Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

26 avril 2011

La Belle et la Bête, Jeanne Marie Leprince de Beaumont

9782740402290FSNous connaissons tous plus ou moins l'histoire de La Belle et la Bête... Si l'origine de ce conte remonte vraisemblablement à Apulée, il n'a connu le succès que nous lui connaissons qu'à la parution, au 18e, de la version de Jeanne Marie Leprince de Beaumont. Malheureusement, l'adaptation édulcorée de Walt Disney semble avoir davantage marqué les esprits que le conte originel...
Rendons donc hommage à cette auteure, née il y a 300 ans jour pour jour, le 26 avril 1711. 

Cette lecture est en réalité une relecture pour moi. J'avais en effet étudié ce conte durant mes années de fac, mais je ne me souvenais plus de certains aspects.
D'une lecture très rapide (12 pages A4, que je vous conseille de télécharger ici  par exemple) La Belle et la Bête n'en est pas moins édifiant. L'auteure prône les valeurs de vertu et de bonté que l'on retrouve dans bien des contes de cette même époque. L'héroïne est une jeune fille au goût simple, pleine d'esprit, qui aime les arts (musique, littérature, etc.) et semble représenter une sorte de modèle de conduite de l'époque, s'opposant ainsi à ses soeurs vénales et dénuées d'esprit.
La Belle et la Bête est un conte que j'apprécie beaucoup. Son double discours, très courant dans les contes, en fait une lecture appréciée autant par les adultes que par les enfants.

dulacbeautyapCe conte a été illustré, entre autres, par Edmund Dulac, illustrateur français naturalisé anglais (Edmund était né Edmond, c'est plus franchouillard...), qui fait partie des illustrateurs majeurs de l'âge d'or de l'illustration au Royaume-Uni, comme Arthur Rackham.
J'apprécie tout particulièrement le travail d'Edmund Dulac depuis que je l'ai découvert à la Médiathèque de Toulouse, lors de la rétrospective qui lui a été consacré fin 2008. Je vous en reparlerai très prochainement...

 Enfin,  ce conte a fait l'objet de nombreuses
adaptations adaptations cinématographiques
plus ou moins réussies,
mais celle de Jean Cocteau, réalisée en 1945, reste la plus célèbre,
avec Josette Day et Jean Marais dans les rôles titres.

Et voici ma première participation au Challenge de Will,
La littérature fait son cinéma et la neuvième au Challenge Des contes à rendre de Coccinelle !

 

Une chronique de soukee rangée dans Contes - Vos commentaires [7] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , ,


10 avril 2011

Il ne vous reste qu'une photo à prendre, Laurent Graff

9782290008942Je ne pouvais pas partir en vacances sans vous présenter ce roman de l'écrivain et archiviste français Laurent Graff, lu durant le Read-A-Thon hier...

Alain Neigel a la cinquantaine. Le jour où sa compagne M. meurt, il décide de ne plus jamais prendre de photos. Mais en voyage à Rome, un homme étrange lui propose une sorte de jeu dont la règle se résume à cette phrase : "Il ne vous reste qu'une photo à prendre"...

Derrière ce résumé parcellaire se cache un roman de grande envergure. En 118 pages seulement, Laurent Graff nous transporte dans une intrigue beaucoup plus riche qu'elle n'en a l'air.
A la fois réflexion sur la photo et sur la mort, l'intrigue bascule sans crier gare dans une dimension que je me garderai bien de vous révéler ici. C'est fort ! Très fort même ! On est totalement envoûté, sous le joug de ces axiomes qui nous concernent inéluctablement... A lire, sans attendre, sans respirer, sans s'arrêter... A lire !

coup_de_coeur_2011

Ce roman rejoint le cercle élitiste des livres que je considère comme des coups de coeur. C'est le quatrième de cette douce année 2011... Encore une très belle découverte ! Merci Tosty !

Petit florilège de mes extraits préférés (ils sont nombreux...)

