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24 mars 2019

Le Ver à soie, Robert Galbraith

Le Ver à soie, Robert GalbraithLe Ver à soie est le deuxième tome de la série Les Enquêtes de Cormoran Strike que J.K. Rowling signe du pseudonyme Robert Galbraith. Il est paru en 2014 chez Grasset.

Après avoir résolu le meurtre de Lula Landry, le détective Cormoran Strike croule sous les enquêtes. Mais la plupart du temps, celles-ci s'avèrent être des histoires d'adultères et de tromperies. Le jour où Leonora Quine pousse la porte de son agence, Cormoran décide d'aider cette femme effacée. Son mari, célèbre écrivain, a disparu après avoir terminé son dernier roman, Bombyx Mori, dans lequel il règle ses comptes avec son entourage et le monde littéraire. Personne ne prend Leonora au sérieux, jusqu'à ce que Cormoran découvre le cadavre d'Owen assassiné de façon effroyable. Aidé de Robin, qui devient peu à peu sa coéquipière, Cormoran se lance à la poursuite d'un meurtrier aussi froid que calculateur.

En ce weekend de Read-a-thon du Challenge British Mysteries (auquel je ne peux pas participer malheureusement), je voulais vous parler de ce deuxième tome d'une série qui m'ensorcelle depuis un peu plus d'un mois. J'avais en effet beaucoup aimé L'appel du coucou, premier tome des aventures de Cormoran, et c'est avec un plaisir immense que j'ai ouvert la suite de ses enquêtes.  
Le Ver à soie change complètement de décor car si L'appel du coucou plongeait son lecteur dans un décor de mode et de paillettes, cette nouvelle enquête l'entraîne dans le monde éditorial et littéraire. Cormoran et Robin enquêtent dans un univers où les mots sont plus blessants que les actes et où les égos se mesurent à l'aune du nombre de ventes des livres. J.K. Rowling excelle à décrire cet univers dans lequel elle baigne elle-même - même si le succès de ses oeuvres lui a certainement évité les rivalités entres auteurs peinant à percer - et à décortiquer les émois des acteurs du monde du livre. Les personnages sont encore une fois le point fort de cette nouvelle intrigue. De l'agent aigrie à l'auteur prétentieux, de l'attachée de presse volubile à l'éditeur introverti héritier de la maison familiale en passant par son associé alcoolique et naïf, tous ont virevolté aux côtés d'Owen Quine, cet auteur fat et souvent exécrable..   
L'intrigue avance cette fois-ci plus rapidement - j'avais trouvé quelques longueurs au premier tome - et le roman se dévore à une vitesse folle jusqu'au dénouement, aussi réussi qu'inattendu. L'analyse du microcosme littéraire est intelligente, tout comme les allusions à la guerre - Cormoran est un vétéran d'Afghanistan - et la critique est là, finement sous-entendue, entre les lignes.   
C'est un fait : J.K. Rowling réussit avec brio à s'imposer dans le petit monde des auteurs de polars et signe avec ce deuxième tome un excellent policier contemporain. Vous ne serez pas surpris d'apprendre que je suis déjà plongée dans le troisième tome, La Carrière du Mal, si ?

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13 mars 2019

Et si l'amour c'était aimer ? Fabcaro

Et si l'amour c'était d'aimer, FabcaroEt si l'amour c'était aimer ? est un album de Fabcaro paru en novembre 2017 aux éditions Six pieds sous terre.

Sandrine et Henri sont heureux et amoureux et rien ne semble pouvoir gâcher leur bonheur. Mais un jour, Sandrine tombe sous le charme de Michel, livreur de macédoine à domicile et chanteur d'un groupe de rock un brin ringard. Le bel équilibre de Sandrine et Henri est rompu... 

Quand on aime, on ne compte pas. Deux mercredis BD autour de Fabcaro, mais que voulez-vous, je suis fan. En ouvrant Et si l'amour c'était aimer ?, attendez-vous à un hommage vibrant aux romans photos, avec cucul et ridicule fournis ! L'intrigue est une romance mièvre à souhait qui n'échappe pas à l'humour féroce et l'ironie de l'auteur. La galerie de personnages fait penser à un feuilleton de série B tel Hélène et les garçons et enchaîne les absurderies. L'humour est présent quasi à chaque vignette, avec cette touche propre à Fabcaro, entre absurde, parodie et références aux 90's.  

