Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

22 mars 2015

Le baby-sitter, Jean-Philippe Blondel

Le baby-sitter, Jean-Philippe BlondelLe baby-sitter est le dixième roman de l'écrivain et prof d'anglais Jean-Philippe Blondel paru en 2010 aux éditions Buchet / Chastel. 

Jeune étudiant en première année d'anglais, Alex est obligé, devant son frigo désespérément vide, de chercher un petit boulot. Il en vient un peu par hasard à faire du baby-sitting, commençant tout d'abord par garder les enfants de Mélanie, la boulangère. Mais progressivement, le jeune homme croule sous les demandes. Car avec sa faculté à écouter les autres et son empathie naturelle, Alex bouleverse peu à peu, et sans même s'en rendre compte, la vie de ceux qu'il croise. 

Acheté il y a presque quatre ans jours pour jours au Festival Encres Vives à Provins, Le baby-sitter dormait encore paisiblement dans ma PAL avant que je ne décide de l'en sortir sur un coup de tête (vous avez vu, je tiens toujours  mes résolutions de nouvelle année !). Et j'ai rudement bien fait...      
Comme chaque fois que j'ouvre un roman de Jean-Philippe Blondel, j'ai passé un excellent moment en compagnie de ses personnages. Comme une bouffée d'air frais, un élan d'humanité et de générosité qui font du bien.     
Le personnage d'Alex est à la fois touchant et porteur d´un optimisme sans pareil. Il apporte un peu de légèreté aux  familles avec qui il travaille, sans même s'apercevoir du bien qu'il fait autour de lui grâce à sa fraicheur et son authenticité.    
Mais attention, pas de mièvrerie gratuite ni de monde des Bisounours dans ce roman (vous savez à quel point j'y suis allergique !) mais du partage et de l'espoir, de l'entraide et de la solidarité. Jean-Philippe Blondel nous offre ici un portrait d'un jeune d'aujourd'hui auquel il est aisé de s'identifier - dans ses galères financières ou amoureuses - et fait éclore une solidarité intergénérationnelle belle à voir. Tout n'est pas rose ni simple, pour Alex et les autres personnages qui gravitent autour de lui, mais l'espoir demeure. Et c'est cette ode à la vie qui fait finalement tant bien.       
Alors, encore une fois, merci Jean-Philippe Blondel pour cette parenthèse de lecture que l'on referme plus léger !

"Dans ses yeux, il y a de la douceur - et un point très précis où le désespoir semble engloutir toute la lumière." (p.43)

"Alors, c'est toi qui ne dois être présent au monde que par intermittence." (p.49)

"Trois autres soirs, il y Marion - plutôt une cascade impetueuse qu'un long fleuve tranquille, elle veut tout et son contraire, elle jure son attachement et elle le renie trois minutes  plus tard, elle est un peu perdue, et lui aussi - ils s'apprivoisent sans douceur." (p.70)

"Parce que c'est encore plus rare, le lendemain, de marcher avec la certitude qu'il y a sur terre des gens qui vous font du bien et qui ne s'en rendent pas compte." (p.91)

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18 mars 2015

En silence, Audrey Spiry

En silence, Audrey Spiry

En silence est le premier album de la jeune dessinatrice Audrey Spiry paru en juin 2012 chez Casterman.

Ils sont six à partir pour une journée d'initiation au canyoning dans un paysage superbe et isolé. Un jeune couple et une famille avec deux enfants. De plongeons en glissades, ils descendent la gorge, accompagnés de leur moniteur.      
Au détour d'un embranchement, Juliette, la jeune femme du couple, perd le groupe. Et alors qu'elle part à leur recherche, elle s'égare un peu. Et de questionnements en tâtonnements, Juliette en vient à partir à la recherche d'elle-même.

