Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

15 septembre 2010

Mariage à l'indienne, Kavita Daswani

mariage Une nouvelle lecture sur l'Inde... Cela faisait quelques temps que je n'avais pas succombé...

Anju est une jeune indienne trentenaire et célibataire. Partie faire ses études à New York, elle a décidé de rester dans cette ville pour se lancer dans le monde de la mode. Mais entre ce modèle occidental et les traditions de son enfance, la jeune femme est tiraillée... Surtout quand sa famille se morfond de la voir toujours célibataire.

La couverture de ce livre semblait me prévenir : attention, roman à l'eau de rose... Pourtant, j'ai décidé de me lancer, intriguée par le résumé de l'éditeur et pensant (à tord) que l'intrigue allait détromper cette couverture guimauve.

En réalité, il s'agit bien d'un roman sentimental comme je déteste, où la mièvrerie et les considérations égocentriques et ô combien inutiles suintent à chaque page. L'héroïne, Anju, est l'archétype de la trentenaire célibataire qui subit la pression de son entourage pour rentrer dans la norme en se mariant.

Malheureusement, cette version indienne de Bridget Jones n'a su en rien me séduire. Le récit est centré sur ce personnage qui n'est en rien attachant et l'intrigue suit un schéma trop prévisible.

La recherche de l'homme parfait qui saura aimer cette jeune femme Logoindépendante et moderne n'a rien d'original, et les  soupçons de détails sur l'Inde et ses traditions sont si maigres qu'il n'ont pas réussi à retenir mon attention. J'ai bien failli arrêter ma lecture en cours, me disant au fur et à mesure que je tournais les pages: "Mais, c'est de la chick-lit en fait..." Mais vu qu'il s'agissait d'une lecture commune, je suis allée au bout, sans surprise ni intérêt... Dommage.

A l'occasion de notre Challenge Bienvenue en Inde, j'avais lancé l'idée de cette lecture commune avec paikanne, mamzellebulle,Elea23, Stellade. Allez donc voir ce qu'elles en ont pensé ! 


Vignette_LC

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15 juin 2010

Ma soeur, mon amour, Chitra Banerjee Divakaruni

masoeurDepuis que j'ai découvert Chitra Banerjee Divakaruni avec La maîtresse des épices et La reine des rêves, j'apprécie vraiment beaucoup cette auteure. C'est donc tout naturellement que je me suis inscrite à une lecture commune dans le cadre de notre Challenge Bienvenue en Inde pour découvrir ce titre.

Sudha et Anju sont cousines. Orphelines de pères, elles ont été élevées à Calcutta par trois femmes : leurs mères rerspectives et une de leurs tantes. Inséparables et complices, les deux jeunes filles se rêvent un avenir professionnel et sentimental moderne. Mais dans l'Inde traditionnaliste, tout n'est pas si simple... Et quand il est temps pour elles de se marier, leurs voix auront peu de poids dans la balance des castes et des mœurs indiennes.

Encore un roman de
Chitra Banerjee Divakaruni que j'ai lu d'une traite et adoré. Contrairement aux deux précédents romans que j'avais lus de cette auteure, l'Inde ne joue pas un rôle primordial dans cette fiction. C'est une toile de fond peu étayée qui sert à contextualiser l'intrigue sans pour autant permettre au lecteur novice d'en savoir plus sur les codes de ce pays ou encore ses traditions. C'est peut-être mon unique déception avec ce roman.
J'ai pris beaucoup de plaisir à suivre le parcours de ces deux jeunes filles - puis jeunes femmes - même si celui-ci est malheureusement semé d'embûches et empesé par le poids des traditions. L'alternance de points de vue à chaque chapitre entre les personnages de Sudha et Anju permet de suivre chacune des héroïnes dans son destin singulier sans perdre de vue ce qui se trame pour l'autre.
Vignette_LCBref, une excellente lecture, encore une fois, qui a fait l'objet d'une lecture commune pour notre Challenge Bienvenue en Inde. Allez donc voir les avis d'Hilde (qui a coorganisé ce challenge avec moi !), de Séverine et de L'Or des chambres sur ce roman.

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22 mai 2010

Requiem pour une étoile, Jennifer D. Richard

9782221111482FSA l'occasion de ma seconde participation à l'Opération Masse Critique de Babelio, j'ai eu le plaisir de recevoir Requiem pour une étoile, le second roman de Jennifer D. Richard.

