Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.




03 avril 2019

Brigade Verhoeven T.2 Irène, Bertho et Corboz

Brigade Verhoeven 2Irène est le deuxième tome de la série Brigade Verhoeven. Cette adaptation en BD du roman de Pierre Lemaître signée Bertho et Corboz est parue le 13 mars dernier aux éditions Rue de Sèvres.

Camille Verhoeven, commandant de la police criminelle parisienne, est obligé d'écourter ses vacances pour enquêter sur un nouveau meurtre. Deux femmes atrocement mutilées sont retrouvées dans un loft à Courbevoie. Les enquêteurs découvrent rapidement que ce double meurtre est à mettre en relation avec un crime plus ancien, survenu à Tremblay. Le meurtrier semble s'inspirer de romans pour mettre en scène ses meurtres. L'enquête patine et Camille s'impatiente : Irène, sa femme, va bientôt accoucher et il aimerait être à ses côtés. 

J'avais découvert Camille Verhoeven avec l'excellent premier tome, Rosie, et j'avais passé un très bon moment dans les locaux de la police criminelle. Autant vous dire que j'étais impatiente de découvrir la suite !   
Ce deuxième volet est tout autant réussi et capte l'attention du lecteur en quelques planches. Celles-ci sont toujours aussi dynamiques et leur découpage - audacieux - participe de cette ambiance sombre et du suspense grandissantL'ensemble est toujours cinématographique et très vivant.
Si le dénouement est un tantinet prévisible, l'intrigue est néanmoins bien menée et respecte les codes du genre. Les personnages aux trognes bien soignées possèdent toujours ce petit quelque chose de suranné qui m'avait tant plu dans le premier tome.
Un deuxième titre sanglant et prenant à souhait. Amateurs de polars contemporains, laissez-vous tenter, l'ensemble vaut largement le détour. 

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Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cet album.

La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Noukette qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles !

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13 février 2019

Retour à Killybegs, Pierre Alary d'après Sorj Chalandon

Retour à KillybegsRetour à Killybegs est l'adaptation par Pierre Alary du roman de Sorj Chalandon, Grand Prix du roman de l'Académie française en 2011. Elle paraît aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres.

Tyrone Meehan, figure de proue de l'indépendance irlandaise, a été reconnu coupable de traîtrise en 2005. Pendant 25 ans, cet activiste nationaliste a livré des informations aux anglais, trahissant l'IRA et les siens. Au crépuscule de sa vie, reclus dans un cottage à Killybegs, dans le Donegal, Tyrone décide de se raconter, non pas pour justifier son geste, mais pour expliquer ce qui l'a poussé à collaborer.

Mon traître, le premier volet de cette histoire, fait partie de mes coups de coeur de l'an dernier. Un album beau, violent, vibrant. J'avais hâte de découvrir Retour à Killybegs, car si Mon traître embrasse le point de vue de Sorj Chalandon sur son amitié avec Denis Donaldson - Tyrone Meehan dans le roman - ce nouvel album donne la parole à ce dernier pour expliquer les raisons de son geste.
Quelle claque, encore une fois ! Quelle réussite ! Pierre Alary donne à voir un album au graphisme toujours aussi prenant, dans des teintes sépia qui accentuent l'ambiance. Il fait sien le texte de Sorj Chalandon qui romance l'enfance et les débuts de Tyrone à l'IRA, les violences subies, le combat, les morts aussi. L'adaptation équilibre texte et image, ces dernières dressant l'ambiance de ces souvenirs.
L'album alterne encore une fois passé et présent, ce présent lourd et pesant dans lequel Tyrone attend que l'IRA vienne l'assassiner. Les souvenirs remontent, le sentiment d'avoir été pris en étau, aussi, d'avoir voulu le bien, la paix, la cessation de toute cette violence. Tyrone s'explique, patiemment, tout en attendant ceux qui viendront venger la cause. 
Un album qui se dévore d'une traite. Un album magnifique sur cette page de l'histoire de l'Irlande. Une belle réflexion sur les notions de duplicité, de trahison, d'honneur. Bref, encore une fois
une réussite totale.

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Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album.

