Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

04 juin 2018

Mauve, Marie Desplechin

Mauve Marie DesplechinMauve est le troisième et dernier tome de la trilogie consacrée à Verte et imaginée par Marie Desplechin. Il est paru une première fois en 2014 avant d'être réédité le mois dernier avec une nouvelle couverture de Magali Le Huche. 

Rien ne va plus ces derniers temps : Verte et Pome sont d'une humeur massacrante et claquent les portes. Serait-ce une crise d'adolescence qui pointe le bout de son nez ? C'est d'un banal et ne ressemble pas aux deux petites sorcières. Mais le jour où Pome revient avec un hématome sur la joue, le doute n'est plus possible : il se passe quelque chose au collège ! Depuis l'arrivée d'une nouvelle, Mauve, tout a changé. Verte et Pome refusent d'en parler car une aura sombre semble planer au-dessus d'elle. Heureusement, Papi Ray, Gérard, Ursule, Clorinda, Anastabotte et son amie Euphronie leur viennent en aide. 

La semaine dernière, je m'étais régalée avec Pome, renouant avec les personnages de Verte et retrouvant avec plaisir le petit univers créé par Marie Desplechin. J'ai tout naturellement enchaîné par la lecture de ce troisième et dernier tome de la série pour en connaître le dénouement.      
Marie Desplechin introduit un nouveau personnage, Mauve, qui incarne le Mal, et met à mal le fragile équilibre que la petite communauté a réussit à trouver, Pome venant régulièrement chez Papi Ray pour être avec Verte et échapper à l'humeur un peu sombre de Clorinda, sa mère, tandis que Verte alterne les semaines chez Gérard, son père et Ursule, sa mère, et les cours de sorcellerie chez sa grand-mère Anstabotte. L'auteure aborde avec finesse des thèmes sensibles comme la séparation des parents, l'amitié, les relations intergénérationnelles, les discriminations aussi - les hommes sont en minorité dans la série et non autorisés à pratiquer la sorcellerie - le harcèlement, aussi, dans ce tome, le tout sous couvert d'une intrigue légère et joyeuse dans laquelle il est agréable, à tout âge, de plonger. Ce tome clôt parfaitement la série tout en lui apportant un dynamisme certain avec le combat contre le MalUne série à mettre entre les petites mains, sans hésiter une seconde - j'aurais adoré la découvrir plus jeune ! - et à relire adulte avec gourmandise.      
Un grand merci aux éditions L'Ecole des Loisirs de m'avoir permis de découvrir ce roman.     

 

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31 mai 2018

L'amie prodigieuse T.1, Elena Ferrante

L'amie prodigieuse Elena FerranteL'amie prodigieuse est la tétralogie qui a mis sous les feux de la rampe la romancière italienne Elena Ferrante depuis la parution de son premier tome en 2011 en Italie. Il a été traduit en français et édité en 2014 aux éditions Gallimard. L'auteure, depuis sa parution, protège jalousement son anonymat et nul ne sait qui est à l'origine de cette saga mondialement plébiscitée. 

Naples, fin des années 50. Elena et Lila habitent un quartier pauvre avec leurs familles respectives. Entre les deux fillettes se noue une forte amitié. Et si Elena peine à maintenir un niveau scolaire acceptable, Lina de son côté est extrêmement douée mais décide d'abandonner l'école pour travailler avec son père et son frère dans la cordonnerie familiale. Les deux amies s'éloignent au fil des ans, car Elena poursuit ses études avec acharnement, mais demeurent proches malgré tout dans ce quartier napolitain sombre où la violence et les traditions pèsent lourd.