Le monde est au bord du chaos. Partout la violence et la pauvreté règnent. Pour permettre à sa famille d'échapper à une destinée funeste, Illidan part travailler pendant un an à la Fournaise. Lieu de toutes les violences et de toutes les atrocités, la Fournaise se présente comme un des derniers endroits où l'on peut encore gagner de l'argent dans ce monde. Mais à quel prix ?
De retour de cet enfer, Illidan se rend compte qu'il a tout oublié de son passé. De sa vie de famille à son année à la Fournaise, rares sont les bribes de souvenirs qui lui reviennent. Et si finalement son amnésie était salvatrice pour sa santé mentale, effaçant dans les méandres de sa mémoire ce qu'il a vu à la Fournaise, ou ce qu'il a fait ?

Difficile de ne pas en dire trop...  D'une lecture très rapide, ce roman est absolument incroyable ! Jennifer D. Richard manie d'une main de maître son intrigue, dévoilant juste ce qu'il faut au lecteur pour permettre à celui-ci de s'imaginer son univers apocalyptique sans en comprendre les codes. C'est une sorte de contrat de lecture implicite passé entre l'auteure et celui qui la lit dès les premières pages.
Le flou qui règne autour de ce monde en plein chaos participe de l'ambiance et de l'ambiguïté de cette intrigue. On ne sait rien de ce qui précède le début du roman, si ce n'est que la terreur et la violence règnent sur ce monde.
Les personnages sont énigmatiques, eux aussi, et leur part de mystère est aussi au service de l'intrigue. Pourquoi Illidan a-t-il tout oublié ? Pourquoi ses fils craignent-ils tant leur mère, une femme pourtant parfaite en apparence ? Et quel est ce mystérieux contrat que Sigrid, la femme d'Illidan, a passé avec un homme à la mine patibulaire ? Que de questions se chevauchent tout au long de cette lecture. Et c'est en cela que réside le talent de Jennifer D. Richard :  faire s'interroger son lecteur sur une intrigue floue contextualisée dans un univers dont elle ne nous donne pas les codes... Brillant !
Le roman est divisé en trois parties, chacune prise en charge par un personnage et narrée d'après son point de vue. Au fil des pages, le mystère se dissipe peu à peu... jusqu'à la révélation finale, qui intervient dans les dernières pages.
Formidable histoire d'amour impossible, Requiem pour une étoile ne ressemble à rien de ce que j'ai pu lire auparavant. En 225 pages, Jennifer D. Richard entraîne avec brio son lecteur dans une intrigue dense au rythme rapide.
Une excellente découverte pour moi, un roman lu en une après-midi, une expérience de lecture étrange. Merci Jennifer D. Richard pour ce voyage ! Je m'en vais de ce pas découvrir Bleu poussière, le premier roman de cette auteure paru en 2007.
Merci encore à logo2et aux éditions logo pour ce roman fabuleux !

Requiem pour une étoile par
Jennifer Richard

Requiem pour une étoile

Requiem pour une étoile

Jennifer Richard

Critiques et infos sur Babelio.com

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15 avril 2010

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

le_cercle_litteraire_des_amateurs_depluchures_de_patates1Je viens de terminer Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, roman largement plébiscité par les lecteurs ces derniers temps. Malheureusement, son auteure, Mary Ann Shaffer, n'aura  pas eu le temps de voir son livre publié, décédant en 2008 à l'âge de 74 ans.

Janvier 1946. Juliet, jeune auteure en mal d'inspiration, reçoit un matin une lettre d'un inconnu de l'Île de Guernesey, ayant en sa possession un recueil de textes qui lui a appartenu.
Désireux d'en savoir plus sur Charles Lamb, l'auteur du recueil, Dawsey Adams demande à Juliet de le mettre en contact avec une librairie londonienne, ce que la jeune femme fait avec joie. Les échanges cordiaux entre les deux personnages se poursuivent au fil des semaines, allant jusqu'à s'élargir aux autres habitants de Guernesey...
Au fil de sa correspondance, Juliet va pénétrer dans l'intimité des habitants de cette petite île, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et découvrir leur fameux cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates... Au point de vouloir quitter Londres pour découvrir Guernesey et ses habitants...

