce roman a bientôt vingt ans mais qu'il résonne toujours de la même façon. Bridget Jones, porteur d'universalité ? Je n'irai peut-être pas jusque là. Mais presque... Récriture moderne d'Orgueil et Préjugés, Bridget Jones dépeint avec un humour décapant la société et ses travers par le prisme du célibat. A lire ou relire. A consommer sans modération, qu'on se le dise. 

Je ne résiste pas et vous mets la bande-annonce, bien entendu...

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23 mars 2014

Cette chère Sylvia... Dawn French

Cette chère SylviaCette chère Sylvia... est un roman de l'humoriste britannique Dawn French paru en France le 5 mars 2014 aux éditions de L'Archipel.

Un balcon, une mauvaise chute. Une femme étendue dans le coma. Chambre numéro 5, Sylvia. A son chevet défilent ses proches : son ex-mari, sa meilleure amie qui est aussi sa maîtresse, sa soeur, sa fille, son employée de maison. A chacun de leurs passages, tous se livrent, évoquent des souvenirs, font ressurgir des rancoeurs. Qui est finalement Sylvia ? Chacun en dresse un portrait parcellaire. Son portrait d'après sa relation à cette femme.

Cette chère Sylvia... est un roman divertissant, malgré son sujet en apparence lourd, et promet de bons moments de détente à son lecteur. Dawn French met en scène une galerie de personnages à la fois attachants - bien qu'un brin caricaturaux - et souvent décapants. Ils se succèdent au chevet de cette femme qui donne son nom au roman, mais qui n'est finalement qu'un prétexte à ce que tous se confient, et évoquent leurs souvenirs.
Si l'intrigue bascule à certains moments dans l'invraisemblable, l'émotion est néanmoins là, palpable au détour d'une page, dans cette histoire familiale finalement universelle. Non-dits et déchirements, rancoeurs et reproches, les visites à Sylvia sont l'occasion pour chacun de régler ses comptes avec celle-ci, son immobilité et son silence étant propices à délier les langues. Et si la mort qui plane autour de cette chambre numéro 5 apporte une gravité à l'intrigue, elle permet à chaque personnage de jouer sa partition à la perfection.
La narration alternée apporte une dynamique toujours appréciable. Chaque chapitre, pris en charge par l'un des proches de Sylvia, amène son lot de révélations et de souvenirs et tisse le fil d'une intrigue riche en rebondissements.
Une lecture drôle et piquante. L'occasion d'un bon divertissement. Un roman dévoré en deux jours et qui m'a séduite ! 

Je tiens à remercier Sibylle de LP Langages&Conseils et les éditions de  l'archipel pour ce roman.

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