Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

03 octobre 2016

La petite couturière du Titanic, Kate Alcott

La petite couturière du Titanic Kate AlcottLa petite couturière du Titanic est un roman de la journaliste américaine Patricia O’Brien, qui écrit sous le pseudonyme de Kate Alcott, paru en 2012 aux États-Unis avant d'être traduit en français et de paraître aux Éditions de l'Archipel en avril 2016.

10 avril 1912, le Titanic quitte le port de Southampton en direction de New York. A son bord, Tess Collins, une jeune gouvernante qui rêve de vivre de ses talents de couturière. La jeune fille vient d'être miraculeusement embauchée par Lucy Duff Gordon, la célèbre et non moins impressionnante créatrice de mode. Durant la traversée, Tess fait la connaissance de deux hommes - un marin et un riche homme d'affaires - avant que le naufrage ne les sépare. Sauvée de justesse, la jeune femme survit à la tragédie sans connaître le sort de ceux qui avaient fait chavirer son coeur. A New York, entre l'enquête sur le naufrage et ses débuts dans la mode, la jeune anglaise découvre une nouvelle vie.

Publié sous le titre The Dressmaker, La petite couturière du Titanic est une jolie romance qui mêle Histoire et fiction. Si le titre français peut faire penser que l'intrigue va se dérouler durant la traversée du Titanic, il n'en est rien car celle-ci, ainsi que le naufrage, sont évacués en début de roman et l'intrigue se concentre davantage sur la nouvelle vie de Tess à New York et les suites juridiques du drame du Titanic que sur la vie à bord. J'ai donc été quelque peu déçue de ce titre alléchant et en ouvrant ces pages, je m'attendais davantage à trouver des détails sur la vie sur le paquebot que sur l'enquête qui a suivi son naufrage.

Néanmoins, ma déception a rapidement été balayée par l'intérêt que j'ai porté aux détails historiques de l'intrigue. Non seulement les suites du naufrage sont historiquement fondées et bien documentées, mais certains personnages ont réellement existé, comme Lucy Duff Gordon. La créatrice de mode, dont la carrière était alors à son apogée, a ainsi créé la polémique quant aux conditions de sa survie au naufrage et sa carrière, entachée de ce scandale, ne s'en est jamais remise.

Le milieu dans lequel évolue Tess m'a également conquise - celui de la mode et de la création - et j'ai aimé suivre les pas de cette jeune anglaise dans le gigantisme de la grosse pomme du début du 20ème siècle. Si la romance est conventionnelle et sans surprise, j'avoue que je n'y ai pas prêté réellement attention. J'ai aimé ce que j'étais venue chercher dans ce roman : un contexte historique documenté et précis, sur fond de création et de mode.

En bref, une romance historique bien ficelée, bien documentée, qui ravira les amateurs d'histoire et de beaux sentiments. Merci à LP Langage&Projets et aux éditions de L'Archipel pour la découverte de ce roman.

Une chronique de soukee rangée dans Littérature américaine - Vos commentaires [18] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , ,


27 septembre 2016

La petite boulangerie du bout du monde, Jenny Colgan

La petite boulangerie du bout du mondeLa petite boulangerie du bout du monde est un roman de l'écossaise Jenny Colgan paru en 2015 aux éditions Prisma.

Suite à l'échec de son mariage et de l'entreprise qu'elle avait fondée avec son mari, Polly quitte Plymouth pour Mount Polbearne, un petit port de pêche de Cornouailles, accessible uniquement à marée basse. Sans le sou, elle emménage dans un sinistre appartement situé au-dessus d'une ancienne boulangerie. Loin de tout et de tous, coupée du monde par les marées, la jeune femme tente  de se reconstruire peu à peu et de faire le point sur sa vie. Entre la vie rythmée par la nature et le calme de l'île, Polly se retrouve. Et rapidement, la jeune femme recommence à faire ce qu'elle préfère : fabriquer du pain. D'abord pour se réconforter et s'occuper, la jeune femme est vite assaillie de commandes. Car à Mount Polbearne, il n'y a qu'un seul dépôt de pain industriel tenu par une vieille femme aigrie et les habitants sont très vite attirés par les doux effluves qui s'échappent du four de Polly. Elle qui pensait faire une pause à Mount Polbearne se retrouve rapidement à apprécier cet univers calme, loin de la foule et à se lier avec ses habitants.