Quelle plume agréable ! D'une lecture fluide, ce roman me laisse une très bonne impression, une fois la dernière page tournée.
La forme épistolaire, si elle ralentit l'action en différant les événements, permet d'apporter un rythme particulier à l'intrigue, lent sans être ennuyeux.  Pourtant pas adepte de cette forme littéraire, j'ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture !
Les différents personnages dépeints par les auteures ont une psychologie relativement développée, avec la particularité d'être esquissées par les autres personnages au fil des lettres. L'idée de faire débuter la correspondance de Juliet avec un seul habitant de Guernesey puis d'étendre celle-ci à quasiment tous les habitants de l'île, permet d'avoir un panel de personnages très intéressant. Chacun raconte ses souvenirs de guerre, sans jamais tomber dans un pathos larmoyant, malgré quelques anecdotes dures. Le ton est délibérément joyeux, malgré le sujet.
En parallèle de cette correspondance qui va nourrir son sujet d'écriture, Juliet relate ces événements à Sidney, son éditeur, et Sophie, la sœur de celui-ci, permettant au lecteur de combler les ellipses de la narration.
Il fait bon vivre à Guernesey, et ce roman, à la fois léger et drôle, permet de passer un très bon moment de lecture, à mi -chemin entre l'évasion sur cette île et les témoignages de guerre.
Je remercie 51373085 de m'avoir envoyé ce roman.47287542

Et hop ! Une lecture de plus pour Mon challenge Livraddict ! 4/10

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19 mars 2010

Petits contes amoureux, Gudule, Samuel Ribeyron

9782745930774Un très bel album pour voyager à travers le monde et ses traditions orales. Onze contes sont racontés par Gudule et illustrés par Samuel Ribeyron dans cet album pour les petits dès 4 ans.

En Egypte, le lecteur voyage avec Aïcha, la fille d'un cadi et ses trois prétendants ; à Madagascar, il connaîtra l'histoire de Tabo-ada, une jeune princesse très laide qui cherche néanmoins son prince ; en Inde, Gudule nous invite à lire le destin de Balaam et Oumi, deux cœurs amoureux que leurs rêves séparent ; en Bulgarie, l'album s'attarde sur l'histoire du petit bossu qui avait du miel dans sa ruche ; en Turquie nous est donnée à voir l'histoire de la belle Zénobia, fille du sultan, qui met au défi ses prétendants afin de choisir le plus courageux...

Les textes courts sont les témoins des tradition orale de chacun de ces pays. Les illustrations toute en douceur et en couleurs tendres sont un régal pour les yeux.challenge2

Ce tour du monde des contes sur l'amour est un plaisir autant pour les yeux que pour l'esprit. Qu'il est bon de regarder les traditions populaires de nos voisins plus ou moins proches et d'y trouver des échos dans nos propres souvenirs d'enfant et des résonances dans nos lectures d'adulte ! Cette lecture s'inscrit dans le Challenge Je lis aussi des albums ! d'Herisson08 (3/11) et comme troisième participation au Challenge Des contes à rendre de Coccinelle ! 

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10 mars 2010

La Princesse Ligovskoï, Michel Lermontov

9782070398676FSUne lecture de plus dans le Défi Une Année en Russie, organisé par Pimpi. Elle n'était pas prévue au programme (j'ai Crime et Châtiment sur le feu...) mais je suis tombée sur ce folio 2 euros par hasard, et j'ai été attirée par la couverture....

Saint-Pétersbourg, 1833. Georges et Vièrotchka se sont aimés puis perdus de vue dans d'obscures circonstances... Devenue la Princesse Ligovskoï suite à son mariage, Vièrotchka accompagne son mari à Saint-Pétersbourg où son ancien amant et fiancé, devenu un jeune officier de la Garde, demeure. Leurs retrouvailles ne les laissent pas indemnes...

Court texte de Michel Lermontov, La Princesse Ligovskoï est un roman inachevé. Assez frustrant donc de ne pas savoir ce qu'il advient des deux héros, mais un pari que l'on prend en ouvrant ce livre. Difficile donc d'en dire beaucoup sans trop dévoiler l'intrigue.
La plume est très fluide et se lit avec aisance. Les phrases, longues, très ponctuées et souvent très imagées, invitent à la rêverie. Le narrateur nous entraîne avec malice dans cette histoire.
Une plongée dans la société pétersbourgeoise des années 1830 très agréable, portée par l'étiquette et les conventions de l'époque. Une intrigue bien menée, prélude à un roman qui aurait pu être très prometteur...
Un très bon moment de lecture, très rapide.

