Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

20 mai 2016

Les délices de Tokyo, Durian Sukegawa

Les délices de TokyoLes délices de Tokyo est le premier roman traduit en français du touche-à-tout Durian Sukegawa (vous en connaissez beaucoup des personnes diplômées de philosophie, de l'Ecole de pâtisserie du Japon, romancières, essayistes, poètes, clowns, scénaristes, animateurs radio ? Moi non...). Il est paru en février cette année chez Albin Michel et a donné lieu à une adaptation ciné par Naomi Kawase en 2015.

Sentarô est gérant d'une minuscule pâtisserie tokyoïte spécialisée en dorayaki, ces douceurs japonaises composées de deux pancakes réunis par une pâte de haricots rouges, le an. Le commerce vivote et Sentarô prend peu de plaisir à son activité. Un jour, une vieille dame lui demande du travail. Sentarô accepte à contre-coeur que Tokue, c'est son nom, travaille à ses côtés. La septuagénaire souffre de malformations au niveau des mains et Sentarô craint que cela ne fasse fuir la clientèle. Mais très vite, il se rend compte que Tokue maîtrise à la perfection l'art des doroyaki, préparant une pâte de haricots rouges succulente. A ses côtés, Sentarô reprend goût à la vie et découvre un univers simple et apaisant. Mais Tokue reste très discrète sur sa vie et cache un lourd secret que Sentarô ne tarde pas à découvrir.

Je n'ai jamais besoin qu'on me tente pour avoir envie de manger japonais, c'est une chose communément admise. Mais je ne connaissais pas les dorayakis... Sacrilège pour certains, catastrophe pour d'autres - comme mon porte-monnaie - car ce roman est une véritable ode à cette pâtisserie ! Les description de son élaboration sont minutieuses et je défie quiconque  qui ouvrira ces pages de ne pas se laisser gagner par la faim !

Les délices de Tokyo est un roman tout en douceur et en poésie, qui entraîne son lecteur dans cette minuscule pâtisserie, aux côtés de Sentarô. Le temps s'écoule lentement, au rythme du cerisier planté devant la boutique, et les personnages évoluent doucement. Les liens qui les unissent sont discrets, pudiques, mais bien là et c'est tout en douceur que chacun des personnages change au fil des pages. La traduction du japonais offre une langue fluide, imagée, très poétique. Il est difficile d'en dire plus, sans trop en dévoiler.

Une parenthèse très touchante, une belle plongée dans le Japon d'aujourd'hui et d'autrefois. Un roman qui se déguste du bout des doigts, comme les dorayaki préparés avec amour par Tokue. Une très belle découverte que je suis heureuse de partager avec vous aujourd'hui. (maintenant, il ne me reste qu'à foncer dans une boutique japonaise pour découvrir ces petites merveilles !)

Je vous laisse avec la bande-annonce du film :

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22 avril 2016

Hier encore c'était l'été, Julie de Lestrange

Hier encore c'était l'été, Julie DelestrangeHier encore, c'était l'été est un roman de la passionnée de littérature et d'écriture Julie de Lestrange paru en mars 2016 aux toutes jeunes éditions Mazarine, un label signé Fayard qui publie des romans résolument dans l'air du temps portés par de nouvelles plumes.

Les familles Fresnais et Lefèvre ont lié leur histoire au fil des ans grâce à un chalet de vacances où tous se retrouvent chaque été. Des grands-parents aux petits-enfants, les liens se tissent au fil des générations et des moments partagés. Et c'est justement l'histoire de ces petits-enfants qui est centrale dans ce roman. Alexandre, Sophie, Marco et les autres ont grandi ensemble, partagé leur insouciante enfance mais celle-ci une fois terminée, la vie exige des décisions, des choix, et la légèreté s'estompe peu à peu. De déceptions amoureuses en drames familiaux, de jolis moments d'amitié en disputes, la petite bande se cherche et se retrouve au fil des ans.

