Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

11 octobre 2017

Vincent, mon frère mort-vivant, Jean-Marc Mathis et Thierry Martin

Vincent mon frère mort-vivantVincent, mon frère mort-vivant est un one-shot imaginé par Jean-Marc Mathis et dessiné par Thierry Martin paru en 2005 chez Soleil.

Antoine a perdu Vincent, son grand frère, un simple d'esprit tué un jour par un hoquet. Mais Vincent n'a pas totalement disparu et erre dans le cimetière dont s'occupe son père, le fossoyeur. Seul Antoine peut le voir et ainsi continuer à jouer avec lui entre les tombes. Un jour, Vincent fait une surprise à Antoine : il l'entraîne dans un caveau qui débouche directement sur le royaume des morts ! Mais qu'un vivant y pénètre n'est pas du goût de tous et très vite Antoine est pourchassé et séparé de Vincent...

J'avais lu cet album lors de sa sortie et n'en avais gardé que peu de souvenirs. J'ai eu envie de l'exhumer à l'occasion du Challenge Halloween de Lou et Hilde et de m'en refaire une opinion... 

J'avais complètement oublié la dimension poétique et fantasmagorique de ces planches, ainsi que la jolie relation qui unit les deux frères. Ces deux enfants qui ne souhaitent que jouer ensemble, alors que l'un d'eux est mort, est assez émouvante, et si l'intrigue se déroule dans un univers sombre et morbide, l'humour est quand même présent et l'ensemble est relativement gai. Pas de larmoyant, malgré la souffrance du petit Antoine qui a perdu son grand frère, mais plutôt des secrets d'enfants, des jeux, un monde à part auquel les adultes n'ont pas accès. Le monde des morts est représenté par des planches sombres, parfois sanguines, assez floues, comme si l'air se déchirait et que l'univers se désagrégeait. Il en ressort une impression d'immersion totale dans ce monde parallèle, dans les pas du petit Antoine qui fuit le danger.

L'humour est présent à travers le personnage de Vincent, notamment, mais également en la personne du diable, représenté comme un diablotin ridiculement petit mais au pouvoir non proportionnel à sa taille. Les répliques fusent, parfois faciles, mais confèrent à l'ensemble une légèreté bienvenue.

Bref, cette relecture a été très plaisante et j'ai aimé naviguer entre ces deux mondes, sur les traces de Vincent et d'Antoine. Un one-shot intéressant et bien mené qui me laissera davantage de souvenirs avec cette relecture.

Planche 1 Planche 2

Challenge Halloween image

Et voici ma troisième participation au Challenge Halloween de Lou et Hilde

et ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Noukette !

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15 septembre 2017

L'atelier des miracles, Valérie Tong Cuong

L'atelier des miraclesL’atelier des miracles est le neuvième roman de l’auteure française Valérie Tong Cuong paru en 2013 aux éditions JC Lattès. 

Millie, jeune secrétaire intérimaire, perd tout lors de l'incendie de son immeuble. C'est l'occasion pour elle de simuler une amnésie et de faire table rase de son ancienne vie. Mariette, prof d'histoire-géographie en collège, se sent quant à elle persécutée par ses élèves et à bout de nerfs, frappe l'un d'eux. Monsieur Mike, enfin, a tout perdu, et vit désormais dans la rue sans espoir d'en sortir. Jusqu'au jour où il est passé à tabac et hospitalisé. Trois vies au bord du gouffre. Trois vies que Jean décide de sauver en les recueillant dans son atelier. L'atelier des miracles. Un endroit où il leur propose un toit, de l'aide, un soutien psychologique. Une sorte de tremplin pour les aider à refaire surface et reprendre les rênes de leur vie. Mais à vouloir contrôler les souffrances des autres, ce sont leurs vies que Jean contrôle. Millie, Monsieur Mike et Mariette seront-ils prêts à accepter les règles de ce jeu ?

Cela faisait bien longtemps que je lorgnais sur ce roman, attirée de prime abord par sa couverture. Et oui, ça m'arrive tellement peu souvent que je l'avoue. Enfin, j'avoue surtout que je l'avais regardée trop rapidement et que j'avais vu ce que je voulais y voir : j'ai cru que les cadrans d'horloge étaient des boutons et que ledit atelier serait un atelier de couture... Voilà voilà... 