"Il savait qu'il est facile de faire parler de soi, mais il savait aussi que le monde ne s'intéresse pas deux fois de suite à la même personne ; il lui faut sans cesse de nouvelles idoles, de nouvelles modes, de nouveaux romans..." (p.24)

"La pauvrette, pressentant que c'est là son dernier adorateur, s'efforce sans amour, uniquement par amour-propre, de garder le plus longtemps possible le mauvais sujet à ses pieds... en vain : elle s'englue de plus en plus - et finalement... hélas... après cette période il ne reste que les rêves d'un mari, de n'importe quel mari... rien que des rêves." (p.44)

"Oh ! Les dames étaient le véritable ornement de ce bal, comme de tous les bals possibles !... Que d'yeux étincelants et d'étincelants brillants, que de lèvres roses et de roses rubans... merveilles de la nature et merveilles du magasin de modes... ravissants petits pieds et souliers merveilleusement petits, épaules marmoréennes et fards français de première qualité, phrases sonores empruntées  au roman à la mode, bijoux de location..." (p.116)


46357548_pEt je fais encore une fois d'une pierre deux coups (ça va devenir une habitude !) en inscrivant cette 47287655lecture non seulement dans le Défi Une année en Russie de Pimpi, mais aussi dans le Challenge 2euros de Cynthia !



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23 février 2010

Prenez soin de vous, Sophie Calle

sophie_calleSans_titre_2Véritable coup de cœur lorsque nous l'avons acheté il y a 2 ans, Prenez soin de vous est une petite merveille à laquelle m'a fait penser notre précédent billet sur Mots d'amour secrets...

Sophie Calle est une artiste. Le jour où elle reçoit un mail de rupture d'un amant, elle décide de transformer cette blessure en objet d'art :

"J'ai reçu un mail de rupture. Je n'ai pas su répondre.
C'était comme s'il ne m'était  pas destiné.
Il se terminait par les mots : Prenez soin de vous.
J'ai pris cette recommandation au pied de la lettre.
J'ai demandé à 107 femmes - dont une à plumes
et deux en bois -, choisies pour leur métier, leur talent,
d'interpréter la lettre sous un angle professionnel.
L'analyse, la commenter, la jouer, la danser, la chanter.
La disséquer. L'épuiser. Comprendre pour moi.
Parler à ma place.
Une façon de prendre le temps de rompre.
A mon rythme.
Prendre soin de moi. "

Ce mail de rupture est donc observé sous tous les angles par ces femmes, certaines connues comme Marie Desplechin, Amira Casar, Yolande Moreau, Arielle Dombasle, ou encore Victoria Abril, d'autres non, mais dont la profession fait sens pour ce projet : linguiste, cruciverbiste, philologue, clown, tireuse à la carabine, consultante en matière de savoir-vivre, exégète talmudique ou bien avocate, etc. Chacune se l'approprie, le dissèque et l'analyse, le rendant limpide à travers le prisme de sa profession. La rupture est désacralisée, dédramatisée, et chacune prend soin de Sophie, et par là même d'elle, grâce à ce projet.
La lecture de ce bel ouvrage est un régal ! Chaque page correspond (ou presque, certaines sont plus loquaces...) à une femme et donne à voir son interprétation de ce drame personnel. Une esthétique rare. Une originalité à couper le souffle. Une réussite !
La mail de rupture, présenté en début sert de base à ce travail de réflexion et le résultat n'en est que plus étonnant : danse, chant, nouvelle, réécriture, analyse de texte, etc. Les productions sont nombreuses et aussi drôles les unes que les autres.

Bref, un incontournable dans mon salon, que j'aime à feuilleter en passant, et, au détour d'une page, sourire d'une interprétation... Ce projet a donné lieu à une exposition à la Biennale De Venise et à la BNF en 2007... Un beau livre à offrir ou se faire offrir (N.B. c'est un  livre grand format avec des DVD)

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22 février 2010

Mots d'amour secrets, Jacques Perry-Salkow et Frédéric Schmitter

9782757816448Voilà un joli livre  très drôle, reçu dans le cadre d'un partenariat spécial pour la Saint Valentin organisé par 47286893 et les Éditions Points, qui proposait à plusieurs couples de lire conjointement ce livre et d'en faire une critique commune... Merci à eux deux pour cette belle initiative !