Le trait de Fabcaro est plus travaillé et ressemble au genre parodié, le dessin en noir et blanc offrant un réalisme désuet aux personnages.   
J'ai ri du début à la fin, de ces répliques cinglantes ou naïves, de ces personnages caricaturaux, de ces références cachées. Du grand Fabcaro ! A lire sans hésiter et un auteur à découvrir de tout urgence pour ceux qui passent ici et qui ne l'auraient pas encore fait ! 

Planche 1 Planche 2

La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Noukette qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

  

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20 décembre 2016

Amours, Léonor de Récondo

Amours, Léonor de RecondoAmours est le quatrième roman de la violoniste et romancière française Léonor de Récondo paru aux éditions Sabine Wespieser en 2015. 

Au début du XXème siècle, dans le Cher, Anselme de Boisvaillant, notable respecté, profite du sommeil de sa femme pour violer Céleste, la jeune bonne de la maisonnée.  Lorsque celle-ci tombe enceinte, Victoire, la femme d'Anselme, décide d'adopter l'enfant et de se faire passer pour sa mère afin de sauver l'honneur du couple et d'offrir à son époux l'héritier tant désiré. Passant outre l'affront et la honte liés à l'adultère, Victoire s'improvise mère mais peine à s'occuper de l'enfant. Elle oscille entre ennui et désarroi. Heureusement, Céleste veille sur le petit et prend soin de lui. Victoire s'en aperçoit rapidement et bien vite, les deux femmes se lient à l'insu d'Anselme.

Quel roman ! Reçu en cadeau pour mes trente ans et reçu à nouveau en réussite à mon mémoire (mes amies ont les mêmes idées sans même se connaître, c'est pas fabuleux ça ?), Amours est un petit bijou à côté duquel j'aurais pu passer si ces deux présences bienveillantes ne me l'avaient pas glissé entre les mains.

Léonor de Récondo signe ici une intrigue très riche dans laquelle les héroïnes sont magnifiées, leurs corps encensés et le plaisir charnel révélé. Derrière un rideau de conventions sociales lourdes, à une époque où les femmes n'avaient que peu de liberté, se révèlent deux personnages féminins forts, marqués par leur statut social. Céleste, issue d'une famille humble, qui n'a d'autre destin que de servir les autres, quels que soient leurs désirs - être violé par le maître de maison était courant à l'époque et non condamné par la loi - et Victoire, étouffant dans un mariage malheureux, s'ennuyant telle une Emma Bovary engoncée dans une vie qui ne lui convient pas. Le corps féminin, uniquement dévoué à accueillir un foetus à cette époque, se libère de ses corsets et se défait de ses interdits pour mieux accéder au plaisir. C'est beau, très beau même. Les 200 et quelques pages se tournent à une vitesse folle vers un dénouement incroyablement réussi. Léonor de Récondo signe ici un roman magnifique qui donne sans hésiter l'envie de découvrir le reste de son oeuvre. Merci Flo et Lise pour ce chouette cadeau !

« De la vie, on ne garde que quelques étreintes fugaces et la lumière d'un paysage. »

 

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10 octobre 2014

Ralph's party, Lisa Jewell

Ralph's partyRalph's party est le premier roman de l'écrivaine anglaise Lisa Jewell paru en 1999 en Angleterre. Best-seller dans le monde anglophone, il a été traduit en français en 2007.

Smith et Ralph partagent un appartement à Londres. Très différents l'un de l'autre, les deux amis d'enfance partagent néanmoins un goût commun pour les soirées TV / bières.
Le jour où Jem, une pétillante jeune femme, s'installe dans la collocation, l'équilibre de Smith et Ralph est mis à mal. Ralph tombe sous le charme de Jem, qui elle s'amourache de Smith. Ce dernier, follement amoureux de Cerise, la voisine du dessous, décide pourtant de profiter de la situation avec Jem. 
A l'étage en dessous, c'est le couple de Karl et Siobhan qui vit des heures difficiles. Siobhan se sent délaissée par son mari qui se perd dans une relation adultérine... avec Cerise ! 