Feel good book par excellence, ce roman m'a accompagnée cet été, lorsque je terminais d'écrire mon mémoire. Et je dois vous avouer que j'ai savouré ces pages comme des tartines de pain frais. Prenez une pincée de rupture, rajoutez une once de perte d'emploi sur fond de crise économique, mélangez le tout avec une héroïne déterminée et combative. Laissez reposer sur une petite île de Cornouailles en compagnie de drôles de marins et d'un macareux facétieux et attendez que le tout cuise doucement. A la sortie du four, vous obtenez un roman attachant, portée par des valeurs de solidarité et d'entraide, sur fond de troubles économiques, de romance et de quête identitaire. Si en plus je vous dis qu'il y a toujours une miche de pain qui dore au four et une douce et appétissante odeur qui se répand dans la cuisine, je sens que vous allez fondre...

L'intrigue, même si elle est classique de prime abord, regorge de positif et d'optimisme et renferme de belles surprises. L'entraide est au centre de cette quête identitaire et de cette vie qui s'effondre. Sans mièvrerie (et pourtant ça aurait pu !), avec finesse et parfois une once de mélancolie, Jenny Colgan aborde la question de la quête de soi à travers le personnage de Polly, trentenaire lambda, un peu bancale. Le lieu est cocon, malgré une nature violente, les descriptions de la Cornouailles soignées et il est facile et agréable de se glisser aux côtés de Polly pour l'accompagner dans cette période sombre de sa vie, qui se révèle bien plus lumineuse que prévue.

Pour ma part, vous l'aurez compris, j'ai adoré ce roman doudou et feel good et j'ai même eu l'impression de sentir l'odeur du pain chaud de la petite boulangerie clandestine de Polly lors de ma lecture... Certains pourraient y voir un ramassis de bons sentiments ou répliquer qu'il ne s'agit pas du roman du siècle, j'en concède. Pour ma part, il m'a accompagnée à un moment où j'avais besoin d'une détente facile et rapide et j'étais ravie de me plonger dans ces pages le soir venu. Résultat : j'ai très envie de dévorer la suite, Une saison à la petite boulangerie très vite et de retourner en Cornouailles.

Petit bonus final : les recettes de Polly qui permettent de réaliser les divers pains et viennoiseries indiqués au fil des pages... Un régal ! (je n'en ai encore testé aucune mais promis dès que je passe à l'action j'en rajoute une photo ici !)

D'autres avis sur ce roman : Faelys, FondantoChocolatGalleane, MamzellePotter, etc.

Encore une participation au Challenge Feel Good

Logo Challenge Feel good

Une chronique de soukee rangée dans Littérature anglaise - Vos commentaires [18] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , , , ,

17 septembre 2016

Les jumelles, Claire Douglas

Les jumelles, Claire DouglasLes Jumelles est le premier roman écrit par la journaliste Claire Douglas, finaliste du concours du premier roman organisé par l'édition britannique de Marie-Claire. Il paraîtra le 5 octobre prochain chez Harper Collins.

Traumatisée par le décès dix-huit mois plus tôt de Lucy, sa jumelle, Abi se remet doucement d'une tentative de suicide lorsqu'elle rencontre la flamboyante Beatrice. Cette dernière, créatrice de bijoux, habite une luxueuse maison avec des amis artistes, et son quotidien ne semble être que légèreté, insouciance et fêtes. Très vite, elle propose à Abi d'emménager dans sa collocation, ce que la jeune femme accepte immédiatement. Mais celle-ci tombe immédiatement sous le charme de Ben, le jumeau de Beatrice, ce que celle-ci accepte difficilement. Et entre les trois trentenaires, un triangle ambigu se met rapidement en place. Abi se rend compte que Beatrice possède une emprise inquiétante sur les autres membres de la maisonnée qui lui semblent tout dévoués, jusqu'à son jumeau, partagé entre les deux femmes.