Portrait d'une génération, de ses doutes, de ses errances, Hier encore, c'était l'été est un roman dans lequel il fait bon se glisser. Julie de Lestrange réussit le pari de permettre au lecteur de s'identifier facilement à un ou plusieurs de ses personnages et de se mêler subrepticement à cette petite bande d'amis pour en savourer les sursauts.
Vraisemblables et attachants, les personnages sont le portrait d'une époque - la nôtre - et possèdent une psychologie bien travaillée. Rien n'est prévisible, sans pour autant que l'intrigue possède des retournements incroyables. Mais l'intérêt de ce roman réside justement dans son grain réaliste et le récit de ces quotidiens entremêlés. Il y a de chacun d'entre nous dans ce roman, dans ces personnages et leurs failles, et c'est grand.
Erreurs de parcours et déceptions côtoient de beaux moments mais jamais l'intrigue ne sombre dans un genre édulcoré ou dramatique. C'est léger, parfois drôle, parfois sombre, et c'est bien.
Pour ma part, j'ai dévoré ces pages en ayant l'impression de retrouver des amis. Un grand merci à Fanny et aux éditions Mazarine pour cette belle découverte.

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09 avril 2016

Le Livre des Baltimore, Joël Dicker

BALTIMORE

Le livre des Baltimore est le troisième roman du suisse Joël Dicker, paru en septembre 2015 aux éditions de Fallois. Reprenant le personnage de Marcus Goldman rencontré dans son précédent roman La vérité sur l'affaire Harry Québert, ce roman se centre sur la famille de Marcus et revient sur la jeunesse du personnage.

 Marcus Goldman, le personnage principal de La Vérité sur l'affaire Harry Québert, décide de quitter New York pour revenir sur les traces de son enfance, dans la moiteur de la Floride. Après le succès de son premier roman, Marcus décide d'écrire sur sa famille et de se replonger dans l'histoire de celle-ci. Dans la famille Goldman existent deux branches, nommées d'après leur lieu de résidence : les Goldman de Baltimore, à la réussite éclatante et à la richesse de bon goût, et les Goldman de Montclair, classe moyenne et vie sans éclat. Pour le Marcus adolescent, qui appartient à la branche Montclair, les Baltimore exerçaient une attraction sans pareille. Se replongeant dans ses souvenirs d'étés flamboyants, avec Hillel, son cousin, et Woody, le jeune délinquant adopté par les Baltimore et sauvé de ses troubles par une brillante carrière sportive, Marcus décortique son passé jusqu'à comprendre comment tout a basculé.

Je ne sais pas si c'est la malédiction liée à son précédent roman ou si Joël Dicker est un réel magicien des mots et des histoires, mais Le livre des Baltimore a eu le même effet sur moi que La vérité sur l'affaire Harry Québert : je l'ai dévoré en trois jours, incapable de quitter ces pages, hypnotisée par l'histoire de cette famille. Joë Dicker imagine des personnages si réalistes et aux vies si vraisemblables que ça en est troublant. Amours, amitiés et haine se fondent en un tourbillon de sentiments mêlés aux souvenirs de Marcus, "l'écrivain" comme tous l'appellent. Entre passé et présent, la narration alterne et comme d'habitude Joël Dicker distille avec brio un suspense haletant. Les deux époques convergent, le passé teinte progressivement le présent et le lecteur de tenter de comprendre le prologue, où tout bascule. Une réussite, sans conteste, que je vous conseille de découvrir au plus vite !

"Ce que nous faisions là-bas ? Nous vivions notre jeunesse triomphale. Nous allions dompter l'océan. Nous chassions les filles comme des papillons. Nous allions pêcher. Nous allions nous trouver des rochers pour sauter dans l'océan et nous mesurer à la vie." (p.42)

"Rêve, et rêve en grand ! Seuls survivent les rêves les plus grands. Les autres sont effacés par la pluie et balayés par le vent." (p.246)

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10 janvier 2016

La malle aux trésors, Marie-José Ségura

La malle aux trésorsLa malle aux trésors est le quatrième roman de Marie-José Ségura, paru en octobre 2015 aux éditions La Bourdonnaye.