Mots d'amour secrets est un recueil de lettres d'amour fictives, inspirées du célèbre billet que George Sand écrivit à Alfred de Musset, et dont la lecture, une ligne sur deux, révélait un texte caché...
Acrostiches, contrepèteries, rébus typographiques, homophonies, boustrophédons et autres paronymes sont donc distillés dans ces belles lettres d'amour pour le plus grand plaisir du lecteur...

Critique de soukee

Lecture à deux, donc de ce recueil, fous rires multiples et réflexion intense pour décoder ces lettres. Les auteurs proposent un livre très drôle, dont chaque jeu de mot est une prouesse littéraire et syntaxique. Les références culturelles sont nombreuses, les jeux de mots ingénieux et très signifiants, bref, un régal de lecture à haute voix !
Dans la droite lignée de Queneau et son Exercice de style, ces lettres d'amour sont classées par catégories - les cinglantes, les comiques, les clandestines, les charmantes et les coquines - tandis qu'un glossaire en fin d'ouvrage nous renseigne sur ces figues de style parfois intimistes.
Très bon moment de lecture en tout cas, et cette possibilité d'ouvrir le recueil au hasard et de lire une lettre en se creusant les méninges pour en comprendre la logique est une possibilité grisante !


Critique de Tosty

Pris à l’endroit, de simples billets, lettres, dialogues, comptes rendus… bref, des fragments

Indiscrets de correspondances diverses et variées. Retournons le livre, et le livre se fait autre:

Nouveau texte, nouvelle lecture. Les auteurs livrent, pour les plus paresseux d’entre nous (et

Oui, j’en suis), de véritables formules comme autant de sésames, qui n’ont pas à rougir devant

Un casse-tête polychrome que je n’ose nommer tant il a frustré des générations entières. Joie !

Tout devient lumineux ! Rameutez les amateurs ! de la littérature clandestine ! À coup de

Traits langagiers savamment affûtés, les auteurs font ressurgir ce qu’on croyait disparu : 

Osons, le dire, le goût des mots et la franche drôlerie dans les livres. Tour à tour cinglants,

Sexuellement décomplexés, comiques ou charmants, les mots cachés se font jour pour

Toujours nous donner l’appétit de ceux qui nous résistent. Un régal ! 

 

Pour vous faire réfléchir, voici une de ces lettres :

Un faux pli

"Chère cliente, j'ai fait suivre ces jours-ci votre
commande d'un costume en soie pour votre
mari. Mes conclusions, découlant de plusieurs
enquêtes réalisées au sein de nos diverses
filatures sont assez pessimistes. Votre mari est
malchanceux, une épidémie désastreuse sévit
actuellement en Europe, avec six ou sept
millions de cocons contaminés. Drame de ces
créatures que je qualifierai de trop légères !
Des kilomètres de fil de soie à jamais perdus !
Madame, mon conseil est le suivant : faites-en
votre deuil. La soie japonaise vous satisfera
autant. Et s'il vous faut un partenaire pour la
transaction, car la soie est loin d'être une
bagatelle, je reste votre serviteur.
" (p.43)

Alors, qui devine le message secret ???


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06 février 2010

Les poissons ne connaissent pas l'adultère, Carl Aderhold

9782709634151_TSitôt reçu, sitôt lu ce roman au titre intrigant... Et je ne suis pas déçue !!

Valérie reçoit pour ses quarante ans un relooking  de la part de ses amies. Pour cette caissière, une coloration blonde et une robe rouge vont bouleverser sa vie.
Tel un déclic, elle décide
un matin de tout plaquer. Elle monte par hasard dans le Paris-Toulouse au lieu de rejoindre son travail et décide de changer de prénom. Elle ne sera plus Valérie mais Julia, en hommage à Julia Roberts, aperçue sur une affiche sur le quai de la gare.
Hésitante d'abord puis de plus en plus confiante, elle se lance au devant de sa vie. Et dans ce Corail somme toute banal, elle va réfléchir au sens de sa vie en compagnie de voyageurs peu anodins.