  La BD de la semaine

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29 octobre 2018

Les animaux fantastiques : le journal du tournage, Jody Revenson

Les animaux fantastiques le journal du tournage Jody RevensonLes animaux fantastiques : le journal du tournage est un documentaire souple de Jody Revenson paru le 3 octobre aux éditions Harper Collins. 

Ouvrez Le journal du tournage pour faire une plongée dans l'univers des Animaux fantastiques. Vous connaîtrez les dernières nouvelles du MACUSA (Congrès Magique des États-Unis d’Amérique), vous aurez un point complet sur la mode et la décoration des sorciers, sur l'art (architecture de New York, la valise de Norbert, le bar Le Cochon aveugle) mais aussi des informations de dernière minute et surtout, un aperçu des coulisses Des Crimes de Grindewald, en bonus !

Vous connaissez mon attrait pour Harry Potter ? Bon, donc vous vous doutez que j'étais la candidate idéale pour découvrir ce documentaire sur le tournage des Animaux Fantastiques, dans l'attente du second film qui sort le 14 novembre.      
Du point de vue de la forme, l'ouvrage emprunte les codes de la presse : souplesse de la couverture et des pages, toucher du papier, mise en page qui alterne horizontalité et verticalité, articles courts et dossiers plus longs. Tout est fait pour que le lecteur ait l'impression de lire une gazette consacrée à la série de films issus de l'imaginaire de J.K. Rowling.      
L'ensemble est très complet et permet d'avoir un bel aperçu du premier film et de son tournage. Jody Revenson donne la parole à J.K. Rowling, évidemment, mais aussi à David Yates, le réalisateur, David Heyman, le producteur, ainsi que les comédiens. Chacun y va de sa petite anecdote pour permettre au lecteur de s'imaginer le contexte de création des films.       
En grande fan de l'univers que je suis, je me suis régalée à la lecture de ce joli livre. J'ai beaucoup appris sur les personnages et l'intrigue des Animaux fantastiques mais aussi sur la façon de le porter à l'écran. Un bel objet pour les fans, un joli documentaire pour quiconque s'intéresse au monde de la magie, un possible cadeau de Noël, qui sait ? 

Un grand merci aux éditions Harper Collins pour ce livre ! 

Lady Fae a fait une chouette vidéo pour nous donner un aperçu du livre :

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17 octobre 2018

Edmond, Léonard Chemineau d'après la pièce d'Alexis Michalik

EdmondEdmond est un one-shot de Léonard Chemineau d'après la pièce éponyme d'Alexis Michalik. Il paraît aujourd'hui aux éditions Rue de Sèvres. 

Paris, décembre 1897. Edmond Rostand a vingt-neuf ans et à son actif des pièces d'un autre temps qui ne ravissent plus les foules. Presque ruiné, il essuie un nouvel échec avec La Princesse lointaine, dans laquelle Sarah Bernhardt tient le rôle-titre. Alors que ses dettes l'assaillent, Edmond tente le tout pour le tout : convaincre l'acteur en vogue Constant Coquelin de jouer dans sa future pièce. Une pièce novatrice, loin de ce qu'il a écrit avant : une comédie en vers. Coquelin s'emballe, veut la monter en trois semaines. Mais Edmond ne l'a pas encore écrite. C'est une véritable course à l'inspiration qui commence alors pour Edmond, pour sauver sa réputation, sa famille mais aussi sa pièce à laquelle peu croient et qui deviendra pourtant la pièce la plus jouée du répertoire français. 

