Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

17 juin 2017

Les filles de Hallows Farm, Angela Huth

Les_filles_de_Hallows_FarmLes filles de Hallows Farm est un roman de la femme de lettres et journaliste britannique Angela Huth paru en 1995 et adapté au cinéma sous le titre Trois anglaises en campagne en 1998.

1941, dans une ferme reculée du Dorset. Pour soutenir l'effort de guerre, les femmes sont appelées dans les champs pour remplacer les hommes partis au combat. C'est ainsi que Prue, Stella et Agatha, trois étudiantes aux caractères opposés, se retrouvent chez les Lawrence. La rencontre avec la dureté de la vie agricole va rapidement souder les jeunes femmes mais bouleverser l'équilibre de la famille, et troubler notamment Joe, le fils réformé pour des raisons médicales. Dans cette campagne anglaise où la guerre ne semble pas avoir lieu, les journées sont rythmées par les travaux agricoles et très vite, Prue, Stella et Agatha se prêtent au jeu.

La rencontre avec ce roman est un hasard absolu puisque je pensais qu'il m'avait été conseillé par une amie il y a longtemps, je suis tombée sur lui en brocante par le plus pur hasard (alors que je suis plutôt dans l'optique de ne pas acheter de livres vu que je déménage) et quand, toute contente, j'ai annoncé à ladite amie que j'avais trouvé ce livre, elle m'a dit ne pas le connaître... Bref, face à cette situation ubuesque, j'ai décidé néanmoins de le lire durant le Mois anglais.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : j'ai adoré ce roman ! En ce moment, je lis assez souvent des livres évoquant la Seconde Guerre mondiale (je crois que mon voyage à Prague m'a bouleversée) mais je m'étais peu intéressée à cette question de volontariat des femmes, enjointes à supporter l'effort de guerre en remplaçant les hommes. Le cadre de l'intrigue - le Dorset - est absolument enchanteur et nous plonge dans une campagne anglaise séduisante à bien des égards. Les personnages sont traités avec finesse et évoluent avec les mois passés dans le monde rural. La romance point, évidemment, dans ce microcosme refermé sur lui-même, et le lecteur d'imaginer ce que nos aïeux ont pu endurer, entre longues séparations, décès, blessures de guerre. Un roman pas mièvre pour un sou, néanmoins, bien ficelé, avec des personnages forts et vraisemblables. Une très belle plongée dans la campagne anglaise que je ne peux que vous conseiller.

Une nouvelle lecture pour le Mois anglais de Lou et Cryssilda.

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09 juin 2017

Harry Potter et la Coupe de feu, J.K. Rowling

Harry Potter et la Coupe de feu, JHarry Potter et la Coupe de feu est le quatrième tome des aventures du célèbre petit sorcier imaginé par J.K. Rowling et paru en 2000 chez Gallimard.

Invité à venir au Terrier chez les Weasley pour assister à la Coupe du Monde de Quidditch, Harry est soulagé de quitter les Dursley et de terminer l'été en compagnie de ses amis. Surtout depuis qu'il a rêvé de l'assassinat d'un moldu par Voldemort. Alors que la fête bat son plein à la Coupe du Monde, des Mangemorts terrorisent la foule en faisant apparaître la Marque des Ténèbres, signe de ralliement de Voldemort. Dès lors, le Ministère panique et la peur règne. Cela n'empêche pas le grand événement de l'année d'avoir lieu à Poudlard : le Tournoi des Trois Sorciers, qui oppose des élèves de trois grande écoles de sorcellerie. Mais lorsque le nom de Harry, pourtant trop jeune pour s'inscrire, apparaît dans la Coupe, ce dernier comprend que cette année sera bien singulière.