Point de suspense ici, je ne vais pas vous le cacher longtemps : je suis tombée sous le charme de ce thriller, dévoré en trois jours (à peine le temps de vous indiquer que j'étais en train de le lire dans la colonne du blog que pouf ! Il était terminé !). Vous savez pourtant que ce n'est pas mon genre de prédilection, mais depuis mes lectures récentes de La fille du train et Avant d'aller dormir, j'ose sortir de ma zone de confort et me laisser surprendre. Et cette fois encore, j'ai bien fait.

Les jumelles est un huis-clos des plus réussis dans la vaste demeure de Bath de Beatrice dans laquelle elle évolue entourée de ses amis. Comme Abi, vous rentrez par la vaste porte du porche, charmé par cette nouvelle famille accueillante composée de personnalités affirmées et vous ne réussirez pas à en ressortir, envoûté par l'ambiance légère et détendue qui y règne. Impossible d'échapper au charme de Beatrice et à son quotidien fantasque et pétillant. Même lorsque ce dernier se révélera un peu moins pailleté qu'en apparence. La question de la gémellité est au coeur de cette intrigue passionnante et une fois le piège refermé, vous n'arriverez plus à lâcher ce roman, avide d'en connaître le dénouement...

La narration alterne entre une focalisation interne au personnage de Abi et une focalisation externe au personnage de Beatrice. Les chapitres se succèdent, la première personne alternant avec la troisième, et entraînent le lecteur dans une intrigue extrêmement bien ficelée. Le doute est là, à chaque page, à chaque affirmation. Car les passés respectifs de Abi, Beatrice et Ben sont assez flous et chacun semble cacher des détails de son ancienne vie. Et lorsque les choses commencent à se gâter entre les trois membres du trio, vous aurez du mal à savoir qui croire. Peut-on faire confiance à Abi, vulnérable, sous médicaments, mais qui semble aujourd'hui stable ? Et que dire de Beatrice, flamboyante et merveilleuse en apparence, mais qui se cache en un rien de temps derrière un masque de froideur des plus déconcertants ? Et qui est vraiment Ben, ce bel homme en apparence si fort, sûr de lui, qui semble trembler derrière sa soeur ?

Vous l'aurez compris : j'ai adoré ces pages. J'ai adoré m'interroger sur la personne à qui accorder ma confiance. J'ai adoré douter, à chaque événement nouveau, de tout, de tous. Claire Douglas entraîne son lecteur dans un huis-clos paradoxalement doudou et inquiétant. Entre la collocation à la Friends et le charme discret des intérieurs britanniques un rien suranné où le thé est omniprésent, des secrets dorment, bien enfouis, ou presque. Allez, foncez, vous ne le regretterez pas ! Par contre, petit conseil : ne lisez pas la quatrième qui dévoile une grande partie des rouages de l'intrigue (c'en est même étonnant a posteriori) De quoi vous gâcher le plaisir de lecture ! (grande chance pour moi : ma mémoire de moineau qui m'a fait l'oublier sitôt lue et permis de découvrir avec délice le roman).

Un grand merci à Angélique de Langage&Projets de m'avoir proposé de découvrir ce titre en avant-première.

Une chronique de soukee rangée dans Thrillers - Vos commentaires [2] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , , , ,

14 septembre 2016

Un jour, David Nicholls

Un jour, David NichollsUn jour est le troisième roman du britannique David Nicholls paru en 2008 mais le premier à être publié en France. Il est paru en 2011 chez Belfond et a été l'objet d'une adpatation cinématographique par Lone Scherfig en 2011.

Le 15 juillet 1988, lors de leur soirée de fin d'études, Emma et Dexter se rencontrent. Entre les deux étudiants que tout oppose, une alchimie voit le jour, symbolisée par une nuit sans lendemain. Alors que leurs chemins se séparent - Dexter, fortuné, part découvrir le monde en toute insouciance tandis qu'Emma enchaîne les petits boulots alimentaires - les deux amis ne cessent de correspondre. Durant vingt ans, ils s'échangent des lettres, se revoient à intervalles réguliers, et leur amitié ambiguë évolue au fil du temps. 