"Les photos n'ont plus ce caractère crucial et définitif qu'elles avaient du temps de la photographie argentique. Bonne ou mauvaise, une photo était irrévocable et était décomptée de la pellicule. Le développement du film révélait de manière implacable, dans l'ordre chronologique, images réussies et images ratées ; impossible d'échapper à la sentence et aux statistiques." (p.7-8)

"[L]a réalité, comme un animal ne se laissant pas approcher, refusait d'être photographiée par certaines personnes et se dérobait". (p.19)

"A vouloir immortaliser des instants de vie, à vouloir arrêter le temps, j'en avais oublié notre vulnérabilité." (p.21)

"Derrière chaque photo, par-delà le plaisir et la joie, il y a la peur, peur du temps qui passe, de sa fugacité, peur de voir puis de ne plus voir, vivre puis ne plus vivre, avoir vécu et n'en avoir nulle trace démonstrative, nul souvenir tangible ; derrière chaque photo, il y a la peur de mourir, et la preuve de notre mort." (p.24)

"Chaque photo était une tentative pour la retenir, mais aussi un acte éminemment mortifère, qui la précipitait vers la mort. Je la voyais déjà d'un point de vue post mortem, de l'oeil du survivant qui fait sa provision d'images souvenir pour ses soirées d'hiver." (p.36-37)

"Je me rappelai le temps où, moi aussi, je m'abritais derrière un appareil photo, préférant à la réalité immédiate, la mise en image de cette réalité, comme une mise à distance, une prise de recul. [...] Derrière chaque photographe, il y a, en fin de compte, un grand timide qui a peur d'être au monde nu et désarmé.[...] Les photos sont des actes manqués, des paroles sous silence, des baisers refoulés, des sourires figés, des yeux qui se ferment." (p.77)

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [16] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,

31 mars 2011

Saison à Copenhague, Karen Blixen

9782070384648Etant allée visiter Copenhague il y a un mois, j'ai eu envie de découvrir la littérature danoise. Je connaissais  la baronne Karen Blixen de nom, mais n'avais encore rien lu d'elle. Née en 1885, elle épousa le baron Blixen en 1914 et partit vivre au Kenya durant près de vingt ans. Son oeuvre la plus connue, La ferme Africaine, inspira à Sydney Pollack son film Out of Africa avec Meryl Streep et Robert Redford.

Saison à Copenhague est une courte nouvelle dont l'intrigue se déroule  dans la capitale danoise lors de l'hiver 1870.  A cette époque de l'année, de nombreuses mondanités sont organisées. Karen Blixen dresse un portrait de la jeunesse dorée de Copenhague et de la noblesse campagnarde qui accoure à cette occasion. Et quand un jeune home s'éprend de sa belle cousine qui fait tourner toutes les têtes, le malheur pointe son nez.

Quelle découverte ! Karen Blixen nous offre ici, en peu de pages, une peinture sociale haute en couleurs. Dépeignant avec précision et beaucoup d'humour cette époque, elle dresse dans ici une série de portraits de la noblesse danoise et de ses travers. J'ai souris, souvent, et j'ai appris beaucoup sur la condition féminine dans ce pays. 
L'intrigue amoureuse développée illustre à merveille la dureté des codes sociaux de  cette époque et teinte la nouvelle d'une coloration shakespearienne indéniable.
Une lecture qui m'a donc séduite et qui me donne envie de découvrir davantage cette auteure.

"Avec cette conquête de la ville par la campagne, la féminité, l'univers des femmes, avait surgi comme une vague et innondé Copenhague." (p.12)

"Dans un milieu où la femme est regardée comme le soutien de la civilisation et de l'art, on a tendance à se mo48925717_pntrer un peu moins exigeant sur le chapitre de sa vertu."  (p.15)

Une nouvelle lecture que j'inscris dans le Challenge 2 euros de Cynthia.

Une chronique de soukee rangée dans Littérature danoise - Vos commentaires [9] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,

14 mars 2011

L'ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon

696941_gfComme j'en ai entendu parler de ce roman... A en croire certaines blogueuses, c'eût été sacrilège de passer à côté. Bon, j'aime Barcelone et la quatrième de ce roman m'intriguait, donc j'ai succombé (c'est rare que je résiste, vous remarquez ?)