Je continue de vous abreuver régulièrement de mes relectures de la série. Ce quatrième tome est certainement celui que je préfère. Il est sombre mais pas trop, met en scène deux événements intéressants dans l'univers sorcier - la Coupe du monde de Quidditch et le Tournoi des Trois Sorciers -, aborde la question de l'esclavage et des libertés individuelles par le biais du Front de Libération des Elfes de Maison et voit les personnages entrer pas à pas dans l'adolescence. Théâtre des premiers émois amoureux, ce tome central dans la série est également celui de la résurrection de Voldemort, personnification du Mal. Ce sera le dernier tome un peu insouciant, le dernier dans lequel l'enfance et l'innoncence auront encore un peu leur place. Les trois tomes suivants, en voyant le retour de Voldemort, seront synonymes de peur, de noirceur, de résistance et de mort.

Une relecture un peu laborieuse dans le premier quart de l'intrigue - la partie avant d'arriver à Poudlard m'a semblé infinie - mais qui a su me séduire à nouveau une fois l'intrigue lancée et conclue par une scène finale parfaitement orchestrée.

 

Deuxième participation au Mois anglais de Lou et Cryssilda.

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05 juin 2017

Le dimanche des mères, Graham Swift

A17871Le dimanche des mères est le dernier roman de l'écrivain britannique Graham Swift paru en janvier 2017 chez Gallimard.

30 mars 1924, Angleterre. Alors que l'artistocratie offre traditionnellement une journée à ses domestiques afin que ceux-ci rendent visite à leur mère, Jane, jeune domestique orpheline, hésite sur son emploi du temps : va-t-elle lire ou se promener à vélo ? Mais le téléphone qui sonne coupe court à ses doutes : Paul Sheringham, jeune aristocrate dont elle est la maîtresse depuis de nombreuses années, lui demande de le rejoindre dans sa maison familiale vide. Jane court le retrouver, profitant de cette entrevue alors que le mariage de Paul avec une riche héritière doit se dérouler deux semaines plus tard.

Reçu en cadeau pour mon anniversaire (merci à celui qui se reconnaîtra !), j'ai dévoré ce roman le temps d'une après-midi ensoleillée dans mon jardin, me plongeant dans cette intrigue aux relents de Downton Abbey.

La Première Guerre mondiale terminée, l'Angleterre est à un tournant social et économique. La domesticité n'est plus ce qu'elle était, ni les relations entre maîtres et personnels. Le monde change, la guerre a laissé des stigmates, et c'est comme une fin de siècle que dépeint cette intrigue brève et rapide. Le lecteur suit cette journée du 30 mars aux côtés de Jane, racontée par une Jane plus âgée, devenue toute autre que domestique. Le temps semble figé, le vernis s'effrite, les vélos ont remplacé les chevaux et les frontières s'effacent. 

J'ai plongé dans cette intrigue comme en apnée, me demandant où Graham Swift allait m'emmener. Et je n'ai pas été déçue du voyage. J'ai adoré cette incursion dans cette Angleterre du début du 20e portée par une plume sensuelle et dense. Une belle lecture, sans aucun doute !

Première participation au Mois anglais de Lou et Cryssilda.

Une pensée toute particulière aux londoniens en ces jours sombres...

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23 mai 2017

Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, J.K. Rowling

Harry Potter et le prisonnier d'AzkabanHarry Potter et le prisonnier d'Azkaban est le troisième tome de la saga Harry Potter écrite par l'anglaise J.K. Rowling. Il est paru en 1999 aux éditions Gallimard.

Une nouvelle année commence à Poudlard pour Harry. Mais elle ne commence pas très bien pour le jeune sorcier. Agacé par les Dursley chez qui il vit, Harry s'enfuit de chez eux après leur avoir lancé un sortilège. Contre toute attente, il n'est pas renvoyé de Poudlard mais reçu en personne par le Ministre de la magie qui l'enjoint à une grande prudence. En effet, un criminel dangereux évadé d'Azkaban - la célèbre prison pour sorciers -  est à ses trousses. Entouré d'Hermione et de Ron, Harry débute cette nouvelle année sous le sceau de la peur. Mais très vite, le rythme scolaire et ses nouvelles matières - la divination et le soin aux créatures magiques - occupe l'esprit de l'adolescent. Mais le danger rôde...

Mon rythme de relecture de la saga a un peu baissé, et je n'ai pas réussi à tenir un tome par mois, me dispersant avec tout un tas d'autres lectures. Néanmoins, j'ai pris beaucoup de plaisir à relire ce troisième tome. 