Cela faisait longtemps que je tournais autour de ce roman, que le résumé m'intriguait. Et cet été, j'ai décidé de le sortir de ma PAL et de me faire une idée. Et j'ai drôlement bien fait...

Si Un jour semble de prime abord une petite bluette , il n'en est rien. En réalité, le roman est une formidable étude de moeurs au travers du prisme de ces deux personnages que tout oppose. Dexter, l'intrépide et insouciant fils de bonne famille et Emma, la jeune femme responsable et rêveuse. Si l'un est dragueur, l'autre est sentimentale, et lorsque Emma envisage une carrière d'écrivain jeunesse, Dexter devient l'animateur d'une émission de télévision aussi creuse qu'inutile. Pour autant, ces deux-là sont aimantés l'un vers l'autre.

L'humour so british est bien présent dans cette comédie douce-amère, et le roman se présente comme une réelle peinture sociale de l'Angleterre sur vingt ans. Le lecteur suit avec plaisir l'histoire de ces deux personnages très vraisemblables, à raison d'un chapitre par an, à la date anniversaire de leur rencontre, le 15 juillet. Leur correspondance est un délice, tout comme leurs aventures.

Bref, vous l'aurez compris : j'ai adoré cette lecture, peinant à la lâcher. L'histoirekeep-calm-and-feel-good-246 d'une belle rencontre + une plume intéressante + l'Angleterre en toile de fond = un cocktail plus que réussi qui m'a complètement séduite et un coup de coeur de plus ! J'ai eu du mal à tourner la dernière page. Laissez-vous séduire vous aussi par le tandem Dex et Em... 

Voilà une nouvelle participation

au Challenge Feel Good que j'organise

Logo Challenge Feel good

Une chronique de soukee rangée dans Littérature anglaise - Vos commentaires [16] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , , ,

15 juin 2016

Tu comprendras quand tu seras plus grande, Virginie Grimaldi

Tu comprendras quand tu seras grandeAprès Le premier jour du reste de ma vie, Tu comprendras quand tu seras plus grande est le second roman de Virginie Grimaldi paru en mai 2016 chez Fayard.

Après une rupture douloureuse, Julia quitte Paris pour le Pays basque, où elle va effectuer un remplacement en qualité de psychologue dans une maison de retraite. Pour cette trentenaire parisienne, ce poste est une fuite, une échappatoire à son quotidien devenu déprimant depuis sa rupture. Mais une fois sur place, les doutes s'installent. Elle qui n'a jamais vraiment été à l'aise avec les personnes âgées, la voilà immergée dans le quotidien des pensionnaires des Tamaris. Heureusement, une équipe jeune et dynamique l'attend et très vite, Julia prend goût à l'air de la côte et aux Tamaris. Elle qui a été embauchée pour être à l'écoute des pensionnaires et alléger leur mélancolie se rend vite compte qu'elle apprend beaucoup à leurs côtés et que si les époques sont différentes, les problématiques sont universelles. Et la fuite de Julia va se révéler être une très bonne façon de reprendre goût à la vie...

J'ai ouvert ce roman en ayant envie de soleil, de détente, de feel good (vous savez à quel point j'aime ponctuer mes lectures de romans feel good !) et je n'ai absolument pas été déçue ! Je ne connaissais Virginie Grimaldi que de nom, n'ayant pas lu son premier roman, et j'étais très curieuse de découvrir la plume de cette jeune passionnée d'écriture. Bien m'en a pris car j'ai passé un très bon moment aux Tamaris en compagnie de Julia et de ses pensionnaires !