Bon, en réalité il n'en est rien, vous vous en doutez, mais j'ai quand même passé un bon moment entre ces pages. Valérie Tong Cuong offre à son lecteur un roman bien construit, porté par une alternance narrative qui fait sens. Chacun des trois personnages principaux prend en charge le récit et ne délivre au lecteur que des informations parcellaires sur sa vie et son passé. 

Si j'ai trouvé le début un peu long à se mettre en place, j'ai été par la suite charmée par la tournure que prenait l'intrigue. L'atelier de Jean - sorte de refuge physique et mental - fait un peu rêver, le personnage aussi. Charismatique, empathique, à l'écoute, c'est tellement rare. Et forcément, les fissures apparaissent et le roman prend une autre tournure. Feel good efficace, L'Atelier des miracles engage une réflexion sur le fait de se confronter à ses peurs et ses errances sous couvert d'une intrigue positive et bourrée d'optimisme. Je valide ! 

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02 septembre 2017

New York Odyssée, Kristopher Jansma

new york odyssée kristopher jansmaNew York Odyssée est le deuxième roman de l'américain Kristopher Jansma paru en janvier aux éditions Rue Fromentin.

Jacob, William, George, Sara et Irène, cinq amis liés depuis l'université et que l'entrée dans la vie active a poussés à s'installer à New York. New York, la ville qui ne dort jamais, synonyme d'effervescence, de fêtes, d'excès. Brûler la vie par les deux bouts et ne pas s'en soucier, tel était le désir de ces jeunes adultes. Mais un événement brutal va les ramener à la raison et les obliger à donner une autre direction à leur vie.

J'ai pris le parti - comme la quatrième de l'éditeur - de ne pas vous spoiler sur ledit événement, au risque de ne pas suffisamment vous allécher, peut-être. Mais sa révélation participe de l'ambiance de son intrigue et je ne veux pas gâcher cette découverte à ceux qui ouvriront ces pages.

New York Odyssée m'a été offert par mes libraires, lorsqu'en sortie scolaire avec mes pioupious du club lecture (oui, je parle de mes lycéens comme des pioupious et j'assume !) je leur ai annoncé que j'avais eu ma mutation et que je quittais la région. Nous avions passé deux heures à échanger autour des livres et avant de partir, elles m'ont collé celui-ci dans les mains, certaines qu'il me plairait. Et elles ne se sont pas trompées !

Véritable plongée dans le New York effervescent et du quotidien effréné des jeunes cadres d'aujourd'hui qui s'offrent le luxe d'un mode de vie malsain avant d'en payer chèrement les pots cassés, New York Odyssée est également une magnifique histoire d'amitié. De ces histoires qui ont pour toile de fond un Manhattan désenchanté, où le vernis se fissure rapidement pour laisser voir la partie sombre de chacun. Les paillettes et la vie trépidante se craquellent et donnent à voir le drame intime et les fêlures de chacun. Le lecteur s'attache à ces personnages si vraisemblables, se prend d'empathie pour leurs blessures, leurs errements, s'identifie, parfois, à leurs interrogations. C'est beau, c'est triste, c'est vibrant. Bref, un roman à découvrir sans hésiter. Elizabeth et Céline, si vous passez par Bouquinbourg, merci beaucoup de ce très beau roman qui a accompagné mon départ d'Ile-de-France.

"Ces soirs-là, nous savions pourquoi nous étions venus en ville. Quitte à vivre vraiment, alors nous voulions ressentir ces fêlures dans la voix, ce tremblement de toutes les extrémités. Et si nos appartements étaient des cercueils, et nos bureaux des pierres tombales, et nos rêves du poison - si tous nous allions lentement vers la mort - au moins nous nous relevions ensemble de ces épreuves grandioses et terribles." (p.16)

"Que les sceptiques doutent. Que l'avenir soit incertain. Dans une ville de huit millions d'âmes, ils seraient toujours deux, ensemble, du début à la fin." (p.61)

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17 juin 2017

Les filles de Hallows Farm, Angela Huth

Les_filles_de_Hallows_FarmLes filles de Hallows Farm est un roman de la femme de lettres et journaliste britannique Angela Huth paru en 1995 et adapté au cinéma sous le titre Trois anglaises en campagne en 1998.