Barcelone, 1945. Le père du narrateur emmène son fils dans un endroit aussi mystérieux que source de fantasmes : le Cimetière des Livres Oubliés. Sont entreposés ici tous les livres dont personne ne se souvient. La règle ? La première fois que l'on s'y rend, en adopter un, pour qu'il continue à vivre grâce à ce nouveau lecteur. Daniel Sempere, le narrateur, choisit un livre sans savoir que celui-ci va bouleverser sa vie. Quelqu'un veut à tout prix le récupérer tandis que ceux qui ont connu son mystérieux auteur se taisent à son sujet...

L'Ombre du vent fait partie de ces romans fleuves qui parcourent les années à partir d'une intrigue très bien ficelée. Histoire et fiction se mêlent inextricablement autour de personnages à la psychologie solide.
Si j'ai aimé me plonger dans la Barcelone de ces années là, j'ai été peut-être un peu déçue par cette lecture. Et pourtant, je crois que cette déception n'est absolument pas due au roman en lui-même mais plutôt à mes attentes par rapport à cette lecture. Je m'attendais peut-être à un roman plus fort, plus poignant, ou une intrigue plus alambiquée. Je ne sais pas...

J'ai néanmoins passé un très bon moment de lecture et trouvé la plume de Zafon poétique à souhait et son imagination assez fascinante. L'intrigue est très bien ficelée et m'a tenue en haleine tout au long du roman, jusqu'à son dénouement vraiment imprévisible. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à la nouvelle La bibliothèque de Babel de Borgès quant à ce fameux
Cimetière des Livres Oubliés. Mais je pense sincèrement que cette lecture aurait pu davantage me plaire si je n'en avais pas eu tant d'éloges si dithyrambiques.

Les avis de Cynthia, Iluze, Alex-Mots-à-Mots, Héloïze, Mazel, Choupynette et des citations choisies par L'Ogresse de Paris.

"Dans ce lieu, les livres dont personne ne se souvient, qui se sont évanouis avec le temps, continuent de vivre en attendant de parvenir un jour entre les mains d'un nouveau lecteur, d'atteindre un nouvel esprit." (p.13)

"Je pensais à mon envie de me réfugier dans son regard insaisissable, dont je craignais qu'il ne fût transparent, vide. Je pensais à la solitude qui allait m'assaillir, cette nuit, quand je l'aurais quittée, quand je n'aurais plus de stratagèmes ni d'histoires pour me concilier sa compagnie. Je pensais au peu que j'avais à lui offrir et à tout ce que je voulais recevoir d'elle." (p.235)

Une chronique de soukee rangée dans Littérature espagnole - Vos commentaires [22] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,

28 février 2011

Alchimie, Beth Fantaskey

9782702434925Autant vous le dire tout de suite, je n'ai pas choisi cette lecture : c'est une  lecture professionnelle que j'ai faite il y a quelques semaines. Par manque de  temps, je n'avais pas encore pris le temps de la présenter.
Je dois avouer aussi que,
en commençant  ce roman, je n'étais attirée ni par la couverture ni par le bandeau "Par  l'auteur de Comment se débarrasser d'un vampire amoureux ?" et que je redoutais le pire...

Alors qu'elle assiste à l'enterrement de son père, assassiné sur un parking, Jill  Jekel se lie d'amitié avec un garçon de son collège, Tristan Hyde, venue la  soutenir dans cette épreuve. Entre les deux adolescents, aux noms trop évocateurs pour être anodins, une alchimie naît peu à peu.
Lorsque Jill se rend compte que son père, chercheur en biologie, a vidé le compte en banque qui devait servir à financer ses études et que sa mère s'enfonce peu à peu dans une sévère dépression, la jeune fille décide de prendre sa vie en main et de participer à un concours de chimie. Aidé de son acolyte littéraire, elle se lance dans la recréation de la potion qu'a utilisé le célèbre Dr Jekyll pour se transformer en Mr Hyde....