Louise a dix ans et passe pour la première fois un weekend toute seule chez sa grand-mère. Par un après-midi pluvieux, la petite fille aide sa grand-mère à ranger le grenier lorsqu'elle tombe sur une vieille malle remplie d'objets du passé. Alors qu'elle s'empare d'un livre, Louise est aspirée dans celui-ci et se retrouve sur un navire espagnol en partance vers les Antilles, en 1656. Louise se retrouve en plein milieu d'une aventure où pirates et flibustiers règnent. Comment va-t-elle s'en sortir et revenir chez elle ?

J'aime les romans qui évoquent l'idée une frontière poreuse entre la réalité et les livres, comme Coeur d'Encre de Cornelia Funke ou L'affaire Jane Eyre de Jasper Fforde. J'ai donc plongé avec plaisir aux côtés de Louise dans ce mystérieux roman et ai atterri avec elle aux belles heures de la piraterie au 17e siècle.

L'intrigue avance à bon rythme et le lecteur suit avec plaisir la petite fille dans ses aventures aux Antilles. L'auteure délivre ce qu'il faut comme explications sur l'époque historique qu'elle développe pour permettre à de jeunes lecteurs de s'en emparer. Un lexique et une petite postface complètent ce court roman de 90 pages.

Ode à la lecture - Louise déteste lire au début de l'intrigue - La malle aux trésors est un roman divertissant et très agréable à lire qui plaira aux petits lecteurs, et aux pourquoi pas aux non lecteurs ! Je tiens à remercier les éditions La Bourdonnaye pour ce roman reçu en service de presse.

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15 octobre 2015

Magique aujourd'hui, Isabelle Jarry

51DXRzlgBhLMagique aujourd'hui est le dernier ouvrage de la romancière et essayiste française Isabelle Jarry paru en août chez Gallimard.

2050, ou à peu près. Tim est un jeune chercheur qui s'intéresse aux conséquences de la catastrophe de Fukishima sur l'être humain et au cas d'un homme qui a continué à vivre dans la zone contaminée. Mais alors que Tim s'intéresse à l'humain pour son étude, il délaisse la compagnie de ceux-ci au détriment de celle de Today, l'androïde qu'il a acheté à l'origine pour être son assistant. A force de bricolage et de débridage, Tim a transformé Today en machine douée de pensée avec laquelle il adore disserter et s'interroger sur le monde qui l'entoure. Cette relation, jugée trop fusionnelle par les autorités, conduit Tim en cure de déconnexion : une semaine dans une maison de campagne isolée sans réseau ni moyen de communication. Tim va alors s'ouvrir au monde qui l'entoure et le redécouvrir, tandis que Today, livré à lui-même, développe progressivement une forme de personnalité et d'indépendance.

Délicat roman d'anticipation, Magique aujourd'hui s'interroge tout en poésie sur le devenir de l'être humain et de son rapport aux objets connectés. Le personnage de Tim, doux rêveur porté vers le passé qui s'interroge sur l'humanité, cristallise en lui les errances qui sont déjà les nôtres, dans un monde où la communication passe en majorité par l'intermédiaire d'un objet. La dépendance de Tim à Today, son robot, si elle ne nous concerne pas (encore) directement, nous permet de nous interroger sur notre propre rapport aux technologies et ouvre un champ des possibles des plus intéressants.
Fable douce amère dans laquelle le héros doit sa survie métaphorique à une retraite forcée en pleine nature, Magique aujourd'hui est un roman drôle et incisif à la fois qui soulève bien des questions. Et c'est tant mieux !

"L'homme était un enfant qui modelait le réel à l'aune de ses rêves."

"La voix du rossignol s'éloigne
La lumière s'éteint
Magique aujourd'hui.
"
 

4/6 pour le Challenge 1% de la rentrée littéraire organisé par Herisson

et une nouvelle participation au Reading Challenge

35. Un livre qui se déroule dans le futur

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09 octobre 2015

Les Nécrophiles anonymes T.1 Quadruple assassinat dans la rue de la Morgue, Cécile Duquenne

Les Nécrophiles anonymes TQuadruple assassinat dans la rue de la Morgue est le premier tome de la série Les Nécrophiles Anonymes imaginée par la jeune auteure, étudiante en japonais et libraire en dilettante Cécile Duquenne, paru dans un premier temps chez Voy'el Editions en 2012 avant de paraître en ebook chez Bragelonne en 2014.