L'intrigue nous emmène dans un lieu qui de prime abord ne fait absolument pas rêver : une maison de retraite. Pour éviter que son lecteur ne ressente tout sentiment négatif, Virginie Grimaldi le fait immédiatement éprouver par son héroïne, pour mieux le déconstruire ensuite. Et c'est rudement bien joué ! Car qui imaginerait trouver une bouffée de positif et de vie dans un endroit qui accompagne ceux qui sont en train de la quitter ? Certainement pas Julia, qui éprouve cette réticence dès son arrivée dans les lieux. Mais celle-ci est très vite chassée par l'énergie qui émane des pensionnaires et de l'équipe qui les encadre. Quel meilleur moyen de prendre du recul sur sa vie que d'écouter les autres raconter leurs souvenirs ? L'auteure met l'accent sur la richesse des relations inter-générationnelles et inverse les rôles : venue écouter et délivrer sa bienveillance, Julia se retrouve prise en charge et cocoonnée par ceux qui sont au crépuscule de leurs vies.  Et la beauté qui émerge de ces échanges est belle et authentique. 

Les personnages secondaires sont bien étudiés, et si certains sont parfois un brin caricaturaux, ce sentiment est vite effacé par la chaleur des rapports humains aux Tamaris. L'intrigue se déroule avec lenteur, au rythme de ce quotidien bien réglé à la maison de retraite et le retournement de situation final ne lui en offre que plus de saveur.

Petit bémol, néanmoins : si j'ai trouvé le personnage de Julia consistant et bien étudié, j'ai trouvé que son aspect professionnel était moins réussi. Pour une psychologue, Julia manque parfois cruellement de recul et cela amoindrit la vraisemblance de son métier. C'est un détail, certes, mais je me suis fait souvent la réflexion au cours de la lecture.

Virginie Grimaldi réussit là un roman à la fois léger et grave, porté par des personnages hauts en couleurs que l'on aimerait croiser dans notre vie. Et on ressort de ces pages avec le sourire aux lèvres et l'envie furieuse de vivre intensément...  Un grand merci à Marie et aux éditions Fayard pour la découverte de ce roman et de cette auteure !

 Voilà une nouvelle participation au Challenge Feel Good que j'organise

RSS

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [10] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , ,


16 mai 2016

La fille du train, Paula Hawkins

La_Fille_du_trainLa fille du train est un thriller de la britannique Paula Hawkins publié en 2015 chez Sonatine.

Rachel prend tous les jours le même train, pour rejoindre Londres depuis la banlieue qu'elle habite avec Cathy, sa colocataire. Tous les jours le même trajet, pour mentir à son amie et faire semblant d'aller travailler, alors que Rachel a perdu son emploi il y a quelques mois, à cause de ses problèmes d'alcool. Alors dans le train, en sirotant la plupart du temps du gin tonic, Rachel regarde le paysage défiler. Et tous les matins, alors que le train s'arrête sur la voie, elle regarde une maison en particulier, observe le couple qui y habite et se prête à imaginer leur vie. Jess et Jason, comme elle les nomme, sont heureux et amoureux. Ca, c'est ce qu'elle imagine jusqu'au jour où elle surprend celle qu'elle prénome Jess avec un autre homme chez elle. Rachel se sent investie d'une mission : prévenir Jason que sa femme le trompe. Mais alors qu'elle se persuade que c'est la meilleure des choses à faire, Jess disparaît et tous les soupçons pèsent sur Jason. Rachel voit une occasion de se rendre utile en l'aidant. Mais entre ses souvenirs hésitants et ses matins hagards d'alcoolique, Rachel n'est pas la plus à même pour l'aider...

C'est Mona Lisa Overdrive qui a réussi à me convaincre de succomber à ce thriller qui avait enflammé la blogosphère l'an dernier. Et pourtant, j'avais dit que les thrillers et moi, c'était fini fini... Mais comme elle a su me persuader que je ne finirais pas terrorisée au fond de mon lit, je me suis lancée dans ce roman, lors d'un trajet en train qui plus est (oui, je pousse le vice jusqu'au bout pour m'identifier à l'héroïne... Non, je n'ai pas bu de gin tonic pour parfaire l'illusion !^^)