L'intrigue se complexifie et la psychologie des personnages gagne en intensité. C'est avec ce troisième tome que la saga se démarque nettement de son adaptation cinématographique et c'est un réel plaisir de replonger dans ces pages pour redécouvrir l'oeuvre de J.K. Rowling dans son entièreté. Je ne vais pas m'étendre ni en faire une analyse littéraire, ça n'aurait pas de sens. Pour cette relecture de la saga je ferai des billets rapides (mais qui me permettent de tenir à jour mon journal de lecture !)

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20 avril 2017

La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi, Rachel Joyce

La lettre qui allait changer le destin d'Harry Fry arriva un mardi, Rachel JoyceLa lettre qui allait changer le destin d'Harry Fry arriva le mardi... est le premier roman de la britannique Rachel Joyce paru en 2012 aux éditions XO. C'était à l'origine une pièce radiophonique pour la BBC que l'auteure avait écrite alors que son père était en phase terminale d'un cancer.

Harold Fry reçoit un jour une lettre d'une ancienne collègue. Queenie, c'est son nom, lui annonce qu'elle est en train de mourir d'un cancer. Ému, Harold rédige une réponse qu'il décide de poster sur le champ. Laissant sa femme Maureen affairée à faire du ménage, le sexagénaire sort pour rejoindre la prochaine boîte aux lettres. En chemin, il change d'avis : il ne va pas poster sa réponse mais il va aller rendre visite à Queenie dans son centre de soin palliatif. Du sud de l'Angleterre, il décide de rejoindre la frontière écossaise sans aucune préparation, sans sac à dos, avec ses chaussures bateau, lui qui n'a jamais fait réellement de sport dans sa vie. Harold promet à Queenie qu'il va arriver, mais qu'elle doit l'attendre. Il marche donc, pour qu'elle vive.

Ce roman a fait grand bruit lors de sa parution il y a quelques années mais jusque là, je n'avais pas eu la curiosité de comprendre pourquoi. Je n'avais pas été conquise par Deux secondes de trop, le second roman de Rachel Joyce mais comme j'ai eu l'occasion d'avoir celui-ci entre les mains, j'ai commencé à lire la première page... pour ne plus le lâcher !

Vous savez comme les histoires de marche méditative m'inspirent (à la même époque l'an dernier je dévorais Wild de Cheryl Strayed) et celle-ci n'a pas fait exception. Même si l'histoire d'Harold est fictive, elle a su me toucher dès les premières pages. J'ai été émue par cet homme à la retraite qui décide sur un coup de tête de tout plaquer et de marcher pour lutter contre la mort de son amie. Sa marche prend des allures de rédemption et d'introspection. Les kilomètres faisant, Harold se dépouille de ses certitudes pour mieux analyser son parcours de vie et comprendre pourquoi il en arrive là. C'est émouvant, jamais larmoyant malgré le sujet grave, et si l'ensemble est un tantinet improbable (parcourir 1000 km en 87 jours sans aucune préparation me semble compliqué), l'ensemble fonctionne bien. 

J'ai aimé accompagner Harold dans sa marche pour retrouver Queenie, réfléchir à ses côtés à sa vie, ses choix, ses erreurs comme ses bons moments. J'ai aimé moi aussi laisser de côté toute certitude sur ce chemin. Et je me dis de plus en plus que je vais entreprendre un tel périple moi aussi un de ces quatre !

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25 février 2017

Outlander T.2 Le Talisman, Diana Gabaldon

Outlander TLe Talisman est le deuxième tome de la série Outlander (ou encore Le Chardon et le Tartan ou Le Cercle de pierre) imaginée par Diana Gabldon dans les années 1990 et remis dernièrement sur le devant de la scène par son adaptation en série télé.