Népomucène est un préposé à la morgue des plus ordinaires, excepté le fait qu'il passe ses nuits de travail en compagnie de Bob, un vampire qui a élu domicile dans la morgue. L'amitié qui lie les deux compères est forte et se solde régulièrement par des retrouvailles autour de bières et d'épisodes de Buffy. Mais leur routine quotidienne est un jour interrompue par le meurtre sanglant des médecins légistes de la morgue. Selon Bob, et au vu des blessures, seul un loup-garou peut être l'auteur de ce crime. Aidés d'Edgar un retraité taxidermiste, Népomucène et Bob se lancent sur les traces du meurtrier.

Vous connaissez mes goûts en matière de lecture et vous savez que je ne suis d'ordinaire pas friande de fantasy. Mais depuis que j'ai suivi un MOOC sur la Fantasy organisé par l'Université d'Angers, mon intérêt pour le genre a été aiguisé et depuis j'aime à sortir de ma zone de confort en me frottant à des textes qui, d'ordinaire, ne m'auraient pas attirée. Ce premier tome en fait partie. Et force est de reconnaître que j'ai été charmée par la plume de cette jeune auteure et son style. 

L'humour est omniprésent entre ces pages et Cécile Duquenne joue sur les codes du genre pour mieux s'en écarter. Elle adapte à sa sauce le mythe du vampire et celui de la lycanthropie et l'ensemble est plutôt bien ficelé. Ce premier roman est très court et ressemble presque à un épisode de Buffy pour son côté parodique et sentimental à la fois. C'est drôle, léger, rapide, agréable à lire, et un peu addictif aussi. En refermant ce premier tome, j'ai eu très envie de découvrir le second et savoir ce qu'il advient de Népomucène et Bob, son ami vampire. Un bon point, non ?

Voici ma quatrième participation au Challenge Halloween organisé par Lou et Hilde.

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23 août 2015

Miss Alabama et ses petits secrets, Fannie Flagg

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Miss Alabama et ses petits secrets est un roman de l'écrivaine, scénariste et actrice américaine Fannie Flagg - mondialement connue pour son roman Beignets de tomates vertes et son adaptation cinématographique - paru en 2014 aux Editions du Cherche Midi.

Maggie a soixante ans et éprouve une lassitude face à la vie. Ancienne Miss Alabama, celle qui travaille désormais dans une agence immobilière de Birmingham est fatiguée de vivre et décide de mettre fin à ses jours. Maggie veut partir sans bruit, sans déranger, doucement. Alors qu'elle planifie soigneusement son départ, sa collègue Brenda l'appelle pour l'inviter à un spectacle de derviches tourneurs, un des rêves de Maggie. Cette dernière ne peut refuser cette invitation et décide de différer son plan. Mais cette décision en apparence anodine va entraîner une foule d'événements qui vont faire chanceler sa volonté d'en finir...

J'avais littéralement dévoré Beignets de tomates vertes il y a trois ans (souvenez-vous, j'en avais même eu une nuit blanche tellement je n'arrivais pas à quitter ces personnages !) et je me suis plongée avec délice dans les pages de ce nouveau roman de Fannie Flagg, certaine d'y retrouver l'âme de  l'Alabama et de son précédent roman.

Et le plaisir a été au rendez-vous ! Si je n'ai pas succombé à l'appel d'une nouvelle nuit blanche pour dévorer la vie de Maggie, je n'en ai pas moins éprouvé énormément de plaisir avec cette lecture et l'ai terminée en quelques jours. Fannie Flagg possède la faculté d'entraîner son lecteur dans un univers chaleureux et humain, porteur de valeurs fortes et d'espoir. Pas de gnangnan ni de bons sentiments en revanche, mais une galerie de personnages bien léchée et une intrigue tricotée avec soin, qui se déroule avec soin et donne à voir de très beaux moments.