1941, dans une ferme reculée du Dorset. Pour soutenir l'effort de guerre, les femmes sont appelées dans les champs pour remplacer les hommes partis au combat. C'est ainsi que Prue, Stella et Agatha, trois étudiantes aux caractères opposés, se retrouvent chez les Lawrence. La rencontre avec la dureté de la vie agricole va rapidement souder les jeunes femmes mais bouleverser l'équilibre de la famille, et troubler notamment Joe, le fils réformé pour des raisons médicales. Dans cette campagne anglaise où la guerre ne semble pas avoir lieu, les journées sont rythmées par les travaux agricoles et très vite, Prue, Stella et Agatha se prêtent au jeu.

La rencontre avec ce roman est un hasard absolu puisque je pensais qu'il m'avait été conseillé par une amie il y a longtemps, je suis tombée sur lui en brocante par le plus pur hasard (alors que je suis plutôt dans l'optique de ne pas acheter de livres vu que je déménage) et quand, toute contente, j'ai annoncé à ladite amie que j'avais trouvé ce livre, elle m'a dit ne pas le connaître... Bref, face à cette situation ubuesque, j'ai décidé néanmoins de le lire durant le Mois anglais.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : j'ai adoré ce roman ! En ce moment, je lis assez souvent des livres évoquant la Seconde Guerre mondiale (je crois que mon voyage à Prague m'a bouleversée) mais je m'étais peu intéressée à cette question de volontariat des femmes, enjointes à supporter l'effort de guerre en remplaçant les hommes. Le cadre de l'intrigue - le Dorset - est absolument enchanteur et nous plonge dans une campagne anglaise séduisante à bien des égards. Les personnages sont traités avec finesse et évoluent avec les mois passés dans le monde rural. La romance point, évidemment, dans ce microcosme refermé sur lui-même, et le lecteur d'imaginer ce que nos aïeux ont pu endurer, entre longues séparations, décès, blessures de guerre. Un roman pas mièvre pour un sou, néanmoins, bien ficelé, avec des personnages forts et vraisemblables. Une très belle plongée dans la campagne anglaise que je ne peux que vous conseiller.

Une nouvelle lecture pour le Mois anglais de Lou et Cryssilda.

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14 juin 2017

Où le regard ne porte pas...T.1 Georges Abolin et Olivier Pont

Où le regard ne porte pasOù le regard ne porte pas... est une série en deux tomes imaginée par Georges Abolin et Olivier Pont et parue chez Dargaud en 2004.

1906, Barellito, petit village italien qui prospère grâce à la pêche. Le jour où William et sa famille quittent Londres pour venir s'y installer, ce petit équilibre va être rompu. Car en visionnaire, Alex, le père de William, a décidé d'acheter un bateau et d'aller pêcher au large. Mais les pêcheurs du coin ne voient pas d'un bon oeil cette avancée technique. En parallèle, William fait la connaissance de Lisa, Nino et Paolo, trois enfants de son âge. Ensemble, dans ce paysage paradisiaque, ils se découvrent. Car tous trois semblent liés par leur date d'anniversaire et un étrange objet que détient Lisa.

Un de mes collègues m'a offert les deux tomes de cette série à l'occasion de mon départ (J., si tu passes par ici, merci beaucoup !) et je dois dire qu'après six ans à se conseiller des livres - et notamment des BD -, j'ai ouvert cet album les yeux fermés, certaine d'y trouver la poésie qu'il évoquait dans le petit mot qu'il m'a laissé.

J'ai plongé dans ce petit village italien du début du 20ème siècle, son charme suranné, sa nature sauvage, impétueuse et à la fois envoûtante, ses villageois bourrus et rétrogrades, aussi. J'ai glissé dans l'eau, aux côtés de Williams et de ses amis, menée par le rythme absolument parfait de cette intrigue en apparence simple. Et j'ai aimé. Beaucoup aimé même.

Georges Abolin prend le temps de dérouler patiemment les fils de son histoire, entre suspense et accalmie. Il la jalonne de mystères - les dons étonnants de Lisa, les visions rougeoyantes à la première personne qui émaillent l'intrigue -, de tranches de vie, de difficultés aussi - notamment du côté des adultes de l'intrigue.