De prime abord, j'ai été attirée par cette histoire que je pressentais être un huis-clos (je ne me suis pas trompée à ce sujet !) Toute l'intrigue se déroule durant le trajet en train de Paris à Toulouse et chaque chapitre égraine les gares auxquelles le Corail s'arrête.
Tel un compte à rebours, le lecteur suit avec plaisir les péripéties de chaque personnage du compartiment : Julia - anciennement Valérie -, bien évidemment, mal à l'aise dans ce corps de femme désirable qu'elle a trop longtemps nié ; Colette, la septuagénaire amoureuse de deux hommes et qui ne veut en aucun cas choisir entre les deux ; Aude, Nicolas, Murielle et Vincent, deux couples amis dont les hommes sont maîtres de conférence en histoire, en partance pour un colloque universitaire ; Germinal, le contrôleur intransigeant...
De chacun de ces personnages naît des doutes quant à sa vie et ses convictions. A l'unisson de Julia, chacun remet en cause ce qu'il est et ce qu'il est en train d'accomplir. Pendant que notre héroïne se libère peu à peu des carcans de son quotidien pour retrouver l'insouciance de ses vingt ans, le lecteur suit avec plaisir tour à tour chaque personnage. La focalisation interne permet de se plonger dans leurs pensées et leurs vacillements, tandis que tous s'épient dans ce train qui semble sans fin. Leur psychologie est bien étudiée, ne sombre pas dans les archétypes, et permet cependant une identification certaine.
Ce Corail emmène le lecteur dans une intrigue rythmée, qui évolue très vite, tels les kilomètres qui filent à toute allure.
Véritable roman vaudevillesque,  Les poissons ne connaissent pas l'adultère est un divertissement très rafraichissant, qui ne joue pas trop sur la corde sensible (je craignais un sentimentalisme à outrance en le débutant...).
Merci à 47286519et aux Éditions JC Lattès pour ce livre reçu dans le cadre d'un partenariat !!

L'avis de Manu et de Bookine !

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19 novembre 2009

Diego et Frida, Le Clézio

diegoVoilà un livre que j'ai cherché longtemps sur les étals des libraires et des bouquinistes avant de le trouver dernièrement à Paris.
Je pense que le fait que Le Clézio ait eu le Nobel de Littérature en 2008 a dû participer à sa réimpression.

Diego et Frida relate, comme son nom l'indique, la romance entre les deux artistes mexicains
Diego Rivera et Frida Khalo, sur fond d'implication politique et historique.
Le couple s'aime et se déchire au rythme de l'histoire du pays qu'ils aiment tant et de leurs nombreux voyages en Europe et aux Etats-Unis.
Diego, bien plus âgé que Frida, est déjà un artiste accompli lorsqu'ils se rencontrent en 1923 à la Preparatoria. Son implication politique, sa passion pour l'art et les femmes habiteront ce géant, cet "ogre" comme le nomme Le Clézio, toute sa vie, au détriment de ceux qui l'aiment.
Frida, quant à elle, se plonge dans la peinture, et les autoportraits plus particulièrement, suite à l'accident de bus qui la rendra infirme et stérile à vie. La souffrance de sa vie transparaît dans ses peintures, tout comme son amour inconditionnel pour Diego.

La plume de Le Clézio dépeint avec beaucoup de douceur ces deux existences, permettant au lecteur de s'immiscer discrètement entre eux.
Cette biographie très documentée, mêlant notamment des extraits de correspondances à des citations d'autres biographies, permet d'avoir une approche biographique et artistique assez globale des deux protagonistes.
J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre et vous le conseille vivement. Il m'a donné envie d'en savoir un peu plus sur les deux artistes. J'ai cherché pas mal de leurs œuvres d'art sur Internet, certaines faisant écho à des périodes de vie décrite dans ce livre.

Cette biographie était en fait pour moi le prolongement du visionnage du film éponyme de Julia Taymor consacré à Frida et sorti sur les écrans en 2003. Il m'arrive en effet souvent d'avoir une boulimie sur un auteur, un personnage historique ou encore une époque et de me jeter à corps perdu dans des lectures qui lui sont consacrées...

"L'infirmité progressive, l'enfermement dans la solitude de la douleur ont transformé le rêve d'enfant en fantasme, et donné une valeur presque mythique à cette autre elle-même, qu'elle scrute indéfiniment dans son miroir." p.65

"L'hiver est doux et pluvieux, et elle pense avec nostalgie aux ciels éclatants et au froid du matin à
Coyoacán, aux enfants qui grignotent la canne à sucre de Noël au coin des rues, aux Indiennes qui vendent des fleurs de noche buena et de la terre végétale." p.146

"Pris par la réalisation des peintures murales du Palais National, dans le tumulte sensuel de la vie et les remous de la politique au jour le jour, Diego peut bien croire au bonheur de Frida dans sa nouvelle vie, son indépendance. Elle-même ne joue-t-elle pas à être heureuse ?" p.218

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