Le rythme de l'intrigue est soutenu et très régulier, happant son lecteur dès les premières pages et l'entraînant lentement mais sûrement dans le quotidien de cette héroïne des plus tragiques. Maggie est un personnage qui sait se faire oublier et n'accapare pas l'essentiel de l'intrigue, laissant la part belle à des personnages secondaires attachants et vraisemblables. Comment ne pas s'émouvoir de la fragile Brenda, boulimique en voie de guérison qui brigue un mandat politique en parallèle de sa carrière d'agent immobilier ? Comment ne pas se sentir porté par l'énergie dégagée par le personnage de Hazel, petite femme énergique et ambitieuse qui s'est servi de sa différence - mesurer un mètre deux - comme force ? Encore une fois, Fannie Flagg imagine un univers vraisemblable qu'il est difficile de quitter. Et l'impression d'avoir croisé Hazel, Brenda ou Maggie au coin d'une rue flotte, une fois les dernières pages tournées.

Bref, un bon conseil : si vous n'avez pas encore lu Beignets de tomates vertes, réparez très vite cet impair ! Pour les autres, ouvrez Miss Alabama et ses petits secrets au plus vite, ne soyez pas rebuté par le projet initial de Maggie - un peu morose, je vous l'accorde - et laissez-vous entraîner dans ce tourbillon positif que va devenir sa vie. Ce n'est pas parce que les événements sont formidables que Maggie reprend goût à la vie mais parce que celle-ci change de regard sur cette dernière...

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22 juin 2015

La bibliothèque des coeurs cabossés, Katarina Bivald

imageLa bibliothèque des coeurs cabossés est le premier roman de la suédoise Katarina Bivald paru en 2013 en Suède et qui connaît aujourd'hui un important engouement. Publié dans vingt et un pays, il est paru en janvier cette année chez Denoël.

Sara Lindqvist est une jeune suédoise de vingt-huit ans dont la vie se résume à son amour pour les livres. Employée dans une librairie, Sara entretient une correspondance littéraire avec Amy Harris, une sexagénaire américaine aussi amoureuse des livres qu'elle. Le jour où Sara perd son emploi, Amy lui propose de venir lui rendre visite dans sa petite ville de l'Iowa.
Séduite par l'idée et bravant sa timidité, Sara quitte sa Suède natale pour découvrir les Etats-Unis et rencontrer Amy. Mais à son arrivée à Broken Wheel, une terrible nouvelle l'attend : Amy est décédée. Désemparée, Sara est néanmoins très bien accueillie par les habitants de la petite ville et décide de rester. Mais la jeune femme ne veut pas être inutile et décide de se lancer dans un projet fou : ouvrir une librairie à Broken Wheel, alors que personne ne semble être intéressé par la littérature.  

Voilà un roman feel good, à n'en pas douter. Et si l'expression vous fait fuir et suscite votre mépris, essayez de dépasser vos a priori et autorisez-vous, peut-être, à succomber à un  roman qui vous détend et vous fait passer un agréable moment. Amoureux des livres (et les autres aussi !) plongez à corps perdu dans La bibliothèque des coeurs cabossés, rejoignez Sara et les habitants de Broken Wheel, ces personnages un peu cabossés mais terriblement attachants, comme l'annonce le titre du roman, et laissez-vous contaminer par leur énergie collective pour fonder cette librairie dans cette petite ville de l'Iowa.
Si l'intrigue est un peu éculée et que certains clichés hantent les pages (et notamment celui de la lectrice asociable qui ne vit qu'à travers ses livres), le tout se déroule avec simplicité et se lit agréablement. Rien de surprenant, mais finalement, ce n'est pas ce qu'on attend quand on ouvre ce roman.
Les livres sont partout dans ces pages, évoqués au fil des lettres échangées entre Amy et Sara, et par cette dernière lorsqu'elle conseille chaque personne qui pousse la porte de sa librairie et tente, au fil des jours, de trouver le livre qui lui conviendra.
Les références littéraires abondent dans ces pages - Harper Lee, Kathryn Stockett, Fannie Flagg, Jane Austen, entre autres - et offrent au roman une atmosphère singulière propice à la lecture. 
On ne peut pas ne pas penser à deux autres textes fondés sur une correspondance littéraire - 84, Charring Cross Road et Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - le premier tiré d'une histoire vraie, le second fictionnel.
La bibliothèque des coeurs cabossés fait partie de ces textes doudou dans lesquels il est bon de se plonger et dont on sort avec un sourire aux lèvres... et l'envie de dévorer tous les romans évoqués au fil des lignes ! Hommage à la littérature et ode à l'amitié, ce roman est un condensé de bonne humeur dont je ne peux que vous conseiller la lecture ! Oui au roman feel good de temps en temps : ça ne fait de mal à personne, bien au contraire !

