Bienvenue à Bouquinbourg

Blogueuse littéraire, un brin modeuse, surtout rêveuse, parfois créative, voyageuse à ses heures, yoga addict et buveuse de thé invétérée.

12 mars 2017

Fragments, Marilyn Monroe

Fragments, Marilyn MonroeFragments est une compilation des écrits de la blonde la plus célèbre du cinéma américain, parue en grand format en 2010 chez Seuil, puis en poche en 2012.

De Marilyn, on ne retient généralement qu'une présence radieuse et une beauté insolente portées par une blondeur candide. Une femme-enfant séductrice qui irradiait à l'écran.

Durant sa brève existence, pourtant, la belle n'a eu de cesse de lire, d'écrire et de s'interroger. Sur le monde, sur les relations humaines, sur son enfance, sur son art. Poèmes, lettres, écrits intimes, listes, journal, Marilyn a couvert de son écriture ronde et survoltée des dizaines de feuilles éparses et de carnets.

Véritables témoins de cet esprit aiguisé, poétiques, introspectifs, souvent torturés, parfois drôles, loin de la présence magnétique mais superficielle qu'elle incarnait à l'écran, ces écrits offrent une autre vision de Norma Jeane, son vrai nom. Ils replacent Marilyn à sa juste place, celle d'une artiste et d'une intellectuelle qui n'a eu de cesse de travailler pour pallier son manque d'éducation. Une perfectionniste passionnée par les mots et la littérature, qui a côtoyé Truman Capote, Karen Blixen ou encore Carson McCullers, sans oublier Arthur Miller, son troisième époux. 

Le livre en lui-même est un très bel objet (et encore, je n'ai que la version de poche) et met en face à face les photos des écrits de Marilyn et une traduction la plus fidèle possible de ces derniers.

Seule actrice de cette époque à être régulièrement photographiée un livre à la main, Marilyn a longtemps été réduite au rang de blonde écervelé dans laquelle certains de ses rôles l'ont cantonnée. Fragments permet de mettre en lumière son monde intérieur et sa présence poétique. Un incontournable.

 

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22 mars 2013

Jayne Mansfield 1967, Simon Liberati

Jayne Mansfield 1967, Simon LiberatiJayne Mansfield 1967 est un court roman de Simon Liberati paru chez Grasset en 2011 qui obtint le prix Femina la même année.

Dans la nuit du 29 juin 1967, sur la route US 90 qui relie Biloxi à La Nouvelle-Orléans, une Buick Electra 225 bleu métallisé percute violemment un camion. Les secours interviennent rapidement et dégagent trois enfants de la carcasse de la voiture. Leur stupeur est grande lorsqu'ils se rendent compte que leur mère n'est autre que la célèbre actrice Jayne Mansfield, et que cette dernière se trouvait à l'avant du véhicule.

Voici un billet qui sonne comme le glas. Un billet d'une rencontre qui n'eut pas lieu. Un billet d'une lecture qui laisse en bouche un goût amer de déception. Ma tête résonne de phrases commençant par comment : Comment un tel livre peut-il être publié ainsi ? Comment un tel livre peut-il être primé (bon ça encore, les magouilles et autres arrangements des prix littéraires m'ont toujours laissée de marbre) ? Comment un tel livre peut-il recevoir des critiques élogieuses ? Comment... C'est sans fin, ou presque, tant mon désarroi face à une telle oeuvre est grand.
Le genre de ce livre pose problème dès la première page. Le doute est semé par le sous-titre liminaire "Roman" et persiste tout au long du livre. Roman ? Biographie ? Mélange étrange de faits tristement réels et glauques ? Je n'ai pas su arrêter mon choix, mais le terme de roman m'a profondément gênée. Où se trouve le romanesque dans ce livre ? Je cherche encore.
En revanche, Simon Liberati nous livre ici le fruit de ses recherches sur la fin de vie de l'actrice. Avec un voyeurisme dérangeant et écoeurant, il s'attarde sur l'épave de la voiture, les restes humains retrouvés, la question du corps sans vie et ses aspects platement physiologiques. Les détails scabreux se succèdent, comme si l'auteur se délectait de nous indiquer que Jayne Mansfield a tâché la belle Buick bleue de sa cervelle. La langue est plate, le style journalistique. Aucune poésie dans ces lignes, mais des descriptions informatives souvent malsaines et sordides. Pourquoi donc ? Je serais curieuse de le savoir.
Loin de se contenter de cette épisode dramatique, Simon Liberati se propose de revenir sur l'année 1967 de Jayne Mansfield, et égraine à une vitesse fulgurante les derniers mois de la jeune femme. En guise d'hommage, un portrait décadent et vulgaire, où l'actrice apparaît dépassée et perdant pied. 
Pour ma part, je ne connaissais Jayne Mansfield que de nom. Je ne connaissais ni ses succès, ni ses frasques, ni sa triste fin. J'ai eu l'audace de croire que ce livre, encensé par la critique littéraire, me permettrait d'en savoir plus sur celle qui termina strip-teaseuse dans un cabaret glauque et isolé. Je suis bien naïve, me répondrez-vous, de penser qu'en un peu plus de 150 pages, l'auteur allait satisfaire à mon besoin. En effet, il n'a rien satisfait du tout, au contraire.
J'ai refermé ce livre sans finalement avoir compris la visée de l'auteur. Un hommage, comme indiqué en quatrième, alors que l'actrice est dépeinte sous son plus mauvais jour, en fin de carrière, droguée et alcoolique, nymphomane et désabusée ? Une tranche de vie - la fameuse année 1967 - où finalement rien n'advint de bien positif dans la carrière de celle qui fut longtemps un sex-symbol ? Un roman inspirée de faits réels ?
Un rendez-vous complètement manqué, comme annoncé en préambule. Je n'ai pas été conquise une seconde. Je n'ai été au bout que parce que ce livre ne fait que 157 pages. Pour ma part, je demeure perplexe quant aux critiques élogieuses et au prix décerné. Et cette lecture renforce ma position quant à la qualité des textes primés.

D'autres avis sur ce livre : Argali, Arieste, Asphodèle, Sharon, etc.

 

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