Alors que j'ouvrais ce roman avec beaucoup d'a priori, j'ai été agréablement surprise. Même si les personnages possèdent peu de densité psychologique et que le style de l'auteur est plat, l'intrigue fonctionne bien.
Le suspense est au rendez-vous de ce roman qui, s'il n'est finalement qu'une réécriture moderne de Dr Jekyll et Mr Hyde de Stevenson, possède néanmoins certaines qualités indéniables.
L'alternance de points de vue à chaque chapitre (ou presque), annoncée par le nom du personnage qui prend en charge la narration, permet de dynamiser le récit et d'en apporter plusieurs éclairages. Le choix typographique de l'italique lorsque la Bête prend le contrôle du personnage est aussi une excellente façon de l'indiquer finement au lecteur.
Enfin, le fait que ce roman soit en un seul tome, et non pas le premier opus d'une série, permet d'appréhender dans sa globalité l'intrigue développée par l'auteur et de ne pas avoir une impression d'inachevé une fois la dernière page tournée.

Même si l'intrigue comporte certaines prévisibilités et que la plume de l'auteure est vraiment sans intérêt, ce roman
a le mérite de moderniser l'oeuvre de Stevenson en l'adaptant à des héros adolescents contemporains, ce qui permet de tisser un parallèle entre ces deux œuvres.

Une chronique de soukee rangée dans Romans jeunesse - Vos commentaires [10] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,


18 février 2011

Le coeur cousu, Carole Martinez

9782070379491Hathaway m'a ravie en m'offrant, à l'occasion du Swap Nouvel An 2011, Le cœur cousu, premier roman de Carole Martinez, repéré sur son blog quelques temps auparavant...

Soledad porte bien son prénom : sa vie entière n'a été que solitude. A l'aube de sa mort, elle décide de raconter l'histoire des femmes de sa famille, à commencer par Frasquita, sa mère, couturière de génie. Ayant hérité, au sortir de l'enfance, d'une magnifique boîte à couture, leur mère a consacré des heures à coudre, broder, orner tout ce qu'elle trouvait, tissus comme plaies... Mais une fois mariée, son talent a jeté  l'opprobre sur elle et sa famille, certains l'accusant de sorcellerie et de mensonge pour renier son don.
Au fil des ans et des enfants qu'elle met au monde, Frasquita abandonne la couture pour éviter toute médisance. Mais le jour où son mari, qui se lance dans les combats de coqs,  joue et perd son épouse, la vie de Frasquita et de ses enfants bascule.

Quelle plume ! Carole Martinez m'a émue à chacune de ses pages, m'emportant loin, dans cette Espagne à la chaleur étouffante. Pour un premier roman, Le coeur cousu est une petite réussite à côté de laquelle il ne faut pas passer ! J'ai éprouvé beaucoup de sensations que la lecture [Du] Soleil des Scorta de Laurent Gaudé avait fait naître en moi...
Carole Martinez manie la langue avec une finesse rare et allie celle-ci à une intrigue romanesque et originale s'il en est, entre histoire familiale et conte.
Son récit emboîté alterne les époques et les personnages avec une aisance que j'ai rarement vue. Un récit qui coupe le souffle, émeut aux larmes et fait sourire. En bref, une petite merveille !

coup_de_coeur_2011Sans aucune hésitation, je lui décerne le titre de deuxième coup de cœur de l'année 2011. Un immense merci Hathaway pour ce roman magistral ! (son avis est ici !)

Un avant-goût de la plume fantastique de Carole Martinez :

"Mon nom est Soledad.
Je suis née, dans ce pays où les corps sèchent, avec
des bras morts incapables d'enlacer et de grandes
mains inutiles.
Ma mère a avalé tant de sable, avant de trouver un
mur derrière lequel accoucher, qu'il m'est passé dans
le sang.
Ma peau masque un long sablier impuissant à se tarir.
Nue sous le soleil peut-être verrait-on par transparence
l'écoulement sableux qui me traverse.
LA TRAVERSÉE.
Il faudrait bien que tout ce sable retourne un jour
au désert." (p.7)

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [27] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , ,

03 février 2011

La mécanique du coeur, Mathias Malzieu

9782081208162FSLa mécanique du coeur est le second roman de l'écrivain et musicien Mathias Malzieu, chanteur du groupe de rock Dionysos, et a été à l'origine d'un projet plus vaste regroupant un CD et des films d'animation en guise de clips.
J'en avais beaucoup entendu parler à sa sortie en 2007, mais il a fallu attendre qu'une lycéenne se plante devant moi en me demandant de le lire pour que je le fasse passer en priorité dans mes lectures...