Et bien m'en a pris ! Je me suis vraiment régalée avec ce thriller psychologique très intense, qu'il est difficile de lâcher. Paula Hawkins prend en otage son lecteur de façon efficace, en alternant les narrateurs. Le personnage de Rachel prend majoritairement en charge la narration, et tout est fait, dès les premières lignes, pour que le lecteur ne lui fasse pas confiance. Son alcoolisme et le fait qu'elle doute de ses souvenirs n'aident pas à lui donner une quelconque crédibilité. Et sa mémoire vacille, à cause de l'aclool. Rachel doute de tout, de tous. Et le lecteur de douter avec elle. Ou d'elle ? Ses mensonges répétés à tous les autres personnages l'empêtrent dans des situations délicates et n'inspirent aucune empathie. Et le lecteur de subir cette narratrice anti-héroïne par excellence qui cumule les tares et les défauts.

Megan - le vrai prénom de celle qu'elle prénomme Jess et qui disparaît au début du roman - et Anna -la femme de l'ex-mari de Rachel - se chargent également partiellement de prendre en charge la narration et possèdent elles aussi quelques secrets que le lecteur peine à percer. Les trois narratrices se succèdent, et avec elles le mystère s'épaissit...

Les époques alternent, les narrateurs aussi, et le suspense croît progressivement. Le lecteur n'accorde sa confiance à personne, doutant des dires de chacun, cherchant dans les bribes de souvenirs une once de vérité. Et comme dans tout  policier, il sait qu'un des personnages est coupable. Reste à savoir lequel ! Et je dois vous avouer que, malgré le nombre incalculable d'Agatha Christie que j'ai dévorés, je me suis fait mener par le bout du nez par l'auteure quasi jusqu'à la fin. Et quel final ! Un dénouement stressant mais ô combien bien orchestré. Bref, un régal ! Merci beaucoup Mona Lisa Overdrive de m'avoir convaincue de dévorer ce roman. J'ai très envie de découvrir dans la foulée Avant d’aller dormir de S. J. Watson que tu me conseilles aussi. Et je dois vous avouer que je lève la tête le matin dans le train maintenant. Qui sait ce que je peux apercevoir, au détour d'un jardin ?

Une chronique de soukee rangée dans Thrillers - Vos commentaires [16] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , ,

15 mai 2016

Demain j'arrête ! Gilles Legardinier

Demain j'arrête, Gilles LegardinierDemain j’arrête ! est un roman du polyvalent Gilles Legardinier – tour à tour écrivain, scénariste, producteur et réalisateur – paru en 2011 chez Fleuve éditions et vendu à plus de 950 000 exemplaires.

Julie a vingt-huit ans et une vie assez calme. Cumulant les histoires d’amour désastreuses, la jeune femme se partage entre son travail dans une banque et son quartier où elle a ses habitudes. Mais le jour où un nouveau voisin vient s’installer dans son immeuble, la curiosité de Julie est titillée. Mais qui peut bien s’appeler Ricardo Patatras ? Intriguée, la jeune femme va tout faire pour rencontrer ce voisin – qu’elle imagine charmant et intéressant – et rentrer dans sa vie.

Qui n’a pas vu ces couvertures ornées de chatons déguisés, notamment dans les presses des gares ? Bon, on les a tous vues. Je ne pensais pas avoir un jour la curiosité d’ouvrir un roman dont la couverture présente un chat orné d’un bonnet péruvien mais finalement si. Exténuée après une semaine et alors que je devais faire un court voyage en train, j’ai opté pour la solution de facilité en achetant ce roman (et avec un Pumpkin Spice Latte de Starbucks pour faire la paire !) et je me suis plongée dedans durant l’heure et quelques que durait mon voyage. Et le problème, c’est que j’ai dû rudement intriguer mes voisins de cabine ! Parce que, voyez-vous, je n’ai pas arrêté de glousser en lisant les aventures de Julie. Oui, c’est prévisible, oui, Julie est la caricature de la fille maladroite et malchanceuse qui se met dans des situations drôlatiques, mais j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce qui lui arrivait et plus d’une fois je me suis retrouvée dans sa maladresse (ceux qui me connaissent savent ô combien je suis maladroite…)

Gilles Legardinier prouve avec ce roman qu’il a l’habitude de travailler dans le cinéma et nous offre une écriture cinématographique très visuelle. C’est ce qui permet à l’humour d’éclore si facilement. Il dépeint son personnage et ses péripéties avec moult détails qui permettent une visualisation très concrète.