Genèse de l'écriture de Cyrano de Bergerac, Edmond est véritablement un petit bijou ! La pièce, récompensée par cinq Molières, me tentait déjà terriblement (j'avais adoré Le Porteur d'Histoire d'Alexis Michalik) mais la découvrir adaptée par Léonard Chemineau (dont j'avais admiré le travail sur Le Travailleur de la nuit) fut une excellente surprise  
Chemineau et Michalik ont travaillé main dans la main pour cette adaptation en BD et le résultat est des plus réussis. Le scénario est fluide, la narration bien construite et la plongée dans le Paris de la fin du XIXe ébouriffante. Dur dur de vivre de sa plume quand les critiques sont assassins et que le public ne pardonne pas, que les créanciers frappent aux portes à toute heure du jour et de la nuit et que les comédiens sont capricieux, que les délais sont très courts et que l'inspiration n'est point ! Mais Edmond va surmonter ces épreuves pour écrire en un temps record - Alexis Michalik imagine ce fait là - une pièce qui marquera à jamais le paysage théâtral français.   
La galerie de personnages est diablement réussie - du meilleur ami au coeur brisé à l'épouse en proie au doute en passant par la comédienne capricieuse ou les créanciers tenanciers d'un lupanar - et drôle à souhait, le tout s'enthousiasmant dans un joyeux bordel au rythme d'Edmond et de sa pièce. Les visages sont soignées, les décors de la Belle Époque aussi et l'ensemble participe à cette immersion temporelle des plus délicieuses.  
Le rythme de l'intrigue, enfin, ne laisse pas une seconde de répit au lecteur. Un album qui se dévore d'une traite, émouvant, drôle, historiquement intéressant et à l'intrigue trépidante. Une réussite totale ! J'ai hâte de découvrir l'adaptation ciné de la pièce qui sort en janvier. 

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Un grand merci aux Éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album ! 

  

Je ne résiste pas à vous mettre la bande-annonce du spectable d'Alexis Michalik 

(en espérant pouvoir le découvrir à Metz bientôt !) 

 La BD de la semaine

Cette semaine, c'est Moka qui accueille le rendez-vous des amoureux des bulles ! 

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16 mai 2018

Mon traître, Pierre Alary d'après Sorj Chalandon

Mon traître, Pierre Alary d'après Sorj ChalandonMon traître est un album de Pierre Alary d'après le roman du même nom de Sorj Chalandon, paru en janvier aux éditions Rue de Sèvres.

Mon traître est l'histoire vraie de l'amitié qui lia Sorj Chalandon à Denis - Tyrone dans le roman et la BD - un combattant de l'IRA qui a trahi les siens durant vingt-cinq ans en donnant des informations à l'armée britannique. Sorj - Antoine dans l'histoire - est un luthier parisien qui découvre l'Irlande du Nord à la fin des années 70, alors que le conflit fait rage dans les rues de Belfast. Il se lie d'amitié avec un couple, Jim et Cathy, et rencontre Tyrone Meehan, un combattant de la première heure pour l'indépendance de l'Irlande.

Quelle claque cet album... Je l'ai ouvert un matin printanier, alors que le soleil tapait fort sur mes fenêtres, et en quelques minutes j'ai eu l'impression de plonger dans le Belfast des années 70, sombre, violent, mais lumineux aussi, par les liens qui unissent les personnages. Cette histoire vraie, racontée tout en pudeur et en poésie, prend aux tripes, c'est certain. Elle interroge la notion d'amitié, de solidarité, de combat, de confiance, de trahison, d'honnêteté et de duplicité. C'est brut, sans fard. Et c'est bon !

Pierre Alary fait sien le texte de Chaladon pour mieux le rendre en images. Le trait est net, parfois un peu saccadé, les tons sépias, sombres, et l'album est entrecoupé du compte-rendu de l'interrogatoire de Tyrone, interrogé par l'IRA. L'immersion est totale, l'émotion palpable. J'ai un grand tort : je n'ai pas encore lu les deux romans de Sorj Chalandon évoquant cette histoire, Mon traître et Retour à Killybegs. Je sais que je dois y remédier assez rapidement. J'ai néanmoins eu envie de découvrir cette adaptation et j'ai rudement bien fait. A lire, sans hésiter une seconde. L'avis de Mo', conquise aussi. Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour la découverte de cet album coup de poing.

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La BD de la semaine

Cette semaine chez Stephie !

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04 avril 2018

Brigade Verhoeven T.1 Rosie, Pascal Bertho et Yannick Corboz

Brigade Verhoeven TRosie est une adaptation en BD du roman Rosie&John de Pierre Lemaître par Pascal Bertho et Yannick Corboz. C'est le premier tome de la série Brigade Verhoeven paru en janvier aux éditions Rue de Sèvres. 