Les dessins magnifiques d'Olivier Pont portent ce récit en lui offrant une lumière douce et un rythme semblable à celui des jeux des enfants dans cette nature qui semble insouciante. Ode à l'enfance, à l'amitié, à l'insouciance ce premier tome est un enchantement très poétique, une échappée dans le temps. J'aurais aimé être aux côtés de ces personnages dans ce village où le temps semble s'être arrêté, plonger moi aussi dans ces eaux. Je n'ai qu'une hâte : ouvrir le second tome pour connaître le dénouement de l'intrigue!

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Cette semaine chez Noukette !

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09 juin 2017

Harry Potter et la Coupe de feu, J.K. Rowling

Harry Potter et la Coupe de feu, JHarry Potter et la Coupe de feu est le quatrième tome des aventures du célèbre petit sorcier imaginé par J.K. Rowling et paru en 2000 chez Gallimard.

Invité à venir au Terrier chez les Weasley pour assister à la Coupe du Monde de Quidditch, Harry est soulagé de quitter les Dursley et de terminer l'été en compagnie de ses amis. Surtout depuis qu'il a rêvé de l'assassinat d'un moldu par Voldemort. Alors que la fête bat son plein à la Coupe du Monde, des Mangemorts terrorisent la foule en faisant apparaître la Marque des Ténèbres, signe de ralliement de Voldemort. Dès lors, le Ministère panique et la peur règne. Cela n'empêche pas le grand événement de l'année d'avoir lieu à Poudlard : le Tournoi des Trois Sorciers, qui oppose des élèves de trois grande écoles de sorcellerie. Mais lorsque le nom de Harry, pourtant trop jeune pour s'inscrire, apparaît dans la Coupe, ce dernier comprend que cette année sera bien singulière.

Je continue de vous abreuver régulièrement de mes relectures de la série. Ce quatrième tome est certainement celui que je préfère. Il est sombre mais pas trop, met en scène deux événements intéressants dans l'univers sorcier - la Coupe du monde de Quidditch et le Tournoi des Trois Sorciers -, aborde la question de l'esclavage et des libertés individuelles par le biais du Front de Libération des Elfes de Maison et voit les personnages entrer pas à pas dans l'adolescence. Théâtre des premiers émois amoureux, ce tome central dans la série est également celui de la résurrection de Voldemort, personnification du Mal. Ce sera le dernier tome un peu insouciant, le dernier dans lequel l'enfance et l'innoncence auront encore un peu leur place. Les trois tomes suivants, en voyant le retour de Voldemort, seront synonymes de peur, de noirceur, de résistance et de mort.

Une relecture un peu laborieuse dans le premier quart de l'intrigue - la partie avant d'arriver à Poudlard m'a semblé infinie - mais qui a su me séduire à nouveau une fois l'intrigue lancée et conclue par une scène finale parfaitement orchestrée.

 

Deuxième participation au Mois anglais de Lou et Cryssilda.

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23 mai 2017

Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, J.K. Rowling

Harry Potter et le prisonnier d'AzkabanHarry Potter et le prisonnier d'Azkaban est le troisième tome de la saga Harry Potter écrite par l'anglaise J.K. Rowling. Il est paru en 1999 aux éditions Gallimard.

Une nouvelle année commence à Poudlard pour Harry. Mais elle ne commence pas très bien pour le jeune sorcier. Agacé par les Dursley chez qui il vit, Harry s'enfuit de chez eux après leur avoir lancé un sortilège. Contre toute attente, il n'est pas renvoyé de Poudlard mais reçu en personne par le Ministre de la magie qui l'enjoint à une grande prudence. En effet, un criminel dangereux évadé d'Azkaban - la célèbre prison pour sorciers -  est à ses trousses. Entouré d'Hermione et de Ron, Harry débute cette nouvelle année sous le sceau de la peur. Mais très vite, le rythme scolaire et ses nouvelles matières - la divination et le soin aux créatures magiques - occupe l'esprit de l'adolescent. Mais le danger rôde...

Mon rythme de relecture de la saga a un peu baissé, et je n'ai pas réussi à tenir un tome par mois, me dispersant avec tout un tas d'autres lectures. Néanmoins, j'ai pris beaucoup de plaisir à relire ce troisième tome. 

L'intrigue se complexifie et la psychologie des personnages gagne en intensité. C'est avec ce troisième tome que la saga se démarque nettement de son adaptation cinématographique et c'est un réel plaisir de replonger dans ces pages pour redécouvrir l'oeuvre de J.K. Rowling dans son entièreté. Je ne vais pas m'étendre ni en faire une analyse littéraire, ça n'aurait pas de sens. Pour cette relecture de la saga je ferai des billets rapides (mais qui me permettent de tenir à jour mon journal de lecture !)

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19 mai 2017

Mon midi, mon minuit, Anna McPartlin

 Mon midi, mon minuitMon midi, mon minuit est le septième roman de l'irlandaise Anna McPartlin et le second publié en France. Il est paru en avril aux éditions du Cherche Midi.

Emma et John sont ensemble depuis leur adolescence. Dans la vingtaine, ils filent un amour sans nuage, abordant la vie main dans la main. Mais tout s'effondre le soir où John est fauché par une voiture. Emma est dévastée. Comment survivre à la perte de l'être aimé ? Comment continuer ? Heureusement, ses amis sont là. Sean, le meilleur ami de John, Clo, son amie carriériste qui enchaîne les histoires d'amour et Anne et Richard, le couple solide comme un roc. Entourée d'amour et d'attention, Emma va reprendre goût à la vie.

Non, je n'ai pas une passion pour les livres qui débutent par le décès d'un conjoint (cf. Les gens heureux lisent et boivent du café), oui entre l'Irlande et moi c'est une grande histoire d'amour et j'étais curieuse de découvrir ce roman dont j'ai eu beaucoup d'échos positifs.

Anna McPartlin plonge son lecteur au milieu d'un groupe d'amis, dans l'Irlande des 90's, touché par un drame. Si le propos est assez sombre au début, l'intrigue ne s'attarde pour autant pas sur la question du deuil et de la résilience (petit bémol du coup, l'auteure passant rapidement sur la douleur d'Emma pour se concentrer sur l'après). L'intrigue revêt assez rapidement un caractère positif parfois prévisible, en suivant le quotidien de ces jeunes irlandais à l'approche de la trentaine, leurs choix de vie, leurs doutes, leurs errances parfois.

La question du couple au sens large est finalement le centre de ce roman qui explore un large spectre de situations par  le biais de ses personnages. De ceux qui sont ensemble depuis le lycée à ceux qui ont un coup de foudre qui met à mal leurs certitudes, Anna McPartlin s'interroge. Le décès de John n'est finalement qu'un prétexte pour qu'Emma voit son bonheur imploser et réfléchisse à cette notion. La narration à la première personne permet d'explorer son intériorité et l'humour est là, malgré tout, dans cet âge des possibles. La bande d'amis fait penser à celle de Friends ou de Quatre mariages un enterrement, évidemment (notamment grâce au poème liminaire d'Auden). On rit, on sourit, on est émus parfois par les situations rencontrées.

Mais si j'ai passé un agréable moment dans ces pages (en réalité, le temps d'une après-midi, au soleil en maillot dans mon jardin !), je doute qu'elles me laissent un souvenir impérissable. J'ai été bien plus émue par la lecture d'Un jour de David Nicholls, qui aborde des thématiques similaires sur fond d'Angleterre de la même époque.

"Il était mon nord, mon sud, mon est, mon ouest,

Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,

Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson ;

Je croyais que l'amour jamais ne finirait : j'avais tort."

W.H. Auden, Funeral Blues (p.9)

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13 avril 2017

Bye Bye Bollywood, Hélène Couturier

Bye Bye Bollywood, Hélène CouturierBye Bye Bollywood est un roman d'Hélène Couturier qui paraît aujourd'hui aux Editions Syros.

Nina a quinze ans, un père qui vit en Irlande, une mère branchée yoga et une petite soeur de neuf ans agaçante dans son genre. Tout bascule le jour où sa mère décide de partir quinze jours dans un ashram en Inde avec ses deux filles. Quinze jours de vacances qui riment avec pénitence pour l'adolescente : pas de réseau, des menus végétariens, du yoga et de la méditation tous les jours, bref un enfer ! Mais l'Inde va réserver des surprises à Nina et faire vaciller ses certitudes. 

Vous connaissez sûrement mon goût pour l'Inde (avec Hilde nous avons organisé pendant plusieurs années des challenges autour de la littérature indienne), vous connaissez peut-être un peu moins mon goût pour le yoga et la méditation (bien que je l'ai esquissé à demi-mot dans ce billet). Mais vous l'aurez compris : ce roman jeunesse était fait pour moi !

Et j'ai dévoré ces pages en y prenant beaucoup de plaisir. Hélène Couturier réussit le tour de force d'une narration à la première personne par un personnage adolescent sans que celle-ci ne soit trop vulgaire ni édulcorée. Nina a quinze ans, Nina ne pense qu'à ses copines et sa vie sociale via Facebook et WhatsApp, Nina se fiche complètement des aspirations de sérénité de sa mère et Nina est la narratrice du roman. Du coup, l'humour est au rendez-vous de cette intrigue qui se moque gentiment de la verve yoga/bouddhisme/méditation qui envahit l'Occident et fait d'une retraite dans un ashram le dernier endroit branché. Pour la jeune fille, rien ne vaut la farniente dans un hôtel-club all inclusive à siroter des sodas toute la journée au bord d'une piscine.

Mais c'est en Inde que Nina se rend. Et le pays ne va pas la laisser indifférente. Et si la pauvreté l'assaille dès l'atterrissage, c'est surtout à la condition féminine que Nina va s'intéresser, en rencontrant notamment Sampat Pal Devi, la militante indienne qui lutte contre la corruption et défend les droits des femmes dans un pays où  les lois qui les protègent sont souvent négligées.

La culture indienne est abordée sans aucune lourdeur et permet une incursion en douceur dans cet Orient qui fait tant rêver l'Occident. Cuisine, culture, codes vestimentaires, coutumes, Hélène Couturier balaie un large spectre pour permettre à son jeune lectorat de s'imprégner du contexte de son intrigue.

Bye Bye Bollywood est un excellent roman jeunesse qui, sous couvert d'une couverture rigolote, d'une narratrice un brin en colère et auto-centrée (mais qui ne l'est pas à cet âge ?), aborde des thématiques très intéressantes. La relation mère-fille, les relations entre soeurs, les premiers émois et le conformisme adolescents sont ainsi traités avec finesse dans ces 200 pages. Un grand merci à LP Langage&Projets et aux éditions Syros pour la découverte de ce roman pétillant.

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27 mars 2017

Eleanor & Park, Rainbow Rowell

Eleanor & Park Rainbow RowellEleanor & Park est un roman de l'américaine Rainbow Rowell paru en 2014 aux éditions Pocket Jeunesse.

Août 1986. Eleanor est nouvelle au lycée. Rousse et un peu ronde, habillée avec des vêtements de deuxième main, elle se fait rapidement repérer et railler par les autres élèves. Heureusement, elle fait la connaissance de Park dans le bus, un solitaire fan de comics et de musique. Les deux adolescents se rapprochent timidement, tandis que le contexte familial d'Eleanor se dégrade de plus en plus.

C'est Amélie qui avait présenté ce roman au club lecture du lycée l'an dernier et m'avait donné envie de le découvrir. Et je dois dire qu'elle a été encore une fois de très bon conseil ! 

Eleanor & Park est un petit bijou de roman jeunesse teinté d'une ambiance singulière et mélancolique. Sur fond de références musicales et littéraires des 80's très marquées et d'un contexte social populaire, le roman aborde la dure condition adolescente sous un angle fin. Conformisme social et physique, peur de l'autre, rejet, harcèlement, premiers émois, découverte du corps, sont autant de thématiques propres à cet âge - mais pas que - que Rainbow Rowell traite grâce à ses deux personnages d'une vraisemblance rare. Car le point fort de ce roman réside dans cette psychologie des personnages très finement esquissée et une narration alternée qui permet à chacun des héros éponymes de laisser libre court à ses pensées. Point de vue masculin et féminin sur des sujets communs, sur des situations qui parfois dérapent, sur une violence environnante et un âge critique - seize ans, l'âge de tous les possibles ? - Eleanor & Park est un roman qui se déguste à tout âge, c'est certain. Merci Amélie pour ce chouette conseil (et je continue avec tes conseils en poursuivant La Prophétie de Glendower dont le premier tome m'avait conquise !)

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