Édimbourg, 1874. Par la nuit la plus froide de l'hiver, naquit le petit Jack. Sa jeune mère disparaît dans le froid tandis que Madeleine, la sage-femme qui l'a mis au monde, répare son cœur gelé. Pour permettre au petit Jack de vivre, elle lui greffe une horloge à la place du cœur.
Le petit Jack grandit, et cette bizarrerie anatomique l'empêche de se faire adopter par des parents aimants. Le jeune garçon reste avec Madeleine. Jusqu'au jour où il rencontre une petite chanteuse qui chamboule son fragile équilibre et met en péril sa santé : la mécanique de son cœur ne lui permet aucune émotion forte. L'amour lui est interdit !
Mais le jour où la petite chanteuse disparaît sur les routes pour rejoindre son Espagne natale, Jack n'écoute plus son cœur et se lance seul dans un périple amoureux...

Quel joli conte ! J'ai lu d'une traite ce court roman, me laissant entraîner dans cette histoire merveilleuse aux allures de Tim Burton.
Mathias Malzieu écrit très bien (ça, je m'en doutais vus les textes de Dionysos...) et fait preuve d'une étonnante imagination avec ce roman.
Le récit alterne entre fiction et réalité (le petit Jack croise sur son chemin le terrifiant Jack l'Éventreur et Méliès), porté par une ambiance au charme suranné.
L'histoire d'amour entre les deux personnages, Jack et la petite chanteuse, semble être frappée par le sceau de la fatalité... Je n'en dirai pas plus, promis ! Si ce n'est que je vous encourage vivement à le lire...

Edit du 10 février 2014 : en bonus, la bande-annonce 

de Jack et la mécanique du coeur, réalisé par Stéphane Berla et Mathias Malzieu,

sorti le 5 février.

 

 

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [24] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,

29 novembre 2010

Clara Militch, Ivan Tourguéniev

claraVoici une nouvelle qui m'a attiré l'œil par sa couverture très accrocheuse (c'est  pourtant rare que je succombe à cet argument !) et qui m'a permis de découvrir Tourguéniev. Parfait !

Jacques Atarov, un jeune homme de vingt-cinq ans timide et peu sociable, rencontre un soir dans une soirée mondaine une jeune actrice du nom de Clara Militch. Lorsque celle-ci tente de lui parler en tête-à-tête, le jeune homme maladroit la repousse.
Malgré sa culpabilité, il oublie peu à peu la jeune femme, jusqu'au jour où il apprend le suicide de Clara, que certains mettent sur le compte d'un chagrin amoureux. Le jeune
homme, fou de douleur,  va alors tenter de comprendre cette femme et les raisons qui l'ont poussée à se donner la mort.

Courte nouvelle très agréable à lire, Clara Militch est l'histoire d'un amour impossible par-delà la mort. Tourguéniev entraîne son lecteur dans cette intrigue à la fois simple et bien menée. Les personnages ont la naïveté et la fraîcheur de la jeunesse qui rend leur histoire à la fois tragique et empathique.
Une très bonne lecture, encore une fois avec cette collection, qui me permet de découvrir un auteur que je n'avais jamais lu et ajouter certains de ces livres à mes lectures futures !

46247012_p russie

Une lecture de plus pour le Challenge 2 euros de Cynthia et pour le Défi "Une année en Russie" de Pimpi.

Une chronique de soukee rangée dans Littérature russe - Vos commentaires [5] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,

16 octobre 2010

Le plus bel âge, Joanna Smith Rakoff

9782258081345FSLe plus bel âge est le premier roman de l'américaine Joanna Smith Rakoff, publié en France en 2010 aux Presses de la cité.

Une bande d'amis depuis l'université évolue  à New York. Entre ces quatre filles et ces deux garçons - Lil, Sadie, Beth, Emily, Tal et Dave - les amitiés se nouent et se dénouent au fil du temps, au même rythme que leurs amours. Entre mariages et licenciements, amours non partagées et déceptions, ces six jeunes adultes grandissent ensemble...