Camille Verhoeven, commandant de police criminelle, est dépêché sur une étrange affaire d'attentat. Jean Garnier, un jeune homme sans passé criminel, vient de faire exploser une bombe en plein Paris. Aucune victime n'est à déclarer mais lors de l'interrogatoire, Jean est formel : il a disséminé six bombes dans la capitale, une par jour durant six jours, et chacune explosera si ses volontés ne sont pas respectées. Il veut que sa mère soit libérée de prison, qu'on lui donne cinq millions d'euros et deux billets pour l'Australie. Pour Verhoeven, cette histoire n'a ni queue ni tête. Surtout que Rosie, sa mère, est incarcérée pour avoir renversé en voiture et tué la petite amie de Jean quelques mois plus tôt...

Excellente plongée dans l'univers policier contemporain, ce premier tome est efficace autant qu'il est bien mené. Le tandem d'auteurs prend le temps d'installer son décor et ses personnages pour mieux dérouler son intrigue. La brigade criminelle du nom de son commandant est bien campée, et le commandant Verhoeven n'échappe pas lui non plus à une représentation soignée. 
L'intrigue avance à bon pas, portée par une mise en page dynamique et des planches alternant différents plans et trouve son dénouement à la fin de ce tome. L'ensemble est assez cinématographique, entre couleurs douces et rondeurs des traits. Les personnages ont un petit je-ne-sais-quoi de surannée, un peu comme les anciens Disney. Les trognes sont soignées et témoignent d'une volonté de bien installer le décor et les personnages d'une série prometteuse. Une excellente découverte que je fais d'ores et déjà découvrir autour de moi et qui m'a enchantée ! Un grand merci aux éditions Rue de Sèvres pour cet album.

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 BD de la semaine saumon

Cette semaine chez Moka !

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13 septembre 2017

Le porteur d'histoire, Christophe Gaultier

Le porteur d'histoireLe porteur d'histoire est un album de Christophe Gaultier adapté de la pièce éponyme écrite par Alexis Michalik et récompensée par deux Molières en 2014 (auteur et mise en scène). Il est paru en octobre 2016 aux éditions Les Arènes.

Par une nuit pluvieuse, alors qu'il se rend au fin fond des Ardennes pour enterrer son père, un homme voit sa vie basculer. Découvrant un étrange carnet manuscrit, il décide de se lancer sur les traces de ses personnages, parcourant les pays et les époques pour comprendre qui étaient les Saxes de Bourville et pourquoi ils semblent liés aux grands événements historiques des deux siècles derniers. Quinze ans plus tard, une mère et sa fille disparaissent dans le désert algérien, alors qu'elles avaient rencontré un homme à la recherche de manuscrits et d'un trésor.

Dernier coup de coeur théâtral en date (j'ai eu les larmes aux yeux au lever de rideau...), Le porteur d'histoire est une incroyable pièce à tiroirs, un feuilleton à la Dumas. Et justement, Dumas, tout comme Delacroix ou encore le Pape Clément VI, font partie de ce récit enchâssé.

J'étais curieuse de découvrir cette adaptation en album, encore portée par la pièce de théâtre. Et si ce dernier m'a permis de replonger dans mes souvenirs, je suis restée sur ma faim. Le medium album en lui-même n'apporte finalement pas grand chose par rapport à l'expérience du spectacle vivant. L'histoire semble plus plate, moins vivante, moins vibrante. Christophe Gaultier respecte à la lettre la mise en scène d'Alexis Michalik mais les dessins chargés et les dialogues très présents alourdissent l'ensemble. J'ai aimé repenser à l'intrigue mais en convoquant mes souvenirs de cette soirée au théâtre. Pas sûre que ceux qui ne l'ont pas vu en perçoivent la portée avec cet album. Un avis en demi-teinte, donc.

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Pour ceux qui ne connaissent pas cette pièce, en voici la bande-annonce. Et petit conseil, si elle passe près de chez vous, allez-y les yeux fermés !

BD de la semaine saumon

Aujourd'hui chez Noukette !