D'autres lecteurs de ce roman : Azilis,  EmeraldaFaelys, KeishaMelisende, Miss Alfie, Vilvirt, etc. 

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30 décembre 2014

Retour à Little Wing, Nikolas Butler

Retour à Little WingRetour à Little Wing est le premier roman de l'américain Nikolas Butler publié en août 2014 aux éditions Autrement. 

Lee, Ronny, Kip et Hank. Quatre amis qui ont grandi ensemble à Little Wing, petite bourgade du Wisconsin. Certains en sont partis, d'autres sont restés. L'un est fermier, l'autre chanteur, le troisième ancien courtier, tandis que le quatrième, depuis un accident de rodéo, n'est plus tout à fait lui-même.   
Pour l'heure, les retrouvailles ont sonné à l'occasion du mariage de Kip. Mais malgré leur passé commun, les quatre hommes sont aujourd'hui bien différents dans leur façon d'appréhender leur vie et le monde. Et si l'amitié et les souvenirs restent leur point d'ancrage, la vie et ses surprises rendent parfois bien difficile la compréhension et la communication.

Quelle lecture... Ce roman est une petite merveille d'une fraîcheur inouïe. Et pourtant, ceux qui me connaissent bien savent que la littérature américaine n'est pas celle vers laquelle je me tourne d'ordinaire spontanément. Mais j'ai bien fait de passer outre et de sortir de ma zone de confort pour partir à la rencontre de ce petit bijou littéraire.   
Ode à la vie et à l'amitié, Retour à Little Wing entraîne son lecteur dans le microcosme de cette petite ville américaine perdue au fin fond du Wisconsin. Le temps semble s'y être arrêté. Les habitants comme condamnés à y rester.    
La narration à plusieurs voix - chacun des quatre personnages prend à tour de rôle en charge une partie de l'histoire - offre une dimension très intime et personnelle au récit. Chacun y va de son souvenir, de son anecdote. De ses blessures, aussi. De ses rancoeurs, parfois. Au lecteur d'accompagner tout ce petit monde qui gravite autour de cette ville imaginaire. Entre ceux qui sont restés et ceux qui reviennent, après des années, le fossé est là. Sauront-ils le combler ?    
L'émotion est au rendez-vous de ces souvenirs évoqués, de ces querelles du passé, de ces erreurs de chemin. Personne n'est épargné, ni Lee, le chanteur adulé, ni Hank, le paisible fermier, ni Ronny, ancienne star du rodéo aujourd'hui diminué, ni Kip, un peu trop calculateur. L'amitié est forte, entre ces quatre personnages, et il en faut une sacré dose pour surmonter des présents aux réalités multiples.    
Nikolas Butler signe ici un excellent premier roman au rythme parfait et 
dans lequel on plonge sans hésitation. Pour ma part, je suis encore hantée par les personnages et l'ambiance singulière de cette histoire, quelques semaines après ma lecture.

D'autres avis : Clara, Estellecalim, Jérôme, Jostein KathelMimipinsonSandrine, Tiphanie, etc.

"Nous étions unis par le sentiment d'être différents de notre milieu et aussi peut-être par un sentiment de supériorité par rapport à l'endroit qui nous avait formés. En même temps, nous étions épris. Épris d'être les rois d'une petite ville, perchés sur ces tours abandonnées, dominant notre avenir, en quête de quelque chose - du bonheur peut-être, de l'amour, ou de la gloire." (p.88)

"Chez nous, c'était un foyer. Un nid. Un endroit dans lequel ont et on aime. Il est parfois utile d'espionner la vie des autres. Pour moi, en tout cas, ça m'avait fait réaliser combien j'aimais ma vie." (p.125)