1968. Frank, le mari de Claire, vient de mourir. Cette dernière retourne en Écosse avec leur fille, Brianna, afin de chercher des traces de son passé. Celle qui a voyagé dans le temps grâce à un cromlech se souvient de son incursion dans le 18ème siècle écossais aux côtés de Jamie, un Highlander dont elle est tombée follement amoureuse et avec qui elle a fuit à Paris, à l'époque de Louis XV. Déterminés à empêcher la rébellion jacobite et l'accession au trône de Charles-Edouard Stuart , Jamie et Claire infiltrent la société mondaine parisienne pour éviter une répression sanglante dans les Highlands.

Souvenez-vous, j'avez adoré le premier tome des aventures de Claire et Jamie le mois dernier. Et j'ai naturellement continué sur ma lancée dans cette saga, avide de découvrir la suite des aventures de ce duo britannique dans l'Écosse de 1745.  Mais je dois avouer que le début de ce second tome a eu raison de mon enthousiasme, Diana Gabaldon décidant de planter son intrigue en 1968 et de délaisser le voyage dans le temps cher à mon coeur. Passé le premier moment de déception (j'adore la lande écossaise rabattue par les vents et les Highlanders et leur finesse légendaire, c'est vrai !), j'ai poursuivi ma lecture avec curiosité. Et force est de constater que l'auteure maîtrise son sujet à la perfection. En construisant son intrigue de la sorte, elle parvient à distiller un suspense dès les premiers chapitres et d'enferrer son lecteur dans les méandres de l'histoire. Les lieux se mélangent, les époques aussi, et le voyage dans le temps, au coeur de l'intrigue, prend toute sa dimension. Pourquoi Claire est-elle revenue dans le présent ? Et qui est donc Brianna ? Voilà des questions que le lecteur se pose très rapidement...

Les personnages gagnent en épaisseur psychologique, la romance en intensité, la trame historique est toujours aussi riche et bien traitée et l'ensemble fonctionne très bien. Je ressors de ces 950 pages enchantée, bercée par le vent écossais, sentant dans mon nez les effluves de whisky qui hantent ces pages et je n'ai qu'une envie : y retourner ! Je vais certainement intercaler quelques lectures entre la fin de ce tome et le suivant, mais je ne vais pas trop tarder : Claire et son bel écossais commencent déjà à me manquer !

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12 janvier 2017

Outlander T.1 Le chardon et le tartan, Diana Gabaldon

Outlander T

Le Chardon et le tartan est une série imaginée par la romancière américaine Diana Gabaldon débutée en 1991. Popularisée par sa récente adaptation en série télévisée, la saga - appelée aussi Outlander ou Le Cercle de pierre - mêle à la fois le roman historique, le fantastique et la romance. 

Inverness, Ecosse, 1945. Claire, vingt-sept ans, revient du front où elle a servi en tant qu'infirmière et profite de quelques jours de retrouvailles avec son mari, Frank. Mais alors qu'elle découvre les environs, Claire est aspirée par un étrange mégalithe et se retrouve catapultée en 1743, alors que la guerre fait rage entre les anglais et les écossais. Déboussolée par ce voyage dans le temps, la jeune femme est sauvée par des Highlanders des griffes de Jonathan Randall, illustre et violent aïeul anglais de son mari. Claire impressionne rapidement les écossais par ses connaissances médicales, utiles sur le champ de bataille et fait la connaissance de Jamie, un Highlander un peu bourru et têtu. 

Complètement sous le charme de l'Ecosse depuis mon voyage en 2014, je ne pouvais que succomber à cette série, découverte par hasard en naviguant sur Netflix. J'ai hésité à la regarder mais j'ai décidé de commencer par le roman. Et j'ai rudement bien fait ! J'ai dévoré les 850 pages de ce premier tome durant les vacances de Noël, ayant moi aussi l'impression de voyager dans le temps, comme Claire, et d'être à ses côtés dans les Highlands en 1743. Diana Gabaldon esquisse dans ce premier tome les contours d'une intrigue des plus riches et documentées. L'histoire est abordée à travers le personnage de Frank, le mari de Claire, mais aussi par les événements que l'héroïne est amenée à vivre. L'Ecosse est un personnage à part entière, faisant l'objet de belles descriptions de sa nature, ses saisons ou encore ses moeurs. 

C'est bien simple : j'ai été complètement happée par cette histoire de voyage dans le temps, secouée comme Claire par la violence du 18ème siècle et ses problématiques, sous le charme moi aussi des écossais qu'elle rencontre, partagée qu'elle est entre la volonté de rentrer à son époque et de changer le cours du temps par sa connaissance des événements futurs. 

Difficile de ne pas trop en dire sur cette intrigue dense et riche. Je n'aurais qu'un conseil : venez nous rejoindre sous la bruine écossaise, au milieu des rébellions jacobites de la première moitié du 18ème. Vous ne serez pas déçus de ce voyage dans le temps... En attendant, moi je suis d'ores et déjà plongée dans le deuxième volet des aventures de Claire ! 

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15 novembre 2016

Agatha Raisin enquête T.1 La quiche fatale, M.C. Beaton

Agatha Raisin TAgatha Raisin enquête : La quiche fatale est le premier tome de la série consacrée à l'enquêtrice Agatha Raisin imaginée par la romancière britannique M.C. Beaton, et qui compte aujourd'hui vingt-huit titres. Publié en Angleterre en 1992, ce premier tome vient d'être traduit en français et de paraître en juin chez Albin Michel.

Alors qu'elle est une brillante et efficace chargée de clientèle londonienne, Agatha Raisin décide du jour au lendemain de quitter l'atmosphère survoltée de la ville pour le calme des Costwolds, une chaîne de collines dans le Sud-Ouest de l'Angleterre. La quinquagénaire célibataire y achète un cottage douillet et pense s'y reposer... Mais elle s'ennuie bien vite ! Pour y remédier, et malgré ses piètres talents de cuisinière, elle participe au concours de quiches organisé par la paroisse. Mais le juge du concours meurt empoisonné par sa quiche. Agatha, pour éviter d'être inculpée de meurtre, décide de mener l'enquête.

Cet été, alors que j'étais plongée dans mon mémoire, j'ai vu passer beaucoup de chroniques sur ce roman et j'ai eu moi aussi envie de succomber au charme d'Agatha Raisin. Et j'ai bien fait ! Que tremblent les dentelles, que frémissent les tasses de thé et les scones, voilà Agatha Raison, la quinquagénaire la plus dynamique de la littérature anglaise !

Amateur de cottage, de campagne anglaise, d'ambiance british et de pubs aux décors empesés, vous avez devant vous le roman parfait pour vous ! Cette Miss Marple contemporaine et non conventionnelle (elle fume et boit sans cesse !) saura vous ravir et vous entraîner dans ses aventures cocasses. La quiétude du petit village anglais au charme suranné impeccable est le théâtre d'une intrigue bien ficelée et sans temps mort. Sur fond de concours de quiches (ce qui en soi est déjà drôle) se déploient une galerie de personnages fantasques et une intrigue comique à souhait. Le genre policier est ici malmené par cette enquêtrice débutante à la logique parfois hésitante mais le tout fonctionne très bien, porté par un humour bien présent, et possède même un petit côté addictif. Avis aux amateurs : vous pourriez, vous aussi, tomber sous le charme d'Agatha Raisin...

D'autres avis sur ce roman : Alex-mot-à-motsAnneCryssilda, FondantoChocolat, Myrtille, Ollie, Sharon, etc.

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31 octobre 2016

Le protectorat de l'ombrelle T.1 Sans âme, Gail Carriger

Sans âme TSans âme est le premier tome de la série Le protectorat de l'ombrelle imaginée par l'archéologue et romancière américaine Tofa Borregaard - qui écrit sous le nom d'emprunt de Gail Carriger - paru en 2011 aux éditions Orbit. La série compte à ce jour cinq tomes.

Londres, époque victorienne. Miss Alexia Tarabotti est un cas désespérée pour sa famille : vieille fille de vingt-cinq ans sans perspective d'union à l'horizon, elle joue au chaperon pour ses demi-soeurs cadettes au potentiel plus élevé. Mais ce que ses proches ne savent pas c'est qu'Alexia n'est pas tout à fait ordinaire : la jeune femme n'a en effet pas d'âme, elle fait partie des paranaturels et possède le don d'annuler ceux des autres. A son contact, vampires, loup-garous et consorts perdent leurs attributs et redeviennent humains. Ainsi, lorsqu'elle est attaquée à un bal privé par un vampire qui semble ignorer ses capacités et qu'elle tue celui-ci accidentellement, les choses se compliquent. La Reine Victoria dépêche sur place Lord Maccon, un loup-garou écossais au tempérament ardent. Alors que les relations entre eux sont incendiaires, des disparitions inquiétantes sont signalées. Miss Alexia Tarabotti et Lord Maccon vont devoir collaborer pour démêler l'affaire.

Voilà un roman vers lequel je ne me serais jamais tournée il y a peu. La bit-lit et moi, on est loin d'être copines... Mais depuis que j'ai suivi un MOOC sur la Fantasy, j'ouvre mes horizons littéraires et sors de ma zone de confort pour partir à la découverte d'autres genres. Et autant dire que la période d'Halloween est parfaite pour ce type de lecture aux relents de vampires et de loups-garous...

Dès la couverture, le ton est donné : l'époque victorienne - rendue furieusement glamour par l'allure du personnage et le rose Barbie du titre - sera le théâtre de ces jeux de pouvoir dont Miss Alexia Tarabotti sera l'héroïne à l'ombrelle ravageuse. L'intrigue possède un fonctionnement assez classique mais avance à bon pas, portée par des premiers chapitres assez déroutants et rythmés offrant un avant-goût de l'ensemble. L'écriture est cinématographique et très visuelle et le décor assez soigné pour permettre au lecteur de s'imaginer le contexte de l'intrigue. Ce premier tome augure un univers riche dont l'auteure semble posséder toutes les ficelles. Il n'y a rien de tel qu'un univers bien construit dans lequel le lecteur a envie de se glisser. J'espère que le contexte historique sera mieux exploité par la suite, car l'époque victorienne et ses codes sont une toile de fond qui possède de beaux avantages pour une intrigue telle celle-ci.

Petit bémol en revanche pour la galerie de personnages éclipsée par le duo formé par Miss Alexia Tarabotti et Lord Maccon. L'auteure a soigné leur psychologie au détriment des personnages secondaires qui peuplent l'univers de façon quasi fantomatique. Difficile d'exister à côté de ces deux personnages charismatiques au tempérament fort  ! Mais j'espère que la suite permettra de rééquilibrer l'ensemble.

Enfin, et encore je ne suis pas spécialiste du genre, mais le style de l'auteur est soigné et confère à l'ensemble une qualité loin des clichés du genre. Si l'intrigue amoureuse est assez cousue de fil blanc, il n'en demeure pas moins qu'elle est bien amenée et assez addictive (c'est rare que je sois tenue en haleine par une histoire d'amour et que je veuille à tout prix retrouver le couple naissant au fil des chapitres mais c'est exactement ce que j'ai ressenti avec ces pages). Elle se fond avec l'intrigue principale avec finesse et les deux coexistent en bonne intelligence.

Entre steampunk et romance aux faux-airs de pastiche d'Orgueil et Préjugés, entre bit-lit qui échappe aux clichés du genre et roman fantastique,  Le Protectorat de l'ombrelle est un pur divertissement bourré de charme auquel je n'ai pas résisté bien longtemps. Deux jours de lecture et c'était bouclé ! Heureusement que la suite m'attend au chaud dans mon Kindle... Et même si c'est la troisième fois en peu de temps que je le dis (avec Miss Peregrine et les enfants particuliers et La Prophétie de Glendower), c'est rare que les séries me donnent envie de poursuivre. Ces trois-là sont donc de belles découvertes !

D'autres avis de lecteurs : Dup, Galleane, Karine:), Lou, Patacaisse, Plume de Cajou, Radicale, Syl., Vilvirt, etc.

Voilà ma quatrième et dernière participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou.

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17 septembre 2016

Les jumelles, Claire Douglas

Les jumelles, Claire DouglasLes Jumelles est le premier roman écrit par la journaliste Claire Douglas, finaliste du concours du premier roman organisé par l'édition britannique de Marie-Claire. Il paraîtra le 5 octobre prochain chez Harper Collins.

Traumatisée par le décès dix-huit mois plus tôt de Lucy, sa jumelle, Abi se remet doucement d'une tentative de suicide lorsqu'elle rencontre la flamboyante Beatrice. Cette dernière, créatrice de bijoux, habite une luxueuse maison avec des amis artistes, et son quotidien ne semble être que légèreté, insouciance et fêtes. Très vite, elle propose à Abi d'emménager dans sa collocation, ce que la jeune femme accepte immédiatement. Mais celle-ci tombe immédiatement sous le charme de Ben, le jumeau de Beatrice, ce que celle-ci accepte difficilement. Et entre les trois trentenaires, un triangle ambigu se met rapidement en place. Abi se rend compte que Beatrice possède une emprise inquiétante sur les autres membres de la maisonnée qui lui semblent tout dévoués, jusqu'à son jumeau, partagé entre les deux femmes.

Point de suspense ici, je ne vais pas vous le cacher longtemps : je suis tombée sous le charme de ce thriller, dévoré en trois jours (à peine le temps de vous indiquer que j'étais en train de le lire dans la colonne du blog que pouf ! Il était terminé !). Vous savez pourtant que ce n'est pas mon genre de prédilection, mais depuis mes lectures récentes de La fille du train et Avant d'aller dormir, j'ose sortir de ma zone de confort et me laisser surprendre. Et cette fois encore, j'ai bien fait.

Les jumelles est un huis-clos des plus réussis dans la vaste demeure de Bath de Beatrice dans laquelle elle évolue entourée de ses amis. Comme Abi, vous rentrez par la vaste porte du porche, charmé par cette nouvelle famille accueillante composée de personnalités affirmées et vous ne réussirez pas à en ressortir, envoûté par l'ambiance légère et détendue qui y règne. Impossible d'échapper au charme de Beatrice et à son quotidien fantasque et pétillant. Même lorsque ce dernier se révélera un peu moins pailleté qu'en apparence. La question de la gémellité est au coeur de cette intrigue passionnante et une fois le piège refermé, vous n'arriverez plus à lâcher ce roman, avide d'en connaître le dénouement...

La narration alterne entre une focalisation interne au personnage de Abi et une focalisation externe au personnage de Beatrice. Les chapitres se succèdent, la première personne alternant avec la troisième, et entraînent le lecteur dans une intrigue extrêmement bien ficelée. Le doute est là, à chaque page, à chaque affirmation. Car les passés respectifs de Abi, Beatrice et Ben sont assez flous et chacun semble cacher des détails de son ancienne vie. Et lorsque les choses commencent à se gâter entre les trois membres du trio, vous aurez du mal à savoir qui croire. Peut-on faire confiance à Abi, vulnérable, sous médicaments, mais qui semble aujourd'hui stable ? Et que dire de Beatrice, flamboyante et merveilleuse en apparence, mais qui se cache en un rien de temps derrière un masque de froideur des plus déconcertants ? Et qui est vraiment Ben, ce bel homme en apparence si fort, sûr de lui, qui semble trembler derrière sa soeur ?

Vous l'aurez compris : j'ai adoré ces pages. J'ai adoré m'interroger sur la personne à qui accorder ma confiance. J'ai adoré douter, à chaque événement nouveau, de tout, de tous. Claire Douglas entraîne son lecteur dans un huis-clos paradoxalement doudou et inquiétant. Entre la collocation à la Friends et le charme discret des intérieurs britanniques un rien suranné où le thé est omniprésent, des secrets dorment, bien enfouis, ou presque. Allez, foncez, vous ne le regretterez pas ! Par contre, petit conseil : ne lisez pas la quatrième qui dévoile une grande partie des rouages de l'intrigue (c'en est même étonnant a posteriori) De quoi vous gâcher le plaisir de lecture ! (grande chance pour moi : ma mémoire de moineau qui m'a fait l'oublier sitôt lue et permis de découvrir avec délice le roman).

Un grand merci à Angélique de Langage&Projets de m'avoir proposé de découvrir ce titre en avant-première.

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