Voilà typiquement une saga que j'ai boudée durant longtemps vu le tapage médiatique qu'elle a suscité. Et pourtant, Elisabeth - mon ancienne libraire - m'en avait largement vantée les mérites dès sa parution (note pour plus tard : davantage suivre ses conseils !). 
J'ai donc décidé d'ouvrir ce premier tome lors de mon voyage à Lisbonne et je me suis laissé happer par cette histoire d'amitié sur fond historique. Tant a déjà  été dit sur ces personnages et ce quartier de Naples, personnage à part entière du roman, que je vais être assez concise. 
Elena Ferrante réussit le tour de force de nous plonger dans une Naples violente, patriarcale et aux traditions ancrées, aux côtés de ces deux fillettes qui se débattent pour trouver leur place. La lecture est parfois difficile, le quotidien ne laissant pas beaucoup de place à la joie et la légèreté à Elena et Lina qui sont ballottées et éprouvées au fil des pages. L
es personnages qui gravitent autour d'elles sont nombreux, les histoires secondaires pullulent, et comme dans un roman feuilleton, impossible de poser son livre. 
Criminalité, violence, corruption, adultère, folie parfois, le quartier de Lina et Lena est un microcosme qui semble refléter la dureté de la vie napolitaine de l'époque. L'emprise et la fascination que Lina exerce sur Elena, la narratrice, mettent parfois mal à l'aise le lecteur qui reçoit, telle une confession, ces souvenirs d'enfants mais rendent les personnages d'autant plus attachants dans leur amitié et leur attentes mutuelles.  
Je comprends l'engouement lié à cette saga, j'ai subi moi aussi cette force d'attraction qui m'empêchait de refermer mon livre, les personnages vibrant tellement d'authenticité que j'avais l'impression de lire une chronique d'époque.   
Il ne me reste maintenant qu'à poursuivre cette saga pour savoir ce qu'il advient d'Elena et Lina après leur adolescence.    
Les avis de HeleneEnna, Sylire, Tiphanie, Violette, Sam, etc.

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27 mai 2018

Pome, Marie Desplechin

Pome, Marie DesplechinPome est un roman jeunesse signé Marie Desplechin paru originellement en 2007 aux éditions L'Ecole des Loisirs. Une nouvelle édition avec une couverture de Magali Le Huche est paru la semaine dernière. Pome est le deuxième tome de la trilogie formée par Verte et Mauve

Verte est une petite sorcière, comme Ursule et Annastabotte, sa mère et sa grand-mère. A la fin du premier tome, elle a retrouvé Gérard, son père, qui ignore tout de sa condition. Elle partage donc son quotidien entre l'appartement de sa mère et de son père et les enseignements de sorcellerie que sa grand-mère lui délivre le mercredi après-midi. Mais lorsqu'emménage en face de chez son père une fille de son âge, Verte n'est plus seule et trouve illico une amie. Car Pome, c'est son nom, est une sorcière aussi. A elles deux, les deux espiègles vont révolutionner la vie de leurs proches, à commencer par Ray - Papi Ray comme elles l'appellent - le père de Gérard, qui endosse à la perfection le rôle de grand-père idéal en leur préparant de faramineux goûters et de délicieuses frites et en les amenant le mercredi chez Anastabotte.

J'avais adoré Verte, il y a quelques années et j'avais adoré découvrir l'adaptation en BD de ce roman par Magali Le Huche l'an dernier. C'est donc avec un plaisir non dissimulé que je me suis plongée cet après-midi dans Pome, ce deuxième tome.     
Marie Desplechin reprend les ingrédients qui ont fait de Verte un roman jeunesse de référence et en offre une excellente suite. Pome est drôle, les personnages toujours aussi attachants et les thèmes abordés tout autant actuels. Relations intergénérationnelles, amitié, confiance, famille, en un peu plus de 150 pages Marie Desplechin fait mouche avec une simplicité désarmante. L'intrigue est bien ficelée et la narration prise en charge à tour de rôle par les personnages (avec un clin d'oeil à la probable adaptation en BD par Magali Le Huche à chaque chapitre avec un dessin du personnage narrateur), marque de fabrique de la série, offre un rythme dynamique à l'ensemble.
Bref, un must have de la littérature de jeunesse que cette trilogie à lire à tout âge. Elle rejoint mon panthéon des séries jeunesse feel good et bien ficelées avec Sauveur & FilsUn grand merci aux éditions L'Ecole des Loisirs de m'avoir permis de découvrir ce tome. Je vais de ce pas dévorer Mauve, le dernier titre de la série !

"Dans cette vie faite d'événements saisissants, j'ai connu un "avant" et un "après". Ou plutôt un "avant" et un "avec". Avant Pome. Avec Pome. La séparation entre les deux époques est bien visible : "avec" est mon histoire, "avant" ma préhistoire." (p.98)

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16 mai 2018

Mon traître, Pierre Alary d'après Sorj Chalandon

Mon traître, Pierre Alary d'après Sorj ChalandonMon traître est un album de Pierre Alary d'après le roman du même nom de Sorj Chalandon, paru en janvier aux éditions Rue de Sèvres.

Mon traître est l'histoire vraie de l'amitié qui lia Sorj Chalandon à Denis - Tyrone dans le roman et la BD - un combattant de l'IRA qui a trahi les siens durant vingt-cinq ans en donnant des informations à l'armée britannique. Sorj - Antoine dans l'histoire - est un luthier parisien qui découvre l'Irlande du Nord à la fin des années 70, alors que le conflit fait rage dans les rues de Belfast. Il se lie d'amitié avec un couple, Jim et Cathy, et rencontre Tyrone Meehan, un combattant de la première heure pour l'indépendance de l'Irlande.

Quelle claque cet album... Je l'ai ouvert un matin printanier, alors que le soleil tapait fort sur mes fenêtres, et en quelques minutes j'ai eu l'impression de plonger dans le Belfast des années 70, sombre, violent, mais lumineux aussi, par les liens qui unissent les personnages. Cette histoire vraie, racontée tout en pudeur et en poésie, prend aux tripes, c'est certain. Elle interroge la notion d'amitié, de solidarité, de combat, de confiance, de trahison, d'honnêteté et de duplicité. C'est brut, sans fard. Et c'est bon !

Pierre Alary fait sien le texte de Chaladon pour mieux le rendre en images. Le trait est net, parfois un peu saccadé, les tons sépias, sombres, et l'album est entrecoupé du compte-rendu de l'interrogatoire de Tyrone, interrogé par l'IRA. L'immersion est totale, l'émotion palpable. J'ai un grand tort : je n'ai pas encore lu les deux romans de Sorj Chalandon évoquant cette histoire, Mon traître et Retour à Killybegs. Je sais que je dois y remédier assez rapidement. J'ai néanmoins eu envie de découvrir cette adaptation et j'ai rudement bien fait. A lire, sans hésiter une seconde. L'avis de Mo', conquise aussi. Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album coup de poing.

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La BD de la semaine

Cette semaine chez Stephie !

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18 avril 2018

Vies volées : Buenos Aires, Place de mai, Matz et Mayalen Goust

Vies volées Buenos Aires Place de mai, Matz et Mayalen GoustVies volées : Buenos Aires, Place de mai est un album écrit par Matz et mis en dessins par Mayalen Goust paru en janvier aux éditions Rue de Sèvres.

Buenos Aires, 1998. Santiago et Mario sont meilleurs amis mais dans la tête de ce dernier se bousculent de nombreuses questions quant à son identité. Aussi brun que ses parents sont blonds, Mario est en effet persuadé d'avoir été adopté, lorsque la dictature militaire a fait disparaître des opposants politiques et fait adopter les nouveaux-nés par des militaires ou des policiers proches du régime. Santiago à ses côtés, il décide de rejoindre les Grands-Mères de la place de Mai qui défilent chaque semaine en plein coeur de la ville pour réclamer le retour de leurs petit-enfants, et faire un test ADN pour savoir s'il fait partie de ces enfants volés.

J'avais adoré Le Travailleur de la nuit, biographie du fougueux Alxandre Jacob signée Matz, l'an dernier. J'étais très curieuse de découvrir à nouveau son travail.   
Prenant appui sur les événements qui ont défrayé l'histoire argentine, Matz raconte la vie de ces héros fictifs meurtris par ces disparitions. Personne ne semble épargné et chaque famille porte en son sein une histoire tragique. Tortures, enlèvements, meutres, les séquelles de ces 30 000  disparitions sont là, comme en témoignent les Abuelas de Plaza de Mayo, ces grands-mères qui défilent depuis 1977 en face de la demeure du chef du gouvernement pour demander justice.
Malgré un retournement de situation assez prévisible, l'intrigue possède une force et une émotion certaines. Le scénariste s'emploie à questionner la question de la filiation, du pardon et de l'acceptation au travers de personnages complexes et travaillés.    
Les dessins résolument modernes aux tons très doux de Mayalen Goust s'accordent au texte de Matz et le complètent, les visages laissant parfois place à du vide, lorsque la question de la quête identitaire submerge l'intrigue.     
Un album dur autant que poétique, qui dénonce les horreurs de la dictature  de 1976 à 1983 en Argentine. A lire, sans hésiter. Il me rappelle Argentina Argentina de Christophe Léon, un roman jeunesse sur le même sujet que j'avais lu et beaucoup aimé il y a quelques années.
La critique de Mo', très enthousiaste elle aussi. Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album.

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La BD de la semaine

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04 mars 2018

Les morts de la Saint-Jean, Henning Mankell

LES MORTS DE LA SAINT JEANLes morts de la Saint-Jean est un roman policier du suédois Henning Mankell mettant en scène l'inspecteur Kurt Wallander. Il est paru en 1997 en Suède et en 2001 en France aux éditions du Seuil.

Août 1996. La police d'Ystad piétine sur la disparition de trois jeunes gens, durant la nuit de la Saint-Jean. La mère de l'un d'eux est persuadée qu'il leur est arrivé malheur, tandis que des cartes postales signées de leurs trois noms leur parviennent, postées d'un peu partout en Europe. L'affaire prend un autre tournant lorsque Wallander découvre que Karl Evert Svedberg, l'un de ses collègues, a été assassiné chez lui d'une balle dans la tête. Ce dernier s'intéressait durant son temps libre à la disparition des trois jeunes. L'enquête bascule brutalement lorsque les corps sont retrouvés dans un parc par des promeneurs. Déguisés en costumes d'époque les trois jeunes semblent être en plein pique-nique alors que les analyses attestent que leur mort remonte à deux mois. Wallander en est sûr : les deux affaires sont liées !

J'ai longtemps été réticente mais j'ai enfin sauté le pas : ce roman est mon premier livre audio ! 17h10 d'écoute, essentiellement durant mes trajets pour aller travailler. Et si au début l'expérience m'est apparue très agréable, je me suis rapidement lassée, trouvant que le rythme était trop lent et que l'intrigue piétinait un peu. Je ne suis pas une grande adepte des polars contemporains, les trouvant souvent trop violents et répétitifs, mais une collègue m'ayant chaudement recommandé celui-ci, j'ai succombé en l'empruntant à la médiathèque. 
Outre la lenteur due au temps d'écoute (je lis plus rapidement !), j'ai trouvé que l'intrigue démarrait rapidement pour s'enliser progressivement, à l'image d'un Wallander vieillissant, souffrant de diabète et de surpoids. Les enquêteurs stagnent dans leur réflexion, s'égarant dans des pistes que le lecteur sait être des leurres. La narration est en effet parfois prise en charge par le tueur, ce qui donne au lecteur une longueur d'avance sur les personnages. Le suspense est moindre donc, et rapidement le lecteur de comprendre les contours du dénouement. Ne reste que le mobile. Un polar qui m'a détendue un temps, donc, mais qui n'a pas su capter réellement mon intérêt et dont je vais oublier le dénouement rapidement.

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14 février 2018

Où le regard ne porte pas T.2 Georges Abolin et Olivier Pont

Où le regard ne porte pas TLe second volet du diptyque Où le regard ne porte pas est paru en septembre 2004 chez Dargaud. J'avais adoré le premier, je me suis lancée sans attendre dans le second !

Istanbul, juillet 1926. Le temps a passé. William, Nino, Paolo et Lisa ont grandi et se retrouvent autour de cette dernière, qui vient de perdre l'enfant qu'elle portait. A peine remise de ses émotions, elle demande à ses amis de l'accompagner à la recherche de son amant, un talentueux peintre parti au Costa Rica sur les traces d'un mystérieux livre. Au nom de leur amitié, ils acceptent.

Second volet du diptyque offert par un de mes collègues, ce tome clôt cette belle histoire d'amitié. Les enfants ont grandi, sont devenus de jeunes adultes, mais leurs liens sont toujours aussi forts et c'est sans hésiter qu'ils répondent à l'appel de l'une des leurs. L'intrigue alterne présent et passé, vies antérieures et visions, dans une tourbillonnante quête de sens.

Les dessins magnifiques d'Olivier Pont emmènent cette fois-ci le lecteur dans la luxuriante forêt costa ricaine. Le silence a sa place, comme dans le premier album, pour laisser au personnage comme au lecteur le soin de découvrir certains lieux. Un album haut en couleurs, conclusion poétique à cette histoire d'amitié. Une très belle lecture. Merci J. si tu passes par ici !

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BD de la semaine saumon

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11 janvier 2018

Extrêmement fort et incroyablement près, Jonathan Safran Foer

Jonathan Safran Foer extrêmement fort et incroyablement prèsExtrêmement fort et incroyablement près est le deuxième roman de l'écrivain américain Jonathan Safran Foer paru en 2006 aux Éditions de l'Olivier. 

Oskar a neuf ans, une sensibilité extrême et une imagination débordante. Cette imagination va lui servir à surmonter le deuil de son père, disparu dans les attentats du World Trade Center. Ce dernier adorait lui poser des énigmes mais n'a pas eu le temps de lui révéler la solution de la dernière. Équipé d'un plan de Central Park et d'une mystérieuse clé, Oskar va parcourir la ville à la recherche d'indices, persuadé que la résolution de cette ultime énigme lui permettra de comprendre l'injustice de la mort de son père. 

Quel roman ! Quelle intrigue ! Et quelle quête initiatique à travers New York ! Je ressors bouleversée de cette narration à la première personne prise en charge par Oskar, personnage attachant s'il en est. L'auteur a réussi avec brio à rendre compte de l'esprit foisonnant de ce personnage hors du commun, hypersensible, extrêmement intelligent, isolé, évidemment, et en quête de sens. Les idées bouillonnent dans sa tête, tout comme les questions, et le petit garçon se lance à corps perdu dans cette quête qui semble impossible dans une ville de plus de huit millions d'habitants. Pour oublier que son papa ne rentrera pas et pour apprendre à vivre avec cette idée.

New York est un personnage à part entière, Oskar arpentant la ville et ses différents quartiers à la recherche de réponses à ses questions. L'ambiance est lourde, post 11 septembre, et elle est perçue à travers les yeux d'un enfant de neuf ans, qui n'y comprend rien si ce n'est que son père est mort. Mais comment est-il mort exactement ? C'est ce que cherche à savoir Oskar. L'intrigue alterne les époques et les personnages, l'histoire familiale du personnage s'imbriquant peu à peu pour donner à voir un tableau d'ensemble cohérent. 

L'objet livre en lui-même est un ovni hybride. Des photos y sont insérées, des pages de journaux intimes, des griffonnages, comme si le livre que le lecteur tenait entre ses mains était un des documents mentionnés dans l'intrigue. Brillant ! Je ressors enchantée de cette lecture, bercée par les quelques jours passés en compagnie de ces personnages, émue parfois aux larmes de leur histoire. Un régal que je vous encourage vivement à découvrir si ce n'est pas encore fait !

Une adaptation ciné a été réalisée par Stephen Daldry en 2012 avec Tom Hanks et Sandra Bullock mais, comme souvent, je préfère m'en tenir à mes images personnelles. 

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10 janvier 2018

Les brumes de Sapa, Lolita Séchan

Les brumes de SapaLes brumes de Sapa est un album autobiographique de Lolita Séchan paru chez Delcourt en 2016.

Lolita a vingt-deux ans lorsqu'elle part seule au Vietnam. Perdue dans ses choix d'avenir, en quête de sens, la jeune femme décide de quitter Paris pour prendre la hauteur sur sa vie et la regarder d'un autre oeil. A Sapa, dans le Nord du pays, elle se prend d'amitié pour Lo Thi Gom, une fillette de 12 ans, dont le quotidien n'a rien d'un conte de fée. Cette amitié nourrira Lolita qui pendant dix ans, reviendra à intervalles réguliers au Vietnam.

Lorsque la fille de Renaud se prête au jeu de l'exercice autobiographique sous forme d'album, le résultat s'avère mitigé. Si j'ai été d'emblée touchée par la fragilité de la narratrice tout juste adulte et sa quête de sens qui la conduit au Vietnam (qui n'est pas sans rappeler mon propre voyage en solo au Vietnam il y a deux ans), j'ai rapidement été lassée. L'ensemble reste en surface, les dessins en noir et blanc sont assez classiques et manquent d'un peu de peps et le caractère répétitif de ces voyages m'a paru indigeste. L'amitié présentée comme essentielle dans la quatrième, les questions d'universalité et les parallèles de deux vies très différentes m'ont semblé effleurés.
L'auteure nous relate une décennie durant laquelle elle entre dans l'âge adulte et connaît premiers émois et premiers emplois, tout en revenant régulièrement au Vietnam voir son amie. Mais l'ensemble manque d'émotion, reste assez plat, et c'est fichtrement dommage ! Une lecture en demi-teinte, donc, alors que de nombreux éloges ont fleuri ici ou là sur ce titre.

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11 octobre 2017

Vincent, mon frère mort-vivant, Jean-Marc Mathis et Thierry Martin

Vincent mon frère mort-vivantVincent, mon frère mort-vivant est un one-shot imaginé par Jean-Marc Mathis et dessiné par Thierry Martin paru en 2005 chez Soleil.

Antoine a perdu Vincent, son grand frère, un simple d'esprit tué un jour par un hoquet. Mais Vincent n'a pas totalement disparu et erre dans le cimetière dont s'occupe son père, le fossoyeur. Seul Antoine peut le voir et ainsi continuer à jouer avec lui entre les tombes. Un jour, Vincent fait une surprise à Antoine : il l'entraîne dans un caveau qui débouche directement sur le royaume des morts ! Mais qu'un vivant y pénètre n'est pas du goût de tous et très vite Antoine est pourchassé et séparé de Vincent...

J'avais lu cet album lors de sa sortie et n'en avais gardé que peu de souvenirs. J'ai eu envie de l'exhumer à l'occasion du Challenge Halloween de Lou et Hilde et de m'en refaire une opinion... 

J'avais complètement oublié la dimension poétique et fantasmagorique de ces planches, ainsi que la jolie relation qui unit les deux frères. Ces deux enfants qui ne souhaitent que jouer ensemble, alors que l'un d'eux est mort, est assez émouvante, et si l'intrigue se déroule dans un univers sombre et morbide, l'humour est quand même présent et l'ensemble est relativement gai. Pas de larmoyant, malgré la souffrance du petit Antoine qui a perdu son grand frère, mais plutôt des secrets d'enfants, des jeux, un monde à part auquel les adultes n'ont pas accès. Le monde des morts est représenté par des planches sombres, parfois sanguines, assez floues, comme si l'air se déchirait et que l'univers se désagrégeait. Il en ressort une impression d'immersion totale dans ce monde parallèle, dans les pas du petit Antoine qui fuit le danger.

L'humour est présent à travers le personnage de Vincent, notamment, mais également en la personne du diable, représenté comme un diablotin ridiculement petit mais au pouvoir non proportionnel à sa taille. Les répliques fusent, parfois faciles, mais confèrent à l'ensemble une légèreté bienvenue.

Bref, cette relecture a été très plaisante et j'ai aimé naviguer entre ces deux mondes, sur les traces de Vincent et d'Antoine. Un one-shot intéressant et bien mené qui me laissera davantage de souvenirs avec cette relecture.

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Challenge Halloween image

Et voici ma troisième participation au Challenge Halloween de Lou et Hilde

et ma BD de la semaine, aujourd'hui chez Noukette !

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