"Chantez comme si vous n'aviez aucun public, chantez comme si les critiques n'existaient pas, chantez votre ville natale, chantez le grand bal du lycée, chantez les cerfs, chantez les saisons, chantez votre mère, chantez les tronçonneuses, chantez le dégel, chantez les rivières, chantez les forêts, chantez les prairies." (p.232)

"Hank m'a alors serré dans ses bras et je me suis remis à pleurer, mais il m'a serré si fort - on aurait dit qu'il avait juré de me briser les côtes - que j'ai compris qu'il ne me lâcherait pas avant que j'arrête de pleurer. J'ai aussi compris quel type de père il était, quel type de mari et d'homme il était. J'ai compris qu'il était plus fort que moi, meilleur que moi." (p.245)

J'ai lu ce roman dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire de Priceminister. Merci Oliver et toute l'équipe pour l'organisation !

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03 décembre 2014

Les Carnets de Cerise T.3 Le dernier des cinq trésors, Joris Chamblain et Aurélie Neyret

Les Carnets de Cerise T

Le dernier des cinq trésors est le titre du troisième tome de la série Les Carnets de Cerise, imaginée par Joris Chamblain et mise en images par Aurélie Neyret. Il est paru en novembre 2014 dans la Collection Métamorphose de chez Soleil.

A dix ans et demi, Cerise n'est plus une enfant et rêve toujours de devenir romancière. En cette période de Noël, elle aimerait plus que tout arrêter le temps pour continuer à profiter de l'insouciance de son enfance. Mais pas sûr que sa lettre au Père Noël exauce ce voeu...
A l'occasion d'un atelier créatif à la bibliothèque, Cerise se lie d'amitié avec Sandra, relieuse de livres, et découvre peu à peu son métier et son univers. Lorsqu'elle déniche une partition ancienne dans l'atelier de Sandra et un mystérieux petit mot, Cerise n'y tient plus et décide de mener l'enquête. Tout porte à croire qu'un jeu de piste a été laissé à Sandra par son père. Ce dernier semble vouloir faire retrouver la mémoire à sa fille...

C'est bien simple, j'ai tout aimé dans cet album. Tout. Des couleurs pastels des dessins tout en rondeurs d'Aurélie Neyret à l'histoire en elle-même en passant par l'alternance des genres et des visuels.
Les doubles pages se suivent et ne se ressemblent pas, tour à tour journal intime de Cerise, à l'écriture tremblotante et aux dessins enfantins, planches de BD plus classiques qui relatent les aventures de la jeune fille, collages de documents dans le journal de Cerise (de partitions, de recettes de cuisine, etc.) Chaque page est un plaisir visuel et poétique qui entraîne le lecteur dans une histoire au charme suranné, tout en lenteur et en douceur.
La nouvelle aventure de Cerise (après le zoo oublié dans le premier tome et le mystère de la bibliothèque dans le deuxième) est encore une fois très bien menée et laisse la part belle à l'amitié et aux relations humaines. La jeune Cerise, si elle est entrée au collège, n'a pour autant pas perdu son empathie et sa générosité. Aider les autres semble être toujours sa priorité. Comment ne pas s'attacher à cette ado très humaine, à la psychologie bien travaillée ?   
Voilà un troisième tome tout aussi bon que les deux premiers. Je ne veux pas en dire plus, sous peine de gâcher le plaisir de la découverte. En tout cas, Les Carnets de Cerise est une série que je ne peux que vous conseiller tant elle entraîne son lecteur dans un univers singulier et apaisant.
J'ai hâte de découvrir la suite...  
Les avis enthousiastes de Yaneck et Faelys.
Et voici ma participation du jour au Challenge Il était deux fois Noël organisé par Chicky Poo, Petit Spéculoos et  Samarian. Aujourd'hui, c'était le jour des enfants, avec des albums sur le thème de Noël et/ou de l'hiver.
Vous trouverez d'autres idées chez les participants du jour : Syl, Nathchoco, Marie&Anne, Natiora, Glorifine LoquaceDawn, Elie, D. Séverine, Lauraline...

Voici ma 68e participation  à la  de Mango 
et ma 56e au Top BD des blogueurs de Yaneck (18/20)

 Top BD

Planche 1

Planche 3  Planche 2

Un grand merci à Bénédicte et aux éditions   pour cet album.

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