En silence est un album haut en couleurs dans lequel il est très agréable de s'immerger.      
Le scénario assez classique de récit d'une journée bascule très rapidement lorsque le personnage de Juliette s'égare, et prend une tournure intime. Dans les m
éandres de la gorge, la jeune femme s'interroge sur qui elle est vraiment et où la mène sa relation de couple. D'errance physique lors d'une journée ensoleillée de vacances, l'intrigue bascule dans une errance personnelle et introspective. Juliette part littéralement à la recherche d'elle-même, portée par l'élément aquatique.      
L'eau, personnage à part entière de cet album, bénéficie d'un traitement à part. Elle est vivante, vibrante, pleine de vie. Parfois accueillante, d'autre fois dangereuse, elle n'est pas sans rappeler le liquide amniotique.      
De cette recherche au plus profond d'elle-même à travers les courbes de cette eau vive, Juliette en ressors grandie, lavée. Transformée à jamais. On peut penser au Voyage au centre de la Terre de Jules Verne, c'est sûr, mais les dessins d'Audrey Spiry sont là pour magnifier un texte rare.        
Bref, un album poétique et introspectif à découvrir. Laissez-vous tenter. Plongez vous aussi dans le silence de cet album et laissez-vous porter par cette eau tumultueuse. Peut-être en ressortirez-vous différent, qui sait ?

C'était ma BD de la semaine chez Noukette aujourd'hui et ma 63e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (15/20)

  Top BD

Planche 1 En silencePlanche 2 En silence

Planche 3 En silence

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16 mars 2015

Nos vies désaccordées, Gaëlle Josse

Nos vies désaccordées, Gaëlle JosseNos vies désaccordées est le deuxième roman de la diplômée en droit, en journalisme et en psychologie clinique Gaëlle Josse, paru en mars 2012 chez Autrement et récompensé du Prix Alain-Fournier en 2013

François est un jeune pianiste célèbre qui parcourt le monde au gré de ses tournées. Un jour, il apprend que la femme qu'il a tant aimée et quittée subitement, Sophie, est internée depuis plusieurs années dans un hôpital psychiatrique.       
Mu par l'envie de la revoir, François met sa carrière en pause et abandonne tout pour la retrouver. Plongé dans ses souvenirs, il part à la rencontre de son ancien amour, qui passe ses journées à écouter inlassablement les enregistrements de ses concerts.

Découvert dans le colis du Swap de Printemps que m'avait offert Mrs Pepys, Nos vies désaccordées fait partie de ces romans qui vous chavire, qui vous bouleverse, qui vous hante. Cette histoire d'amour puise dans les tragédies classiques sa force et sa puissance et nul lecteur ne peut en sortir indemne.      
François se livre au fil des pages, raconte son histoire, sa carrière, ses succès, son amour pour Sophie, aussi. Son envie de la revoir, de la retrouver. Malgré son état. Malgré son mutisme. Parce que la seule chose qui la relie au reste du monde est la musique de son ancien amant, qu'elle écoute à longueur de journée.      
En 123 pages, Gaëlle Josse réussit à faire jaillir un flot d'émotions, par vagues plus ou moins intenses, à l'image de la musique de François. La narration à la première personne prise en charge par celui-ci entraîne le lecteur dans ses doutes, dans son ressenti. Et s'il était responsable de l'état de Sophie ? Et s'il avait pu agir différemment pour éviter tout cela ?      C'est beau, très beau. Mais immensément triste aussi. Un roman bouleversant porté par une très belle plume. Une excellente découverte.

"La vie légère comme une hirondelle, parfois." (p.14)

"Vit-on ailleurs qu'en exil ?" (p.22)

"J'avais choisi de partir en tournée en préférant croire que les choses allaient s'arranger et en évitant de faire face à ce qui m'était impossible d'accepter, l'effondrement de la seule femme que j'ai aimée. Trop aimée pour admettre qu'elle ne pourrait plus jamais être la même. Trop aimée pour admettre que depuis toujours, elle avançait sur un fil tendu au-dessus de ses abîmes." (p.38)

"Sophie, lente et fulgurante, volubile et silencieuse, désinvolte et grave, désarmante de sincérité. Sophie. Ma tempête."(p.64)

"Avec mes soeurs, elles constituaient une figure féminine unique, shivesque et protéiforme." (p.117)

"Je voudrais demeurer ainsi avec Sophie dans cette sensation retrouvée, sa main dans la mienne, ensemble portés par les vagues de nos existences, l'écorces de nos peurs rompue. J'ai toute la vie pour y arriver." (p.123)

 

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06 mars 2015

Hérétiques : Le mystère Isolde, Philippa Gregory

Hérétiques T.1 Le mystère IsoldeHérétiques : Le mystère Isolde est un roman jeunesse de l'auteure de fictions historiques Philippa Gregory, notamment connue pour son roman The Other Boleyn Girl adapté au cinéma sous le titre Deux soeurs pour un roi.