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12 février 2014

Long John Silver T.2 Neptune, Xavier Dorison et Mauthieu Lauffray

long-john-silver-tome-2- -neptune-9564Long John Silver est une série de BD en quatre tomes publiée chez Dargaud. Neptune, le deuxième album, est paru en septembre 2008. J'avais adoré le premier tome. Raison de plus pour poursuivre la lecture de cette série !

Le navire qui vogue vers l'Amérique du Sud, avec à son bord Long John Silver et ses pirates, progresse lentement. Embauché par Lady Hastings pour débusquer le trésor de son mari, Long John Silver dissimule son véritable dessein : fomenter une mutinerie et se rebeller contre le capitaine du bateau, une fois le trésor en vue. Mais Elsie, la domestique de Lady Hastings, va mettre à mal ce plan en découvrant le contrat passé entre sa maîtresse et le flibustier. Son meurtre met à jour les plans du pirate et faire peser des doutes sur ses véritables intentions. La tension monte d'un cran sur le navire, et la situation devient vite incontrôlable.

Excellente série, Long John Silver offre au lecteur une plongée des plus réussies dans l'oeuvre de Stevenson.  
Ce deuxième tome, très sombre, se présente comme un huis-clos glaçant. La vie à bord est rude et le meurtre de la jeune domestique va déchaîner les plus bas instincts des personnages.  
La palette de couleurs utilisée est très sombre et offre un rendu superbe. Le temps est à l'image de l'ambiance qui règne sur le navire : tumultueux et imprévisible. Le découpement des pages alterne des vignettes classiques et de larges planches qui dynamisent le tout et renforcent la violence du récit. La narration alterne accalmie et déchaînement de violence et le lecteur de suivre le tout avec avidité.  
Car l'intérêt de ce tome est de montrer Silver dans sa dualité et dans sa difficulté à contenir l'envie de meurtre qui sourd en lui. Son obsession : tuer le Capitaine pour prendre sa place. Mais il se doit de maîtriser sa mutinerie pour parvenir à ses fins. Cette difficulté suinte à toutes les pages et le côté torturé du pirate semble se cristalliser dans ce tome.     
Un album à dévorer d'une traite, dans un souffle. Une réussite incontestable, tant graphique que narrative. Merci C. de cette attention.

Voici ma 62e participation à la   organisée par Mango et ma 51e au Top BD des blogueurs de Yaneck.

Top BD

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09 avril 2012

Sherlock Holmes : de Baker Street au grand écran, Natacha Levet

Sherlock Holmes de Baker Street au grand écranSherlock Holmes : de Baker Street au grand écran est un essai de Natacha Levet,  maître de conférences en littérature à l'université de Limoges, paru en janvier aux éditions Autrement. 

Natacha Levet se penche avec application, en 211 pages, sur le personnage imaginé par Conan Doyle. Elle passe au crible la naissance littéraire du mythique enquêteur britannique, sa personnalité, les inspirations littéraires de son auteur, le triomphe quasi immédiat de ses aventures, mais aussi leurs adaptations multiples à la TV, au cinéma, au théâtre, en littérature...

Vous ne connaissiez de Sherlock Holmes qu'une silhouette portant une cape, un deerstalker et une pipe ? Vous pensiez que Robert Downey Jr. était le seul interprète de talent du célèbre enquêteur ? Pire : vous n'avez jamais lu d'aventure de Sherlock Holmes et vous avez regardé d'un oeil distrait l'une ou l'autre adaptation de Guy Ritchie sans vous poser aucune question ? Vous pensez donc ne pas être concerné par ce livre. Faux, absolument faux : cet essai est fait pour vous !
Sherlock Holmes : de Baker Street au grand écran
est un livre rudement bien documenté, qui saura séduire les novices holmésiens comme les plus aguerris. Non seulement il permet d'apporter un éclairage nouveau au personnage et à ses aventures - en passant par son célèbre acolyte Watson - mais en outre il offre une analyse très fine sur ce qui a précédé l'oeuvre de Doyle et ce qui lui a succédé. Une étude très complète qui permet de réviser ses classiques tout en approfondissant certains points.
Natacha Levet revient ainsi aux origines du célèbre enquêteur : le contexte de son écriture par Conan Doyle, tant historique que biographique,  mais aussi les figures d'enquêteurs littéraires célèbres qui ont influencé son créateur : le chevalier Dupin et l'inspecteur Lecoq, personnages imaginés respectivement par Edgar Poe et Emile Gaboriau. On apprend ainsi qu'Holmes est loin d'être le premier enquêteur flanqué d'un acolyte à qui il conte ses exploits, à avoir des capacités de déduction et de logique hors du commun, voire un don pour le déguisement...
Natacha Levet prolonge sa réflexion en listant les adaptations littéraires, cinématographiques et théâtrales des aventures de Sherlock Holmes, et leurs influences sur le mythe holmésien et ses représentations et clôt sa réflexion sur une bilbiographie et une filmographie des plus complètes ! 
Une lecture très enrichissante donc, très abordable en terme de contenu, qui permet d'en savoir plus sur un personnage mondialement connu, devenu en quelques années un mythe littéraire.