Je ne vous dirais pas que c’est le roman de l’année, vous vous en doutez, mais j’ai été étonnée de me prendre autant au jeu. Demain j’arrête ! offre un excellent moment de détente et de rires (si si !). Et parce que je me demandais si j’étais la seule à tomber sous le charme de Julie et ses péripéties dans mon entourage, j’ai prêté ce roman à deux de mes acolytes du club lecture du lycée et leur avis a corroboré le mien : elles ne l’ont pas lâché, dévoré en trois jours, et ont ri franchement de nombreuses fois. Tout a été dit donc. Pour résumer : vous voulez une détente facile et efficace ? Ouvrez Demain j’arrête ! (et dites-moi si vous aussi vous ressemblez à Julie !)

Voilà une nouvelle participation au Challenge Feel Good que j'organise

RSS

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [24] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,

22 avril 2016

Hier encore c'était l'été, Julie de Lestrange

Hier encore c'était l'été, Julie DelestrangeHier encore, c'était l'été est un roman de la passionnée de littérature et d'écriture Julie de Lestrange paru en mars 2016 aux toutes jeunes éditions Mazarine, un label signé Fayard qui publie des romans résolument dans l'air du temps portés par de nouvelles plumes.

Les familles Fresnais et Lefèvre ont lié leur histoire au fil des ans grâce à un chalet de vacances où tous se retrouvent chaque été. Des grands-parents aux petits-enfants, les liens se tissent au fil des générations et des moments partagés. Et c'est justement l'histoire de ces petits-enfants qui est centrale dans ce roman. Alexandre, Sophie, Marco et les autres ont grandi ensemble, partagé leur insouciante enfance mais celle-ci une fois terminée, la vie exige des décisions, des choix, et la légèreté s'estompe peu à peu. De déceptions amoureuses en drames familiaux, de jolis moments d'amitié en disputes, la petite bande se cherche et se retrouve au fil des ans.

Portrait d'une génération, de ses doutes, de ses errances, Hier encore, c'était l'été est un roman dans lequel il fait bon se glisser. Julie de Lestrange réussit le pari de permettre au lecteur de s'identifier facilement à un ou plusieurs de ses personnages et de se mêler subrepticement à cette petite bande d'amis pour en savourer les sursauts.
Vraisemblables et attachants, les personnages sont le portrait d'une époque - la nôtre - et possèdent une psychologie bien travaillée. Rien n'est prévisible, sans pour autant que l'intrigue possède des retournements incroyables. Mais l'intérêt de ce roman réside justement dans son grain réaliste et le récit de ces quotidiens entremêlés. Il y a de chacun d'entre nous dans ce roman, dans ces personnages et leurs failles, et c'est grand.
Erreurs de parcours et déceptions côtoient de beaux moments mais jamais l'intrigue ne sombre dans un genre édulcoré ou dramatique. C'est léger, parfois drôle, parfois sombre, et c'est bien.
Pour ma part, j'ai dévoré ces pages en ayant l'impression de retrouver des amis. Un grand merci à Fanny et aux éditions Mazarine pour cette belle découverte.

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [16] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , , , ,

09 avril 2016

Le Livre des Baltimore, Joël Dicker

BALTIMORE

Le livre des Baltimore est le troisième roman du suisse Joël Dicker, paru en septembre 2015 aux éditions de Fallois. Reprenant le personnage de Marcus Goldman rencontré dans son précédent roman La vérité sur l'affaire Harry Québert, ce roman se centre sur la famille de Marcus et revient sur la jeunesse du personnage.

 Marcus Goldman, le personnage principal de La Vérité sur l'affaire Harry Québert, décide de quitter New York pour revenir sur les traces de son enfance, dans la moiteur de la Floride. Après le succès de son premier roman, Marcus décide d'écrire sur sa famille et de se replonger dans l'histoire de celle-ci. Dans la famille Goldman existent deux branches, nommées d'après leur lieu de résidence : les Goldman de Baltimore, à la réussite éclatante et à la richesse de bon goût, et les Goldman de Montclair, classe moyenne et vie sans éclat. Pour le Marcus adolescent, qui appartient à la branche Montclair, les Baltimore exerçaient une attraction sans pareille. Se replongeant dans ses souvenirs d'étés flamboyants, avec Hillel, son cousin, et Woody, le jeune délinquant adopté par les Baltimore et sauvé de ses troubles par une brillante carrière sportive, Marcus décortique son passé jusqu'à comprendre comment tout a basculé.

Je ne sais pas si c'est la malédiction liée à son précédent roman ou si Joël Dicker est un réel magicien des mots et des histoires, mais Le livre des Baltimore a eu le même effet sur moi que La vérité sur l'affaire Harry Québert : je l'ai dévoré en trois jours, incapable de quitter ces pages, hypnotisée par l'histoire de cette famille. Joë Dicker imagine des personnages si réalistes et aux vies si vraisemblables que ça en est troublant. Amours, amitiés et haine se fondent en un tourbillon de sentiments mêlés aux souvenirs de Marcus, "l'écrivain" comme tous l'appellent. Entre passé et présent, la narration alterne et comme d'habitude Joël Dicker distille avec brio un suspense haletant. Les deux époques convergent, le passé teinte progressivement le présent et le lecteur de tenter de comprendre le prologue, où tout bascule. Une réussite, sans conteste, que je vous conseille de découvrir au plus vite !

"Ce que nous faisions là-bas ? Nous vivions notre jeunesse triomphale. Nous allions dompter l'océan. Nous chassions les filles comme des papillons. Nous allions pêcher. Nous allions nous trouver des rochers pour sauter dans l'océan et nous mesurer à la vie." (p.42)

"Rêve, et rêve en grand ! Seuls survivent les rêves les plus grands. Les autres sont effacés par la pluie et balayés par le vent." (p.246)

Une chronique de soukee rangée dans Littérature française - Vos commentaires [8] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , , , , ,

19 février 2016

Quand souffle le vent du nord, Daniel Glattauer

Quand souffle le vent du nordQuand souffle le vent du nord est un roman du journaliste viennois Daniel Glattauer paru chez Grasset en 2010.

Emmi veut résilier son abonnement au magazine Like. Elle se trompe d’adresse mail et c’est un certain Léo Leike qui reçoit son mail. D’un banal échange de mails informatifs naît une relation épistolaire entre ces deux inconnus. Une relation intense, addictive et passionnée.

Quand souffle le vent du nord est un roman qui a beaucoup fait parler de lui lors de sa sortie en 2010. Je m’en souviens bien, mais j’étais passée à côté à cette époque-là. Aujourd’hui, je suis bien contente d’avoir eu l’occasion de le lire.

Si le résumé fait penser à Vous avez un message - un film que j’adore dans lequel Meg Ryan et Tom Hanks entretiennent une relation par mails – l’ensemble est nettement plus fin et se centre sur la question de l’émergence du sentiment amoureux. Emmi et Léo échangent des mails par erreur avant de progressivement s’intéresser à l’autre, puis à se passionner jusqu’à devenir dépendants de ces échanges. Daniel Glattauer amène progressivement les sentiments à naître en eux et nous livre une comédie de mœurs intelligente et addictive. Car sous couvert de mails anodins et enfermés dans les règles qu’ils se sont édictées (aucun détail physique ni d’âge, entre autres), la relation bascule progressivement vers de l’intime. Le dialogue entre les deux personnages constitue l’ensemble de ce roman jouissif, à la narration diablement bien construite. Un petit régal, c’est indéniable.

Et voilà ma 3e participation au Challenge Feel Good que j'organise !

Logo Challenge Feel good

Une chronique de soukee rangée dans Littérature autrichienne - Vos commentaires [32] - Lien permanent vers ce billet [#]
Mots-clés : , , ,