Italie, 1453. Le prêtre novice Luca Vero est mandaté dans un couvent non loin de Rome pour résoudre une sombre affaire. Les soeurs semblent y être frappées de folie et la jeune abbesse, Isolde, accusée d'être à l'origine de ces troubles.

De Philippa Gregory, j'avais lu et apprécié L'Héritage Boleyn. Je pensais retrouver dans ce roman les caractéristiques qui m'avaient séduite dans ce roman : éléments historiques, intrigue rudement bien ficelée, suspense et, il est vrai, un brin de romance.   
Mais ma déception a été grande puisque je n'ai quasi rien retrouvé de tout ça, hormis la romance ô combien prévisible entre les deux personnages principaux. Le mystère Isolde souffre d'une intrigue molle et prévisible et de personnages caricaturaux et anachroniques.   
Luca et Isolde, les deux héros, sont des personnages du XXIe siècle. Leur psychologie est grossière et souffre de contradictions historiques invraisemblables. La jeune fille est émancipée, féministe avant l'heure, tandis que le jeune prêtre porte un regard sur la vie bien loin de ce qu'on peut imaginer venant d'un adolescent élevé en monastère depuis son plus jeune âge.   
Rajoutez à cela la prévisibilité de l'intrigue, sa mollesse, et le fait qu'une fois le mystère résolu au couvent, l'intrigue prenne un tout autre tournant, entraînant les jeunes héros sur les routes, à la découverte de nouvelles aventures et vous comprendrez la construction bancale du roman. 
Enfin, j'ai frôlé l'indigestion des détails historiques.E t pourtant, j'adore ça. Mais avec ce roman, Philippa Gregory semble oublier toute finesse dans l'art d'intégrer subtilement des détails historiques à une intrigue, sans noyer son lecteur. C'est lourd, si lourd, que le lecteur ne peut que sortir de l'intrigue et avoir l'impression de suivre un exposé sur la vie quotidienne au XVe.   
Bref, un roman ennuyeux et prévisible qui me fait douter d'ouvrir à nouveau un ouvrage de cette auteure.

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15 février 2015

Une adoration, Nancy Huston

Une adoration, Nancy HustonUne adoration est le dixième roman de la femme de lettres franco-canadienne Nancy Huston paru en 2003 chez Actes Sud.

Le comédien Cosmo est mort, un couteau planté dans le thorax. Pour comprendre ce qui s'est passé, son entourage vient témoigner. Elke, la maîtresse passionnée, Fiona, la fille de celle-ci et grande admiratrice du comédien, Frank, son frère, haineux et envieux, Josette, la mère éplorée, Jonas, l'amant de la dernière heure, le choeur de femmes qu'il a aimées mais aussi la passerelle qui l'a vu improviser ses premiers sketches, le couteau qui l'a tué, la baguette de pain ou encore le Cèdre du Liban qui interviennent à un moment de l'intrigue. Au tribunal où le lecteur est juge défile cette drôle de galerie, pour comprendre qui était Cosmo. Quelle était sa vie. Et ce, jusqu'à l'inévitable...