"Le public du XIXe siècle est friand de récits de crime et la presse exploite abondamment ce goût en développant la rubrique des faits divers et la fiction criminelle. Il s'agit moins d'une fascination morbide que de l'expression de nouvelles angoisses face à un monde qui change très vite." (p.6)

"Arthur Conan Doyle n'invente pas une forme littéraire, mais il en exploite le potentiel et en fixe un modèle possible, perfectionnant le genre de récit en récit. " (p.7)

"Les aventures de Sherlock Holmes offrent un écho aux controverses et aux grandes interrogations médicales de l'époque." (p.75)

"C'est la combinaison d'un héros tout-puissant, d'une aventure et d'une parole théâtralisée qui constitue la base d'un fonctionnement mythique du récit." (p.94)

"[Watson] est surtout le double naïf du lecteur, attendant la révélation de la parole holmésienne, incapable de se livrer à la même analyse alors même qu'il possède les mêmes informations que le détective." (p.97-98)

"Sherlock Holmes théâtralise sa parole, mais il a besoin pour cela du medium narratif qu'est Watson afin d'accompagner le lecteur dans le brouillard des signes, avant de tout expliquer d'une parole magique qui éclaire et révèle." (p.99)

Et pour les plus réticentes,
Robert et Jude sauront vous convaincre...
(autre version : Rachel saura vous convaincre...)

 

 

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19 janvier 2012

Notre Dame de Paris, Victor Hugo et Benjamin Lacombe

Notre Dame de ParisBenjamin Lacombe s'est penché sur le chef-d'oeuvre de Victor Hugo... Le résultat ? Un projet audacieux en deux volets et un premier tome paru en novembre 2011 chez Soleil.

Inutile de vous présenter ici l'histoire bien connue de la belle Esmeralda et de ses prétendants, dans un Paris en pleine effervescence.

Je souhaite davantage m'attarder sur le projet de cet album et sa réalisation. Si les adaptations de classiques en albums ou en  bandes dessinées sont courantes de nos jours, rares sont celles qui présentent le texte intégral.
C'est le cas ici. Benjamin Lacombe illustre les mots de Victor Hugo et leur offre un univers pictural singulier. J'aime beaucoup son travail, en général, et là encore je n'ai pas été déçue. Si l'on retrouve son trait habituel, Benjamin Lacombe nous donne à voir avec cet album un autre aspect de son talent et offre un bel hommage au texte d'Hugo. Trahison car interprétation par l'image, certes, mais respect de celui-ci, complémentarité même. Les illustrations ne prennent pas le pas sur le texte mais viennent le compléter sans jamais l'écraser.
Un très bel objet qui permet d'aborder le texte originel d'une autre manière. Un choix graphique réussi qui donne l'impression au lecteur d'avoir entre les mains un manuscrit ancien (grâce aux enluminures, à l'épaisseur du papier, à sa teinte...) Un album à réserver aux plus grands, pour bien appréhender les subtilités du texte hugolien, ou à feuilleter avec les plus jeunes pour en apprécier l'esthétique.
Un magnifique album que j'ai adoré découvrir. Il ne reste plus qu'à attendre le second volet ! Un grand merci à Bénédicte et aux Éditions Soleil pour la découverte de cet album.


        Esmeralda  Quasimodo

 

                                                     Préface

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