Voilà un roman parfait à lire à l'entrée de l'automne, dans les transports pour ma part. Un roman léger juste ce qu'il faut. Un brin chick-lit, mais pas complètement, un brin chronique sociale mais pas que. On rit des frasques de ces jeunes adultes empêtrés dans leurs sentiments, gauches, souvent, émouvants, parfois, par leur réalisme et leurs fragilités.
On pense obligatoirement aux Chroniques de San Francisco, en moins fouillé, en moins drôle aussi, et puis écrit vingt ans plus tard. Mais c'est agréable de suivre tout ce petit monde, rassemblé sous le même toit, qui se côtoie sans vraiment se connaître. Ces imbroglios sentimentaux, s'ils manquent parfois de vraisemblance (le jeu amoureux n'est qu'une succession de chaises musicales), n'en demeurent pas moins intéressants.   
On pense à Bridget Jones, aussi, pour le côté londonien sentimental. Et c'est agréable en fait, ces parallèles littéraires. 
Bref, Ralph's party est un roman qui tient ses promesses en matière de détente. Et si ce n'est d'ordinaire pas mon genre de lecture, j'ai passé un bon moment avec ce vaudeville anglais à la saveur douce amère. 

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31 octobre 2013

Les sorcières d'Eastwick, John Updike

Les Sorcières d'Eastwick, John UpdikeLes sorcières d'Eastwick est un roman du prolifique John Updike paru en 1984. Il fait partie de ces livres qui possèdent la particularité d'avoir éclipsé, par leur titre, le nom de leur auteur. Car si beaucoup connaissent de nom ces diaboliques femmes de la paisible Eastwick, peu nombreux sont capables d'attribuer à John Updike la paternité de cette œuvre.

70's. Eastwick, petite bourgade américaine sans histoire. Mais derrière les apparences et les masques se cachent un brin de sorcellerie et beaucoup de commérages. Trois amies, Alexandra, Sukie et Jane, dont les pouvoirs se sont développés suite à leur célibat, utilisent leurs dons au gré de leurs humeurs, et ce malgré les quand-dira-t-on. Mais lorsqu'arrive en ville Darryl Van Horne, un homme riche et mystérieux, les trois femmes sont piquées de curiosité. Sournoisement, Darryl va tour à tour les séduire et les aliéner. Orgies, drogues, séduction et jalousie vont devenir leur lot quotidien. Darryl, sous ses apparences ordinaires, ne serait-il pas une incarnation du Malin ?

Tant a déjà été dit sur ce roman et cet auteur qu'il est difficile de mettre des mots, mes mots, sur cette lecture. John Updike signe ici un roman foisonnant et multiple qui entraîne le lecteur dans un méandre où seule subsiste l'image de ces trois femmes, puissantes et fragiles à la fois.
La petite ville d'Eastwick est le théâtre de bien des drames et il s'y noue des relations complexes entre les habitants. Critique de cette micro-société, le roman n'épargne personne, et surtout pas les hommes. Ces derniers, hormis Darryl Van Horne, ne souffrent pas la comparaison avec les personnages féminins et restent en arrière-plan de l'intrigue. Faibles, lâches, menteurs, meurtriers parfois, ils semblent cristalliser le mal que la société fomente. Face à ces hommes secondaires, les personnages féminins - les héroïnes ainsi que les autres femmes de la ville - s'érigent en  figures de force et de pouvoir, allant même jusqu'à s'affronter pour éprouver leur domination.
 
La sorcellerie n'est finalement qu'un prétexte à l'auteur pour s'interroger sur la question de l'émancipation de la femme. Ses trois héroïnes, malgré leur posture dominante énoncée plus haut, n'en demeurent pas moins sensibles au charme masculin, et notamment à celui du manipulateur Darryl Van Horne. Et elles qui prônaient la liberté comme valeur essentielle, se retrouvent bien vite piégées par cet individu paradoxalement repoussant et irrésistible. Le lecteur suit avec avidité le mécanisme qui se met en place et les tourments par lesquels passent tour à tour Alexandra, Sukie et Jane. Et à son tour de s'interroger sur la place de la femme.
Porté par une plume splendide, une traduction agréable et des longues phrases au rythme parfait, Les sorcières d'Eastwick est un plaisir dont on aurait tord de se priver.

Et parce que le roman d'Updike a inspiré le petit écran et le septième art, voici deux bandes-annonce d'adaptations très différentes et plus ou moins fidèles à l'oeuvre originelle.
La première est celle du film Les Sorcières d'Eastwick réalisé par Georges Miller en 1987, avec Jack Nicholson, Susan Sarandon, Michelle Pfeiffer et Cher dans les rôles principaux.

 Les sorcières d'Eastwick

Le film Les sorcières d'Eastwick (1987)

  

La seconde est celle de la série de Maggie Friedman, Les Mystères d'Eastwick, dont les 13 épisodes produits ont été diffusés fin 2009 sur ABC.

Eastwick

La série Les Mystères d'Eastwick (2009)

 

Enfin, parce que j'ai tellement annoté ce roman qu'il m'était impossible de faire l'impasse sur cette partie dans ma chronique, voici un florilège de citations qui illustrent le talent d'écrivain de John Updike.

"Si Alexandra était une sorcière du genre substantiel et instable, encline par nature à se gaspiller pour s'offrir aux influences et se fondre dans le paysage, et au tréfonds de son cœur plutôt paresseuse et d'un détachement quelque peu entropique, Jane était bouillante, trapue, concentrée comme une pointe de crayon, et Sukie Rougemont, qui à longueur de journée se dépensait en ville à recueillir cancans et nouvelles et dispenser sourires et salutations, avait une essence oscillante." (p.12-13)

"Rhode Island, bien que de notoriété publique le plus petit des cinquante États, renferme pourtant ça et là des immensités désertes typiquement américaines, des étendues mal explorées enclavées au milieu de zones industrielles tentaculaires, fermes abandonnées et grandes demeures oubliées, campagnes dépeuplées que traversent en hâte des routes droites et noires, marécages pareils à des landes et rivages désolés des deux côtés de la Baie, cet énorme coin d'eau enfoncé comme un pieu jusqu'au cœur de l’État, sa capitale, dont le nom est un acte de foi." (p.19)

"Dock Street, à cette heure où la nuit précoce rattrapait les acheteurs emmitouflés, avait un aspect dévasté, ses illuminations une pathétique manœuvre pour faire obstacle au sommeil, une tentative désespérée et hagarde pour tenir quelque vague promesse prisonnière de l'âpre ciel noir." (p.276)

"Entre-temps, la neige était tombée ; on finit par oublier cette merveille annuelle, son ampleur, l'air doté soudain d'une présence, les traits obliques des flocons ruisselants qui recouvrent tout comme les zébrures d'un graveur, le gros béret qui le lendemain matin coiffe de guingois la baignoire à oiseaux, le brun soudain plus foncé des feuilles sèches encore accrochées aux chênes, les branches vert foncé des sapins ciguë ployant sous le poids et le bleu limpide du ciel pareil à un bol vidé de sa dernière goutte, l'allégresse qui à l'intérieur de la maison ricoche sur les murs, la vie soudain comme survoltée qui sourd de la tapisserie, l'intensité mystérieuse de l'intimité que sur la fenêtre, dans son pot, l'amaryllis partage avec son ombre phallique et pâle." (p.304)

"Alexandra faisait de son mieux pour se montrer à la hauteur et s'intéresser à ces gens qu'elle n'avait jamais rencontrés, mais ses cellules cérébrales n'étaient déjà que trop encombrées de gens qu'elle avait jadis rencontrés, appris à connaître, trouvés passionnants et parfois même aimés, pour bientôt les oublier." (p.333)

"La musique illumine de sa lampe palpitante la sombre caverne de nos existences." (p.351)

"N'ont d'intérêt en fait que ce que nos esprits retiennent, ce que nos vies ont confié à l'air." (p.477)

 

Et vous vous en doutez : en ce beau jour d'Halloween, 
je ne pouvais pas ne pas participer au Challenge Halloween de
Lou et Hilde

 

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02 juin 2011

Une passion indienne, Javier Moro

passionJavier Moro est un scénariste espagnol né en 1955 (grand cru, diraient certains...) Il est l'auteur, entre autres, d'Il était minuit cinq à Bhopal, Le sari rose et Pied de Jaipur.

Une passion indienne relate la vie d'Anita Delgado, jeune danseuse andalouse dont s'est entiché le maharajah de Kapurthala, un petit état de l'Inde du Nord. Mariée à ce dernier à dix-huit ans, la jeune fille quitte son pays pour découvrir les Indes. Nous sommes en 1908. Le pays est encore sous la domination anglaise. La Partition n'est encore qu'un projet. Pour la jeune fille, cinquième épouse du maharaja et rebaptisée Maharani Prem Kumari, se faire accepter dans ce pays aux coutumes si éloignées des siennes n'est pas une mince affaire.

Il est un point sur lequel je voulais m'arrêter pour débuter ce billet, c'est son classement dans mon blog dans la catégorie "Biographies et écritures du moi". Cette catégorisation m'a tiraillée, mais j'ai finalement opté pour ce choix. Sous-titré en effet "roman", ce livre n'est en rien une fiction et s'apparente en bien des points à une biographie de la princesse andalouse. L'auteur relate des faits de façon successive, sans parfois même prendre la peine de les lier entre eux, et n'éclaire à aucun moment son lecteur sur cet étrange sous-titre. Même si une biographie possède de façon intrinsèque une part fictionnelle due à l'interprétation de l'auteur des faits et de la vie de la personnalité à laquelle il s'intéresse, ici, rien n'est clair. Quelle est la part de fiction dans ce livre ? Mystère... Pour ma part, je n'ai à aucun moment eu l'impression de lire un roman dans la mesure où tous les éléments relatés sont historiquement avérés et que les photos présentes en fin d'ouvrage appuient ceux-ci.
Ce détail soulevé, je ne peux ensuite que vous avouer que cette lecture m'a profondément ennuyée. Je m'attendais à lire le récit haut en couleurs de cette femme, véritable jouet occidental pour le maharaja, et de sa vie romanesque s'il en est. Déception ! Javier Moro a construit son livre de manière chronologique, ce qui semble logique dans l'optique d'une biographie, mais n'a pas réussi à insuffler ce petit quelque chose qui aurait pu éveiller mon intérêt. J'ai eu l'impression de lire une énumération de faits mis bout à bout, sans réelle cohérence ni réflexion.
Dans son soucis de donner le maximum de détails sur le destin de cette femme, Javier Moro a oublié l'essentiel : intéresser son lecteur tout au long de ses 430 pages.Je ne vous cache pas ma déception. La vie d'Anita Delgado méritait une biographie davantage romanesque, à l'image de ce qu'elle a vécu, et non un documentaire présenté comme un conte de féesVignette_LC moderne sans aucune réflexion derrière...

Ce roman a été lu dans le cadre d'une lecture commune avec
Elea23. Je l'inscris bien entendu dans le cadre du Challenge "L'Inde en fêtes".

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07 août 2010

Tamara Drewe, Posy Simmonds

L'heure est venue pour moi de sortir mon blog de sa torpeur estivale et de vous faire part
de mes récentes découvertes livresques !
J'espère que votre mois de juillet a été plus réussi que le mien
(voiture de location tombée en panne en Suède... 10° en camping et pluie battante... mouais... on a fait mieux comme détente !)

Bref,  avant que mon déménagement en région parisienne ne perturbe ma connexion internet le 15 août,
je me devais de partager avec vous mon coup de cœur de l'été...
S'il ne doit y en avoir qu'un, ce sera définitivement ce titre là (et je crois même
qu'il sera en tête de mes coups de cœur annuels !)

Souvenez-vous, il y a quelques mois de cela, je vous avais présenté un roman graphique
qui m'avait subjuguée
, Gemma Bovery de Posy Simmonds.

J'ai poursuivis ma découverte de cette auteure avec un autre de ses romans graphiques, Tamara Drewe.

Tamara_Drewe_couv      tamara42

Tamara Drewe est une jeune anglaise sophistiquée : nez refait, plastique parfaite, boulot d'enfer (chroniqueuse dans un célèbre journal) et vie trépidante, rien ne lui résiste.
Le jour où, au décès de sa mère, elle retourne dans le petit village où elle a grandi afin de remettre à neuf la demeure de son enfance, elle va bouleverser la vie paisible de ses habitants.
Dans la bucolique retraite d'écrivains tenue par la dévouée Beth Hardiman, les esprits s'échauffent à la vue de la belle Tamara. Qu'il s'agisse du jardinier Andy, son ami d'enfance, de 
Glen, l'universitaire en mal d'inspiration, ou encore de Nick Hardiman, auteur de best-sellers, personne ne sortira indemne du retour de Tamara Drewe dans les parages...    

Avis aux amateurs de campagnes anglaises en tous genres : fantastique étude sociologique par le prisme de la société anglaise, Tamara Drewe est un roman graphique rare. Chaque double page est un plaisir pour l'œil, alternant textes à l'humour féroce et illustrations soignées et poétiques.
Les personnages sont croqués à merveille : de la belle citadine qui réapprend les joies de la vie rurale au rocker égocentrique insupportable en passant par la femme au foyer dévouée et aimante, chacun se reconnait dans un des traits de caractère que Posy Simmonds décrit avec férocité. Rien n'est épargné dans notre petite société... Et c'est ce qui est bon ! Tant à dire sur cette lecture... Je vous laisse maître de vous laisser convaincre par mon enthousiasme hors norme... ou pas !

coeurCe titre fait partie du cercle étroit de livres que je ne voulais pas voir finir, et qui accompagne ma vie de tous les jours une fois la dernière page tournée.
 Bien évidemment, et avec un énorme logo, onzième coup de cœur de l'année, amplement mérité.
Attention, je vous aurais prévenus : ouvrir Tamara Drewe, c'est s'abandonner à la dépendance que ce roman graphique procure. Il y a un avant et il y a un après... Tout du moins pour moi !

Et pour ceux qui, comme moi, veulent faire perdurer leur dépendance à ce titre, ruez-vous sans hésiter sur l'adaptation ciné de Stephen Frears sortie le 14 juillet sur nos écrans, admirablement fidèle à l'œuvre de Posy Simmonds et prolongement délectable pour les afficionados...

 

 


 

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29 mars 2010

Gemma Bovery, Posy Simmonds

gemma_boveryUne collègue m'a prêté ce roman graphique et j'en ai été curieuse car j'adore les réécritures et autres récits apocryphes sur le roman de Flaubert (rappelez-vous Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary, que j'avais adoré)
Gemma Bovery s'inscrit bien dans la ligné du roman de Flaubert, tout en le modernisant...

Gemma est anglaise et sa vie ressemble en bien des points à celle d'Emma Bovary. Mariée à Charlie, elle décide de traverser la Manche avec son van pour s'installer dans une ferme en Normandie. Mais l'ennui guette la jeune femme. Charlie, divorcé, se rend souvent en Angleterre voir ses enfants, tandis que sa jeune femme se morfond dans la campagne normande. Jusqu'au jour où elle rencontre un jeune étudiant célibataire... Pendant ce temps, son voisin, le boulanger du village, secrètement amoureux d'elle, épie ses moindres faits et gestes...

Ce roman graphique est une pure merveille ! Drôle, assez déroutant et esthétiquement incongru, sa lecture est un réel plaisir.
Gemma, double moderne de la célèbre Emma, est une jeune femme préoccupée par son quotidien, et que ni son passe-temps - la décoration de maisons - ni la vie dans son petit village ne satisfait.
Le personnage de Charlie, doux rêveur solitaire, est parfait en mari trompé.
2_PosyGemmaBoveryPage
Les dialogues sont savoureux, tout autant que les textes plus romancés. La lecture se fait lente, à décortiquer chaque page, telle la vie de Gemma.
Un réel plaisir de lecture, déroutant pour qui n'a pas l'habitude des romans graphiques. Une esthétique innovante donnant réellement l'impression de lire un journal intime où chaque illustration a été collée.

Avis aux amateurs de Madame Bovary, voici Gemma Bovery, son double en roman graphique truculent !

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10 janvier 2010

La femme d'un autre et le mari sous le lit, Fédor Dostoïevski

9782070356942Inscrite à plusieurs challenges en ce moment (cf. ci-contre), j'ai fait ce matin d'une pierre deux coups en lisant cette nouvelle de Dostoïevski : non seulement elle me permet de commencer mon  Défi "Une année en Russie", organisé par Pimpi, mais en plus je continue mon Challenge 2 euros, initié par Cynthia.

                        russie          2_euros

Dans cette très courte nouvelle - une petite centaine de pages - Ivan Andréiévitch soupçonne sa femme d'adultère et tient à tout prix à la démasquer.
Engoncé dans sa jalousie maladive, il en oublie toute cohérence lorsqu'il rencontre d'autres personnages et en devient incompréhensible.
S'en suit une série de quiproquos qui vont finalement inverser la situation...

D'une lecture très agréable, cette nouvelle est composée essentiellement de dialogues. Ceux-ci s'entremêlent jusqu'à l'inextricable, conduisant le lecteur à une certaine confusion, celle-ci faisant écho à la confusion d'
Ivan Andréiévitch. On ne sait plus qui parle, qui est l'amant et qui est le mari.
Le mari trompé est très comique et toute la nouvelle est finalement très théâtrale.
Les dialogues s'enchaînent, les rôles s'inversent, la méprise règne pour le plus grand plaisir du lecteur.
En revanche, la Russie n'est que le cadre de cette nouvelle et ne donne lieu à aucune description. Aucune indication temporelle ou spatiale n'éclaire le lecteur.
Dostoïevski est concis et va à l'essentiel, et c'est en cela que réside, selon moi, l'intérêt de ce texte.

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