Je connaissais Nancy Huston de nom mais ne savais pratiquement rien de cette auteure. Après cette première lecture, je sais dorénavant deux choses : non seulement Nancy Huston est une femme de lettres talentueuse, mais aussi que je vais désormais tâcher de découvrir son oeuvre. 
Une adoration est un roman original dans son intrigue comme dans sa construction. De Cosmo, le personnage principal, nous ne saurons que ce que ses proches veulent en dire. Nous n'en aurons qu'une vue biaisée par leur prisme, par leurs regards. De l'amante éplorée à la mère vindicative en passant par les anciennes maîtresses éconduites ou l'ancien amant, chacun porte en lui sa vision du comédien, selon les rapports qu'il entretenait avec lui et ce qu'il a pu saisir de sa personne.  
Dans ce tribunal qu'est le roman, à la barre duquel chacun défile, la vie de Cosmo s'étire donc sous les yeux du lecteur ébahi, pris à parti par chacun sous le terme de "Votre Honneur". Les émotions se succèdent, selon les interventions de chacun, du rire aux larmes, de la colère à l'incompréhension. Et pas une seule fois le pauvre Cosmo ne pourra rétablir sa vérité.   C'est bien le comble : même les personnages décédés interviennent dans cette histoire. Tous, sauf lui...
L'humour est là, lorsque la baguette de pain ou la passerelle prennent la parole, lorsque les personnages, lassés d'attendre leur tour, veulent eux aussi être sous les feux des projecteurs et exigent la parole. 
De ce petit théâtre où chacun se bat pour exister et parler de son Cosmo, le lecteur est spectateur impuissant. Et si le postulat de départ est la mort du comédien, le lecteur peut néanmoins sentir l'émotion palpable, derrière les diverses interventions, et la réticence à avancer davantage dans le temps. Comme si évoquer à nouveau le décès de Cosmo était trop dur pour chacun des personnages. Mais la vérité doit éclater : qui a réellement tué Cosmo ? 
Je ressors absolument enchantée de ce roman polyphonique. Les voix des différents personnages résonnent encore une fois la dernière page tournée et c'est avec regret que j'ai refermé ce drôle de roman vibrant d'énergie et tourbillonnant.
Mais je ne quitte pas Nancy Huston pour autant et me replonge dans un autre de ses livres, un essai cette fois : Reflets dans un oeil d'homme. Merci Flo pour cette chouette continuité !

"On fait ce qu'on veut, ce qu'on peut, n'est-ce pas, avec les souvenirs qui nous constituent..." (p.49)

"Souvent, quand je flâne à Montparnasse, je vois tous ces gens en train de boire, de rire et de bavarder à la terrasse des cafés et je me dis que chacun d'eux, bricolant au petit bonheur la chance, construit dans sa tête le récit de sa vie, l'enchaînement particulier de choses, de jours, de lieux et d'êtres grâce auquel il se reconnaît en se réveillant le matin, oui, tous ces milliers de gens intégreront à l'histoire de leur vie cette soirée passée à la terrasse de tel ou tel café." (p.292)

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05 février 2015

Le plus petit baiser jamais recensé, Mathias Malzieu

le plus petit baiser jamais recenséLe plus petit baiser jamais recensé est un roman du musicien et écrivain montpelliérain Mathias Malzieu paru en 2013 chez Flammarion.

Un inventeur en mal d'amour échange un jour un baiser éclair avec une femme qui disparaît aussitôt. Sous le charme de ses sens, il part à sa recherche. Aidé d'un vieux détective et de son perroquet apprivoisé, il va tout faire pour retrouver celle qui se volatilise quand on l'embrasse.

Ouvrir un roman de Mathias Malzieu, c'est se plonger à coup sûr dans un univers au charme singulier. Un brin mélancolique et suranné. Un tantinet barré et sombre. Complètement poétique et fantasque.  
J'avais aimé La mécanique du coeur, lu il y a quelques années, mais je n'avais pas ouvert un livre de Malzieu depuis. 
J'ai retrouvé avec plaisir son monde, son côté rock et barré dans ce roman qui se présente comme une suite métaphorique de La mécanique du coeur. Le héros de cette nouvelle intrigue a encore une fois le coeur brisé et souffre des méandres de l'amour. Le lecteur suit sa drôle d'enquête pour retrouver la femme invisible de ses rêves, à coup d'inventions farfelues et de trouvailles improbables.
On ne peut que penser à Boris Vian et son Écume des jours et à Michel Gondry et ses petits trucages et bricolages rigolos (surtout que Gondry a adapté en 2013 L'Écume des jours). C'est drôle, onirique et très inventif, à l'image de la plume de Malzieu. 
Mais... Mais en étant complètement honnête, si la teneur poétique de l'écriture de Mathias Malzieu est indiscutable, on pourrait néanmoins reprocher à celle-ci d'être un peu trop chargée en figures de style pour être fluide et simplement belle. Comme si l'auteur avait trouvé sa patte et la déclinait au fil de ses histoires. Comme si - je vais loin en disant ça - Mathias Malzieu se regardait faire du Mathias Malzieu. Les figures de style se succèdent -et notamment les oxymores- et rendent parfois l'ensemble un peu indigeste, un tantinet prétentieux. La cohérence se perd malheureusement au fil du conte et s'égare dans les méandres des mots. Comme si ceux-ci prenaient finalement le pas sur l'intrigue.
Une lecture en demi-teinte, donc. Un ensemble très imagé qui perd en fluidité et une histoire d'amour impossible qui pourrait être attachante et tendre mais qui souffre des jeux de style de son auteur. Je referme ce roman sans avoir compris pourquoi la belle disparaissait à chaque baiser. Était-ce l'essentiel, me direz-vous ? Peut-être pas... Mais cela m'a finalement gênée. Et si Malzieu soulève toujours autant d'enthousiasme à chacune de ses parutions, je m'en réjouis pour lui. Mais je crois que pour ma part, je suis moins sensible à son écriture et passerai désormais mon chemin. 

D'autres avis : Jostein, Lasardine, Liliba, Mélo, Yuko, etc.

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26 janvier 2015

Opium, Maxence Fermine

Opium, Maxence FermineOpium est le quatrième roman de l'écrivain Maxence Fermine paru en 2002 chez Albin Michel.

Londres, 1838. Charles Stowe, négociant en thé, décide d'embarquer pour la Chine, afin de suivre la route du thé et découvrir les merveilles que les occidentaux ne connaissent pas encore.
En chemin, sa route croise celle de Loan, une belle chinoise qui le fascine. Mais elle croise aussi celle de l'opium et de ses dangers.

J'ai découvert Maxence Fermine avec son premier roman, Neige, une de mes grosses claques littéraires de ces dix dernières années. Je n'avais pas réouvert un de ses livres depuis et j'avais adoré découvrir Opium dans mon colis du Swap de Printemps concocté par Mrs Pepys.
Malheureusement, la magie n'a pas opéré comme pour ma première incursion dans l'oeuvre de Fermine. Opium suit le même type de construction narrative, se déroule au même siècle, et si l'écriture est tout aussi poétique et musicale,  la comparaison avec Neige est évidente.
Impossible de ne pas y penser lorsqu'on découvre ces lignes. Et malgré un dénouement inattendu et une révélation intéressante, l'intrigue n'est pas aussi accrocheuse que celle du premier roman de l'auteur.
L'ensemble reste néanmoins très agréable à lire. Maxence Fermine excelle dans le maniement des mots et dans le rythme de ses phrases, toujours aussi poétiques. Son incursion sur la route du thé et son histoire est des plus intéressantes, il faut bien l'avouer. Mais j'attendais plus.
C'est peut-être idiot. C'est toujours le problème d'un premier roman excellent et qui a fait parler de lui - Neige est traduit en dix-sept langues - qui force la comparaison.
Alors j'avoue : je ne suis pas impartiale avec Opium. Si vous n'avez lu aucun des deux, je vous conseille donc de commencer par celui-ci, pour le découvrir avec un oeil neuf, et de dévorer ensuite Neige.

Voici ma première troisième participation au Reading Challenge 2015 :

11 Un livre dont le titre n'est composé que d'un seul mot

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Mrs Pepys

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24 janvier 2015

Amis, amants, chocolat, Alexander McCall Smith

Amis, amants, chocolatAmis, amants, chocolat est le deuxième tome des aventures d'Isabel Dalhousie, la pétillante rédactrice en chef d'une revue philosophique et enquêtrice à ses heures perdues, écrit par l'écossais Alexander McCall Smith et publié en 2006 aux Éditions des 2 Terres.

Edimbourg. Ian, un ancien psychologue ayant subi une greffe du coeur, est hanté par des visions. Celles d'un jeune homme dont il ne connaît pas le visage mais qu'il suspecte être son donneur. Tourmenté, Ian demande à Isabel de lui venir en aide. Cette dernière, intriguée, se demande si la mémoire cellulaire est une réalité ou si Ian souffre d'autres troubles.
En parallèle, notre brillante quadragénaire est tiraillée. Jamie, un de ses proches amis musicien, se voit proposer un poste loin d'Edimourg. Et la perspective de ne plus avoir Jamie à ses côtés interpelle Isabel. Ne serait-ce pas un sentiment amoureux qui se cache sous cette apparente angoisse ?

Un vrai régal que ce deuxième tome, à l'image de sa couverture ! Un brin doudou, c'est sûr... On y retrouve Isabel, à Edimbourg, ville chère à mon coeur, et cette nouvelle intrigue est l'occasion pour la cartésienne de s'interroger sur cette notion de mémoire cellulaire. Le lecteur suit son cheminement, jamais indigeste, jamais élitiste, et accompagne sa pensée au fil de ses errements.
Les affres des relations amoureuses de Cat, la nièce d'Isabel, et de celle-ci, offrent une parenthèse plus légère à l'ensemble.
L'Ecosse est mise à l'honneur au fil des déambulations de notre philosophe préférée, et c'est un bonheur de la suivre au fil de ses réflexions et de voyager à ses côtés dans cette ambiance si authentique sous la plume d'Alexander McCall Smith.
Encore un bon moment de lecture grâce à cet auteur. Après Les chroniques d'Edimbourg, cette série est une petite douceur à savourer, c'est indéniable. Une ode à l'Ecosse et à ses richesses.

Les avis de FondantOchocolat et CottageMyrtille sur ce roman.

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17 janvier 2015

Le Livre de Perle, Timothée de Fombelle

Le livre de PerleLe Livre de Perle est le dernier roman de l'écrivain et dramaturge français Timothée de Fombelle paru en novembre 2014 chez Gallimard et couronné de la Pépite Roman Ado Européen au dernier Salon du Livre de Montreuil.

Trois vies tissées, trois destins liés comme trois fils emberlificotés. Celui d'un jeune garçon de quatorze ans, passionné de photo qui, lors d'une fugue, rencontre un vieil homme dans une cabane au milieu des bois. L'histoire, ensuite, de cet homme, Joshua Perle, de son silence et de sa solitude, du mystère qui entoure les étranges valises amoncelées dans sa cabane, témoins de sa vie de roi d'un conte de fées chassé de son royaume par un frère tyrannique et condamné à l'exil. Le destin, enfin, d'Olia, la fée dont il est éperdument amoureux, et qui a renoncé à ses pouvoirs pour le suivre dans notre monde.

Parler de ce livre n'est pas aisé. Je viens juste de le terminer, et pour une fois, j'ai envie vous en parler tout de suite. J'en ressors ébranlée par tant de beauté et de poésie. C'est dire...
Timothée de Fombelle signe ici un bijou. Et je pèse mes mots. Un bijou tant dans sa forme que dans son contenu. Car si mon résumé peine à rendre hommage à son intrigue, il serait dommage de passer à côté de ce roman qui dérive vers le conte de fées sous prétexte que c'est un sujet commun. Je vous l'affirme haut et fort : Le Livre de Perle ne ressemble à rien de ce que vous avez pu lire auparavant.
Dès la première page, ce roman vous entraîne dans la vie tourmentée de Joshua Perle. Sa vie dans notre monde, dans la boutique de guimauves de ses parents adoptifs avant la guerre et son entrée dans la Résistance, mais aussi sa vie dans son monde, où il se nomme Ilian, prince déchu d'un royaume pris dans la tourmente. Son amour impossible avec la fée Olia, qui le conduit à sa perte, est le lien entre ses deux destins, ses deux vies tremblantes et fragiles dans les deux mondes.

Ancien prof de lettres, Timothée de Fombelle manie les mots tel un magicien et offre à son roman une poésie enchanteresse à laquelle il est difficile de se soustraire. Ses phrases coulent, lumineuses et vibrantes, rythmées et chantantes, et portent l'intrigue de façon remarquable.
Le roman possède une construction savamment étudiée qui entraîne le lecteur dans la vie de ces trois personnages, entre ces deux mondes, à travers les époques. La narration change de point de vue, tantôt à la première personne, tantôt à la troisième. Et le lecteur de se demander qui est derrière l'ensemble...Coup de coeur
Difficile d'en dire plus si ce n'est que je comprends, enfin et après tout le monde, pourquoi Timothée de Fombelle est reconnu pour être un des auteurs pour la jeunesse les plus talentueux de sa génération. Je n'ai qu'une envie : découvrir son oeuvre au plus vite... Et je sors tellement bouleversée par cette très belle lecture que je me refrotte à l'idée de coups de coeur. Comme quoi...

"L'imaginaire de chacun est pour moi unique et impossible à dupliquer. Une réserve, un sanctuaire intime. Dans chacune de nos têtes, des bestioles étranges, un herbier et de petits peuples, mais je ne suppportais pas les fées ou les farfadets qui se promenaient d'une tête à l'autre comme des poux. Pourquoi se laisser imposer des créatures inventées par d'autres ?
Mais les histoires nous font changer. Et certaines rencontres nous retournent sur le dos comme des tortues. Elles nous obligent à nous laisser faire.
" (p.260)

"Les histoires nous inventent." (p.285)

L'avis de Faelys et de Jérome sur ce roman.

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05 janvier 2015

Bridget Jones Folle de lui, Helen Fielding

Bridget Jones Folle de lui, Helen FieldingPublié quatorze ans après le deuxième tome des aventures de Bridget Jones, Folle de lui en est une suite des moins... surprenante ! On ne présente plus le personnage loufoque de Bridget, imaginé par la romancière et femme de lettres anglaises Helen Fielding et incarné à l'écran par Renée Zellweger.

Bridget n'a plus trente ans mais la cinquantaine. Elle s'est enfin mariée avec son grand amour, Mark Darcy, mais celui-ci est mort, quatre ans plus tôt, alors qu'il était en mission à l'international.
Désormais veuve et mère de deux enfants en bas âge, Bridget n'en demeure pas moins toujours aussi gaffeuse et fleur bleue. Mais se caser avec un homme qui a la moitié de son âge, tout en essayant d'être une mère courage, ce n'est pas de tout repos et Bridget en fait rapidement les frais...

Que de polémiques à la sortie de ce troisième tome des aventures de Bridget ! Non seulement Helen Fielding a eu l'audace de faire mourir Mark Darcy (oui madame, le beau Mark Darcy n'est plus... Heureusement que Colin Firth est éternel dans les adaptations ciné !), mais en plus elle a transformé Bridget en cougar éhontée qui n'hésite pas à s'enticher d'un toy boy dont elle pourrait être la mère. De quoi faire hurler au scandale les aficionados du couple Bridget/Darcy, et surtout de la Bridget complexée et mièvre dépeinte dans les deux premiers tomes.
Bref, si vous cherchez à savoir si ce roman vaut vraiment le détour, passez votre chemin. Je ne suis en effet malheureusement pas du tout objective sur la question, ne tente pas de l'être et ne le prétend surtout pas. Bridget est la seule chick lit que je lis et je pardonne tout à ces romans du seul fait de son personnage hilarant et de mes souvenirs de lecture du temps où j'étais lycéenne.
Malgré le revirement de situation - pensez, nous n'aurons jamais connu Bridget et Darcy heureux... -, j'ai quand même abordé ce livre avec enthousiasme, certaine d'y trouver ce que j'étais venue y chercher. C'est-à-dire tout simplement une détente efficace aux côtés d'un personnage bourré d'auto-dérision et qui, l'air de rien, porte en elle une part d'universel dans ses questionnements et ses fragilités.   
La narration alterne le présent et le passé, lorsque Bridget débute son aventure avec son toy boy. La mort de Darcy, si elle est véritablement esquissée, apporte une pointe de gravité à l'intrigue et offre - si si ! - un côté touchant à Bridget. Il est question de deuil, de perte et d'amour, bien sûr, mais ça reste Bridget. Donc les quelques égarements lacrymaux sont brefs et détonnent presque dans l'ensemble. Mais il était impossible à Helen Fielding de ne pas les glisser pour éviter de trahir la psychologie de notre* chère Bridget, affreusement amoureuse de son Darcy (* vous avez remarqué comme j'emploie le notre comme si Bridget appartenait à sa communauté de lecteurs ? C'est peut-être à cause de cet attachement que certains se sont senti trahis par ce troisième tome).
Pour ma part, malgré l'évident coup marketing de ce retour de Bridget, j'ai quand même franchement ri avec ce roman. Quelques blagues un tantinet scabreuses m'ont néanmoins déroutée (et il en faut beaucoup pour me choquer, attention) et ont détonné avec l'ensemble. Mais je n'en ai pas tenu rigueur à son auteure.   
Conclusion, si vous aimez Bridget, foncez ! C'est un roman dans la lignée des deux précédents, peut-être un peu moins drôle mais efficace. Les autres, je doute que vous ayez lu ce billet jusqu'au bout...    
(Et non je n'ai pas honte que ma première chronique de cette année 2015 soit consacrée à Bridget. Non non, aucune honte je vous assure !)

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