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12 septembre 2014

Rosa Candida, Auður Ava Ólafsdóttir

Rosa Candida, Auður Ava ÓlafsdóttirRosa Candida est le premier roman traduit en français de la femme de lettres islandaise Auður Ava Ólafsdóttir, paru chez Zulma en 2010.

Arnljótur a vingt-deux ans et une passion : les roses. Les faire pousser sur son île, l'Islande, relève de l'exploit, et c'est avec bonheur qu'il prenait soin de la roseraie avec sa mère, avant le décès de cette dernière. C'est d'ailleurs au milieu des roses qu'Arnljótur aima Anna, une jeune fille de son âge. Mais l'arrivée de Flóra Sólt, le fruit de cette union, a transformé Arnljótur en père imprévu.
Désireux d'aller plus loin dans sa passion, Arnljótur décide néanmoins de quitter l'Islande pour se retirer dans un monastère qui possède l'une des plus belles roseraies du monde. Mais le jeune homme oscille dans cette quête initiatique, tiraillé qu'il est entre quitter les siens et se construire à travers sa passion. Jusqu'au jour où Anna décide de le rejoindre avec leur fille.

A l'image des Rosa candida, ces délicates roses à huit pétales dont il emprunte le nom, ce roman est une parenthèse de douceur et de finesse. Auður Ava Ólafsdóttir entraîne son lecteur dans un univers paisible, porté par le personnage d'Arnljótur, étonnant de maturité et de sérénité, entouré des fleurs qu'il affectionne tant. 
La décision du jeune homme de se retirer dans un monastère pour redonner vie à une roseraie abandonnée fait écho au rythme du roman, lent et aérien à la fois, comme si le temps s'était figé pour donner à Arnljótur la liberté qu'il recherche. Le jeune adulte 
s'isole des siens, dans ce monastère dont on ignore même dans quel pays il se trouve, pour mieux se trouver. Mais ce serait sans compter sur l'arrivée d'Anna et de Flóra Sólt qui bouleverse cet équilibre fragile et infléchit petit à petit la volonté de solitude du jeune homme. 
Magnifique roman contemplatif et quête initiatique dans le même temps, Rosa Candida invite le lecteur à la rêverie et à la sérénité aux côtés d'un personnage étrangement serein et déterminé face à la vie, le tout porté par une plume des plus poétiques. Une lecture à déguster et qui me rappelle avec plaisir mon voyage en Islande il y a quelques années. 

D'autres avis : Alex-mot-à-mots, Canel, ChocoClaraEnna, EstellecalimLeiloona, LilibaMimi Pinson, Miss AlfieNatioraSharon, TheomaYuko, etc.

 

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11 juin 2014

Nos étoiles contraires, John Green

Nos étoiles contraires, John GreenNos étoiles contraires est le sixième roman de l'écrivain américain John Green paru en janvier 2012 aux Etats-Unis et l'année suivante en France.

Hazel Lancaster a seize ans et un cancer de la thyroïde. Augustus Waters a dix-sept ans et un cancer des os qui lui a volé une jambe.
Lorsque ces deux-là se rencontrent à un groupe de soutien, l'alchimie est immédiate et donne naissance à une grande complicité. Les deux adolescents échangent sur leurs goûts littéraires et cinématographiques et se passionnent bien vite pour un roman inachevé mettant en scène une jeune cancéreuse. Désireux de savoir à tout prix ce qu'il advient des personnages, Hazel et Augustus décident de rendre visite à son auteur, exilé à Amsterdam.

Lire aujourd'hui Nos étoiles contraires, c'est lire après tout le monde un roman destiné à l'origine à un lectorat adolescent mais finalement loué par tous pour ses qualités littéraires.
Je lis de moins en moins de romans pour la jeunesse pour le plaisir. J'en ai beaucoup lu pour mes études et désormais pour mon boulot donc maintenant j'aime me consacrer principalement à la littérature adulte. Mais passer à côté de ce roman semblait être un crime... Et une fois la dernière page tournée, je vous le confirme : j'ai bien fait de mettre à mal mes habitudes de lecture et succomber à l'appel de John Green.
Lire Nos étoiles contraires, c'est recevoir une grande claque. D'optimisme. D'humanité. De détachement face à la vie et ses imprévus. Parce que réussir à écrire un roman dont la narratrice de seize ans est condamnée par un cancer sans sombrer dans le larmoyant, c'est déjà un exploit en soi. Mais le transformer en ode à la vie, c'est brillant !
John Green parvient à insuffler une énergie à chacune de ses pages grâce à son tandem de personnages déroutants par sa façon d'appréhender son quotidien et pourvu d'un humour féroce. Un humour noir, certes, car la mort rôde autour d'Hazel et d'Augustus, mais qui permet de dédramatiser des situations dures - la bouteille d'oxygène d'Hazel, la jambe artificielle d'Augustus. Et chaque once de légèreté face à la maladie et aux aléas de la vie ne sont que des rappels au lecteur de la nécessité de vivre sa vie aussi intensément que ces deux héros.
Ces derniers sont d'une vraisemblance troublante et possèdent une psychologie bien loin des clichés du genre. Les personnages qui gravitent autour d'eux - amis, familles - bénéficient de la même attention accordée à leur psychologie. Et c'est un vrai régal. Chaque page donne l'impression de découvrir des êtres de chair et non des personnages de papier.
Ode à l'optimisme, à l'amour et à la vie, Nos étoiles contraires a l'art de donner le sourire à quiconque parcourt ses pages. Parce que la vie peut être belle même quand on a seize ans et qu'une guerre civile se déroule dans notre corps. Et cette leçon de vie est bien loin d'être la seule qu'Hazel et Augustus vous donneront si vous vous donnez la peine de découvrir leur histoire... Il serait bien dommage de s'arrêter au statut de roman jeunesse et de passer à côté de ce livre.

"Tu m'as offert une éternité dans un nombre de jours limités, et j'en suis heureuse." (p.274)

D'autres avis : Alex-Mot-à-MotsCess, CoralieFaelys, Fée BourbonnaiseHerisson, Jérôme, Lasardine Latite, Leiloona, MangoMathilde, Mlle Pointillés, MyaRosaNoukette, Stephie etc.

Une adaptation ciné est prévue le 20 août. 

Vous voulez en découvrir la bande-annonce ?

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04 décembre 2013

Sexe et sentiments, Amandine et Eddy Simon

Sexe et Sentiments

Sexe et sentiments est un album paru  aux éditions Jungle en septembre 2013. Il est signé Eddy Simon pour le texte et Amandine pour le dessin. Si le premier a réalisé le Kama Sutra en BD en 2010, la seconde est notamment connue pour sa série Mistinguette parue aux éditions Jungle également.

Ils ont entre 14 et 17 ans. L'âge des premiers émois amoureux, des premiers baisers et des premières relations intimes. On découvre son corps, celui de l'autre et avec ces expériences nouvelles émergent des doutes, des questions.

Abordant son sujet sous un angle très pédagogique et prenant appui sur des témoignages de lycéens, Sexe et Sentiments est un album qui oscille entre fiction et documentaire pour mieux aborder un sujet au coeur des préoccupations adolescentes.
En suivant le quotidien de plusieurs ados, l'album se penche sur la question des premières fois, de l'homosexualité, de la naissance des premiers sentiments amoureux... Porté par  un graphisme rond très actuel, cet album saura séduire son public-cible par la teneur de ses propos et son accessibilité.
Les personnages doutent, réfléchissent ensemble, prennent conscience des attentes de chacun et évoluent au fil des pages. Et si parfois certaines questions restent en suspens, c'est pour mieux laisser au lecteur le soin d'y réfléchir.
Petit plus : les infos situées en début et fin d'album, sous forme de questions posées par les personnages croisés au fil des pages. De quoi en savoir un peu plus sur l'IVG, la pornographie, la contraception, l'homosexualité, le plaisir, etc.

Voilà ma 60e participation à la   organisé par Mango et ma 49e au Top BD des blogueurs de Yaneck.

Top BD

 

   Planche 1 Sexe et SentimentsPlanche 2 Sexe et Sentiments

Je tiens à remercier Audrey de LP Langage et Conseils et les éditions Jungle pour cet album.

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13 octobre 2013

Le Prince de la brume, Carlos Ruiz Zafón

Le Prince de la Brume, ZafonLe Prince de la brume est le premier roman de l'auteur barcelonais Carlos Ruiz Zafón, connu notamment pour sa trilogie Les livres oubliés. Paru en 1993 en espagnol, Le Prince de la brume dut attendre 2011 et le succès du roman L'Ombre du Vent pour paraître en français chez Robert Laffont.

Angleterre, été 1943. Les Carver fuient la guerre et se réfugient sur la côte Atlantique. Maximilian, horloger de son état, a acheté pour sa famille une maison au bord de la plage.
Pour Max, treize ans, ce déménagement est un drame. En fuyant la ville, sa famille le prive de son microcosme adolescent et de son équilibre fragile. Mais une fois sur place, le jeune garçon découvre très vite une autre vie. En compagnie de Roland, un jeune du village, Max découvre les lieux. Et la vieille maison achetée par son père n'est pas exempte de rumeurs. Quant au jardin de statues que Max aperçoit de sa chambre, il lui fait froid dans le dos. Que s'est-il réellement passé avec les précédents locataires ? Pourquoi semble-t-il régner un malaise autour d'un naufrage survenu en 1918 ? Et quelle est cette ombre qui rôde autour de la maison ?

J'ai découvert Zafón avec L'Ombre du Vent, comme bon nombre de lecteurs francophones. Et si je n'ai pas poursuivi la lecture de cette trilogie (allez savoir pourquoi), j'ai eu envie de découvrir les premiers romans de l'auteur.
On retrouve dans Le Prince de la brume ce qui fait le charme de Zafón : un soin tout particulier apporté aux descriptions, des lieux nimbés d'une aura mystérieuse à souhait, des personnages fragiles à la psychologie léchée.
Si l'intrigue semble facile de prime abord, Zafón parvient, en 187 pages, à lui donner une  atmosphère singulière. Le fantastique rôde, et le lecteur dévore les pages pour savoir si l'intrigue va y basculer ou non. Les événements se succèdent et l'étau se ressère autour des personnages adolescents. Le suspense croît au fil des pages et la tension monte progressivement.  Zafón excelle en la matière !
En un mot, Le Prince de la brume porte en lui tous les ingrédients propres aux romans de Zafón. Comme s'il en était un prélude. Une sorte d'avant-goût assez court. A découvrir, donc, si vous êtes, comme moi, sous le charme de cet auteur espagnol.

Première participation au Challenge Halloween chez Lou et Hilde

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21 mai 2013

Incarceron T.1, Catherine Fisher

Incarceron TIncarceron est une série pour la jeunesse écrite par la galloise Catherine Fisher et qui compte à ce jour deux tomes. Ma copine Héloïse m'ayant offert les deux premiers tomes lors du Swap Nouvel An 2012, j'ai décidé de les sortir de ma PAL et de les lire. Une lecture commune a précipité la chose...

Incarceron. Une prison dangereuse et vivante dont on ne s'échappe pas, régie par des luttes et des jeux de pouvoir. Une prison qui possède une âme et qui s'autogère. Finn y est prisonnier, comme bien d'autres, mais tente de s'échapper à tout prix.
De son côté,
Claudia, fille du directeur d'Incarceron, subit une existence qu'elle n'a pas voulue, à l'Extérieur. Promise à un homme qu'elle n'aime pas, la jeune fille cherche à comprendre le fonctionnement d'Incarceron.
Un jour, elle vole une clé à son père et se rend compte qu'elle peut communiquer avec Finn, retenu prisonnier dans la prison, qui possède une clé similaire.

Roman labyrinthique et complexe à souhait, Incarceron plonge le lecteur dans un univers sombre et violent, parfois anxiogène. La construction narrative alternée entre la prison - avec Finn - et l'Extérieur -avec Claudia - dynamise le récit et happe le lecteur. L'intrigue est portée par un rythme très rapide et chaque chapitre amène son lot de rebondissements qui tient le lecteur en haleine.
La prison en elle-même, entité vivante et omnisciente qui interagit avec les prisonniers, est une idée assez fascinante. Une machine dotée de conscience, dominant les prisonniers et prenant certaines décisions est à la fois inquiétante et diablement bien trouvée.
Les deux jeunes héros, Finn et Claudia, subissent tous deux une vie régie par des interditsLectures communes et des règles absurdes et tentent de s'en extirper. L'énergie qu'ils déploient à s'y employer est intéressante et participe de leur psychologie soignée. Catherine Fisher a su imaginer des personnages complexes sans sombrer dans un manichéisme facile.
Je lis de moins en moins de romans pour ado. Peut-être parce que j'en ai beaucoup lu avant et que je me suis lassée du genre. J'ai néanmoins découvert celui-ci avec plaisir. Et si j'ai eu quelques difficultés à le commencer, j'ai maintenant hâte de lire la suite !

J'ai lu ce roman dans le cadre d'une lecture commune avec SvCath. Je file voir de ce pas ce qu'elle en a pensé ! D'autres avis : HecleaHéloïse, Nelfe, Mina, etc.

Challenge ABC Babelio 

Ma lettre F du Challenge ABC de Babelio et 1/12 du Challeng'Ô Swap de LadyScar

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07 février 2013

L'oeil du témoin, Carole Martinez

L'oeil du témoinL'oeil du témoin est un roman jeunesse écrit par Carole Martinez - dont Le coeur cousu et Du  Domaine des murmures ont fait grand bruit - publié en 1998 chez Pocket sous le titre Le Cri du livre, avant d'être réédité  chez Rageot en 2011 sous ce nouveau titre.

Noé a douze ans et n'a jamais vu la mer. Quand ses amis partent en juillet, comme chaque année, en colo à la mer, l'adolescent se sent exclu et triste. Dans la chaleur étouffante de l'été, de mornes journées se dessinent à l'horizon. Mais ce serait sans compter un événement étrange. Un jour, alors que Noé observe au télescope l'arrivée d'une vacancière parisienne dans son village, il assiste impuissant à un meurtre. Marguerite, la bibliothécaire, est étranglée par un homme que ni Noé ni son amie ne voient. Les deux adolescents se lancent ensemble à la poursuite du meurtrier.

J'avais adoré Le Coeur cousu et Du Domaine des murmures et j'étais curieuse de découvrir la plume de Carole Martinez dans un roman pour ado. C'est à l'occasion du Salon du livre Jeunesse de Montreuil en décembre dernier que j'ai craqué et me suis offert ce petit livre.
J'ai retrouvé avec plaisir l'écriture de Carole Martinez, cette plume si musicale et rythmée qui m'avait enchantée avec ses deux précédents romans. La romancière nous offre ici un roman à la langue riche et poétique, accessible aux enfants dès 12 ans.
L'intrigue policière est riche et possède un un rythme intéressant. Alors que le jeune héros pensait s'ennuyer pendant la période estivale, le voilà transformé, en compagnie de Vague, la jeune vacancière, en justicier pour découvrir le meurtrier de la douce bibliothécaire. Le dénouement, inattendu et très bien ficelé, offre au roman une singulière dimension.
Carole Martinez aborde dans ce roman la question de l'adolescence, mais aussi celle du handicap - les parents de Noé sont malvoyants - et de l'amitié.
Bref, u
n livre à mettre entre les mains des petits (comme des grands, mais c'est ce que je vous dis à chaque fois !)
D'autres avis : Argali et Cynthia.

"On avait assassiné Marguerite. On avait éteint ces yeux immenses que ses éternelles lunettes argentées ne parvenaient pas à encercler entièrement. C'était comme si une bibliothèque avait brûlé, comme si on avait bâillonné tous les livres. C'était la fin des lectures à voix haute. Les livres étaient orphelins, et moi je pleurais de fureur et d'impuissance d'avoir assisté sans bouger à cet assassinat. Je pleurais pour tous les livres maintenant sans voix." (p.29-30)

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19 novembre 2012

Une place à prendre, J.K Rowling

Une place à prendre, JUne place à prendre est le premier roman écrit par l'anglaise J.K Rowling, mondialement connue pour sa série Harry Potter, paru en septembre 2012 chez Grasset pour l'édition française.

Pagford, petite paroisse du Sud-Ouest de l'Angleterre. Barry Fairbrother succombe à une crise cardiaque. Son décès laisse de nombreuses personnes éplorées : sa femme et ses enfants, bien entendu, mais aussi les filles de l'équipe d'aviron du lycée dont il était l'entraîneur, ses acolytes politiques, etc. Mais certains se réjouissent de cette mort prématurée. Car Pagford, tranquille en apparence, regorge de malaises sociaux et politiques contre lesquels Barry menait une lutte sans merci. La menace source et l'équilibre de la petite ville est très vite menacée par les intérêts de chacun.

J'ai grandi avec la série Harry Potter. J'avais adoré, gamine, cet univers si singulier et le côté rassurant de ces romans et j'attendais la sortie de chaque nouveau tome avec impatience. Depuis, j'ai grandi... (Enfin, je viens juste d'aller aux Studios Harry Potter et je dois vous en faire le compte-rendu avec photos et tout le toutim, mais passons.)
Les matchs de la rentrée littéraire de Priceminister ont été l'occasion de découvrir ce premier roman pour adultes dont la sortie faisait déjà tant d'émules. Je l'ai ouvert sans a priori, sans attente. Juste tentée par la quatrième énigmatique et elliptique à souhait.  
Et je dois dire que je n'ai pas été déçue, loin de là. J'ai retrouvé dès les premières pages le style de Rowling, sa manière de faire monter le suspense et de gérer le rythme de son récit, dans un univers faussement rassurant aux perfidies multiples. J'ai grignoté chacune de ces 700 pages, découvrant les ramifications si nombreuses à l'intrigue principale.   
Les personnages se succèdent, et avec eux autant de psychologies finement étudiées et jamais archétypales. Chacun porte en lui son histoire et ses tourments et l'auteure parvient à leur donner vie à travers sa plume. C'est à peine si l'on a l'impression de lire un roman tant J.K. Rowling nous dresse des portraits complexes et nous offre des personnages d'une vraisemblance troublante. Car sous des abords caricaturaux - la junkie qui a du mal à décrocher, l'adolescente infecte avec ses profs qui tente de faire face à une situation personnelle des plus sordides, la jeune fille bouc émissaire qui s'auto-mutile, etc. - chacun des personnages nés sous la plume de J.K. Rowling recèle une complexité bien loin des archétypes du genre.    
La bourgade de Pagford lui permet de recréer un microcosme à l'image du monde et de ses travers. Les thèmes abordés sont nombreux (le racisme, la pédophilie, le viol, le harcèlement moral, les déterminismes sociaux, etc.) et la mort de Barry Fairbrother n'est qu'un détail autour duquel tout gravite. La petite paroisse condense tout ce que l'humanité peut avoir de moche et de mesquin et cela fait froid dans le dos.   
Un petit bémol, néanmoins, à noter : à trop vouloir se pencher sur la misère et les injustices de ce monde, J.K. Rowling nous livre ici un roman qui est loin d'être une partie de plaisir en terme de lecture. Certains passages m'ont mise mal à l'aise, d'autres sont réellement plombants. La misère sociale de certains personnages est désolante mais pourtant ô combien vraisemblable. Et c'est justement cette vraisemblance qui fait la force de ce roman. Pagford est une représentation de tous les travers de notre société et fait douloureusement écho à ce que nous vivons, à ce que nous côtoyons. C'est dur, parfois lourd à lire, mais tellement bien écrit et amené que l'envie d'en savoir plus est plus forte.   
Certains ont adoré ces 700 pages, d'autres l'ont détesté. Pour ma part, sans être un coup de coeur, j'ai été bluffé par le talent de J.K. Rowling. Une place à prendre est un roman très bien ficelé qui lui ouvre grand la porte de la littérature adulte.

D'autres avis sur ce roman : Argali, Cla S, Herisson, ManuCatherine, Noukette, Syl, Stephie, Mélo, Mango, Belledenuit, LystigCryssildaL'Irrégulière...   
Un grand merci à Oliver et à
Priceminister pour la découverte de ce roman.

 

Les matchs de la rentrée littéraire 2012 sur PriceministerNote : 17/20

 

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03 octobre 2012

La douleur fantôme T.1 Plus rien qu'un souvenir, Alexis Robin et Byun Hye Jun

La douleur fantômeLa douleur Fantôme est une série en 2 tomes parue chez Paquet. Le français Alexis Robin en signe le scénario et le coréen Byun Hye Jun les illustrations. Le premier volet de cette histoire, Plus rien qu'un souvenir, est paru en mars 2008.

Vanessa, dix-sept ans, est une jeune fille à qui tout sourit. Amoureuse de Mickaël, elle accepte de prendre avec lui un raccourci par des voies ferrées. Un train arrive. Mickaël s'en sort indemne. Vanessa perd une partie de son bras droit. Une lente reconstruction s'amorce pour la jeune fille.  Mais celle-ci se rend vite compte qu'elle sent toujours son bras disparu. Et que ce dernier semble prendre une effrayante indépendance par rapport à elle...

Étrange que cette histoire de douleur fantôme. Alexis Robin nous entraîne dans une intrigue pour le moins bien ficelée et effrayante à la fois. D'un accident dramatique pour une adolescente à qui la vie souriait, il amorce un virage fantastique pour le moins étonnant et intriguant. L'indépendance du membre disparu offre à l'intrigue quelque chose de piquant, de curieux, tandis que la question du handicap est posée. Alexis Robin n'élude pas cette partie et s'attarde sur la reconstruction de son héroïne et les réactions de son entourage. C'est fin, très fin ! 
L'intrigue est complétée par les dessins de Byun Hye Jun, qui offrent une coloration de manhwa* à cette BD (* BD coréenne). Planche La douleur fantômeUn style dynamique, qui n'est pas sans rappeler celui des mangas. Des personnages grands et élancés, aux immenses yeux bleus et aux jambes interminables, des planches très fluides et dynamiques.
Un album que j'ai trouvé par hasard dans le fonds du CDI de mon lycée. Une belle découverte ! 

Et voici ma 46e participation
à la BD du mercredi de
Mango

  

  Et ma 37e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 14/20)

  Top BD

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01 octobre 2012

Créature de la nuit, Kate Thompson

Créature de la Nuit, Kate ThompsonCréature de la nuit est un roman de l'écrivain britannique Kate Thompson publié en 2008 au Royaume-Uni puis en 2010 en France aux éditions J'ai Lu. Gagné sur le forum Livraddict, cela faisait 2 ans que ce livre traînait dans ma PAL. L'approche d'Halloween a été une bonne occasion pour l'en sortir !

Pour protéger son fils de ses mauvaises fréquentations et lui offrir un cadre de vie plus sain, une jeune mère célibataire emmène ses deux enfants vivre dans un petit village perdue au fin fond de l'Irlande.  
Mais dans la vieille maison dans laquelle ils logent tous les trois, des bruits se font entendre. Et ce ne sont pas les racontars des voisins qui vont les rassurer. Quant à Robert, quatorze ans, la vie au grand air ne lui convient pas et l'adolescent fait tout pour rentrer sur Dublin et retrouver son ancienne bande.

Ce livre est resté très longtemps dans ma PAL car je craignais une intrigue simpliste et archétypale. Une vieille maison, des bruits la nuit, la disparition mystérieuse de l'ancien locataire... Tout ça flairait bon le thriller bon marché archi vu.  
Mais halte là ! Cessons toute insinuation. Si la quatrième laisse pressentir un ouvrage comme celui-ci, il n'en est en réalité rien. Kate Thompson réussit le tour de force de traiter de l'adolescence et de ses problèmes via une intrigue teintée de fantastique. Une couverture et un résumé qui ne collent donc absolument pas au contenu de ce livre...
Robert, le narrateur de ce roman, est un personnage torturé, engoncé dans un âge difficile où tout sentiment de limite est perçu comme un affront. Élevé par une très jeune mère célibataire qui peine à lui tenir tête, il s'égare dans la violence et la délinquance. Sa découverte de la campagne irlandaise, si elle lui déplaît de prime abord, va lui apporter un sentiment d'appaisement et de réconfort. L'auteure parvient à traiter ce sujet avec justesse, en évitant bien des écueils et se sert du fantastique pour y parvenir. Que ceux qui espèrent frissonner avec cette histoire de vieille bicoque et de bruits la nuit passent leur chemin !
Créature de la nuit est finalement la chronique d'une adolescence sacrifiée sur fond de malaise social, qui oscille entre le roman d'apprentissage et le conte fantastique. Un très bon moment de lecture, intelligent et juste.

Ils l'ont lu aussi : MyaRosa, Mr Zombi, Clara, Neph, etc.

Halloween 2012, Halloween, challenge de lecturePremière participation au Challenge Halloween organisé par Hilde et Lou !

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04 avril 2012

Polina, Bastien Vivès

Polina, Bastien VivèsPolina est un album signé Bastien Vivès, sorti en 2011 chez Casterman, récompensé par Le Prix des Libraires 2011 et Le Grand Prix de la Critique BD 2012.  Lauréat en 2009 du Prix Révélation au Festival d'Angoulême avec son album Le goût du chlore, Bastien Vivès, 28 ans, poursuit son chemin dans le monde de la bande dessinée.

Polina a six ans lorsqu'elle rencontre le professeur Bojinski, chorégraphe réputé. Cette rencontre se solde par cette remarque assassine : "Il faut être souple, si vous espérez un jour devenir danseuse. Si vous n'êtes pas souple à 6 ans, vous le serez encore moins à 16 ans. La souplesse et la grâce ne s'apprennent pas. C'est un don." Mais quelques années plus tard, Polina retrouve le chorégraphe très strict. Et malgré sa dureté, elle apprend avec lui la rigueur nécessaire à la danse classique.

Tant a déjà été dit sur cet album que je peine à trouver quelque chose d'original à ajouter. Et pour cause : Polina est un album déroutant, et ce à plusieurs niveaux.
Déroutant par son sujet, tout d'abord, le monde très fermé des danseurs professionnels. Si vous pensez que ce n'est pas pour vous car vous ne dansez pas ou que vous n'y connaissez rien, vous vous trompez. Je suis dans ce cas-là et j'ai pourtant été captivée par l'histoire de Polina, de son enfance à son âge adulte. Aimiez-vous tant que ça la boxe pour apprécier Million Dollar Baby de Clint Eastwood ? Bon, c'est la même chose. Cet album possède la même portée universelle.
Déroutant, ensuite, dans sa temporalité, et surtout dans ses ellipses. Tout au long de ces 206 pages, on suit le parcours de Polina. De ses débuts à 6 ans à son entrée à l'école de danse puis au théâtre. Bastien Vivès parvient avec une facilité déconcertante à faire défiler les jours et les années sans aucune indication. J'ai été bluffée, notamment, par une page qui, en six cases, fait ressentir au lecteur la succession des jours d'entraînement de l'héroïne. Six cases seulement, et des journées pourtant symbolisées. Grandiose !
Déroutant, enfin, dans son dessin. L'album est en niveaux de gris et le trait de Bastien Vivès minimaliste. Ce dernier ne s'encombre ni de personnages secondaires - aux visages parfois gribouillés -, ni de décors détaillés. Le trait est simple et s'attache au personnage de Polina. Les instants dansés sont très soignés et témoignent du talent de l'auteur. Regarder une planche de dessins montrant un personnage danser, c'est assister à un ballet.
Bref, une lecture absolument incroyable, et déroutante (mais ça, vous l'aurez compris). Ne dites pas que vous n'aimez pas les dessins, qu'un album en niveaux de gris vous laisse de marbre, etc. Ouvrez Polina et venez en parler !

Les avis de Mango, Marion, Theoma, Sophie, Lili Galipette, Alex-Mot-à-Mots, d'Antigone, sur cet album.

Planche Polina

Double page Polina

Et voici ma 38e participation
à la BD du mercredi de
Mango

 Et ma 29e au Top BD des blogueurs de Yaneck
(note 17,5/20)

Top BD

Et voici les dix premiers titres du
Top BD des blogueurs du mois de mars

 

  1. Gaza 1956, Joe Sacco, Futuropolis                                           
  2. Persépolis, Marjanne Satrapi, L'Association                          
  3. Habibi, Craig Thompson, Casterman                                                            
  4. Maus, Art Spiegelmann, Flammarion                                               
  5. Le journal de mon père, Jiro Taniguchi, Casterman  
  6. Idées Noires, Franquin, Fluide Glacial  
  7. NonNonBâ, Shigeru Mizuki, Cornélius   
  8. Portugal, Cyril Pedrosa, Dupuis                                                                         
  9. Black Hole, Charle Burns, Delcourt                                           
  10. Tout seul, Christophe Chabouté, Vents d'Ouest                      

...

Pour en savoir plus sur le Top BD des blogueurs, rendez-vous chez Yaneck

 

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