Annoncé comme un roman d'apprentissage, Le plus bel âge se présente comme une peinture sociale d'une génération, entre promesses et désillusions.
Non sans rappeler Bret Easton Ellis et Jay Mcinerney, Joanna Smith Rakoff nous livre ici un roman dense à multiples facettes.
Porté par un rythme parfois très lent, il amorce des problématiques assez ethnocentrées qui ne tendent pas à une forme d'universalité, comme le laisse entendre la quatrième. Des tragédies personnelles aux doutes existentiels en passant par les amours compliquées de cette bande de jeunes adultes, ce roman oscille entre littérature sentimentale et réflexion plus profonde sur le monde d'aujourd'hui.
Si j'ai été portée par la première partie de ce récit, je dois avouer que je me suis ennuyée à la longue, ne parvenant ni à m'identifier aux personnages principaux ni à m'intéresser à leurs petits états d'âme.
Une lecture que je ne regrette absolument pas car elle m'intéressait de prime abord, mais qui ne me laisse pas un grand souvenir une fois la dernière page tournée...

Je tiens à remercier  logo2et les éditions presses_de_la_cit_ pour ce roman reçu dans le cadre de l'Opération Masse Critique.


Le plus bel âge par Joanna Smith Rakoff

Le plus bel âge
Joanna Smith Rakoff

Critiques et infos sur Babelio.com

Une chronique de soukee rangée dans Littérature américaine - Vos commentaires [9] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,

21 septembre 2010

Soie, Alessandro Baricco

9782226088819FSCela faisait longtemps que je voulais lire ce court roman d'Alessandro Baricco, publié pour la première fois en France en 1997. Après avoir longuement réfléchi, j'ai décidé de le classer non pas en littérature italienne (où il aurait tout à fait sa place) mais en littérature japonaise, même si l'appellation"littérature sur le Japon" serait plus appropriée (mais dans ce cas là, je ne m'en sortirai pas des catégories !)

1861. Hervé Joncour s'occupe d'acheter et de vendre des vers à soie pour les filatures du petit village de Sud de la France où il vit, paisiblement, avec son épouse.
Alors qu'il commerce d'ordinaire avec des pays méditerranéens, cette année, une dramatique épidémie s'abat sur les vers à soie et leurs précieux œufs.
Pour sauver son village de la ruine, Hervé s'embarque pour le Japon, où, dit-on, les vers à soie sont saufs.
Une fois là-bas, il fait la rencontre d'une jeune occidentale envoûtante...

Qu'il est difficile de ne pas en dire trop ! La longueur de ce roman ne me permet pas de développer outre mesure son intrigue, sous peine d'en dévoiler ce qui fait son essence.
Je vais donc rester évasive, et vous parler plutôt des sensations que j'ai éprouvées durant cette lecture. Beaucoup de plaisir, déjà, à la découverte de la plume de Barrico, imagée et poétique à souhait. Un sentiment bizarre d'immersion totale dans cette intrigue dramatique empreinte de poésie.
Malgré les 120 pages de son roman, Alessandro Baricco nous entraîne dans un univers de lenteur où certains gestes sont décortiqués à l'extrême. Paradoxalement, les années passent rapidement, rythmées par certaines répétitions, tant dans l'intrigue que dans la narration... Je n'en dirai pas plus !
Se plonger dans ce roman c'est comme embarquer avec Hervé Joncour pour le Japon, contrée inconnue et ô combien source de fantasmes au XIXe.
Petit florilège des citations qui m'ont marquée :

"On était en 1861. Flaubert écrivait Salammbô, l'éclairage électrique n'était encore qu'une hypothèse et Abraham Lincoln, de l'autre côté de l'Océan, livrait une guerre dont il ne verrait pas la fin." (p.7)

"Elle pleuvait, sa vie, devant ses yeux, spectacle tranquille." (p.36)

"Elle gardait les lèvres entrouvertes, on aurait dit la préhistoire d'un sourire." (p.53)

Une chronique de soukee rangée dans Littérature japonaise - Vos commentaires [13] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , ,