Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

23 septembre 2015

Elle s'appelait Tomoji, Taniguchi

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Elle s'appelait Tomoji est le dernier album de Jiro Taniguchi paru en janvier cette année chez Rue de Sèvres.  

Tomoji Uchida grandit dans le Japon rural des années 1920 avant de devenir, des années après, la créatrice du temple bouddhidste Shôjushin. Taniguchi, aidé d'une scénariste, retrace le parcours de cette femme lumineuse et charismatique, de son enfance à son entrée dans l'âge adulte. 

Pour la deuxième mise en scène d'un personnage féminin dans un de ses albums, Taniguchi a choisi de raconter l'histoire de Tomoji Uchida, en se centrant plus particulièrement sur sa construction identitaire. Tout en délicatesse et en poésie, comme à son ordinaire, Taniguchi dépeint le quotidien de la jeune fille dans le Japon rural des années 20. Un soin tout particulier est apporté aux paysages et aux scènes de la vie quotidienne, faisant de certaines planches de véritables tableaux à contempler.

Malgré la beauté et la poésie qui se dégagent de cette tranche de vie, de ces petits riens qui font le quotidien et qui marquent le temps qui passe, c'est la première fois qu'un album de Taniguchi ne me transporte pas complètement. Je suis restée relativement de marbre face au récit de la vie Tomoji et ce dernier a suscité peu d'émotions de ma part. J'ai beaucoup de mal à expliquer pourquoi car tout est fait pour me plaire, mais la magie n'a pas opéré. Moi qui avais adoré Quartier lointain, L'homme qui marche, Le journal de mon père, Le Gourmet solitaireLes Gardiens du Louvre, j'ai refermé cet album déçue de cette rencontre en demi-teinte.

D'autres lecteurs de cet album : Noukette, Mo', JacquesMarion, etc.

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C'était ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Jacques

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Et zou ! Une nouvelle participation au Reading Challenge 2015 ! 

40. Une BD / un roman graphique

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10 septembre 2015

Millénium 4 Ce qui ne me tue pas, David Lagercrantz

imageCe qui ne me tue pas est le quatrième tome de la série Millénium, dont la paternité revient au regretté Stieg Larsson, disparu en 2004, et qui en écrivit les trois premiers chapitres. Ce quatrième volet de la saga, dont la sortie a tant échauffé les esprits, a été écrit par le journaliste suédois David Lagercrantz, qui a récupéré l'intrigue et les personnages de Larsson et a imaginé une nouvelle aventure de Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander. La sortie mondiale le 27 août - dix ans jour pour jour après la parution du premier opus - a enflammé le milieu littéraire, et c'est bien entendu dans la collection Actes Noirs de chez Actes Sud que les lecteurs français peuvent retrouver ce texte.

Mikael Blomkvist est fatigué. Considéré par beaucoup comme un journaliste de la vieille école, celui qui s'est donné corps et âme pour la revue Millenium, a perdu le goût de son métier, tandis que la revue, détraquée de toute part, peine à trouver des financeurs. Mais lorsque le professeur Frans Balder l'appelle au milieu de la nuit et lui demande de venir le voir dans l'instant, la curiosité de Mikael est titillée. Car Balder est bien connu pour ses recherches sur l'intelligence artificielle et prétend détenir des informations sensibles sur le service de renseignement américain grâce à une hakeuse qui ressemble étrangement à Lisbeth Salander. Mikael n'a pas le temps d'arriver que le professeur est assassiné, laissant comme témoin de son meurtre August, son fils autiste. 

Il n'est pas dans mon habitude de me ruer sur des textes qui font polémique lors de leur sortie pour participer à un soi-disant élan général. Je préfère de loin me tenir à l'écart de ce genre d'engouement et marcher sur mon propre chemin de lectrice, butinant çà et là au gré de mes découvertes. Mais cette fois-ci, ma curiosité a été piquée. Car entre Millénium et moi, c'est une histoire d'amour ancienne, qui date d'avant l'ouverture de ce blog (c'est dire...). Et quand j'ai appris la récupération des personnages de Larsson par un autre, j'ai été curieuse du résultat. Car voyez-vous, ma lecture de la trilogie originelle a commencé il y a dix ans, lorsque je découvrais par hasard le premier tome dans la bibliothèque toulousaine de mon quartier. S'ensuivirent trois jours de lecture intense, où j'ai plongé aux côtés de Mikael et Lisbeth dans cette Suède qui me fascinait tant et que je découvrais quatre ans plus tard. On était en 2006. J'étais alors une jeune étudiante en lettres qui ne buvait pas de café mais adorait les descriptions de Mikael, exilé dans ce petit bourg suédois pour mener son enquête, enchaînant cafés et sandwichs pour tenir le rythme.

Alors peut-être est-ce par nostalgie de cette époque que j'ai ouvert ce quatrième tome, curieuse de savoir si David Lagercrantz allait réussir là où Stieg Larsson avait excellé ? Par envie de frissons et d'addiction ? Allez savoir... Je ne m'attarderais pas ici sur les détails peu reluisants de la sortie de ce tome - opposant la veuve de Larsson et le père et le frère de ce dernier, chacun se battant pour l'héritage de celui qui a vendu 82 millions d'exemplaires de sa trilogie - mais plutôt sur mon ressenti de lecture. Contrairement à d'autres, les textes de Larsson sont assez loin dans mon parcours de lectrice puisque les ayant lus lors de leur sortie française, je n'y suis plus revenue depuis 2007. Mes souvenirs ne sont donc pas des plus frais, mais j'ai en mémoire néanmoins leur effet sur moi. Si le premier tome m'avait littéralement kidnappée dans un acte de lecture nécessaire et irrépressible, les tomes suivants m'avaient certes séduite mais déçue par leur tournure invraisemblable. J'avais néanmoins été au bout de ma lecture et avais apprécié les valeurs chères à Larsson et qu'il défendait dans ses romans : la lutte contre le racisme, la xénophobie et l'extrême-droite.

Venons-en maintenant à proprement parler à ce quatrième tome (ce n'est pas trop tôt, diront certains !). Si l'intrigue est intéressante et s'inscrit dans la droite lignée de ce qu'aurait pu défendre Stieg Larsson, il n'en demeure pas moins qu'il lui manque le punchy de Larsson, justement. Mikael Blomkvist est confronté à la question de l'intelligence articifielle et de l'espionnage industriel et s'érige en défenseur des libertés individuelles, aidée d'une Lisbeth aussi bougon et insaisissable que d'ordinaire, mais le rythme manque cruellement de régularité et de souffle. Je ne nie pas que David Lagercrantz parvienne à faire monter le suspense dans son intrigue, mais plutôt que celle-ci se révèle fade et déjà vue, bien loin des romans de Larsson. L'impression qui ressort est de lire un énième thriller vaguement haletant, qui se déroule en Suède, sur fond d'intrigue politique et de passé peu reluisant.

David Lagercrantz essaie d'injecter une once d'émotion dans cette intrigue - qui ressemble presque à celle d'un James Bond - grâce au personnage d'August, le fils autiste et surdoué du professeur Balder. Mais justement, c'est là que le bât blesse : d'émotion, il n'y en a pas dans ce roman. Aucune. Pas d'empathie pour les personnages, ni de peur qui surgit face au danger. Rien. La narration ne permet pas aux émotions d'émerger et l'auteur semble tenir son lecteur à distance. Et c'est un brin agaçant, cette impression d'être privé du plaisir de la lecture.

En revanche, l'invraisemblance est toujours là, comme chez Larsson et donne à l'ensemble un goût de film d'action un peu bâclé. Le timing est toujours parfait pour Mikael et Lisbeth qui se sortent de situations invraisemblables en un rien de temps, malgré de violentes blessures (Lisbeth se fait traverser par une balle mais continue sa mission malgré tout) et des assaillants de tous côtés. C'est ce que je déplorais chez Larsson. C'est dommage de le retrouver ici. 

En définitive, il est certes appréciable de retrouver les personnages de Mikael et Lisbeth, mais la nostalgie ne fait pas tout et l'ensemble demeure bancal. Comme si David Lagercrantz essayait de porter des chaussures qui ne lui vont pas. Ca ressemble à Stieg Larsson, mais ce n'est pas Stieg Larsson et ça se sent très nettement. David Lagercrantz qui s'est pourtant imprégné des personnages de Larsson pour se faire habiter par eux et mieux les faire revivre sous sa plume n'a pas réussi son challenge, un challenge de taille, il est vrai. Il n'en demeure pas moins que l'ensemble se lit rapidement, et si on passe outre des personnages secondaires caricaturaux, le rythme irrégulier et certaines scènes clairement bâclées - notamment les combats et autres affrontements -, l'expérience de lecture reste dans l'ensemble agréable, sans plus, mais laisse en bouche le goût d'opération commerciale (même si les bénéfices seront reversés à Expo, revue antiraciste créee en 1995 par Larsson). David Lagercrantz, qui dit avoir perdu le sommeil lors de l'écriture de ce roman, devrait à l'avenir imaginer ses propres personnages et retourner à ce qu'il sait faire de mieux, écrire des biographies comme celle de Zlatan Ibrahimovic.

Donc, cher lecteur, si tu n'as pas eu envie de lire en entier mon billet  (ce que je comprends dans ce monde où chaque seconde compte tant nos vies sont fascinantes et remplies...), je vais te faire un résumé en mode Twitter :  lis Millénium 4 si tu veux replonger en Suède aux côtés de Mikael et Lisbeth mais ne t'attends pas à retrouver Larsson à travers ces pages.

NB du 19/09 : Je l'avais oublié mais je le rajoute illico :

je rajoute ce roman à mon Reading Challenge 2015 !  

4. Un livre publié cette année

5. Un livre avec un chiffre dans le titre

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22 juin 2015

La bibliothèque des coeurs cabossés, Katarina Bivald

imageLa bibliothèque des coeurs cabossés est le premier roman de la suédoise Katarina Bivald paru en 2013 en Suède et qui connaît aujourd'hui un important engouement. Publié dans vingt et un pays, il est paru en janvier cette année chez Denoël.

Sara Lindqvist est une jeune suédoise de vingt-huit ans dont la vie se résume à son amour pour les livres. Employée dans une librairie, Sara entretient une correspondance littéraire avec Amy Harris, une sexagénaire américaine aussi amoureuse des livres qu'elle. Le jour où Sara perd son emploi, Amy lui propose de venir lui rendre visite dans sa petite ville de l'Iowa.
Séduite par l'idée et bravant sa timidité, Sara quitte sa Suède natale pour découvrir les Etats-Unis et rencontrer Amy. Mais à son arrivée à Broken Wheel, une terrible nouvelle l'attend : Amy est décédée. Désemparée, Sara est néanmoins très bien accueillie par les habitants de la petite ville et décide de rester. Mais la jeune femme ne veut pas être inutile et décide de se lancer dans un projet fou : ouvrir une librairie à Broken Wheel, alors que personne ne semble être intéressé par la littérature.  

Voilà un roman feel good, à n'en pas douter. Et si l'expression vous fait fuir et suscite votre mépris, essayez de dépasser vos a priori et autorisez-vous, peut-être, à succomber à un  roman qui vous détend et vous fait passer un agréable moment. Amoureux des livres (et les autres aussi !) plongez à corps perdu dans La bibliothèque des coeurs cabossés, rejoignez Sara et les habitants de Broken Wheel, ces personnages un peu cabossés mais terriblement attachants, comme l'annonce le titre du roman, et laissez-vous contaminer par leur énergie collective pour fonder cette librairie dans cette petite ville de l'Iowa.
Si l'intrigue est un peu éculée et que certains clichés hantent les pages (et notamment celui de la lectrice asociable qui ne vit qu'à travers ses livres), le tout se déroule avec simplicité et se lit agréablement. Rien de surprenant, mais finalement, ce n'est pas ce qu'on attend quand on ouvre ce roman.
Les livres sont partout dans ces pages, évoqués au fil des lettres échangées entre Amy et Sara, et par cette dernière lorsqu'elle conseille chaque personne qui pousse la porte de sa librairie et tente, au fil des jours, de trouver le livre qui lui conviendra.
Les références littéraires abondent dans ces pages - Harper Lee, Kathryn Stockett, Fannie Flagg, Jane Austen, entre autres - et offrent au roman une atmosphère singulière propice à la lecture. 
On ne peut pas ne pas penser à deux autres textes fondés sur une correspondance littéraire - 84, Charring Cross Road et Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - le premier tiré d'une histoire vraie, le second fictionnel.
La bibliothèque des coeurs cabossés fait partie de ces textes doudou dans lesquels il est bon de se plonger et dont on sort avec un sourire aux lèvres... et l'envie de dévorer tous les romans évoqués au fil des lignes ! Hommage à la littérature et ode à l'amitié, ce roman est un condensé de bonne humeur dont je ne peux que vous conseiller la lecture ! Oui au roman feel good de temps en temps : ça ne fait de mal à personne, bien au contraire !

D'autres lecteurs de ce roman : Azilis,  EmeraldaFaelys, KeishaMelisende, Miss Alfie, Vilvirt, etc. 

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20 juin 2015

Les trois lumières, Claire Keegan

Les trois lumières, Claire KeeganLes trois lumières est un très court roman de la femme de lettres irlandaise Claire Keegan paru en 2011 aux éditions Sabine Wespieser.

Alors que sa mère est sur le point d'accoucher d'un énième enfant, la jeune narratrice est confiée à des parents éloignés, les Kinsella, un couple aimant et sans enfant.  
A leurs côtés, la jeune Pétale, comme l'homme la surnomme, va découvrir un monde bienveillant et chaleureux, où l'amour prend le pas sur les blessures anciennes.

En moins de 90 pages, Claire Keegan offre à son lecteur un roman court et dense à la fois, où chaque mot compte, où les émotions sont là, lisibles entre les lignes, perceptibles au milieu des silences.  
La vie s'étire calmement et paisiblement pour la jeune narratrice qui goûte à un quotidien aimant bien loin de la rudesse de sa vie de famille. Discrète et calme, l'enfant observe le couple qui l'accueille et démêle subtilement les écheveaux de leur douleur sous-jacente. Les deux époux sont taiseux mais hantent les pages de leur présence rassurante. Des forces tranquilles qui apaisent la fillette qui semble trouver sa place dans ce quotidien structuré qui est le leur.  
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Une belle plongée dans la campagne irlandaise au charme suranné. Un roman court, très court, trop peut-être. J'aurais aimé rester plus longtemps aux côtés de ces personnages et écouter leurs silences pour mieux les comprendre. Mais une belle immersion dans cette Irlande que j'aime tant, qui m'a fait repenser avec délice à ma découverte de l'île d'émeraude, il y a bientôt quatre ans.

D'autres avis : Alex, CanelChoco, Clara, Cynthia, Delphine, Kathel, Keisha, LeiloonaLiliba, Lili Galipette, Noukette,  PaulineSandrine, etc.

Un grand merci à celui qui a souhaité m'offrir ce livre, pour mon changement de décennie !

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17 juin 2015

Reckless T.1 Le Sortilège de pierre, Cornelia Funke

Reckless TReckless est une série de fantasy imaginée par la romancière et illustratrice allemande Cornelia Funke, connue pour son best-seller Coeur d'encre. Le premier tome, Le sortilège de pierre, est paru en 2010 chez Gallimard.

Jacob Reckless a douze ans lorsqu'il découvre un monde parallèle derrière le miroir du bureau de son père. Un monde fascinant mais dans lequel rôdent des créatures maléfiques. Le garçon s'y évade toutes les nuits et devient chasseur de trésors jusqu'à son entrée dans l'âge adulte. Mais une nuit, Will, son jeune frère, le suit et faute de prudence, est victime d'un sortilège le transformant peu à peu en Goyl, une créature en pierre. Le temps compte, car Will commence déjà à se transformer et oublier Clara, celle qu'il aime. Jacob n'a que deux jours pour sauver Will avant que ce dernier ne se transforme totalement en pierre et oublie son passé d'humain.

Je ne suis pas une grande lectrice de Fantasy, en témoignent mes chroniques de lecture. Mais depuis que je suis (assidûment même !) un MOOC consacré au sujet, mon horizon littéraire s'élargit, tout comme mes envies ! Je n'ai donc pas résisté à l'appel de ce nouveau roman de Cornelia Funke que j'avais sous la main.  
Le roman s'ouvre sur la découverte du monde derrière le miroir par le jeune Jacob, puis après quelques descriptions qui plantent le décor d'un univers de fantasy, le récit fait un bond de douze ans dans le futur et le lecteur retrouve Jacob, vingt-quatre ans, en prise avec la malédiction de son frère qui le ronge peu à peu et transforme sa peau en pierre.  Cette ellipse temporelle, si elle déroute de prime abord, annonce dès le début l'enchevêtrement de l'intrigue qui se déroule de façon linéaire mais délivre au fur et à mesure des éléments du passé qui permettent de la comprendre.  
L'intrigue poursuit le schéma traditionnel de la quête d'un héros solitaire et les allusions aux contes de fées sont légion (les prénoms des deux frères n'étant pas sans rappeler ceux des frères Grimm, bien entendu). Les créatures merveilleuses se succèdent, empruntées à différents folklores, et le lecteur de suivre les aventures de Jacob et de son frère, dans cet univers onirique et inquiétant.  
Un roman qui se lit très vite, à la particularité d'être illustré par l'auteure elle-même, et qui ouvre de belles perspectives d'aventures pour le trio de personnages. Si j'ai passé un bon moment de lecture, j'avoue avoir été quelque peu déçue en comparaison de Coeur d'encre et de son hommage aux livres. Mais peut-être que le deuxième tome, que j'ai sous la main également, saura me faire changer d'avis ?

 Et hop ! Une nouvelle participation au Reading Challenge 2015 :

24. Un livre choisi pour sa couverture

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24 mai 2015

Nymphéas noirs, Michel Bussi

Nymph_as_noirsNymphéas noirs est un roman de l'auteur, professeur de géographie et chercheur au CNRS Michel Bussi paru en 2011 aux Presses de la Cité. 

Giverny, son moulin, ses ruelles aux couleurs chatoyantes, ses jardins de Monet avec leurs célèbres nymphéas. Tout y est paisible et la vie suit son cours, au rythme des hordes de touristes qui se déversent chaque jour pour visiter les lieux et marcher dans les pas du maître, chevalet et peintures à la main.   
Mais ça serait sans compter ce cadavre, dans le ruisseau, le crâne écrasé. Et ces trois femmes, dont on sait d'avance le destin scellé. Trois femmes singulières. Mais que se passe-t-il vraiment à Giverny ?

J'ai découvert il y a quelques temps Michel Bussi avec le roman N'oublier jamais. J'avais été happée par ce polar et agréablement surprise par son dénouement. J'ai voulu retenter l'expérience avec ce roman, demandé par une de mes élèves pour le lycée (et parce que Giverny et Monet sont singulièrement plus présents dans ma vie ces derniers temps).

Dès les premières pages, Michel Bussi plante son décor, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il le fait d'une main de maître. C'est même le point fort de ce roman : cette peinture de Giverny qui se déroule sous les yeux du lecteur. Tel un peintre, il dresse en quelques mots un portrait du village et c'est avec ravissement que le lecteur voit naître Giverny sous ses yeux. Les descriptions sont imagées et colorées et permettent de remarquablement se représenter le théâtre des macabres événements à venir.

Véritable architecte du suspense, Michel Bussi tisse la toile de son intrigue et emmêle son lecteur dans son filet dès le prologue, présentant trois personnages, trois femmes, et annonçant la mort de deux d'entre elles. Tel un marionnettiste un peu cruel, il joue avec ses personnages, et par là même, avec son lecteur qui se voit pris dans ses filets et obscurci par une intrigue très simple en apparence. Trop simple, évidemment.

Si la plume de Michel Bussi n'a rien de particulièrement remarquable, elle n'en demeure pas moins efficace. La peinture est omniprésente dans l'intrigue, par le biais de peintres, d'amateurs d'art ou encore de Monet, dont l'ombre plane sur le village. 

Nymphéas noirs est un roman policier agréable à lire, à l'intrigue bien construite et au décor enchanteur. Rajoutez à cela que l'inspecteur dépêché sur la scène de crime est un toulousain qui n'a pas froid aux yeux, et vous aurez compris que ce roman a assouvi mes attentes et m'a donné une envie : celle de découvrir Giverny !

D'autres lecteurs : Aifelle, Alex-mot-à-mots, Canel, CottageMyrtille, Sandrine, Yuko, etc.

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22 mars 2015

Le baby-sitter, Jean-Philippe Blondel

Le baby-sitter, Jean-Philippe BlondelLe baby-sitter est le dixième roman de l'écrivain et prof d'anglais Jean-Philippe Blondel paru en 2010 aux éditions Buchet / Chastel. 

Jeune étudiant en première année d'anglais, Alex est obligé, devant son frigo désespérément vide, de chercher un petit boulot. Il en vient un peu par hasard à faire du baby-sitting, commençant tout d'abord par garder les enfants de Mélanie, la boulangère. Mais progressivement, le jeune homme croule sous les demandes. Car avec sa faculté à écouter les autres et son empathie naturelle, Alex bouleverse peu à peu, et sans même s'en rendre compte, la vie de ceux qu'il croise. 

Acheté il y a presque quatre ans jours pour jours au Festival Encres Vives à Provins, Le baby-sitter dormait encore paisiblement dans ma PAL avant que je ne décide de l'en sortir sur un coup de tête (vous avez vu, je tiens toujours  mes résolutions de nouvelle année !). Et j'ai rudement bien fait...      
Comme chaque fois que j'ouvre un roman de Jean-Philippe Blondel, j'ai passé un excellent moment en compagnie de ses personnages. Comme une bouffée d'air frais, un élan d'humanité et de générosité qui font du bien.     
Le personnage d'Alex est à la fois touchant et porteur d´un optimisme sans pareil. Il apporte un peu de légèreté aux  familles avec qui il travaille, sans même s'apercevoir du bien qu'il fait autour de lui grâce à sa fraicheur et son authenticité.    
Mais attention, pas de mièvrerie gratuite ni de monde des Bisounours dans ce roman (vous savez à quel point j'y suis allergique !) mais du partage et de l'espoir, de l'entraide et de la solidarité. Jean-Philippe Blondel nous offre ici un portrait d'un jeune d'aujourd'hui auquel il est aisé de s'identifier - dans ses galères financières ou amoureuses - et fait éclore une solidarité intergénérationnelle belle à voir. Tout n'est pas rose ni simple, pour Alex et les autres personnages qui gravitent autour de lui, mais l'espoir demeure. Et c'est cette ode à la vie qui fait finalement tant bien.       
Alors, encore une fois, merci Jean-Philippe Blondel pour cette parenthèse de lecture que l'on referme plus léger !

"Dans ses yeux, il y a de la douceur - et un point très précis où le désespoir semble engloutir toute la lumière." (p.43)

"Alors, c'est toi qui ne dois être présent au monde que par intermittence." (p.49)

"Trois autres soirs, il y Marion - plutôt une cascade impetueuse qu'un long fleuve tranquille, elle veut tout et son contraire, elle jure son attachement et elle le renie trois minutes  plus tard, elle est un peu perdue, et lui aussi - ils s'apprivoisent sans douceur." (p.70)

"Parce que c'est encore plus rare, le lendemain, de marcher avec la certitude qu'il y a sur terre des gens qui vous font du bien et qui ne s'en rendent pas compte." (p.91)

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18 mars 2015

En silence, Audrey Spiry

En silence, Audrey Spiry

En silence est le premier album de la jeune dessinatrice Audrey Spiry paru en juin 2012 chez Casterman.

Ils sont six à partir pour une journée d'initiation au canyoning dans un paysage superbe et isolé. Un jeune couple et une famille avec deux enfants. De plongeons en glissades, ils descendent la gorge, accompagnés de leur moniteur.      
Au détour d'un embranchement, Juliette, la jeune femme du couple, perd le groupe. Et alors qu'elle part à leur recherche, elle s'égare un peu. Et de questionnements en tâtonnements, Juliette en vient à partir à la recherche d'elle-même.

En silence est un album haut en couleurs dans lequel il est très agréable de s'immerger.      
Le scénario assez classique de récit d'une journée bascule très rapidement lorsque le personnage de Juliette s'égare, et prend une tournure intime. Dans les m
éandres de la gorge, la jeune femme s'interroge sur qui elle est vraiment et où la mène sa relation de couple. D'errance physique lors d'une journée ensoleillée de vacances, l'intrigue bascule dans une errance personnelle et introspective. Juliette part littéralement à la recherche d'elle-même, portée par l'élément aquatique.      
L'eau, personnage à part entière de cet album, bénéficie d'un traitement à part. Elle est vivante, vibrante, pleine de vie. Parfois accueillante, d'autre fois dangereuse, elle n'est pas sans rappeler le liquide amniotique.      
De cette recherche au plus profond d'elle-même à travers les courbes de cette eau vive, Juliette en ressors grandie, lavée. Transformée à jamais. On peut penser au Voyage au centre de la Terre de Jules Verne, c'est sûr, mais les dessins d'Audrey Spiry sont là pour magnifier un texte rare.        
Bref, un album poétique et introspectif à découvrir. Laissez-vous tenter. Plongez vous aussi dans le silence de cet album et laissez-vous porter par cette eau tumultueuse. Peut-être en ressortirez-vous différent, qui sait ?

C'était ma BD de la semaine chez Noukette aujourd'hui et ma 63e participation au Top BD des blogueurs de Yaneck (15/20)

  Top BD

Planche 1 En silencePlanche 2 En silence

Planche 3 En silence

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16 mars 2015

Nos vies désaccordées, Gaëlle Josse

Nos vies désaccordées, Gaëlle JosseNos vies désaccordées est le deuxième roman de la diplômée en droit, en journalisme et en psychologie clinique Gaëlle Josse, paru en mars 2012 chez Autrement et récompensé du Prix Alain-Fournier en 2013

François est un jeune pianiste célèbre qui parcourt le monde au gré de ses tournées. Un jour, il apprend que la femme qu'il a tant aimée et quittée subitement, Sophie, est internée depuis plusieurs années dans un hôpital psychiatrique.       
Mu par l'envie de la revoir, François met sa carrière en pause et abandonne tout pour la retrouver. Plongé dans ses souvenirs, il part à la rencontre de son ancien amour, qui passe ses journées à écouter inlassablement les enregistrements de ses concerts.

Découvert dans le colis du Swap de Printemps que m'avait offert Mrs Pepys, Nos vies désaccordées fait partie de ces romans qui vous chavire, qui vous bouleverse, qui vous hante. Cette histoire d'amour puise dans les tragédies classiques sa force et sa puissance et nul lecteur ne peut en sortir indemne.      
François se livre au fil des pages, raconte son histoire, sa carrière, ses succès, son amour pour Sophie, aussi. Son envie de la revoir, de la retrouver. Malgré son état. Malgré son mutisme. Parce que la seule chose qui la relie au reste du monde est la musique de son ancien amant, qu'elle écoute à longueur de journée.      
En 123 pages, Gaëlle Josse réussit à faire jaillir un flot d'émotions, par vagues plus ou moins intenses, à l'image de la musique de François. La narration à la première personne prise en charge par celui-ci entraîne le lecteur dans ses doutes, dans son ressenti. Et s'il était responsable de l'état de Sophie ? Et s'il avait pu agir différemment pour éviter tout cela ?      C'est beau, très beau. Mais immensément triste aussi. Un roman bouleversant porté par une très belle plume. Une excellente découverte.

"La vie légère comme une hirondelle, parfois." (p.14)

"Vit-on ailleurs qu'en exil ?" (p.22)

"J'avais choisi de partir en tournée en préférant croire que les choses allaient s'arranger et en évitant de faire face à ce qui m'était impossible d'accepter, l'effondrement de la seule femme que j'ai aimée. Trop aimée pour admettre qu'elle ne pourrait plus jamais être la même. Trop aimée pour admettre que depuis toujours, elle avançait sur un fil tendu au-dessus de ses abîmes." (p.38)

"Sophie, lente et fulgurante, volubile et silencieuse, désinvolte et grave, désarmante de sincérité. Sophie. Ma tempête."(p.64)

"Avec mes soeurs, elles constituaient une figure féminine unique, shivesque et protéiforme." (p.117)

"Je voudrais demeurer ainsi avec Sophie dans cette sensation retrouvée, sa main dans la mienne, ensemble portés par les vagues de nos existences, l'écorces de nos peurs rompue. J'ai toute la vie pour y arriver." (p.123)

 

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06 mars 2015

Hérétiques : Le mystère Isolde, Philippa Gregory

Hérétiques T.1 Le mystère IsoldeHérétiques : Le mystère Isolde est un roman jeunesse de l'auteure de fictions historiques Philippa Gregory, notamment connue pour son roman The Other Boleyn Girl adapté au cinéma sous le titre Deux soeurs pour un roi.

Italie, 1453. Le prêtre novice Luca Vero est mandaté dans un couvent non loin de Rome pour résoudre une sombre affaire. Les soeurs semblent y être frappées de folie et la jeune abbesse, Isolde, accusée d'être à l'origine de ces troubles.

De Philippa Gregory, j'avais lu et apprécié L'Héritage Boleyn. Je pensais retrouver dans ce roman les caractéristiques qui m'avaient séduite dans ce roman : éléments historiques, intrigue rudement bien ficelée, suspense et, il est vrai, un brin de romance.   
Mais ma déception a été grande puisque je n'ai quasi rien retrouvé de tout ça, hormis la romance ô combien prévisible entre les deux personnages principaux. Le mystère Isolde souffre d'une intrigue molle et prévisible et de personnages caricaturaux et anachroniques.   
Luca et Isolde, les deux héros, sont des personnages du XXIe siècle. Leur psychologie est grossière et souffre de contradictions historiques invraisemblables. La jeune fille est émancipée, féministe avant l'heure, tandis que le jeune prêtre porte un regard sur la vie bien loin de ce qu'on peut imaginer venant d'un adolescent élevé en monastère depuis son plus jeune âge.   
Rajoutez à cela la prévisibilité de l'intrigue, sa mollesse, et le fait qu'une fois le mystère résolu au couvent, l'intrigue prenne un tout autre tournant, entraînant les jeunes héros sur les routes, à la découverte de nouvelles aventures et vous comprendrez la construction bancale du roman. 
Enfin, j'ai frôlé l'indigestion des détails historiques.E t pourtant, j'adore ça. Mais avec ce roman, Philippa Gregory semble oublier toute finesse dans l'art d'intégrer subtilement des détails historiques à une intrigue, sans noyer son lecteur. C'est lourd, si lourd, que le lecteur ne peut que sortir de l'intrigue et avoir l'impression de suivre un exposé sur la vie quotidienne au XVe.   
Bref, un roman ennuyeux et prévisible qui me fait douter d'ouvrir à nouveau un ouvrage de cette auteure.

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